Gaza : une guerre avec le O d’Oslo


 

lundi 28 juillet 2014 – 06h:55

Lucas Catherine

 

Remonter à quelques semaines dans le temps pour expliquer l’escalade actuelle serait négliger les raisons plus profondes de la répression à Gaza. D’où l’importance de réexaminer l’importance des Accords d’Oslo de 1993 pour comprendre la vague de répression actuelle.

Oslo : l’article 40 de l’accord stipulait que « Israël reconnaît les droits des Palestiniens sur l’eau en Cisjordanie ». Lettre morte : la situation en matière d’eau potable et d’assainissement des eaux usées est épouvantable et indigne. (AFP)

L’opération Plomb Durci 2008-2009, l’opération Pilier de Défense 2012 et l’opération Bordure protectrice de 2014 : c’est la troisième guerre contre Gaza en six ans.

Pour expliciter cette guerre – c’est tout de même ce que font ou ce que devraient faire les journalistes de nos médias – il faut remonter à 1948, quand l’Etat colonial d’Israël a été créé en Palestine par des juifs d’Europe de l’Est.

La plupart des réfugiés qui vivent maintenant à Gaza ont alors été expulsés des petites villes et des villages qui sont à présent en Israël. Chassés de Ramla, Beersheba, Ashkelan (qui s’appelle maintenant Ashkelon), Isdoud (repeuplé par des juifs en 1957 et rebaptisé Ashdod) of Najd (repeuplé en 1951 et rebaptisé Sderot). Ils y étaient la population autochtone.

Aujourd’hui, certaines de ces villes sont ciblées depuis Gaza par les fils des réfugiés, les autochtones qui avaient été expulsés par les colons. Ils tirent sur la terre natale de leurs pères par vengeance, parce qu’ils ne peuvent plus y retourner, tandis que de nouveaux immigrants juifs, autrement dit les colons, ont, eux le droit de s’y établir. C’est leur manière de faire valoir leur « droit de se défendre » palestinien.

Mais on ne peut pas remonter aussi loin dans le temps. En vertu du consensus prédominant dans l’ordre établi et dans les médias, on peut tout au plus remonter à 1967, quand l’État colonial juif a occupé le reste de la Palestine.

Jusqu’au moment où, après la première résistance palestinienne des années 1920-19930, une Résistance Palestinienne a de nouveau vu le jour chapeautée par l’Organisation de Libération de la Palestine.

OK, je veux être lu et je me tiens à ces règles. Je ne remonterai qu’à 1993 et à « LA » solution de la question palestinienne sortie par magie ;. de la manche des grandes puissances : deux états et une Autorité Palestinienne qui réaliserait pour ainsi dire l’État palestinien.

Mais que s’est-il passé en réalité ?

L’OLP, qui avait en 1993 – chose étonnante pour un mouvement de résistance de ces années-là – une structure très démocratique et était de fait la seule démocratie au Moyen-Orient, avec un gouvernement contrôlé par un parlement où siégeaient plus de 10 partis différents mais aussi, en plus, toute la société civile palestinienne – médecins, associations d’ingénieurs, étudiants artistes syndicats organisations féminines, et j’en passe – cette même OLP représentait tous les Palestiniens : ceux de la rive occidentale du Jourdain (Cisjordanie) et de Gaza, mais aussi les réfugiés en Jordanie, au Liban, dans le Golfe … sans oublier les Palestiniens en Israël.

Oslo a liquidé cette structure démocratique et l’a remplacée par l’Autorité Palestinienne qui – c’était une condition posée par Israël – ne pouvait plus représenter que les Palestiniens de la rive occupée du Jourdain et de Gaza. Ou plus exactement – pouvait y exercer une gestion très restreinte.

Cela revenait à se surveiller soi-même sous l’occupation israélienne, tandis qu’Israël même pouvait continuer à coloniser librement. Leur « Président » Mahmoud Abbas a même reçu des « troupes de sécurité » formées, contrôlées et financées par les USA. Ces forces collaboraient avec l’armée israélienne et avec le service de renseignement ShinBeth.

Tout ceci a fait dire à l’universitaire et ancien membre du Parlement israélien Azmi Bishara les paroles suivantes : « Naguère nous aurions appelé ça des collabo[rateur]s, maintenant nous devons les appeler nos représentants ». Cette Autorité Palestinienne (AP) a été rendue entièrement dépendante financièrement des États-Unis et de l’Union Européenne pour sa survie.

