Honneur à Londres aux mamans courage de Belgique


Nadine Rosa-Rosso

Par l’intermédiaire de Nadia Fadil, que je remercie ici, j’ai été invitée à livrer mon témoignage lors d’un séminaire de deux jours à Londres, consacré aux droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et de sa prévention par les campagnes de déradicalisation. Ce séminaire était organisé par Rights Watch (UK), avec le soutien de Chatham House. Mon intervention devait se situer dans la partie du colloque consacrée au gendre. Suite à cette intervention, que je vous livre ici dans son intégralité, des participants ont manifesté leur souhait d’éditer les deux livres en anglais.

Je tiens à vous remercier pour cette invitation qui me donne l’occasion de témoigner du courage extraordinaire d’un groupe de femmes belges. Comme je l’ai dit aux organisateurs, je ne suis pas spécialiste du genre mais j’ai eu l’immense chance de rencontrer des femmes très spéciales, qui ont affronté les pires difficultés de notre temps, la lutte contre le terrorisme.

Elles ont fait face à des situations terribles parce qu’elles sont mères. L’amour de leur enfant leur a donné la force d’affronter la discrimination, la violence policière, la haine médiatique, l’isolement, la suspicion, les lois antiterroristes et la justice.

En avril 2013, un professeur me téléphone. Elle est en larmes parce qu’un de ses élèves, âgé de 15 ans, n’est pas retourné à l’école après les vacances de Pâques. Il est parti pour la Syrie, avec un ami âgé de 16 ans. Leurs deux mamans cherchent de l’aide et cette enseignante nous met en contact…

Cinq années de combats ininterrompus

Ce fut le début d’une longue lutte, rejointe par de nombreuses mamans. Une longue lutte contre les autorités, l’opinion publique, la justice, les médias …

J’ai été tellement impressionnée par la force de leurs mots et j’ai tellement appris sur la réalité de ces familles que j’ai suggéré aux mamans d’organiser un atelier d’écriture.

Les mamans étaient étonnées, elles ne croyaient pas pouvoir écrire un livre mais, en même temps, elles étaient enthousiastes et, surtout, fermement décidées à défendre leur enfant, leurs enfants.

Je n’avais absolument aucune idée sur la façon de faire. Lors de la première rencontre, j’ai tout de suite compris qu’il était totalement impossible de demander aux femmes d’écrire, là, dans l’environnement immédiat du groupe.

Elles avaient terriblement besoin de parler. Elles avaient besoin de pleurer, de rire, de manger toutes sortes de pâtisseries, de se préparer un bon repas et de le partager. Elles avaient besoin de se poser mutuellement des questions, de comprendre et d’être comprises.

J’ai décidé de prendre quelques notes, d’écrire certains de leurs mots. Après la réunion, j’ai tapé mes notes et je les ai renvoyées à chaque mère individuellement, pour lui restituer ce qu’elle avait dit dans le feu de la conversation.

À chacune séparément, parce qu’elles ont immédiatement décidé, d’un commun accord et spontanément, de ne pas partager leur travail tant que leur livre ne serait pas complètement terminé et publié.

Pourquoi? Je suppose qu’elles étaient trop timides, trop incertaines de leur propre capacité à écrire. Six des mamans ont commencé à écrire. À chaque réunion avec tout le groupe, certaines me donnaient quelques feuillets, arrachés d’un cahier d’écolier. Tout était écrit à la main.

J’ai commencé à taper le premier livre, le livre de Samira. Je n’ai fait aucun commentaire sur son travail, je n’ai donné aucun conseil, j’ai juste tapé et corrigé des fautes d’orthographe. Et je lui ai juste dit : « Continue, c’est tellement beau, tu fais un superbe travail pour ta fille ».  « Vraiment ? – Oui, Samira, vraiment, c’est vraiment magnifique ».

