Conférence : L’immigration marocaine en Belgique et le 20 février


Au Maroc, le Mouvement du 20 février incarne le désir de changement radical. Ce mouvement pacifiste est porté par la jeunesse marocaine.
Cette jeunesse exige l’instauration d’un Etat de Droit et une réelle démocratie.
En Belgique, plusieurs structures en soutien à ce mouvement ont vues le jour. Aujourd’hui trois d’entre-elles ont décidé de collaborer en organisant une conférence .
L’immigration marocaine en Belgique est présente de manière massive depuis la signature des accords bilatéraux entre les deux pays en 1964.
Cette immigration, peu encadrée par l’Etat belge s’est retrouvée livrée à elle-même. Les syndicats et après des associations marocaines ont encadré cette immigration qui n’avait de cesse de s’accroître .
Cette période et jusqu’aux années ’80, correspond à ce qui a été qualifié des « Années de Plomb » au Maroc dirigé alors par le régime d’ Hassan II, le pays connut une vague de répression sans précédent.
Au sein de l’immigration marocaine en Belgique certaines structures s’étaient mobilisées et dénonçaient la tyrannie du monarque.
Aujourd’hui le Mouvement du 20 février qui incarne la contestation au Maroc fêtera le 20 février prochain les 1an de son existence.

Quel(s) lien(s) existe(nt) entre l’immigration marocaine en Belgique et le Mouvement du 20 février ?
Pour en parler

Hassan Bousetta : Docteur en Sciences Politiques et Sociales. Chercheur et enseignant à l’ULG. Sénateur PS

Aziz Saidi :

Mourad Essabri : Mouvement du 20 février Tanger

Fouad Lahssaini : Membre du Mouvement des jeunes du 20 février Belgique , ancien membre du bureau de l’UNEM et député Ecolo

Date : Le 10 février 2012
Lieu : Bruxelle Laïque , 18-20 avenue de Stallingrad 1000 Bruxelles
Heure : 19h20

Délivrons la Syrie pour qu’elle retrouve le droit de vivre et de créer !


Point de vue | LEMONDE | 30.01.12 | 15h22   •  Mis à jour le 30.01.12 | 15h22

par Hala Alabdalla, cinéaste ; Reem Ali, comédienne ; Ossama Mohammed, cinéaste, Ali Ferzat, caricaturiste

La première réaction du régime syrien face à la révolte populaire a consisté à tuer des civils désarmés. Puis il a annoncé des réformes et a tué des milliers d’autres personnes. Malheureusement, le président syrien Bachar Al-Assad ne peut pas réformer les morts et leur redonner vie. Seul un avenir garantissant l’arrêt de la violence peut réformer "la vie".

Aujourd’hui, au moment de nous adresser aux Syriens, nous le faisons dans le recueillement, afin d’effleurer la liberté. Nous avons tous tenté de résister à travers l’art et la défense de la liberté d’expression, bien que l’époque brise les êtres avant de les revendre.

Le destin nous a condamnés à comparaître devant les esclaves des moukhabarat (services secrets syriens), heureux de trouver là l’occasion d’étaler leurs connaissances en poésie, musique, cinéma et théâtre. Certains d’entre nous, voire tous, avons choisi de courber la tête, de se refugier dans le silence et de cohabiter avec l’esclavage.

Certains d’entre nous, voire tous, avons entamé une résistance morale qui nous a valu la sympathie de la majorité des Syriens. Cette victoire sur l’isolement a libéré l’imaginaire des artistes, assiégé depuis des décennies par des institutions, des ministères et des syndicats corrompus. L’imaginaire sécuritaire a inventé ses administrateurs et ses caïds, qui ont sanctifié la loyauté solennelle et lui ont donné l’apparence de la légalité.

La corruption mène à la corruption. La culture devient une insulte, la liberté une maladie psychiatrique. Quant à l’auteur, il est soupçonné de vouloir attenter à "l’art du peuple"… A présent, c’est ce même peuple que l’on accuse de tuer sans pitié.

La Syrie se noie dans le sang et dans l’espoir. Aujourd’hui, la Syrie dévoile deux imaginaires : le premier s’exprime à travers les manifestations, avec ses solutions artistiques de cinéma, mais aussi avec son bonheur, son ironie, ses chants, ses danses et la glorification de la beauté de la vie et de la liberté. Mais les institutions publiques forment une ombre menaçante, les écoles deviennent des prisons et les hôpitaux des salles de torture. L’appareil d’Etat, qui a nié la liberté d’expression à travers la censure, s’en prend aujourd’hui au droit à la vie revendiqué par les manifestants et les grévistes.

