Raphaël Pitti, Lettre Ouverte


#LettreOuverte Monsieur le Président de la République,

Je rentre de Raqqa, ville fantôme, ville martyre qui a connu les pires atrocités, dont les murs des immeubles délabrés se succèdent et pleurent un drame humain sans nom. C’est mon 32ème voyage en Syrie. Croyez-le ou non, mais chaque voyage, chaque mission humanitaire est un électrochoc. Chaque rencontre avec les soignant.es, les populations, les enfants en Syrie, est un bouleversement, un boomerang émotionnel.

Je connais le drame syrien, je le vis dans ma chair depuis 10 ans. Mais à chaque fois, partager leurs regards, leur voix, leurs peurs, leurs inquiétudes est une nouvelle émotion qui me submerge. Paradoxalement, c’est aussi une nouvelle énergie qui m’engage à témoigner, à prendre la parole, à m’adresser à vous aujourd’hui.

Cette parole, je la prends d’abord au nom de mes collègues soignant.es avec qui je suis en contact direct tous les jours. Ma collègue Soumaia, médecin à Raqqa, qui sillonne actuellement les camps de déplacés dans le cadre de la première étude jamais réalisée sur la santé infantile en Syrie en temps de guerre, me rapporte des cas de malformations, de maladies infantiles, de traumatismes psychologiques, qui ne sont pas pris en charge faute d’accès aux soins dans ces camps. Les soignant.es qui aujourd’hui incarnent à eux-seul.es la santé sont complètement démunis.

 Ici, en Syrie, l’hôpital s’appelle Soumaia, Souleymane… Sans eux, point d’accès aux soins ni de système de santé.

Je m’adresse aussi à vous car l’année 2021 qui s’achève marque la fin d’un triste anniversaire, celui des 10 ans du conflit en Syrie, 10 ans de bombardements, 10 ans de morts, 10 ans d’atteinte au droit humanitaire… Une décennie de violences, reconnue comme la pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale, continue de se dérouler sous nos yeux. A défaut de statistiques morbides précises, quasiment impossibles à définir, nous avons estimé à 2 millions le nombre total de personnes décédées par manque d’accès aux soins du fait de la guerre. Que vous dire concernant ce chiffre glaçant !

Après 10 ans, nous pourrions croire que la situation s’améliore. Malheureusement, la crise s’ancre dans un temps long et se mue en chaos humanitaire où le nombre de personnes déplacées vivant dans les camps a augmenté de 20% depuis janvier 2020, où 90% des syrien.nes vivent sous le seuil de pauvreté. Ironie du destin, ce pays dévasté par la guerre, n’échappe pas à la pandémie de la COVID-19. Au moment où je vous écris, la Syrie subit de plein fouet une flambée épidémique de cas de COVID-19. Le système de santé est submergé, les hôpitaux sont saturés, les populations sont à l’agonie. Le nombre de cas positifs au COVID-19 a explosé ces dernières semaines : il a été multiplié par 3 entre le 1er août 2021 et le 4 novembre 2021. C’est en Syrie que l’on trie véritablement les malades par manque d’oxygène et de réanimation.

Malgré notre témoignage, notre plaidoyer incessant, je me sens comme bâillonné, inaudible face au désastre humanitaire. Alors pour ces quelques semaines restantes de ce mois de décembre 2021, de cette année si spéciale de triste anniversaire, je me devais de vous envoyer cette lettre ouverte pour tenter un sursaut, un élan de solidarité et d’engagement politique fort pour la santé en Syrie.

Notre appel pour la Syrie :

– Permettre le renouvellement en janvier 2022 du dernier couloir humanitaire encore ouvert en Syrie, Bab Al-Hawa, qui permet l’acheminement de l’aide humanitaire la plus essentielle, la plus fondamentale aux populations : nourriture, médicaments, tentes, matériel médical…

– Débloquer des fonds d’urgence pour la réhabilitation du système sanitaire, éducatif, alimentation, eau, logement.

– Apporter une aide médicale d’urgence spécifique pour la lutte contre la pandémie de la COVID-19 : de l’oxygène, du matériel de protection : masques, blouses, kits d’hygiène, la vaccination…

Soutenir les actions humanitaires des ONG qui sont les seules à permettre un accès à la santé en Syrie : cliniques mobiles, centres de santé, équipes de protection.

Pour conclure, je voulais aussi ajouter un mot à mes collègues soignant.es français.es, à mes ami.es, à ceux qui m’écoutent, aux citoyens français qui me lisent aujourd’hui. Nous entrons dans cette douce période des fêtes de fin d’année où chacun s’affaire pour préparer les retrouvailles en famille, et c’est bien normal.

Quoi de plus normal, de plus naturel, que d’être auprès des siens, des plus proches en temps de fêtes. Je vous demanderai, si vous le pouvez, d’avoir une pensée ou plus pour les soignant.es et les populations en Syrie, qui vivront des nuits supplémentaires sous les tentes, sous les bombardements, dans la souffrance de manquer de tout.

Je vous adresse, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération.

Pr Raphaël Pitti, Médecin humanitaire, responsable formation de UOSSM France, anesthésiste-réanimateur.

Dix années de guerre pour les enfants syriens


Les enfants sont les premières victimes du conflit syrien. Ils sont même des cibles pour le régime de Bassar el-Assad. Leur sort mérite bien davantage d’attention de la part de la Communauté internationale.

Un petit garçon en pleurs sur les ruines de maisons endommagées par des bombardements à Damas.
Un petit garçon en pleurs sur les ruines de maisons endommagées par des bombardements à Damas. – Reuters
Image auteur par défaut

Carte blanche -Par Action Syrie (Ahmad Darwiche Sbahi, Sarah Degée, Alec de Vries, Caroline Goossens, Rend Haffar, Bicher Haj Ibrahim, Yahia Hakoum, Anne-Laure Losseau, Hisham Masalmeh, Median Omar Albakkour, Marie Peltier et Simone Susskind), ainsi que plusieurs cosignataires*Publié le 18/11/2021 à 14:45 Temps de lecture: 8 min

Alors que nous fêtons le 32e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, nous pleurons une décennie de guerre en Syrie. Bien que la Syrie ait ratifié cet instrument juridique, la guerre se déroulant sur son sol s’avère dramatiquement cruelle pour les enfants. Ceux-ci n’y sont pas des victimes collatérales, mais bien des victimes premières. Que l’on ne s’y trompe pas : le régime de Bachar el-Assad n’a pas échoué à protéger les enfants, il en a fait, délibérément, des cibles.

