Les compagnies aériennes dans l’illégalité … y compris du point de vue israélien !


En obéissant aux ordres du ministère israélien de l’Intérieur d’interdire aux participants à la mission Bienvenue en Palestine de prendre l’avion, les compagnies aériennes comme Lufthansa notamment ont battu un record, puisque leur tentative est illégale, y compris du point de vue du droit israélien !

Dans une interview au quotidien Haaretz, http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/israel-cannot-legally-ban-pro-palestinian-activists-bound-for-west-bank-1.423847

l’avocat israélien Amar Schatz souligne ainsi qu’en juillet 2011, il a gagné un procès contre le ministère israélien de l’Intérieur, qui avait refusé l’entrée à l’aéroport à deux femmes déclarant se rendre à Bethléem dans le cadre de la précédente mission « Bienvenue en Palestine ».

Le tribunal israélien a ainsi jugé qu’à partir du moment où ces personnes n’avaient pas l’intention de séjourner en Israël mais de se rendre directement dans les Territoires Palestiniens Occupés, le ministère israélien de l’Intérieur n’avait pas le pouvoir de décider . Nos deux camarades, une Australienne et une Néo-Zélandaise, qui venaient de passer 24 heures en prison, avaient donc été relâchées sur le sol israélien, et priées d’aller demander l’autorisation d’entrée dans les territoires palestiniens à l’armée d’occupation.

Conférer au ministère israélien de l’Intérieur le pouvoir de dire qui peut ou ne peut pas aller en Palestine occupée reviendrait à considérer ces territoires comme carrément annexés à Israël, ce qui n’a pas (ou pas encore) été fait.

D’où la volonté des dirigeants israéliens de régler leur problème « en amont ». Pas seulement parce que l’arrivée à l’aéroport Ben Gourion de centaines de volontaires internationaux pacifiques,  est un démenti vivant à leurs calomnies sur la « volonté d’en découdre » de la mission.

Mais aussi pour éviter une éventuelle déconvenue judiciaire, dans le cas où des personnes arrivant à Tel Aviv et s’y voyant refuser l’accès, contesteraient en justice un tel arbitraire.

Lufthansa, mais aussi d’autres compagnies, et bien entendu l’ensemble des gouvernements et politiciens complices du gouvernement israélien,  lui ôtent donc une épine du pied, quitte à se mettre dans l’illégalité.

Les voyageurs à qui des annulations de tickets ont été notifiées au cours des dernières 24 heures récusent ces comportements de mafieux, et se présenteront, comme indiqué sur leurs billets, pour faire valoir leurs droits.

CONCERNANT LA REGION ILE-DE-FRANCE : TOUS, VOYAGEURS ET AMIS DU PEUPLE PALESTINIEN, DIMANCHE 15 AVRIL A PARTIR DE 5 HEURES DU MATIN A L’AEROPORT DE ROISSY CHARLES-DE-GAULLE, TERMINAL 1.

MISSION BIENVENUEPALESTINE FRANCE

Les compagnies aériennes dans la mélasse


Ci-dessous un best-off des messages d’annulation envoyés par les compagnies aériennes à des passagers et passagères, avec une approximation et des erreurs surréalistes. Exécuter les ordres israéliens leur coûte au demeurant un maximum d’argent, puisqu’elles s’apprêtent à rembourser tous les « blacklistés », sans avoir le temps de revendre leurs places, et sont même amenées à proposer des nuits d’hôtel à leurs clients pour leur éviter les désagréments du dimanche « noir »… Collabos, c’est un choix qui se paye !

- Lufthansa Flug/Flight Information Aufgrund

« En raison d’une manifestation à l’enregistrement prévu le 15, nous vous proposons de faire l’enregistrement le 14 de 18h à 21h au terminal 1, les enregistrements le 15 seront limités. Nous offrons une option nuit dans le terminal 1 si vous choisissez cette solution… »


Due to demonstrations LH Check-In on 15th of April will be limited. We offer a late night Check-In option on the 14th APR from 18 – 21 hours in Terminal 1.

- GO VOYAGE : vous apprécierez la nouvelle destination « Jérusalem » et le charabia assorti !

