Soraida, une femme de Palestine


A l’occasion de la Journée de la femme, l’Association Belgo-Palestinienne vous convie à la projection du film


De Tahani Rached (2004)

Le lundi 7 mars 2011 à 19h30

Au Centre Garcia Lorca, rue des Foulons, 47-49, 1000 Bruxelles

Ce film prend le contre-pied des clichés sur la Palestine, en nous faisant partager le quotidien de Soraida, de sa famille et de ses voisins, à Ramallah. Dans le quartier de Soraida, les femmes ne sont pas toutes voilées, les hommes ne tiennent pas de discours politiques creux, les jeunes ne portent pas de bombes à la ceinture, et les enfants s’amusent comme partout dans le monde. La vie continue à Ramallah, même si couvre-feux et checkpoints pèsent lourdement sur ses habitants. Ce film conduit le spectateur à se poser des questions fondamentales, qui lui permettent de voir la Palestine autrement : comment ne pas perdre son humanité lorsque l’on vit sous l’occupation ? Comment échapper à la haine et à la colère lorsque l’on est captif du couple infernal bourreau-victime ? Et comment résister à la ‘culture de la mort’ sans fuir la problématique douloureuse des attentats suicides ? (evene.fr)


La projection du film sera suivie d’un débat.

Infos

P.A.F. 2 €

Durée du film : 1h59 + débat

Contact : 02/223 07 56

Vers un « moment Moubarak » en Palestine


dimanche 27 février 2011 – 13h:03

Ali Abunimah
Al Jazeera

L’Autorité palestinienne doit se dissoudre elle-même, car son action va dans le sens des intérêts d’Israël, affirme Ali Abunimah.

(JPG)

De nouvelles élections n’apporteraient pas au Président palestinien Mahmoud Abbas la crédibilité dont il a besoin, affirme Ali Abunimah.
(Photo : Reuters)

La lente décadence des institutions de la direction collective palestinienne de ces dernières années est arrivée à un état de crise avec les révolutions arabes, les révélations des Documents de Palestine, et l’absence de tout processus de paix crédible.

L’Autorité palestinienne (AP), basée à Ramallah, sous le contrôle de Mahmoud Abbas et de son parti le Fatah, a tenté de réagir à cette crise en appelant à des élections pour le Conseil législatif palestinien (CLP) et la présidence de l’AP.

Abbas espère que ces élections rendent une légitimité à sa direction. Le Hamas a rejeté de telles élections du fait de l’absence d’accord de réconciliation mettant fin à la division, une division qui résulte du refus du Fatah (avec Israël et les parrains occidentaux de l’AP, surtout des États-Unis) d’accepter le résultat des élections précédentes de 2006, où le Hamas avait remporté une victoire décisive.

Mais, même si de telles élections se tenaient en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, elles ne résoudraient en rien la crise d’une direction collective face au peuple palestinien tout entier, quelque dix millions de Palestiniens répartis entre ceux qui vivent dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupées, à l’intérieur d’Israël, et dans la diaspora dans le monde entier.

Une maison divisée

Il existe de nombreuses raisons pour s’opposer à de nouvelles élections de l’AP, même si le Hamas et le Fatah étaient prêts à régler leur différend. L’expérience depuis 2006 démontre qu’une démocratie, une gouvernance et une politique courante sont impossibles sous l’occupation militaire brutale d’Israël.

Le corps politique palestinien a été coupé non pas en deux grands courants politiques proposant des visions concurrentes, comme dans d’autres démocraties électorales, mais en un courant qui s’est aligné sur l’occupation et ses partisans à l’étranger, qui est soutenu par eux et qui dépend d’eux, et un autre courant qui reste engagé, au moins théoriquement, dans la résistance. De telles antinomies ne peuvent se résoudre par des élections.

