"Mahmoud Sarsak, une jeunesse brisée", par Olivier Pironet,


En visite en France (22 mars-14 avril 2013), à l’invitation de plusieurs municipalités, des associations et des clubs de football, Mahmoud Sarsak peine à contenir sa colère lorsqu’on l’interroge sur ce qu’il pense de la tenue sur le sol israélien du championnat d’Europe de football des moins de 21 ans, du 5 au 18 juin 2013 (lire « Euro Espoirs de football en Israël, les droits des Palestiniens piétinés »). La carrière sportive de ce footballeur, sorti très affaibli de son incarcération en Israël, est actuellement au point mort. Il ne sait pas s’il retrouvera un jour son niveau d’antan et demeure sans travail depuis sa libération (il était en 2e année d’études informatiques avant son arrestation). Aujourd’hui, il s’est donné pour mission de « défendre la cause palestinienne dans le monde entier », et de faire entendre « les cris de désespoir » de ses compatriotes qui « croupissent par milliers dans ces tombes pour vivants » que sont les prisons israéliennes, où l’on trouve de nombreux enfants, « dont certains n’ont même pas 13 ans », et même des « femmes enceintes qui accouchent dans des conditions effroyables ».

Ce jeune Gazaoui âgé de 26 ans a été arrêté en juillet 2009 par l’armée israélienne au terminal frontalier d’Erez (point de passage entre Israël et la bande de Gaza), au motif qu’il représentait « un danger pour Israël », alors qu’il se rendait en Cisjordanie pour s’entraîner avec l’équipe nationale de Palestine et y intégrer le club de Balata (Naplouse). Accusé sans preuve d’appartenir au Jihad islamique — ce qu’il a toujours formellement démenti —, il a été détenu en Israël pendant trois ans en tant que « combattant illégal » (selon la terminologie israélienne), sans procès, ni avocat, ni droit de visite, subissant au début de sa détention « quarante-cinq jours de séances d’interrogatoire », accompagnées de « tortures si violentes » qu’il a « dû être hospitalisé cinq fois ». En juillet 2012, à l’issue d’une grève de la faim de trois mois au cours de laquelle il est passé de 76 à 45 kg — frôlant la mort —, et sous la pression d’une campagne internationale de soutien relayée par des personnalités du monde de la culture et du sport, il a finalement été libéré et renvoyé à Gaza.

La Fédération française de football (FFF) et le ministère des sports, sollicités par M. Sarsak alors qu’il était à Paris pour évoquer, entre autres, la situation de deux coéquipiers de l’équipe nationale, Omar Abou Rouis et Mohammed Nemer, emprisonnés sans raison depuis plus d’un an dans les geôles israéliennes, n’ont pas daigné le rencontrer, « même à titre privé ». Il a toutefois pu être reçu par des parlementaires européens, à Strasbourg, le 11 avril dernier, bien que la mission israélienne au Parlement ait cherché à les en dissuader en distribuant des tracts alléguant que M. Sarsak était un terroriste — une nouvelle preuve, s’il en était besoin, qu’Israël tente de « manipuler l’opinion publique ».

Publié dans le Monde Diplomatique le mercredi 15 mai 2013 : http://www.monde-diplomatique.fr/ca…

Et il n’est pas encore trop tard pour vous joindre à la manifestation du vendredi 24 mai à Londres, à l’occasion du congrès annuel de l’UEFA qui s’y tiendra ! Pour plus d’infos à ce sujet : info@europalestine.com

CAPJPO-EuroPalestine

Raids israéliens en Syrie


anniebannie s’est réjouie en un premier temps de la destruction des armes destinées à tuer le peuple syrien; toutefois, le gros problème c’est l’origine de cette attaque. On est en droit de se dire que ce n’est pour réagir aux massacres de Banyias que l’Etat hébreu a lancé l’artillerie contre Assad. Israël se fiche complètement de ce qu’il advient au peuple syrien et à n’importe quel Arabe de toute façon. Après avoir détruit les armes destinées au Hezbollah, ce sera le tour de Jabhat al Nusra qui a dès sa naissance été marqué du fer terroriste par Usraël parce qu’il avait des chances de gagner la partie. Il n’y a donc pas lieu de pavoiser aujourd’hui.

Explosion à Damas dimanche 5 mai à l'aube. Cette vidéo, obtenue par Reuters sur un réseau social, n'a pas été vérifiée.

Israël a effectué une attaque aérienne dans la nuit de samedi 4 à dimanche 5 mai près de Damas, prenant pour cible des missiles iraniens destinés au mouvement chiite libanais Hezbollah, a indiqué dimanche un haut responsable israélien sous couvert de l’anonymat.

Cette attaque a pris pour cible des bâtiments au nord-ouest de la capitale syrienne, tout près du site d’une frappe aérienne israélienne que l’Etat hébreu avait implicitement confirmée en janvier, a ajouté le haut responsable. Il a aussi confirmé qu’Israël avait mené un autre raid aérien vendredi matin contre des armes destinées au Hezbollah, à proximité de l’aéroport de Damas.

Ces informations confirment celles livrées plus tôt par une source occidentale du milieu du renseignement, qui indiquait qu’Israël avait mené une série de frappes aériennes dans Damas, ébranlée par de puissantes explosions doublées de colonnes de feu dans le ciel. "Dans l’attaque de la nuit dernière, comme dans la précédente, ce qui a été attaqué ce sont des réserves de missiles Fateh-110 qui étaient transportées de l’Iran vers le Hezbollah", a expliqué cette source.

"BOULE DE FEU"

La télévision publique syrienne avait indiqué auparavant que ces explosions avaient été provoquées par des tirs de roquettes israéliennes contre le centre de recherches militaires de Jamraya, situé au nord de la capitale et déjà visé par une frappe israélienne fin janvier. "L’agression israélienne vise à desserrer l’étau sur les terroristes dans la Ghouta de l’Est", une région dans la banlieue proche de Damas, avait dénoncé la télévision locale.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), proche de l’opposition, rapporte pour sa part des récits de témoins affirmant avoir vu des avions dans le ciel au moment des explosions. Sur une vidéo d’une explosion, mise en ligne dans la nuit de samedi à dimanche par des activistes syriens, on voit une boule de feu se former dans la nuit aux abords de Damas.

Le centre de recherche de Jamraya en Syrie, visé par l'aviation israélienne le 29 janvier.

L’IRAN PRÊT À "ENTRAÎNER" L’ARMÉE SYRIENNE

Le gouvernement syrien a affirmé dimanche que le raid israélien ouvrait "largement la porte à toutes les possibilités, spécialement parce qu’elle ne laisse plus aucun doute sur la réalité des connections qui existent entre toutes les composantes menant la guerre contre la Syrie".

Peu avant, le commandant de l’armée de terre iranienne, le général Ahmad-Reza Pourdastan, cité par l’agence officielle IRNA, avait affirmé que l’Iran était prêt à "entraîner" l’armée syrienne si elle en avait besoin, sans toutefois prendre part "activement" aux combats. Le ministère iranien des affaires étrangères a condamné "l’attaque du régime sioniste et demandé aux pays de la région de réagir avec sagesse à ces agressions".