Madame, Monsieur,

Vous avez effectué une réservation par l’intermédiaire de notre société pour un vol le 15 avril courant à destination de Jérusalem.

Bien qu’en vous adressant la présente, nous allions au-delà de notre obligation précontractuelle d’information dans le cadre de la délivrance de simples billets d’avion, nous émettons toute réserve et déclinons à nouveau toute responsabilité en cas de refus d’embarquement ou d’incident à l’occasion de ce vol, compte tenu des antécédents survenus en juillet 2011.

Nous vous suggérons de prendre attache avec l’Ambassade d’Israël et de consulter les sites officiels pour déterminer si votre situation personnelle est en adéquation avec les mesures prises par les autorités locales.

Pour mémoire, notre agence de voyages n’est pas légalement et contractuellement tenue de se substituer à ses clients dans l’accomplissement de telles démarches.

Recevez, Madame, Monsieur, l’assurance de nos salutations distinguées.

Go Voyages

- Une trouvaille de Brussels Airlines : « l’ambassade de l’immigration israélienne » !

Bonjour,

Nous vous contactons concernant votre dossier XYZ

La compagnie aérienne Brussels Airlines vient de nous signaler que l’ambassade de l’immigration Israélienne vous refuse l’entrée sur le territoire Israélien.

N’ayant pu trouver d’autre alternative, nous vous proposons le remboursement du dossier. Nous regrettons la gêne occasionnée et vous remercions de votre compréhension.

Cordialement

Le Service Client


- EasyJet renvoie sur l’ambassade d’Israël à Berne et supplie de ne pas se présenter à l’aéroport…

Dear DUPONT,

We regret to inform you that Israel Immigration Authorities have informed us that you will be refused entry to Israel and instructed us to refuse you carriage. We have therefore had no choice but to cancel your reservation on easyJet flight to Tel Aviv on 15/04/2012. You will receive a full refund of your booking….

Please do not go to the airport as the Israeli Immigration Authorities have instructed us to refuse you carriage.

If you require further information relating to the refusal of travel may we suggest that you make contact with the Israeli Embassy in Bern. Their contact details are noted below for your information.

Embassy of Israel

Chancellery

Alpenstrasse 32

P.O.Box

3006 Bern

Phone number : +41(0)31 356 35 00 – Fax : +41(0)31 356 35 65

We apologise for the inconvenience this may cause you and please be assured we are working under the instruction of the Israeli Immigration Authorities and will be unable to accept you for travel until so advised by the authorities.

Yours Sincerely

easyJet Customer Services

Share on Facebook

“Pas de quartier” ? Ma réponse à Ali Abunimah & Co.


Gilad Atzmon جيلاد أتزمون گيلاد آتزمون
Translated by  Fausto Giudice فاوستو جيوديشي

Notre ami Gilad Atzmon, qui est indirectement à l’origine de la création de Tlaxcala en 2005 – c’est à l’occasion de traductions en diverses langues d’une interview de lui que le noyau fondateur de ce réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique s’était connu -, vient de faire l’objet d’une attaque insensée aux USA, où il se trouve en tournée pour présenter son livre The Wandering Who ? Cette attaque a la forme d’une pétition intitulée « sans quartier ». Cet appel calomnieux semble avoir été rédigé et lancé par Ali Abunimah, un citoyen usaméricain d ‘origine palestinienne résidant à Chicago qui dirige le site Electronic Intifada, dont est en droit de se demander quels buts il poursuit avec cet appel au lynchage et s’il est le seul auteur de ce texte. Nous publions la réponse de Gilad Atzmon, ainsi que l’appel de ceux qui lui déclarent la guerre.-Tlaxcala

- 1 -

Pas de quartier : Un appel à désavouer le racisme et l’antisémitisme de Gilad Atzmon

