La police belge aux ordres de l’Etat israélien?


Entretien : MBs

Mis en ligne le 17/04/2012

"Les conventions internationales contre le racisme et la discrimination raciale sont violées

Des manifestations se sont tenues ce lundi à Bruxelles et à Charleroi pour protester contre l’interdiction d’entrer sur son sol formulée dimanche par Israël aux militants de l’opération "Bienvenue en Palestine". A l’aéroport de Zaventem, plusieurs compagnies (en particulier Brussels Airlines) avaient refusé d’embarquer une centaine de personnes pour Tel Aviv. Entre 100 et 120 manifestants avaient fait entendre leur voix dans le hall des départs et la police belge était intervenue. Bilan : plusieurs arrestations pour trouble à l’ordre public.

Sébastien Courtoy est avocat de la plateforme "Bienvenue en Palestine". Il a répondu aux questions de La Libre.

La police est intervenue à l’aéroport de Zaventem pour refouler les militants de "Bienvenue en Palestine" qui devaient s’envoler vers Tel-Aviv à destination de Bethléem. Diriez-vous que la police belge est aux ordres du gouvernement israélien

Bien sûr, oui. C’est un constat. Je peux comprendre que l’Etat d’Israël soit souverain et puisse refuser (pour de mauvaises raisons en l’occurrence) l’accès à son territoire d’une série de personnes. En revanche, il est inimaginable que la police belge refuse aux citoyens belges de quitter le territoire belge ! Sur place, j’ai constaté que quand les militants de "Bienvenue en Palestine" ont voulu franchir la frontière, ils se sont fait crosser par la police, ce qui est une violation de la libre circulation des personnes, garantie non seulement par le Traité de Rome, mais qui est aussi un droit constitutionnel.

Je ne vois pas très bien quel serait l’intérêt de la Belgique de mettre des coups de matraque sur ses citoyens, donc c’est effectivement l’Etat israélien qui tient les commandes. Des faits similaires se sont déjà produits par le passé. Et, au lieu de nous aider cette fois-ci, la Belgique fait le boulot à la place de l’Etat israélien. C’est navrant

Aucun pays ne peut donc interdire à une personne de quitter son territoire. Mais ne peut-il pas, en revanche, en interdire l’accès ?

En principe pas, non. Seulement une fois que quelqu’un est sur place, il peut le refouler. La menace brandie par l’Etat israélien auprès des compagnies était d’ailleurs justement de mettre les frais de rapatriement à charge de ces compagnies, plus amendes, et plus menace d’interdiction d’encore atterrir sur les aéroports d’Israël. Un Etat peut édicter tout ce qu’il veut, certes, mais il y a ici une violation flagrante des règles de droit international. Comment un Etat peut-il a priori refuser l’accès à son territoire à des personnes qu’il n’a jamais interrogées pour savoir quel est le but de leur voyage, qu’il n’a jamais fouillées pour voir si elles transportent quelque chose de dangereux, etc. ? Les conventions internationales contre le racisme et la discrimination raciale sont violées !

Selon certaines sources, le ministère des Affaires extérieures aurait “fait exécuter cette décision”. Avez-vous entendu cela ?

Non, mais j’en ai la conviction en effet. Car quelques jours avant le départ avorté de dimanche, en Belgique et dans les autres pays concernés, des représentants du ministère des Affaires étrangères ont convoqué les "chefs" des délégations (là, ils pouvaient être reçus par le ministre, c’est marrant) pour dire qu’ils avaient reçu de l’Etat israélien une liste de persona non grata. Pourquoi l’Etat israëlien s’en cacherait-il, d’ailleurs, puisque tout lui est permis ?

Les compagnies aériennes peuvent-elles légalement être menacées de sanctions ?

Oui. Mais il y aurait une autre solution : arrêter tout commerce avec le pays à l’origine de la menace. Bien sûr, si tout le monde ne voit que son intérêt personnel et ferme les yeux, les compagnies font ce qu’elles ont fait : refouler des gens sans raison. Mais Brussels Airlines aurait pu décider de ne plus desservir Israël Ou alors de transporter les personnes et de les rapatrier : c’était payable.

Etait-ce de la provocation de passer par Israël ?

S’il est impossible d’atterrir en Palestine, c’est parce que tous les aéroports payés avec l’argent des impôts européens ont été détruits là-bas de façon à ce que tous les arrivées et départs soient filtrés par Israël ! Alors la vraie question n’est ni provocation ni terrorisme, mais est : qu’est-ce que l’Etat israélien a à cacher pour refouler ainsi des observateurs étrangers ?

Si un autre Etat qu’Israël avait agi de la même façon, que se serait-il passé ?

Je ne suis pas activiste. Simplement avocat, depuis douze ans. Mais je dis qu’aucun autre Etat n’aurait pu se permettre cela. Vous savez, on ne s’attaque jamais qu’au plus faible. Depuis quatre ou cinq ans, on a des procès d’islamistes en Belgique : on dirait qu’il n’y a d’extrémistes que chez les musulmans…

source : La Libre

"Bienvenue en Palestine": 47 étrangers en instance d’expulsion d’Israël


AFP

Mis en ligne le 16/04/2012

Un total de 79 militants de la cause palestinienne se sont vu refuser l’accès au territoire israélien ce week-end pour une période de cinq ans.
Quarante-sept militants étrangers, dont 24 femmes et 23 hommes qui ont participé à l’opération "Bienvenue en Palestine" étaient en instance d’expulsion d’Israël lundi soir, a indiqué une porte-parole des services israéliens d’immigration Sabine Hadad.