Liberté d’expression et droit à la vie ne font plus qu’un. Les deux sont punis de mort et passibles de torture. Les institutions culturelles ont perdu toute légitimité à force de se murer dans le mutisme face aux massacres et à la détention de leurs propres enfants.

Les metteurs en scène, les universitaires, les musiciens, les femmes et hommes de lettres, les écrivains et journalistes sont arrêtés et menacés de mort, battus avec des câbles électriques, puis abandonnés dans des cachots… Des individus incarnant la paix et le civisme ont été assassinés sauvagement. Le militant prodémocratique Ghiyath Matar a offert de l’eau et des roses aux militaires, il a été tué. Le chantre des manifestants Ibrahim Qachouch a écrit le chant La Syrie veut la liberté, il a été égorgé. Le militant des droits de l’homme Farzat Yahya Jarban a filmé les manifestations, on lui a arraché les yeux. Hamza, un garçon de 13 ans, a été tué et son corps mutilé. Hajar, une fillette, a été criblée de balles. Des milliers d’autres personnes sont portées disparues.

Aujourd’hui, nous sommes contraints de choisir entre notre humanité et un régime qui a sur les mains le sang des Syriens. Aujourd’hui, nous déclarons être du côté de la liberté et de la créativité. Nous choisissons un peuple qui s’affranchit pour le bien de tous. La liberté exprimée dans la rue a réveillé la nôtre. Nous ne pouvons pas ramener à la vie nos martyrs, mais nous pouvons célébrer leur vie et travailler corps et âmes avec la révolution syrienne, afin de construire une nouvelle patrie où ses enfants ne seront plus assassinés au nom d’impostures nationalistes.

Le hasard de la naissance a décidé de notre appartenance religieuse ou ethnique, mais nous sommes avant tout humains et libres… Cette énergie nous porte vers la Syrie de l’avenir. Nous souhaitons la construction d’un Etat pluraliste démocratique, un Etat respectant l’égalité des citoyens devant une loi juste. Une Syrie qui ne soit pas accaparée par un seul camp, qui n’avance pas dans une seule direction pour le compte de quelques-uns. Nous souhaitons une Syrie qui célèbre les films d’Omar Amiralay dans une salle portant son nom.

Défendre la vie de tous les Syriens ainsi que leur liberté est un devoir pour chaque être humain. Nous, la Coalition des artistes syriens, annonçons notre engagement en faveur d’une nouvelle légitimité politique à Damas pour libérer la créativité et sa capacité à questionner notre monde, pour préserver l’indépendance de notre pays et obtenir, enfin, un respect des droits de l’homme.


Hala Alabdalla, cinéaste ; Reem Ali, comédienne ; Ossama Mohammed, cinéaste, Ali Ferzat, caricaturiste et les premiers signataires :

Ali Ferzat, caricaturiste ; May Scaff, comédienne ; Fadwa Soliman, comédienne ; Haitham Hakki, cinéaste, producteur ; Ossama Mohammed, cinéaste ; Yousef Abdalki, graveur ; Samih Choukaer, compositeur, chanteur ; Fares Helou, comédien ; Nabil Maleh, cinéaste ; Hala Alabdalla, cinéaste ; Orwa Nyrabia, cinéaste, producteur ; Noma Omran, soprano ; Rasha Omran, poétesse ; Hala Mohammad, poétesse, cinéaste ; Hala Omran, comédienne ; Shafi Badredin, compositeur ; Razek – Francois Bitar, counter tenor ; Rasha Rizk, chanteuse ; Sonia Bitar, chanteuse ; Yasser Khanger, poète ; Monir Alshaarani, calligraphe ; Nasreen Aljanabi Larsson, danseuse ; Ramzi Choukair, réalisateur de théâtre ; Azza Albahra, comédienne ; Louise Abdelkarim, comédienne ; Mohamad Abdulaziz, cinéaste ; Thaaer Mosa, cinéaste ; Mohamad Omran, sculpteur ; Khaled Khalifa, auteur ; Rima Flihan, scénariste ; Bachar Zarkan, musicien ; Amal Hwijeh, comédienne ; Darina Algundi, comédienne ; Nidal Al Dibs, cinéaste ; Ghassan Jebai, réalisateur de théâtre ; Kinan Azmeh, musicien ; Jaber Al Azmeh, photographe ; Rasha Shurbatji, réalisatrice ; Osama Choukeir, artiste ; Jihad Abdo, comédien ; Mhammad Hdaki, comédien ; Zina Al Halak, artiste ;
Aliaa Khachouk, cinéaste ; Raghda Khateb, réalisatrice de théâtre ; Raafat Alzakout, comédien ; Reem Ali, comédienne ;  Tarek Malas, musicien ; Najwa Kondakji, comédienne ; Nanda Mohammad, comédienne ; Hazar Al Hark, comédienne.