Hiver 2011, en plein printemps arabes, des adolescents écrivent sur le mur de leur école « ton tour arrive docteur ». Ce message s’adresse à Bachar el-Assad, ophtalmologue de formation et fait référence à la chute des dictateurs Ben Ali et Moubarak. Dans de nombreux pays, ces enfants auraient été réprimandés pour leurs tags et auraient dû nettoyer les murs de leur école. Mais en Syrie, la famille Assad et leurs affidés, en place depuis les années septante, sont aussi mégalomanes que cruels. Ils se déchaînent sur tout individu osant les défier, même par des actes minimes et même s’il s’agit d’enfants. Peu de temps après, les services secrets ont retrouvé Mohamed, Bachir, Nayef, Ahmed et les autres. Ils les ont arrêtés et torturés. Ces actes ignobles engendrèrent les premières manifestations au printemps 2011 et déclenchèrent la révolution syrienne. Mohamed et les autres personnifient le drame du peuple syrien et leurs corps meurtris illustrent la barbarie du régime.

Des chiffres accablants et l’ensemble des droits violés

Après dix années de guerre, les enfants syriens victimes se comptent par millions. La situation est tellement grave qu’une carte blanche ne pourrait suffire à citer l’ensemble des droits de l’enfant violés. Quelques chiffres toutefois : en mars 2021, Unicef avançait le chiffre de 12.000 enfants syriens morts ou blessés du fait de la guerre (1), tandis que le SNHR avance le chiffre de 29.618 enfants tués. Ils et elles sont morts sous les bombardements et les tirs émanant des différentes parties en conflit, mais surtout parce que le régime Assad a délibérément bombardé des maternités, des écoles et des hôpitaux et gazé à plusieurs reprises la population. D’autres enfants sont morts de faim, de soif et de froid. Rappelons à cet égard que des villes entières ont été et sont assiégées par le régime. De plus, dans les prisons de Bachar ainsi que dans celles des groupes terroristes, croupissent des mineurs d’âge arrêtés sans nulle autre forme de procès qui subissent tortures, viols et maltraitances psychologiques. Aussi, 5.700 enfants âgés entre sept et dix-huit ans ont été enrôlés dans les combats par les différentes parties belligérantes. En outre, le Comité onusien des droits de l’enfant condamne les violences sexuelles et mariages forcés auxquels sont exposées les filles et dont sont coupables les forces armées ainsi que certains groupes de l’opposition. Des mariages forcés de mineures syriennes ont également lieu dans les camps de réfugiés. Enfin, 2,14 millions d’enfants vivant en Syrie et 750.000 réfugiés dans les pays limitrophes sont privés de scolarisation.À lire aussiAmnesty: les réfugiés syriens qui rentrent au pays risquent torture et disparition

Quel avenir pour ces martyrs ?

Au-delà des chiffres nous parviennent des images marquantes d’enfants syriens. Celles de Sama dans le documentaire « Pour Sama » qui illustre une enfance sous les bombes lors du siège d’Alep. Qui peut encore ignorer le sort de ces fillettes yézidies vendues comme esclaves sexuelles par des groupuscules terroristes ? La photographie, désormais mondialement célèbre, du photographe turc Mehmet Aslan.

B9728882887Z.1_20211104165140_000+GEGJ96ONT.1-0
Crédit: Mehmet Aslan

On peut y voir un père unijambiste, victime d’un bombardement dans la région d’Idlib, tenant son jeune enfant né sans membres inférieurs ni supérieurs, à la suite des gaz inhalés par sa mère durant des attaques du régime. Les images, enfin, d’enfants vivant dans des camps de réfugiés, comme celles prises par le photographe syrien vivant en Belgique Abdulazez Dukhan.

Ces images à la fois tragiques et belles sont porteuses d’humanité ; elles illustrent et personnifient le drame des enfants syriens. Nous ne souhaitons pas les réifier face à la tragédie dont ils et elles sont victimes. Pour autant, nous posons avec force et inquiétude la question de leur avenir. Ces enfants ont été exposés à de graves privations et carences. Celles-ci, pour tout être humain, constituent des entraves au développement physiologique et neurologique. Unicef mentionne que plus d’un demi-million d’enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Syrie souffrent d’un retard de croissance engendré par la malnutrition chronique. Les enfants ayant grandi en Syrie et sur les routes migratoires sont également exposés à l’insécurité psychique. Or, vivre de manière répétée, continue et profonde l’insécurité psychique n’est pas sans conséquence sur le développement physiologique, neurologique, affectif et social.À lire aussiSyrie: les violences reprennent à Deraa, où tout avait commencé

Des Etats très peu réactifs

Au-delà de ces inquiétudes, nous sommes préoccupés par le peu de considération portée par les pays de l’Union européenne aux enfants syriens. Le Danemark a commencé à révoquer, depuis peu, les titres de séjour de Syriens et Syriennes se trouvant sur son sol arguant que la situation dans la région de Damas, entre autres, est « sûre ». Or, les Syriens et Syriennes rentrant au pays sont exposés aux arrestations, à la torture et au viol, même s’ils et elles sont mineurs. En Grèce, dans les camps, les enfants sont exposés à des conditions de survie indignes, leurs besoins et droits les plus fondamentaux sont entravés. En Belgique et en France, le nombre de structures spécialisées pour accueillir les enfants ayant vécu la guerre demeure insuffisant. En outre, aucun des Etats européens, pour l’heure, et ce, depuis le début du conflit, n’agit d’une manière ferme à l’encontre du régime de Bachar el-Assad. De même, les dernières observations finales du Comité onusien des droits de l’enfant adressées à la Syrie, datant de 2019, nous semblent bien « molles » face à ce régime tuant, torturant et bafouant les enfants autant que leurs droits.À lire aussiGuerre en Syrie: Assad, dix ans plus tard, règne sur un monceau de ruines

Nous refusons d’accepter ces réalités. D’abord, au nom de notre humanité commune. Ensuite, parce que les enfants méritent une protection particulière, raison de l’existence même de la Convention internationale des droits de l’enfant. Enfin, parce que, lorsque les conditions favorables à un bon développement sont réunies, les enfants syriens, comme tous les enfants du monde, peuvent se réaliser et offrir ce qu’ils et elles ont de meilleur, à l’instar de Leen, championne d’échec syrienne de quatorze ans vivant en France.