"Il reste 47 personnes qui attendent leur expulsion, parmi eux figurent 37 Français, 8 Britanniques, un Italien et un Canadien", a affirmé la porte-parole, précisant que onze manifestants avaient déjà été expulsés dans la journée de lundi.

"Ceux qui restent seront rapatriés par les mêmes compagnies aériennes qui les ont transportés en Israël dès qu’il y aura des places disponibles pour eux", a-t-elle ajouté sans être en mesure de préciser à quel moment ces procédures d’expulsions seront achevées.

Un total de 79 militants de la cause palestinienne se sont vu refuser l’accès au territoire israélien ce week-end pour une période de cinq ans.

Dans un communiqué, les organisateurs français de l’opération "Bienvenue en Palestine" ont annoncé que la cinquantaine de participants encore en Israël "entamaient une grève de la faim, en solidarité avec la journée des prisonniers palestiniens du mardi 17 avril d’une part, et pour exiger à nouveau leur droit élémentaire à circuler librement vers la Cisjordanie occupée, notamment vers Bethléem".

Selon Olivia Zémor, l’une des organisatrices françaises, "les mesures draconiennes prises par le gouvernement et les services secrets israéliens pour empêcher le millier de volontaires de rejoindre la Palestine se sont transformées en désastre diplomatique et politique pour (le Premier ministre Benjamin) Netanyahu et sa clique".

Seule une demi-douzaine d’activistes pro-palestiniens ont réussi à gagner leur destination, la ville de Bethléem, en Cisjordanie, a précisé Mme Zémor. M. Netanyahu s’est félicité dimanche de l’efficacité des services de sécurité contre l’opération qui menaçait, selon les dirigeants israéliens, la sécurité de l’aéroport Ben Gourion.

Cette initiative, du 15 au 22 avril, lancée pour la troisième année consécutive, consiste à tenter de faire venir en Cisjordanie des sympathisants du monde entier via Tel-Aviv, afin de dénoncer le contrôle par Israël des accès aux Territoires palestiniens occupés.

Sur quelque 1.500 participants espérés, dont 500 à 600 Français, moins d’une centaine est arrivée jusqu’à Tel-Aviv, la grande majorité ayant été bloquée à l’embarquement à la demande des autorités israéliennes.

Une dirigeante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, a rendu hommage dans un communiqué aux militants de cette opération qui "ont courageusement défié les politiques israéliennes de siège, d’apartheid et de discrimination en tentant d’entrer en Palestine ce week-end".

"De telles actions de résistance populaire et non violente dévoilent les pratiques coloniales et oppressives du gouvernement israélien", a ajouté Mme Achraoui en exhortant les pays concernés à "protéger leurs ressortissants de la persécution et à empêcher leurs compagnies aériennes de devenir des instruments de la coercition israélienne".

Les Etats-Unis ont pour leur part défendu le droit de leur grand allié dans la région d’expulser les militants. "Israël est un pays souverain et comme tel, il a le droit de contrôler les flux de personnes et de biens" à ses frontières, a estimé à Washington un porte-parole du département d’Etat, Mark Toner.

source : La Libre

Air France : « Etes-vous de confession juive ? »


anniebannie : Ne pas rater les commentaires, excellents

lundi 16 avril 2012, par Alain Gresh

Des centaines de militants européens et étrangers souhaitaient se rendre en Palestine pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Ils ne venaient ni poser des bombes, ni attaquer des bâtiments publics. Israël a décidé de leur interdire l’accès aux territoires palestiniens : une nouvelle preuve que ceux-ci sont, purement et simplement, des territoires occupés.

Pour cette violation du droit de circuler librement, le gouvernement israélien a bénéficié de la complaisance des gouvernements européens, qui ont tout fait pour mettre en œuvre l’interdiction. Et les compagnies européennes y ont contribué, au nom de la convention de Chicago (lire la justification d’Air France, « Air France, Easyjet ou Lufthansa annulent des billets vers Israël », 15 avril.)

Laissons les aspects politiques et diplomatiques de cette affaire pour aborder un autre point : si Air France est tenue d’appliquer la convention de Chicago, peut-elle le faire en violant la Déclaration universelle des droits de l’homme et les lois françaises ? Il est interdit, en effet, de discriminer une personne en fonction de sa couleur ou de sa religion. C’est pourtant ce qui s’est passé, en particulier à Nice, où la compagnie a refusé un embarquement en arguant que la personne n’était ni israélienne ni juive ! (voir le document ci-dessous).

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Source : Europalestine, « Le racisme d’Israël et d’Air France au grand jour ».

Il ne s’agit pas d’une simple bavure, puisque Jean-Charles Tréan, directeur du service de presse et des études, précise, en réponse à une question que je lui ai posée : « C’est dans ce cadre que le Chef d’Escale de Permanence à Nice pour le vol AF 4384 du 15 avril 2012 a, sur demande des autorités israéliennes, posé, en leur nom, les deux questions citées. Cela a d’ailleurs permis d’identifier le fait que la passagère concernée n’était pas admise sur le territoire israélien. » On est en présence d’un cas flagrant de discrimination qui devrait être porté devant les tribunaux.

Précisons, pour la petite histoire, que des diplomates français ont aussi été interdits de voyager (« Israeli official : 40% of names on Shin Bet fly-in blacklist were not activists », Haaretz, 16 avril). Et ne vous attendez pas à des protestations de la France.

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