1 an plus tard : Rima Alaf sur FB


Traduction via Deepl

J’ai écrit un long fil de discussion sur la #Syrie sur twitter il y a un an pour le 20e anniversaire de sa métamorphose officielle en république héréditaire – je vais le RT après ceci.

Depuis lors, aucune des questions fondamentales ou des problèmes de fond n’ont changé, mais les développements récents pourraient vous faire penser le contraire. /1

Bachar Assad affirme avoir été « réélu », alors qu’il n’a jamais été élu. Si vous connaissez un tant soit peu la Syrie, vous savez qu’il n’y a pas eu d’élections depuis le coup d’État militaire du Baas en 1963. La farce est devenue encore plus flagrante avec les Assad. /2

Entre-temps, la normalisation avec le régime le plus meurtrier du XXIe siècle semble faire fureur. Plusieurs pays flirtent ouvertement avec le maniaque du génocide, lui faisant miroiter la possibilité de rouvrir leurs ambassades à Damas au niveau des chargés d’affaires… pour l’instant. /3

Certains Européens prétendent maintenant que tout va bien en Syrie, afin de pouvoir y renvoyer des Syriens. Adoptant un récit d’après-guerre qui est de la musique aux oreilles d’Assad, de Poutine et de Khameini, ils trouvent Damas assez sûre pour les Syriens terrifiés qui avaient fui, mais pas assez sûre pour les diplomates danois. /4

Les pays du Golfe, qui n’ont jamais accueilli de réfugiés syriens en premier lieu, jouent ouvertement au ballon avec Bachar Assad. Ramenez-le à la Ligue arabe, disent-ils. Assez de cette absurdité de liberté révolutionnaire, prient-ils. Amen à cela, hochement de tête des autres autoritaires proches et lointains. /5

Les alliés de Poutine s’amusent tous à faire ce qu’ils font le mieux, car pourquoi pas ? Forcer les avions de ligne civils à atterrir et arrêter les passagers – qui « avouent » ensuite de grandes conspirations à la télévision biélorusse – est maintenant une chose. De nouveaux précédents. Que pourrait-il bien se passer ? /6

Pourtant, l’administration Biden ne pourrait pas être moins intéressée par la Syrie ou par les ravages causés par le régime dans la région et au-delà. Personne à Washington n’a reçu le mémo selon lequel ce qui s’est passé en Syrie n’est pas resté et ne restera pas en Syrie ; sur ce point, en dehors de la question iranienne, Biden = Trump = Obama. /7

Le régime iranien attend son heure, en attendant le nouvel accord nucléaire et ses avantages annexes : tous les risques qu’il a pris, tous les investissements qu’il a faits ont porté leurs fruits. Le Hezbollah règne en maître, l’ingénierie démographique a changé la Syrie à jamais, et l’influence de l’IRGC sur l’Irak est inégalée. /8

La « communauté internationale » se dit impuissante et déplore les souffrances des Syriens, mais le boucher de la Syrie – auteur avéré de massacres chimiques, de bombardements en tapis, de sièges, de tortures et d’annihilation d’hôpitaux – a rejoint le conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé. /9

7 ans de malchance ? Les Syriens ont enduré 21 ans sous le régime de Bachar Assad, mais on leur demande d’en avaler encore plus alors que le narcissisme malin du génocidaire atteint de nouveaux sommets. Le problème, c’est que ces satanés Syriens croient encore qu’ils méritent une vie digne. Imaginez ça. /10

Rima Alaf : J’ai écrit ce fil de 30 tweets à l’occasion de l’ascension de Bachar Assad sur le trône syrien il y a 20 ans.


Sur Twitter traduction via Deepl

Rima Alaf


Il y a 20 ans aujourd’hui, j’étais dans un salon de coiffure de Damas quand une assistante s’est précipitée pour nous annoncer la mort d’Hafez Assad. Ce que j’ai vu et vécu dans les jours et les années qui ont suivi est gravé dans ma mémoire. Ce fil n’est qu’un aperçu de la vie en #Syrie à l’époque et de la lente descente vers l’implosion. /1

Hafez a commencé à préparer le terrain pour son deuxième fils Bachar en 1994, lorsque l’héritier initial Bassel a été tué dans un accident de voiture. Alors que l’ascension fulgurante de Bachar dans les rangs de l’armée et ses premières apparitions publiques à la fin des années 90 préparaient les gens, Hafez était occupé à débarrasser les rangs du régime de tout prétendant potentiel. /2

Les grands noms que les Syriens avaient appris à craindre, de Hekmat Shehabi au redoutable chef des services de renseignement Ali Douba, ont été officiellement mis à la retraite pour s’assurer que seuls les hommes les plus loyaux et les moins ambitieux restent en place. Bachar n’a jamais eu à combattre une « vieille garde » dans les années qui ont suivi, comme l’ont prétendu certains médias désemparés. /3

