Ne pas oublier Gaza


Conférence de presse du Dr Ramzi revenu de Gaza.

Conférence de presse du Dr Ramzi revenu de Gaza.Choqué par l’horreur du génocide »je n’aurais jamais cru les humains capables d’infliger autant de souffrances » Réalisé par Mediane.Tv

Pour beaucoup d’entre nous, Gaza c’est loin, mais il faut regarder le Dr Ramzi raconter comment il a vécu cette guerre. C’est bouleversant et horrible. Et ce n’est pas fini pour les Gazaouis.

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Aujourd’hui journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens


Appel lancé de Gaza pour la journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens


SOURCE
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Chers tous : Il ne vous faudra que quelques minutes pour lire l’appel à la solidarité avec les prisonniers palestiniens que lance depuis Gaza une coalition de groupes de défense des droits des prisonniers, de militants locaux et internationaux, de familles de prisonniers et de représentants du ministère des détenus.

Le vendredi 17 avril nous célébrons la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Un peu plus de 11 000 Palestiniens sont dans les prisons de l’occupation, à l’intérieur des limites de l’apartheid et à l’extérieur des ghettos de Cisjordanie et de Gaza.

Les prisonniers sont une collectivité sous siège qui représente toutes les factions palestiniennes. La solidarité entre les prisonniers à l’intérieur d’Israël transcende tous les clivages politiques. Les prisonniers ont sacrifié leur liberté individuelle à la liberté collective.

Ils ont recours à des actions directes ou à des gestes symboliques (dans le cas des campagnes en faveur des prisonniers, cela suppose des gestes de solidarité simples et visibles attirant l’attention du public sur leur lutte, afin de préserver le moral et la solidarité).

Le 17 avril est la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Ils sont plus de 11 000 prisonniers fantômes, des hommes, des femmes et des enfants qui sont oubliés par la communauté et les médias internationaux. Ceux-ci ont porté toute leur attention sur la torture systématique, physique et psychologique, des prisonniers enfermés dans des camps très connus comme celui de Guantanamo Bay et ils ignorent en grande mesure le réseau de Guantanamos israéliens à l’intérieur d’Israël.

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Le présent appel émane de Gaza – grande prison à ciel ouvert, lieu de punition et d’exil pour les prisonniers palestiniens de Cisjordanie.

Des milliers de prisonniers palestiniens sont enfermés dans des institutions de haute sécurité comme celles de Nufha, Haderim, Jalamy, et d’Ashkalon et dans ce que l’on appelle « les sites noirs » dont le gouvernement israélien refuse de reconnaître l’existence . Ces prisonniers sont régulièrement et systématiquement torturés, se voient refuser l’accès aux services juridiques, les visites de leurs familles, l’éducation, un abri, de la lumière, des soins médicaux et des médicaments essentiels.

Par le biais de la détention administrative, l’État d’Israël peut à tout moment arrêter et enfermer sans jugement tout homme, femme ou enfant où qu’ils soient et sans qu’ils aient accès aux prétendues preuves que détiennent les services de renseignement contre eux ; la période de cette détention est indéterminée et peut être reconduite.

La majorité des Palestiniens mâles ont été ou seront arrêtés et incarcérés par les forces israéliennes d’occupation à un moment ou à un autre de leur vie . Selon la quatrième convention de Genève dont Israël est signataire, les prisonniers palestiniens devraient être traités par les forces d’occupation conformément aux règles applicables au traitement des civils en temps de guerre.

Presque tous les détenus palestiniens se trouvent dans des prisons éloignées de Cisjordanie (Jérusalem Est compris) et de la bande de Gaza en infraction du droit humanitaire international qui interdit que l’on envoie les détenus dans le territoire de la puissance occupante. Les forces militaires et sécuritaires « israéliennes » violent régulièrement le droit international et les conventions se rapportant aux prisonniers.

Plusieurs générations de Palestiniens vivant à Gaza, en Palestine de 1948 (« Israël ») et en Cisjordanie ont subi l’emprisonnement et la torture.

