Pourquoi dénoncer le stand « Lettres d’Israël » à la Foire du Livre ?


 

Posted: 15 Apr 2014 12:59 PM PDT

Article paru dans Points Critiques n° 345, avril 2014, pp. 28-29

 

Michel Staszewski

 

Comme son nom l’indique, et même si on y trouve aussi quelques autres types d’ouvrages (historiques, politiques, touristiques,…), ce stand de la Foire du livre de Bruxelles, contient surtout des traductions françaises d’œuvres littéraires d’auteurs israéliens. « Lettres d’Israël » présente ainsi à ses visiteurs une belle image culturelle d’Israël, celle d’un pays fier de la richesse et de la variété de sa production littéraire. L’an dernier, j’y ai même remarqué un recueil de poèmes de Mahmoud Darwich.

Pourtant, depuis cinq ans, à l’initiative de quelques militants de la cause palestinienne (dont moi) et dans le cadre de la campagne « BDS » (Boycott, désinvestissement, sanctions), une action est régulièrement menée pour dénoncer l’existence même de ce stand.

Cette démarche est bien sûr condamnée par les opposants à toute action dénonçant publiquement les agissements illégaux de l’État d’Israël. Mais un certain nombre de personnes, pourtant critiques à l’égard de la politique d’occupation et de discrimination menée par les dirigeants israéliens et qui approuvent même parfois le principe de la campagne « BDS », estiment elles-aussi ces actions inappropriées car visant une manifestation qu’ils jugent « purement littéraire ». « Pourquoi boycotter des auteurs dont certains critiquent vivement certains aspects de la politique menée par leur État ? » « Vous êtes contre la liberté d’expression ? »

Ces questions-objections témoignent d’une méconnaissance du contexte politique et/ou du contenu précis, donc du sens de ces actions. Voici donc des éléments d’explication.

Le contexte politique

Depuis sa fondation, L’État d’Israël bafoue gravement le droit international. Alors que plus de 800.000 Palestiniens (sur un total de 950.000) venaient de fuir ou d’être chassés du territoire désormais israélien (78 % de la Palestine au lieu des 55 % prévus par le plan de partage de novembre 1947), la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’O.N.U. du 11 décembre 1948 stipula : « il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et (…) des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ». L’admission de l’État d’Israël à l’O.N.U. le 11 mai 1949 fut également conditionnée au respect du droit au retour des exilés. Il n’en a rien été.

Depuis 1967, Israël occupe et colonise illégalement la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau syrien du Golan. Depuis la conclusion des « Accords d’Oslo » en 1993, cet État a multiplié les obstacles à la libre circulation des personnes et des biens dans les territoires occupés et de ceux-ci vers l’extérieur, empêchant ainsi toute vie sociale, économique et politique normale. L’enfermement des Palestiniens des territoires occupés s’est considérablement aggravé depuis la construction, à partir de 2002, d’une « barrière de sécurité », de 700 kilomètres de long, essentiellement bâtie à l’intérieur des territoires occupés et, pour cette raison, condamnée par l’Assemblée générale de l’O.N.U. le 21 octobre 2003, par 144 voix pour et 4 contre.[

Israël arrête, maltraite et détient arbitrairement des milliers de Palestiniens dont des députés, des ministres et de nombreux mineurs d’âge. Cet État s’approprie sans cesse des terres et détruit des maisons palestiniennes. Il rationne sévèrement l’approvisionnement en eau des habitants palestiniens des territoires occupés. Il assassine régulièrement des civils.

Depuis 2005,  Israël soumet le million et demi d’habitants de la bande de Gaza à un cruel et interminable blocus. L’opération « Plomb durci » menée contre la bande de Gaza (décembre 2008 - janvier 2009) a fait plus de 1.300 morts palestiniens, dont au moins 410 enfants (et 13 morts israéliens, dont 10 soldats). Le 15 septembre 2009, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies a publié le rapport d'une mission d'enquête dirigée par le Sud-africain Richard Goldstone dans lequel l'armée israélienne est accusée d'avoir commis des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l'humanité[] ».

Aujourd’hui, la colonisation des territoires occupés ne cesse de s’accélérer. A l’intérieur du territoire israélien, les Palestiniens, pourtant citoyens de l’État d’Israël, continuent de subir de fortes discriminations à l’emploi, au logement et à l’accès à la propriété. Les bédouins du désert du Neguev (Naqab) continuent à être chassés de leurs villages et de leurs terres pour être regroupés de force dans des « villes de peuplement ».

BDS

L’Union européenne porte une lourde responsabilité dans la genèse et la persistance du conflit israélo-palestinien : tout au long de son histoire, par son inaction voire sa complaisance envers les actions illégales des dirigeants israéliens, elle a permis que s’impose en Israël-Palestine la loi du plus fort.[1] Elle pourrait pourtant facilement faire pression sur cet État car elle est, et de loin, le principal partenaire économique d’Israël.

La campagne « Boycott – Désinvestissement – Sanctions » a été lancée en 2005 par un appel signé par 172 associations palestiniennes sur le modèle de la campagne de boycott menée contre la politique d’apartheid régnant en Afrique du Sud dans les années 1970 et 1980. Ce qui la justifie : l’absence d’initiatives politiques aptes à faire respecter le droit international dans cette région du monde.

