Leila Shahid : « Shimon Peres a aussi contribué à tuer le camp de la paix »


L’ancien président d’Israël a certes permis la reconnaissance mutuelle entre les deux peuples avec les accords d’Oslo. Mais, selon la Palestinienne Leila Shahid, il a finalement abandonné le camp de la paix.

ila Shahid est ancienne ambassadrice de la Palestine en France. A ce titre, elle a côtoyé de nombreuses fois Shimon Peres, en particulier dans le cadre des négociations de paix israélo-palestiniennes. Elle revient sur la carrière de celui qui, selon elle, a certes voulu amener une reconnaissance mutuelle entre les deux peuples mais a finalement abandonné le camp de la paix.

C’est, avec la mort de Shimon Peres, le dernier « père fondateur » d’Israël qui disparaît, est-ce une page qui se tourne ?

Il est évident que nous venons de perdre en quelque sorte le « dernier Mohican ». Il est l’un de ces fondateurs du parti travailliste qui ont été les grands personnages politiques d’Israël depuis Ben Gourion jusqu’à lui en passant par Dayan, Rabin, Begin, Shamir…

Shimon Peres a joué un grand rôle dans l’histoire d’Israël, sur le plan politique et surtout diplomatique. Ce Polonais d’origine savait parler à l’Occident et s’intéressait bien davantage à la diplomatie qu’à la chose militaire

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La culture est un droit fondamental !


A vos ordres Monsieur Erdogan?

Ainsi donc, Monsieur Mayeur, bourgmestre de Bruxelles, a interdit aux citoyens belges d’origine kurde d’organiser un événement de leur « Semaine Culturelle » à la place d’Espagne… s’associant en cela à Monsieur Kir, son camarade bourgmestre de St Josse, qui avait lui aussi interdit à l’Institut kurde d’organiser des activités culturelles sur son territoire.

La décision de Monsieur Kir n’étonnera que ceux qui ignorent ses sympathies pour le régime de Monsieur Erdogan, sympathies qui l’ont mené à participer, en juillet dernier en Anatolie, à la « mobilisation populaire » initiée par le dictateur turc.

Du moins Monsieur Kir a-t-il notifié dans les règles, sans tergiverser, son refus de laisser s’exprimer la population d’origine kurde.
Ce n’est pas vraiment le cas de Monsieur Mayeur qui a fait part de son refus à un moment où les organisateurs n’avaient plus le temps de trouver une solution alternative… Soit trois mois après la demande et juste à quelques jours avant le début de l’évènement.

Les mauvais esprits, partisans du dictateur turc ça va de soi, diront que c’est bien joué d’avoir enfumé les organisateurs en leur laissant entendre pendant trois mois qu’il n’y aurait pas de problème, les services communaux donnant même leur accord pour la location de matériel technique et des mesures de sécurité ayant été concertées avec la police…
Et au dernier moment, pan!
Un rien pervers comme stratégie, non?

Monsieur Mayeur était pourtant parfaitement au courant qu’il s’agissait d’un spectacle de danses folkloriques, d’animations pour les enfants, de dégustation de mets typiques du Kurdistan… Et que la place d’Espagne est un lieu quasiment clos et facilement contrôlable.
Alors pourquoi cette interdiction de dernière minute?

Pas de réponse de Monsieur Mayeur, aucune motivation dans sa lettre de refus… Même le danger terroriste n’est pas invoqué, c’est vous dire.
L’effet de surprise, mon cher! L’effet de surprise… C’est imparable!

Pour mémoire, c’est le même bourgmestre qui avait, en 2015, autorisé le rassemblement des partisans islamistes d’Erdogan en arrêtant la circulation des trams dans l’avenue Louise… Et c’est la police de ce même bourgmestre qui, en juillet dernier, a autorisé un manifestant à utiliser le haut-parleur de leur voiture de patrouille, lors du rassemblement en soutien à Erdogan devant l’ambassade turque.

Il reste à l’Institut Kurde à déposer plainte au Conseil d’Etat… Ça doit rappeler des souvenirs aux militants de la Plate-forme Palestine de Charleroi qui avaient aussi déposé plainte à ce même Conseil après une interdiction du même ordre de Monsieur Magnette, bourgmestre de la ville.