Et ce l’était. Et je savais que la moindre critique aurait pu l’arrêter car, de l’école primaire à la vie active, les travailleurs sont déclarés incapables d’écrire. Écrire des livres, c’est quelque chose pour l’élite…

Dès le début de notre atelier, j’ai expliqué aux femmes que nous n’avions qu’une très petite maison d’édition ; elles devraient financer les frais d’impression et vendre le livre dans leurs propres réseaux pour récupérer l’argent. J’ai souligné le fait qu’il est très difficile de vendre des livres si vous n’avez pas le soutien d’une grande maison d’édition. Mais, d’un autre côté, au moins, vous avez la liberté de dire ce que vous voulez vraiment dire et de décider comment l’exprimer.

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Quel culot ! Pourquoi la gifle d’Ahed Tamimi rend les Israéliens furieux


 

Gideon Levy جدعون ليفي גדעון לוי 
Traduit par  Jean-Marie Flémal

 

Mardi dernier, les Forces de défense d’Israël ont abattu Hamed al-Masri, 15 ans, d’une balle dans la tête, blessant grièvement l’adolescent de Salfit qui, par ailleurs, ne portait pas d’arme. Vendredi, les militaires ont fait de même avec Mohammed Tamimi, de Nabi Saleh, sans arme lui aussi, le blessant tout aussi grièvement à la tête. Vendredi encore, les militaires ont tué – toujours d’une balle dans la tête – Ibrahim Abou Thuraya, amputé des deux jambes. Et, le même jour, Ahed Tamimi était dans la cour de sa maison avec une amie et a giflé un homme des FDI qui avait fait irruption chez elle.

Ahed Tamimi, center, and her cousin Nour Tamimi, left, and a Palestinian woman pushing and hitting Israeli soldiers in a screen grab from a video that has gone viral, December 15, 2017.

Ahed Tamimi, au centre, sa cousine Nour Tamimi, à gauche, et une femme palestinienne repoussant et frappant des soldats israéliens. Capture d’écran d’une vidéo qui a fait le buzz le 15 décembre 2017. Facebook

Du coup, Israël est sorti furieux de sa torpeur : mais comment ose-t-elle ? Les trois victimes de cette fusillade barbare n’intéressent pas les Israéliens et les médias ne prennent même pas la peine d’en parler. Mais la gifle – et le coup de pied – d’Ahed Tamimi ont déclenché une colère furieuse. Comment peut-on oser gifler un soldat des FDI ? Un soldat dont les amis giflent, tabassent, kidnappent et – bien sûr – abattent presque quotidiennement des Palestiniens ?

Vraiment, elle a tous les toupets, la Tamimi. Elle a violé les règles. Gifler n’est permis que de la part des soldats. C’est elle, la véritable provocation, et non pas le soldat qui a fait irruption dans sa maison. Elle, qui a eu trois proches parents tués par l’occupation, elle dont les parents ont été arrêtés d’innombrables fois et dont le père a été condamné à quatre mois de prison pour avoir participé à une manifestation à l’entrée d’une épicerie – et c’est elle qui a osé résister à un soldat ! Voilà le culot des Palestiniens. Tamimi était censée tomber amoureuse du soldat qui avait forcé la porte de sa maison et, ingrate qu’elle a été, elle l’a récompensé d’une gifle. Tout cela, à cause de« l’incitation à la violence ». Sans quoi, elle n’aurait certainement pas manifesté cette haine à l’égard de son conquérant.

Mais cette pulsion de revanche à l’égard de Tamimi a d’autres sources (Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett a déclaré : « Elle devrait finir ses jours en prison. »). La fille de Nabi Saleh a fait éclater plusieurs mythes chers aux Israéliens. Le pire de tout, elle a osé détériorer le mythe israélien de la masculinité. Brusquement, il se fait que le soldat héroïque, qui veille sur nous jour et nuit avec audace et courage, se fait vilainement contrer par une fille aux mains nues. Que va-t-il advenir de notre machisme, si Hamimi le met en pièces si facilement, et de notre testostérone ?

Tout d’un coup, les Israéliens ont vu l’ennemi cruel et dangereux auquel ils sont confrontés : une gamine bouclée de 16 ans. Toute la diabolisation et la déshumanisation des médias flagorneurs ont volé en éclats d’un seul coup en étant brusquement confrontées à une gamine vêtue d’un sweater bleu.

