"On a été seuls si longtemps à Alep…"


Le Monde.fr | 26.07.2012 à 10h44 • Mis à jour le 26.07.2012 à 14h32

Par Florence Aubenas

Le poste de police de Shahar, à Alep, est tombé aux mains de l'Armée syrienne libre au terme d'une journée de combat.

A Alep, on venait de loin – et jusque des villes alentours – pour acheter des légumes au marché de Shahar. En cette saison, la rue principale aurait été rouge de tomates, rangées dans des centaines de casiers en bois sur le seuil des boutiques. Depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar Al-Assad, il y a quinze mois, il n’y a plus ni marché, ni tomates, ni trottoir rempli de monde. Plus rien, sauf le commissariat, adossé au cimetière. Par crainte d’une attaque, la police avait annexé la plus grande partie de la rue.

Mercredi après-midi, le poste principal de Shahar est encerclé par les troupes de l’Armée syrienne libre (ASL), entrées en force dans Alep depuis trois jours. Dans un pays tenu par la peur depuis plus de quarante ans, l’opération représente bien plus que la prise d’un simple commissariat de quartier. "Entrer en vainqueur et voir enfin ce qu’il y a là-dedans : c’est un fantasme total, quelque chose que je n’aurais jamais imaginé il y a encore six mois", dit un officier de l’armée libre.

Des sacs de sable et une guérite vide – ornée d’un portrait de Bachar Al-Assad assez grand pour être visible de loin – gardent des portes en fer fermées. Derrière, il y aurait "une vingtaine de policiers embusqués", croit savoir un policier, et dans la cave, des prisonniers, arrêtés dans le cadre de l’insurrection. Ces prisonniers-là ont eu de la chance, explique, de son côté, un étudiant en médecine de la faculté d’Alep. Il raconte le campus de l’université envahi par des chabihas – les hommes de main du régime – le lendemain d’une manifestation, ses copains qu’il a vu jetés par la fenêtre du cinquième étage de la cité universitaire, d’autres découpés au sabre, une vingtaine en tout, selon lui. "Les chabihas n’ont même pas cherché à arrêter les meneurs, se souvient l’étudiant. Ils tuaient qui était là."

C’était quand ? L’étudiant se trouble. Il y a deux mois, peut-être. Il ne sait plus. On dirait qu’il ne veut plus se souvenir, qu’il va pleurer. C’est la première fois qu’il raconte ça. "On a été seuls si longtemps à Alep, pas d’ONG, pas d’observateurs internationaux, pas de journalistes, dit-il. Même avec des gens de la ville, on n’osait pas en parler, de peur d’être accusé de terrorisme." Il a 21 ans et tient un des centres médicaux de la ville, tout seul. "Aucun autre docteur ne veut plus venir depuis que trois autres ont été brûlés vifs."

Devant le commissariat, les soldats des Forces armées libres sont embusqués chez un vendeur de sandwiches. Ils fabriquent des bombes avec toutes les bouteilles de Butagaz du quartier, des cocktails Molotov avec ce qu’ils trouvent. Toujours ce problème d’armement. Ils ont bien reçu des munitions et des kalachnikovs, mais rien d’autre. Un avion de chasse passe au-dessus des têtes, puis un hélicoptère qui tiraille.

Tout à coup, quatre types sortent en courant du commissariat, criant qu’ils se rendent. Ils sont alignés, bras en l’air. Ça crie dans tous les sens. Ils tremblent.

A qui peut bien parler le petit gros, qui a quand même trouvé le moyen de baisser un de ses bras pour répondre au téléphone? C’est lui que désigne soudain un soldat insurgé : il doit aller décrocher le portrait de Bachar Al-Assad sur la guérite. Le jeter à terre. Le piétiner avec ses trois autres collègues. Et ils le font. Dans la rue, une foule crie "Allah akbar!", tandis que, ici et là, de petits groupes restent silencieux.

BANALITÉ EFFRAYANTE

Vers 18 heures mercredi, le commissariat est pris d’assaut: 7 morts au moins, 13 prisonniers dont le chef de police. On pousse la porte. Tout le monde se bouscule pour voir enfin à quoi ça ressemble. Et on entre dans des locaux d’une banalité effrayante, avec des jeux de cartes, des théières, tout le petit bazar de la vie de bureau.