« Il est 16 h 30, un massacre a eu lieu à Nasihine… » – Par Le Monde


Homs Envoyé spécial – Voici le récit du photojournaliste Mani, présent à Homs le jour du massacre du 26 janvier :
« A 16 h 30, Abou Bilal, un opposant syrien me fait part de l’appel téléphonique qu’il vient de recevoir : un massacre a eu lieu dans le quartier de Nasihine. On parle de 12 personnes dont plusieurs enfants exécutés dans leur maison. Je viens tout juste de rentrer après une journée éprouvante dans une petite structure médicale de fortune installée dans un quartier contrôlé par l’opposition, débordée par l’afflux de blessés graves et de morts, tous civils, victimes des snipers loyalistes et de bombardements. Une heure et demi après la nouvelle du massacre, à 18 heures, une première vidéo est mise en ligne sur YouTube qui montre les corps de la famille assassinée.

Des tirs de snipers ne cessent de claquer dans les alentours. On entend des tirs nourris de mitrailleuses, ainsi que plusieurs explosions venant des positions des forces du régime. La nuit est tombée et plusieurs groupes de soldats de l’Armée libre de Syrie (ALS) partent dans des véhicules banalisés pour contre-attaquer. Le groupe des opposants chargés de l’information sont rivés à leurs ordinateurs pour transmettre tous les documents récoltés dans la journée.

Il est 19 heures lorsque j’aperçois un responsable de l’ALS, Abou Layl. Il propose de me conduire au centre de santé où ont été transportées les victimes du massacre. Quatre opposants, dont trois soldats de l’ALS, se joignent à nous. Nous grimpons à bord d’une voiture qui parcourt à grande vitesse des ruelles obscures. Nous éteignons tous les feux du véhicule dès que nous nous approchons d’un barrage tenu par les forces loyalistes. J’apostrophe un soldat qui continue de consulter l’écran lumineux de son portable. Aucune lumière ne doit nous trahir. Un des soldats à l’avant de la voiture masque de sa main la montre lumineuse du tableau de bord tandis que nous traversons une première avenue dangereuse : l’avenue Wadi, rebaptisée « Charia Al-Maout », « avenue de la mort ». Plié en deux sur mon siège, j’entends les prières psalmodiées par mon voisin de gauche. A peine arrivé de l’autre côté de l’avenue, on entend le claquement d’une balle qui nous était destinée.

Le conducteur rallume les codes et poursuit sa route en zigzaguant dans les ruelles. Quelques centaines de mètres plus loin, on éteint à nouveau tous les feux. Abou Layl demande au conducteur de ralentir car dans le noir complet, nous risquons l’accident. Nous empruntons une nouvelle avenue dangereuse, puis nous bifurquons. Obscurité, lumière, à droite, à gauche, tout droit, nous arrivons enfin au centre de santé de Karam Al-Zaitoun. Là, dans la cour, une foule entoure les cadavres de la famille suppliciée : cinq corps d’enfants en bas âge sont alignés entre le cadavre de leur père et celui de cinq femmes de la famille. Une petite fille a la moitié du crâne emportée, vraisemblablement par un tir à bout portant. Un petit garçon a aussi pris une balle derrière la tête et la balle est sortie par l’orbite gauche. Un infirmier desserre les linceuls de trois enfants pour me montrer leurs gorges tranchées. Je photographie les corps.

>> Voir le portfolio : Après la tuerie au centre de santé de Karam Al-Zaitoun

J’entre ensuite dans la salle des soins et on me conduit auprès des deux seuls enfants qui ont survécu au massacre. Ali, trois ans, tremble et gémit d’effroi. Ghazal, une petite fille de quatre mois, cesse de pleurer quand on l’embrasse. Elle a survécu avec une balle dans la jambe.