*Cosignataires : Basel Adoum, médiateur culturel et réfugié syrien ; Hani Al Helwani, pharmacien et réfugié syrien ; Sabreen Al Rassace, spécialiste Genre en Exil-Asile ; Noura Amer, psychologue et présidente de l’ASBL Awsa – Arab Women’s Solidarity ; Sema Aydogan, psychopédagogue ; Fabienne Brion, professeure de criminologie et islamologue (UCLouvain) ; Raphaële Buxant, enseignante engagée, Lycée Martin V Louvain-la-Neuve ; Françoise Cousin, psychologue et enseignante ; Jean-Baptiste Dayez, psychologue social et militant des droits humains ; Damien Dejemeppe, directeur du Lycée Martin V, Ecole d’application de l’UCLouvain ; Stéphanie Demblon, militante des droits humains ; Martine Demillequand, collaboratrice pédagogique UCLouvain ; William Donni, travailleur social exerçant, entre autres, auprès de familles syriennes ; Jean-Louis Dufays, professeur de littérature et de didactique (UCLouvain) ; Abdulazez Dukhan, photographe et réfugié syrien ; Nadia Echadi, enseignante et responsable de l’ASBL Maxi-Liens, réseau Être bon pour les enfants ; Mohamed El Hendouz, militant des droits humains ; Sabiha El Youssfi, enseignante ; Roman Foy, secrétaire général de l’association Revivre ; Caroline Guilleaume, enseignante en classe Daspa ; Brigitte Herremans, politologue et doctorante à l’Université de Gand ; Bruno Humbeeck, psychopédagogue ; Hana Jaber, directrice exécutive de la Fondation Lokman Slim ; Marie Jadoul, PhD researcher Faculté de droit et de criminologie UCLouvain ; Cristèle Jonnart, enseignante ; Firas Kontar, opposant au régime syrien et juriste ; Esther Kouablan, militante antiraciste ; Irène Labeyrie, architecte retraitée ayant vécu en Syrie (entre 1976 et 2013) ; Christelle Macq, doctorante et assistante en droit, membre de l’équipe droits européens et migrations (UCLouvain) ; Altay Manço, directeur scientifique de l’Institut de Recherche Formation Action sur les Migrations (IRFAM) ; Laura Merla, professeure de sociologie (UCLouvain) ; Thierry Moreau, avocat, professeur extraordinaire à la Faculté de droit et de criminologie de l’UCLouvain et directeur du Centre interdisciplinaire des droits de l’enfant ; Yasser Mustafa, enseignant et réfugié syrien ; Laurence Nazé, citoyenne engagée dans l’accueil des migrant.e.s en transit ; Jennifer Nowé, travailleuse exerçant dans le champ des migrations et de l’interculturalité ; Élodie Oger, enseignante et chercheuse à l’UCLouvain ; Rudi Osman ; Joëlle Petit, pédagogue, professeure d’art et formatrice d’enseignant.e.s (UCLouvain) ; Olivier Peyroux, sociologue, cofondateur de l’association Trajectoires ; Eric Picard, pédopsychiatre ; Edith Praet, criminologue et directrice d’un centre d’hébergement pour enfants ; Salim Sendiane, docteur en droit et réfugié syrien ; Marianne Stasse, militante des droits des migrant.e.s ; Mohamed Taha, archéologue et réfugié syrien ; Pauline Thirifays, enseignante ; Corinne Torrekens, professeure de science politique (ULB) ; Doris Van Cleemput, psychologue en soins de santé ambulatoires – Bruxelles Service de Santé Mentale Chapelle-aux-Champs ; Roman Witterbroodt, enseignant.https://b0ffd2a13f76f712ab21b3c6095e3030.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

(1)  Ces chiffres couvrent la période de 2011 à 2020..

LA LETTRE À SA FEMME, D’UN POILU QUI VA ÊTRE FUSILLÉ LE 30 MAI 1917


 » LA SENTENCE EST TOMBÉE : JE VAIS ÊTRE FUSILLÉ POUR L’EXEMPLE, DEMAIN, AVEC SIX DE MES CAMARADES, POUR REFUS D’OBTEMPÉRER. « 

La lettre d’un poilu à sa femme, qui va être fusillé le 30 mai 1917

 » LA SENTENCE EST TOMBÉE : JE VAIS ÊTRE FUSILLÉ POUR L’EXEMPLE, DEMAIN, AVEC SIX DE MES CAMARADES, POUR REFUS D’OBTEMPÉRER. « 

Le 30 mai 1917

Léonie chérie,

J’ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu’elle t’arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd’hui témoigner de l’horreur de cette guerre.

Quand nous sommes arrivés ici, la plaine était magnifique. Aujourd’hui, les rives de l’Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversée, brûlée. Le paysage n’est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchées de première ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelés, c’est la guerre des mines avec la perspective de sauter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, épaisse, collante dont il est impossible de se débarrasser. Les tranchées s’écroulent sous les obus et mettent à jour des corps, des ossements et des crânes, l’odeur est pestilentielle.

Tout manque : l’eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillés, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid à cause de la longueur des boyaux à parcourir. Nous n’avons même plus de sèches pour nous réconforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous réchauffer.

Nous partons au combat l’épingle à chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffés d’un casque en tôle d’acier lourd et incommode mais qui protège des ricochets et encombrés de tout l’attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échoué sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissé exténués et désespérés. Les malheureux estropiés que le monde va regarder d’un air dédaigneux à leur retour, auront-ils seulement droit à la petite croix de guerre pour les dédommager d’un bras, d’une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie.

Le 16 avril, le général Nivelle a lancé une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un échec, un désastre ! Partout des morts ! Lorsque j’avançais les sentiments n’existaient plus, la peur, l’amour, plus rien n’avait de sens. Il importait juste d’aller de l’avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d’accès boisées, étaient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil à l’épaule j’errais, la sueur dégoulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausée. Un vrai charnier s’étendait à mes pieds. J’ai descendu la butte en enjambant les corps désarticulés, une haine terrible s’emparant de moi.

Cet assaut a semé le trouble chez tous les poilus et forcé notre désillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l’état major. Tous les combattants désespèrent de l’existence, beaucoup ont déserté et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter à déposer les armes. La semaine dernière, le régiment entier n’a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchée, nous avons refusé de continuer à attaquer mais pas de défendre.

Alors, nos officiers ont été chargés de nous juger. J’ai été condamné à passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l’exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d’obtempérer. En nous exécutant, nos supérieurs ont pour objectif d’aider les combattants à retrouver le goût de l’obéissance, je ne crois pas qu’ils y parviendront.

Comprendras-tu Léonie chérie que je ne suis pas coupable mais victime d’une justice expéditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliés de l’histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandés, à l’aube, agenouillé devant le peloton d’exécution. Je regrette tant ma Léonie la douleur et la honte que ma triste fin va t’infliger.

C’est si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon départ au combat était une si douce et si jolie folie mais aujourd’hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cœur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner.

Promets-moi mon amour de taire à ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son père est tombé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mémoire des poilus fusillés pour l’exemple est réhabilitée, mais je n’y crois guère, alors seulement, et si tu le juges nécessaire, montre-lui cette lettre.

Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous sacrifier.

Promets-moi aussi ma douce Léonie, lorsque le temps aura lissé ta douleur, de ne pas renoncer à être heureuse, de continuer à sourire à la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite à toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous méritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravés dans ma mémoire, seront mon dernier réconfort avant la fin.