Chez le chef, un coffre-fort est forcé à grands coups de pied. Il s’ouvre enfin sur un bric-à-brac de rapines, des cigarettes de luxe à bout doré, un phare antibrouillard, des collections de clés USB, une casquette "I love New York City". Dans la cave, un prisonnier – le seul – est aussitôt libéré sans aucune question. Les hommes de l’ASL sont déjà en train d’embarquer les armes, les matraques, les munitions, les voitures.

Les casiers de fer, où les policiers rangeaient leurs affaires, sont grands ouverts. A l’intérieur, là où tous les policiers du monde collent des photos de charme ou celle de leur famille, ceux-là ont fait de petits autels à la dévotion du président Al-Assad : des images découpées dans les journaux, soigneusement collées sur les parois de métal avec des enjolivements et des coquetteries représentent Bachar à la plage, Bachar soldat, Bachar en famille.

Quelqu’un demande: "Mais il n’y a pas un endroit où on torturait?" Et un soldat: "Un endroit spécial ? Non, c’est partout."

Ayman Abdel Nour : “Le régime est prêt à ravager Damas pour sauver sa tête”


LE MONDE | 25.07.2012 à 14h47 • Mis à jour le 26.07.2012 à 10h14

Par Propos recueillis par Benjamin Barthe

Ancien membre du parti Baas syrien, âgé de 47 ans, Ayman Abdel Nour est l’un de ces réformateurs dont s’entoura Bachar Al-Assad, à son arrivée au pouvoir, en 2000. Fondateur en 2003 du site d’information All4Syria, qui a ébréché le monopole du pouvoir sur les médias, ce chrétien syriaque voulait croire que le nouveau président saurait changer le régime de l’intérieur. Il n’a pas tardé pas à déchanter. L’accès à son site, bouffée de pluralisme dans un pays étouffé par la police politique, a été fermé dès 2004.

Le jeune technocrate s’est éloigné du pouvoir pour prendre la direction d’un projet d’aide européen en Syrie. Mais sa liberté de parole et le fait que son site est resté accessible depuis l’étranger, a suscité des agacements en haut lieu. Contraint à l’exil en 2007, Ayman Abdel Nour vit aujourd’hui entre Dubaï et Montréal, d’où il pilote All4Syria, qui se veut une source d’information indépendante sur la révolution syrienne.

L’opposant syrien, Ayman Abdel Nour, fondateur du site d’information All4Syria.

L’Armée syrienne libre prétend que les jours de Bachar Al-Assad sont désormais comptés. Partagez-vous son optimisme ?

Je suis optimiste, mais je ne perds pas de vue le soutien indéfectible de Moscou à Damas. Même si le régime s’effondre, les Russes pourraient l’aider à se replier sur la côte, autour de Tartous et Lattaquié, dans cette zone de peuplement alaouite [une secte dissidente du chiisme, dont est issu le clan au pouvoir] où il pourrait créer un mini-Etat.

Quelle est la situation à Damas, où le régime semble avoir repris le dessus sur les rebelles ?

Les destructions qu’il a causées, dans les quartiers de Midan ou de Mezzeh, où il par exemple rasé des parcs sous prétexte que les rebelles s’y dissimulaient, ont écœuré la population. La fameuse majorité silencieuse, que la propagande du régime avait enfermée dans la peur de la révolution, est en train d’ouvrir les yeux. Elle a compris que le régime est prêt à ravager Damas pour sauver sa tête. J’ai eu récemment des contacts avec certaines des plus grandes familles de la bourgeoisie sunnite, les Shakhashero, Al-Azem, Al-Aïdi ou Sorbaji. Elles ne veulent plus entendre parler de Bachar. Certaines sont parties pour Beyrouth.

Et la situation à Damas ?