Les Israéliens ont perdu la tête. Ce n’est pas ce qu’on leur a raconté. Ils sont habitués à entendre parler de terroristes et de terrorisme et de comportement criminel. Il est difficile d’accuser Ahed Tamimi de tout cela ; elle n’avait même pas de ciseaux en main. Où est la cruauté des Palestiniens ? Où est le danger ? Où est le mal ? On en perdrait la tête. Brusquement, toutes les cartes ont été rebattues : Pendant un rare instant, l’ennemi avait l’air si humain. Bien sûr, on peut compter sur la machine israélienne de propagande et de lavage de cerveau, si efficace, pour assassiner sans attendre le personnage de Tamimi. Elle aussi se verra coller l’étiquette de terroriste née pour tuer ; on dira alors qu’elle n’avait pas de motifs justifiables et qu’il n’y a pas de contexte pour expliquer son comportement.

Ahed Tamimi est une héroïne, une héroïne palestinienne. Elle est parvenue à rendre dingues les Israéliens. Que diront les correspondants militaires, les incitateurs de droite et les experts de la sécurité ? Quelle est l’efficience de 8200, Oketz, Duvdevan, Kfir et toutes ces autres unités spéciales si, à la fin de la journée, les FDI sont confrontées à une population civile désemparée, fatiguée de l’occupation et incarnée par une jeune fille portant un keffieh sur l’épaule ?

Si seulement il y en avait bien davantage comme elle ! Peut-être des filles comme elle seraient-elles en mesure de secouer les Israéliens. Peut-être l’intifada des gifles réussira-t-elle là où toutes les autres méthodes de résistance, violente ou non violente, ont échoué.

Dans l’intervalle, Israël a réagi de la seule façon qu’il connaît : un enlèvement nocturne de son domicile et son arrestation ainsi que celle de sa mère. Mais, dans le fond de son cœur, tout Israélien décent sait sans doute non seulement qui a raison ou qui n’a pas raison, mais aussi qui est fort et qui est faible. Le soldat armé de pied en cap qui fait irruption dans une maison qui ne lui appartient pas, ou la gamine sans armes qui défend sa maison et son honneur perdu à mains nues, par une gifle ?

 



Merci à Pour la Palestine
Source: https://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.830229
Date de parution de l’article original: 21/12/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22320 


Libellés: Ahed Tamimi | Résistance palestinienne | Occupation sioniste | Palestine/Israël

Ces interdits qui nous pourrissent la vie  


– L’année 2017 a été celle des polémiques.
– Beaucoup relèvent du faux débat incarné notamment par l’effet du buzz des réseaux sociaux.
– Florilège de ces interdits, en passant par la dictature de la bouffe, l’écologie à outrance aux pseudo-harceleurs.
  • Ces interdits qui nous pourrissent la vie

    Ces interdits qui nous pourrissent la vie

La dictature de la bouffe
Noël, son sapin, ses cadeaux… Nouvel An, son champagne, ses cotillons… et leurs grandes tablées! Comme une sorte de remake chaque année. Sauf que le menu devient toujours plus difficile à élaborer. Entre la frangine devenue végétarienne, le cousin végan ou la belle-sœur au régime sans gluten , sans parler de son fils végétalien, difficile de s’avouer simplement «normal», aimant la bonne bouffe. Celle, entre autres, que faisaient nos grands-mères qui osaient, lors d’un repas, aligner un bon foie gras, aussitôt suivi d’une entrecôte, avant de passer à un gargantuesque plateau de fromages.
Sujet sensible!  Les habitudes alimentaires changent et les convictions en la matière évoluent. En toute logique, chacun devrait respecter le choix de l’autre. Mais c’est loin d’être le cas! La cuisine vit à l’heure des diktats. Que la souffrance animale, au même titre que la valorisation des produits locaux ou la dégradation de l’environnement, soient sujets de discussion, c’est bien. Qu’une caste d’ayatollahs bien pensants veuille nous imposer quoi et comment manger, en est une autre. Et là on dit stop!L’intégrisme vert
Vous ne le saviez pas. Mais vivre pollue. Alors cessons de vivre. Prendre une douche gaspille de l’eau, voyager plombe votre empreinte carbone, avoir des enfants alourdit la facture écologique, utiliser du papier toilette même recyclé nuit à la forêt, absorber et excréter des médicaments pollue les eaux usées, cuisiner sans mettre de couvercle gaspille de l’énergie… Et la liste est interminable. A coup d’injonctions culpabilisantes martelées ad nauseam, les intégristes verts engagés parfois même dans une invraisemblable démarche malthusienne, nous façonnent un quotidien fait d’interdits et d’obligations. Résultat: le pauvre quidam, épuisé de se penser à tout prix et à tout moment comme un consommateur responsable, ne sait plus à quel saint se vouer, ni quel comportement adopter, au point pour finir, de tout envoyer au diable. Vivre pollue. Alors cessons de vivre.