Les sanctions relèvent des États, le désinvestissement, des États, institutions et sociétés privées. Quant aux  actions dites de « boycott », elles sont avant tout le fait des citoyen-ne-s. Elles visent les produits « made in Israël » et ce ou ceux qui représentent ou symbolisent l’Etat israélien. Elles ne ciblent pas les citoyens israéliens qui ne représentent pas leur Etat. Ce sont des démarches symboliquement fortes mais parfaitement pacifiques.

Les actions à la Foire du Livre

Elles se passent en trois temps :

1) la distribution à l’entrée de la Foire, durant une ou deux heures, d’un tract. Son contenu : au recto, sous le titre « Bas les masques ! » il dénonce le stand « Lettres d’Israël » comme une habile opération de propagande visant à donner une image positive de l’Etat d’Israël, à cacher ses crimes ; il rappelle succinctement le déni grave, systématique et persistant des droits des Palestiniens par Israël ; il appelle symboliquement au boycott de ce stand. Au verso, sont mentionnés une douzaine d’ouvrages d’auteurs israéliens critiques (Burg, Eldar, Enderlin, Pape, Raz-Krakotzkin, Reinhart, Sand, Shlaïm, Warschawski, Zertal) sous le titre «  Quelques livres d’auteurs israéliens que vous ne trouverez pas au stand Lettres d’Israël ».

2)  Les militants entrent ensuite dans le bâtiment et viennent se placer, l’un à côté de l’autre, devant le stand « Lettres d’Israël » en lui tournant le dos. La plupart portent un t-shirt avec un des slogans suivants : « Israël occupe la Palestine, je boycotte » ou «  Free Palestine » ou « Palestine vivra ». Ils restent silencieux et ne bloquent pas l’accès au stand. Cette phase dure généralement environ un quart d’heure (c’est le « seuil de tolérance » de la direction de la Foire).

3)  Les manifestants quittent les abords du stand en file indienne et se mettent à déambuler lentement à travers la Foire, toujours silencieusement, en continuant à arborer leurs t-shirt. Cette dernière phase dure entre 15 et 30 minutes.

Les réactions du public à notre action sont très majoritairement positives.
J’espère que la description détaillée de cette action aura convaincu le lecteur qu’il ne s’agit pas ici d’inciter au boycott des œuvres des écrivains israéliens mais bien à celui d’un stand (aux couleurs bleue et blanche du drapeau israélien et dont l’adresse de contact qu’on trouve sur le site web de la Foire du Livre est celle de l’ambassade d’Israël) qui, sous couvert de littérature, fait la promotion habile d’un État qui mène de manière persistante une politique criminelle et qui a donc besoin de se « blanchir » aux yeux de l’opinion publique internationale.

La plupart des ouvrages présentés dans ce stand se retrouvent dans ceux de leurs éditeurs ou distributeurs respectifs. Nous n’appelons bien sûr ni au boycott de ces auteurs ni de leurs éditeurs et distributeurs !

[1]  Cf. CRONIN D., Europe-Israël. Une alliance contre nature, La Guillotine, 2012  /  HESSEL, S. et DE KEYSER, V.,  Palestine, la trahison européenne, Fayard, 2013.

source : Le blog de Michel Staszewski

Les Palestiniens vont "payer cher" le fait de se tourner vers l’ONU


Le Vif

Source: Belga
mercredi 02 avril 2014 à 10h45

Les Palestiniens vont "payer cher" leur décision de relancer leurs démarches d’adhésion aux agences de l’ONU et traités internationaux, a averti mercredi un ministre israélien, les menaçant de sanctions économiques, voire d’annexion de territoires occupés.

Le ministre israélien du Tourisme Uzi Landau. © Belga Image

 

"S’ils menacent maintenant (de se tourner vers les institutions de l’ONU), ils doivent savoir une chose: ils le paieront cher", a déclaré à la radio publique le ministre du Tourisme Uzi Landau.

Ce dernier n’a pas exclu la possibilité pour Israël d’annexer des portions de territoire palestinien occupé.

"L’une des mesures possibles serait pour Israël d’appliquer sa souveraineté sur des secteurs qui feront clairement partie de l’Etat d’Israël dans le cadre de toute solution future", a menacé M. Landau.

Le ministre faisait référence aux secteurs de la Cisjordanie occupée où sont implantés des colons juifs, Israël espérant conserver ces zones après un futur accord de paix.
Israël pourrait aussi prendre des mesures de rétorsion économique en intervenant "pour bloquer leurs aides financières".
Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé mardi que la direction palestinienne avait décidé de demander l’adhésion à 15 agences et traités internationaux.

Cette décision intervient peu après l’annonce d’un nouvel appel d’offres par le gouvernement israélien pour 708 logements dans le quartier de colonisation de Gilo, à Jérusalem-Est occupée et annexée.

Un accord conclu sous l’égide du chef de la diplomatie américaine John Kerry a permis la reprise en juillet pour neuf mois des négociations de paix, un délai arrivant à échéance le 29 avril.
En vertu de cet accord, la direction palestinienne avait suspendu jusqu’à la fin des pourparlers toute démarche d’adhésion aux organisations et conventions internationales auxquelles le statut d’Etat observateur obtenu en novembre 2012 à l’ONU lui donne accès.

En contrepartie, Israël s’engageait à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant les accords d’Oslo de 1993, dont les trois premiers groupes ont été relâchés. Mais le dernier contingent n’a pas été libéré comme prévu samedi dernier.