On observe la même évolution. Prenez le cas d’Olabe, une fameuse usine de textile, qui a été récemment brûlée. Cet acte a vraisemblablement été commis par des employés de l’usine, partisans de la révolution et convaincus que leur patron finance les chabiha [nervis du régime]. Pour cet homme, c’est un tournant. Il réalise que le système qu’il soutenait n’est désormais plus capable de le protéger. A moins d’être fou ou tétanisé par la peur comme les alaouites et certains chrétiens, plus personne ne peut soutenir le régime.

En dépit des combats, la diplomatie a-t-elle encore une carte à jouer ?

Je ne veux plus de cette diplomatie peureuse, qui dissimule son impuissance derrière le dos de la Russie. C’est comme cela que l’on risque de se retrouver avec un pays coupé en trois, avec un réduit alaouite, un Etat kurde et un Etat sunnite. L’unité de la Syrie est menacée. Et pas que par Bachar et ses sbires. Les puissances occidentales jouent un rôle néfaste.

Que devraient-elles faire dans votre esprit ?

Permettre à l’Armée syrienne libre de se doter d’ armes véritablement performantes. Elle commence à être équipée de lance-roquettes antichars. Mais ce sont des modèles anciens, qui ne sont efficaces que contre les chars les plus vieillots de l’armée syrienne. Nous avons besoin aussi de lance-roquettes sol-air, contre les hélicoptères. Je sais que les Occidentaux craignent que ces armes ne tombent dans de mauvaises mains ou qu’elles n’alimentent des règlements de compte, après la chute du régime. Mais ils ont tort. Il n’y aura pas de vide du pouvoir. Nous seront prêts.

Vous qui avez bien connu Bachar Al-Assad, dans quel état d’esprit pensez-vous qu’il se trouve ?

C’est un homme profondément déséquilibré, qui pense que les manifestants sont tous des pantins des Qataris. Il pense qu’il a été choisi par Dieu pour conduire la Syrie. Cette dérive a commencé dans les années 2000, au fur et à mesure que les élites politiques, militaires et religieuses du pays lui tressaient des lauriers. Il finira comme Kadhafi. Un homme choisi par Dieu ne peut pas prendre la fuite.

Propos recueillis par Benjamin Barthe

Un juge syrien dénonce les crimes du régime et démissionne


Chargé par les autorités syriennes de mener une enquête sur le massacre du village de Mazraat Al Qoubbeir (gouvernorat de Hama), intervenu le 6 juin 2012, soit moins de deux semaines après celui de Houla (25 mai 2012) et à peine plus d’un mois avant celui de Treimseh (13 juillet 2012), le juge Talal Houchan, procureur en chef du tribunal de Mhardeh, vient d’annoncer sa démission.

Mazraat al Qoubbeir

Dans une déclaration mise en ligne sur internet le 25 juillet, il présente son initiative comme une expression de protestation pour les crimes commis délibérément par le régime, qu’il accuse d’exécuter les femmes et les enfants, de bombarder les villes à l’aide de ses chars, de ses armes lourdes et de son aviation, et de détruire les maisons sur la tête de leurs habitants.

Il indique avoir personnellement examiné les dépouilles de plusieurs enfants, transportés pour les besoins de l’enquête du lieu du crime à sa ville de Mhardeh. Il a alors constaté que, tués de balles tirées à une distance inférieure à 1 mètre, ils avaient été victimes d’exécutions sommaires et non atteints et tués par la chute d’obus tirés au hasard. Se fondant sur les propos d’un témoin du drame, il accuse l’armée du régime et les chabbiha d’être les auteurs de ce massacre.

En conséquence, il appelle ses collègues juges dans l’ensemble de la Syrie à prendre position contre les crimes ordonnés par Bachar Al Assad, afin de préserver l’image de la Justice en Syrie.

Comme l’avait fait avant elle la défection du juge Adnan Bakkour, procureur général du gouvernorat de Hama, cette démission ne manquera pas de susciter la polémique. Certains se réjouiront du courage du magistrat de Mhardeh. D’autres estimeront que les propos de Talal Houchan lui ont été arrachés sous la contrainte. On rappellera uniquement à ce stade que, s’agissant du premier, c’est la thèse de la rupture volontaire avec le régime qui a fini par s’imposer, après une campagne de désinformation au cours de laquelle les médias proches du pouvoir n’avaient pas hésité à faire état des rumeurs les plus fantaisistes.

