Golfe d’Aden : 52 Somaliens morts après avoir été abandonnés par leurs passeurs


Cinquante-deux Somaliens sont morts après que leur bateau a été abandonné par les trafiquants qui devaient assurer leur passage de Somalie vers le Yémen dans le Golfe d’Aden, a indiqué lundi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Les passagers du bateau, qui n’était plus navigable, ont été abandonnés sans eau ni nourriture, dérivant pendant 18 jours. Soixante et onze personnes ont survécu à ce supplice », précise le HCR dans un communiqué.

Les trafiquants ont abandonné les 124 passagers à leur sort quelques heures après le début de la traversée sous prétexte d’aller chercher du matériel pour réparer le bateau. En tout, 38 hommes et 10 femmes sont morts pendant la traversée, leurs corps jetés par-dessus bord. Dérivant près de la côté du Yémen, trois personnes ont plongé pour alerter les autorités. L’une d’entre elles est toujours portée disparue.

Enfin, quatre survivants sont morts après avoir été hospitalisés.
Les Somaliens avaient payé entre 70 et 100 dollars pour le voyage, espérant quitter leur pays frappé par l’insécurité, la guerre, la sécheresse et le chômage.

En 2008, plus de 31.000 personnes ont fait ce dangereux voyage, dont 21.200 Somaliens et 9.800 Ethiopiens. Plus de 228 sont morts et 260 restent portés disparus.

Source : Aloufok

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Les cerfs-volants de Qalqilya


La lumière est idéale en cette fin de journée d’été, cette lumière toujours chaude mais enfin douce, celle qui attire les photographes et séduit les peintres. Nous traversons un bout de campagne de Cisjordanie, à pied à travers les oliviers, guidés par nos partenaires palestiniens du Forum culturel de Qalqilya. Soudain, devant nous, se dresse une double clôture de barbelés, bordée d’une route militaire.

Nous, ce sont 17 membres de l’association Artistes contre le Mur, 14 Belges et 3 Français, âgés de 19 à 72 ans, issus des milieux artistique, culturel, enseignant, médical et psychologique.
Pendant 10 jours, nous animons des ateliers pour les enfants de Qalqilya, une ville de 40 mille habitants située en bordure de la Cisjordanie et à une trentaine de km de Tel Aviv, une ville emprisonnée soit par un mur de 8 mètres de haut, soit par des clôtures successives.

S’échapper vers la liberté

Le thème choisi pour ce camp d’été 2008 est le cerf-volant. Il va se révéler au travers de la dizaine d’ateliers organisés pour 200 enfants, âgés de 8 à 15 ans. Le choix des ateliers est tributaire des propositions de notre association, en fonction de la compétence des bénévoles : Photo, vidéo, musique et fabrication de cerfs-volants pour les garçons. Théâtre d’ombre, expression verbale, dessin, création de livres, journalisme pour les filles.

Les enfants n’ont plus accès à la bibliothèque municipale depuis sa destruction partielle au printemps dernier. L’armée israélienne a débarqué une nuit, mis le feu aux livres et emporté les ordinateurs. Les soldats de l’Etat hébreu ont ensuite soudé la porte d’entrée, placé un gros cadenas sur la grille et décrété la fermeture de la bibliothèque pour 2 ans. Ce lieu culturel était financé et contrôlé par le département du Val de Marne. Artistes contre le Mur avait apporté de Belgique et offert plusieurs livres.

S’envoler vers la liberté, passer le mur et les barbelés, et enfin se sentir en sécurité : ce rêve des enfants palestiniens s’exprime dans toutes leurs créations artistiques. Les garçons de l’atelier vidéo se sont mis en scène dans un dessin animé. Ils s’envolent vers la Belgique grâce aux cerfs-volants, emportant avec eux ce message, répété inlassablement : « nous ne sommes pas des terroristes ». Ils survolent Jérusalem, ville sainte mais interdite, où ils évitent les tirs israéliens, et puis mettent le cap sur la Méditerranée et ses plages, si proches à seulement 12km, mais inaccessibles pour cause de mur, de checks points et de « sécurité », leitmotiv des autorités israéliennes.