Un voisin du bâtiment où vivait la famille, un homme âgé d’une soixantaine d’années, raconte. Lorsque les habitants de ce quartier ont compris qu’un massacre était en cours dans la rue Al-Ansar. Trois d’entre eux, dont le narrateur, ont décidé de rejoindre la maison visée en perçant des trous dans les murs des maisons contiguës. Il assure avoir pu voir, à travers des ouvertures pratiquées dans les murs, le massacre des enfants. Il déclare que les assaillants étaient sept hommes en uniforme militaire, appartenant aux forces loyalistes. Il affirme enfin que ces hommes ont pu quitter les lieux couverts par des tirs nourris provenant de positions de l’armée avant de monter dans un véhicule blindé et de disparaître.

Les onze personnes tuées appartenaient à la famille Bahadour, installée dans deux appartements voisins. Deux autres membres de cette famille ont échappé au massacre car ils étaient absents au moment du drame. La rue Al-Ansar, théâtre de la tuerie, est un lieu où cohabite une population mixte d’alaouites – une dissidence du chiisme dont est issue la famille du président Bachar Al-Assad – et de sunnites. Les alaouites sont majoritaires et la zone, tenue par les barrages du régime, se trouve à proximité du quartier Zahra, peuplé d’alaouites, acquis au régime. Le sexagénaire assure que des menaces ont été proférées contre les sunnites de la rue pour qu’ils quittent les lieux, et qu’ils sont pris pour cible aux barrages pour les terroriser et provoquer leur exode.

Sur le chemin du retour, nous avons failli percuter une voiture dans un virage alors que nous circulions à nouveau tous feux éteints. Enfin, au passage de la dernière avenue contrôlée par les forces loyalistes, un tireur embusqué a tiré une dernière fois sur notre véhicule. »

Mani

source: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/28/il-est-16-h-30-un-massacre-a-eu-lieu-a-nasihine_1635842_3218.html#ens_id=1481132

Tunisie : des milliers de manifestants pour dénoncer la pression salafiste


De Cécile FEUILLATRE (AFP) –

TUNIS — Des filles à qui l’on "conseille" de porter le foulard, des jeunes refoulés d’une mosquée, des enseignants anxieux de voir débarquer à leur cours une étudiante en niqab… Ils ont manifesté samedi à Tunis leur inquiétude face à des incidents qui ont selon eux tendance à se multiplier.

Ce sont deux petites dames aux cheveux blancs, souriantes, agitant avec énergie leur drapeau tunisien: Sarah Moalla et Oum Kalthoum Bradai, retraitées. Elles sont venues participer au défilé pour "la défense des libertés" organisé par des partis de gauche et des associations.

"On était enseignantes, on a passé notre vie à éduquer. Et aujourd’hui certains veulent nous ramener 14 siècles en arrière ?", dit l’une des deux septuagénaires. "Les salafistes sont bouchés, ils ne comprennent rien", renchérit son amie.

La marche a été organisée après une série d’incidents violents impliquant des radicaux de cette mouvance, très minoritaire en Tunisie, mais qui ne cesse de faire parler d’elle depuis la victoire des islamistes d’Ennahda aux élections.

Dans des universités, où les partisans du port du niqab (voile islamique intégral) font pression, jusqu’à entraîner la fermeture d’une fac. Devant la justice, où ils vouent aux gémonies une chaîne de télévision accusée d’avoir diffusé un film blasphématoire. Dans des manifestations, où des journalistes et militants ont été pris à partie, voire molestés.

Mais au-delà de ces incidents spectaculaires, les enseignants, les étudiantes, les artistes venus manifester évoquent des pressions insidieuses, des événements anecdotiques mais qui se répètent trop souvent à leur goût.

"L’épicier m’a dit l’autre jour: vous ne me plaisez pas avec votre jean. Je lui ai rétorqué qu’il ne me plaisait pas avec sa barbe", raconte Leila Katech, une anesthésiste à la retraite, qui "en a assez de voir la religion devenir la seule référence".

A travers ce prisme, "tout devient un problème: aller voir un gynécologue, parler, s’habiller", déplore-t-elle.

A quelques mètres, deux jeunes femmes s’époumonnent: "La Tunisie est libre, non aux esprits arriérés!" "Ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est islamiste. J’en ai assez que l’islam soit utilisé contre nous", explique Nadia, une jeune cadre voilée.

Rym, elle, est en cheveux, malgré son père, qui voudrait qu’elle se couvre. "Les barbus essayent de tout contrôler", dit la jeune femme, qui a eu une altercation récente avec des salafistes alors qu’elle voulait montrer à des amis touristes une mosquée de la médina de Tunis.

Les enseignants sont venus en nombre. Aslam Jelouli, professeur à la faculté des Sciences de Tunis, s’angoisse à l’idée qu’une étudiante revêtue du niqab vienne un jour à son cours.