Moins d’une heure après la mort d’Hafez, le Parlement a tenu une session télévisée spéciale pour modifier la Constitution. En 5 minutes, l’âge requis pour la présidence a été abaissé de 40 à 34 ans, l’âge de Bachar. Nous avons tous regardé en silence, stupéfaits : nous nous y attendions, mais c’était quand même humiliant. /4

Lorsque Bassel est mort, Hafez Assad a obligé le pays tout entier à fermer ses portes et à porter le deuil pendant 40 jours. Ainsi, lorsque Hafez est mort, les Syriens se sont mis en mode d’auto-préservation : en quelques heures, les rues se sont vidées et les magasins ont fermé, tandis que les gens restés chez eux étaient rivés à leur télévision, essayant d’interpréter les événements. /5

Il s’est avéré que Bachar se moquait bien que les gens pleurent « l’éternel leader » tant qu’ils acclamaient « l’espoir » – le joli surnom que ses proches ont répandu pour que nous le répétions. Bashar était dénué d’émotion, voire désinvolte lors des funérailles, un peu ingrat au regard de son lourd héritage. /6

Les formalités de l' »élection » de Bachar ont eu lieu le mois suivant, et beaucoup auraient voulu que l’histoire se termine par « et nous avons tous vécu heureux pour toujours »… mais ce ne fut pas le cas. Pour commencer, le culte de la personnalité imposé sous Hafez n’était rien en comparaison de ce qu’exigeait Bashar. /7

Hafez aimait être craint, mais Bashar voulait absolument être admiré. Au fil des ans, il a mis sur la touche toute personnalité syrienne qui s’approchait un tant soit peu de la popularité ou, Dieu nous en préserve, de l’ombre du roi. Ce n’est pas pour rien que les vieux dinosaures baathistes en bois sont toujours ses principaux ministres et conseillers. /8

Pour être admiré, Bashar s’est efforcé d’être cool. Les rumeurs sur l’éthique du travail, l’amour de la technologie et l’humilité, l’épouse, le logement, les interviews, les cafés, la modernité, les affiches apparaissant comme par magie « contre sa volonté » – tout était destiné à dégager une impression de fraîcheur. /9

Avant la mort d’Hafez, j’ai fait partie des quelques milliers de Syriens qui ont acheté un téléphone portable. Pour ce privilège, en plus du coût du téléphone (il est illégal d’en faire venir un de l’étranger) et de divers frais, j’ai payé 1200 dollars à Syriatel pour avoir un numéro. C’est ainsi que Rami est devenu cool lui aussi. /10

En tant que gestionnaire de portefeuille des clans Assad et Makhlouf, Rami était l' »homme d’affaires » le plus visible et le plus puissant. Mais tous les enfants des copains Hafez sont devenus les nouveaux hommes d’affaires de l’ère Bachar – non pas que ce soit un exploit d’entrepreneuriat sans concurrence autorisée. /11

La soi-disant ouverture économique n’était qu’une économie capitaliste de copinage erratique permettant à quelques-uns de mener la belle vie. Alors qu’ils assistaient à l’accumulation de richesses obscènes autour d’eux, les Syriens commençaient à être confrontés à la hausse des prix, à la diminution de leurs moyens, à une situation de logement lamentable et à un cauchemar en matière de transport. /12

Dès le début, Bashar a affirmé que l’économie serait réformée ; si c’était là une réforme, imaginez le reste. Il y a eu quelques banques privées, quelques médias, quelques écoles privées – rien de tout cela n’a eu d’effet sur la vie des Syriens ordinaires. Sur le front politique, des mots vides. /13

Certains ont osé défier le bluff de Bashar. En septembre 2000, 99 intellectuels syriens courageux ont signé une déclaration lui demandant de lever l’état d’urgence (en vigueur depuis 1963), de libérer les prisonniers politiques, de permettre la liberté d’expression… Si vous connaissez la Syrie, vous savez où cela mène. /14

Les Syriens ont attendu ces libertés et droits fondamentaux pendant toute une décennie, et l’ont payé cher. Pendant que Rami s’emparait du moindre centime réalisé ou entrant en Syrie, Bashar arrêtait les Syriens qui osaient s’exprimer et remplissait les prisons de prisonniers de conscience. /15

Le Printemps de Damas, comme nous l’appelons, s’est rapidement transformé en un Hiver de Damas. De nombreuses anciennes figures de l’opposition que le monde a découvertes en 2011 avaient été des prisonniers de conscience pendant des années – sous le père puis le fils – pour « affaiblissement du sentiment national. » Défier Bashar était verboten. /16

À l’étranger, Bachar a joué les hommes d’État avec un effet désastreux, donnant des interviews absurdes et pontifiant sur les affaires mondiales. Plaideur de premier ordre, il nie fastidieusement toute action en disant « ce n’est pas logique ». Il a provoqué la colère des Etats-Unis en envoyant des combattants en Irak … /17