A la suite de l’annonce palestinienne mardi soir, M. Kerry a annulé une visite prévue mercredi à Ramallah pour rencontrer M. Abbas.

 

Les infos du Vif aussi via Facebook

L’ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert reconnu coupable de corruption


lundi 31 mars 2014, par La Rédaction

Un tribunal de Tel-Aviv a condamné lundi l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert dans une nouvelle affaire de corruption. Ehud Olmert, impassible à la lecture du verdict, a été reconnu coupable d’avoir touché des pots-de-vin dans l’énorme scandale immobilier Holyland à Jérusalem, une première pour un chef de gouvernement en Israël. Maire de Jérusalem de 1993 à 2003, Ehud Olmert est considéré depuis 2010 comme le principal suspect dans cette affaire. Il aurait, selon l’accusation, touché 750 000 shekels, soit environ 156 000 euros.

"Nous parlons de corruption et de pratiques obscènes", a déclaré le juge, David Rosen, à la lecture du verdict. Il a dénoncé "un système politique corrompu qui a pourri avec les années (…) et dans lequel des centaines de milliers de shekels ont été transférés à des élus". Ehud Olmert a menti à la cour pour tenter de ternir l’image du témoin de l’accusation, a ajouté le juge.

Ehud Olmert est devenu Premier ministre en mars 2006, succédant à Ariel Sharon, l’ex-homme fort de la droite, qu’il avait convaincu de créer un nouveau parti centriste, Kadima, en novembre 2005. Leader de Kadima jusqu’en 2008, il a été poussé à la démission du parti et du gouvernement par plusieurs affaires de corruption. En septembre 2012, il a été condamné à une peine légère d’un an avec sursis et à une amende après avoir été reconnu coupable d’abus de confiance dans l’affaire dite du "Centre d’investissement". La justice l’a reconnu coupable d’avoir favorisé, en tant que ministre du Commerce et de l’Industrie (2003-2006), son ex-associé dans un cabinet d’avocats. Il a été acquitté dans deux autres dossiers de corruption.

source

« Le Diable Occidental s’habille en Prada »,



22 mars 2014

Saddam Hussein a déjà été exécuté, de même qu’Oussama ben Laden. Mais tout n’est pas perdu pour l’Occident éclairé. On a un nouveau diable. Il s’appelle Vladimir Poutine. Il déteste les homosexuels, alors les hauts responsables éclairés ne sont pas allés à Sotchi. Le voilà qui occupe une terre, alors on va lui imposer des sanctions. L’Occident crie partout comme un putois : Comment ose-t-il annexer le territoire de la Crimée ?

Les États-Unis est la superpuissance responsable du pire carnage commis depuis la Seconde Guerre mondiale. Les victimes ensanglantées nous implorent, enfouies sous la terre de Corée, du Vietnam, du Cambodge et du Laos, de l’Iraq, du Pakistan et de l’Afghanistan. Pendant des années, Washington s’est ingéré dans les affaires internes de l’Amérique Latine, comme si c’étaient les siennes, installant et renversant les régimes, bon gré mal gré.

Qui plus est, le nombre de détenus dans les prisons américaines et leur proportion par rapport à la population, est la plus élevée du monde, y compris la Chine et la Russie. Depuis 1977, 1.246 personnes, dont certaines étaient innocentes des accusations portées contre elles, ont été exécutées aux États-Unis. Huit états des USA restreignent la liberté d’expression contre l’homosexualité par des moyens qui ressemblent beaucoup à la loi anti-gay promulguée par Poutine. C’est cette superpuissance qui, avec ses alliés et ses états vassaux, crie haro sur le nouveau diable.

Ils protestent contre l’occupation de la péninsule de Crimée, comme si c’était l’occupation la plus épouvantable du monde. Pour ça, ils vont punir la Russie. Peut-être qu’ils vont même s’engager dans une guerre mondiale pour libérer Sébastopol. L’Amérique peut occuper l’Irak – la guerre contre la terreur, et les armes de destruction massive justifient cette action, comme tout le monde sait – mais la Russie n’a pas le droit d’envahir la Crimée. C’est une violation de la loi internationale. Même un référendum est une violation de la loi – que l’Occident observe si scrupuleusement, comme tout le monde sait.

Mais évidemment, la vérité est loin du monde de cette partialité moralisatrice, comme l’orient l’est de l’occident. L’annexion de la Crimée peut poser problème, mais moins que l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Elle est plus démocratique que le projet d’échange de territoires proposé par Avigdor Lieberman. Au moins, la Russie a demandé aux habitants sous quelle puissance souveraine ils voulaient vivre, ce à quoi Lieberman n’a jamais pensé.

Les raisons pour lesquelles la Russie a annexé la Crimée sont plus convaincantes que l’annexion de facto des territoires occupés par Israël. Les Russes et les Israéliens emploient la même terminologie : droits ancestraux et liens historiques. Les Israéliens ajoutent des raisons tirées de la Bible, et y ont incorporé les notions de caractère sacré et de croyance messianique. « La Crimée et Sébastopol retournent vers … leurs propres rivages, leur port d’attache, la Russie » selon Poutine. En Israël, le premier ministre Benjamin Netanyahou parle du « rocher de notre existence ».