Note : cet appel a d’abord été publié par le Réseau de la communauté US palestinienne (USPCN) et a pour auteurs tous les signataires.
Depuis de nombreuses années, Gilad Atzmon, un musicien né en Israël et vivant actuellement au Royaume-Uni, s’est auto-assigné la tâche de définir pour le mouvement palestinien la nature de notre lutte et la philosophie devant la sous-tendre. C’est ce qu’il a fait dans ses divers messages publiés sur Internet, dans des discours et des articles. Il est actuellement en tournée aux USA pour faire la promotion de son dernier livre, intitulé The Wandering Who (sic).
Par cette lettre, nous appelons au désaveu d’Atzmon par les camarades d’organisations palestiniennes ainsi que par les militants de la solidarité avec la Palestine et les alliés du peuple palestinien, et signalons le danger qu’il y a à soutenir le travail et les écrits politiques d’Atzmon et à fournir une quelconque plateforme pour leur  diffusion. Nous faisons cela en tant qu’organisateurs et militants palestiniens, travaillant à travers les continents, les campagnes et les positions idéologiques.
La politique d’Atzmon repose sur une affirmation majeure qui lui sert de trempli pour lancer des attaques odieuses contre quiconque n’est pas d’accord avec son obsession de la “ judéité ”. Il proclame que toute politique juive est “tribale” et fondamentalement sioniste. Pour Atzmon, le sionisme n’est pas un projet colonialiste, mais un projet transhistorique “ juif ”, partie intégrante de l’autodéfinition comme juif. C’est pourquoi, proclame-t-il, quelqu’un ne peut pas se décrire comme juif et en même temps travailler à la solidarité avec la Palestine, car s’identifier comme juif , c’est être sioniste. Nous sommes d’un avis diamétralement opposé. De fait, nous croyons que l’argument d’Atzmon est lui-même sioniste car il est en accord avec l’idéologie du sionisme et d’Israël selon laquelle la seule manière d’être juif est d’être sioniste.
Nous Palestiniens avons subi deux siècles de domination orientaliste (sic), colonialiste et impérialiste de notre terre natale. Et en tant que Palestiniens, nous considérons ce langage comme immoral et complètement étranger aux valeurs fondamentales de l’humanisme, de l’égalité et de la justice sur lesquelles repose la lutte pour la Palestine et son mouvement national. Comme d’innombrables militants et organisateurs palestiniens, leurs partis, associations et campagnes l’ont attesté durant le siècle dernier, notre lutte n’a jamais été, et ne sera jamais dirigée contre les juifs ou le judaïsme, malgré l’insistance des sionistes à nous faire dire que nos ennemis sont les Juifs. Notre lutte est plutôt dirigée contre le sionisme, un mouvement colonialiste moderne né en Europe et semblable à des mouvements dans d’autres parties du monde dont le but est de déplacer les autochtones et de construire de nouvelles sociétés européennes sur leurs terres.
Nous réaffirmons qu’il n’y a pas de place dans cette analyse de l’histoire et des fondements de notre lutte pour une quelconque attaque contre nos alliés juifs, les Juifs ou le judaïsme, ni pour une négation de l’Holocauste, ni pour une association, sous quelque forme que ce soit, avec quelque théorie conspirationniste que ce soit, quelques arguments , associations et entités d’extrême-droite, orientalistes et racistes que ce soit. Affronter le sionisme, y compris le pouvoir illégitime d’institutions qui soutiennent l’oppression des Palestiniens, et l’usage illégitime d’identités juives pour protéger et légitimer l’oppression, ne doit jamais devenir une attaque contre des identités juives, ni le dénigrement et la négation d’histoires juives dans toute leur diversité.
De fait, nous considérons toute tentative de lier ou d’adopter un langage antisémite ou raciste, même si c’est dans le cadre d’une politique se présentant comme anti-impérialiste et antisioniste, comme une réaffirmation et une légitimation du sionisme. En plus d’être immoral, ce langage occulte le rôle fondamental de l’impérialisme et du colonialisme dans la destruction de notre patrie, dans l’expulsion de son peuple et le maintien de systèmes et d’idéologies d’oppression, d’apartheid et d’occupation. Il met celui qui l’adopte totalement en dehors de la véritable solidarité avec la Palestine et son peuple.
L’objectif du peuple palestinien a toujours été clair : l’autodétermination. Et nous ne pouvons exercer ce droit inaliénable que par la libération, le retour de nos réfugiés (qui sont la majorité absolue de notre peuple) et par l’obtention de droits égaux pour tous par la décolonisation. En tant que tels, nous sommes aux côtés de tout et chaque mouvement réclamant la justice, la dignité humaine, l’égalité et les droits sociaux, économiques, culturels et politiques. Nous ne ferons jamais de compromis sur les principes et l’esprit de notre lutte de libération. Nous ne nous laisserons pas l’opportunisme nous pousser à des alliances avec ceux qui attaquent, dénigrent ou s’en prennent de tout autre manière à notre fraternité politique avec toutes les luttes de libérations et tous les mouvements pour la justice.
C’est notre devoir collectif, en tant que Palestiniens, que nous soyons en Palestine ou en exil, d’assurer la bonne orientation de notre lutte de libération à la base. Nous devons protéger l’intégrité de notre mouvement, et pour cela nous devons continuer à être vigilants à ce que ceux auxquels nous fournissons des estrades parlent vraiment en respectant ces principes.Quand le peuple palestinien appelle à l’autodétermination et à al décolonisation de notre patrie, nous le faisons avec la promesse et dans l’espoir d’une communauté fondée sur la justice, où tous sont libres, égaux et où tous sont bienvenus.Jusqu’à la libération et au retour.