La Ligue arabe a quant à elle appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à "agir immédiatement" pour arrêter les raids israéliens. La présidence égyptienne voit dans cette "agression" "une violation des principes et du droit internationaux, de nature à (…) menacer la sécurité et la stabilité de la région".

DES CARGAISONS DE MISSILES DÉJÀ VISÉES

Samedi, des responsables israéliens avaient déjà confirmé sous le couvert de l’anonymat l’information donnée par la chaîne américaine CNN selon laquelle l’armée de l’air avait frappé jeudi ou vendredi le territoire arabe. D’après plusieurs médias américains, l’objectif était une cargaison de missiles iraniens sol-sol à destination du Hezbollah libanais, allié de la Syrie et de l’Iran. Israël n’a pas officiellement validé ces assertions, se bornant à répéter qu’il surveillait le transfert d’armes au mouvement chiite.

Samedi, Barack Obama n’avait pas confirmé la tenue d’un premier raid, affirmant cependant que"les Israéliens, de manière justifiée, doivent se protéger contre le transfert d’armes sophistiquées à des organisations terroristes comme le Hezbollah (…) qui a dit de nombreuses fois qu’ils seraient prêts à attaquer [Israël] aussi loin que Tel-Aviv".

Vidéo authentifiée d'une explosion à Damas vendredi 3 mai.

L’Etat hébreu, qui a mené en 2006 une guerre éclair contre le Hezbollah, considère toujours le mouvement comme une menace pour sa sécurité. Israël redoute également, en cas de renversement de Bachar Al-Assad, que les combattants islamistes ne retournent leurs armes contre lui, en particulier sur les hauteurs du plateau du Golan syrien, annexé en 1967.

Le 29 janvier, l’aviation israélienne avait déjà frappé un convoi de camions transportant des armements dans la zone frontalière entre la Syrie et le Liban, selon plusieurs sources de sécurité israéliennes et américaines, citées par la presse israélienne et étrangère. Le régime de Damas avait alors également évoqué une attaque contre le centre de recherche de Jamraya.

MASSACRES EN PAYS ALAOUITE

Alors que les atrocités ont gagné cette semaine le pays alaouite (ouest) où le président pourrait se réfugier en dernier recours si Damas tombait, selon des experts, l’OSDH a rapporté samedi que des dizaines de morts avaient été découverts samedi dans un quartier sunnite de Banias, pris d’assaut la veille par l’armée et ses supplétifs alaouites. "Nous avons pu identifier 62 corps, dont 14 enfants mais ce nombre peut augmenter car des dizaines de citoyens sont toujours portés disparus", a précisé l’ONG qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

Dès le premier jour des combats dans la région alaouite, jeudi, une tuerie avait endeuillé le village sunnite de Bayda, où au moins 50 personnes, en majorité des civils, ont été tuées lors d’exécutions sommaires et de bombardements, selon l’OSDH. La Coalition de l’opposition syrienne y a vu un "nettoyage ethnique" mené par le régime contre les sunnites, tandis que Washington s’est dit "horrifié". Le régime, de son côté, a affirmé avoir tué à Bayda des "terroristes", appellation officielle des rebelles. Craignant un "nouveau massacre", des centaines de familles ont fui les quartiers sunnites de Banias, selon l’OSDH.

source

Samer Issawi, Gardez-nous de nos amis…


Henri Wajnblum : Voici un article que j’ai publié dans le numéro de mai de Points critiques, la revue mensuelle de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB). Même si entretemps Samer Issawi a mis fin à sa grève de la faim, il me semble qu’il n’y a rien à y changer sur le fond

samer

 

Vous n’en avez peut-être jamais entendu parler. Il est vrai que nos responsables politiques et nos médias ont de ces pudeurs…

Il s’appelle Samer Issawi, 33 ans. Il est palestinien, militant du Front démocratique pour la Libération de la Palestine (FDLP, mouvement marxiste-léniniste) et résident de Jérusalem-Est. En 2002, il a été condamné à 26 ans de prison par un tribunal israélien après avoir été reconnu « coupable de tentative de meurtre, de possession d’armes, d’entraînement militaire et d’appartenance ‡ un groupe terroriste ». En 2011, il faisait partie des 1.027 prisonniers palestiniens graciés et libérés dans le cadre de l’accord d’échange avec le soldat israélien Gilad Shalit. Mais sa libération fut de courte durée… Il fut en effet réincarcéré le 7 juillet de l’année dernière pour « violation des conditions de sa libération », en l’occurrence pour avoir dépassé les limites de la zone de résidence qui lui avait été assignée.

Un mois plus tard, en août, il entamait une grève de la faim et il en est aujourd’hui à près de 250 jours, s’il n’est pas mort entre le moment où ces lignes sont rédigées (le 17 avril, journée des prisonniers palestiniens), et celui où vous les lirez.

En effet, à la mi-avril le ministre palestinien des Prisonniers – le fait que l’État de Palestine doive avoir un ministre des Prisonniers en dit bien plus que de longs discours – le ministre palestinien des Prisonniers donc, Issa Qaraqaë, faisait savoir que des responsables israéliens l’avaient informé que Samer Issawi était dans un état critique et pouvait mourir à tout moment

L’Autorité palestinienne a proposé qu’il soit libéré à Ramallah pour un temps, mais les Israéliens ont refusé. Elle a ensuite proposé qu’il soit envoyé en Europe pour quelques mois afin de recevoir un traitement médical approprié, avant de revenir… Nouveau refus.

 

Samer Issawi s’explique

La condition posée par Israël pour que Samer Issawi soit libéré est qu’il soit exilé à Gaza ou dans un pays de l’Union européenne. Mais cette condition, c’est lui qui la rejette, catégoriquement. Et il s’en est expliqué dans un message posté sur sa page facebook par son avocat Jawad Boulos :

« En ce qui concerne l’offre, faite par l’occupant israélien, de me déporter à Gaza, j’affirme que Gaza fait indéniablement partie de mon pays et son peuple est mon peuple. Cependant, je rendrai visite à Gaza quand j’en aurai envie et quand je le déciderai, car elle fait partie de mon pays, la Palestine, dans lequel j’ai le droit d’aller où bon me semble, du nord au sud. Je refuse catégoriquement d’être déporté à Gaza, car cette pratique ne fait que raviver l’amer souvenir des expulsions que notre peuple palestinien a subies en 1948 et 1967. (…) Je n’accepterai d’être libéré qu’à Jérusalem car je sais que l’occupant israélien tente de vider Jérusalem de ses habitants pour que les Arabes deviennent une minorité.
La question de la déportation n’est plus une décision personnelle. Il s’agit au contraire d’un principe national. Si chaque détenu accepte, sous la pression, d’être déporté loin de Jérusalem, la ville finira par être totalement dépeuplée.
Je préfère mourir sur mon lit d’hôpital que d’être déporté loin de Jérusalem. Jérusalem est mon âme et ma vie. M’arracher à elle serait arracher mon âme à mon corps. (…)  »

J’ouvre une parenthèse… Je reviens moi-même d’un court séjour à Jérusalem et Bethlehem, à l’invitation d’une délégation de la Maison de la Famille de St-Gilles. Je vous en parlerai plus en détails dans le prochain numéro, car aujourd’hui, l’urgence c’est Samer Issawi. Je tiens simplement à dire combien il a raison concernant Jérusalem. D’un voyage à l’autre j’ai en effet pu constater l’expansion galopante de la colonisation dans la vieille ville de Jérusalem-Est, ainsi qu’à Silwan et à Sheikh Jarrah, deux quartiers palestiniens de Jérusalem-Est.