Mais, alors que la plupart des habitants de Crimée sont russes, la plupart des habitants des territoires sont palestiniens – la différence est minime, voire insignifiante…

La Russie est aussi plus honnête qu’Israël : Elle déclare son intention d’annexer le territoire. Israël, qui, à toutes fins utiles, a annexé ses territoires il y a longtemps, n’a jamais osé l’admettre.

L’occupation israélienne ne résonne pas dans le monde – pas de sanctions et sûrement pas de menaces de guerre – comme le fait l’occupation de la Crimée. Netanyahou n’est pas le diable, ni aux yeux des Américains, ni à ceux des Européens, et on ne parle jamais des violations de la loi internationale par Israël. L’occupation israélienne, qui est plus cruelle que celle de la Crimée, n’est pas reconnue comme telle, et l’Occident ne fait rien du tout pour y mettre définitivement fin. Les États-Unis et l’Europe lui fournissent même des fonds et des armes.

Cela ne veut pas dire que la Russie ne mérite pas d’être critiquée. L’héritage de l’Union Soviétique est horrible, et la démocratie en Russie est loin du réel, que ce soit la déclaration de guerre de Poutine contre les médias et la liberté d’expression, ou la honteuse affaire « Pussy Riot ». Il y a une montée de la corruption et, avec elle, le règne des oligarques. Poutine ne parle pas aussi noblement que le président des USA, Barack Obama, mais c’est l’Amérique et non la Russie, qui administre Guantanamo.

Malgré les pontifiants discours occidentaux sur la justice et le droit international, c’est en réalité le diable occidental qui s’habille en Prada, tandis qu’il en fait bien plus que la Russie pour saper ces valeurs dont il fait l’éloge."

Gidéon Levy

Lettre ouverte aux acteurs culturels : ne vous mettez pas au service de la propagande israélienne




Dans quelques jours, l’Université de Liège accueillera une manifestation intitulée “Israël Autrement”, consacrée au développement de l’art vidéo en Israël et aux oeuvres de deux vidéastes israéliennes, suivi d’une rencontre avec une responsable du centre d’art contemporain de Tel-Aviv. (www.videographies.be/fr <http://www.videographies.be/fr> )


Les organisateurs proclament qu’ils veulent “

ouvrir des portes inattendues ou de porter un regard différent sur notre société globalisée et ses démons.”… Et annoncent qu’en mars 2015 “les artistes vidéastes palestiniens seront à leur tour invités à Liège”.


Avant d’en venir à l’essentiel, deux questions se posent :
  • Pourquoi n’y a-t-il aucun vidéaste israélo/palestinien, invité?

      N’y en a-t-il vraiment aucun(e) dans ces quelque 25% de citoyens israéliens d’origine autochtone?

  • Pourquoi annoncer dès aujourd’hui une manifestation, à organiser dans un an (!), qui accueillera des vidéastes palestiniens… “Pour, dans un dialogue aujourd’hui impossible, nous livrer leur vision”?
      Les organisateurs ont-ils quelque chose à se faire pardonner… préventivement?

Cet “Israël Autrement”, sous-titré “pour repenser Israël à travers l’art vidéo”, se situe (que les organisateurs liégeois en aient conscience ou non) dans le droit fil de la nouvelle stratégie de propagande, lancée courant 2013 par le régime israélien, pour redorer son image.

Une sourdine a été mise à l’assertion du “petit peuple qui se défend” (Argument peu crédible quand on sait qu’Israël est une des plus importantes puissances militaires de la planète!) et à la diabolisation des sympathisants des Palestiniens… Pour faire place aujourd’hui à un discours visant à faire accroire qu’il s’agit d’un conflit entre deux peuples pour un territoire et que seule la volonté de paix anime le régime israélien.
Cette proclamation d’équidistance (…il n’y a ni oppresseur, ni opprimé) est au centre de l’opération de propagande et, malheureusement, inhérente à la présentation de ”Israël Autrement”.
Elle permet
d’occulter les faits, de nier l’Histoire et d’escamoter les réalités “gênantes”, tels la colonisation violente, le nettoyage ethnique, la politique d’apartheid, les assassinats ciblés, la torture d’enfants de moins de douze ans (
Rapport UNICEF du 14/10/2013), le vol de terres, la destruction du patrimoine culturel palestinien… et autres exactions subies par ce peuple depuis plus de quatre-vingt ans.

Afin d’éviter si possible la multiplication d’événements comme “Israël Autrement”, il est important que les acteurs culturels de notre pays sachent que la culture, et principalement le cinéma, est le principal vecteur de cette

campagne de propagande à laquelle le gouvernement israélien consacre un budget très important.

Simple exemple de la “force de frappe” : la production israélienne de films documentaires financés par l’Etat est actuellement supérieure en nombre à ceux produits par le Benelux et le Danemark… réunis!
Les programmateurs des festivals de cinéma européens peuvent témoigner du déferlement de ces films donnant une image trompeuse des réalités israéliennes.

Pour renforcer encore l’impact de l’action, M. Netanyahu a récemment décidé d’injecter quelques 20 millions d’&euro supplémentaires dans cette campagne de désinformation et de reconquête de l’image médiatique.