L’AP de Ramallah sous Abbas fonctionne aujourd’hui comme un bras de l’occupation israélienne, alors que le Hamas, avec ses cadres emprisonnés, torturés et réprimés en Cisjordanie par Israël et par les forces d’Abbas, est assiégé à Gaza où il tente de gouverner. De son côté, le Hamas n’a proposé aucune vision politique cohérente pour sortir les Palestiniens de leur impasse, et sa gouvernance à Gaza commence de plus en plus à ressembler à celle de ses homologues du Fatah en Cisjordanie.

L’AP a été créée par une entente entre l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) et Israël dans le cadre des Accords d’Oslo. Le 13 septembre 1993, la « Déclaration de principes », signée par les parties, stipule que :

« Les négociations israélo-palestiniennes menées dans le cadre de l’actuel processus de paix au Moyen-Orient ont pour but notamment d’établir une Autorité intérimaire autonome palestinienne, le Conseil élu (le « Conseil »), pour les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, pour une période transitoire ne pouvant excéder cinq années, en vue d’un règlement permanent fondé sur les Résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité (ONU) » (article 1er).

En vertu de cet accord, les élections de l’AP devaient « constituer une étape préparatoire intérimaire importante vers la réalisation des droits légitimes du peuple palestinien et de ses justes revendications. »

Un modeste mandat

Ainsi, l’AP était prévue seulement pour être temporaire, transitoire, et son mandat limité à une simple fraction de la population palestinienne, celle de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Accords d’Oslo limitaient explicitement les pouvoirs de l’AP aux fonctions qu’Israël lui déléguait dans le cadre de l’accord.

Par conséquent, des élections pour le CLP ne résoudront pas la question de la représentation du peuple palestinien dans son entier. La plus grande partie ne voterait pas. Et comme lors des élections précédentes, Israël interviendrait, surtout à Jérusalem-Est, pour tenter d’empêcher les Palestiniens sous occupation d’aller voter.

Considérant toutes ces conditions, un nouveau CLP élu ne servirait qu’à renforcer les divisions entre les Palestiniens tout en créant l’illusion que l’autonomie palestinienne existe – et peut se développer – sous l’occupation israélienne.

Une décennie et demie après sa création, il s’avère que l’Autorité palestinienne n’a pas été une étape vers « les droits légitimes du peuple palestinien », mais plutôt un obstacle majeur sur la voie qui y conduit.

L’AP n’offre aucune autonomie ou protection véritables aux Palestiniens sous occupation, lesquels continuent d’être brisés, assassinés, mutilés et assiégés par Israël en toute impunité, pendant qu’Israël confisque et colonise leur terre.

L’AP n’a jamais été, et ne peut pas être, un substitut à une réelle direction collective pour l’ensemble du peuple palestinien, et les élections de l’AP ne le sont pas davantage pour une autodétermination.

Dissoudre l’Autorité palestinien

Avec la faillite complète du « processus de paix » – l’ultime assaut lui fut porté par les Documents de Palestine -, il est temps pour l’AP d’avoir son moment Moubarak. Quand le tyran égyptien a finalement quitté ses fonctions, le 11 février, il a remis le pouvoir aux mains des forces armées.

L’AP doit se dissoudre elle-même, de la même façon, en annonçant que les responsabilités qui lui ont été déléguées par Israël sont rendues à la puissance occupante qui devra remplir alors l’intégralité de ses obligations résultant de la Quatrième Convention de Genève de 1949.

Il ne s’agirait pas d’une capitulation. Au contraire, ce serait une reconnaissance de la réalité et un acte de résistance de la part de Palestiniens qui refuseraient, collectivement, d’aider l’occupant à les occuper. En ôtant la feuille de vigne de l’ « autonomie » qui masque et préserve la tyrannie coloniale et militaire d’Israël, la fin de l’AP exposerait l’apartheid israélien à la face du monde.