Fin de la parenthèse et retour à Samer Issawi qui, le 10 avril, s’adressait ainsi à la société civile israélienne, via le quotidien Ha’Aretz :

« (…) J’ai choisi de vous écrire : à vous, intellectuels, universitaires, écrivains, avocats, journalistes et militants de la société civile israélienne. Je vous invite à me rendre visite à l’hôpital et à me voir : un squelette menotté et attaché à son lit. Trois gardiens de prison épuisés, qui mangent et boivent derrière mon lit, m’entourent. Les gardiens suivent ma souffrance et ma perte de poids. De temps à autre, ils regardent leur montre et se demandent : Comment ce corps survit-il encore ? Israéliens, je cherche parmi vous quelqu’un d’éclairé qui a franchi le stade du jeu des ombres et des miroirs. Je veux qu’il me regarde au moment où je perdrai conscience. (…) Je le verrai et il me verra. Je verrai à quel point il est tendu à propos du futur et il me verra, moi, un fantôme accroché à son flanc et qui ne le quitte pas. (…)

Je suis Samer Issawi, ce jeune Araboush, pour reprendre le langage de votre armée. Cet habitant de Jérusalem que vous avez enfermé sans autre raison que d’avoir quitté Jérusalem pour se rendre dans sa périphérie. (…) Je n’ai entendu aucun d’entre vous intervenir ou tenter de faire taire la voix qui impose la mort, alors que vous vous êtes tous mués en fossoyeurs, en porteurs d’uniformes militaires : le juge, l’écrivain, l’intellectuel, le journaliste, le commerçant, l’universitaire, le poète. Et je ne puis croire qu’une société tout entière soit devenue la gardienne de ma mort et de ma vie et qu’elle défende les colons qui persécutent mes rêves et mes arbres.

Israéliens, je mourrai satisfait, je n’aurai pas été chassé de ma terre et de mon pays natal. » (…)

Interpellés ainsi directement, un groupe d’intellectuels, parmi lesquels les deux grands écrivains Amos Oz et A.B. Yehoshua, ont immédiatement réagi… Pour exiger des autorités qu’elles dévoilent enfin de quels crimes Samer Issawi était accusé ? Pour exiger sa libération immédiate compte tenu de son état, et surtout de l’absence de preuves d’une quelconque activité terroriste dans son chef ?

Pensez-vous !… Ils ont tout simplement déversé un tombereau de larmes de crocodiles sur Samer Issawi et l’ont Exhorté à mettre un terme à sa grève de la faim  afin d’alléger… leurs tourments !… «Nous sommes horrifiés par la dégradation de votre état de santé. Votre acte suicidaire ne fera qu’ajouter un autre élément de tragédie et de désespoir au conflit entre les deux nations. Donnez-vous de l’espoir afin de renforcer l’espoir parmi nous ». Et d’ajouter qu’il y avait « de nouveaux signes encourageants pour espérer que les négociations entre les parties arrivent enfin à une heureuse conclusion » ! Mais où sont-ils donc allé chercher ça ? Les voies de ces intellectuels de gauche, militants de la paix, tels qu’« on » les présente, sont décidément impénétrables. À Leurs yeux, c’est donc Samer Issawi qui détient les clefs de la réussite des négociations de paix, ou de leur échec ! Et il prendrait une lourde responsabilité en ne mettant pas un terme à sa grève ! Comme manière de se défausser et comme faux jetons, il sera désormais difficile de faire plus fort.

Mais c’en était encore trop pour l’Agence d’information Guysen qui titrait : « Un groupe d’intellectuels israéliens, parmi lesquels l’Écrivain Amos Oz, ont adressé une lettre d’encouragement (sic) au terroriste palestinien Samer Issawi » !

Heureusement que tous les Israéliens n’ont pas la couardise de ces intellectuels de gauche

Durant ces quelques dernières semaines, plusieurs femmes israéliennes membres de l’organisation Machsom Watch (vigiles aux check-points) ont en effet rendu visite à Samer Issawi à l’hôpital Kaplan de Rehovot. On ne les a pas autorisées à entrer dans sa chambre, mais elles ont néanmoins réussi à en ouvrir la porte pour lui tendre des fleurs et lui transmettre des messages de solidarité, jusqu’au moment où les gardes les ont éloignées.

Par ailleurs, une grève de la faim de huit jours, devant le ministère de la Défense, a été entamée le 18 avril par un groupe de militants israéliens en solidarité avec Samer Issawi et pour exiger sa libération.

Notons qu’il n’a nulle part été question d’une quelconque participation des pleureuses Amos Oz et A.B. Jehoshua à cette action de solidarité et de protestation…

 

Gardez-nous de nos amis

Le cercle de l’irresponsabilité aux Nations-Unies


dimanche 21 avril 2013 – 06h:54

John Lyons
The Australian


L’UNICEF à Jérusalem est-elle complice dans le blanchiment de la torture israélienne des enfants palestiniens ?

De : Omar Barghouti : omar.barghouti@gmail.com

Sujet : L’UNICEF a-t-il censuré son propre rapport sur la torture israélienne des enfants palestiniens ?

Date : le 18 avril 2013

L’UNICEF à Jérusalem est-elle complice dans le blanchiment de la torture israélienne des enfants palestiniens ?

La torture est considérée comme un crime contre l’humanité en droit international.

L’UNICEF a-t-elle volontairement censuré le terme « torture » dans son rapport pour plaire à Israël (et à son patron américain) ? La directrice de l’UNICEF a-t-elle été promue suite à cette complicité ?

Si la preuve ci-dessous est exacte, l’UNICEF et son ancien chef Jérusalem doivent en être tenus responsables.

Omar

Dernière publication d’Omar Barghouti sur Info-Palestine :

- Le mouvement BDS expliqué – Pourquoi j’ai boycotté Israël

Le cercle de l’irresponsabilité aux Nations-Unies

John Lyons – The Australian

Il serait difficile d’imaginer conférence de presse plus bizarre.

Quand l’UNICEF, le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance, a récemment averti les journalistes à Jérusalem qu’elle publiait un rapport sur les enfants palestiniens dans le système judiciaire militaire d’Israël, cela a suscité beaucoup d’intérêt.

La question a eu une portée internationale grandissante, particulièrement en Grande-Bretagne où elle a fait l’objet d’un débat parlementaire.