Il n’est pas toujours aisé d’identifier et de résister à cet envahissement – guère d’écho et/ou d’analyse dans la presse belge – et il est heureux que d’éminents journalistes israéliens comme Gidéon Lévy, Amira Hass ou Michel Warschawski informent régulièrement sur ces opérations de propagande sournoise.Alors?
Il ne s’agit, en aucune manière, d’exclure systématiquement tout créateur israélien, ils sont nombreux à s’opposer aux agissements de leur gouvernement actuel.
Il s’agit seulement de s’informer et d’être vigilant… ce qui n’a vraisemblablement pas été le cas des organisateurs de “Israël Autrement”.En espérant que cette lettre aura permis d’alerter les acteurs culturels contre cette propagande subtile et insidieuse, qu’elle leur permettra de ne pas collaborer involontairement avec

ce régime dont l’idéologie fasciste était déjà dénoncée il y a plus de soixante ans par des personnalités comme Hanna Arendt et Albert Einstein (“New York Times” du 2/12/1948).


Rudi Barnet
Ancien expert pour l’audiovisuel (Ministère de la Communauté Wallonie-Bruxelles)
Ex-Directeur du Festival de San Sebastian
Concepteur de Wallimage


 

50 jeunes Israéliens écrivent à Netanyahu : « Nous refusons de servir dans l’armée d’occupation »


Hier matin, des dizaines de jeunes Israéliens ont adressé une lettre au Premier ministre, Benjamin Netanyahu, dans laquelle ils déclarent refuser de servir dans l’armée israélienne (voir le texte ci-dessous). C’est le groupe le plus important de réfractaires israéliens dans l’histoire d’Israël ; c’est le premier acte du genre en cinq ans, mais qui fait suite à une longue tradition d’objection de conscience collective. Le gouvernement israélien actuel tente d’étendre le service militaire à tous les groupes ethniques en Israël, contre leur gré, et des jeunes dans tout le pays réagissent en ce moment en refusant de servir dans l’armée israélienne.

Le but de cette déclaration est de protester contre l’occupation qui se poursuit des territoires palestiniens où, affirment les signataires, « les droits de l’homme sont violés et des actes qualifiés de crimes de guerre par le droit international sont commis quotidiennement. » Ils protestent aussi contre la façon dont l’armée pèse sur la vie civile, renforçant le sexisme, le militarisme, la violence, les inégalités et le racisme présents dans la société israélienne.

Mandy Cartner, signataire de 16 ans, de Tel Aviv : « Les actions de l’armée nous éloignent de la conclusion d’un accord et de l’instauration de la paix, de la justice et de la sécurité. Mon refus est une façon d’exprimer mon opposition au mal qui est fait quotidiennement en notre nom et à travers nous ».

Shaked Harari, signataire de 17 ans, de Bat Yam : « L’armée sert les gens au pouvoir, et pas les civils, qui ne sont qu’un outil. Mes amis et moi refusons d’être de la chair à canon. »

Roni Lax, signataire de 20 ans, de Bnei Brak : « Nous sommes solidaires de la jeunesse ultraorthodoxe et de la jeunesse arabe – chrétienne et druze -, dont certains sont actuellement dans les prisons de l’armée. »

Contacts info :

Dafna Rothstein Landman – 0522470123 – dafna.e.r.l@gmail.com

Itamar Bellaiche – 0547484248 - itabellaiche@gmail.com

Leur déclaration :

 

« Nous, citoyens de l’État d’Israël, sommes désignés pour servir dans l’armée.

 

« Nous lançons un appel à celles et ceux qui liront cette lettre pour qu’ils écartent ce qui a toujours été tenu pour établi, et qu’ils réexaminent les implications du service militaire.

« Nous, soussignés, avons l’intention de refuser de servir dans l’armée et la principale raison de ce refus est notre opposition à l’occupation militaire des territoires palestiniens. Les Palestiniens dans les territoires occupés vivent sous la domination israélienne alors qu’ils n’ont pas choisi cette situation, et ils n’ont aucun recours juridique pour peser sur ce régime ou ses processus décisionnels. Ce n’est ni égalitaire ni juste. Dans ces territoires, les droits de l’homme sont violés et des actes qualifiés de crimes de guerre par le droit international y sont commis quotidiennement. Parmi ces actes : des assassinats (exécutions extrajudiciaires), des constructions de colonies sur des terres occupées, des détentions administratives, des tortures, des punitions collectives et une répartition inégale des ressources comme l’électricité et l’eau. Toute forme de service militaire vient renforcer ce statu quo et par conséquent, en accord avec notre conscience, nous ne pouvons participer à un système qui perpétue les actes mentionnés ci-dessus.

« Le problème avec l’armée ne commence ni ne s’arrête aux dommages qu’elle inflige à la société palestinienne. Elle infiltre aussi chaque jour la vie dans la société israélienne : elle façonne le système éducatif, nos possibilités d’emplois, tout en encourageant le racisme, la violence et les discriminations ethniques, nationales et sexistes.

« Nous refusons d’apporter notre aide au système militaire dans sa promotion et sa perpétuation de la domination masculine. Selon notre opinion, l’armée encourage un idéal masculin, violent et militariste, où "la force prime le droit". Cet idéal porte préjudice à chacune et chacun d’entre nous, et particulièrement à ceux qui ne s’y adaptent pas. En outre, nous nous opposons aux structures de pouvoir oppressives, discriminatoires et fortement sexistes au sein de l’armée elle-même.

