Syrie – Chomsky , Norman Finkelstein et la volonté du peuple…


https://www.facebook.com/Anzarillustr…
Les personnes apparaissant dans ce documentaire :
Norman G.Finkelstein
Ecrivain du livre "L’industrie de l’Holocauste ".

Noam Chomsky .
Philosophe et professeur américain.

Abd El Bassit Saroute
Footballeur professionnel Syrien/chanteur de la révolution .

"Nous jurons par Allah, Le Magnifique,
Que nous protégeront nos femmes, nos enfants, nos frères, nos vieillards et nos martyrs jusqu’à la dernière goutte de sang !Le rêve des braves âmes de Homs (Syrie), C’est ou nous sommes victorieux ou nous mourrons !Et Allah est témoin de ce que nous disons !

La ligue arabe, les observateurs, le régime Syrien, les états unis, Obama , Sarkozy…Que tout le monde écoute bien! – D’où vient la victoire?
- D’Allah
Ô mes frères ! Vous êtes en direct ! Le monde entier va vous voir, alors dites leurs:Y a t-il quelqu’un ici qui attend la victoire grâce à Obama?
-NON !!Y a t-il quelqu’un ici qui attend la victoire grâce à Erdogan?
-NON !!
Si quelqu’un attend la victoire grâce à une personne, un conseil quelconque ou la ligue arabe, alors vous pouvez déjà vous en allez !
- D’où vient la victoire?
- D’Allah

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Lorsque vient le secours d’Allah ainsi que la victoire, Et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d’Allah, Alors, par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c’est Lui le grand Accueillant au repentir.

Ô Allah !Nous n’avons personne d’autre que toi !Ô Dieu ! accélère ta victoire,Ô Dieu!Ô Allah !Nous n’avons personne d’autre que toi !Ô Allah , protège Karm El-Jabbel !Ô Allah !Nous n’avons personne d’autre que toi !Ô Dieu ! accélère ta victoire,Ô Dieu!

Dieu nous suffit, Il est notre meilleur garant
*Tirs sur les manifestants
Nous sommes tous écrasés par le régime
Où êtes-vous ô arabes ?!
Ô Dieu ! Donne-nous la victoire !
* Manifestants torturés par le régime syrien
Jusqu’à quand le monde va-t-il rester silencieux devant ces crimes !?
Jusqu’à quand le monde va-t-il rester silencieux devant notre sang qui coule!
Dieu nous suffit, Il est notre meilleur garant
*Tirs sur les manifestants
Bachar El Assad "Si nous voulons résoudre un problème, Il faut y faire face .
Nous ne pouvons le résoudre en l’évitant."

J’annonce notre défection de l’armée Al-Assad !Par la grâce de Dieu ,J’annonce la formation de la brigade "Kafar Aouin"J’annonce la formation de la brigade "La dignité" dans la ville Houlé et son entourage

L’Armée syrienne libre a pu s’emparer des grandes quantités d’armes et aussi des véhicules blindés.

Gloire à Allah ! Allah est le plus grand !
Bachar ! Tes jours sont comptés !

Google Baby – Bébés en kit


Google Baby

Date de publication : 19 avril 2013

Doron, un entrepreneur Israélien high tech, a lancé une nouvelle offre de service: la production de grossesse.
-        La grossesse se fait en Inde (c’est moins cher)
-        Le matériau génétique est sélectionné  par les clients via une interface web
-        le sperme et les ovules s’achètent en ligne
-        les embryons fabriqués sont congelés et expédiés par avion en Inde
-        ils seront implantés dans l’utérus de mères porteuses locales (Inde) c’est moins cher !
-        Les clients se présentent à la fin des 9 mois de grossesse pour récupérer leur bébé.
-        Il suffit d’une carte de crédit pour acheter bébé