Le ministre des Affaires étrangères, Bob Carr, et son prédécesseur, Kevin Rudd, l’ont abordée avec Israël. Mais quelque chose d’étrange s’est produit.

Au cours des deux dernières années, plusieurs organisations ont été prises à partie pour avoir mis l’accent sur le traitement des enfants palestiniens par Israël.

« Briser le Silence », qui est une organisation de 850 soldats ou anciens soldats israéliens faisant campagne pour que s’améliore en Israël la situation des droits de l’homme, a été prise à partie pour s’être concentrée sur cette question.

Mais pas l’UNICEF.

Après ce nouveau rapport, le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré : « Israël va en étudier les conclusions et s’efforcera de les mettre en œuvre dans le cadre d’une coopération avec l’UNICEF, dont nous apprécions le travail et que nous respectons. Cette année, Israël a rejoint le conseil d’administration de l’UNICEF et nos relations de travail et notre collaboration avec l’organisation sont appréciées par la communauté internationale  ».

Alors, pourquoi l’UNICEF n’a-t-elle pas été prise à partie ?

Il a été évident lors de la conférence de presse de Jérusalem que quelque chose allait de travers. Dans la salle, il y avait 60 chaises, pour seulement une poignée de journalistes.

« Nous avons été limités pour le nombre de journalistes que nous pouvions inviter  » a avoué un officiel de l’UNICEF.

« Vous ne croiriez pas les pressions dont nous avons fait l’objet pour annuler cette initiative » a dit un autre.

Cinq officiels de l’UNICEF ont pris place derrière l’étiquette de leur nom et un micro, puis les caméras de télévision ont été installées. Cela avait l’air d’une véritable conférence de presse.

Le photographe d’Inquirer avait apporté une caméra vidéo pour filmer pour le compte du site de The Australian. Mais le responsable UNICEF pour Jérusalem a fait une annonce : seules, les cinq premières minutes pourront être filmées et aucun officiel ne pourra être cité. Une conférence de presse où vous ne pouvez pas filmer ? ni citer des officiels ?

Jean Gough a commencé à parler. Pendant les cinq premières minutes, elle a loué Israël pour son dialogue au sujet du système par lequel les enfants palestiniens depuis l’âge de 12 ans sont jugés par les militaires israéliens, alors que les enfants juifs dans les colonies voisines sont jugés par des tribunaux civils. « Je tiens à les en remercier  » a-t-elle dit en parlant des Israéliens.

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Mais une fois les caméras éteintes, une version totalement différente a été donnée – un officiel a dit que les mauvais traitements contre les enfants palestiniens étaient « généralisés, systématiques et institutionnalisés » ; un autre a raconté comment les enfants palestiniens étaient « tapés, giflés et frappés à coups de pied » par les soldats israéliens.

Il a indiqué qu’on disait parfois aux enfants qu’ils seraient tués ou que des membres de leur famille seraient agressés sexuellement s’ils ne faisaient pas des aveux, en général pour jets de pierres. Un autre a dit qu’il existait un « mode systémique de mauvais traitements et de tortures  ».

Ce n’était pas là simplement une façon de gérer les médias, mais une déformation de la vérité. La version lors des cinq premières minutes était fortement favorable à Israël, mais la version qui a suivi a montré un système atroce dans lequel se trouvaient des enfants arrachés à leurs maisons – généralement la nuit – par des soldats israéliens lourdement armés, des enfants à qui on bandait les yeux, on refusait de l’eau et les cabinets, et qui étaient même placés en isolement jusqu’à un mois. Et alors que l’UNICEF faisait le constat qu’Israël était impliqué dans des actions répondant à sa définition de la torture, le rapport a évité d’utiliser le mot dans ses conclusions.

Une enquête d’Inquirer a suggéré que l’UNICEF avait cédé aux pressions d’Israël ou s’était censurée. Plus nous posions de questions, moins l’UNICEF répondait. Gough n’a pas répondu à certaines questions, nous renvoyant au directeur exécutif de l’UNICEF à New York, Antony Lake.

Mais Lake n’a pas répondu à une seule question, alors qu’il est signataire du rapport. Dans un cercle d’irresponsabilité, son bureau nous a renvoyés à Jérusalem, parce que « c’est un rapport sur les enfants de là-bas, pas un rapport mondial ».

Et le bureau de Lake de déclarer : «  La question est donc close pour le siège, et vous aurez vos réponses de la région ».

Mais le bureau de Jérusalem ne répondra pas à plusieurs questions – de sorte que pour l’un des rapports les plus importants de l’UNICEF, de nombreuses questions sont restées sans réponse.

Il y a des références générales à la torture, mais quand il s’agit d’en arriver à des constats spécifiques le mot disparaît. Le rapport supprime même le mot « torture » quand il cite les articles concernés du droit international et il y substitue celui de « contrainte ».

Par exemple, il déclare : « Dans la majorité des cas, la principale preuve contre l’enfant est son propre aveu, lequel dans la plupart des cas est extorqué sous la contrainte durant l’interrogatoire… bien que de nombreux enfants aient déclaré avoir fourni des aveux à la suite de mauvais traitements, peu ont soulevé cette question devant le tribunal de peur que leurs protestations ne conduisent à des condamnations plus sévères, même si le droit international interdit que des preuves obtenues sous la contrainte soient utilisées par un tribunal. »

Le rapport dit se fonder pour cela sur l’article 15 de la Convention contre la torture – qui se réfère à la torture, pas à la contrainte.

Le rapport énumère les pratiques qui correspondent à « une torture ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants, selon le Comité contre la torture  ». Il indique notamment : détention dans des conditions pénibles ; menace, notamment menace de mort ; coup de pied, coup de poing et coup ; usage excessif de la force ; détention au secret ; isolement ; privation sensorielle ; manque de nourriture et d’eau.

Le rapport constate qu’Israël a commis nombre de ces pratiques, mais il n’emploie à aucun moment le mot torture.

Gough a donné à Inquirer différentes raisons pour cela. D’abord, elle a dit que si une seule de ces pratiques était appliquée, elle ne constituait pas une torture. « Nous n’avons pas de preuves suffisantes pour affirmer que toutes ces pratiques ont été mises en œuvre sur un unique enfant » a-t-elle dit. Gough a déclaré que l’UNICEF n’était pas un « mécanisme de plaintes  » et n’avait pas suffisamment de personnel pour enquêter sur les cas individuels.

Selon l’UNICEF, les données probantes du rapport incluent plus de 400 cas documentés de mauvais traitements. Environ 200 ont été fournis par Defence for Children International (DCI), qui a aussi donné à l’UNICEF accès à son rapport Ligotés, yeux bandés et détenus. Les cas dans le rapport de DCI incluent un garçon qui a eu les mains attachées derrière le dos pendant 19 heures ; un autre dont les menottes étaient si serrées que sa chair se décollait ; un autre encore qui dit avoir été frappé dans les testicules et un dont la tête a été projetée contre le mur.