« Nous refusons de renoncer à nos principes comme la condition pour être acceptés dans notre société. Nous avons profondément réfléchi à notre refus, et nous nous en tenons à ce que nous avons décidé.

« Nous lançons un appel aux autres jeunes, à ceux qui servent actuellement dans l’armée et/ou dans la réserve, et à l’opinion publique israélienne dans son ensemble, pour qu’ils reconsidèrent leur position sur l’occupation, l’armée, et le rôle de l’armée dans la société civile. Nous croyons dans la puissance et la capacité des civils à changer la réalité pour le meilleur, par la création d’une société plus équitable et plus juste. Notre refus exprime cette conviction.

Pour plus de précisions :

Dafna Rothstein Landman – 0522470123 – dafna.e.r.l@gmail.com

Itamar Bellaiche – 0547484248 - itabellaiche@gmail.com

Traduction : JPP

USA : La colère monte contre l’allégeance des politiciens au lobby israélien


jeudi 13 février 2014

Le quotidien Haaretz publie une lettre de Juifs américains qui s’en prennent au nouveau maire de New York pour ses déclarations de paillasson envers l’AIPAC, principal groupe de pression israélien aux Etats-Unis

« Vous n’êtes pas payé pour faire le chien-chien qui répond à la voix de son maître », écrivent 58 citoyens américains dans une lettre ouverte à Bill de Blasio, nouveau maire de New York.

Ce dernier aurait déclaré à l’occasion d’un récent gala à huis clos (presse non admise) de l’AIPAC : « Une partie de mon job consiste à défendre israël » et aurait promis : « La municipalité sera toujours ouverte à l’AIPAC, et si vous me faites signe parce que vous avez besoin de moi à vos côtés, à Washington ou ailleurs, je répondrai présent, avec plaisir ».

Ce à quoi 58 Juifs américains, qui comprennent des rabbins, des philantropes, des militants, journalistes et des écrivains, répondent que « L’AIPAC représente la droite la plus dure et extrémiste en israel et ne parle pas en notre nom »

Texte de la lettre en anglais :

January 29, 2014

An Open Letter to Mayor Bill de Blasio :

We are Jewish residents of New York who read, in the leaked transcript of your private speech to a meeting of AIPAC leaders, the following :

“City Hall will always be open to AIPAC. When you need me to stand by you in Washington or anywhere, I will answer the call and I’ll answer it happily ’cause that’s my job.”

We understand that the job of mayor of New York is a complex one that often calls for your participation on the international stage, and we would not presume to define your job for you. But we do know that the needs and concerns of many of your constituents–U.S. Jews like us among them–are not aligned with those of AIPAC, and that no, your job is not to do AIPAC’s bidding when they call you to do so. AIPAC speaks for Israel’s hard-line government and its right-wing supporters, and for them alone ; it does not speak for us.