Signataires:

  • Ali Abunimah
  • Naseer Aruri, Professeur émérite, University of Massachusetts, Dartmouth
  • Omar Barghouti, militant des droits humains
  • Hatem Bazian, president des Musulmans américains pour la Palestine
  • Andrew Dalack, Comité national de coordination, Réseau de la communauté US palestinienne
  • Haidar Eid, Gaza
  • Nada Elia, Boycott universitaire et culturel d’Israël aux USA
  • Toufic Haddad
  • Kathryn Hamoudah
  • Adam Hanieh, chargé de cours, Ecole d’études orientales et africaines (SOAS), Londres
  • Mostafa Henaway, Tadamon! Canada
  • Monadel Herzallah, Comité national de coordination, Réseau de la communauté US palestinienne
  • Nadia Hijab, auteur et défenseure des droits humains
  • Andrew Kadi
  • Abir Kobty, blogueur et militant palestinien
  • Joseph Massad, Professeur, Université Columbia, NY
  • Danya Mustafa, coordinateur national US de la Semaine apartheid israélien  & Etudiants pour la Justice en Palestine- Université du Nouveau-Mexique
  • Dina Omar, Etudiants pour la Justice en Palestine Columbia
  • Haitham Salawdeh, Comité national de coordination, Réseau de la communauté US palestinienne
  • Sobhi Samour, Ecole d’études orientales et africaines (SOAS), Londres
  • Khaled Ziada, SOAS Palestine Society de l’ Ecole d’études orientales et africaines (SOAS), Londres
  • Rafeef Ziadah, poétesse et défenseure des droits humains

Fuente: http://uspcn.org/2012/03/13/granting-no-quarter-a-call-for-the-disavowal-of-the-racism-and-antisemitism-of-gilad-atzmon/

- 2 -

Réponse à Ali Abunimah & Co.

Gilad Azmon
Le fait qu’Ali Abunimah & Co. se présentent comme des défenseurs d’un “ seul État démocratique en Palestine ” me laisse perplexe : quel genre de démocratie ont-ils exactement en tête ? Car en appelant à me “ désavouer ”, ils démontrent sans ambigüités qu’ils ne peuvent pas même tolérer la plus élémentaire critique culturelle, une critique qui est endossée et appréciée par quelques-uns des penseurs les plus respectés dans notre mouvement et au-delà.

De fait, je suis plutôt ravi des réactions indignées que suscitent mes idées. Je suppose que cela nous permet de cartographier le discours et ses frontières et signifie que ces frontières sont maintenant officielles. Mon dernier livre , The Wandering Who? Le…quoi? errant) ne fait pas seulement des vagues, il a aussi réussi à mettre d’accord Alan Dershowitz et Abe Foxman avec Ali Abunimah et Max Blumenthal. C’est plutôt encourageant : la paix est donc possible.