Google Baby – Bébés en kit par tchels0o

Note du producteur du film :
Il m’a fallu 3 ans pour concevoir ce film. Au fur et à mesure de son avancement j’ai compris que très peu de gens comprennent que les bébés sont en train de devenir un bien de consommation et qu’à ce titre, la mondialisation de l’économie, avait un profond impact sur cette industrie naissante.
Nous avons filmé aux Etats-Unis, en Israël et en Inde dans la clinique du Dr Patel. Au début du tournage elle avait 70 mères porteuses enceintes, à la fin du film elle en gérait 250.
Je comprends que ces cliniques de mères porteuses puissent choquer mais après avoir passé beaucoup de temps en Inde dans la clinique du Dr Patel, je commence à comprendre son point du vue. Pour elle, c’est la seule façon pour des femmes en milieu rural de changer de vie et d’assurer l’avenir de leurs enfants.
Certes les questions d’éthique soulevées par cette nouvelle industrie sont longues. Par exemple nous n’avons pas mis dans le film l’histoire de la petite Manjhi  dont les «acheteurs » japonais avaient divorcés avant sa naissance. Après une longue bataille juridique, les grands parents japonais l’ont finalement adoptée 3 mois après sa naissance. J’ai essayé de ne pas porter de jugement moral dans ce film. Pour certains, ces procédés sont un miracle pour d’autres une machine infernale…De toute façon les choses vont se corser car je suis persuadé qu’à l’avenir cette forme de reproduction ne sera plus une solution en dernier ressort mais celle de femmes qui veulent éviter une interruption de carrière ou des vergetures.
Je suis horrifié par les aspects mercantiles de cette industrie de la reproduction. En l’absence de règles éthiques et de morales, l ‘économie mondialisée donne la pleine mesure de son efficacité. Pas de barrière légales, profits vertigineux : tous les ingrédients sont là pour que l’industrialisation de la reproduction humaine explose.
« Google Baby »  est un aperçu d’un sujet dont je suis convaincu qu’il va devenir un problème majeur pour le futur de l’humanité.
Explications plus précises
 Google Baby est un voyage à travers trois continents qui raconte l’histoire de l’industrie montante de la production de bébés à l’âge de la mondialisation.
Doron, un entrepreneur israélien doté d’un background high tech propose un nouveau service – la production de grossesses. Le producteur de grossesses (comme il se présente) fournit une solution rentable  à ses clients grâce à sa délocalisation d’éléments de GPA en Inde, qui en abaisse les coûts. Le matériel génétique souhaité est choisi par les clients à partir de leur ordinateur : le sperme et les ovocytes  s’achètent en ligne, des embryons multiples sont produits, congelés, emballés et envoyés en Inde par avion, où ils sont implantés dans les utérus des mères porteuses locales. Les clients n’arrivent qu’à la fin des neuf mois de grossesse pour prendre livraison de leurs bébés.
Aujourd’hui, la technologie a transformé le fait de « faire un bébé » en acte indépendant du sexe. Et la mondialisation la rend abordable. Tout ce dont vous avez besoin est une carte de crédit. Les instructions sont accessibles à tous sur Youtube.
Déclaration du Réalisateur
J’aime bien les tableaux d’affichage. Durant mes études à l’université de Harvard, j’ai remarqué beaucoup d’affichettes, sur les tableaux d’affichage du campus, qui offraient de 50 000 à 70 000 dollars à des jolies jeunes femmes diplômées. La technicité de ce nouveau type d’enfantement, et le fait que la grossesse pouvait être réduite à ses éléments constitutifs, puis recomposée en les mélangeant et en les appariant sur Internet m’ont intrigué.
La recherche et le tournage du documentaire ont pris presque trois ans. A mesure de notre travail, j’ai réalisé de plus en plus clairement à quel point les gens sont totalement ignorants du fait que les bébés sont en train de devenir des marchandises, et il devenait évident que la mondialisation a un immense effet sur le développement du business de la production de bébés. Les coûts locaux et les obstacles légaux sont pris en main par des opérateurs internationaux. Nous avons filmé aux USA, en Israël et en Inde, où nous avons fait trois voyages pour le tournage du documentaire. Quand nous avons commencé à filmer dans la clinique du Dr Patel à Anand, en Inde, elle avait 70 mères porteuses « au travail ». A la fin du tournage, lors de notre dernier séjour, elle avait plus de 250 mères porteuses et d’autres docteurs, à Mumbai, commençaient à offrir les mêmes services. De toute évidence, l’activité se développe très rapidement.
Je comprends ceux qui considèrent la délocalisation de la GPA en Inde, à un coût bien moindre qu’en Occident, comme de l’exploitation. Malgré tout, après avoir passé du temps en Inde, je partage davantage l’avis du Dr Patel et l’agenda féministe qu’elle propose. Le Dr Patel pense que, pour ces femmes rurales de l’Inde, la GPA est presque la seule façon de changer sa vie. Elles transforment leur vie, les vies de leurs familles et de leurs enfants en leur apportant un logement et la possibilité d’une éducation.
Pourtant, cette nouvelle industrie en développement soulève aussi une longue série de questions éthiques. Par exemple, le cas de Manjhi, qui n’a pas été inclus dans le film. Manjhi est une petite fille née d’un couple japonais via une mère porteuse indienne. Entre sa conception et sa naissance en Inde, les parents qui l’avaient commandée ont divorcé. Comme celle qui allait devenir sa mère et le père n’en voulaient plus, ils ont refusé de venir la chercher auprès de se mère porteuse en Inde. La mère porteuse a fait l’objet de pressions de la part des autorités indiennes pour qu’elle adopte le bébé, mais elle ne voulait pas de Manjhi non plus. La clinique a soutenu la mère porteuse devant les tribunaux. Pour finir, la grand-mère paternelle de Manjhi a a accepté de la garder. Manjhi a été emmenée à Tokyo trois mois après sa naissance.
J’ai choisi de ne pas donner de point de vue personnel dans ce film. Les gens ont souvent des opinions très tranchées à ce sujet, et ce qui est perçu comme le salut pour les uns est vu comme diabolique par d’autres. La situation ne va faire que se compliquer, parce que je pense qu’à l’avenir, la GPA ne sera pas employée en dernier recours, mais plutôt comme une alternative pour des femmes qui ne veulent pas de vergetures ou ne souhaitent pas interrompre leur carrière pour une maternité.
L’aspect mercantile de l’industrie de la reproduction m’intrigue autant qu’il m’effraie. A cause de l’absence de règles morales ou d’éthique, l’économie mondiale est exploitée en toute liberté. De cette façon, sans barrières légales à dépasser et avec beaucoup d’argent à gagner, l’industrie de la reproduction humaine est en plein essor. Un business froid et distant uniquement guidé par les principes de l’économie de marché traite, sans le moindre garde-fou, la question la plus délicate qui soit. A travers Google Baby, j’ai tenté de donner un aperçu de ce qui va probablement devenir l’un des problèmes majeurs de l’humanité de demain.
Protagonistes
Dr. Naya Patel est une des spécialistes mondiales de la FIV. Elle a monté une entreprise florissante de ventres indiens pour clients occidentaux. La clinique du Dr Patel a transformé la petit ville d’Anand, dans le nord de l’Inde, en une capitale mondiale de la GPA. Sa clinique est d’un niveau comparable à ceux des meilleures cliniques occidentales et elle supervise des centaines de femmes locales qui portent les embryons de sa clientèle internationale. La GPA est un tabou social en Inde, de telle sorte que les femmes vivent à la clinique pendant toute la durée de leur grossesse. Les familles, dans la plupart des cas, ne sont pas au courant. Le Dr Patel pense que sa clinique offre non seulement une planche de salut à ses clients affligés de difficultés de reproduction, mais aussi, pour des femmes indiennes rurales, une chance  d’améliorer leur situation sociale.
Doron Mamet est un entrepreneur israélien qui a abandonné une position prestigieuse pour devenir ce qu’il appelle un « producteur de bébés ». En ouvrant sa compagnie, Tammuz, Doron Marmet a créé une nouvelle solution dans un marché prospère qui aspire à des produits occidentaux génériques aux prix abordables du marché asiatique. Son agence fournit des services de production de bébés en connectant clients, donneurs, mères porteuses et cliniques à travers le monde.
Dr. Gad Lavy est l’opérateur américain de l’entreprise « Est-Ouest » de GPA de Doron. Il crée des embryons à partir de sperme et d’ovocytes qu’il reçoit dans son centre indépendant de fertilité de Nouvelle-Angleterre, l’une des cliniques de fertilité les plus actives et prospères des USA. Les embryons sélectionnés sont envoyés par avion en Inde pour y être implantés dans les ventres des mères porteuses locales.
Lyne Macklin-Fife est administratrice du programme pour Egg donation Inc, la première entreprise de courtage en ovocytes humains en ligne. Basée en Californie, leur banque de données en ligne contient plus de mille donneuses d’ovocytes venues de tous les états des USA, et dont les profils complets (photos incluses) sont accessibles sur Internet aux acheteurs éventuels ainsi qu’aux médecins.
Katherine Gaylean est une donneuse d’ovocytes très demandée et l’une des principales fournisseuses d’Egg Donation Inc. Les ovocytes de Katherine ont été prélevés trois fois et à chaque fois, le client a reçu plus de vingt ovocytes sains. Elle vit dans le sud du Tennessee avec son mari et leur deux filles. Elle a décidé de donner ses ovocytes à la fois pour aider des gens à réaliser leurs rêves de parentalité et pour financer la maison de ses rêves.
Credits
Produit & Réalisé par Zippi Brand Frank | Cinématographie par Uri Ackerman | Monté par Tal Rabiner | Musique de Karni Postel | Conception Son par Itzik Cohen, Gadi Raz | Second Réalisateur Shai Gal | Co-Producteur Zvi Frank | Cameramen Ronen Mayu, Ronen Schecner | Ingenieurs du Son Idan Shemesh, Ravid Dvir | Montage Online Yoav Raz | Post Production Edit Studios | Montage Son Jungle Sound | Producteur Superviseur Ronny Perry | Channel Manager Guy Lavie | Producteur Exécutif Yona Wiesenthal | Produit avec le soutien de Yes Docu DBS Satellite and Rabinovitch fund, Cinema project | Ventes mondiales Films transit International