Sincerely yours,

Ruth J. Abram

Karen R. Adler

Arlene Alda

Anita Altman

Esther Ann-Asch

Emanuel Ax

Peter Beinart

Andrew Berger

Loren Bevans

Martin I. Bresler

Kenneth David Burrows

Howard Clyman

Rabbi Rachel Cowan

Barbara Deinhardt

Barbara Dobkin

Eugene Eisner

Laurel W. Eisner

Daniel Engelstein

Eve Ensler

Danny Goldberg

Sally Gottesman

Linda Gottlieb

Laurence Greenwald

Jane Hirschmann

Erica Jong

Peter A. Joseph

Alice Kessler-Harris

Rabbi Sharon Kleinbaum

Gil Kulick

Martha Weinman Lear

Bobbie Leigh

Jonathan Leigh

Alan H. Levine

Rabbi Ellen Lippmann

Rabbi J. Rolando Matalon

Marilyn Kleinberg Neimark

Donna Nevel

Kathleen Peratis

Letty Cottin Pogrebin

Bertrand B. Pogrebin

Michael Ratner

Anne Roiphe

Betty Rollin

Al Ruben

Marlene Sanders

James Schamus

Dan Silverman

Beverly Solochek

Carla Singer

Rabbi Felicia Sol

Alisa Solomon

Gloria Steinem

Herbert Teitelbaum

Rebecca Vilkomerson

Rabbi Burton Visotzky

Peter Weiss

Jack Willis

Eugenia Zu

Source : http://www.haaretz.com/jewish-world…

CAPJPO-EuroPalestine

Boycotter Israël, une idée qui gagne du terrain


Boycotter Israël. Serait-ce le moyen pacifique ultime pour convaincre les Israéliens et leurs autorités d’accepter la légalité internationale et d’évacuer les territoires palestiniens occupés? Les partisans les plus zélés des droits des Palestiniens en sont persuadés depuis longtemps. Ce qui est nouveau, c’est que l’idée progresse ces derniers temps dans le monde au point que d’aucuns en Israël, dont des ministres, s’en inquiètent très sérieusement.
De nombreuses voix au sein de la société civile palestinienne, lasses de voir les colonies juives dans les territoires occupés s’étendre sans réactions tangibles du monde extérieur, promeuvent ce type de pressions. Le 9 juillet 2005, une grosse centaine d’ONG, associations, syndicats et partis palestiniens avaient signé un appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre Israël, sur le modèle de ce qu’a subi l’Afrique du Sud raciste naguère. Le texte appelait aussi à l’égalité pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël et demandait le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Dans le monde, les progrès des partisans du BDS ont d’abord été lents mais ensuite réguliers. Assez en tout cas pour décider la Knesset d’adopter le 11 juillet 2011 une loi qui autorise les poursuites judiciaires contre ceux qui prônent le boycott économique, culturel ou académique d’Israël. La légalité du boycott vu d’ailleurs dans le monde recouvre en revanche des réalités fluctuantes (1).
Des initiatives se sont en tout cas multipliées ces derniers mois, aux Etats-Unis et en Europe. Ainsi, dans un geste spectaculaire, plusieurs importants fonds européens, néerlandais et norvégien ont tout récemment retiré leur participation dans des banques israéliennes qui financent la colonisation. En tout, une dizaine de compagnies publiques et privées ont récemment rompu leurs liens avec des firmes israéliennes impliquées dans les colonies, selon un encadré publié la semaine dernière dans le grand quotidien israélien Yediot Aharonot.
La prise de position de l’ASA, aux States, a également frappé les esprits. Il s’agit d’un influent syndicat du monde universitaire américain qui a décidé en décembre 2013 de boycotter les institutions universitaires israéliennes – mais pas les individus qui y travaillent -, provoquant un choc dans la communauté américaine des universités, même si cette décision reste très minoritaire. Le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder, a vivement réagi à cette nouvelle, estimant qu’elle démontrait «l’antisémitisme orwellien» de ses auteurs.
Le ralliement du fameux physicien britannique Stephen Hawking, en mai 2013, au boycott universitaire d’Israël, avait déjà jeté la stupeur dans ce pays: le professeur de mathématique de l’université de Cambridge avait adressé une lettre au président israélien, Shimon Peres, pour expliquer sa décision de ne pas assister de la conférence qu’il organisait en juin en Israël…

Les artistes, aussi…

La campagne BDS réunit aussi un certain nombre de personnalités du monde artistique, qui relaient le mot d’ordre de boycott dans leur domaine. Ainsi en est-il, par exemple du célèbre metteur en scène Ken Loach. Répondant aux questions du site lemuradesoreilles.org/ le 24 octobre dernier, le Britannique regrettait que l’Occident soutienne «un pays qui prétend être une démocratie, nous le soutenons à tous les niveaux, et pourtant, il est impliqué dans des crimes contre l’humanité. (…) Un boycott, c’est une tactique. Celle-ci est efficace contre Israël parce qu’Israël se présente comme un pilier culturel. Le boycott culturel le gêne donc beaucoup. Nous devrions n’être impliqués dans aucun projet soutenu par le gouvernement israélien. Les individus ne sont évidemment pas concernés, ce sont les actions de l’État israélien qu’il nous faut cibler».
Jean-Claude Lefort, ex-député communiste français et président d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité, insiste lui sur le droit des Palestiniens à établir un Etat. «Depuis plus de 40 ans, nous dit-il, pour ne pas remonter plus loin, le droit édicté par l’ONU est bafoué, refusé, défié cyniquement par les dirigeants israéliens qui ne s’en cachent pas: ils refusent l’existence d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale. Dans pareil cas, la communauté internationale devrait en tirer les conclusions et agir. (…) Le boycott c’est créer un mouvement citoyen pacifique visant à faire bouger les lignes jusqu’à rendre intenable l’inaction des autorités qualifiées. C’est contraindre les dirigeants israéliens à respecter le droit. Qu’ils le fassent et cette campagne s’arrêtera aussitôt.»

Bruxelles clarifie sa position

Même l’Union européenne s’y est mise. Non pas en adoptant les consignes du BDS, loin de là, mais au moins en clarifiant ses positions par rapport aux colonies juives. Le 19 juillet 2013, Bruxelles a ainsi promulgué au grand dam du gouvernement israélien ses «lignes directrices» qui excluent, à partir de 2014, la coopération de l’UE avec Israël les institutions et entreprises israéliennes ayant des activités dans les territoires palestiniens (Cisjordanie, Jérusalem-Est, bande de Gaza) et syrien (Golan) occupés depuis 1967.
Comme beaucoup de voix critiques d’Israël, l’UE entend concentrer son effort sur les colonies, illégales aux yeux du droit international. Un avis qui satisfait un pacifiste israélien vétéran comme Uri Avnery, qui nous donnait son avis chez lui à Tel-Aviv en novembre: «Nous voulons isoler les colons par rapport au public israélien, c’est une précondition avant de les déloger d’où ils sont. Mais si on boycotte tout Israël, le grand public israélien va au contraire se ranger dans le camp des colons, c’est donc contre-productif».
Une opinion partagée par… Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, telle qu’il l’a exprimée le 10 décembre et qui lui a valu une volée de bois vert en Palestine. Omar Barghouti, l’un des principaux porte-voix du mouvement BDS lâchait ainsi en réponse: «Il n’y a pas de parti politique palestinien, syndicat, réseau d’ONG ou organisation de masse qui ne soutienne le BDS. Aussi, un responsable palestinien dépourvu de mandat démocratique et de tout soutien public réel ne peut prétendre parler au nom du peuple palestinien quand il s’agit de décider de nos stratégies ou de notre résistance au régime d’occupation, de colonisation et d’apartheid israéliens».

