Alep : l’armée syrienne tente toujours de déloger les rebelles


mardi 31 juillet 2012, par La Rédaction

Les rebelles syriens ont multiplié mardi leurs attaques contre des positions du régime à Alep, la métropole stratégique du nord de la Syrie, où les troupes du régime sont confrontées à une résistance farouche. Dans la nuit de lundi à mardi, les insurgés ont attaqué avec des roquettes RPG le siège du tribunal militaire dans la ville ainsi qu’un poste de police et une branche du parti Baas au pouvoir dans un quartier du sud d’Alep, selon une ONG. Des combats ont également éclaté près du siège des puissants renseignements aériens, dans le quartier d’al-Zahra dans l’ouest, selon la même source.
Les combats ont également repris à Damas, tombée de nouveau sous le contrôle de l’armée après une semaine d’affrontements à la mi-juillet. Les accrochages ont eu lieu notamment dans le quartier de Kafar Soussé après une attaque rebelle aux roquettes RPG contre un barrage de l’armée. Les rebelles avaient déjà marqué un point lundi en prenant un poste de contrôle clé leur permettant d’acheminer renforts et munitions à Alep, deuxième ville et poumon économique du pays où se joue une bataille cruciale entre insurgés et régime.
Plusieurs quartiers, notamment Salaheddine, dans le sud-ouest, étaient bombardés mardi matin, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). La télévision d’État syrienne a affirmé de son côté que l’armée « poursui(vait) les groupes terroristes dans des quartiers d’Alep, leur infligeant des pertes énormes ». Une source de sécurité à Damas a affirmé que l’armée avait repris lundi une partie de Salaheddine, principal bastion rebelle, mais qu’elle faisait face à « une très forte résistance ». Les rebelles ont, en revanche, nié que l’armée ait avancé « d’un seul mètre ».
Le front d’Alep a été ouvert le 20 juillet et l’assaut de l’armée a été donné samedi après l’arrivée de renforts militaires dans la ville. Les bombardements par hélicoptères et à l’artillerie lourde dans cette ville de 2,5 millions d’habitants et ses environs ont jeté sur les routes ces deux derniers jours quelque 200 000 personnes, selon l’ONU. Lundi, les violences à travers le pays ont fait 93 morts, dont 41 civils, 33 soldats et 19 rebelles.
Face à l’escalade du conflit, la France, qui prend la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU en août, va demander d’ici à la fin de la semaine une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de cette instance. Le président américain Barack Obama et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan sont convenus de « coordonner (leurs) efforts afin d’accélérer la transition politique en Syrie, avec un départ de Bachar el-Assad », lors d’un entretien téléphonique.
Alors que l’armée mène depuis le 20 juillet une offensive pour déloger les insurgés retranchés à Alep, les rebelles de l’Armée libre syrienne (ASL) ont pris un important poste de contrôle à Anadane, ce qui leur permet désormais de relier la métropole du nord à la frontière turque, 45 km plus loin. Un passage dégagé vers la Turquie est vital pour les rebelles qui ont installé le quartier général de l’ASL dans ce pays. Et si les opposants parviennent à s’emparer d’Alep (355 km au nord de Damas), ils créeront de fait une « zone sécurisée » dans le Nord syrien, d’où l’importance de cette bataille.
L’ONG française Médecins du monde (MDM) a aussi appelé les belligérants à respecter les règles de droit en période de guerre, les accusant de ne pas protéger civils et blessés, d’empêcher les médecins de travailler et de bombarder les hôpitaux. Le régime a par ailleurs accusé le coup d’une nouvelle défection avec celle de son chargé d’affaires à Londres, Khaled al-Ayoubi, plus haut diplomate syrien en poste au Royaume-Uni qui a voulu marquer son refus de la répression.
Il s’agit de la cinquième défection d’un diplomate syrien depuis le début de la révolte qui a encore fait lundi 60 morts à travers le pays, selon un bilan de l’OSDH, qui affirme que plus de 20 000 personnes ont été tuées en 16 mois.
Le convoi transportant les observateurs de l’ONU, dont leur chef, le général Babacar Gaye, a été la cible dimanche de tirs à l’arme légère, qui n’ont pas fait de blessés, selon le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. L’Iran a mis en garde Ankara contre toute attaque du territoire syrien, affirmant qu’il riposterait « durement », a rapporté El Watan, quotidien proche du pouvoir à Damas.