Pierre Piccinin est-il aux mains du Hezbollah ?


Mis en ligne le 18/05/2013
"S’il vous était donné, samahet el-sayyed, de voir la ‘surréalité’ telle qu’elle est, et non la réalité mensongère telle qu’elle vous est transmise."

Pierre Piccinin de Prata, 40 ans, ne donne plus signe de vie depuis le 17 avril. Date à laquelle il aurait utilisé pour la dernière fois son compte Skype. L’enseignant belge devait rentrer le 10 avril dernier, après un énième voyage en Syrie, pays qu’il affectionne.

Dans une opinion publiée ce vendredi dans le quotidien libanais "L’Orient-Le Jour" et adressée au chef du Hezbollah (le "Parti de Dieu"), un ami du disparu demande sa libération. Ronald Barakat prétend en effet que l’historien est maintenu en captivité par les hommes de Samahet el-sayyed Hassan Nasrallah, chef du mouvement.

"Ma missive est un appel à l’éminent dignitaire religieux que vous êtes pour demander la libération du politologue et historien belge Pierre Piccinin da Prata, qui est un ami, et celle de son compagnon journaliste italien, Domenico Quirico, disparus tous deux dans l’ouest syrien et, d’après les dernières nouvelles, quoique non confirmées, tombés en captivité aux mains de vos hommes qui combattent en Syrie", écrit-il.

Il explique ensuite que Pierre Piccinin "n’est pas un fanatique aveugle, mais un intellectuel éclairé, un témoin objectif de la crise syrienne et un humaniste qui ne peut qu’être interpellé par la tragédie humaine, où qu’elle se trouve, dût-elle se trouver dans votre propre camp, à Dieu ne plaise."

Il fut un temps, l’enseignant affirmait son soutien au président Syrien Bachar al-Assad. Puis en 2012, il fut victime du conflit. Arrêté puis torturé par la régime, il se rangea dès lors du côté des rebelles. Ronald Barakat revient notamment sur le parcours de son "ami" qui a, petit à petit, découvert la réalité du "Printemps arabe".

"S’il vous était donné, samahet el-sayyed, de voir la ‘surréalité’ telle qu’elle est, et non la réalité mensongère telle qu’elle vous est transmise, je suis certain, connaissant votre profondeur spirituelle et votre magnanimité, que vous agiriez autrement, que le Dieu miséricordieux, le Dieu des musulmans et des chrétiens réunis, le Dieu des vrais croyants de tous bords, toutes confessions confondues, le Dieu de la conscience humaine, serait votre seul et unique Guide suprême."