Le même message va aussi à l’Union européenne et aux États-Unis qui financent directement l’occupation et la colonisation israéliennes via cette ruse de « l’aide » aux Palestiniens et de la formation des forces de sécurité qui agissent par procuration pour Israël. Si l’Union européenne souhaite continuer à financer l’occupation israélienne, elle doit avoir l’honnêteté de le faire ouvertement, et de ne pas utiliser les Palestiniens ou un processus de paix comme façade.

Dissoudre l’AP pourrait entraîner certaines difficultés et incertitudes pour les dizaines de milliers de Palestiniens, et ceux qui en dépendent, qui comptent sur les salaires versés par l’Union européenne via l’AP. Mais le peuple palestinien dans son entier – les millions qui ont été brisés ou marginalisés par Oslo – pourraient en tirer bien plus d’avantages.

En rendant les pouvoirs reçus par l’AP à l’occupant, les Palestiniens n’auraient plus à se concentrer sur la reconstitution de leur corps politique collectif et pourraient mettre en œuvre des stratégies afin de se libérer eux-mêmes du joug colonial israélien.

Une nouvelle direction

A quoi peut ressembler une véritable direction palestinienne ? Sans aucun doute, il s’agit là d’un défi redoutable. Beaucoup d’anciens chez les Palestiniens se souviennent avec émotion des beaux jours de l’OLP. L’OLP existe toujours, naturellement, mais ses organes ont depuis longtemps perdu toute légitimité ou fonctions représentatives. Ils sont maintenant devenus de simples chambres d’enregistrement entre les mains d’Abbas et de son cercle rapproché.

L’OLP pourrait-elle être reconstituée en tant qu’organisme vraiment représentatif, disons, en élisant un nouveau Conseil national de la Palestine (CNP) – le « Parlement en exil » de l’OLP ? Alors que le CNP était censé être élu par le peuple palestinien, en réalité, cela n’a jamais été le cas – en partie en raison des difficultés pratiques de tenir de véritables élections dans la diaspora palestinienne. Les membres en sont toujours nommés par des négociations entre les différentes factions politiques, et le CNP comprend des sièges pour les indépendants et les représentants des étudiants, des femmes et d’autres organisations affiliées à l’OLP.

L’un des points clés du désaccord entre le Fatah et le Hamas est la réforme de l’OLP, de laquelle le Hamas devenait membre et il recevait un nombre de sièges proportionnel dans les divers organes de décision de l’organisation. Mais même si cela se faisait, cela ne serait pas pour autant comme si les Palestiniens avaient choisi leurs représentants directement.

Encore que si les pays arabes qui ont accueilli de massives populations de réfugiés palestiniens profitent de changements démocratiques, de nouvelles possibilités vont s’ouvrir pour la politique palestinienne.

Ces dernières années, des facilités pour « voter hors du pays » ont été apportées aux vastes populations de réfugiés et d’exilés irakiens et afghans, pour des élections qui ont été soutenues par les puissances occupantes de ces pays. En théorie, il serait possible d’organiser des élections pour tous les Palestiniens, peut-être sous l’égide des Nations-Unies – en incluant l’énorme diaspora palestinienne des Amériques et d’Europe.

Le problème est que toute élection de ce genre aurait probablement besoin de s’appuyer sur la bonne volonté et la coopération d’une « communauté internationale » (les États-Unis et leurs alliés), de ceux qui, de façon impitoyable, ont refusé de laisser les Palestiniens choisir leurs propres dirigeants.

L’énergie et le coût de fonctionnement pour une bureaucratie palestinienne transnationale en vaudraient-ils la peine ? Ces nouveaux organismes ne seraient-ils pas vulnérables face à ce type de subversion, cooptation et corruption qui ont mis l’OLP d’origine, mouvement de libération nationale, dans ce triste état d’aujourd’hui où elle est accaparée par une bande collaborationniste ?

Je ne détiens pas la réponse absolue à ces questions, mais selon moi, les Palestiniens devraient en débattre, maintenant.