Eugène, ton mari qui t’aime tant.

source

Le rôle de l’Occident dans l’expansion des colonies illégales d’Israël


Des mots mais pas d’action :

Par : Ramzy Baroud

Le tumulte international en réponse à l’approbation par Israël d’une expansion massive de ses colonies illégales en Cisjordanie occupée peut donner l’impression qu’une telle réaction pourrait, en théorie, forcer Israël à abandonner ses plans. Hélas, il n’en sera rien, car les déclarations de « préoccupation », de « regrets », de « déception » et même de condamnation pure et simple sont rarement suivies d’actions significatives.

Certes, la communauté internationale dispose d’un cadre de référence politique, et même juridique, concernant sa position sur l’occupation israélienne de la Palestine. Mais malheureusement, elle n’a pas de véritable mandat politique, ni l’envie d’agir individuellement ou collectivement pour mettre fin à cette occupation.

C’est précisément la raison pour laquelle il est peu probable que l’annonce faite le 27 octobre par Israël, selon laquelle il a donné son « approbation finale » à la construction de 1 800 unités de logement et son approbation initiale pour 1 344 autres unités, soit annulée de sitôt. Il faut garder à l’esprit que cette décision est intervenue deux jours seulement après une annonce antérieure selon laquelle le gouvernement israélien avait lancé des appels d’offres pour la construction de 1 355 unités de logement en Cisjordanie occupée.

Israël est rarement, voire jamais, revenu sur de telles décisions depuis son établissement sur les ruines de la Palestine historique. De plus, depuis l’occupation par Israël de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en 1967, le projet colonial israélien est resté en expansion constante et sans entrave. 54 ans auraient dû suffire à la communauté internationale pour se rendre compte qu’Israël n’a pas la moindre intention de mettre fin à son occupation militaire de son propre chef, de respecter le droit international et de cesser la construction de ses colonies illégales.

Pourtant, malgré ce fait évident, la communauté internationale continue de publier des déclarations, modérées dans leur langage, parfois même en colère contre d’autres, mais sans jamais prendre une seule mesure pour punir Israël.

Un examen rapide de la réaction du gouvernement américain à la nouvelle de l’expansion des colonies témoigne du manque de sérieux de Washington face au mépris permanent d’Israël pour le droit international, la paix et la sécurité au Moyen-Orient.

« Nous nous opposons fermement à l’expansion des colonies », a déclaré le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, ajoutant que la décision israélienne est « totalement incompatible avec les efforts visant à faire baisser la tension et à assurer le calme. »

Depuis quand Israël se préoccupe-t-il de « faire baisser les tensions » et de « garantir le calme » ? S’il s’agissait là d’exigences et d’attentes américaines vraiment importantes, pourquoi alors les États-Unis continuent-ils à verser des milliards de dollars par an en aide militaire à Israël, sachant parfaitement que ces armements seront utilisés pour soutenir l’occupation israélienne illégale de la Palestine et d’autres terres arabes ?

Si, pour les besoins de l’argumentation, nous supposons que Washington change enfin de politique à l’égard d’Israël et de la Palestine, comment compte-t-il faire pression sur Israël pour qu’il cesse la construction de colonies ? M. Price a la réponse : L’administration Biden « soulèverait nos points de vue sur cette question directement avec de hauts responsables israéliens lors de nos discussions privées », a-t-il déclaré le 26 octobre. « Évoquer notre point de vue », par opposition à demander des comptes, menacer de représailles ou, ce qu’à Dieu ne plaise, retenir des fonds.

S’il est vrai que le gouvernement américain est le principal bienfaiteur occidental d’Israël, Washington n’est pas la seule administration hypocrite à cet égard. Les Européens ne sont pas fondamentalement différents, même si leurs déclarations sont peut-être un peu plus fortes en termes de langage.

« Les colonies sont illégales au regard du droit international et constituent un obstacle majeur à la réalisation de la solution à deux États et à une paix juste, durable et globale entre les parties », peut-on lire dans une déclaration publiée par le bureau du chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, le 29 octobre.

Cette déclaration reflète exactement les sentiments et le langage de nombreuses déclarations publiées dans le passé, qui « rejettent fermement » l’action israélienne et « exhortent » le gouvernement israélien à « revenir » sur ses récentes décisions au nom d’une « paix durable », etc. On peut même s’amuser à affirmer que la préparation de ces déclarations doit être le travail de bureau le plus facile dans les bureaux de l’UE, puisqu’il s’agit essentiellement d’un simple « copier-coller ».

Pourtant, une fois encore, lorsqu’il s’agit d’agir, Bruxelles, comme Washington, s’abstient d’en prendre. Pire, ces entités financent souvent l’action même qu’elles dénoncent, tout en insistant sur le fait qu’elles se tiennent exactement à la même distance entre Israéliens et Palestiniens, s’attribuant des rôles de « courtiers en paix honnêtes », de « médiateurs de paix », etc.

Il ne faut pas être le moins du monde surpris par la récente annonce d’Israël. En fait, nous devons nous attendre à une nouvelle expansion des colonies et même à la construction de nouvelles colonies, car c’est ce que l’Israël colonial fait le mieux.

En l’espace de quelques jours, Israël a annoncé son intention de construire, ou de lancer des appels d’offres pour, près de 4 500 unités de peuplement. Comparez ce chiffre avec l’expansion des colonies pendant le mandat de Donald Trump. « Israël a promu des plans pour plus de 30 000 maisons de colons en Cisjordanie pendant les quatre années où (Trump) était au pouvoir », a rapporté la BBC, citant un groupe israélien, Peace Now, dans ses récentes conclusions.

Ces chiffres à l’esprit, si le gouvernement israélien sous Naftali Bennett continue avec ce rythme précipité de construction de logements illégaux, il pourrait potentiellement égaler – et même dépasser – l’expansion qui a eu lieu pendant les terribles années de l’ère Trump. En l’absence de responsabilité, ce paradigme politique catastrophique restera en place, indépendamment de qui gouverne Israël et de qui réside à la Maison Blanche.

Israël fait ce que fait toute puissance coloniale. Il s’étend au détriment de la population autochtone. Ce n’est pas aux puissances coloniales qu’il incombe de se comporter correctement, mais au reste du monde de leur demander des comptes. C’était vrai dans le cas de l’apartheid sud-africain et de nombreux autres exemples dans le Sud. C’est également vrai dans le cas de l’apartheid israélien en Palestine.

La vérité est que mille ou un million de déclarations supplémentaires de la part des gouvernements occidentaux ne mettront pas fin à l’occupation israélienne, ni même ne ralentiront le rythme des bulldozers militaires israéliens qui déracinent les arbres palestiniens, détruisent les maisons et construisent encore plus de colonies illégales. Si les paroles ne sont pas suivies d’actions – ce qui est tout à fait possible, compte tenu de l’énorme influence militaire, politique et économique que l’Occident exerce sur Israël – alors l’Occident reste partie prenante dans ce conflit, non pas en tant que « courtier de la paix », mais en tant que soutien direct de l’occupation et de l’apartheid israéliens.