La bizarre conférence de presse de Jérusalem faisait suite à un débat d’un an. En mars de l’année dernière, il a été dit que l’UNICEF ne publierait aucun rapport. Une source a indiqué qu’il y avait du « grabuge massif  » à l’intérieur de l’organisation.

Selon cette source, certains ont fait valoir que ce serait une erreur de ne pas publier le rapport alors que d’autres suggéraient que le rapport pourrait être reporté à l’infini, ce qui repousserait le mécontentement d’Israël.

La source indique qu’une position intermédiaire a été prise – le lancement de la publication se poursuivrait mais le nombre de journalistes invités serait limité pour « calmer tout le monde ». C’est une décision incroyable ; normalement, les organisations recherchent le plus de couverture possible pour leurs rapports.

Gough a reconnu que, durant le processus de l’avant-projet, « nous avons pris l’avis d’avocats israéliens  ».

Est-ce que les avocats israéliens ont vu la mouture définitive ? « Bien sûr  », a dit Gough. « Nous avons eu des discussions à ce sujet. Cela pour s’assurer que nous ayons un dialogue  ».

Gough, pendant ce temps, était promue à la direction du bureau du Nigéria, la deuxième mission la plus importante de l’UNICEF. Interrogée sur son nouveau travail, elle a répondu : « C’est une promotion  ». Mais d’ajouter aussitôt : « Mais pas à cause du rapport ».

* JOHN LYONS est correspondant au Moyen-Orient pour The Australian

Du même auteur :

- Un magazine australien dénonce les tortures israéliennes sur les enfants palestiniens – 19 décembre 2011

source

Décision israélienne: pas de marathon à Bethléem pour les sportifs de Gaza…


JERUSALEM, 18 avr 2013 (AFP)

Israël a refusé d’autoriser 26 coureurs de la bande de Gaza à se rendre en Cisjordanie afin de participer au premier marathon de Bethléem prévu dimanche, a annoncé jeudi le ministère israélien de la Défense.
"La requête de 26 habitants de Gaza comptant participer au marathon de Bethléem a été examinée par les autorités compétentes et il a été décidé de rejeter cette requête car elle ne correspondait pas aux critères fixés pour passer de la bande de Gaza à la Cisjordanie", affirme un communiqué du COGAT, le département du ministère qui
co-gère les affaires civiles avec les Palestiniens. Il précise que les Gazaouis ne sont autorisés à se rendre en Cisjordanie que pour "des raisons humanitaires
exceptionnelles, notamment pour les cas médicaux urgents".
Selon Gisha, une ONG israélienne qui milite pour la liberté de mouvement des Palestiniens, l’un des membres de ce groupe est le coureur olympique Nader al-Masri. Il s’était inscrit avec quatre autres personnes pour courir les 42,2 kilomètres du marathon, tandis que six autres Gazaouis s’étaient inscrits pour le semi-marathon, soit 21,1 kilomètres. Le groupe compte également au moins une femme et quatre entraîneurs.
La plupart de ces coureurs s’étaient inscrits pour participer au marathon annuel de l’ONU à Gaza le 10 avril mais celui-ci avait été annulé au dernier moment, le Hamas islamiste au pouvoir dans l’enclave côtière ayant affirmé qu’il ne laisserait pas femmes et hommes courir côte à côte.
La présidente de Gisha, Sari Bashi, elle-même marathonienne, a lancé un appel pour les coureurs qui ne disposent plus que de 24 heures pour pouvoir sortir de la bande de Gaza, avant que le point de passage d’Erez ne ferme pour la fête juive de shabbat.
Etidal Abdelghani, vice-directrice générale du Comité olympique palestinien, qui sponsorise l’événement avec l’Autorité palestinienne, a accusé Israël de n’avoir donné "aucune raison" à ce rejet. "Ceci prouve qu’Israël est toujours une force d’occupation et essaye d’empêcher les mouvements dans différents domaines, notamment le sport, ce qui va à l’encontre de tous les accords internationaux sur le sport", a-t-elle déclaré
à l’AFP.
Cette course, dont le départ est fixé devant l’église de la Nativité, est le premier événement de ce genre en Cisjordanie avec plus de 400 participants inscrits, dont la moitié sont Palestiniens, selon les organisateurs. Le parcours de la course, intitulée "Right to Movement Palestine Marathon" et créée par deux coureuses danoises,
traverse les collines de Bethléem ainsi que plusieurs camps de réfugiés. »

source

Pour Amira Hass


mercredi 17 avril 2013 – 05h:30

Lawrence Davidson


La Palestine et la résistance.

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Amira Hass vit à Ramallah, en Palestine occupée

Amira Hass est journaliste au quotidien israélien Haaretz. Elle documente ce qui se passe en Palestine occupée et, d’année en année, en est arrivée à voir le calvaire des Palestiniens à travers leurs yeux. Le 3 avril 2013, Hass a publié une chronique dans son journal intitulée : "Ce que lancer des pierres signifie vraiment pour les Palestiniens" :

On comprendrait qu’on donne des cours de résistance dans les écoles palestiniennes : comment construire des villages défendus par des "tours et des palissades" ; …. comment se comporter quand des soldats font irruption chez vous ; … comment filmer les violences des représentants du régime pour les diffuser ; … comment identifier les soldats qui vous ont jeté menotté au fond d’une jeep pour pouvoir les poursuivre en justice.

C’est comme cela que Hass écrit depuis 1991. Elle et Gideon Levy, un autre reporter d’Haaretz, font partie des quelques rares journalistes israéliens qui disent la vérité sur l’occupation israélienne. Et, pour autant que je sache, ils sont les seuls à être régulièrement traduits en anglais.

Dans cet article particulier, Hass s’attache à remettre dans son contexte la principale action de résistance de la jeunesse palestinienne, lancer des pierres :

Lancer des pierres est le droit et le devoir de tous ceux qui vivent sous le joug d’une puissance étrangère. Lancer des pierres est une action concrète de résistance en même temps qu’un acte symbolique. Persécuter ceux qui lancent des pierres – jusqu’aux enfants de 8 ans- fait partie, même si ce n’est pas dit clairement, de l’arsenal des qualifications nécessaires à un occupant étranger au même titre que tirer, torturer, voler la terre, restreindre la libre circulation et s’approprier la plus grande partie des ressources en eau.

La violence des soldats de 19 ans, de leurs commandants de 45 ans et des bureaucrates, juristes et autres hommes de loi se calque sur la réalité. Leur travail est de protéger les fruits de violence générés par l’occupation étrangère -les ressources, les profits, le pouvoir et les privilèges.

Hass conclut son article en demandant pourquoi il n’y a pas en Palestine d’enseignement de la résistance et sa réponse est que l’Autorité Palestinienne a décidé de "s’adapter à la situation existante". Ce qui fait que l’AP craint la résistance autant que les occupants israéliens.