Le culte de la perfection
Etre une maman ou un papa exemplaire, être irréprochable au boulot, se transformer en pro de la cuisine et, bien sûr, afficher un corps irréprochable, et être… tendance! Télévision, publicité, magazines et internet ne cessent de nous fragiliser pour nous démontrer que nous ne sommes pas «assez bien». Ils prônent le culte de la perfection. Même si elle doit se faire à coup de régime restrictif et de bistouri: ici un nez refait, là une cure de Botox, ailleurs un régime sans fin: partout les femmes – et beaucoup d’hommes aussi –demeurent soumises à cette implacable loi de la fausse beauté. Partout les canons établis les poussent à se mutiler, à endurer des privations, à mettre leur vie en danger, répondant aux injonctions d’ayatollahs qui, au final, s’en mettent plein les poches! Et là aussi, on dit stop! Et si 2018 nous apprenait à nous accepter imparfaits. Souvenons-nous que c’est la vie qui nous a façonnés et qu’au final, c’est le chemin, ou notre parcours, plus que la destination ou le résultat, qui a toute son importance.

Le prince charmant, un vil harceleur…
Si le harcèlement sexuel est un vrai problème de société, on peut se demander si on n’en fait pas un peu trop. Des harceleurs et même des prédateurs, il y en a sans aucun doute, et probablement beaucoup trop. Et ils doivent être sanctionnés. Mais de là à en voir partout, à analyser les rapports hommes-femmes uniquement sous ce prisme, il y a un pas que certains (certaines ?) franchissent allègrement. Un exemple parmi d’autres: selon certaines féministes ayatollah, notre bon vieux prince charmant serait un harceleur, le «chaste» baiser qu’il a donné à la Belle au bois dormant n’étant pas consenti, celle-ci étant évidemment… endormie. Le célèbre psychanalyste spécialiste des contes de fée Bruno Bettelheim doit s’en retourner dans sa tombe. En attendant, messieurs oubliez votre mauvaise habitude d’embrasser votre moitié endormie avant de sortir de la maison. Un procès vous attend peut-être.

Tous racistes!
N’ayez aucun doute. Vous êtes raciste! A l’insu de votre plein gré et même si vous n’en êtes pas conscient. Surtout si vous n’en êtes pas conscient. Le pauvre joueur de foot français Antoine Griezmann vient d’en faire les frais, lui qui a eu la mauvaise idée de se grimer en joueur de basket et pour cela de se… noircir la face. Polémique, plates excuses et terrible sentiment de vivre dans un monde aseptisé où on ne peut plus rien dire, plus rien penser. En ce début de XXIe siècle, les sketches de Coluche, Michel Leeb, les saillies de Pierre Desproges, le film Rabbi Jacob etc, n’auraient jamais pu voir le jour sans être immédiatement suivis d’un lynchage en règle de la part des ayatollahs de la bien-pensance qui, bien souvent, oublient de balayer devant leur propre porte.
Dans une société où le bon sens et l’humour ont dramatiquement disparu, le politiquement correct à l’anglo-saxonne n’aboutit qu’à entretenir le racisme. Le vrai.