Il conclut enfin par une demande à l’aide ou d’indulgence pour que les deux disparus, "fussent-ils aux mains de votre parti ou du régime que vous soutenez", soient libérés.
source

Le conflit syrien devient une confrontation sunnites-chiites


Baudouin Loos
Jeudi 16 Mai 2013, 9h22

En Syrie, la guerre s’est internationalisée. Bachar el-Assad avait choisi de confessionnaliser le conflit. Les enjeux le dépassent désormais et le schisme entre sunnites et chiites s’en mêle.

  • © AP

Le théâtre de guerre syrien est-il en train de devenir celui d’un affrontement régional entre sunnites et chiites ? Tout se passe en effet comme si l’âpre conflit avait depuis longtemps déjà dégénéré en sanglante confrontation entre ces deux communautés musulmanes qui se vouent une franche hostilité en Orient depuis la mort du prophète Mohamet au VIIe siècle.

Passons en revue une série non exhaustive d’éléments qui composent ce puzzle complexe bien à l’image de la région.

Les alaouites syriens ne sont pas chiites

Avant de parler d’« axe » chiite, comme le font maints observateurs en évoquant l’alliance entre chiites libanais, alaouites syriens, chiites irakiens et l’Iran, il convient de préciser que les alaouites, la minorité religieuse dont émane le régime de Bachar el-Assad, n’ont qu’un rapport très lointain avec le chiisme.

Apparue au XIe siècle, la doctrine alaouite se fonde notamment, comme le chiisme, sur la vénération d’Ali, cousin et gendre de Mohamet. Mais l’obédience alaouite cultive de nombreuses originalités qui lui ont valu d’être taxée de secte hérétique voire impie par les autres musulmans, sunnites comme chiites. Les alaouites croient en la réincarnation, par exemple, ils ne fréquentent pas les mosquées, ne voilent pas leurs femmes, ne refusent pas l’alcool, et leurs rites s’apprennent par une initiation secrète.

Pour faire accepter sa constitution par la population syrienne en 1973, Hafez el-Assad dut ainsi y faire mentionner que l’islam était la religion du président et il veilla en même temps à ce que le plus important imam chiite du Proche-Orient, le Libanais Moussa el-Sadr, promulguât une « fatwa » reconnaissant les alaouites parmi la communauté chiite.

Minoritaires en Syrie (environ 10 % de la population), les alaouites allaient bientôt connaître un sort nouveau dans un pays où ils avaient jusque-là et historiquement dû jouer un rôle peu enviable de laissés-pour-compte méprisés, pauvres et montagnards. L’ascension sociale passa par les emplois au sein de la bureaucratie, des services de police et, massivement, de l’armée, beaucoup moins par le commerce, qui resta aux mains des grandes familles sunnites.

Comme le précise le spécialiste français Fabrice Balanche, « le pouvoir n’appartient pas aux alaouites, mais à des alaouites. La nuance est de taille car elle implique qu’il ne suffit pas d’être alaouite pour être proche du pouvoir et bénéficier d’un traitement de faveur ». C’est dire aussi que beaucoup d’alaouites sont demeurés pauvres. Mais presque tous sont désormais sensibles aux harangues du régime qui les invite à faire bloc dans l’adversité (voir plus loin).

La Syrie des Assad a opté pour une alliance avec l’Iran

C’est Hafez el-Assad, père de Bachar, qui avait choisi de s’allier avec la république islamique d’Iran des ayatollahs qui s’installe à Téhéran en 1979. Rien de religieux à cela. A la tête d’un régime qui reposait officiellement sur le parti Baas à l’idéologie panarabiste et laïque, Hafez cherchait surtout à nuire à l’Irakien Saddam Hussein, baasiste lui aussi, qui lui contestait le leadership panarabe. Il n’hésita pas, ainsi, à pactiser avec l’Iran durant la sanglante guerre Iran-Irak (1980-88), alors que le reste du monde arabe appuyait, peu ou prou, l’Irak.

Cette alliance n’a jamais prix fin, elle existe toujours, et comment ! Elle s’articule autour d’une cause commune contre de mêmes ennemis, à savoir Israël, les Etats-Unis, l’Occident en général et les régimes arabes qui lui sont proches. Quand le Hezbollah est créé avec l’appui de Téhéran au Liban occupé par Israël en 1982, la Syrie trouve en ce mouvement radical un allié naturel.

Les alliances régionales s’alignent sur les communautés religieuses et nourrissent le conflit

Une gigantesque lutte d’influence se joue en Syrie depuis que la contestation y a pris un tour armé en raison de la féroce répression du régime. Malgré la quasi-absence de vrais chiites syriens, sunnites et chiites ont fait de la Syrie un champ de bataille à l’échelle régionale.

C’est que, à Riyad, les Saoudiens ont dès l’origine vu l’émergence de la très radicale république islamique d’Iran comme une menace existentielle pour leur prédominance sur le monde musulman qu’ils veulent exercer au nom de leur titre autoproclamé de « défenseurs des Lieux saints » (La Mecque et Médine).