Un boycott inspirateur

A la lumière des révolutions arabes qui se sont faites sans direction, il apparait une autre possibilité intéressante : à ce stade, les Palestiniens ne doivent pas craindre de créer des organes représentatifs.

Au contraire, ils doivent porter toute leur attention à une résistance puissante, décentralisée, en particulier à la lutte pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS), populaire et internationale, à l’intérieur de la Palestine historique

Le mouvement BDS possède une direction collective sous la forme du Comité national du Boycott (CNB). Cependant, il ne s’agit pas d’une direction qui donne des ordres et des instructions aux Palestiniens ou aux organisations de la solidarité à travers le monde. Au contraire, elle établit des agendas qui reflètent un large consensus palestinien, et des campagnes pour les autres qui agissent selon cet agenda, en grande partie par le sens moral.

L’agenda regroupe les besoins et les droits de tous les Palestiniens : la fin de l’occupation et de la colonisation de tous les territoires occupés en 1967, la fin de toutes les formes de discrimination contre les citoyens palestiniens en Israël, et le respect, la promotion et la réalisation des droits des réfugiés palestiniens.

La campagne BDS est puissante et grandit parce qu’elle est décentralisée et tous ceux qui, dans le monde entier, agissent pour le boycott d’Israël – suivant en cela le précédent pour l’Afrique du Sud de l’apartheid – le font en toute indépendance. Il n’y a aucun organe central pour Israël et ses alliés pour le sabotage et l’attaque.

Cela pourrait être le modèle à prendre : continuer à construire notre force à travers des campagnes, la résistance civile et le militantisme. Il y a deux mois, peu de gens auraient imaginé que les régimes vieux de plusieurs décennies de Zine el Abidine Ben Ali en Tunisie, et d’Hosni Moubarak en Égypte allaient tomber, mais ces régimes sont tombés sous le poids de manifestations de masses, populaires, sur une base large. Effectivement, de tels mouvements sont beaucoup plus prometteurs d’une fin du régime d’apartheid d’Israël et d’un apport d’une véritable, représentative et démocratique direction palestinienne, que cette sorte d’institutions pesantes créées par les Accords d’Oslo. La fin du processus de paix n’est qu’un commencement.

(JPG) Ali Abunimah est cofondateur de The Electronic Intifada, conseiller politique du Réseau politique palestinien, et auteur de Un pays : une proposition audacieuse pour mettre fin à l’impasse israélo-palestinienne.

Du même auteur :

- La révolution continue après la chute de Moubarak
- Le soulèvement en Egypte et ses implications pour la cause palestinienne
- Le massacre de Gaza et la lutte pour la justice
- Israël pense que nous sommes « très forts » … Alors aidez-nous à le rester.
- La Banque mondiale occulte-t-elle les mauvais chiffres de la « croissance » économique en Cisjordanie ?
- Pourparlers directs : qui va tirer les marrons du feu ?

24 février 2011 – Al Jazeera – traduction : JPP

source

GRANDE MISSION INTERNATIONALE EN PALESTINE DU 8 AU 16 JUILLET 2011


Quinze associations palestiniennes ont lancé un appel à la société civile internationale pour que hommes, femmes et enfants se retrouvent à leurs côtés, à Jérusalem Est et en Cisjordanie cet été, pour clamer au monde entier leur droit à vivre en paix sur leurs terres, à circuler librement, à se débarrasser de l’occupation, des murs et des ghettos.
RÉPONDEZ PRÉSENTS ! 

Prenez une semaine sur vos vacances

Vous ne le regretterez pas !

(Familles et enfants bienvenus)

Et si vous ne pouvez vraiment pas venir,

PARRAINEZ UN (E) VOLONTAIRE !