Facebook et Israël annoncent officiellement leur collaboration pour censurer les contenus des réseaux sociaux


 

Facebook et Israël annoncent officiellement leur collaboration pour censurer les contenus des réseaux sociaux

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/facebook-et-israel-annoncent-officiellement-leur-collaboration-pour-censurer-les-contenus-des-reseaux-sociaux/#xPWkcOwe1hTfxD2b.99

 

Suite à la controverse soulevée par la censure sur Facebook d’une photo mondialement célèbre de la guerre du Vietnam, Facebook a accepté de « travailler ensemble » avec le gouvernement d’Israël pour censurer des contenus jugés inappropriés par les responsables israéliens.

Facebook a annoncé officiellement l’accord de l’arrangement «coopération» après une réunion entre des ministres israéliens et de hauts responsables de Facebook le 11 septembre. La volonté frénétique du gouvernement israélien de surveiller et de censurer les contenus de Facebook qu’il juge inappropriés fait suite au succès viral du mouvement en faveur du BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions), un mouvement mondial non-violent qui travaille à dénoncer les violations israéliennes des droits humains.

Le succès du BDS a touché un point sensible d’Israël, ce qui a conduit son gouvernement à adopter une loi lui permettant d’espionner et d’expulser les militants étrangers agissant en Israël et en Palestine. En outre, Israël a menacé la vie des partisans de BDS et a fait pression pour que des mesures législatives soient prises contre le BDS aux quatre coins du monde. Il cherche maintenant à réduire encore plus le succès BDS en contrôlant directement le contenu des utilisateurs de Facebook.

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Une cordée solidaire pour venir en aide aux migrants


La « chasse aux migrants » a des conséquences parfois fatales. Les montagnards se sont mobilisés pour dénoncer cette aberration et leur venir en aide.

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Le dimanche 17 décembre dernier a eu lieu une manifestation un peu particulière dans les Hautes-Alpes : pour plaider la cause des migrants, environ 300 personnes se sont rassemblées pour ascensionner ensemble le Col de l’Échelle. Culminant à plus de 1700m, ce col est emprunté chaque jour par des personnes qui ont fui leur pays et n’ont aucune idée de la rudesse des conditions de la montagne.

La « chasse aux migrants », mise en place par l’État Français, est un véritable scandale humain. Car pour éviter contrôles et gendarmes, des migrants passent le Col de l’Échelle chaque jour pour traverser la frontière franco-italienne, mettant ainsi leur vie en danger.

Pour la plupart venus d’Afrique, ils n’ont aucune conscience des dangers de la montagne. Risques de chute, de se perdre, éboulements, avalanches… Et c’est sans compter les conditions météorologiques hivernales, particulièrement rudes cette année puisque les températures sont tombées ce week end à -14° et qu’il est tombé près de 30cm de neige.

Ces personnes viennent de loin et n’ont strictement aucun équipement adapté à l’hiver en montagne. Ils sont en jean-baskets, parfois même pieds nus, n’ont ni gants ni bonnet… Et mettent tristement leur vie en péril.
Un jeune migrant de 22 ans a même dû être secouru par hélicoptère. Il n’avait pas de chaussures, souffrait de graves gelures aux pieds et était dans un état d’hypothermie avancé… Plus d’infos sur le Dauphiné Libéré.

Crédit : La Provence

Pour certains habitants de la région, il est parfaitement inadmissible de laisser les choses se dérouler ainsi sans rien faire. Alors, pour demander au gouvernement de ne plus mettre les migrants en danger avec ses opérations de surveillance, une pétition a été lancée et signée par 130 professionnels de la montagne.

Ces professionnels – pisteurs secouristes, guides, accompagnateurs et moniteurs de ski – ont également eu l’idée de créer une cordée solidaire symbolique, pour manifester leur mécontentement et dénoncer les dangers qu’encourent les migrants en tentant de traverser la frontière.