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Haytham al-Maleh chargé de former un gouvernement de transition
L’opposant syrien Haytham al-Maleh a annoncé, mardi lors d’une conférence de presse, avoir été chargé de former un gouvernement en exil qui sera basé au Caire. « J’ai été chargé de diriger un gouvernement de transition et de commencer les consultations » avec l’opposition en Syrie et en exil, a-t-il affirmé dans la capitale égyptienne.

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Mariani dénonce une France « aux abonnés absents »
Le député des Français de l’étranger, Thierry Mariani (UMP), a estimé mardi que la France était « aux abonnés absents » sur le dossier syrien, François Hollande se limitant aux « déclarations compassionnelles ». « Je constate que, depuis quelques semaines, on se contente de verser des larmes et d’appeler à un cessez-le-feu, mais à part ça, la France est aux abonnés absents », a affirmé sur France Inter Thierry Mariani, également chef de file de la Droite populaire, aile droite de l’UMP.
« Je pense qu’avoir une activité diplomatique bien plus soutenue que ce que nous avons – c’est ce que faisait Nicolas Sarkozy quand il était aux affaires -, ce serait en ce moment, par exemple, pour un président de la République de se déplacer pour aller convaincre les membres récalcitrants du Conseil de sécurité, je pense aux Russes et aux Chinois », a poursuivi l’ancien ministre. « Je voudrais que François Hollande soit actif sur le sujet et ne soit pas uniquement dans les déclarations compassionnelles, les Syriens qui se font massacrer attendent autre chose », a-t-il dit. Thierry Mariani a aussi estimé qu’il fallait oeuvrer aujourd’hui « pour un cessez-le-feu réellement appliqué » et non « livrer des armes aux rebelles », ce qui reviendrait, selon lui, à « jeter de l’huile sur le feu encore plus ».

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Au moins 40 policiers tués dans la prise de deux commissariats à Alep
Au moins 40 policiers syriens ont été tués mardi dans des combats et la prise par les rebelles de deux commissariats dans le sud d’Alep (nord), selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
« Des centaines de rebelles ont attaqué deux commissariats de police à Salhine et Bab Nairab (sud) et au moins 40 policiers ont été tués durant les combats qui ont duré des heures », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahamne, président de l’OSDH, qui se base sur un réseau de militants.
Parmi les morts figure le chef du poste de police de Salhine, où trois véhicules ont été détruits.
Outre ces commissariats, les rebelles avaient attaqué à l’aube au lance-roquettes RPG le siège du tribunal militaire et une branche du parti Baas au pouvoir dans la ville, selon l’OSDH.
Des combats ont également éclaté près du siège des puissants renseignements aériens, dans le quartier d’al-Zahra dans l’ouest, ainsi qu’à la périphérie du quartier Salaheddine (sud-ouest), principal bastion rebelle assiégé par les troupes régulières.
Une source de sécurité à Damas a affirmé à l’AFP que l’armée avait repris lundi une partie de Salaheddine mais qu’elle faisait face « à une très forte résistance ». Les rebelles ont en revanche nié que l’armée ait « avancé d’un seul mètre ».
Alors que l’armée syrienne pilonnait la ville chaque jour depuis l’ouverture du front d’Alep le 20 juillet, aucun bombardement n’a été entendu depuis mardi matin, selon un journaliste de l’AFP.
A Bab Nairab, des accrochages ont opposé les insurgés à des hommes armés du clan Berri, farouches partisans du régime dominé par les alaouites, une émanation du chiisme.
Selon M. Abdel Rahmane, le fait que le régime permette à ces clans sunnites de participer aux combats au côté de l’armée « signifie qu’il veut entraîner le pays dans une guerre civile ».
« C’est la première fois que ces clans sont chargés officiellement de combattre (…) à la différence des chabbihas (miliciens pro-régime), ils ne perçoivent pas de salaires du pouvoir », explique M. Abdel Rahmane.
La loyauté de ces clans au régime remontent aux années 80, lorsqu’il ont soutenu la répression du soulèvement des Frères musulmans à Alep et ont été récompensés dans des postes dans l’administration et des avantages financiers.
La télévision officielle a fait état pour sa part de combats à Daret Azza et Qabtane al-Jabal dans la province d’Alep, où les soldats ont détruit neuf véhicules équipés de mitraillettes Doshka.

(31 juillet 2012 – Avec les agences de presse)

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