Les réactions à son analyse

La sincérité de Hass a suscité une vague de protestations de la part des nationalistes et des expansionnistes israéliens. Hass et son journal ont reçu des quantités de lettres d’injures haineuses et des groupes de droite et des organisations de colons ont demandé qu’elle soit poursuivie pour "incitation à la haine". Une Israélienne, la mère d’un enfant gravement blessé par une pierre, a accusé Hass d’encourager les Palestiniens à aller jusqu’à la violence meurtrière dans leur lutte. "Personne sur terre ne se libérera en semant la mort" a-t-elle dit. Malheureusement c’est historiquement faux. C’est même le contraire qui est vrai. Il est en effet très rare qu’un groupe obtienne sa liberté autrement qu’en utilisant des "instruments de mort". En fait la résistance armée pour se libérer d’une "domination coloniale étrangère et de régimes racistes" est un droit reconnu par le Premier Protocole Additionnel des Conventions de Genève. Le fait qu’Israël ait choisi, sans surprise, de ne pas signer cet accord ne change rien à l’affaire.

La critique la plus intéressante peut-être de l’analyse de Hass a été faite le 4 avril 2013 par Cellu Rozenberg, un historien et "spécialiste de sécurité nationale". Elle a aussi paru dans Haaretz sous le titre "La maison de verre d’Amira Hass". Dans sa critique, Rozenberg déforme parfois les propos de Hass comme par exemple quand il écrit que "dire que lancer des pierres est le droit de tout être humain… est sans fondement et sans valeur, du moins du point de vue moral", alors que Hass a écrit en réalité ceci : "lancer des pierres est le droit et le devoir de tous ceux qui vivent sous le joug d’une puissance étrangère."

Mais ne nous attardons pas sur cette erreur et concentrons-nous sur un argument plus important. Selon Rozenberg :

* Lancer des pierres est un acte potentiellement mortel et il est inacceptable de lancer des pierres à des civils.

* Rozenberg dit que pour Hass cette forme de résistance violente est légitime aussi bien en Palestine occupée qu’en Israël parce que les Palestiniens sont soumis à une "violence institutionnelle" (sous des formes diverses) dans les deux territoires. Selon Rozenberg, "cette position est inacceptable et dangereuse car elle implique le rejet de l’entreprise sioniste."

* Selon Rozenberg, ce que dit Hass revient à dire que "le Sionisme et l’établissement de l’état d’Israël sont un crime contre les Palestiniens." Ce faisant il attribue à Hass la même position que le Hamas.

Mais Rozenberg est de mauvaise foi. Il déforme les propos de Hass et fait semblant d’ignorer que Hass appelle les Palestiniens à faire une distinction entre les occupants armés et ceux qui ne le sont pas. Hass précise aussi dans son article qu’il y a des limites et des "règles" à intégrer quand on est dans la résistance "y compris les problèmes et les limites de l’usage des armes". Cela la distingue sans aucun doute du Hamas. Malgré tout, Rozenberg met en lumière la question qui est au coeur de la lutte palestinienne : l’existence d’Israël est-elle légitime ou est-ce un "crime" ?

Nation versus Idéologie

Si Israël est une entreprise criminelle, alors il n’a pas plus le droit d’exister que n’importe quelle autre organisation criminelle. Mais il faut noter que Rozenberg, comme tout bon sioniste, fait l’amalgame entre deux choses différentes : le pays d’Israël, et la doctrine et l’appareil d’état sionistes qui dirigent ce pays. Est-ce qu’ils ne sont qu’une seule et même chose ? Et si ce n’est pas le cas, alors peut-on accuser seulement l’une des deux d’être criminelle ?

Les sionistes affirment avec vigueur que le pays d’Israël est né de la vision sioniste et que par conséquent il est inséparable de cette idéologie. Mais ce n’est pas comme cela que l’histoire fonctionne. L’Afrique du Sud est née d’une vision européenne raciste et l’apartheid a longtemps été considérée comme son système. Mais il s’est avéré que ce n’était qu’une situation temporaire et depuis 1994 l’Afrique du Sud fonctionne avec un autre système. La Russie, qui s’est constituée au 15ième siècle grâce à une idéologie*, s’est transformée en un état très différent en 1917 et en quelque chose d’autre encore en 1991. Si l’histoire des états-nations prouve quelque chose, c’est que les idéologies qui animent les états durent moins longtemps que les pays avec lesquels elles se sont identifiées au départ.

Et donc que peut-on dire d’Israël ? On peut dire que ce pays, qui est maintenant un membre reconnu de la communauté des nations modernes, a le droit d’exister. Mais en même temps, on peut affirmer que son actuel appareil d’état raciste qui pratique le nettoyage ethnique et la discrimination institutionnalisée ainsi que l’idéologie sioniste qui justifie ces pratiques, sont de plus en plus intolérables dans le monde moderne et par conséquent ne peuvent revendiquer aucun droit à l’existence.

Imaginer une nation israélienne dotée d’un système de gouvernement tout à fait différent, un gouvernement qui garantirait les mêmes droits à tous ses citoyens, n’a rien d’extravagant. Cet objectif est poursuivi de mille manière (le BDS en est une) et finira par aboutir. Et je le dis clairement, pour être acceptable, un système de gouvernement doit être universel. Cela est vrai pour tous les pays qui marginalisent un groupe ou un autre, les non-Juifs en Israël, les Sunnites dans l’Iran Shiite, les Shiites dans l’Arabie Saoudite ou le Barhein sunnite, les Tamils au Sri Lanka, les Musulmans au Myanmar, les Amerindiens aux Etats-Unis, et., etc. (la liste est si longue que ça en est déprimant). Il faut mettre la pression à tous les gouvernements pour qu’ils fassent des réformes pour garantir l’égalité démocratique.

On peut penser que c’est de l’idéalisme naïf, mais le cas de l’Afrique du Sud montre qu’il n’en est rien. Et quelles sont d’ailleurs les alternatives pour un militant ? Accepter sans rien faire les crimes planétaires ? Mettre la tête dans le sable de notre petit coin de paradis ? Collaborer avec les exploiteurs et les oppresseurs pour accumuler des profits ? Il y a beaucoup de possibilités. Et pourquoi ne pas suivre l’exemple d’Amira Hass et faire le choix de travailler à rendre ce monde meilleur ?

* Lawrence Davidson est professeur d’histoire à West Chester University à West Chester PA.

Note :

* Le panslavisme, défini par un idéologue croate Vinko Pribojević dès le XVe siècle, est une doctrine politique, culturelle et sociale qui valorise l’identité commune que partageraient les différents peuples slaves (Polonais, Tchèques, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes, Monténégrins, Macédoniens, Bosniaques, Bulgares, Russes, Biélorusses, Ukrainiens, Cachoubes, Sorabes et Ruthènes) et qui préconise leur union politique sur la base de cette identité.

15 avril 2013 – CounterPunch – Pour consulter l’original :
http://www.counterpunch.org/2013/04…

Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

Campagne Addameer « Fin à la détention administrative »


Appel à l’action : joignez-vous à la campagne mondiale d’Addameer pour la fin de la détention administrative

jeudi 31 janvier 2013 – 09h:41

Addameer


Addameer appelle les militants et les personnes de conscience à manifester leur solidarité avec tous les prisonniers politiques et à participer à la prochaine campagne mondiale de l’organisation de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme Addameer contre la détention administrative.