… même s’il a voté la résolution 1441 lors de son passage au Conseil de sécurité, donnant aux Etats-Unis l’unanimité qu’ils recherchaient et la justification dont ils avaient besoin pour envahir l’Irak quelques mois plus tard (Bachar veut toujours se faire désirer, et si ça ne marche pas, il fait tout pour se faire remarquer). /18

Et puis, il y avait le Liban, où il avait semé le désordre depuis le jour où il avait hérité de son royaume. En 2004, il a forcé le parlement libanais à prolonger de 3 ans (de manière inconstitutionnelle) le mandat du président de l’époque, Emile Lahoud, et en février 2005, avec son allié toujours plus fort, le Hezbollah, … /19

… il a tué Rafic Hariri, déclenchant ainsi une série d’autres assassinats et de bouleversements, ainsi que le retrait forcé des soldats syriens qui étaient présents dans le pays depuis les années 1970. Lorsque des Syriens courageux ont osé soutenir leurs homologues libanais, il les a jetés en prison, une fois de plus. /20

Les Syriens ont regardé les manifestants libanais insulter publiquement Bashar, faisant trembler le régime pour la première fois. C’est alors que les affiches « menhebak » (nous t’aimons) ont commencé à apparaître, et que le régime a commencé à colporter le syrianisme (en gros, la Syrie d’abord) pour remplacer l’arabisme baasiste. /21

Après la retraite précipitée du Liban, Bashar a promis aux Syriens que de grands changements allaient se produire. Nous ne retenions pas notre souffle, mais lorsqu’il a ensuite convoqué un congrès du parti Baas (le premier depuis 2000), certains ont à nouveau osé espérer que le régime avait enfin appris sa leçon. Ils étaient stupides. /22

Le Congrès a déclaré que l’économie (officiellement socialiste pour le peuple, capitaliste pour l’élite dirigeante) serait dorénavant connue sous le nom d' »économie sociale de marché », un non sens. La pauvreté continue à augmenter, la société de velours continue à siroter des frappuccinos au Four Seasons. /23

Ostracisé par l’ensemble de la région et du monde, Bachar est sauvé par le tristement célèbre assaut du Hezbollah sur Beyrouth en mai 2008, qui débouche sur un accord de réconciliation parrainé par le Qatar, menant lui-même à sa réintégration dans la communauté internationale et à une invitation à Paris. /24

Plus la tête de Bachar grossissait au niveau régional, plus ses actions augmentaient le désespoir et la disparité des Syriens. Et lorsqu’il a déclaré au WSJ, début 2011, que la Syrie était immunisée contre le printemps arabe, les enfants de Deraa ont pointé du doigt l’empereur nu et ont écrit : c’est ton tour. /25

Les Syriens ont enduré des difficultés étouffantes pendant des décennies de tyrannie Assad avant de commencer la révolution – une révolution dans tous les sens du terme. Pour comprendre ce déchaînement apparemment soudain de l’esprit libre syrien, il faut connaître la décennie qui l’a précédé. /26

Ce fil ne fait qu’effleurer la trajectoire de Bachar Assad et de la Syrie, sur laquelle j’ai fait des recherches pendant des années à Chatham House, et dont j’ai parlé dans des centaines d’articles, de conférences et d’interviews. Une expertise sur les affaires syriennes est nécessaire, surtout de la part des Syriens. /27

Hafez Assad lui a légué une république héréditaire ; Bachar a pris cet énorme fonds fiduciaire et l’a détruit en l’espace de 20 ans, petit à petit, d’abord par un abandon inconsidéré, puis avec toutes les armes de terreur et de destruction massive. /28

Ce régime glouton, incompétent et barbare n’est pas réformable et a prouvé à maintes reprises qu’il utiliserait tous les moyens à sa disposition pour maintenir son pouvoir violent, 50 ans après. Depuis mars 2011, la plupart des Syriens ont tout sacrifié pour se libérer, avec peu d’aide. /29

Alors que le monde repense son engagement sélectif à combattre l’injustice et à faire respecter les droits de l’homme, après la révélation de crimes horribles sur des civils non armés, il devrait aider les Syriens à obtenir justice eux aussi. Pour cela, le 20e anniversaire de Bachar Assad au pouvoir doit être son dernier. /30

1981 : l’assassinat de Naïm Khader


Yves ROUYET Yves ROUYETil y a 3 ans

Il y a des plaques commémoratives que l’on aimerait ne jamais devoir apposer.  Ce sont celles qui nous rappellent un événement douloureux. Mais ces plaques, au-delà du drame, sont plus essentielles que jamais car elles nous aident à nous souvenir de causes justes et du nom des personnalités, tombées pour les défendre.

Une personnalité que nul n’a oubliée à Bruxelles, c’est Naïm Khader. Sa cause, sans doute la plus noble de toutes : la paix.