"Le plus court voyage à l’étranger de ma vie !"


jeudi 26 juillet 2012, par La Rédaction

Voilà cela aura été le plus court voyage à l’étranger de ma vie !

Je suis parti lundi dans la nuit pour Tel Aviv et je suis rentré dans la nuit de mercredi à jeudi Marseille !

En fait, je ne suis jamais rentré en Israël pour aller à Jérusalem.

En arrivant au contrôle des passeports à l’aéroport Ben Gourion, le contrôleur m’a tout de suite montré les tampons du Liban et m’a demandé de m’asseoir dans une petite salle. Après quelques heures (je ne sais plus trop bien !) d’attente, je fus invité à parler dans un bureau avec une dame qui m’interrogea sur les raisons de ma venue ici en anglais…Je lui explique que je suis venu pour le tourisme, rejoindre une amie de France qui était chez des amis d’ici…Elle me demande si j’étais venu déjà en Israël, je lui réponds oui. Elle me demande des précisions. Je lui dis que c’était dans le cadre des campagnes civiles de protection du peuple palestinien et que je souhaitais connaître la situation de l’éducation dans les territoires occupés en tant que professeur…Elle me demande où j’habite, où j’habitais auparavant, qu’est ce que je faisais au Liban, au Honduras, pourquoi le Liban, le Honduras…Elle me demande de retourner dans la petite salle. Je ne suis pas seul, beaucoup de gens restent un moment dans cette salle puis repartent avec leur passeport, direction la salle des bagages. Au cours d’un long moment d’attente, je demande où est mon sac à dos, combien de temps cela va durer, pas de réponse.

Deuxième interrogatoire avec la même dame et un homme qui parle français, je répète la même chose, la femme a l’air fâché et me montre une page Internet (que je n’(ai jamais vue !) sur moi avec mon nom et ma photo en grand où est inscrit en anglais que j’ai signé en 2009 une pétition contre l’expulsion de leurs maisons des palestiniens à Jérusalem et ma participation à une rencontre au café équitable à Marseille contre le coup d’état au Honduras en 2009 également !

Je leur réponds que je ne connais pas cette page, qu’en effet j’ai bien participé à une réunion sur le Honduras…On me demande de retourner dans la petite pièce.

Plus tard, on me demande d’aller en face au bureau de l’immigration où il y a de nombreuses personnes principalement d’origine slave…Un homme me pose à peu près les mêmes questions, me demande des précisions sur la personne que je vais rejoindre (son âge, son pays, le jour de son arrivée. Je lui dis que j’ai un numéro de téléphone d’elle en Israël, qu’elle m’attend… Il me demande également son numéro en France, je lui dis que je ne l’ai pas. IL me refait asseoir dans la salle d’attente, on me donne un sandwich et une bouteille d’eau.

Deuxième interrogatoire au bureau de l’immigration. Un homme parlant français assez costaud et agressif arrive. Il semble qu’ils regardent de plus en plus l’ordinateur. Le premier homme décide d’appeler mon amie. Ils dialoguent un long moment en anglais, l’homme est assez ouvert, il semble « chancelant »…Il lui dit qu’il la rappellera…Ensuite, l’homme agressif commence à me demander comment j’étais venu il y a dix ans, où j’étais allé, avec quel passeport…Je lui dis que depuis dix ans j’avais changé de passeport, que j’étais allé à Jérusalem et dans les territoires occupés. Et il me demande alors pourquoi j’avais passé le passage d’Israël à Gaza et pourquoi je ne l’avais pas dit …Je lui dis que oui, qu’on ne m’avait pas demandé avant ce que j’avais fait, il y a dix ans…Il me dit que j’ai menti. Je lui réponds que j’ai répondu aux questions…Il me repose des questions sur le Honduras…Au bout d’un moment, ils me disent que je pourrais entrer si je signe un papier où je déclare ne pas rentrer dans les territoires occupés.
J’accepte. Arrive alors la première femme que j’avais vue, très en colère qui dit aux autres de regarder la fameuse page Internet, que c’était en 2009 (rappel : pétition et Honduras !!) et qu’en quelque sorte, on ne peut pas me faire confiance (petite anecdote : une femme qui m’a surveillé ensuite dans le bureau à regarder sur Google et ne semble pas avoir trouvé cette page, que personne n’a trouvé d’ailleurs !). Ils reviennent et me disent que je ne peux pas rentrer dans le pays. Il est à peu près 5 heures du matin, j’étais arrivé à 23 h 30 ! Je suis bien sûr crevé ! Je n’ai pas pou fumer pendant tout ce temps !