APPEL DES ORGANISATIONS PALESTINIENNES
Nous, organisations palestiniennes de la société civile et militants des droits de l’homme, appelons tous les militants du monde pour la paix et la justice, à venir nous rejoindre le 8 juillet en Palestine pour passer ensemble une semaine à nos côtés, et nous épauler dans notre lutte pour la paix. Nous, Palestiniens de tout le pays et Palestiniens exilés, continuons à croire à une paix fondée sur la justice et à la construire.
Nous sommes convaincus que la communauté internationale peut nous aider à accéder à la paix et à la liberté, à restaurer les valeurs et les principes que nous partageons en tant qu’être humains.
Nous vous invitons. Nous vous supplions. Rejoignez-nous et venez contribuer au changement de ce monde qui vous tient à coeur.
Nous vous hébergerons sur place, afin que vous puissiez bénéficier de l’hospitalité palestinienne. Vous pourrez participer à un programme d’activités pour la paix et la justice dans les villes et villages palestiniens, dans un esprit fraternel.
Des groupes de nombreux pays d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Afrique et d’Asie, ont commencé à se porter volontaires pour cette mission de juillet. Pour la France, merci d’écrire à :contact@BienvenuePalestine.com avec vos coordonnées pour avoir tous les renseignements sur cette mission qui débutera le vendredi 8 juillet et se terminera le 16 juillet au soir.


Al-Rowwad Cultural and Theatre Training Centre
Alternative Information Center
BADIL Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights
Bil’in Popular Resistance Committee
Friends of Freedom and Justice, Bil’in
Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign
Holy Land Trust
International Solidarity Movement
Open Bethlehem
Palestinian Centre for Rapprochement between People
Palestine Justice Network
Palestine Solidarity Project
Popular Struggle Coordinating Committee
Siraj Center for Holy Land Studies
Youth Against Settlements (Hebron)

http://www.facebook.com/event.php?eid=157390104315532

www.europalestine.com

Pour avoir une idée du type de mission, voici une vidéo sur la mission de Noël 2010 en Palestine:
VIDEO : Noël 2010 en Palestine

http://www.youtube.com/watch?v=0Ua94beMUxk

76 volontaires français et 10 écossais, âgés de 9 à 85 ans, répondent à l’appel lancé par 14 associations palestiniennes. Pendant une semaine, nous allons rejoindre la résistance populaire pour exiger la fin de l’occupation et le droit de circuler librement en Palestine.