Ainsi, ce sont près de 300 personnes qui se sont rassemblées dans la Vallée de la Clarée ce dimanche 17 décembre 2017 pour former cette cordée solidaire et marcher ensemble jusqu’au Col de l’Échelle, qui culmine à 1762m d’altitude.

Conscients des difficultés qu’engendre une telle ascension (fatigue, hypothermie, engelures pouvant mener à l’amputation, etc…), les montagnards ont souhaité faire preuve de solidarité et montrer au gouvernement que laisser des hommes et des femmes prendre de tels risques était totalement inhumain.

Afin de mieux comprendre, quelques images et propos recueillis par La Provence :

Pour en savoir plus, France Inter a également réalisé un reportage sur le sujet, que vous pouvez écouter ici.

Il existe encore des personnes pour faire preuve d’humanité. Il faut maintenant espérer que leur message soit entendu et que l’État cesse enfin cette aberrante chasse aux migrants.

Jérusalem: Madame l’ambassadrice, qu’est-ce qui vous fait dire que le roi David a réellement existé ? (OPINION)


OPINIONS Une opinion de Victot Ginsburgh, professeur d’université (Ecares-Ulb et Core-UCL).

L’ambassadrice se trompe. Il n’est pas du tout certain que le roi David, qui est une figure biblique, ait réellement existé. Et, même s’il a existé, il n’est pas permis à Israël d’annexer Jérusalem-est, selon le droit international.

Mme Simona Frankel, ambassadrice d’Israël en Belgique, est juriste, ce qui ne fait pas d’elle une très bonne historienne. Ni une très bonne juriste, d’ailleurs.

Dans une interview donnée le jeudi 7 décembre à la radio belge, elle explique très sérieusement que ce qu’a radoté le grand président Trump « est une reconnaissance de la réalité. Ce n’est pas Donald Trump qui a déclaré Jérusalem comme la capitale du peuple juif, c’est le roi David qui l’a fait il y a 3 000 ans. C’est une reconnaissance d’une histoire qui existe depuis 3 000 ans » (1).

Sauf qu’il n’est pas du tout certain que le roi David, qui est une figure biblique, ait réellement existé. Et, même s’il a existé, cette juriste devrait savoir que selon le droit international, il n’est pas permis à Israël d’annexer Jérusalem-est. Mais elle se moque du droit comme de l’histoire.

L’histoire du roi David est singulière. Il apparaît bien entendu dans la Bible, ce qui l’a rendu très populaire, mais il n’y a qu’une seule pièce archéologique, une stèle (dite de Tel Dan) qui date du IXe siècle avant J.-C. (alors que David aurait régné au Xe siècle avant J.-C.).

Cette stèle « raconte la victoire qu’un roi araméen (probablement Hazael) a remportée sur le roi d’Israël et sur le ‘roi de la maison de David’ » (2). Sinon, rien. Ce qui est étonnant pour un personnage aussi fameux et actif (dans la Bible en tout cas), et qui aurait dû laisser bien plus de traces archéologiques, aussi bien en Israël que dans les autres régions du Moyen-Orient et en Egypte avec lesquelles il aurait guerroyé.

Rien, shum davar, nada, nothing, nichts, Madame l’Ambassadrice. Je n’ajoute pas le néerlandais que vous étudiez…

Pas d’évidence autre que celle de la Bible d’un séjour des Juifs en Egypte, ni de l’Exode, ni du retrait de la mer Rouge pour les laisser passer, ni des 40 ans d’errements dans le désert, ni même du roi Salomon, pas plus hélas, que de la tour de Babel.

Lisez donc les deux ouvrages écrits par l’archéologue Israël Finkelstein et l’historien Neil Silberman (3). Evidemment, les académiques se contredisent. Pour ceux de Jérusalem, la Bible raconte la vérité historique, tandis qu’à Tel Aviv, on pense plutôt que la cité de David, située au sud du mont du Temple à Jérusalem, n’a de David que le nom, et encore…

Ne versez pas, Madame l’Ambassadrice, dans les fausses vérités et les vrais mensonges de celui qui vit à Washington et qui finira par construire son ambassade à Jérusalem. Suivi par le délicieusement précieux et subtil président des Philippines, Rodrigo Duterte qui, après six mois de pouvoir, avait déjà sur les mains le sang de quelques milliers de victimes. Quel bel exemple.