Né en 1939  dans la petite ville de Cisjordanie Zababdeh au sein d’une famille chrétienne, Naïm Khader parti rejoindre son frère étudier le droit à l’Université Catholique de Louvain. Proche du leader Palestinien Yasser Arafat, il fut naturellement désigné premier représentant de l’Organisation de Libération de la Palestine en Belgique. Selon le journal Le Monde, « son rôle à Bruxelles, capitale du Marché commun, était important, et son influence dans les milieux diplomatiques arabes était déterminante. »
Pendant plus de 10 ans, il a relayé les position de l’OLP et défendu avec vigueur les droits du peuple Palestinien. Plaidant même pour la lutte armée afin de créer un rapport de forces. Mais, dans le même temps, il condamnait les actes terroristes comme l’assassinat d’enfants juifs à Anvers en 1980 ou l’agression de la Synagogue de la rue Copernic à Paris. Considéré comme « modéré », il était ouvert au dialogue, notamment avec la communauté juive en ce compris des militants sionistes, afin d’envisager une sortie de crise digne et équilibrée pour les deux parties : Israéliens et Palestiniens.

Le 1er juin 1981 à 9h du matin, Naïm Khader fut assassiné, devant son domicile du n°5 de la rue des Scarabées à Ixelles, dans le quartier de l’Université. Abattu de 5 balles de gros calibre en sortant de chez lui. Des témoins tentèrent de poursuivre le tueur. Celui-ci abandonna un parapluie et un imperméable avenue Huysmans, éléments qui servirent l’enquête. Avenue de l’université, ils perdirent sa trace. Un portrait robot est dressé, un avis de recherche international est lancé. Finalement, l’assassin est retrouvé quelques mois plus tard en Autriche où il avait été arrêté pour l’assassinat d’un responsable du gouvernement de Vienne un mois avant la mort de Khader et un attentat contre une synagogue fin août. Il fut jugé 18 ans plus tard à Bruxelles, après avoir purgé sa peine à Vienne.

Naïm Khader était le 12ème représentant de l’OLP assassiné en Europe ! On connait le tueur, c’est un pro. Mais qui étaient les commanditaires ? Parmi les thèses les plus régulièrement avancées, le journal Le Soir cite notamment les services secrets israéliens et le groupe palestinien dissident radical d’Abou Nidal. Et peut-être un mixte des deux : le groupe d’Abou Nidal infiltré par le Mossad…

Décrit comme cultivé, charismatique, convainquant, sincère, sans aucune langue de bois, Naïm Khader a, plus que d’autres diplomates, visiblement marqué ses interlocuteurs. Même ses adversaires, qui s’en souviennent encore aujourd’hui, plus de 36 ans après sa disparition, avec émotion. Lire La Libre du 6 juin 2016 et  Le Soir du 15 mars 1999.

Ce lundi 16 avril 2018, une plaque commémorative est apposée avenue des Scarabées. En présence d’une délégation de Zababdeh, la ville natale de Khader, jumelée depuis 2003 avec Ixelles.

Illustration (c) RTBF 1971

source

Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne


vendredi 17 juin 2011 – 09h:44

Rudi Barnet

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Dans cette période troublée où le journaliste doit manifester la plus grande prudence dans le compte-rendu des événements du Moyen-Orient et éviter de choquer l’opinion publique, il est bon de rappeler quelques principes et règles qui permettront de parer aux critiques. Correctement appliquées, les préceptes et conseils ci-dessous vous éviteront d’être accusé d’opinion tendancieuse.

Pense-bête à l’usage du journaliste chargé du Moyen-Orient

 ? Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

 ? Quand l’armée israélienne tue des civils arabes, c’est toujours en état de légitime défense. Quand des civils israéliens sont tués, cela s’appelle du terrorisme.

 ? Les Israéliens n’enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.

Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

 ? Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens ! S’ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

 ? Il n’est pas convenable de mentionner le nombre prisonniers palestiniens (6000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de terroristes ou supposés terroristes.

 ? Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

 ? Quand vous mentionnez le « Hezbollah », toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.

Mais quand vous parlez d’Israël, il est superflu d’ajouter soutenu par les USA et l’Europe. On pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

 ? Ne pas utiliser le terme « territoires occupés » mais territoires contestés. A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

 ? Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël. Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye… Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

 ? Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d’utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

 ? Il est de bon ton de laisser entendre que le « Hamas » est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l’État d’Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).

Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

 ? Il n’est pas indiqué de signaler qu’Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

 ? Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d’implantations.

 ? Afin d’affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l’expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

 ? Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l’Iran, il n’est pas utile d’insister sur l’arsenal nucléaire militaire israélien… Et surtout pas de signaler que c’est la 6ème puissance mondiale dans ce domaine.

 ? Quand vous devez faire état du refus palestinien d’agréer les conditions israéliennes pour l’arrêt des hostilités, toujours ajouter que « Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix »… Si possible sur un ton de regret.

 ? Si vous êtes appelé à citer le « mur de séparation », ne jamais mentionner qu’il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes… Et éviter surtout de citer la condamnation du « Tribunal International de Justice » exigeant son démantèlement.

 ? Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants… Toujours parler d’activistes. Même s’ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

 ? Au cas ou vous seriez amené à reparler de « Plomb Durci », toujours reprendre la thèse israélienne : c’est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez « unilatéralement » pour une meilleure compréhension)… et qu’Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

 ? En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles « cette flottille de soi-disant pacifistes » ou « acte de provocation« … et surtout évitez les commentaires du style « blocus illégal d’Israël, condamné par l’ONU ».

 ? Si vous en avez l’occasion, affirmez qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Évitez, évidemment, d’ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

 ? Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en État Juif, excluant de facto les 20% de musulmans de la population. Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

 ? Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d’en aviser les responsables de votre média. C’est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites.

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LA MORT EST LEUR METIER


18 mai 2021

Par Gideon Levy

S’il y a une chose sur laquelle tous les Israéliens (juifs) sont bien d’accord, c’est le déclenchement d’une guerre. Presque une semaine s’est écoulée et personne ne s’oppose à cette guerre horrible, pas même les dirigeants [dits] de centre-gauche Yair Lapid, Merav Michaeli et Nitzan Horowitz.

Ils s’en prennent à Benjamin Netanyahu (pas besoin d’être courageux pour oser cela) ils expriment leur chagrin pour nos souffrances, mais pas un mot sur cette guerre criminelle délibérément lancée et avec tous ces morts, sans savoir quel minuscule avantage elle pourrait donner à Israël. Encore une fois, c’est la preuve qu’il n’y a pas de camp de la paix en Israël, pas même la plus minuscule des huttes.

Les commentateurs à la télévision se croient dans “Apocalypse Now”, des hordes de généraux à la retraite et d’agents du Shin Bet éructant un chœur uniforme et répugnant. La salive coule et les yeux clignotent, levés vers les pilotes glorieux qui ont réussi à esquiver et à détruire la défense aérienne sophistiquée de l’ennemi, à savoir deux cerfs-volants réduits en pièces lors d’une bonne journée.

Le bombardement de la favela impuissante de Gaza est “la preuve que notre force aérienne est la meilleure du monde”, a déclaré un présentateur de haut niveau d’une voix tremblante d’émotion.

Et les résultats ne sont pas affichés. Les Israéliens n’ont aucune idée de ce qui se passe à Gaza, pas une idée de ce que les militaires font en leur nom. C’est pourquoi ils en veulent encore plus, pourquoi ils sont si sûrs de la justice de leur cause.

Nous pouvons supposer que si davantage d’Israéliens voyaient les images de Gaza, au moins certains d’entre eux crieraient et appelleraient à l’arrêt de cette horreur.

J’ai reçu des photos des corps mutilés de 40 enfants, la récolte de vendredi soir à Gaza. Vous ne pouvez pas garder le silence après avoir visionné ces photos. Mais laissons de côté l’humanité pour le moment, elle n’a aucune importance en temps de guerre.

La question est, à quoi tout cela sert-il ? Que se serait-il passé si Israël n’avait pas provoqué les Palestiniens à Jérusalem ? Et que se serait-il passé si, même après ces provocations, il avait ravalé sa fierté et éloigné ses policiers violents et agressifs de l’enceinte d’Al-Aqsa, ou n’avait pas bombardé des immeubles de grande hauteur à Gaza, pour éviter une guerre ?

Que se serait-il passé s’il faisait preuve de retenue ? Serait-il plus puissant maintenant ? Le Hamas est-il plus faible ? Ou a-t-il été affaibli militairement mais renforcé politiquement à un niveau sans précédent ?

Le Hamas est le héros de l’heure, pas Israël. Et en ce qui concerne la dissuasion, mère de toutes les excuses pour chaque guerre à Gaza, regardez comment cela a fonctionné la dernière fois qu’ils nous ont parlé de dissuasion, pendant la guerre de 2014. Le Hamas prétendument dissuadé a plus que doublé sa puissance militaire, ainsi que son audace.

Le Hamas serait également responsable de crimes de guerre, mais surtout, notez-le bien, contre son propre peuple. Construire une machine de guerre contre l’armée israélienne sans aucune protection de la population peut être considéré comme un crime contre l’humanité.

Mais nous sommes israéliens, nous devons donc discuter de nos propres crimes de guerre. Ceux-ci s’accumulent dans l’opération actuelle, qui pendant un moment a semblé être menée avec plus de circonspection que celles qui l’avaient précédé. À présent, le sang de dizaines d’enfants de Gaza coule dans les rues, résultat des crimes de nos pilotes et de nos soldats.

Si les pilotes pouvaient voir les photos des enfants qu’ils ont tués, si les commandants des bases aériennes qui sont apparus vendredi soir dans tous les studios de télévision, avec leur éloquence moelleuse et révoltante, voyaient ces images, que diraient-ils ? Qu’il n’y avait pas le choix ?

Maintenant, nous pouvons attendre le vendredi noir qui se produit toujours à la fin d’une guerre à Gaza. Cela améliorera l’équilibre du sang qui a déjà pris des proportions monstrueuses.