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Plus de 4793 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël ; 10 sont des femmes, 193 sont des enfants, et 178 le sont en détention administrative, une politique décrépite dont se sert Israël pour garder en détention indéfiniment des Palestiniens sur la base d’une information tenue secrète, sans les inculper ni leur permettre de passer en jugement.

Non seulement ces prisonniers sont détenus arbitrairement, mais l’usage par Israël de la détention administrative viole plusieurs règles internationales, notamment en expulsant des Palestiniens du territoire occupé vers Israël, en refusant les visites régulières des familles et en refusant de tenir compte de l’intérêt supérieur des enfants détenus comme l’exige le droit international.

Nous avons besoin de votre soutien pour briser leurs chaînes et le silence sur la détention administrative

Aujourd’hui, Israël a externalisé la sécurité dans les prisons où sont détenus les Palestiniens vers une entreprise danoise/britannique, la société G4S. En plus du service pénitentiaire israélien, G4S est responsable des conditions extrêmes qu’ont subi les prisonniers durant les grèves de la faim historiques de 2012 et auxquelles ont participé des milliers de Palestiniens, et notamment ces deux grévistes de la faim qui ont frôlé la mort pour protester contre leur détention arbitraire, Khader Adnan et Hana Al-Shalabi. G4S est aussi complice dans la détention par Israël de près d’un tiers du Conseil législatif palestinien depuis 2006 et de dizaines de défenseurs des droits de l’homme arrêtés chaque année pour leur participation à la résistance populaire.

Le gouvernement d’Israël doit libérer tous les détenus administratifs et, dans l’attente, tous les détenus administratifs doivent être assurés de leurs droits en conformité avec le droit international.

Addameer soutient la Campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre G4S pour que cette société cesse sa complicité contre les détenus en détention administrative et pour mettre la pression sur le gouvernement israélien pour qu’il libère les prisonniers. Addameer appelle toutes les organisations et personnes de la solidarité et toutes les organisations des droits de l’homme à travers le monde à se joindre à notre Campagne pour la fin de la détention administrative, qui sera lancée le 17 avril 2013.

Agissez !

Vous pouvez faire pression sur le gouvernement israélien pour la libération des prisonniers :

  • en participant à une journée de mobilisation de masse dans votre ville, le 17 avril, Journée annuelle des Prisonniers palestiniens ;
  • en organisant une semaine « Fin à la détention administrative », du 17 au 24 avril 2013, dans votre ville ou université, en vous servant du matériel de la prochaine campagne d’Addameer ;
  • en vous joignant à la campagne BDS contre G4S dans votre ville ;
  • en sensibilisant sur la détention administrative dans votre communauté, en utilisant l’ensemble du matériel à venir pour les militants.

Pour vous engager dans la Campagne « Fin à la détention administrative », contactez Addameer sur :

Association Addameer de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme

P. O. Box : 17338, Jerusalem
Tel : +972 (0)2 296 0446 / 297 0136
Fax : +972 (0)2 296 0447
Email : info@addameer.ps
Website : http://www.addameer.org ; Facebook ; Twitter ; YouTube

Addameer – traduction : Info-Palestine

La grammaire intérieure du jet de pierre, article d’Amira Hass


08 avril 2013 Par Joelle Marelli


L’article qui suit a suscité une tempête en Israël. Différents groupes réclament des poursuites judiciaires contre elle.

La grammaire intérieure du jet de pierres

Amira Hass

Haaretz, 3.4.2013

 Lancer des pierres est un droit et un devoir de naissance pour qui se trouve sous domination étrangère. Lancer des pierres, essentiellement, est une métaphore de la résistance. La poursuite des lanceur de pierres, qui comprend l’arrestation de gamins de huit ans, fait inséparablement partie, même si ce n’est pas toujours écrit, de la description du rôle des représentants de la domination étrangère – non moins que les tirs, les tortures pendant les interrogatoires, la spoliation des terres, les entraves à la liberté de mouvement et même la distribution de l’eau. La violence de soldats âgés de dix-neuf ans, de commandants âgés de quarante-cinq ou de bureaucrates et de juristes, cette violence est réelle. Ils sont enrôlés pour défendre les fruits d’une violence impliquée par le fait même de la domination étrangère – ressources, bénéfices, privilèges, jouissance de la force.

La résistance et le fait de se tenir debout (soumoud) face à la violence physique et surtout institutionnelle : c’est la phrase fondamentale de la grammaire intérieure de la vie palestinienne dans ce pays. Jour après jour, heure après heure, instant après instant. Sans répit, sans trève. Et, malheureusement, non seulement en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) et dans la bande de Gaza, mais aussi dans les frontières de la souveraineté israélienne (avec quelques différences dans les modes de violence et de résistance). Mais des deux côtés de la Ligne verte s’entassent des couches sédimentaires de suffocation, de souffrance, d’amertume, d’angoisse, de colère et d’interrogation: comment les Israéliens peuvent-ils être aveugles au point de croire que leur violence pourra durer toujours ?

Souvent, lancer des pierres, dans les faits, dérive du désœuvrement, de l’excès d’hormones, de l’imitation, de la bravade, de la concurrence. Mais dans la grammaire intérieure des rapports entre le dominant étranger et le dominé, le lancer de pierre est le prédicat du sujet : Je n’en peux plus de toi, le dominant. Après tout ces jeunes pourraient choisir d’autres manières de dissiper l’excès d’hormones, sans risquer d’être arrêtés, condamnés à de lourdes amendes, voire blessés ou tués.

Même si le droit et le devoir sont de naissance, il faut apprendre à développer les modes de résistance et de la station debout, les règles et les limites (un exemple : la distinction entre citoyen et homme armé, entre enfant et porteur d’uniforme. Un autre exemple : les limites de l’arme et ses échecs dans le passé). Il serait logique que dans les écoles palestiniennes on donne aux élèves des cours élémentaires de résistance : comment réaliser des actions massives de terrain[1], en zone C ; comment se conduire en cas d’irruption de soldats au domicile privé ; comparer différentes luttes anticoloniales dans différents pays ; comment se servir de caméras vidéo pour documenter la violence des représentants du régime ; méthodes pour fatiguer le système militaire et ses représentants ; journée hebdomadaire de participation au travail sur les terres situées par-delà le mur de séparation ; comment mémoriser les éléments d’identification du soldat qui t’a jeté menotté sur le sol de la jeep pour pouvoir porter plainte par la suite ; quels sont les droits lors d’un interrogatoire et comment les faire reconnaître en temps réel ; comment surmonter la peur devant les enquêteurs ; essais d’actions de masse destinées à faire respecter la liberté de mouvement. À dire vrai, cela ne ferait pas de mal aux adultes de suivre aussi de tels cours, au lieu peut-être des exercices de marche au pas, de dispersion de manifestations et de recherches de posts suspects sur Facebook.