Réalisation : l’équipe « Palestine Vivra ». Durée : 10 min

Yémen : de puissantes tribus disent non à Saleh, au moins trois morts à Aden


samedi 26 février 2011, par La Rédaction

D’importants chefs tribaux ont annoncé samedi devant un vaste rassemblement près de Sanaa leur ralliement à la contestation du président yéménite Ali Abdallah Saleh, alors que de véritables scènes de guerre dans le Sud ont fait au moins trois morts.
Ce ralliement, après celui de l’opposition parlementaire et des rebelles zaïdites (chiites) dans le Nord, élargit encore le cercle des contestataires du régime de Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.
Lors d’un rassemblement à Amran, au nord de Sanaa, de dizaines de milliers de membres de tribus dont la majorité étaient armés, des chefs de deux des plus importantes tribus du pays, les Hached et les Baqil, se sont dissociés de M. Saleh.
L’un des chefs des Hached, cheikh Hussein ben Abdallah Al-Ahmar, a annoncé sa « démission du Congrès populaire général (de M. Saleh) pour protester contre la répression des manifestants pacifiques à Sanaa, Taëz et Aden », selon des sources tribales.
Les Hached sont considérés comme la plus importante tribu du Yémen, où la structure clanique est très importante. Elle est formée de neuf branches, dont celle des Sanhane, à laquelle appartient le chef de l’Etat. L’annonce de cheikh Hussein a été saluée par une foule nombreuse de membres de tribus, dont des chefs des Baqil, la deuxième en importance et la plus nombreuse, selon les mêmes sources. Les représentants de nombreuses tribus étaient présents au rassemblement.
L’assemblée a annoncé qu’elle soutenait le mouvement de contestation contre le président qui a commencé le 27 janvier et s’est amplifiée à partir du 13 février.
Ce ralliement intervient au lendemain d’une journée de forte mobilisation à travers le pays où des dizaines de milliers de personnes ont participé à des prières collectives et des marches exigeant « la chute du régime ».
Aden (sud) a vécu dans la nuit « de véritables scènes de guerre menées par des éléments de la garde républicaine (corps d’élite de l’armée) qui ont pris pour cible des jeunes innocents voulant manifester pacifiquement », selon un habitant.
L’intervention musclée des forces de sécurité a eu lieu en dépit d’un ordre donné jeudi par M. Saleh de protéger les manifestants pacifiques. Mais le ministère de la Défense a démenti, en citant une source de sécurité à Aden, des tirs des forces de l’ordre sur des manifestants, affirmant que les violences étaient le fait de séparatistes sudistes militant pour l’indépendance du Sud-Yémen, qui était un Etat indépendant avant 1990.
Selon le ministère, trois personnes, un soldat et deux civils, ont péri dans ces violences marquées par des destructions de biens publics. Mais des sources médicales ont fait état de quatre morts et d’au moins 40 blessés.
Ces décès portent à au moins 19 le nombre de morts depuis le début de la révolte.
Selon Amnesty International, au moins 11 personnes ont été tuées vendredi, 27 au total depuis le 16 février.
Les forces de sécurité ont tiré sur les manifestants depuis des véhicules blindés, ont attaqué des maisons où des manifestants présumés se cachaient et empêcher des habitants de conduire des blessés à l’hôpital, selon l’organisation.
« Les autorités doivent ouvrir une enquête immédiate et indépendante sur ces morts (…) et les informations relatives à un déni d’accès à une assistance médicale », déclare Amnesty dans un communiqué.
Par ailleurs, des hommes armés, « membres présumés d’Al-Qaïda » et circulant à moto, ont tué par balles un officier des renseignements à Chahr, au Hadramout (est), a indiqué à l’AFP une source au sein des services de sécurité.
M. Saleh, un allié de Washington dans la lutte contre Al-Qaïda, a multiplié en vain les gestes d’apaisement face à une révolte qui ne se calme pas dans ce pays miné par un chômage chronique et une pauvreté endémique.

(Samedi, 26 février 2011 – Avec les agences de presse)

L’échec annoncé de la révolution démocratique en Libye


Jusqu’à présent, les événements libyens donnaient l’image d’une révolution populaire et sans chefs, capable de culbuter les forces gouvernementales tout en montrant son aptitude à gérer la cité.
Ceci n’est pas fait pour surprendre car il faut bien admettre, par exemple dans le cas de l’Algérie, que la population fait preuve d’une capacité admirable à faire fonctionner la société en dépit des interventions désorganisatrices d’un État dont le rôle assimile trop souvent plus à celui d’un parasite qu’à celui d’un organisateur et d’un facilitateur de l’activité.
Ceci dit, quelle que soit l’issue du bras de fer entre le colonel Kadhafi et ses opposants, la révolution populaire libyenne est déjà terminée. Du moins si j’en crois cet article de Time que je vous propose et qui repose sur un entretien de l’envoyée spéciale de ce magazine avec un colonel Libyen qui a rejoint l’opposition au régime.
Pas besoin de décodeur pour comprendre que les militaires continueront, comme en Égypte ou en Tunisie, même qi les circonstances sont nettement différentes, à jouer un rôle politique décisif. C’est ainsi que l’entendent les États Unis. Certes, le colonel dont il est question dans l’article semble dire que la révolution restera au peuple. Oui, mais les promesses comme on dit, n’engagent que ceux qui les croient. Et rien dans les détails fournis ne permet d’imaginer une véritable
de la Libye : rôle déterminant de l’armée, des chefs de tribu, nombre de dignitaires du régime qui ont fait défection, encouragés sans doute par des promesses faites par le Département d’Etat à Washington.
Il en va de même des méthodes préconisées qui ne semblent guère différer de celles reprochées à Kadhafi : bombardements aériens en milieu urbain, bombardements d’artillerie…
C’est une démocratie à l’irakienne ou à l’afghane qui se profile en Libye.