Un homme arrive, me conduit chercher mon bagage. Mes bagages sont fouillés de font en comble dans une salle spéciale, ils passent une sorte de brosse sur tous les objets, mon ordinateur et mon appareil photo sont menés dans une salle. Je suis bien sûr fouillé moi-même dans une autre salle spéciale mais le jeune homme est gentil. Je monte ensuite avec d’autres expulsés dans un van, tous les bagages doivent être dans le coffre ! 2, 3 hommes avec des uniformes où un logo semble t’il de l’aviation militaire est imprimé nous conduisent dans un camp de rétention très sécurisé caché par des bâches. On est enfin autorisé dans la cour à fumer une clope ! On monte à l’étage dans la pièce des bagages : on peut prendre une brosse à dent, un dentifrice, des livres, pas de feu, ni de portable ! On est ensuite enregistré à l’accueil et conduit dans une pièce éclairée jour et nuit, un dortoir avec 6 lits superposés, sans drap propre et avec un matelas plastique très abîmé. On nous enferme dans cette pièce. Dans la pièce, il y a que des hommes qui parlent russe et certainement hébreu ( avec les gardiens ?)., pas un mot d’anglais ! On nous donne un sandwich le matin, un plat chaud à midi et un sandwich le soir (entre parenthèses de la compagnie aérienne « El Al » !!!). Nous avons droit à une visite d’une médecin ne parlant qu’hébreu ( !!). Elle fait traduire en anglais que j’ai une tension élevée et me donne un médicament. On m’autorise à fumer et à appeler deux fois mon amie dans la journée. Elle me dit que le consul de France à Jérusalem appelle régulièrement le centre de rétention. Dans l’après-midi, j’ai, dans la cour, lors de la deuxième sortie-clope, la tête qui tourne, ils me disent de boire de l’eau. J’explique à un homme israélien qui me le demande ce que je fais là, il me souhaite bon courage !!! Ils reviennent me voir une ou deux fois dans la chambre pour voir si je vais bien. Je devrais normalement partir le lendemain à 4 heures 15 du matin.

Cette nuit fût terrible, je n’avais pas l’heure, je regardais par la fenêtre s’il y avait autant de bruits de voitures sur l’autoroute, si le jour pointait, me feraient-ils vraiment partir ! L’angoisse ! Et je pensais qu’il fallait beaucoup de temps pour enregistrer les bagages, les fouiller, me fouiller, faire des papiers…

On m’appelle, je récupère mes bagages déjà enregistrés ( !), mon portable, il est 3 heures 30 !

En fait, je suis conduit dans un van directement au bas de l’avion, une femme donne mon portable au Stewart qui le donnera à une dame de l’aéroport à Istanbul où j’ai du expliquer au contrôle des frontières qu’est ce que je faisais là ! La compagnie PEGASUS a bien sûr refusé de me donner la suite de mon voyage Istanbul- Marseille, je devais payer ! Je suis retourné au contrôle des passeports, je suis allé à la direction de l’aéroport, au bout de 3 heures, on me donne enfin mon ticket d’enregistrement pour Marseille ! Ouf !

Sachant que je n’appartiens à l’heure actuelle à aucun parti, aucune organisation, je trouve très inquiétant, très grave de voir l’Etat israélien agir ainsi. C’est pour moi, le signe d’une schizophrénie chronique qui ne pourra durer mais qui tant qu’elle durera, sera dramatique pour le peuple palestinien abandonné même par les autorités palestiniennes à Jérusalem par exemple…

Arnaud Mermetj
Jeudi, 26 juillet 2012