Est-ce une nouvelle technique concertée de lutte contre la liberté d’expression?

Hé Jaurès! Reviens, ils ont perdu leur âme!

Rudi Barnet
(Septembre 2016)

Après l’interdiction non justifiée de quelques activités culturelles de la Semaine Culturelle du Kurdistan à Saint-Josse-ten-Noode, celles de la Place d’Espagne ont aussi été interdites. Le Collège du Bourgmestre et des Echevins de Bruxelles n’a donné aucune motivation pour cette décision. L’Institut Kurde n’accepte pas une telle décision injuste et tardive et a déposé une plainte auprès du Conseil d’Etat

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Citoyennes, féministes et musulmanes  


Citoyennes, féministes et musulmanes

Une opinion d’un collectif de citoyennes musulmanes(1).

En Belgique, les mesures en vue de refouler hors de la vie sociale les musulmanes portant le foulard se multiplient. Ne nous contraignez pas au repli communautaire, devenons des alliés.

Nous sommes des femmes qui vivons et agissons en Belgique. Nos pays d’origine, nos profils, engagements et centres d’intérêt sont très divers, mais les images que l’on produit de nous nous réduisent à une seule facette de notre identité dans laquelle on nous enferme : nous sommes musulmanes. Certaines d’entre nous se couvrent la tête d’un foulard que vous appelez « islamique ». Pour la plupart, nous sommes croyantes. Mais, toutes, nous nous sentons assignées à une identité fantasmée qui nous met systématiquement dans le même sac que des assassins. De là vient la solidarité qui nous soude aujourd’hui, notamment entre « voilées » et « non voilées ». C’est à partir de cette solidarité que nous nous adressons à vous. Et, aussi, à partir de toutes nos identités choisies, trop ignorées. Dont celle-ci : nous sommes féministes.

Nous vivons des temps difficiles. L’irruption sur le sol européen d’un terrorisme qui tue aveuglément au nom de l’islam a mis fin à l’illusion que nous pouvions nous tenir à l’écart des violences du monde. Que notre société cherche à se protéger, quoi de plus naturel ? Nos responsables répètent à l’envi qu’il faut éviter les amalgames et ne pas confondre une poignée de criminels avec la grande masse des musulman(e)s. Alors pourquoi a-t-on l’impression que c’est cette grande masse qui est systématiquement ciblée dans les discours et les pratiques ? La lamentable saga du « burkini » vient encore de l’illustrer. Tout ce vacarme pour quelques femmes qui ne se déshabillent pas comme il faudrait ! La pente naturelle de cette nouvelle hystérie française qui s’exporte déjà en Belgique, c’est l’interdiction des « signes religieux ostentatoires » dans tout l’espace public. Ça ne viserait une fois de plus que des femmes, pour l’immense majorité d’entre elles parfaitement inoffensives, et ça ne gênerait aucun terroriste en puissance. Est-ce ainsi qu’on pense éviter l’amalgame entre une toute petite minorité criminelle et l’ensemble de la population musulmane ?

Les interdits se multiplient

En Belgique, on n’a pas attendu le « burkini » pour prendre de multiples mesures en vue de refouler hors de la vie sociale les musulmanes portant le foulard. Les interdits se multiplient dans l’emploi comme dans l’enseignement. Dernières péripéties en date : à partir de la rentrée de septembre, deux écoles fréquentées par des adultes, à Bruxelles et à Liège(2), ont changé leur règlement d’ordre intérieur pour y interdire le foulard. Cela concernera plus d’une cinquantaine d’étudiantes en cours de scolarité. La Belgique va ici plus loin que la France qui limite l’interdiction du foulard à l’enseignement secondaire. Le candidat Sarkozy, qui court derrière le Front national, a déclaré vouloir étendre cette interdiction à l’enseignement supérieur. En Belgique, c’est déjà chose faite, sans aucun débat…

Seules des femmes sont concernées par toutes ces mesures. Ça ne vous choque pas ? Pourquoi aucun des interdits ne vise les « barbus » ? Ne serait-ce pas parce qu’il y a autant de barbes musulmanes que de barbes profanes et qu’il n’existe aucun moyen infaillible pour les distinguer ? N’est-ce pas là la preuve que la neutralité d’une apparence, cela ne veut rien dire et que la neutralité ou l’impartialité résident seulement dans les actes posés ?