J’attends personnellement quand même d’avoir des preuves que l’armée restée fidèle à M. Kadhafi a procédé à des bombardements aériens sur des villes. Pour l’instant, il n’y a rien. Après tout, comme il est indiqué dans cet article, et quand même démenti par le colonel qui en fait l’objet, un ancien ministre Libyen est même allé jusqu’à affirmer que l’armée libyenne disposait d’armes atomiques et chimiques !
J’allais oublier les mercenairesd, Africains SVP, rien à voir donc avezc les honorables « contractors » employés par dizaines de milliers par les USA en Irak et en Afghanistan!
Beaucoup d’informations donc, mais aussi de désinformation dont l’intention est de diaboliser un Kadhafi, certes peu sympathique, afin de justifier toutes les options de la part de la « communauté internationale » (c’est-à-dire l’OTAN) en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.

La guerre des colonels en Libye: le colonel Kadhafi contre le colonel Hussein

par Abigail Hauslohner / Benghazi, TIME (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri
C’est dans une ancienne base de la défense aérienne qui se trouve dans un quartier de Benghazi partiellement bâti et plongé dans l’obscurité que le colonel Tarek Saad Hussein prépare les forces révolutionnaires pour l’ultime bataille.  Le dictateur Libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, luttera probablement jusqu’à la mort pour garder le contrôle de sa capitale, Tripoli, si on en croit les soldats come les militants révolutionnaires. Mais les banderoles devant la haute Cour de Benghazi disent : « la Libye est un corps unique, Tripoli est notre cœur. » L’est du pays est maintenant sous contrôle de l’opposition, mais la Libye ne connaîtra pas la division car, disent-ils : le révolution ne sera pas terminée avant qu’elle arrive à Tripoli et la déposition du dictateur.
La libération de Tripoli est devenue le cri de ralliement à Benghazi, la deuxième plus grande ville libyenne. « Nous n’abandonnerons jamais Tripoli, » criait l’imam qui dirigeait la prière en plein ait à midi. En réponse, depuis les milliers de personnes rassemblées sous un ciel méditerranéen orageux s’élevait en chorus « Dieu est grand ! »  (voyez les photos de Benghazi libérée par Yuri Kozyrev).
Pour le colonel Hussein,, assis dans son bureau austère dans une base équipée de canons anti-aériens et plongée dans l’obscurité, la révolution libyenne reste encore surtout une révolution populaire. Mais l’armée qui a rejoint l’opposition – plus de 10 000 hommes entre Benghazi et la frontière égyptienne, dit-il –a  désormais une tâche importante entre les mains. « Nous essayons de réunir autant d’hommes que possible à Benghazi et dans d’autres villes afin de préparer une force qui marchera sur Tripoli, » dit-il.
Hussein agit en coordination avec d’aures officiers de l’armée, des cheiks tribaux et des volontaires dans toute la region, dit-il, pour lancer la bataille finale que beaucoup jugent nécessaire pour renverser une dictature qui dure depuis 41 ans. Dores et déjà, affirme Hussein, 2000 volontaires armés, des soldats et des réservistes ont atteint par petits groupes la capitale, le dernier groupe étant arrivé vendredi soir. Très bientôt, dit-il, il y en aura plus.
Mais il souligne que ce n’est pas un coup de force de l’armée. « C’est un soulèvement de la jeunesse, » insiste-t-il. Le combat oppose les jeunes gens et le régime. » « C’est seulement quand Kadhafi a répondu à leurs manifestations pacifiques par la violence de la force, » tuant des hommes de sang froi, » que nous avons estimé qu’il était temps d’intervenir, dit-il. « Ce sont eux qui ont commencé la révolution et nous la menons à bien. »