  • Ramzy Baroud est auteur et rédacteur en chef de Palestine Chronicle. Son dernier livre s’intitule The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People’s Struggle (Pluto Press, Londres). – ramzybaroud@anniebannie
  • Traduit avec deepl. Source

Les Pandora Papers révèlent la florissante activité offshore des riches et puissants


Évasion fiscale.

Publié le 04/10/2021 – 05:51

Photomontage de plusieurs personnalités politiques citées dans les Pandora Papers, une vaste enquête journalistique mondiale sur l’évasion fiscale.  Idriss Bigou-Gilles / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Photomontage de plusieurs personnalités politiques citées dans les Pandora Papers, une vaste enquête journalistique mondiale sur l’évasion fiscale.  Idriss Bigou-Gilles / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.OUVRIR DANS LE RÉVEIL COURRIER

Cinq ans après la publication des Panama Papers, une nouvelle enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) révèle que l’évasion fiscale n’a rien perdu de son attrait chez les dirigeants politiques, les milliardaires et autres personnalités fortunées.

Des “Panama Papers sous stéroïdes”. C’est ainsi que l’ICIJ qualifie sa nouvelle enquête, basée sur la fuite de plus de 11,9 millions de documents provenant de 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore, décortiqués pendant deux dans par un réseau de plus de 600 journalistes dans 117 pays.

Une enquête baptisée Pandora Papers, en référence à la fameuse boîte de Pandore, dont l’ouverture malencontreuse avait laissé s’échapper tous les maux de la Terre. “Une nouvelle ‘boîte’ vient de s’ouvrir”, avertit Le Soir. “Et risque de provoquer quelques remous.”https://177f1f640fc55e52d13a3cc95f762f23.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Le quotidien belge précise que l’enquête a permis d’épingler 35 chefs d’État – dont 14 en poste – et 130 milliardaires. Mais il souligne aussi que la plupart des personnes concernées “sont de parfaits inconnus”, illustrant l’ampleur du phénomène et la facilité avec laquelle les personnes fortunées peuvent accéder à des comptes offshore.

En Belgique, les profils sont “variés” et il y en a “pour tous les goûts”, note le quotidien, “du pharmacien à la retraite dont l’épouse vend des lunettes au dealer de hasch dont le casier judiciaire est déjà bien garni. Jusqu’au couple à la tête de salons de coiffure sur la côte, et à l’huissier de justice déjà condamné pour escroquerie. Sans oublier ce jeune millionnaire ayant fait fortune grâce aux bitcoins. Tous se sont laissé séduire par une société offshore.”

Régulation inefficace

Pour Le Temps“ce nouveau dossier de l’ICIJ montre que, malgré le scandale provoqué par la publication des Panama Papers, la régulation du système de sociétés offshore reste inefficace”.

Les médias impliqués dans l’enquête publieront leurs révélations par vagues, dans les prochains jours, mais ont commencé dès dimanche par les dirigeants politiques, dont certains “se sont illustrés par des discours contre l’évasion fiscale”, relève le quotidien suisse.

C’est le cas du Premier ministre tchèque, Andrej Babis, qui a placé 22 millions de dollars dans des sociétés écrans pour acheter un château dans le sud de la France. Ou du président kényan, Uhuru Kenyatta, qui se présentait comme le champion de la transparence et de la lutte contre la corruption.

Selon les Pandora Papers, M. Kenyatta et six membres de sa famille “sont liés à treize sociétés offshore”, dont l’une abrite “30 millions de dollars d’actifs financiers”, selon la BBC. Le président kényan “avait promis de travailler avec le Parlement pour créer une loi qui obligerait les responsables publics à déclarer leur patrimoine, mais les députés n’ont toujours pas voté le texte”, précise le média britannique.

Vide juridique

Les Pandora Papers détaillent également les juteux investissements du roi Abdallah II de Jordanie, qui a créé un réseau d’une trentaine de sociétés offshore “pour acquérir un empire immobilier de 100 millions de dollars à Malibu [Californie], Washington et Londres”, écrit Al-Jazeera.

“Les avocats du roi ont déclaré que toutes les propriétés avaient été achetées avec son argent personnel, et que c’était une pratique courante pour les personnalités de premier plan d’acquérir des propriétés via des sociétés offshore, pour des raisons de confidentialité et de sécurité”, précise la chaîne qatarie.

De fait, “les personnes citées dans les Pandora Papers ne sont pas forcément dans l’illégalité”, souligne The Guardian. L’enquête révèle ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et son épouse Cherie sont devenus propriétaires d’un immeuble à Londres en rachetant les parts d’une société offshore dans les îles Vierges britanniques – économisant au passage 400 000 dollars de taxe foncière.

“L’opération n’est pas illégale, et il n’est pas prouvé que les Blair aient délibérément cherché à éviter de payer la taxe foncière, mais le montage financier met en évidence le vide juridique qui permet aux riches propriétaires d’échapper à une taxe dont s’acquittent les Britanniques ordinaires”, dénonce le quotidien britannique.

Nouveaux paradis fiscaux

Parmi les autres personnes de premier plan citées dans les Pandora Papers figurent notamment les présidents chilien Sebastián Piñera, équatorien Guillermo Lasso et azerbaïdjanais Ilham Aliev, l’ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, la chanteuse Shakira ou l’entraîneur de football Pep Guardiola.

L’enquête révèle aussi la nouvelle et surprenante carte des paradis fiscaux. Si plus des deux tiers des 29 000 comptes examinés dans les Pandora Papers restent domiciliés dans les îles Vierges, de nouveaux venus sont apparus dans le paysage, révèle le Washington Post.

Aux États-Unis, par exemple, l’État du Dakota du Sud “rivalise désormais avec les pays notoirement opaques d’Europe ou des Caraïbes en matière de secret financier”, remarque le quotidien américain. “Des dizaines de millions de dollars en provenance de l’étranger sont désormais déposées dans des sociétés écrans à Sioux Falls, dont certaines sont liées à des personnes et des entreprises accusées de violations des droits humains et autres malversations”.

 Jacques Attali s’adresse à Zemmour


Peut être une image de 1 personne

Jacques Attali s’adresse à Zemmour

(via Les Échos). Et lui cite quelques exemples parmi d’autres… 😉

On ne dira jamais assez de mal de tous ces gens venus d’ailleurs qui, depuis des siècles, s’acharnent à défigurer la France, à la détruire, à ne lui apporter que le pire. Et pire encore, qui y font des enfants qui continuent leur oeuvre destructrice.

