La France veut diriger l’aide vers les "zones libérées" en Syrie


vendredi 31 août 2012, par La Rédaction

La France projette d’affecter l’aide humanitaire aux zones de Syrie tenues par les rebelles afin que ces "zones libérées" puissent s’administrer elles-mêmes et endiguer le flot des réfugiés, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
Le chef de la diplomatie française a indiqué jeudi soir à New York que la France et la Turquie avaient identifié des zones dans le nord et le sud de la Syrie qui avaient échappé au contrôle du président Bachar al Assad, créant l’opportunité pour les communautés locales de se gouverner elles-mêmes sans se sentir obligées de fuir dans les pays voisins.
"On constate que l’opposition a pris des positions fortes dans des zones libérées à la fois dans le nord et le sud", a indiqué Laurent Fabius après une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, sous présidence française, qui s’est tenue jeudi soir à New York. "Ces résistants qui ont pris le contrôle de certaines zones et municipalités doivent administrer ces zones", a-t-il ajouté.
"Peut-être que dans ces zones libérées, les Syriens qui veulent fuir le régime trouveront un abri, ce qui, du coup, rend moins nécessaire le fait de passer la frontière, que ce soit en Turquie, au Liban, en Jordanie ou en Irak", a indiqué le chef de la diplomatie française.
Il a également appelé à fournir une aide plus importante à ces zones contrôlées par les rebelles syriens.
"Il faut les aider sur le plan financier, sur le plan administratif, sur le plan sanitaire et en terme d’équipements et nous le faisons directement, ainsi que la Turquie", a précisé Laurent Fabius.
Paris et Ankara travaillent notamment à identifier dans ces zones des individus à même de faire partie d’une future autorité syrienne.
"Dans la Syrie du futur, ces personnalités joueront un rôle important parce qu’elles sont issues du conflit et qu’elles ont la confiance de la population", a-t-il ajouté.
Le ministre n’a néanmoins pas précisé comment la promesse d’allouer la plus grande partie des cinq millions d’euros d’aides supplémentaires consenties par la France à ces zones libérées protégerait les civils et les empêcherait de fuir le pays alors même qu’ils sont fréquemment soumis à des attaques aériennes meurtrières.
Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les conditions de vie des civils syriens se détériorent dramatiquement.
"La situation dans de nombreuses parties de la Syrie s’approche désormais d’une détérioration irréversible. Aider le nombre de personnes dans le besoin, qui augmente à grande vitesse, est une priorité absolue", a précisé l’organisation humanitaire dans un communiqué vendredi.

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Les conditions de vie des civils syriens empirent dramatiquement
Les conditions de vie des civils syriens se détériorent de façon spectaculaire alors qu’il devient de plus en plus dur pour eux de se procurer de la nourriture et de fuir les combats qui ont causé un record de 1.600 morts sur la semaine écoulée, ont annoncé vendredi des organisations humanitaires.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont les 50 bénévoles présents en Syrie sont confinés à Damas pour des raisons de sécurité, n’a pas pu envoyer de convois ces deux dernières semaines, selon le porte-parole de l’organisation, Hicham Hassan.
"La situation dans de nombreuses parties de la Syrie s’approche désormais d’une détérioration irréversible. Aider le nombre de personnes dans le besoin, qui augmente à grande vitesse, est une priorité absolue", a indiqué le CICR dans un communiqué.
Des dizaines de milliers de civils forcés de fuir les combats ont été déplacés ces dernières semaines et la plupart sont complètement dépendants de l’aide humanitaire, ajoute le communiqué.
"Les gens souffrent tous les jours. Beaucoup ont perdu leur travail, d’autres la personne qui assurait leur subsistance. Il est difficile de répondre même aux besoins alimentaires de base et d’obtenir d’autres objets indispensables", poursuit l’organisation humanitaire.
Selon Marianne Gasser, qui dirige la délégation du CICR en Syrie, les combats à Damas se sont intensifiés sans relâche depuis la mi-juillet. Le Croissant-Rouge arabe syrien (Cras) continue de porter assistance aux personnes déplacées à Damas, Alep, Homs, Idlib et ailleurs.
"Les gens craignent pour leur vie à chaque minute", a-t-elle déclaré.
Selon le CICR, un nombre croissant de blessés succombent à leurs blessures, parce qu’ils ne peuvent recevoir des soins médicaux en raison du conflit ou du manque de matériel médical ou de services de santé. "Les centres de soins médicaux qui fonctionnent encore trouvent de plus en plus difficile de faire face au nombre de patients blessés", précise le CICR. On estime à environ 1,2 million le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie, dont 150.000 à Damas et dans les zones environnantes, selon l’Onu.
"La Syrie a été témoin la semaine passée d’une escalade de la violence, en particulier à Damas. Un nombre record de 1.600 personnes tuées a été rapporté, dont des enfants", a déclaré Patrick McCormick du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) lors d’une conférence de presse à Genève, citant un document de l’Onu.
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué vendredi que près de 229.000 Syriens avaient fui à l’étranger au cours des dix-sept mois du conflit syrien, passant dans quatre pays frontaliers (Irak, Jordanie, Liban et Turquie), avec un bond de 100.000 réfugiés pour le seul mois écoulé.
"Nous continuons à observer à travers la région une augmentation constante du nombre de personnes quittant la Syrie. Cette augmentation a été particulièrement sensible dans la vallée de la Bekaa, au Liban, la semaine dernière", a précisé Adrian Edwards, porte-parole du HCR.
"Trois mille personnes par jour traversant les frontières (syriennes) vers d’autres pays, c’est une crise de réfugiés vraiment, vraiment importante", a-t-il ajouté.
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé vendredi que la France projetait d’affecter l’aide humanitaire aux zones de Syrie tenues par les rebelles afin que ces "zones libérées" puissent s’administrer elles-mêmes et endiguer le flot des réfugiés.
"L’Unicef est très préoccupé par le fait qu’en Syrie et dans les régions environnantes, nous puissions observer ou soyons en train d’observer l’une des situations d’urgence humanitaire les plus importantes de ces dix dernières années", a poursuivi Patrick McCormick, évoquant des défis majeurs pour fournir abris, eau potable et installations sanitaires.
"Nous ne pouvons manifestement pas affronter cette urgence de la façon que nous souhaiterions jusqu’à ce qu’une solution politique soit trouvée", a-t-il ajouté.

(31 août 2012 – Avec les agences de presse)

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