Et inévitablement, les militaires auront un grand rôle à jouer au lendemain de la chute de Kadhafi. « Nous espérons avoir un Etat démocratique, pas un Etat militaire, » déclare Hussein. « Nous en avons assez de l’Etat militaire. L’armée n’est là que pour protéger la nation – pas pour la gouverner. »
Mais pour en arriver là, les forces révolutionnaires devront certainement s’emparer de la capitale, c’est à dire franchir la place forte de Kadhafi qu’est Syrte et neutraliser l’armement plus performant des forces loyales à Kadhafi ainsi que de ses mercenaires dans Tripoli elle-même. Ces derniers jours, Hussein a lancé des appels en direction des officiers de l’armée et des habitants de Syrte, qui se trouve entre Benghazi et Tripoli. « Nous ne voulons pas les traiter comme ils l’ont été auparavant, » affirme-t-il, sous-entendant par là inhumainement. « Et nous ne voulons pas nous conduire comme des tueurs. Alors nous avons lancé un appel, un avertissement, pour qu’ils nous laissent faire librement mouvement vers Tripoli. »
Pendant la semaine écoulée, les révolutionnaires de l’est affirment que Kadhafi a perdu le contrôle de son pays, morceau par morceau. Ses forces, ses diplomates, ses ministres et ses fonctionnaires ont quitté le terrain. Selon lui, les rebelles sont unis et de plus en plus déterminés à aller jusqu’au bout. « Nous nous préparons, et nous marcherons sur Tripoli pour bombarder Bab Bin Gashin, » affirme Hussein qui fait référence au bastion de Kadhafi à Tripoli où il pense que le chef de l’Etat se cache. « Nous avons des avions et des pilotes qui ont été chargés par Kadhafi de bombarder Benghazi, mais ils ont refusé et se sont posés ici en toute sécurité. Nous avons des pilotes qui sont prêts à faire s’écraser leurs avions dans une mission suicide si nécessaire. »
L’intention finale est-elle de tuer Kadhafi, comme le disent de nombreux révolutionnaires impatients sur la côte méditerranéenne ? Hussein jette un ragrd par-dessus ses lunettes de lecture et sourit ironiquement : « Nous espérons le prendre vivant. »
Vendredi soir, Kadhafi a fait un nouveau discours provocateur devant une foule de partisans à Tripoli. Il a promis « d’ouvrir les arsenaux » et de vaincre ses opposants. Mais Hussein n’a pas eu le temps de le regarder parce qu’il était trop affairé à organiser les journées à venir. « Ce n’est pas un match de football, » dit-il. Et il n’a pas peur de l’homme de Tripoli.
Personne ne s’attend à ce que Kadhafi s’en aille tranquillement. Les forces qui lui restent fidèles sont bien équipées et le bataillon Khamees de son fils comprend environ 3 000 combattants dont près de la moitié sont des mercenaires, dit Hussein. Ce jeudi, le ministre démissionnaire de la justice Mustafa Mohamed Abd el-Jalil a déclaré ) al-Jazeera qu’il pensait que Kadhafi avait des armes nucléaires et chimiques. Hussein n’est pas inquiet. « Il n’y a pas d’armes atomiques, » dit-il avec dédain. Et le stock d’armes chimiques de Kadhafi qui faisait si peur auparavant ? « Tout ce matériel a été éliminé lors de l’accord sur Lockerbie, » affirma Hussein qui évoque l’attentat de 1998 contre le vol Pan Am 103 au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie et la décision controversée de 2009 de rapatrier un Libyen condamné pour ce crime en et détenu dans une prison écossaise. « Il pensait qu’en achetant le soutien des Etats Unis à cette époque, ils le laisseraient rester au pouvoir pour toujours. »
Hussein rit. “Il avait oublié le people libyen.”