–> (1) rtbf.be

–> (2) Julia Fridman, « The naked truth about King David », in « Haaretz », février 2014. Il faut cependant noter que l’interprétation de l’inscription « beithdan » qui pourrait signifier « maison de David » est mise en doute par certains archéologues et spécialistes de l’hébreu ancien.

–> (3) Israël Finkelstein et Neil Silberman, « La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l’archéologie » (Paris, Gallimard, 2004) et Israël Finkelstein and Neil Silberman, « David and Salomon. In search of the Bible’s Sacred Kings and the Roots of Western Tradition » (New York, The Free Press, 2006).

source

Pourquoi la Catalogne n’est pas la Flandre


Pour comprendre la crise en Espagne et en Catalogne, nous devons retirer nos lunettes Belges / Flamandes. Il est un peu trop facile de faire des comparaisons superficielles avec la Flandre de la N-VA pour donner au mouvement Catalan un aspect de droite et non démocratique.

La Catalogne au bord de la declaration d independanceA l’inverse, on parle rarement des liens historiques qui existent entre le nationalisme espagnol et la droite, l’extrême droite, l’Eglise conservative, l’armée ou encore avec les 40 longues années de dictature. Ce nationalisme est pourtant bien vivace et s’impose – si besoin avec violence – aux autres peuples qui composent l’Espagne, sans oublier l’Amérique latine.

Nationalisme de riches ?

Certains disent que l’autodétermination de la Catalogne se fait sous la pression égoïste des riches qui ne veulent plus être solidaires du reste de l’Espagne, en particulier de ses régions les plus pauvres comme l’Andalousie. Le lien est donc facile à faire avec la N-VA et le Vlaams Belang en Flandre. Il existe en effet un nationalisme de ce type, mais ce n’est pas le courant majoritaire. La bourgeoisie catalane, ses organisations et ses personnalités les plus importantes, se sont clairement positionnées contre l’indépendance et font campagne en ce sens. Elles ont d’ailleurs agi en conséquence en délocalisant les sièges sociaux de centaines d’entreprises en dehors de la Catalogne.

A l’heure actuelle, le mouvement dominant en Catalogne est celui d’une aspiration démocratique profonde dénonçant un gouvernement espagnol de droite ainsi qu’un appareil d’Etat qui interfère systématiquement avec l’autonomie catalane. Cet appareil d’Etat nie les libertés démocratiques et ignore le droit à l’autodétermination. Ces dernières années, les Catalans ont subi toute une série de petits (et grands) harcèlements et humiliations de la part du régime de 1978 (voir plus loin dans l’article pour plus d’explications) qui a contribué à la naissance d’un sentiment de discrimination national et culturel. Avec la crise économique, ce sentiment n’a fait que se renforcer.

Le parlement Catalan a ainsi voté ces dernières années une série de lois (une soixantaine) qui ont toutes été annulées par la Cour Constitutionnelle suite à des plaintes du Parti Populaire (Partido Popular). Toutes ces lois avaient un caractère progressiste (contre les expulsions de logement, contre la pauvreté énergétique, pour un plafonnement des loyers etc.)

La « constitution » Catalane, l’Estatut de 2010, établissait dans son préambule que la Catalogne est une « nation » là où la constitution espagnole parle d’une « nationalité ». Cette partie a elle aussi  été annulée par la Cour Constitutionnelle.

Il y a également eu des cas de personnes interpellées par la police nationale (espagnole) car elles lui parlaient en Catalan.

Mais plus important encore, il existait un espoir d’inversion politique et de profonds changements dans tout le pays lors des élections du Parlement national en 2015 et 2016. La Catalogne a voté principalement pour la gauche, c’est à dire pour le ECP, une alliance entre le parti de la bourgmestre de Barcelone (Ada Colau), Podemos et ICV. La frustration a donc été grande lors de la mise en place du gouvernement minoritaire de la droite espagnole avec le PP et Ciudadanos. La seule issue que les Catalans voient en ce moment pour se libérer du régime de 1978 est donc… l’indépendance.