«L’économie israélienne en pâtira»

En Israël même, la perspective d’un boycott croissant commence à faire réfléchir. Le Premier ministre Binyamin Netanyahou va bientôt convoquer une réunion ministérielle qui y sera consacrée. Tzipi Livni, la ministre de la Justice qui est aussi en charge des négociations avec les Palestiniens, ne l’a pas attendu pour prévenir le 31 décembre: «Le boycott progresse de façon exponentielle. Ceux qui refusent de le voir vont finir par le ressentir».
Et elle n’est pas la seule responsable à tenir ce discours: en date de ce 31 janvier, cité sur le site de la Chambre de commerce France-Israël Israelvalley.com, le ministre israélien des Finances Yaïr Lapid ne prend pas non plus de gants: «Si les négociations avec les Palestiniens échouent, dit-il, et que le boycott européen intervient, même partiellement, l’économie israélienne en pâtira et tout Israélien sera directement affecté, d’un point de vue économique. S’il n’y a pas de règlement politique entre l’Autorité palestinienne et Israël, alors l’économie israélienne connaîtra une phase de récession importante, préjudiciable à tout Israélien».
L’Américain John Kerry lui-même a saisi cette balle au bond pour faire pression sur l’Etat hébreu quand il a fait une allusion à cette perspective ce week-end en Allemagne: «Les risques pour Israël sont très grands, a-t-il déclaré à propos d’une faillite possible des pourparlers de paix israélo-palestiniennes dont il est l’initiateur. Les gens parlent de boycott. Cela s’intensifiera en cas d’échec. Nous avons tous intérêt à la solution de ce conflit. »
BAUDOUIN LOOS

(1) Nous avons interrogé François Dubuisson, chargé de cours de droit international à l’ULB, sur la légalité d’un boycott d’Israël.
«Les appels au boycott des produits originaires d’Israël lancés par des associations militantes s’inscrivent dans l’exercice de la liberté d’expression et sont dès lors légales, indépendamment de l’avis que l’on peut avoir sur leur opportunité. Il existe une jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l’homme accordant aux ONG une protection renforcée de leur liberté d’expression, compte tenu de leur rôle essentiel dans le débat public, et les autorisant même à recourir à une certaine dose d’exagération. En Belgique, il n’y a jamais eu de poursuites à l’égard des campagnes de boycott menées par diverses associations. En Europe, seule la France fait exception puisque plusieurs militants y ont été condamnés pour « incitation à la discrimination ». Mais les juges sont divisés, plusieurs décisions ayant acquitté les personnes poursuivies, considérant que l’appel citoyen au boycott est couvert par la liberté d’expression.»

NB Une version plus courte de cet article est parue dans Le Soir du samedi 1er février 2014 sous le titre «De plus en plus d’Européens et d’Américains conscientisés», en complément d’un reportage de Serge Dumont en Israël et dans les territoires occupés.

Exhortez l’ambassadrice d’Oxfam mondial à cesser de soutenir SodaStream


 

 

                      Le 10 janvier 2014, le profiteur de l’occupation SodaStream a annoncé que l’actrice d’Hollywood, Scarlett Johanson était devenue leur première ambassadrice mondiale de la Marque. Sa première action dans ce rôle sera d’être la vedette dans la publicité de SodaStream’s Super Bowl (football américain), qui sera diffusée pendant le quatrième quart du jeu le 2 février.

 

                                       Il se fait que Scarlett est aussi ambassadrice mondiale pour Oxfam, un rôle qui implique une responsabilité pour « accentuer la lutte contre la pauvreté et l’injustice. »

 

           Signez ici notre pétition à Scarlett : Ne soyez pas le visage de l’Occupation !  Sign our petition to Scarlett: Don’t Be the Face of Occupation! <http://org.salsalabs.com/dia/track.jsp?v=2&c=F0pG5igef2%2F2aku7UnVShRtITqcwVdzn>

                                                            

  SodaStream fabrique et distribue des produits carbonatés à domicile et des arômes pour limonades. Le site de production principal de la   compagnie se situe dans les colonies illégales de Cisjordanie, où la compagnie dissimule le fait que ses produits sont fabriqués dans une colonie en utilisant le label « Made in Israël ». En tant que fabricant d’une colonie israélienne, il exploite la terre le travail et les ressources palestiniennes.

 

En annonçant sa décision de faire équipe avec SodaStream, Scarlett a expliqué comment ce produit l’aidait à ne pas se sentir coupable parce qu’elle adore le goût de l’eau gazeuse mais déteste le gaspillage de bouteilles.

Click here <http://org.salsalabs.com/dia/track.jsp?v=2&c=ui1PItNd%2FGtZS5g5jdBgrBtITqcwVdzn>  pour faire savoir à Scarlett que l’occupation n’est pas verte ! En choisissant de situer sa fabrique dans une colonie israélienne, SodaStream soutient activement l’occupation militaire israélienne de la Cisjordanie, y compris la destruction environnementale que cette occupation a apportée aux terres palestiniennes.

La Super Bowl a lieu dans moins de deux semaines, vous devez donc agir maintenant pour envoyer le message que d’être vedette ( ??? shilling) pour des profiteurs de l’occupation est inacceptable.

 

 

De:                                                                      uscampaign=endtheoccupation.org@mail.salsalabs.net de la part de Ramah Kudaimi, US Campaign to End the Israeli Occupation [uscampaign@endtheoccupation.org]

Envoyé:                                                              mardi 21 janvier 2014 19:02