De toutes les photos terribles, une vidéo du nord de Gaza, prise jeudi soir, est restée gravée dans ma mémoire. La caméra était immobile, enregistrant des masses de personnes fuyant vers le sud, craignant une frappe aérienne.

Il était tard dans la nuit et les gens portaient des sacs en plastique et des bébés, une mer de gens qui fuyaient pour sauver leur vie, ni pour la première fois, ni pour la dernière, la plupart d’entre eux n’ayant pas d’endroit où retourner. L’un d’eux a soudainement sauté sur la route pour sauver un chaton… un moment exceptionnel d’humanité.

Nous devrions regarder de face ces images. Qu’est-ce qui nous donne le droit de faire tout cela ? D’où cela vient-il ?

A1Gidéon Lévy, né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.

16 mai 2021 – Haaretz – Traduction : Chronique de Palestine

Firas Kontar sur Israël/Palestine sur FB


 · les civils des deux côtés souffrent bien sûr mais il faut rappeler que plus de 90% des victimes civiles de ce conflit sont palestiniennes et que c’est le reflet d’une réalité : il y a un oppresseur et un opprimé.

Tant que l’état d’Israël continue d’occuper et de coloniser, Israël ne peut prétendre au statut de victime et l’offensive du Hamas que je déplore et je condamne ni change rien. Faire croire que le problème est le Hamas c’est faux, le Hamas n’est que conséquence du désespoir vécu par la population palestinienne. Le Front populaire de libération de la Palestine fondé par Georges Habache, un chrétien, a mené la lutte armée contre Israël au-delà des frontières de la Palestine bien avant le Hamas et cela en opposition à l’OLP d’Arafat.

On peut rappeler qu’Israël a liquidé le processus d’Oslo, Les dirigeants israéliens ont rejeté la main tendue de la ligue arabe en 2002 appelant à une normalisation en contrepartie de la fin de l’occupation des territoires de 1967. Résultat aujourd’hui nous n’avons jamais été aussi éloignés de la paix, la normalisation avec quelques états arabes n’y change rien, la région est confrontée à une nouvelle équation : la présence iranienne en Syrie en Irak au Liban au Yémen et l’alliance des Mollahs avec des factions palestiniennes à Gaza. Les roquettes envoyées depuis Gaza sont d’ailleurs un message de l’Iran sur sa capacité de nuisance, imaginez les milices iraniennes en Syrie et au Liban avec une puissance de feu bien supérieure à celle des factions palestiniennes à Gaza…

Si ces fronts n’ont pas encore été ouverts c’est parce que les iraniens ne veulent pas risquer une attaque directe contre les installations nucléaires du pays. Avec la dissuasion nucléaire, et ce n’est qu’une question de temps avant la bombe nucléaire iranienne, l’Iran pourra mener ses guerres au Moyen-Orient en limitant le risque d’attaque sur son territoire.

L’avenir du Moyen-Orient est sombre, rien ne laisse à penser à un début d’amélioration, l’ONU est en état de mort cérébrale et les différents belligérants et puissances ne sont pas en capacité d’œuvrer pour rétablir la stabilité et la paix dans les pays du Levant.

Ce qui guide les choix des différents belligérants sont les intérêts à court terme sans prendre en compte les notions de justice de droit et surtout le changement auquel aspirent les populations de la région. L’accord de désarmement chimique d’Assad après le massacre de la Ghouta en 2013, accord voulu par Obama est un indicateur de l’absence de toute notion de justice et de droit, marchander comme un vendeur de tapis le sang des enfants syriens morts gazés par le boucher de Damas était annonciateur d’un chaos durable conséquence de l’absence de justice, ça ne pouvait qu’accélérer la mort de l’ONU.

UPJB [Communiqué] Israël/Palestine


 La Belgique doit abandonner l’« équidistance » et agir conformément au Droit international

17/05/2021

Une fois de plus, des civils meurent en Palestine/Israël, principalement victimes des tirs de missiles venus de la bande de Gaza et, surtout, de bombardements massifs de l’armée israélienne sur ce territoire. Nous n’avons jamais eu aucune complaisance pour de tels actes touchant des non combattants, quelles qu’en soient les victimes. Ce sont des crimes de guerre. Mais nous refusons de renvoyer dos à dos Palestiniens et Israéliens comme si les responsabilités étaient également partagées.

Comme en 2008-2009, en 2012, et en 2014, tout semble avoir été fait par les dirigeants israéliens pour pousser le Hamas et le Djihad islamique à réagir agressivement.