Parmi ceux nés à l’étranger, innombrables ennemis de l’identité française, quelques noms, en vrac : venant d’Italie (Mazarin, Catherine de Médicis, Casanova, Elsa Schiaparelli, Guillaume Apollinaire, Yves Montand, Pierre Cardin, Marcel Bich, Sergio Reggiani), d’Allemagne (Simone Signoret), d’Autriche (Romy Schneider), d’Espagne (Pablo Picasso, Juan Gris, Jorge Semprún, Michel del Castillo, Cristóbal Balenciaga), de Suisse (Blaise Cendrars, Françoise Giroud, Le Corbusier), de Belgique (Raymond Devos, Robert Denoël, Agnès Varda), de Grèce (Kostas Axelos, Vassilis Alexakis, Costa-Gavras, Iannis Xenakis), de République tchèque (Milan Kundera), de Pologne (Frédéric Chopin, Marie Curie, Henri Krasucki, Octave Klaba, Jean-Marie Lustiger), de Lituanie (Emmanuel Levinas), de Hongrie (Joseph Kosma), de Finlande (Ellen Thesleff, Helene Schjerfbeck, Elin Danielson-Gambogi), de Suède (Siri Derkert, Hanna Hirsch-Pauli), de Biélorussie (Marc Chagall), de Russie (Nicolas de Staël, Romain Gary, Vassily Kandinsky, Arthur Adamov, la comtesse de Ségur, Andreï Makine, Léon Poliakov, Nathalie Sarraute, Henri Troyat, Elsa Triolet, Anna Golubkina, Marie Vassilieff), d’Ukraine (Georges Charpak, Serge Lifar), de Bulgarie (Tzvetan Todorov), de Serbie (Enki Bilal), de Roumanie (Eugène Ionesco, Cioran, Brancusi), de Cuba (José-Maria de Heredia), d’Uruguay (Jules Supervielle), du Brésil (Tarsila do Amaral), d’Argentine (Joseph Kessel), des Etats-Unis (Julien Green, Jules Dassin, Joe Dassin, Joséphine Baker), d’Egypte (Albert Cossery, Guy Béart, Georges Moustaki, Dalida, Claude François, Andrée Chedid, Louis Chedid), du Maroc (Serge Haroche, Tahar Ben Jelloun, Jean Reno, Gad Elmaleh, Jamel Debbouze) ; de Tunisie (Georges Wolinski, Azzedine Alaïa), d’Algérie (José Aboulker, Jacques Derrida, Gilles Cohen-Tannoudji, Jean-Pierre Bacri, Jean Daniel, Kad Merad, Patrick Bruel), du Sénégal (Ousmane Sembène), de Turquie (Missak Manouchian, Henri Verneuil), d’Iran (Marjane Satrapi), du Liban (Rodolphe Saadé, Ibrahim Maalouf), de Syrie (Mohamed Altrad), de Chine (François Cheng, Cai Guo-Qiang, Zao Wou-Ki, Fang Junbi), du Japon (Kenzo Takada). Et tant d’autres, dont au moins, très récemment, de très grands chefs d’entreprise, de grands médecins, des chercheurs exceptionnels, deux maires de Paris, des dizaines de ministres et deux Premiers ministres.

Il ne faut pas non plus oublier ceux qui sont nés en France d’un parent venu de l’étranger, et qui ont fait, ou font encore, comme chacun sait, le plus grand tort à l’identité française : Germaine de Staël, Irène Joliot-Curie, Albert Uderzo, René Goscinny, Robert Badinter, Zinedine Zidane, Emile Zola, Emile et Isaac Pereire, Henri Bergson, Roger Vadim, Marcel Marceau, Charles Aznavour, Coluche, Edgar Morin, Isabelle Adjani, Fabrice Luchini, Raymond Kopa, Serge Gainsbourg, Vladimir Jankélévitch, Omar Sy, Jacques Tati, Roman Polanski, Emmanuelle Béart, Jeanne Moreau, Johnny Hallyday, Josiane Balasko, Manu Chao, Louis de Funès, Michel Jonasz, Mathieu Kassovitz, Jean-Paul Belmondo, Georges Brassens, François Cavanna, Joann Sfar, Lino Ventura, Francis Cabrel, Léon Gambetta, Michel Platini, Bernard Kouchner, Claude Berri, Agnés Jaoui, Jean-Jacques Goldman, Jean-Pierre Mocky, Georges Perec, Catherine Ringer, Françoise Dolto, Gérard Oury, Michel Polnareff, Maxime Rodinson, Pierre-André Taguieff, Marina Vlady, Alain Prost, Yannick Noah, Robert Hossein, Yasmina Reza, Francis Picabia. Et tant d’autres, dont très récemment encore, des centaines de maires, des dizaines de ministres et un président de la République.

A cela, il faut ajouter tous ceux qui, femmes et hommes, anonymes, ont tant nui à la France en lui donnant leur vie au combat. Et enfin, ceux qui, par millions, sont venus depuis plus de deux siècles, et viennent encore lui apporter leur savoir, leur créativité, leur travail ; qu’ils soient (au féminin ou au masculin) policiers, magistrats, pompiers, médecins, enseignants, chercheurs, avocats, ingénieurs, financiers, journalistes, artistes, cuisiniers, chauffeurs, carrossiers, mineurs, maçons, plombiers, éboueurs, infirmières, assistantes maternelles, aides-soignantes ; et tant d’autres.

Grâce au ciel, nous avons su aussi, au cours des siècles, chasser bien des protestants, juifs et musulmans, qui défiguraient notre pays et sont partis en enrichir d’autres.

Encore un effort, et nous serons bientôt pur de toute présence étrangère, sans grand ni petit remplacement, dans un néant réconfortant.

SHAHAR, JEUNE REFUZNIK ISRAÉLIENNE NOUS ÉCRIT POURQUOI ELLE REFUSE DE FAIRE SON SERVICE MILITAIRE.


ACTUALITÉS

Shahar, jeune refuznik israélienne nous écrit pourquoi elle refuse de faire son service militaire.

Bonjour,

Je m’appelle Shahar. J’ai 18 ans et je vis à Kfar Yona, en Israël. Dans deux jours, je vais arriver au centre d’enrôlement militaire israélien où je déclarerai mon refus d’être enrôlée. Je serai probablement envoyée en prison peu de temps après.

Il y a exactement 6 ans, pendant l’été entre ma 8e et la 9e année, j’ai assisté à un camp d’été pour les jeunes Israéliens et Palestiniens. Là, j’ai rencontré des garçons et des filles palestiniens, des enfants comme moi, pour la première fois. Ils sont devenus mes amis. J’ai assisté à ce camp d’été chaque année depuis. Aujourd’hui, 6 ans plus tard, je refuse de blesser les gens que j’ai rencontrés chaque été. Je refuse de blesser leurs familles, ou les millions de Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza.