L’emprisonnement est au coeur de la stratégie d’occupation israélienne qui punit et contient la population palestinienne – non seulement les détenus, mais aussi leurs familles qui souffrent de leur absence et attendent leur libération. Des combattants militaires de la résistance, aussi bien que des militants politiques non militaires, des organisateurs communautaires, des paramédicaux, des médecins, des journalistes, des enseignants et des étudiants sont régulièrement emprisonnés dans le cadre du droit israélien qui criminalise toute forme de résistance à l’occupation.

Les conditions d’emprisonnement inhumaines que subissent les prisonniers palestiniens se détériorent constamment. Après les massacres de Gaza, les Israéliens ont aggravé la punition collective des prisonniers en provenance de la Bande, en leur refusant l’accès aux journaux, à la radio, au téléphone et aux visites de conseillers juridiques. Les prisonniers gazaouis sont maintenant enfermés dans leurs cellules jusqu’à 23 heures par jour et sont classés dans la catégorie des « combattants ennemis » ce qui leur enlève tout droit à une défense juridique.

Les prisonniers palestiniens sont une communauté oubliée derrière les barreaux ; localement, on les appelle souvent les « martyrs vivants ». La question des prisonniers est au coeur de la lutte palestinienne et leur libération est partie intégrale de la lutte pour la justice et la paix tout comme le retour des réfugiés, Jérusalem et les terres volées.

À Gaza, nous organisons une semaine d’activités de solidarité, notamment un marathon dans les rues de la ville en solidarité avec nos proches en prison, une conférence réunissant toutes les organisations de défense des prisonniers et nous célèbrerons la résilience, le sacrifice et la patience des Palestiniens.

Étant donné qu’Israël bascule encore davantage vers l’extrême droite, qu’il jouit d’une impunité jamais contestée et qu’il intensifie l’humiliation des prisonniers palestiniens, nous en appelons à la communauté internationale pour qu’elle prenne position.

Nous demandons la fin du régime des deux poids deux mesures et enjoignons la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il respecte le droit international.

Nous en appelons aux parlementaires nationaux, aux organisations de défense des droits humains, aux syndicats, aux militants et au gens qui dans le monde ont une conscience, pour qu’ils reconnaissent, se souviennent, se fassent entendre, et protestent au sujet du traitement des prisonniers palestiniens cette semaine.

Nous espérons que cette semaine sera le catalyseur qui donnera naissance à des campagnes de longue durée et des engagements durables de solidarité avec les prisonniers palestiniens

Ahmed A. Alnajjar Directeur du bureau des relations internationales Ministère de l’éducation et l’enseignement supérieur Gaza 12 avril 2009

Les pirates Somaliens, al Qaïda, Bush et Obama


Je vous avais déjà parlé des actes de piraterie pratiqués au large des côtes somaliennes. L’actualité me donne l’occasion d’y revenir puisque cette piraterie fait encore la une des organes de presse en France comme ailleurs.

Un certain nombre de puissances, dont la France, se sont coalisées pour lutter contre le phénomène qui a touché 130 navires marchands en 2008.

Aux Etats-Unis, les récents événements ont cependant provoqué un débat sur la politique à suivre en la matière. Ce débat se focalise sur une organisation «extrémiste» nommée Shabab (jeunesse):

Des responsables Etatsuniens affirment que l’organisation, qui contrôle une partie de la Somalie, pose un dilemme. Ils soulignent son expansion rapide, les liens entre ses dirigeants el le réseau terroriste al Qaïda, et la présence d’Etatsuniens et d’Européens dans ses rangs. Mais ils déclarent qu’il n’y a aucune preuve que l’organisation prépare des attentats hors de Somalie.

Les mêmes responsables critiquent de manière à peine voilée l’administration Obama qui a adopté une approche plus prudente et moins agressive [que l’administration Bush] de ces questions de sécurité.