Avec le référendum du 1er octobre, c’est avant tout une aspiration démocratique et un vote pour la république qui s’est exprimé chez les Catalans. Il est tout à fait remarquable que, cette fois-ci,  des électeurs venant de quartiers peuplés d’immigrés espagnols intérieurs se soient  aussi exprimés pour le ‘oui’. C’est extrêmement progressiste. Les pompiers et les dockers se sont également mobilisés dans la rue afin d’y faire campagne pour le « Si ». Comment ce mouvement pourrait-il être celui de riches catalans égoïstes alors que les syndicats et les organisations de gauche ont manifesté ces dernières semaines dans toute  l’Espagne en appelant à la solidarité ? Si le contenu de ce vote n’était pas de gauche, pourquoi le député Diego Canamero, leader des travailleurs agricoles pauvres d’Andalousie, aurait-t-il pris position pour le « Oui » ? Pourquoi le Sindicato Andaluz de Trabajadores (qui s’occupe principalement des travailleurs agricoles pauvres) soutiendrait-il l’autodétermination des Catalans ?

La constitution de 1978

La constitution de 1978 ne reconnait pas la possibilité d’un référendum pour l’autodétermination. Un tel référendum n’est donc pas légal (même s’il reste tout de même bien démocratique).  Il y a en fait une bonne (en réalité une mauvaise) raison à cette interdiction. La constitution organise une soi-disant transition de la dictature de Franco à une démocratie parlementaire bourgeoise LIMITEE. Cependant, la constitution, tout comme le système juridique, contient encore des lois qui ont été des éléments constitutifs de la dictature de Franco. Ce régime a d’ailleurs été particulièrement remis en question dans la rue ces dernières années. Les principales caractéristiques de cette constitution sont :

  1. La famille royale, qui a réussi à s’imposer grâce à un soulèvement militaire fasciste et une longue et sanglante guerre civile dans les années 1930.
  2. L’unité et l’indivisibilité de l’Espagne, garantie par l’armée. Quand on sait qu’il existe un nationalisme espagnol autoritaire et réactionnaire qui s’impose aux autres peuples et  nations (comme les Basques, les Andalous, les Galiciens, les Catalans) qui composent l’Etat espagnol, on comprend ce que signifie réellement cette constitution : elle représente le déni d’une demande historique de la part de la gauche en Espagne pour le droit à l’autodétermination des peuples (cette demande figurait dans le programme du PSOE dans les années 1970).
  3. Une amnistie totale pour toutes les personnes responsables de 40 années de crimes, de tortures, de répressions, de meurtres etc. pendant la dictature. Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre eux ont conservé leur place, leur fonction et leurs privilèges dans l’appareil d’Etat. En d’autres termes, l’appareil d’Etat n’a jamais été nettoyé des partisans du Généralissime Franco. Amnesty International combat d’ailleurs cette loi d’amnistie depuis des années en Espagne.

Ce régime de 1978 vit ses derniers instants. Partout en Espagne, et particulièrement parmi les jeunes, il est remis en question. Le mouvement des Indignés a également contesté profondément ces institutions. C’est désormais le cas en Catalogne.

Pour toutes ces raisons, les gauches de Flandre, Bruxelles et de Wallonie auraient tout intérêt à soutenir la lutte démocratique des Catalans pour une république indépendante et à la voir comme un premier pas vers une république fédérale dans toute l’Espagne. C’est un moyen d’affaiblir la droite et de se débarrasser du gouvernement de Rajoy.

En tant que Marxistes, nous donnons naturellement une nature sociale (c’est-à-dire anticapitaliste) et socialiste à cette république. C’est pourquoi tout bon démocrate doit réagir avec horreur à l’application de l’article 155 de la constitution, véritable coup « constitutionnel » contre la Catalogne