Tout au long du mois de Ramadan qui vient de se terminer, les autorités israéliennes ont provoqué l’exaspération des Palestiniens de Jérusalem. Elles leur ont interdit le passage par la porte de Damas, leur principal accès vers la vieille ville de Jérusalem et donc vers l’esplanade des mosquées. Elles ont permis que des extrémistes israéliens se livrent à des manifestations particulièrement agressives à Jérusalem-Est, aux cris de « mort aux Arabes ! », en particulier dans le quartier de Sheikh Jarrah, pour célébrer le 53èmeanniversaire de la conquête de Jérusalem-Est par l’armée israélienne et pour y soutenir l’action judiciaire menée par leurs représentants au parlement, dans le but d’obtenir l’expulsion de centaines de Palestiniens des maisons où résident leurs familles depuis 1956. La police israélienne est violemment intervenue, en particulier sur l’esplanade des mosquées, blessant, parfois très gravement, des centaines de Palestiniens, y compris à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa, le troisième lieu le plus saint pour les musulmans.

L’exaspération des Palestiniens des territoires occupés s’explique plus fondamentalement par la durée interminable de l’occupation (54 ans !) et l’aggravation incessante des spoliations, limitations de mouvements et autres humiliations, qu’ils subissent du fait d’une colonisation qui s’amplifie continuellement. A quoi s’ajoutent, l’absence de libertés et de droits, les innombrables incursions de l’armée israélienne dans les territoires « autonomes », les assassinats « ciblés », les arrestations, les emprisonnements avec ou sans jugements, par des tribunaux régis par les lois israéliennes, toujours défavorables aux Palestiniens.

Des élections législatives et présidentielle palestiniennes auraient dû avoir lieu respectivement le 22 mai et le 31 juillet. Leur report, sine die, décidé par le président Abbas, alors que les Palestiniens des territoires occupés n’ont plus eu droit à des élections depuis 15 ans, n’a fait qu’exaspérer la population concernée. Les autorités politiques israéliennes partagent la responsabilité de l’annulation de ces élections par le refus d’en autoriser l’organisation à Jérusalem-Est.

Cette fois, la révolte a aussi éclaté chez les Palestiniens israéliens, qui constituent aujourd’hui plus de 20 % des citoyens de l’État d’Israël. Ces « Arabes israéliens » ont toujours été gravement discriminés, dans les lois et dans les faits, par rapport à leurs concitoyens juifs. Ces discriminations ont été consacrées en 2018, par le vote de la loi « fondamentale » sur « l’État-nation du peuple juif » qui stipule notamment que« le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif », que « Jérusalem, entière et unifiée, est la capitale d’Israël » et que « La langue de l’État est l’hébreu ».

Aujourd’hui, tous les Palestiniens qui vivent sous domination israélienne, qu’ils détiennent la citoyenneté israélienne ou qu’ils résident dans les territoires occupés, subissent, à des degrés divers, une situation d’apartheid, au sens reconnu à ce terme par le droit international.[1]C’est la conclusion à laquelle sont récemment parvenues L’ONG israélienne de défense des droits humains B’Tselem et l’association internationale Human Rights Watch.

L’Union des Progressistes Juifs de Belgique,  profondément attachée aux Droits humains et, en particulier, au droit de tous à une vie digne préservée de toutes les formes de racisme et de discriminations, réaffirme son soutien actif à tous ceux et toutes celles qui se battent, en Israël/Palestine et en Belgique, pour qu’advienne enfin une paix juste reconnaissant des droits égaux à tous les habitants de la Palestine/Israël et rendant justice, conformément aux résolutions onusiennes pertinentes, aux exilés palestiniens et à leurs descendants.

Nous demandons au gouvernement belge de reconnaître qu’Israël est devenu un État d’apartheid et d’en tirer les conséquences en agissant, dans toute la mesure de ses possibilités, conformément au Droit international, pour contribuer à mettre fin à ce crime contre l’humanité. L’État d’Israël doit être sanctionné politiquement et économiquement tant qu’il ne renoncera pas à l’occupation et à la colonisation des territoires qu’il occupe illégalement depuis 1967, au cruel blocus de la bande de Gaza et tant qu’il continuera à discriminer gravement ses propres citoyens non juifs.

Nous demandons aussi au gouvernement belge d’agir, dans toute la mesure de ses moyens, pour que justice soit enfin rendue aux Palestiniens expulsés de leur pays et à leurs descendants depuis 1948, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes de l’ONU. 

[1] Au sens de la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 30 novembre 1973.

source

Message de l’UPJB


sur Facebook

Michel Staszewski

Voici le message que j’ai adressé, au nom de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), à la foule réunie ce 15 mai place de l’Albertine, pour commémorer le 73ème anniversaire de la Nakba, l’expulsion de + de 80 % des Palestiniens du territoire conquis alors par les forces armées sionistes :

« Lorsque l’État d’Israël a été accepté comme membre de l’ONU, en 1949, ses dirigeants s’étaient engagés à permettre le retour des 750 à 800.000 Arabes palestiniens qui avaient fui ou qui avaient été chassés par les forces armées sionistes depuis le début de l’année 1948. Cet engagement n’a jamais été tenu. Au contraire, les expulsions ont continué… jusqu’à aujourd’hui, notamment à Jérusalem.

Les inconditionnels de la politique israélienne continuent d’affirmer qu’Israël est une démocratie.