Le régime de Bachar el-Assad s’affichant ostensiblement aux côtés des fers de lance du chiisme, l’Iran et le Hezbollah, pour briser la révolte syrienne interne principalement sunnite, les sunnites du golfe Arabo-persique et d’ailleurs se sentent tenus d’intervenir. D’autant que les horreurs se multiplient sur le terrain et que les civils, surtout, payent le prix exorbitant des méthodes révoltantes du régime qui n’hésite pas à bombarder des zones habitées, privilégiant même des cibles comme les hôpitaux ou les boulangeries.

Des capitaux saoudiens et qataris – privés ou non – financent des jihahistes, selon des informations difficiles à vérifier. Riyad et Doha, en tout cas, ne cachent pas leur implication dans le dossier syrien. Mais ces deux pétromonarchies, qui cultivent une sournoise rivalité, ne soutiendraient pas les mêmes groupes armés.

De leur côté, la Turquie et la Jordanie, à majorité sunnite écrasante, se sont rangées derrière la rébellion après avoir initialement conseillé au régime une approche qui privilégierait les réformes. Ces deux pays accueillent, avec le Liban, des centaines de milliers de réfugiés sunnites. Le Turc Erdogan, islamiste « soft », pousse loin son soutien puisque l’Armée syrienne libre et la Coalition de l’opposition reçoivent le gîte en Turquie. Son souci additionnel : les Kurdes syriens, proches du PKK turc séparatiste avec qui il a entamé un processus de paix.

Bachar a rapidement choisi de communautariser le conflit

De son côté, le « raïs » syrien a dès avril 2011, au début de la contestation de son régime, cherché à confessionnaliser celle-ci. Il a ainsi tenté de mobiliser les minorités chrétienne, druze et évidemment alaouite contre les « terroristes » qui menaçaient la stabilité de son joug dictatorial. Depuis 2012, les récits d’exactions cruelles dues aux « chabihas », des milices à prédominance alaouites, se multiplient en Syrie.

Des centaines de villageois ont été massacrés à travers le pays, singulièrement dans un axe qui semble s’articuler autour du « pays alaouite » (l’ouest montagneux et côtier), comme si la théorie du « plan B » restait une possibilité que le régime se réservait : en l’occurrence, il s’agirait, en cas de chute des grandes villes comme Damas et Alep, de se retrancher dans un territoire qui deviendrait une sorte d’« alaouistan ». Certains parlent d’ailleurs d’« épuration ethnique », comme en attestent les tragiques événements du côté de Banias, sur la côte, ces dernières semaines…

Des étrangers dans tous les camps…

Les jihadistes, on l’a dit, arrivent en Syrie. Ces sunnites radicaux n’ont aucune peine à combler le vide d’une assistance à peuple en danger dont personne d’autre ne veut entendre parler. Combien sont-ils ? Quelques milliers. Impossible d’être précis. Mus par la solidarité islamique, ils présentent des profils variés, certains groupes ayant même prêté allégeance à Al-Qaïda, au grand dam d’un Occident tétanisé.

En face, la « main-d’œuvre étrangère » ne manque pas non plus, que du contraire. Le Hezbollah libanais ne cache plus qu’il intervient activement sur le terrain, son chef Hassan Nasrallah l’a admis le 30 avril tout en menaçant d’en faire plus si le besoin s’en faisait sentir. Le chercheur libanais Joseph Bahout le dit ainsi sur le site Les clés du Moyen-Orient : le Hezbollah « entretient des relations organiques avec la République islamique. L’implication militaire du Hezbollah en Syrie ne suscite certes pas l’enthousiasme des cadres ou de la base du mouvement libanais, mais tous s’en acquittent sans sourciller car la lutte qu’ils mènent est perçue comme déterminante pour la survie même de la communauté ».

Le mentor iranien du Hezbollah, lui, sait également où ses intérêts le portent : des centaines, voire plus, de « conseillers » opèrent en Syrie ; l’opposition clame d’ailleurs depuis longtemps que des milliers de « pasdaran » (« gardiens de la révolution », paramilitaires iraniens) épauleraient déjà l’armée de Bachar.

Enfin, la géopolitique épousant parfois des trajectoires ironiques, les chiites irakiens, qui dominent à Bagdad depuis que les Américains ont débarrassé le pays de Saddam Hussein, ne peuvent avoir que la même solidarité que leurs coreligionnaires libanais et iraniens pour le régime syrien aux abois. Ainsi, même si le gouvernement irakien opte officiellement pour la neutralité, des milices « dormantes » ces dernières années ont retrouvé leur allant et envoient des activistes aux côtés de l’armée loyale à Bachar.

Face aux milliers de jihadistes accourus pour soutenir la rébellion, il y a donc fort à parier que les militants chiites iraniens, irakiens et libanais représentent une légion étrangère au total bien plus imposante.

L’Occident tétanisé, Israël concerné

Tétanisé par le catastrophique paradigme irakien et par la crainte de voir une aide en armes sophistiquées tomber dans des mains extrémistes telles que celles d’Al-Qaïda, l’Occident reste comme paralysé et ne cherche qu’à gagner du temps. Ce dont profitent les extrémistes qu’ils craignent !

Les Israéliens, eux, estiment ne pas disposer du luxe de pouvoir attendre. Mais ils font face à un dilemme façon « peste ou choléra ». Le régime de Bachar el-Assad, à l’instar de celui de son père, s’est toujours révélé un ennemi bien commode. Une rhétorique criarde et revancharde mais aucun acte. La frontière, sur le Golan syrien occupé par Israël depuis 1967, est toujours restée des plus calmes. En revanche, et c’est ce qui compte surtout pour Israël, l’alliance de Damas avec l’Iran et le Hezbollah est perçue comme porteuse d’une menace rien moins qu’existentielle.