Mais j’ai une mauvaise nouvelle pour ceux qui voudraient me réduire au silence, qu’ils soient palestiniens ou juifs. Je n’ai aucune intention de baisser la garde ou de changer de cap. Je suis un musicien de jazz et quelqu’un qui pense en toute indépendance. Je suis fondamentalement un électron libre : je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. La popularité de mes écrits parmi les Palestiniens, les militants de la solidarité et ceux qui cherchent la vérité est le résultat direct de mon approche sincère de cette thématique.

Que mes détracteurs le veuillent ou non, la force de mes arguments est fondée sur la transparence et la véracité de mes prémisses. Jusqu’à présent, aucun de mes adversaires n’a été en mesure de pointer la moindre contradiction dans mon argumentation ou dans les faits que j’expose. J’affirme par exemple que puisque Israël se définit lui-même comme l’État juif – avec ses tanks et ses avions ornés de symboles juifs –, il est de notre devoir de poser la question : qui sont les Juifs ? Qu’est-ce que le judaïsme ? Et qu’entend-on par judéité ?

Le fait que certains militants craignent et évitent de poser ces questions ne veut pas dire que tous les autres devraient adopter la même attitude lâche.

Au cas où mes détracteurs – qu’ils soient sionistes, sionistes antisionistes ou Palestiniens – ne s’en seraient pas encore rendus compte, la Palestine n’est plus seule, et elle n’est plus l’objet d’un discours isolé et lointain. Au moment même où j’écris ces lignes, l’AIPAC continue publiquement et inexorablement à pousser l’Amérique vers un nouveau conflit mondial. En Grande-Bretagne, 80% des députés conservateurs font partie des Amis conservateurs d’Israël. Nous sommes en train d’assister à un passage très clair du discours sioniste de la “ terre promise ” à la “ planète promise ”. Je suis convaincu que cela pourrait réellement sauver le monde –y compris les Américains, les Britanniques, les Iraniens et les Palestiniens – que d’appeler un chat un chat. Mais cela peut aussi sauver les Juifs des graves conséquences potentielles que leur infligeraient les lobbies juifs.

Malheureusement, Ali Abunimah a dénaturé ma pensée. Il est évident qu’il n’y a dans mes écrits aucun racisme, aucun antisémitisme et aucune négation de l’holocauste. Aussi déterminés soient-ils à en trouver trace, mes détracteurs n’ont pas pu trouver le moindre début de preuve de telles tendances dans mon travail. Ali Abunimah me fait dire que “ l’on ne peut pas se définir comme Juif et en même temps faire un travail de solidarité avec la Palestine, car s’identifier comme juif, c’est être sioniste ”. C’est là une interprétation grotesque de mes écrits, dans lesquels je m’efforce toujours de définir la question en termes catégoriques. Ce à quoi je m’oppose de toute évidence, c’est l’exclusivité raciale juive. Si Israël a tout faux en voulant être un État-pour-les-seuls-Juifs – c’est mon argument -, alors ses critiques juifs seraient mieux avisés de le combattre en recourant à une idéologie et à une pratique inclusive et universaliste.

Je suis bien critique à l’égard de toute politique identitaire juive, culture juive et idéologie juive. Je suis aussi critique vis-à-vis de l’attitude culturelle juive face à l’histoire. Je critique la judéité et toute forme de militantisme politique exclusivement juif. Et je me demande pourquoi quiconque cherche la justice et la paix devrait faire des objections à ma démarche. La culture ou la politique identitaire juives sont-elles à l’abri de toute critique ? Les Juifs seraient-ils après tout les élus ?

Désolé de décevoir la ligue de mes opposants palestiniens et juifs, mais il semble bien que leur terminologie soit défectueuse et induise en erreur : le sionisme n’est pas un colonialisme, car le colonialisme est défini comme l’échange matériel entre une mère patrie et un État de colons. Le fait qu’il n’existe pas de mère partie juive indique que le sionisme ne rentre pas dans le modèle colonial.

Israël n’est pas non plus un État d’apartheid, car l’apartheid est défini par l’exploitation de résidents indigènes. Mais l’État juif préfèrerait la disparition pure et simple des Palestiniens. En d’autres termes, nous avons affaire ici à une philosophie expansionniste à base raciale pas vraiment différente du Lebensraum nazi.