"Regardez ce qui s’est passé à la Manouba" (une fac de Lettres près de Tunis perturbée pendant deux mois par des étudiants et salafistes voulant imposer le port du niqab en cours).

"Le gouvernement n’a rien fait, il a tenté de ménager la chèvre et le chou, mais ce n’est pas possible, on va finir par se faire manger", s’énerve-t-il.

Tiraillé entre ses propres faucons et ses colombes, soucieux de ne pas s’aliéner la partie radicale de sa base, le parti islamiste Ennahda, qui domine le gouvernement tunisien, a réagi timidement aux incidents, voire est resté silencieux.

"Ce gouvernement n’est pas complice, mais il est complaisant, à tout le moins", dénonce le fondateur du Parti Démocrate Progressiste (PDP), Ahmed Nejib Chebbi, présent à la manifestation.

"Aujourd’hui le poids des salafistes ne m’inquiète pas mais le phénomène peut se développer à la faveur de la crise sociale et de l’instabilité", met-il en garde.

"Ils peuvent devenir une menace réelle si on ne les arrête pas", estime de son côté le juriste Yadh Ben Achour, tandis que la chef du PDP, Maya Jribi, dit faire confiance au peuple tunisien, "profondément modéré et tolérant".

Ce régime est indéfendable


Massacre à Homs, pilonnée par l’armée syrienne
LEMONDE | 27.01.12 | 13h24   •  Mis à jour le 27.01.12 | 21h17

Les corps de onze habitants du quartier de Nasihine à Homs, jeudi 26 janvier, après un assaut attribué aux forces de sécurité syrienne.

Les corps de onze habitants du quartier de Nasihine à Homs, jeudi 26 janvier, après un assaut attribué aux forces de sécurité syrienne.© Mani pour Le Monde

Homs Envoyé spécial – Des corps d’enfants enserrés dans des linceuls de fortune, des dépouilles ensanglantées de civils fauchés en pleine rue, la violence a gagné une nouvelle fois en intensité jeudi 26 janvier, à Homs. Dans cette ville rebelle où des quartiers entiers résistent depuis plusieurs mois, les armes à la main, aux forces régulières et aux milices du régime de Bachar Al-Assad, les assauts furieux ont pris le relais des tirs de snipers.
Dans le quartier de Karam Al-Zaitoun, acquis à l’opposition et situé au sud de la vieille ville, la journée avait commencé par des tirs en provenance des positions occupées par les militaires. Selon des témoins rencontrés sur place, ces tirs ont touché quatre personnes : trois hommes tués sur le coup, dont deux visés à la tête, et une femme âgée, grièvement blessée à la mâchoire. Peu de temps après, un premier obus tombait devant un dispensaire de fortune installé dans le quartier.

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Egypte: sit-in place Tahrir jusqu’au départ de l’armée


jeudi 26 janvier 2012, par La Rédaction

De jeunes militants égyptiens se sont installés jeudi sur la place Tahrir, au Caire, qu’ils ont promis d’occuper jusqu’à ce que les militaires du Conseil suprême des forces armées (CSFA) remettent le pouvoir à des civils.
Au lendemain du premier anniversaire du déclenchement de la révolution qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, des dizaines de jeunes Egyptiens pro-démocrates se trouvaient toujours sur la place, épicentre de la contestation de l’hiver dernier.
"Le conseil militaire commet les mêmes abus que Moubarak. Je ne ressens aucun changement. Le conseil militaire mène une contre-révolution", dénonce Samer Qabil, un étudiant de 23 ans.
Dans un passé récent, plusieurs sit-in ont dégénéré en affrontements violents avec les forces de l’ordre.
Mercredi, des dizaines de milliers d’Egyptiens ont célébré le premier anniversaire de la révolution, mais les rassemblements ont mis en lumière les divisions et les tensions sur les suites de la transition politique.
Les militaires du CSFA ont pris les commandes du pays après le renversement de Moubarak, le 11 février dernier. Ils ont promis de restituer le pouvoir aux civils après l’élection présidentielle, prévue pour le mois de juin.
Mais de nombreux activistes en pointe lors de la contestation d’il y a un an les soupçonnent de vouloir préserver leur emprise.
"Le sit-in se poursuivra jusqu’à leur départ", a promis Alaa Abdel Fattah, blogueur détenu plusieurs jours par l’armée lors de violents incidents qui ont fait 25 morts en octobre dernier.

(26 janvier 2012 – Avec les agences de presse)