L’engagement des élèves des écoles, il y a deux ans, dans le programme de boycott des produits en provenance des colonies semblait un pas dans la bonne direction. Mais ça s’est arrêté là, sans suite, sans élargir le contexte. Et pourtant des cours comme ceux-là conviendrait comme un gant à la tactique qui a présidé à la démarche auprès de l’ONU. Révolte civile en diplomatie et sur le terrain. Alors pourquoi ces cours sont-ils absents du cursus d’études des enfants palestiniens ? L’opposition prêtée par avance aux Etats donateurs et les représailles de la part d’Israël comptent parmi les moyens de la domination étrangère – et font partie de la Hasbara. Mais il y a aussi l’inertie, la paresse, l’intérêt personnel de certaines couches sociales, des calculs erronés, une mauvaise compréhension de la situation. Le système de raisonnement de l’Autorité palestinienne a créé depuis presque vingt ans un principe fondamental – l’adaptation à ce qui existe. Et c’est ainsi qu’est née la contradiction, le conflit entre la grammaire intérieure de l’Autorité palestinienne et celle de son peuple.

Traduit de l’hébreu par Joëlle Marelli


[1] L’auteure se réfère implicitement aux villages de tentes récemment construits par des Palestiniens sur des terres confisquées par les autorités israéliennes, actions collectives qu’elle compare à des actions similaires effectuées par des groupes juifs sionistes à l’époque du Mandat britannique.

« Les colons ont gagné ! »


Charles Enderlin, chef du bureau de France 2 à Jérusalem, habite en Israël depuis 1968. Auteur prolixe d’essais et de documentaires de qualité, il récidive avec la sortie au Seuil, le 4 avril, de son dernier livre, « Au nom du Temple » (Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif, 1967-2013), qui fera aussi l’objet d’un documentaire sur FR2. Rencontre à Jérusalem.
Pourquoi ce livre ?
On pourrait dire « les colons ont gagné ! ». Le sionisme religieux a gagné. C’est le message de mon livre qui montre comment pendant la période qui débute après la guerre des Six Jours en 1967, la mouvance des colons est devenue une force dominante dans la société israélienne, avec un discours théologique eschatologique (prévoyant la fin du monde, NDLR).
Une idéologie qui avait de la peine à s’imposer jusque-là…
La simple idée du retour en terre d’Israël était bannie chez les religieux. Quand le sionisme politique fut inventé par Herzl à la fin du XIXe siècle, les ultra-orthodoxes y étaient farouchement opposés, les maîtres rabbins y voyaient trois interdits : les juifs ne peuvent se révolter contre les nations du monde, ils ne doivent pas revenir en masse en Eretz Israël (terre d’Israël) car c’est Dieu qui décidera de ce retour, et enfin il ne faut pas que les nations du monde se montrent trop dures envers le peuple juif. Pour sa part, le sionisme libéral façon Herzl – on ne dira pas laïque – envisageait, lui, la cohabitation avec les minorités comme les Arabes, prévoyait un vice-président arabe, etc. Avec le réveil du sionisme religieux, les interdits susmentionnés sont tombés.
Surtout après le choc de 1967…
Oui, en 1967, lors de la guerre, Israël conquiert les lieux de son histoire biblique. Dont Jérusalem et le mont du Temple. C’est le réveil des nationalistes religieux juifs, qui y voient un processus eschatologique et un dessein de Dieu. Les plus déterminés se dirigent tout de suite vers Hébron (où se trouve, selon la tradition hébraïque, le tombeau des Patriarches, dont celui d’Abraham). Ils proviennent de la mouvance messianique, qui croit que le Messie arrive, qu’il faut préparer sa venue. Ce ne sont donc pas les utra-orthodoxes (hommes en noir, les haredim ou « craignant-Dieu », qui pensent que Dieu décidera quand il le choisira de l’envoi du Messie, que les croyants n’ont pas à s’en mêler, NDLR). Cela dit, on commence maintenant à voir des ponts entre ces deux mouvances : des ultra-orthodoxes qui deviennent sionistes et des religieux sionistes qui deviennent ultra-orthodoxes. Ce phénomène est favorisé par la création dans les territoires occupés d’implantations destinées aux ultra-orthodoxes, comme Beitar Illit, près de Bethléem.
Justement, parlons des colons de 2013. Croyez-vous qu’ils pourraient retourner en Israël en cas d’accord de paix avec les Palestiniens ?
Sans parler des 200.000 Israéliens installés dans des colonies urbaines à Jérusalem-Est (partie arabe de la ville sainte), ils sont environ 350.000 en Cisjordanie occupée. Avec un rythme de croissance de 5% l’an, ils seront donc 400.000 dans trois ans. On n’évacuera pas 300 ou 400.000 colons. Même pas 50.000. Il avait fallu 13.000 soldats et policiers en 2005 pour évacuer 8.000 colons de Gaza et cette démarche, alors, faisait consensus en Israël. Pour les colons, le statu quo est idéal. Parmi eux, les laïcs ne refuseraient pas de voir les Palestiniens dotés d’une autonomie dans les domaines économiques, culturels…
Comment l’Etat israélien les considère-t-il ?
Les autorités sont infiltrées à tous niveaux par les colons, ce qui produit des « miracles » comme quand de nouvelles collines de Cisjordanie appartenant à des Palestiniens sont occupées (illégalement même aux yeux de la loi israélienne) pour y installer des avant-postes de colons destinés à devenir de nouvelles colonies et que l’électricité et l’eau y parviennent. Et il faut de cinq à dix ans à la Cour suprême pour se prononcer sur la légalité de ces faits accomplis.
On constate aussi parmi eux l’émergence d’une jeunesse très radicale, qui n’a jamais habité en Israël même, qui s’en prend volontiers aux Palestiniens…
Il existe une nouvelle génération d’enfants de colons, qu’on appelle « la jeunesse des collines », depuis que Ariel Sharon, après le sommet de Wye Plantation en 1998 avait lancé le slogan « Emparez-vous d’un maximum de collines ! ». Ces jeunes sont quelques centaines, peut-être plus. Des « durs ». Des « salafistes juifs » ! Pour eux, la fin justifie les moyens puisqu’ils se croient investis d’une mission théologique. Dans ce cadre, il n’y a pas la place pour un Etat palestinien. Comme d’ailleurs, pour les extrémistes religieux musulmans, il n’y a pas place pour un Etat juif en Palestine.
Les colons religieux sont des révolutionnaires ; ils ont un but.
Les partis non religieux sont-ils complices ?
En tout cas, la responsabilité des dirigeants de la droite israélienne n’est pas mince. Les Begin, Shamir, Sharon ou Netanyahou ont toujours évoqué « le droit historique des juifs en Eretz Israël » (terre d’Israël au sens biblique). Depuis des décennies, la Cisjordanie n’est pas appelée en Israël autrement que par ses noms bibliques de « Judée et Samarie ». De toute façon, qu’ils soient ou non directement représentés au gouvernement, les colons vont continuer à grandir en nombre.
Propos recueillis par BAUDOUIN LOOS

Photo Joël Saget, AFP.

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