Israël n’est pas le sionisme et vice-versa. Israël est le produit du projet sioniste. Si le sionisme est la promesse d’établir un “ foyer national juif en Palestine ”, Israël est son produit postrévolutionnaire. D’ailleurs, les Israéliens sont très peu familiarisés avec la pensée et l’idéologie sioniste. De leur pont de vue, les rengaines antisionistes sont un discours lointain émanant de la diaspora.

Shalom ne veut pas dire paix, réconciliation ou harmonie. Sa traduction exacte est “ sécurité pour les Juifs ”. La culture israélienne manque d’une notion claire de la “ paix ” telle que nous l’entendons, c’est-à-dire harmonie et réconciliation.

Je suggère à mes détracteurs de consacrer un certain temps à réfléchir à cela, afin qu’ils comprennent que les questions liées à ce conflit et à sa résolution vont bien au-delà du simple discours politique.

Je saisis l’occasion pour signaler à mes adversaires que leur campagne est contre-productive. Ceux que mes idées intéressent se rendent compte que nous vivons à une époque post-politique et post-idéologique. Tout comme moi, ce qui les intéresse, c’est l’argument éthique. Ils ne sont pas encartés et ne reçoivent pas d’ordres de groupes ou d’appareils idéologiques sectaires. Ils ne font qu’écouter leur cœur. Les organisations pro-palestiniennes qui sponsorisent mon actuelle tournée aux USA réalisent très bien que mon travail galvanise le traçage d’une ligne de démarcation entre la vérité et ses ennemis.

La campagne acharnée de dénigrement de mes écrits n’a abouti à rien d’autre qu’à mettre au jour une accablante intolérance intellectuelle dans nos propres rangs. Si ceux qui s’opposent à moi sont intéressés par mes idées, ils devront apprendre à débattre. Mais avant cela, j’imagine, il faudra que mes détracteurs commencent par lire mon livre et décident contre quoi ils sont exactement.


Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.gilad.co.uk/writings/washington-report-to-disavow-or-debate-gilad-atzmon.html
Publication date of original article: 14/03/2012
URL of this page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7021

La Syrie a un besoin urgent d’ »aide humanitaire massive »


vendredi 13 avril 2012, par La Rédaction

La Syrie, déchirée par plus d’un an de violences, a un besoin pressant d’ »aide humanitaire massive », a estimé vendredi à Oslo le conseiller technique de l’émissaire international Kofi Annan. « Si les parties continuent de respecter l’accord de cessez-le-feu, il est extrêmement important d’ouvrir la voie à une aide humanitaire massive aussi rapidement que possible », a déclaré le général norvégien Robert Modd, affirmant qu’un million de Syriens étaient privés de nourriture, de couvertures, d’eau. « Mais il y a aussi un besoin de reconstruction. Les destructions sont tellement importantes dans certaines de ces villes qu’écoles, cliniques, institutions publiques sont totalement démolies et doivent être reconstruites », a-t-il dit lors d’un point de presse.

Ses propos font écho à ceux de Kofi Annan qui a demandé le même jour, par la voix de son porte-parole, l’ouverture de « couloirs humanitaires ». Sur le terrain, conformément au plan de paix de Kofi Annan, le régime du président Bachar el-Assad et les forces d’opposition observent depuis jeudi 5 heures un cessez-le-feu même si quelques violations ont été rapportées. « Le cessez-le-feu semble être respecté avec quelques nuances.

Il est inquiétant de voir des informations non confirmées faisant état de violences à Homs et dans la zone frontalière, mais l’impression principale, c’est que la trêve est respectée », a précisé l’officier norvégien.

« Le fait qu’on observe aujourd’hui une quasi-cessation des opérations de combat est le signe que les parties sont bien déterminées à basculer sur une autre voie » que celle de la violence, a-t-il ajouté.