L’hypocrisie sécuritaire…

Pendant 10 jours, nous partageons le quotidien de nos stagiaires et de nos partenaires palestiniens dans la région de Qalqilya. Sur une route de campagne déjà étranglée de part et d’autre par des clôtures, au-delà du village de Habla, au milieu de nulle part, un trio de soldats israéliens bloque les voitures palestiniennes. Les conducteurs doivent attendre en moyenne 2 heures, sous un soleil vertical, le signe d’un gamin en treillis qui n’a pas plus de 22 ans. Ces soldats semblent s’ennuyer profondément, mais ils doivent appliquer des ordres. « Que faites-vous ici, dans les territoires palestiniens ?» nous demande un soldat. « Et vous ? ». Regard fuyant, moment de gêne, pas de réponse. Au barrage d’Azzoun Atma, un village au sud de Qalqilya, le soldat qui interroge est hargneux. Ici, l’armée de l’Etat hébreu ne laisse passer que les habitants domiciliés officiellement. Personne d’extérieur au village, ni les médecins, ni les enseignants, ni les fonctionnaires de l’Autorité palestinienne n’ont le droit d’entrer dans le village. Mais à l’autre bout de la localité, la clôture dite de sécurité a été découpée. L’ouverture débouche sur une route express israélienne qui mène en 10 minutes à Tel Aviv. Des milliers de Palestiniens s’y engouffrent chaque jour, au vu et su des soldats de Tsahal, pour chercher du travail côté israélien. Nous constatons à plusieurs reprises, en plusieurs endroits, et contrairement à ce qu’affirme le gouvernement israélien, que le mur ne protège pas des attentats. Ce mur est franchissable, et les autorités israéliennes le savent. Si les attentats sont devenus rarissimes, c’est avant tout le résultat du choix de la grande majorité des Palestiniens.

L’étranglement inéluctable…

Sur le terrain, l’objectif politique israélien nous apparaît évident, éclatant, inexorable. Le mur et ses clôtures corollaires n’ont qu’un seul but : s’approprier un maximum de terres palestiniennes et garder un minimum de Palestiniens. Nous l’avons vu : tous les moyens sont utilisés, y compris le déversement systématique des égouts provenant des colonies sur les villes et villages palestiniens. La région de Qalqilya est riche en eau mais les stations de pompage sont contrôlées par Israël, y compris celles qui subsistent à l’intérieur du mur. L’Etat hébreu limite la consommation d’eau et facture celle-ci à l’Autorité palestinienne. Il fait payer aux Palestiniens ce qui leur appartient.

Un fermier raconte, résigné : « Il y a quelques mois, l’armée est arrivée avec un bulldozer. Les soldats ont détruit ma bergerie. Ils ont placé des barbelés et pendant une semaine, ont interdit l’accès à une partie de mes champs. L’année prochaine, il vous sera probablement impossible de venir ici». Et de fait, les membres d’Artistes contre le mur qui viennent depuis 4 ans prennent la mesure des terres arrachées chaque année en deçà du mur, toujours plus à l’intérieur vers la ville. Nous assistons à l’interminable étranglement de toute une société.

Témoignez pour nous !

Pendant 10 jours, nous avons apporté un peu d’évasion à quelque 200 garçons et filles, des enfants dont l’avenir se réduit aujourd’hui à un mur et des barbelés. Demain, ils n’auront le choix qu’entre l’exil volontaire ou l’expulsion. S’il vous plaît, témoignez de ce que vous voyez ici, témoignez pour nous !, ont-ils supplié lors de notre départ.

Adieu Syrie, bonjour Liban


Je n’ai rien posté pendant trois semaines car j’étais au Liban où la vitesse de connexion est extrêmement lente.

Le seul moyen de revoir mes amis syriens (ils ne peuvent pas tous faire le voyage en Europe) est d’aller dans un pays voisin. Le plus proche de la Syrie, à tous les égards, est bien le Liban. A Damas, je vivais dans une bienheureuse claustrophilie et je n’étais guère curieuse de découvrir les pays alentour. Baalbek exceptée, je ne connaissais pas le Liban.

Je viens pour une découverte de trois semaines.