L’ennui, dans ce calcul israélien, c’est que les forces les plus dynamiques et efficaces au sein du camp des rebelles syriens, les jihadistes, vouent une haine inextinguible à l’Etat hébreu, dont ils ont juré la perte. On pourrait même aller vers un « jihadistan » dans le nord de la Syrie. C’est dire si les raids israéliens sur des cibles syriennes risquent de se multiplier ces prochains mois. Et peut-être pas seulement contre le transfert allégué d’armes vers le Hezbollah. Mais contre tous les camps…

S’il y a un vainqueur, le pire est à craindre pour les vaincus

La minorité alaouite est désormais devant un dilemme impossible : assimilée tout entière à la barbarie du régime, elle n’a d’autre choix que d’épouser ce camp, car elle craint – sans doute à juste titre – que la vengeance des sunnites, s’ils devaient l’emporter, serait terrible. Par ses méthodes, le régime a donc réussi à la persuader que la cause est simplement existentielle. Des exécutions sommaires, des enlèvements et des tortures dont des factions rebelles se sont rendues coupables çà ou là depuis deux ans et quelques mois que dure le conflit achèvent de la convaincre en ce sens.

Inversement, si le meilleur armement grâce à l’allié russe et l’aide en combattants étrangers quantitativement plus importante côté régime devaient permettre à celui-ci de l’emporter, on peut également craindre que les sunnites et les autres Syriens qui ont choisi la rébellion ne fassent l’objet de représailles des plus sanguinaires.

Plus ce terrible conflit s’éternise, plus les raisons de haïr s’amoncellent. Quel que soit l’avenir de la Syrie, il sera rouge. Rouge de sang. A l’image d’un voisin irakien loin d’avoir vaincu ses démons confessionnels.

Scénario apocalyptique ?

En attendant un vainqueur, il est à craindre que la situation évolue de manière complexe. Joseph Bahout, cité plus haut, évoque un scénario qui donne froid dans le dos : « La dynamique d’enlisement interconfessionnel dans laquelle est pris le conflit syrien pourrait aboutir à très court terme à la formation d’un continuum conflictuel libano-syro-irakien où s’affronteront les forces favorables et hostiles à la Révolution syrienne. On voit déjà un axe se former entre Nouri al-Maliki, Premier ministre irakien et chiite, le Hezbollah irakien, le Hezbollah libanais et le régime syrien, tous jouissant du soutien de l’Iran. Ces acteurs fusionnent de plus en plus, non seulement sur le plan théorique mais également sur le plan militaire. (…) A cet axe s’opposerait en miroir une alliance entre les tribus sunnites de la province irakienne d’Al-Anbar, actuellement en lutte contre Maliki, l’Armée syrienne libre (…) bientôt rejointes par les salafistes libanais et placés globalement sous les parrainages des puissances du Golfe. (…) On verra la région s’enfoncer dans un chaos transfrontalier durable. Sur le temps long, ce genre de conflit ne peut être remporté que par ceux qui ont le temps de leur côté, disposant du souffle nécessaire et de la capacité de mener des conflits asymétriques. En l’occurrence, il s’agirait plutôt de l’Iran et de ses alliés. Les Saoudiens sont en effet tétanisés tandis que les Occidentaux, qui se situent par dérivation du côté sunnite, n’ont ni les ressources ni l’intention de s’impliquer davantage ».

source

Réfugiée en France, Raja a fui la Syrie et son régime policier


Alors que la guerre dans leur pays dure depuis plus de deux ans, des Syriens exilés en France racontent leur quotidien.

16/5/13
Raja, réfugiée en France, dissimule son visage derrière celui d’une Syrienne dont la maison a été...

Estelle des Dorides pour « la Croix »

Raja, réfugiée en France, dissimule son visage derrière celui d’une Syrienne dont la maison a été bombardée lors d’une attaque aérienne. L’expression traduit les souffrances de tout le peuple syrien, comme l’explique la photographe Estelle des Dorides.

Aujourd’hui, une ancienne fonctionnaire à Damas, non politisée mais qui ne supporte plus le régime

De sa vie antérieure, avant la guerre, Raja se souvient de la beauté de son jardin, du bassin avec des poissons en son centre, du bouquet de jasmin et de l’odeur du café, dégusté le matin. Une maison située près de Bab Touma, dans le centre de Damas, achetée avec les économies du couple.

Cela lui manque, tout comme son fils âgé de 33 ans, parti en novembre 2012, en Ukraine. « Il travaillait dans une société de vidéosurveillance et devait se rendre souvent hors de Damas. Avec la guerre, il avait de moins en moins de contrats et les déplacements sont devenus impossibles à cause des barrages routiers. Alors il a demandé un visa pour la France, mais sans succès. Il s’est tourné vers l’Ukraine parce qu’il parle russe. Ça a été très dur pour l’obtenir mais il a pu partir pour poursuivre ses études. »

Quant à son mari, il est resté à Damas pour veiller sur la maison. « Même s’il voulait venir, il ne le pourrait pas, on n’a plus les moyens de payer son voyage. Comme tous les Syriens, après plus de deux ans de conflit, nos économies sont épuisées. »

dénoncée par un collègue

Tous les événements qui ont marqué ces deux dernières années défilent dans sa mémoire. Raja, 58 ans, était fonctionnaire à Damas. Sa maison était située face au siège de l’un des très redoutés services de renseignements syriens. Les problèmes ont commencé en avril 2011, un mois après le début du conflit, lorsqu’une voiture piégée garée juste devant le bâtiment officiel, a fait voler en éclats la baie vitrée de 8 m de long de la maison.