***

Les manifestants à nouveau pris pour cible

Trois manifestants ont été abattus par les forces de sécurité selon une ONG, tandis que des dizaines de milliers de Syriens défilaient contre le régime vendredi, journée-test pour le fragile cessez-le-feu instauré la veille. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait état de la mort d’un civil tué par les forces de sécurité à Hama (centre), théâtre de manifestations géantes à l’été 2011, ajoutant que deux autres civils avaient été abattus dans les régions d’Idleb (nord ouest) et de Deraa (sud).

Cette organisation basée en Grande-Bretagne a fait état de manifestations dans plusieurs quartiers de Damas, qui ont également essuyé des tirs, et de manifestations « massives » dans la région d’Idleb et dans la province de Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays. La communauté internationale souhaite malgré tout profiter de l’accalmie constatée jeudi pour envoyer des observateurs dans le pays afin d’évaluer l’application sur le terrain du plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan, qui a demandé vendredi l’ouverture de « couloirs humanitaires » en Syrie.

Pouvoir et opposition ont signalé des violations du cessez-le-feu. Les militants soulignent notamment qu’en dépit du plan Annan, chars et troupes sont toujours déployés dans les villes, bloquant en certains endroits les accès aux mosquées, point habituel de départ des manifestations en Syrie. Pour les militants comme pour les experts, cette journée placée sous le slogan de « la Révolution pour tous les Syriens » est un test pour le régime, qui a réprimé pendant plus d’un an la contestation dans le sang.
« Dès lors que les troupes sont obligées d’alléger la pression, les Syriens peuvent décider par eux-mêmes de se joindre ou pas à cette révolution populaire », estime Karim Bitar, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste du Proche et Moyen-Orient. Le plan en six points de Kofi Annan prévoit, outre la cessation des hostilités, le retrait de l’armée des villes et le « droit de manifester pacifiquement » notamment.

Damas a toutefois rappelé que toute personne souhaitant manifester devait en demander l’autorisation au préalable.

Le Conseil national syrien (CNS) a appelé à poursuivre la mobilisation pour obtenir la chute du président Bachar el-Assad, seul chef d’État contesté dans le cadre du Printemps arabe toujours en place. Après une journée relativement calme jeudi, des combats à l’arme lourde ont eu lieu vendredi dans la province d’Idleb, à la frontière avec la Turquie, selon l’OSDH, fragilisant un peu plus la trêve. L’agence officielle syrienne Sana a annoncé l’assassinat d’un officier dans la nuit de jeudi à vendredi à Jaramana, dans la banlieue de Damas, perpétré par des « terroristes » – terme utilisé par les autorités pour désigner les rebelles.

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Kofi Annan a estimé que, techniquement, Damas n’avait pas respecté son plan mais que le fragile cessez-le-feu était « une chance à saisir », tandis que le patron des Nations unies, Ban Ki-moon, a dit vouloir « envoyer une équipe d’observateurs le plus rapidement possible ». Le général norvégien Robert Mood, à la tête d’une mission technique de l’ONU, sera à nouveau en Syrie vendredi pour préparer leur arrivée, après qu’un projet de résolution en ce sens a été déposé jeudi soir l’ONU. Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait l’adopter vendredi, a précisé l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine.

Le projet prévoit l’envoi d’une « équipe avancée de quelques dizaines d’observateurs dans les jours qui viennent et dans la foulée d’une force qui pourrait être de plusieurs centaines » d’observateurs, a détaillé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. Le texte « exige en plus que le gouvernement syrien retire ses troupes et ses armes lourdes des agglomérations et les cantonnent dans leurs casernes ». Le président français Nicolas Sarkozy, disant ne pas croire à la « sincérité » de Bachar el-Assad ni au cessez-le-feu, a estimé qu’il fallait « absolument déployer des observateurs », avis partagé par les ministres des Affaires étrangères du G8.

Jeudi, l’OSDH a fait état de 10 morts, dont sept civils, un bilan qui marque une nette rupture avec ces derniers mois, au cours desquels l’ONG recensait chaque jour plusieurs dizaines de morts. Moscou, grand allié de Damas, va déployer « en permanence » des navires de sa flotte près des côtes syriennes, a indiqué l’agence d’État Ria Novosti.

(13 avril 2012 – Avec les agences de presse)

Source