Me voici donc à Aley dans l’appartement d’une amie de Bruxelles. Aley, petite ville à 17 km de Beyrouth, est un lieu de villégiature estivale fréquenté principalement par des gens du Golfe. On y fait la fête toutes les nuits jusqu’à 3 heures du matin comme j’ai pu m’en rendre compte la nuit dernière.
D’ici, on voit Beyrouth et la mer. Arrivée à l’aéroport, je passe le contrôle de police et je m’inquiète un moment de voir que l’on scrute l’écran des suspects avec, me semble-t-il, beaucoup d’insistance. Il n’est quand même pas relié à Damas ? (Là-bas, le mystère reste entier. Toujours bannie et sans motif déclaré. De quel enjeu suis-je victime ?)

Ouf, je passe. A la sortie, mon nom sur une pancarte : N. est venue m’accueillir. Son mari nous attend à l’appartement à Aley.

Cela change des premières arrivées anonymes habituelles dans un nouveau pays.
J’ai trois valises assez lourdes, mais comme mes amis ont passé un marché avec le responsable pour que l’ascenseur marche, je ne m’en fais pas outre mesure. L’ascenseur fonctionne peut-être, mais comme il n’y a pas d’électricité, il ne sert pas à grand-chose.

Heureusement, il y a un homme en pleine forme qui me trimbale mes impedimenta jusqu’au quatrième.
L’immeuble est assez vide en cette saison. Mes amis m’installent, me donnent les clés, et reviendront le lendemain pour m’apporter une carte sim grâce à laquelle je serai en contact avec le monde.
Une fois mes affaires déballées, je m‘apprête à aller faire quelques courses, car, mis à part le café que j’ai eu la précaution d’embarquer à la dernière minute, je n’ai rien dans la maison.

Surprise ! La clé refuse de se dégager de la serrure.

Je ne peux pas sortir et fermer la porte derrière moi pour aller téléphoner à l’aide dehors, car c’est pour le coup que l’on ne pourrait plus rentrer; quant à laisser la porte grande ouverte, je n’ose pas m’y risquer. Me voici donc bloquée jusqu’au lendemain midi quand N. m’apportera ma carte sim.

Pas grave.

Je me couche tôt après avoir vu à la télévision un épisode d’un feuilleton égyptien sur Asmahan, sœur de Farid el Atrache, et une de mes chanteuses favorites.

Et manger ? Je découvre un sac de riz. Du riz à l’eau c’est très bon pour mon tour de taille et quand on a faim, le riz c‘est délicieux.

Le sauvetage a lieu le lendemain à midi et, honte sur moi, c’était si simple que j’ai hésité à vous le raconter.
(à suivre)

Free Gaza : Fin d’une odyssée


par Jeff Halper

Je suis maintenant un Palestinien dans tous les sens du mot : le lundi, je reçois ma citoyenneté palestinienne, et le mardi je suis déjà dans une prison israélienne…

Aujourd’hui, quelques jours après ma libération de prison à la suite de mon voyage à Gaza, voici quelques notes pour récapituler.

Tout d’abord, la mission du mouvement Free Gaza pour briser le siège israélien s’est avérée un succès au-delà de toute attente. Notre arrivée à Gaza et notre départ ont tracé une voie normale entre Gaza et le monde extérieur. Ce fut le cas parce qu’elle a contraint le gouvernement israélien à prendre une position politique claire : qu’il ne s’agissait pas d’une occupation de Gaza et que par conséquent, on ne saurait empêcher une libre circulation des Palestiniens pour entrer et sortir de Gaza (au moins par mer). (Le souci de sécurité d’Israël peut aisément s’accommoder de l’institution d’un système technique de contrôles semblables à ceux existant dans les autres ports.)

Toute tentative de la part d’Israël à revenir sur ce point – en empêchant les bateaux à l’avenir d’entrer ou sortir de Gaza avec de la marchandise et des passagers, y compris des Palestiniens – pourrait immédiatement s’interpréter comme l’affirmation d’un contrôle, et donc d’une occupation, et engager ainsi la responsabilité d’Israël qui devra rendre compte de ses crimes de guerre devant les tribunaux internationaux, quelque chose qu’Israël tente d’éviter à tout prix.

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Un été engagé pour de jeunes Rhodaniens au Moyen-Orient


par leprogrès.fr

Cet été, 120 jeunes Européens, dont une vingtaine de la région lyonnaise, ont découvert, grâce à l’association Génération Palestine, Jérusalem et les territoires palestiniens. Avec une ambition : comprendre le conflit et rencontrer la population civile.