Nous le voyons bien : ce foulard, celui de nos mères, de nos sœurs, de nos amies vous trouble. A la lumière du long combat des féministes d’Occident, mené notamment contre l’emprise d’une Eglise dominante, vous ne pouvez y voir qu’une régression. Nous devons à ce combat des libertés que nos mères et nos grands-mères n’auront souvent jamais connues. Nous pouvons désormais échapper à la tutelle masculine et nous ne nous en privons pas. En particulier, aucun homme, père, frère ou mari ne pourrait se permettre de nous imposer une tenue vestimentaire contre notre volonté – même si nous savons bien que ce n’est pas une règle générale. Toutes, nous sommes pleinement le produit de notre culture européenne, même si, pour beaucoup parmi nous, celle-ci est métissée d’un ailleurs. Pour celles d’entre nous qui le portent, le foulard ne saurait être un affront aux valeurs démocratiques puisque celles-ci sont aussi les nôtres. Il ne signifie absolument pas que nous jugerions « impudiques » les femmes qui s’habillent autrement. Comme féministes, nous défendrons toujours le droit des femmes d’ici et d’ailleurs à se construire leur propre chemin de vie, contre toutes les injonctions visant à les conformer de manière autoritaire à des prescriptions normatives.

Devenir des allié(e)s

Vous affirmez souvent que nos foulards sont des signes religieux. Mais qu’en savez-vous ? Certaines d’entre nous sont croyantes et pourtant ne le portent pas, ou plus. D’autres le portent dans la continuité d’un travail spirituel, ou par affirmation identitaire. D’autres encore par fidélité aux femmes de leur famille auxquelles ce foulard les relie. Souvent, toutes ces motivations s’imbriquent, s’enchaînent, évoluent dans le temps. Cette pluralité se traduit également dans les multiples manières de le porter. Pourquoi les femmes musulmanes échapperaient-elles à la diversité qui peut s’observer dans tous les groupes humains ?

Pourquoi vous raconter tout cela ? Pour que, à partir d’une meilleure compréhension mutuelle, nous puissions devenir vraiment des allié(e)s. Car nous ne serons jamais trop nombreuses pour combattre les injustices et les inégalités en tout genre, à commencer par celles qui frappent les femmes. Pour que vous cessiez de considérer celles d’entre nous qui portent le foulard comme, au choix, des mineures sous influence, des idiotes utiles ou des militantes perfides d’un dogme archaïque. Pour vous donner envie de nous rencontrer – toutes, et pas seulement celles qui ont les cheveux à l’air -, au lieu de nous tenir à l’écart et de nous contraindre ainsi au repli communautaire. Nous voulons vraiment faire société ensemble, avec nos ressemblances et nos différences. Chiche ?

—> (1) Sema Aydogan, Serpil Aygun, Layla Azzouzi, Malaa Ben Azzuz, Ouardia Derriche, Farah El Heilani, Khalissa El Abbadi, Tamimount Essaidi, Maria Florez Lopez, Marie Fontaine, Seyma Gelen, Malika Hamidi, Ihsane Haouach, Khaddija Haourigui, Eva Maria Jimenez Lamas, Julie Pascoët, Farida Tahar. Contact : citoyennesmusulmanes@gmail.com

—> (2) L’Institut d’enseignement de promotion sociale d’Uccle (Bruxelles), qui dépend de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et la Haute école de la province de Liège, qui dépend du pouvoir provincial. La plupart des Hautes écoles de l’enseignement officiel disposent déjà de tels règlements, ainsi – et c’est peut-être encore plus grave – que de très nombreux établissements de promotion sociale.

 

En exil, en prison, au chômage… que sont devenus les lanceurs d’alerte ?


En exil, en prison, au chômage… que sont devenus les lanceurs d’alerte ?

Daniel Ellsberg est considéré comme l'un des premiers lanceurs d'alerte. Les charges portées contre cet ancien analyste employé par l’administration américaine pendant la guerre du Viêt Nam ont été abandonnées. © Leon Neal, AFP

Daniel Ellsberg est considéré comme l’un des premiers lanceurs d’alerte. Les charges portées contre cet ancien analyste employé par l’administration américaine pendant la guerre du Viêt Nam ont été abandonnées. © Leon Neal, AFP

Vidéo par Marc PAUPE

Edward Snowden, Chelsea Manning, Stéphanie Gibaud… Que sont devenus les lanceurs d’alerte, dont la vie a changé radicalement le jour où ils ont fait leurs révélations ? Tour d’horizon des figures les plus marquantes de ces dernières années.