Raja, qui dormait à proximité, a été blessée à la tête par les bris de verre. Elle reste persuadée que cet attentat fut l’œuvre du régime : « La voie était interdite à tout véhicule et, bizarrement, il y avait une voiture garée devant les bâtiments des services de renseignements ! »

Le quartier était très surveillé et Raja avait auparavant été convoquée à trois reprises par les Moukhabarat. « Au bureau, j’avais fait l’erreur de dénoncer la répression des enfants et les tortures commises par le régime. J’ai dit que c’était “haram”(interdit). J’ai dû être dénoncée par un de mes collègues. J’aurais dû me méfier car dans chaque administration en Syrie, il y a toujours quelqu’un qui travaille pour les services. Il est chargé de rapporter ce qui se dit. On ne peut pas avoir confiance en ses voisins de bureau. Mais j’étais écœurée par ce qui se passait alors que les gens dans la rue manifestaient pacifiquement réclamant simplement un peu plus de liberté. » Sa maison a été perquisitionnée à trois reprises, sans qu’ils ne trouvent rien.

elle part retrouver sa fille en Égypte

Craignant pour ses enfants, Raja n’hésite pas un instant. Le 25 mai 2011, elle envoie sa fille, Nour, étudiante en traduction, en France, où elle s’est inscrite à la Sorbonne et a trouvé un petit boulot pour vivre. Après quelque mois, n’y tenant plus, elle démissionne de son administration, en prétextant de graves douleurs lombaires.

« J’avais déjà pris des congés maladie parce que j’avais eu des problèmes de santé similaires auparavant et je portais une minerve. Mon directeur a facilité ma démission et m’a obtenu des indemnités. » Selon Raja, 70 à 80 % des Syriens sont proches de l’opposition, « mais ils ne peuvent pas le dire. S’ils parlent, ils perdent leur travail ».

Raja part le 29 juillet 2012 retrouver sa fille, Nour, dix jours en Égypte, car celle-ci ne pouvait pas venir en Syrie. « Son nom figurait sur des listes et elle aurait été arrêtée. Elle n’est pourtant pas une activiste. » Au Caire, elle loge chez un couple d’amis syriens réfugiés. Ceux-ci sont nombreux dans la capitale égyptienne, où ils sont plutôt bien accueillis par le régime des Frères musulmans.

Raja ne peut plus rentrer en Syrie

Frappée par le nombre de jeunes exilés, elle loue avec le mari de son amie un appartement pour les accueillir. « Beaucoup partent en Égypte pour échapper au service militaire. Ils ont parfois 14, 15, 16 ans. C’est la première fois qu’ils quittent leur pays et leur famille et ne connaissent personne. Certains dorment sur le trottoir. »

Raja prend son rôle très à cœur, fait la cuisine, aide ses protégés à trouver de petits boulots. Un réseau d’entraide humanitaire voit le jour. Le bouche-à-oreille fonctionne. Elle reçoit des appels de parents en Syrie qui lui envoient leur fils. « Une façon comme une autre d’apporter sa pierre à la Syrie », dit-elle. Elle participe aussi à des manifestations avec d’autres Syriens devant le bâtiment de la Ligue arabe au Caire. « Elle aussi nous a laissé tomber », regrette-t-elle.

Son séjour en Égypte dure cinq mois. Mais ses finances se tarissent. « Il ne me restait plus de quoi vivre un mois. Et je ne pouvais pas rentrer en Syrie. » Sa fille lui dit de venir la rejoindre en France. Elle fait une demande de visa au consulat de France au Caire. Après quelque temps, la bonne nouvelle arrive : un visa D lui est accordé, avec une entrée et une durée illimitées pour rester dans l’Hexagone.

le communautarisme à aggravé la situation

Aujourd’hui, Raja partage un petit appartement à Gentilly, près de Paris, avec sa fille qui a provisoirement arrêté son master en littérature à la Sorbonne pour travailler à plein-temps. Son sujet de maîtrise, « La littérature arabe dans les prisons », attendra des jours meilleurs. « Je suis totalement à sa charge », déplore Raja. Ne parlant pas le français, elle s’est inscrite à des cours à la mairie où elle réside. Et sa fille lui a téléchargé sur son portable des programmes d’enseignement. « C’est l’occasion ou jamais, dit-elle. Après avoir travaillé toute ma vie, je ne vais pas rester à ne rien faire. »

Comme tous les réfugiés, elle est passée maître dans l’art de communiquer par Internet avec sa famille restée au pays. Elle appelle son mari le soir par Skype ou Viber, deux sites d’appel gratuits. Les nouvelles sont rarement bonnes. « Le fils de ma sœur a été arrêté à un barrage, le frère de mon mari est en prison depuis trois mois, ils l’ont arrêté sur son lieu de travail. Beaucoup de gens disparaissent sans que l’on sache où ils sont. » 

« C’est le régime qui parle de guerre civile, poursuit Raja. Auparavant jamais on ne distinguait une personne par sa religion, sunnite, chrétien ou alaouite. » À Damas, Raja vit d’ailleurs dans un quartier chrétien et alaouite. Pour elle, c’est le régime qui a favorisé le communautarisme. « Le noyautage a commencé dès 2004. À partir de cette date, le gouvernement ne recrutait plus que des fonctionnaires de la côte (région où les Alaouites sont nombreux, NDLR). Aucun n’était de Damas. »

soutien du Hezbollah au régime

Un concours du ministère de l’éducation nationale avait été organisé à Lattaquié, ville située sur la Méditerranée, considérée comme un fief alaouite, bien que peuplée aussi de chrétiens et de sunnites. « Tous ceux qui étaient originaires de la côte ont été reçus, ensuite ils ont été mutés au ministère de l’économie, puis ont été répartis à des postes importants, même s’ils n’avaient pas les compétences. » Ce mouvement de « préférence communautaire », a continué jusqu’en 2009-2010.