On voit bien que la piraterie est un des dossiers peau de banane dont a hérité Obama. On se souviendra, c’est quand même assez récent, que le gouvernement Bush avait encouragé l’armée éthiopienne à renverser par la force l’Union des Tribunaux Islamiques qui gouvernait une partie du territoire somalien et en contrôlait la capitale. Il était reproché justement à cette Union des Tribunaux d’avoir partie liée à al Qaïda.

Si on suit bien la logique étatsunienne, les pirates se rattachent à une organisation liée à al Qaïda ; l’Union des Tribunaux Islamiques était aussi liée à al Qaïda.

Déduction logique : les actes de piraterie auraient du culminer lorsque les Tribunaux Islamiques étaient au pouvoir.

Le problème est que c’est exactement le contraire qui s’était passé ainsi que nous le rappelle cet article tiré des archives du Sydney Morning Herald.

Au passage, rappelons que le mot « sharia » ne signifie pas loi en arabe. La sharia n’est donc d’aucune façon la «loi» islamique pas plus qu’il n’existe qu’une loi dite islamique, la pluralité étant de règle dans ce domaine.

La crainte de la loi islamique effraye les pirates

Par Colin Freeman à Mogadiscio et Justin Stares à Bruxelles

Sydney Morning Herald (Australie) 17 octobre 2006 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le nouveau pouvoir islamique en Somalie a débarrassé le pays des pirates qui terrorisaient les navires de plaisance et les cargos au large de ses côtes.

Depuis que ce pays d’Afrique orientale a sombré dans l’anarchie il y a 15 ans, ses 4 000 kilomètres de côtes offraient un refuge pour des pirates armés qui utilisent des embarcations à grande vitesse pour s’emparer des bateaux de passage.

Mais depuis que la nouvelle Union des Tribunaux Islamiques a pris le contrôle de Mogadiscio et d’une grande partie du sud du pays, la piraterie a été pratiquement éliminée sous la menace de sévères punitions aux termes de la sharia.

Cette répression a été soulignée dans un rapport récent du Merchant International Group, spécialisé dans le conseil aux entreprises sur le commerce dans les points chauds autour du globe.

« L’emprise du pouvoir islamiste à travers les tribunaux islamiques mérite une attention particulière, » déclare l’organisation. « Plus de 40 attaques contre des bateaux avaient été signalées dans et autour des eaux somaliennes entre mars 2005 et juillet 2003, mais pas un seul acte de piraterie n’a été rapporté dans ce secteur dans les mois qui ont suivi [la prise de pouvoir des tribunaux).

La piraterie somalienne a fait la une en novembre dernier quand, à 70 miles nautiques de la côte, des embarcations chargées de bandits armés de mitrailleuses et de lance grenades avaient attaqué le Seabourn Spirit, un navire de croisière de luxe battant pavillon américain.

Les touristes à bord ont relaté comment ils avaient craint pour leurs vies jusqu’à ce que l’équipage parvienne à faire fuir les pirates en utilisant un sonic gun spécial qui émet un bruit à fort volume à en crever les tympans.

En guise de précaution, le Bureau Maritime International a conseillé aux navires de ne pas s’approcher à moins de 160 kilomètres de la côte somalienne.

La chute du nombre d’incidents de piraterie reflète le succès de l’Union des Tribunaux Islamiques à rester l’ordre et la loi sur la terre ferme. Jusqu’en été, la Somalie était largement sous le contrôle de seigneurs de la guerre rivaux. On pense que la plupart des organisations de pirates dépendaient des milices des seigneurs de la guerre.

Alors que leurs détracteurs disent que l’Union des Tribunaux Islamiques est un mouvement lié à al Qaïda qui prévoit d’introduire de strictes restrictions de la vie sociale dans le style des Talibans, dont l’interdiction des films et de la musique, de nombreux Somaliens ordinaires considèrent que c’est la seule alternative à l’anarchie.

La chute des actes de piraterie est attribuée à la menace de punir quiconque est impliqué par l’exécution ou l’amputation.

SOURCE