Première étape de leur périple, Jérusalem. Pendant trois jours, ils enchaînent visites et rencontres avec des acteurs politiques et associatifs israéliens et palestiniens. « J’ai surtout été émue par les Refuzniks, ces Israéliens qui vont à l’encontre d’une bonne partie de leur société en refusant de servir l’armée dans les territoires occupés », raconte Leïla, 25 ans.

Les jeunes militants rejoignent ensuite les territoires, dispersés en petits groupes. Direction Naplouse,
Bethléem, Djénine ou Ramallah, souvent dans des camps de réfugiés. Sur place, chaque groupe se consacre à une action en particulier : animation pour enfants, réalisation de films ou cueillette des olives.

De jeunes Palestiniens les accompagnent pendant leur séjour, un moyen pour eux d’échanger avec des étrangers. « Tous parlent anglais », s’étonne Leïla, car les voyages à l’étranger sont presque impossibles pour les Palestiniens. Certains voient même pour la première fois le mur qui sépare la Cisjordanie d’Israël, au côté du groupe d’Européens, tant les déplacements dans les territoires sont compliqués par les check-points.

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Bruxelles : Les sans-papiers de Saint-Josse menacés d’expulsion


de belga/7sur7

La centaine de sans-papiers afghans et irakiens qui occupent depuis quatorze jours un immeuble à l’abandon situé au 22 de la rue du Méridien à Saint-Josse et qui ont entamé une grève de la faim sont menacés d’expulsion. Un arrêté d’insalubrité a été pris par le bourgmestre de la commune Jean Demannez (PS).

L’arrêté a été signifié aux occupants jeudi matin par la police. Les occupants ne contestent pas l’insalubrité globale de l’immeuble mais précisent qu’ils ont procédé au nettoyage et à l’aménagement des pièces qu’ils occupent pour les rendre propres. Une assemblée des occupants devrait se tenir jeudi après-midi. Aucune expulsion imminente n’est à ce stade envisagée par la police. Des pourparlers sont en cours. Les bâtiments sont destinés à accueillir l’ASBL « Les Briques du GAMP ». Ils sont mis à la disposition de l’ASBL par la Régie fédérale des bâtiments.

Selon l’ASBL, l’occupation des bâtiments a eu lieu à son insu. L’octroi des bâtiments à l’asbl Les Briques du GAMP est soumis à la condition d’y ouvrir un centre d’accueil de jour et d’hébergement pour personnes handicapées de grande dépendance. Selon le contrat de bail, le projet doit être réalisé impérativement dans un délai de 2 ans. L’asbl s’est déclarée opposée à l’occupation du bâtiment qui contient de l’amiante.

« Des fils d’électricité sont dénudés, une baie vitrée est sur le point de s’effondrer dans la cage escalier dont la partie terminale est également menacée et de nombreux panneaux se détachent des faux plafonds », dénonce l’ASBL. Celle-ci n’a entamé jusqu’à présent aucune action en justice visant à obtenir l’expulsion des occupants. « C’est à la commune à prendre ses responsabilités », a dit la présidente de l’ASBL, Cinzia Agoni.
04/09/08 15h44

L’aviation israélienne survole le Liban-Sud à basse altitude


De l’Orient le Jour

Six avions de chasse israéliens ont survolé hier à basse altitude le Liban-Sud et franchi le mur du son au-dessus de Tyr, a indiqué un responsable de la sécurité.

« Le survol a duré plus d’une heure et les avions ont franchi le mur du son à deux reprises au-dessus de Tyr », a déclaré ce responsable qui a requis l’anonymat.

Pris de panique, des habitants qui faisaient leurs courses dans le marché de centre-ville ont pris la fuite. D’autres sont sortis dans la rue, regardant nerveusement le ciel.

Ces dernières semaines, une guerre de mots et de menaces a opposé Israël au Hezbollah, le secrétaire général du parti intégriste Hassan Nasrallah menaçant de « détruire » l’État d’Israël en cas de nouveau conflit, et Israël menaçant pour sa part de s’en prendre aux installations civiles du Liban.