Ils ont en commun d’en avoir trop dit. Héros des temps modernes pour les uns, traîtres agissant au nom de la tyrannie de la transparence pour les autres, les principaux lanceurs d’alerte sont devenus de vraies célébrités. Quelques semaines après les révélations des « Panama Papers » et à l’heure où s’ouvre le procès d’Antoine Deltour, à l’origine du scandale des « Luxleaks », mardi 26 avril à Luxembourg, voici un petit tour d’horizon des lanceurs d’alerte à travers le monde.

N’est pas lanceur d’alerte qui veut. D’après la définition des sociologues français Francis Chateauraynaud et Didier Torny émise en 1999 dans l’ouvrage « Les Sombres précurseurs », le terme « lanceur d’alerte » désigne une personne qui estime avoir découvert des éléments qu’il considère comme menaçants pour l’homme, la société, l’économie ou l’environnement et décide, de manière désintéressée, de les porter à la connaissance d’instances officielles, d’associations ou de médias, parfois contre l’avis de sa hiérarchie.

Une définition qui reste tout de même large et prend aussi bien en compte des journalistes, chercheurs ou militants associatifs comme Denis Robert – journaliste à l’origine de l’affaire Clearstream -, Irène Frachon – médecin au CHU de Brest, à l’origine de l’affaire du Mediator – ou Erin Brockovich, qui a dévoilé l’affaire du chrome hexavalent dans l’eau potable de Hinkley, en Californie. En limitant les lanceurs d’alerte aux seules personnes qui se sont mises à dos les administrations ou entreprises dans lesquelles ils travaillaient, restent quelques grands noms à travers le monde.

Daniel Ellsberg, le précurseur

L’ancien analyste employé par l’administration américaine est considéré comme l’un des pionniers du genre. Après avoir alerté des sénateurs, sans succès, ce fonctionnaire fournit en 1971 au New York Times les « Pentagon Papers » : une somme de 7 000 documents top secret appartenant au Pentagone, qui révélent la face sombre de l’intervention américaine pendant la guerre du Viêt Nam. Il est alors poursuivi par l’État pour « vol, divulgation de secret d’État, conspiration et espionnage », mais les charges portées contre lui sont finalement abandonnées. Son intervention contribue au retrait des troupes américaines du Viêt-Nam deux ans plus tard. Daniel Ellsberg a été depuis auréolé de plusieurs prix, dont le prix Nobel alternatif en 2006. Son combat a également été porté à l’écran par Michael Mann sous le titre « The Insider », en 1999.

Chelsea Manning, l’auteur des révélations sur la guerre en Afghanistan, en prison

Chelsea Manning, née Bradley Manning, ancienne analyste militaire de l’armée des États-Unis de nationalité américano-britannique, est accusée en juillet 2010 d’avoir transmis à WikiLeaks des documents militaires classés secret-défense sur la guerre d’Afghanistan. Bradley Manning est condamné le 21 août 2013 à 35 ans de prison. L’ancien miliaire se déclare transgenre au lendemain de sa condamnation et entame des démarches pour changer d’identité et prendre le prénom de Chelsea. La lanceuse d’alerte est toujours en prison, même si son nom a été proposé par son cercle de soutiens au prix Nobel de la paix. Selon eux, Chelsea Manning aurait largement participé au retrait des troupes américaines en Irak.

Chelsea Manning a été condamnée le 21 août 2013 à 35 ans de prison. © Armée américaine, AFP

Edward Snowden, l’ennemi n°1 de la NSA en exil

Ce jeune consultant de la NSA, employé comme administrateur système, apporte de nombreuses révélations sur les programmes de surveillance de masse de l’agence de sécurité américaine en 2013, 2014 et 2015 par l’intermédiaire de journaux comme The Guardian, Washington Post, Der Spiegel ou The New York Times. Edward Snowden a notamment permis de porter à la connaissance du public en juin 2013 le système d’écoutes appelé PRISM, lancé en 2007 par le gouvernement américain pour surveiller les données des internautes sur des sites comme Google, Facebook, YouTube, Microsoft, Yahoo!, Skype, AOL et Apple.