Pour elle, le pouvoir à Damas ne tient que grâce au soutien de l’Iran, du Hezbollah libanais et de la Russie. « Depuis le début du conflit, les Iraniens et les Libanais sont partout, aux check-points, au sein de l’armée. Sans eux, elle s’effondrerait. » Elle pense que les pays voisins soutiennent le pouvoir à Damas parce qu’ils craignent l’instabilité qu’entraînerait sa chute. « Et nous, on en paie le prix ! »

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L’Allemagne et la Suède, terres d’asile

Les États de l’Union européenne ont reçu plus de 21 000 demandes d’asile de la part de ressortissants syriens entre mars 2011 et septembre 2012, et les Syriens ont représenté le groupe national le plus important de demandeurs d’asile dans l’UE au cours du troisième trimestre 2012. Beaucoup reçoivent une protection subsidiaire, un statut qui offre un droit temporaire de rester dans le pays et qui, le plus souvent, n’autorise pas la réunification familiale.

La plupart des demandes ont été enregistrées en Suède et en Allemagne, qui ont adopté une politique d’octroi systématique d’une protection au moins subsidiaire aux Syriens.

La Belgique, la Bulgarie et le Danemark rendent, eux, des décisions négatives. Beaucoup de Syriens entrent dans l’UE par la Grèce mais, depuis début 2011, plus de 9 000 Syriens ont été arrêtés dans ce pays sous le prétexte d’être entrés ou demeurés illégalement.

Agnès Rotive

source

"Mahmoud Sarsak, une jeunesse brisée", par Olivier Pironet,


En visite en France (22 mars-14 avril 2013), à l’invitation de plusieurs municipalités, des associations et des clubs de football, Mahmoud Sarsak peine à contenir sa colère lorsqu’on l’interroge sur ce qu’il pense de la tenue sur le sol israélien du championnat d’Europe de football des moins de 21 ans, du 5 au 18 juin 2013 (lire « Euro Espoirs de football en Israël, les droits des Palestiniens piétinés »). La carrière sportive de ce footballeur, sorti très affaibli de son incarcération en Israël, est actuellement au point mort. Il ne sait pas s’il retrouvera un jour son niveau d’antan et demeure sans travail depuis sa libération (il était en 2e année d’études informatiques avant son arrestation). Aujourd’hui, il s’est donné pour mission de « défendre la cause palestinienne dans le monde entier », et de faire entendre « les cris de désespoir » de ses compatriotes qui « croupissent par milliers dans ces tombes pour vivants » que sont les prisons israéliennes, où l’on trouve de nombreux enfants, « dont certains n’ont même pas 13 ans », et même des « femmes enceintes qui accouchent dans des conditions effroyables ».

Ce jeune Gazaoui âgé de 26 ans a été arrêté en juillet 2009 par l’armée israélienne au terminal frontalier d’Erez (point de passage entre Israël et la bande de Gaza), au motif qu’il représentait « un danger pour Israël », alors qu’il se rendait en Cisjordanie pour s’entraîner avec l’équipe nationale de Palestine et y intégrer le club de Balata (Naplouse). Accusé sans preuve d’appartenir au Jihad islamique — ce qu’il a toujours formellement démenti —, il a été détenu en Israël pendant trois ans en tant que « combattant illégal » (selon la terminologie israélienne), sans procès, ni avocat, ni droit de visite, subissant au début de sa détention « quarante-cinq jours de séances d’interrogatoire », accompagnées de « tortures si violentes » qu’il a « dû être hospitalisé cinq fois ». En juillet 2012, à l’issue d’une grève de la faim de trois mois au cours de laquelle il est passé de 76 à 45 kg — frôlant la mort —, et sous la pression d’une campagne internationale de soutien relayée par des personnalités du monde de la culture et du sport, il a finalement été libéré et renvoyé à Gaza.

La Fédération française de football (FFF) et le ministère des sports, sollicités par M. Sarsak alors qu’il était à Paris pour évoquer, entre autres, la situation de deux coéquipiers de l’équipe nationale, Omar Abou Rouis et Mohammed Nemer, emprisonnés sans raison depuis plus d’un an dans les geôles israéliennes, n’ont pas daigné le rencontrer, « même à titre privé ». Il a toutefois pu être reçu par des parlementaires européens, à Strasbourg, le 11 avril dernier, bien que la mission israélienne au Parlement ait cherché à les en dissuader en distribuant des tracts alléguant que M. Sarsak était un terroriste — une nouvelle preuve, s’il en était besoin, qu’Israël tente de « manipuler l’opinion publique ».

Publié dans le Monde Diplomatique le mercredi 15 mai 2013 : http://www.monde-diplomatique.fr/ca…

Et il n’est pas encore trop tard pour vous joindre à la manifestation du vendredi 24 mai à Londres, à l’occasion du congrès annuel de l’UEFA qui s’y tiendra ! Pour plus d’infos à ce sujet : info@europalestine.com

CAPJPO-EuroPalestine