Au cours des 6 dernières années, j’ai pu choisir chaque jour ce que je veux faire et comment je veux vivre. Je pouvais aller à l’école et fréquenter mon groupe de jeunes en toute sécurité, et je dormais bien la nuit. Je pouvais me déplacer librement et j’avais un abri en cas de bombardements de guerre. Je pouvais dire ce que je pensais, assister à des manifestations sans être arrêtée, initier des groupes d’activisme et passer facilement les postes de contrôle en Cisjordanie. Je pourrai voter aux élections. Je pourrai vivre ma vie avec tous les droits de l’homme et les droits civils.

Mais mes amis palestiniens ne partagent ni mes expériences de vie ni mes avantages. Ils ne peuvent pas voyager librement. Ils passent la journée à craindre que, la nuit, un soldat armé se trouve au-dessus de leur lit. Ils n’ont ni sécurité physique ni émotionnelle, ils manquent de libertés politiques, ne peuvent pas voter pour choisir le gouvernement qui contrôle leur vie, et ils se voient refuser les droits les plus élémentaires que nous tenons pour acquis, y compris même le droit de s’opposer aux injustices qui leur sont infligées. par l’occupation israélienne.

Je refuse de participer à un système violent, raciste, qui inflige des souffrances aux Palestiniens chaque jour de leur vie. Chaque jour, des soldats israéliens font irruption dans les maisons palestiniennes. Chaque jour, l’armée israélienne arrête des enfants palestiniens et refuse aux agriculteurs palestiniens l’accès à leurs terres. Le système militaire qui a servi l’occupation pendant des années empêche maintenant les Palestiniens de se déplacer librement tout en restreignant l’accès à l’eau potable ou à des soins appropriés.

J’espère que mon refus de servir dans l’armée israélienne fera une différence, même légère. J’espère que cela sensibilisera et amènera d’autres Israéliens à réfléchir de manière critique à des choses que beaucoup considèrent comme « naturelles ».

Je pense que nous devrions tous prendre nos responsabilités non seulement pour nous-mêmes, mais pour tous ceux qui vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée. J’espère que refuser de participer à un système oppressif montrera aux Israéliens que nous pouvons choisir d’agir différemment et d’arrêter la violence, et qu’avec cette prise de conscience, il y aura de l’espoir.

Vous aussi, vous pouvez aider à changer les choses. Vous pouvez partager des informations avec des personnes que vous connaissez sur les violations des droits humains pour des millions de civils palestiniens vivant sous occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza, et aider les autres à voir la vérité. Si nous unissons nos efforts et que nous nous opposons à l’apartheid, à l’oppression et à la violence d’une manière non violente, à la fois en Israël et à l’extérieur, peut-être pourrons-nous réparer cette injustice historique et commencer à construire une vie meilleure, une vie sûre, une vie juste à la fois pour les Juifs et les Palestiniens.

En solidarité

Shahar

Merci à Shahar et aux associations israéliennes qui organisent, aident et font connaître l’action des jeunes refuzniks israéliens .

Et toujours la Syrie dont on parle à peine


Firas Kontar sur FB

19 août 

 Ce matin Assad et Poutine ont bombardé des civils dans la localité de Machwane à Idlib tuant une mère et ses 3 enfants et un autre enfant d’une maison voisine (image des secouristes sur place).

Les bourreaux des syriens ont utilisés des bombes à guidage laser pour mener à bien ce massacre. Ces armes dites chirurgicales car elles permettent de cibler une position précise sont utilisées pour délibérément cibler des civils et des enfants. Sur une vidéo on peut voir en pleurs le père d’un des enfants mort déchiqueté ramasser les restes de son petit en les embrassant.

Voilà à quoi ressemble le quotidien des Syriens dans le nord. Et pendant que le monde guette le moindre acte de barbarie des Taliban pour venir s’indigner des extrémistes islamistes à juste titre et s’en prendre à l’administration américaine pour son retrait, le silence est la règle face à Assad et Poutine et leur bain de sang qui dure depuis une décennie.

Quelle hypocrisie et quelle ignominie quel dégout face à cet humanisme sélectif, et dire qu’il y a encore deux jours Macron n’a pas pu s’empêcher dans son discours d’appeler à une coopération avec la Russie pour lutter contre le terrorisme… Tous ces dirigeants sont complices de la mort de ces enfants tués par les bombes d’Assad Poutine, tous complices de ces dizaines de milliers de syriens prisonniers des geôles d’Assad et agonisant sous la torture et le viol

LES ACTEURS PALESTINIENS BOYCOTTENT LE FESTIVAL DE CANNES, LEUR FILM ÉTANT PRÉSENTÉ COMME ISRAÉLIEN


ACTUALITÉSCampagne BDS

Les acteurs du film ‘Let There Be Morning’,réalisé par l’Israélien Eran Kolirin, boycottent le Festival de Cannes, bien que le film y soit présenté en avant-première ce samedi.

Les acteurs palestiniens boycottent le Festival de Cannes, leur film étant présenté comme israélien

Les acteurs, qui sont des citoyens palestiniens d’Israël, ont expliqué dans une déclaration collective sur les réseaux sociaux qu’il s’agit d’un « acte politique d’absence » pour protester contre l’effacement culturel des Palestiniens par Israël. « Nous ne pouvons ignorer la contradiction de l’entrée du film à Cannes sous l’étiquette d’un « film israélien » alors qu’Israël continue de mener sa campagne coloniale de plusieurs décennies de nettoyage ethnique, d’expulsion et d’apartheid contre nous, le peuple palestinien », a déclaré l’équipe du casting dans un communiqué. L’équipe de production a en outre expliqué l’effacement préjudiciable qui est fait aux Palestiniens lorsque leur travail est catégorisé comme « israélien » dans les médias.

« Chaque fois que l’industrie cinématographique suppose que nous et notre travail tombons sous l’étiquette ethno-nationale d’ »israélien », cela perpétue davantage une réalité inacceptable qui nous impose, artistes palestiniens de citoyenneté israélienne, une identité imposée par la colonisation sioniste pour maintenir la l’oppression continue des Palestiniens à l’intérieur de la Palestine historique ; le déni de notre langue, de notre histoire et de notre identité », ont écrit les acteurs.

« […] Attendre que nous restions les bras croisés et acceptions l’étiquette d’un État qui a sanctionné cette dernière vague de violence et de dépossession non seulement normalise l’apartheid, mais continue également à permettre le déni et le blanchiment de la violence et des crimes infligés aux Palestiniens. »

‘Let There Be Morning’ est un film basé sur un livre du journaliste, scénariste et auteur palestinien Sayed Kashua. Il raconte l’histoire de Sami, un citoyen palestinien d’Israël qui revient dans sa ville natale avec sa famille pour assister au mariage de son frère. Après le mariage, Sami, sa femme et son fils rencontrent des soldats israéliens qui les forcent à rester dans le village, et Sami est bientôt emprisonné et assiégé dans sa ville natale, sans savoir pourquoi ni pour combien de temps.