Exilé en juin 2013 à Hong Kong, Edward Snowden a obtenu le 31 juillet 2013 l’asile temporaire en Russie, où il est toujours réfugié. Edward Snowden est toujours recherché par les États-Unis, où il risque trente ans de prison. Ses révélations ont déclenché une prise de conscience mondiale sur les techniques d’espionnage employées par la NSA.

L’ex-consultant de l’Agence de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden, encourt une peine de 30 ans de prison aux États-Unis. Il vit actuellement en exil en Russie. © The Guardian, AFP

Stéphanie Gibaud, le cauchemar d’UBS, au chômage

L’Europe n’est pas en reste question lanceur d’alerte. Stéphanie Gibaud, embauchée en 1999 par UBS France comme directrice de la communication, dénonce dès 2008 auprès de l’Inspection du travail puis auprès du procureur de la République les pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment de fraude fiscale en bande organisée d’UBS AG (Suisse), avec la complicité d’UBS France. Licenciée, la lanceuse d’alerte vit alors des minimas sociaux et se consacre aux lanceurs d’alerte. En 2014, elle devient membre fondateur et secrétaire générale de l’association Pila, une plateforme internationale des lanceurs d’alerte. Le 10 septembre 2015, Stéphanie Gibaud est nommée pour le Prix Sakharov 2015, aux côtés d’Edward Snowden et Antoine Deltour.

Stéphanie Gibaud, après avoir dénoncé des pratiques frauduleuses d’UBS, se retrouve aujourd’hui sans emploi. © Philippe Huguen, AFP

Antoine Deltour, le timide déclencheur du LuxLeaks, en procès

Le lanceur d’alerte Antoine Deltour encourt actuellement une peine de dix ans d’emprisonnement et plus d’un million d’euros d’amende pour avoir fourni à la presse des documents révélant des accords entre le fisc luxembourgeois et certaines multinationales. La révélation de l’ex-auditeur de la filiale luxembourgeoise du cabinet comptable PriceWaterhouseCooper, portée au petit écran par l’émission Cash Investigation diffusée sur France 2, déclenche le scandale des « Luxleaks ». À la suite de ce scandale, la Commission européenne a lancé en juin 2015 un plan d’action pour tenter d’harmoniser les 28 systèmes européens d’impôt sur les sociétés et pour lutter contre l’évasion fiscale des multinationales. Antoine Deltour comparaît depuis le 26 avril 2016 et jusqu’au 4 mai devant la justice luxembourgeoise.

 

Délit de consultation, blocage de sites : comment des élus LR veulent punir la « prédication subversive »


Crédits : Marc Rees (licence C-BY-SA 2.0)

Crédits : Marc Rees (licence C-BY-SA 2.0)

Délit de consultation, blocage de sites : comment des élus LR veulent punir la « prédication subversive »

Je pense donc j’essuie

La vague d’attentats en France est un terreau de premier choix pour les propositions législatives. En témoigne cette proposition de loi d’élus de l’opposition visant à pénaliser la « prédication subversive ». Un texte qui ne fait évidemment pas l’impasse sur l’univers des nouvelles technologies.

Nathalie Kosciusko-Morizet et plusieurs de ses collègues LR, dont Nicolas Dhuicq, Thierry Mariani, Élie Aboud ou encore Patrice Martin-Lalande ont déposé fin août une proposition de loi contre la radicalité politico-religieuse. Désormais accessible, l’initiative cible tout discours prêché, enseigné et diffusé « par des prédicateurs qui défendent la supériorité de leurs lois religieuses sur les principes constitutionnels et fondamentaux de la République, en prônant notamment une ségrégation identitaire et communautaire à rebours de l’État de droit ». Estimant qu’il s’agit là d’une « menace pour notre sécurité », ces parlementaires veulent donc déclarer hors-la-loi les auteurs de « prédication subversive ».

Prédication subversive ?