Curieuse démocratie que celle qui a assuré la domination démographique des Juifs sur son territoire grâce à un nettoyage ethnique de grande ampleur.

Curieuse démocratie qui a toujours discriminé, par ses lois et dans les faits, les non-juifs devenus minoritaires sur son territoire.

Curieuse démocratie que celle qui maintient sous occupation militaire depuis 54 ans, sans droits politiques, plus de 5 millions de personnes.

Sur le territoire historique de la Palestine, entièrement sous domination israélienne depuis 1967, les Palestiniens sont désormais majoritaires. Mais, seul un quart d’entre eux, ceux qui sont citoyens de l’État d’Israël, ont des droits politiques, tout en étant fortement discriminés.

Israël n’est une démocratie que pour ses citoyens juifs. C’est en réalité, selon la définition juridique internationalement acceptée de ce terme, un État d’apartheid. L’apartheid est un crime contre l’humanité. Il est donc du devoir de tous les États de faire en sorte que ce crime cesse. Pour cela, les beaux discours ne servent à rien. Et ils nous écœurent quand ils persistent à se vouloir « équidistants». Il faut des actes, c’est-à-dire des sanctions économiques et politiques.

Nous demandons donc au gouvernement belge de reconnaître qu’Israël est devenu un État d’apartheid et d’en tirer les conséquences en agissant, dans toute la mesure de ses possibilités, conformément au Droit international, pour contribuer à mettre fin à ce crime contre l’humanité. L’État d’Israël doit être sanctionné politiquement et économiquement tant qu’il ne renoncera pas à l’occupation et à la colonisation des territoires qu’il occupe illégalement depuis 1967, au cruel blocus de la bande de Gaza et tant qu’il continuera à discriminer gravement ses propres citoyens non juifs.

A l’UPJB, nous disons aux dirigeants de l’État d’Israël qui se veut « l’État des Juifs » : vous ne nous représentez pas ! Ne parlez pas en notre nom ! « 

[Communiqué] La lutte contre l’antisémitisme est trop importante pour être laissée aux nationalistes israéliens


13/05/2021

Communiqué commun de l’Association belgo-palestinienne (ABP), de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) et de De-colonizer ASBL sur les accusations d’antisémitisme envers Rajae Maouane

Depuis 24 heures, la coprésidente d’Ecolo Rajae Maouane fait l’objet d’attaques d’une violence inouïe la part de la Ligue Belge contre l’Antisémitisme (LBCA). Son crime ?  Avoir posté mardi en “story” l’image d’un combattant palestinien faisant tournoyer un lance-pierre, sur une chanson d’accompagnement, ”Wein Al Malayeen”, succès de la chanteuse libanaise Julia Boutros composé suite à l’intervention israélienne de 1982 lors de la guerre du Liban, appelant à la résistance contre Israël. Pour la LBCA, ce post inciterait au « passage à l’acte antisémite», et serait «lepoint d’orgue d’un dévoiement antisémite constaté depuis plusieurs années dans le chef du parti des Verts ».

Un rapide examen des pièces du « dossier » suffit à dégonfler ces accusations. La chanson incriminée est bien un chant guerrier, mais elle ne contient nulle trace d’appels à la haine des Juifs et se focalise surtout sur la passivité des dirigeants arabes face à Israël, dont les crimes de guerre commis à l’époque étaient encore frais dans les mémoires. Et si les attaques contre des civils, quels qu’ils soient, sont évidemment condamnables, on voit mal  en quoi l’illustration d’un lanceur de pierre entouré de soldats pourrait signifier autre chose qu’un soutien au droit légitime des Palestiniens à la résistance. Par ailleurs, aucun positionnement d’Ecolo ne permet d’attester une supposée dérive antisémite de sa part.

Que la LBCA, dont l’engagement passé de son président Joël Rubinfeld à la droite radicale en Belgique et la proximité avec le camp nationaliste israélien sont notoires, use de pareilles méthodes ne devrait pas étonner. Il est plus surprenant que de nombreux médias aient relayé une accusation aussi vide de contenu, qui jette l’opprobre sur le mouvement de solidarité avec la cause palestinienne.

La lutte pour les droits des Palestiniens repose sur la défense du droit et des aspirations à la justice et à l’égalité. Elle est donc incompatible avec toute forme de racisme, et donc d’antisémitisme, lequel doit être dénoncé implacablement lorsqu’il se manifeste.

Avec tout autant de force doit être dénoncée l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme par les soutiens à l’entreprise coloniale et criminelle israélienne, en particulier dans la période actuelle si critique pour les victimes de celle-ci, laquelle appelle plus que jamais à une solidarité sans failles.

L’UPJB, l’ABP et De-Colonizer ASBL apportent leur soutien inconditionnel à la coprésidente d’Ecolo face aux calomnies dont elle fait l’objet, ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui font les frais des mêmes campagnes d’intimidation en raison de leur engagement pour les droits humains en Israël/Palestine.