« Le film, qui est le fruit de notre travail créatif collectif, parle de « L’état de siège », une expression inventée par le vénéré poète palestinien Mahmoud Darwich », indique le communiqué. « L’état de siège se manifeste par des murs, des postes de contrôle, des barrières physiques et psychologiques, et la subordination et la violation de l’identité, de la culture, des mouvements et des droits humains fondamentaux des Palestiniens.

Les stars de cinéma ont conclu leur explication en appelant les institutions artistiques et culturelles internationales à amplifier la voix des artistes et créateurs palestiniens, car ils « résistent à toutes les formes d’oppression coloniale israélienne contre le droit du peuple palestinien à vivre, être et créer ». La déclaration a été signée par les acteurs Alex Bakri, Juna Suleiman, Ehab Elias Salameh, Salim Daw, Izabel Ramadan, Samer Bisharat, Yara Jarrar, Marwan Hamdan, Duraid Liddawi, Areen Saba, Adib Safadi et Sobhi Hosary.

Le réalisateur Kolirin a déclaré à Haaretz : « Je comprends [la raison de leur action] et je soutiens chacune de leurs décisions … Cela me fait mal qu’ils ne soient pas là pour célébrer leur travail époustouflant, mais je respecte leur position. »

Source : Middle East Monitor

CAPJPO-EuroPalestine

La Syrie de Assad


Syrie extrait du témoignage d’un médecin syrien livré le 23 juin dernier sur la torture dans le centre de détention « branche 251 » ou branche dite d’al KHatib au procès d’Anwar Raslan à Coblence Allemagne.

Vers juin 2012, plusieurs membres armés de la branche d’Al-Khatib sont venus à l’hôpital du croissant rouge. Ils ont parlé avec le chef du service, et il a été convenu que l’hôpital enverrait une équipe médicale au centre de détention chaque fois que cela était nécessaire pour y soigner « les patients ». Vers la mi-août, les visites ont commencé au rythme d’une à deux fois par semaine. »

A notre première visite nous étions complètement hébétés, ce que nous avons vu ce jour-là dépassait de loin tout ce que nous avons étudié en tant que médecins, c’était incroyable ». La délégation médicale se rendait à l’antenne d’al-Khatib sous la supervision de ses membres, qui indiquaient aux médecins par où entrer et comment agir. Les agents expliquaient aux médecins qu’ils ne devaient pas avoir peur de ce qu’ils allaient voir, qu’il est interdit de parler aux détenus sinon de leurs maladies et blessures mais sans en demander la cause. Par exemple si un médecin demandait à un détenu pourquoi il ne pouvait bouger sa main, et que ce dernier répondait que c’était dû à la torture, il était immédiatement battu par l’un des agents.

Le médecin entendait les bruits de torture, mais il n’a pas vu de processus de torture. Décrivant ce qu’il a vu et soigné personnellement dans le sous-sol de la succursale d’al-Khatib, il dit : « Les blessures étaient principalement des furoncles, des abcès et des blessures aux mains et aux pieds, ainsi que des hématomes sur certaines parties du corps. Les membres de certains avaient gonflé et atteignaient parfois cinq fois la taille réel de la main ou du pied, certaines blessures aux pieds étaient ouvertes et des fractures ont également été observées. Au début, en tant que médecins, nous pensions que ce qui était arrivé à ces détenus était le résultat de batailles ou d’affrontements militaires antérieurs, mais certains détenus ont commencé à nous parler: « Nous sommes torturés ici, s’il vous plaît aidez-nous! Les cas que nous avons vus là-bas, nous n’en avons jamais vu à hôpital. J’ai vu des maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension sur de très jeunes détenus, ces maladies sont liées aux conditions dans lesquelles ils étaient placés : très grand nombre de détenus dans une petite cellule, pas de soleil et pas d’air sain, détention prolongée, et torture, dont j’ai moi-même constaté les effets.

J’ai un jour examiné le bras d’un détenu qui avait enflé, nous l’avons traité avec une incision de la main pour retirer le pus, nous en avons retiré environ 10 litres. Nous avons vu des détenus dont les corps ressemblent aux photos du déserteur César ! »Les médecins, n’étaient pas libres de décider qui devait être transféré à l’hôpital, ce sont les officiers qui prenaient cette décision. Nous n’étions même pas autorisés à déterminer la quantité de médicament à administrer aux détenus. Le taux de mortalité des malades étaient d’environ 50 % !

En ce qui concerne les corps, le rôle du médecin était de les examiner et de constater le décès sans en déterminer la cause comme le fait un médecin légiste, ainsi il n’était pas déclarer que la cause principale du décès était la torture. Le témoin déclare qu’au cours du premier mois de travail à la branche al-Khatib, il a vu une dizaine de corps. Le premier décès dont il a été témoin était à l’intérieur de la prison à la suite d’une insuffisance rénale, après quoi il y avait eu de nombreux décès entre maladies chroniques, empoisonnement du sang ou malnutrition. Sur les cadavres, le témoin ne sait ce que la branche en faisait, il sait qu’ils n’ont jamais été placés dans la morgue de l’hôpital, ce sont les membres de la branche d’al-Khatib qui les emmènent vers une destination qui lui est inconnue. Sur le nombre de personnes traitées entre juillet et septembre 2012, le témoin répond qu’il a soigné environ 200 détenus dont 100 sont morts.

A la question « avez-vous la possibilité de quitter votre travail ? », Le témoin répond : « Quand j’ai commencé à travailler avec le Croissant-Rouge, tout allait bien, jusqu’à ce qu’on nous appelle à la branche d’Al-Khatib. Ce qui se passe dans cette branche n’est normal ni pour les humains ni pour les malades. C’est la situation en Syrie depuis cinquante ans, personne ne peut parler, on a tous peur. Nous avons essayé d’aider les patients autant que nous le pouvions, mais nous n’osions pas parler même à nos familles. Une fois, le médecin responsable du Croissant-Rouge nous a demandé : « Que pouvons-nous changer ? Rien, vous avez vu de vos propres yeux, ce qui n’a pas changé ne changera pas maintenant ! ». Notre responsabilité était d’aider les malades et c’est ce que nous avons fait. Un de mes professeurs à la Faculté de médecine de l’Université d’Alep a été arrêté par l’une des branches de la sécurité qui a demandé une rançon pour sa libération, et parce que la famille n’a pas payé , il a été tué, sa tête détachée de son corps ont été jetés dans la rue… ».