Rangée dans le tiroir « de l’attentat et du complot » dans le Code pénal, cette infraction serait constituée dès lors qu’un prêche, un enseignement ou une propagande quelconque porte une idéologie qui « fait prévaloir l’interprétation d’un texte religieux sur les principes constitutionnels et fondamentaux de la République ».

Il suffirait particulièrement que des paroles ou des écrits publics et réitérés soient porteurs de ces messages pour voir leur auteur encourir jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. L’infraction ne viserait que les textes religieux, non les autres univers de la pensée (philosophie, etc.), ce qui pourrait poser quelques problèmes de qualification.

« Pénaliser la prédication subversive, soutiennent les auteurs du texte, c’est offrir une base légale solide à la condamnation des prédicateurs d’idéologies politico-religieuses radicales et de leurs complices, ainsi qu’à l’interdiction des livres et la fermeture des lieux de culte, des associations et des sites internet qui diffusent ces idéologies ». Justement…

Serait complice celui qui consulte régulièrement un site de prédication subversive

NKM et ses collègues veulent qualifier de complice, non seulement celui qui « assiste volontairement et régulièrement au prêche ou à l’enseignement de cette idéologie » mais aussi celui qui se contente de consulter « volontairement et régulièrement des services de communication au public en ligne diffusant cette idéologie ». Un tel complice encourrait 3 ans d’emprisonnement et 50 000 euros d’amende.

Il s’agit donc là d’une extension de l’infraction de consultation de sites terroristes, tout juste créée par la loi du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé (et inscrite à l’article 421-2-5-2 du Code pénal).

L’article 4 de cette « PPL » veut d’ailleurs exploiter une autre brèche, celle permettant déjà à un juge des référés de prononcer l’arrêt d’un site faisant l’apologie du terrorisme ou provocant à de tels actes. La mesure parallèle au blocage administratif serait étendue à tous les sites de prédication.

Des conséquences dans la loi sur le renseignement

En cas d’adoption, ce texte aura aussi des conséquences dans la loi Renseignement. Explication : dans leur foulée, ces députés veulent ouvrir la possibilité de dissoudre administrativement toutes les associations ou groupements de fait « qui sont responsables d’un lieu de culte où la prédication est subversive », en accentuant en ce sens les pouvoirs de l’exécutif.

Or, la prévention « des actions tendant au maintien ou à la reconstitution de groupements dissous » fait justement partie des finalités dont plusieurs services du renseignement peuvent se prévaloir pour justifier de mesures intrusives.

Quels services ? Il s’agit évidemment des services du premier cercle, mais également ceux du second, à savoir ici l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), les services du renseignement territorial, la sous-direction de l’anticipation opérationnelle, celle de la sécurité intérieure et enfin celle du renseignement territorial.

 

LE VOILE N’EST PAS UNE OBLIGATION, A TRANCHÉ AL-AZHAR


source

L’université al-Azhar a définitivement mis fin au débat autour de l’obligation religieuse de porter le voile islamique qui couvre la tête en concluant qu’il s’agirait plus d’une habitude enracinée que d’un devoir religieux dicté par Dieu.

L’université d’Al-Azhar a accordé la mention excellent au Cheikh Mustafa Mohammed Rashid qui pour sa thèse de doctorat en charia et loi et qui a porté sur le thème du port du voile islamique en islam, entre obligation ou habitude. Le soutenant a conclu, à travers sa thèse, que le Hidjeb n’est pas une obligation religieuse, mais une habitude.

S’appuyant sur l’analyse des versets coraniques, utilisés pour mettre l’accent sur le devoir des femmes de porter le voile, le Docteur Mohamed Rachid a précisé que tous les versets n’ont jamais évoqué l’obligation de « se couvrir la tête pour les femmes » et qu’elles ont été énoncées « dans un contexte historique bien précis », en évoquant les versets adressés aux femmes du prophète QSSSL, ainsi qu’à ses fidèles, à l’époque.

Mettant en exergue l’interprétation erronée des versets par certains religieux qui n’ont pas eu recours à la raison et au sens critique, le doctorant a déclaré que « l’obligation » du voile en islam est fausse et que les femmes ne sont pas tenues par son port. Après l’étude de la thèse du Cheikh Mustapha, plusieurs spécialistes et théologiens ont conclu que cette étude approfondie des versets coraniques met un terme au débat autour de l’obligation ou non du voile.