Entre-temps Israël s’est intégralement dérobé à ses obligations de puissance occupante (selon le droit international et les Conventions de Genève) pour entretenir les infrastructures des territoires occupés : route, écoles, hôpitaux, etc.

Cette facture ce n’est pas Israël qui la paie, mais l’UE.

En Cisjordanie, un Palestinien sur 4 reçoit sont salaire de cette AP. Dans la ville où siège cette AP, Ramallah, unegrosse bulle économique est née, avec une classe moyenne qui ne voit pas d’un très bon œil une troisième Intifada. Bien trop à perdre …

Max Blumenthal [*] y décrit la situation comme suit : « L’économie néolibérale des donateurs fonctionne comme un laboratoire où l’on fait des expériences sur l’hypothermie [induite] de la Résistance Palestinienne ». Cela réussit pas mal avec Abbas & C°. L’AP s’est avilie pour devenir un régime arabe comme les autres, corrompu, autoritaire et sans aucun respect pour ses citoyens.

Pour le moment seul le Hamas ne veut pas courber l’échine, du moins pas trop bas. C’est de cela qu’il s’agit dans cette guerre. Le but n’est pas d’éliminer le Hamas, mais de l’affaiblir. A deux reprises déjà, l’organisation a baissé le ton après les précédentes guerres de Gaza. Maintenant, il faut qu’il s’incline vraiment, mais sans disparaître.

Le spectre de l’EI (ISIS/ISIL) et autres djihadistes hante les esprits de l’occupant israélien. Non ! Si c’est possible, le Hamas doit devenir une « version islamique » de Mahmoud Abbas & C° et garder sous son contrôle la prison à ciel ouvert de Gaza. Pour cela, tous les moyens sont bons, même des bombardements terrorisants disproportionnés. Plus c’est hors de toute proportion, plus il y a de tués, plus l’objectif sera atteint rapidement : c’est ainsi que raisonne Israël.

Cette dégénérescence de la « résistance » officielle sous l’AP s’observe aussi dans la diplomatie. Quand on compare les travaux, l’engagement et les idées du premier ambassadeur palestinien en Belgique Naim Khader(assassiné à Bruxelles en 1981) avec ceux de l’actuelle ambassadrice Laila Shahid (fille d’une des plus grandes familles de notables palestiniens), on constate la même décadence.

Madame Shahid ne veut même plus travailler avec le Comité Palestine [belge] et avec des Palestiniens qui « n’ont pas de respect pour leur ambassadeur mais posent des questions gênantes ». Elle préfère fréquenter les salons « m’as-tu vu » et les sionistes light comme Simone Susskind, en faveur de qui elle a appelé à voter aux dernières élections [belges], à l’encontre de toutes les règles diplomatiques.

Les Accords d’Oslo de 1993 ont aussi fait en sorte que l’attitude au sein de l’UE évolue toujours davantage en direction d’un soutien presque inconditionnel à Israël. L’opposition palestinienne contre la colonisation ne reçoit plus guère d’attention.

Le 13 juin 1980, Israël se faisait encore étriller dans la Déclaration de Venise :

« Les Neuf rappellent la nécessité pour Israël de mettre fin à l’occupation territoriale qu’il maintient depuis le conflit de 1967, comme il l’a fait pour une partie du Sinaï. Ils sont profondément convaincus que les colonies de peuplement israéliennes représentent un obstacle grave au processus de paix au Moyen-Orient. Les Neuf considèrent que ces colonies de peuplement ainsi que les modifications démographiques et immobilières dans les Territoires arabes occupés sont illégales au regard du droit international. »

Aujourd’hui, en 2014, la vision israélienne est approuvée par principe. Ou, comme le formulait [le quotidien] Israel Today le 23 juillet dernier : « Israël a été agréablement surpris ce mardi … Dans sa déclaration, le ministère israélien des Affaires Étrangères a loué l’appel de l’UE au désarmement des organisations terroristes dans la bande de Gaza et à la démilitarisation de Gaza. Ces déclarations de l’UE sont tout à fait en ligne avec la perception qui guide Israël dans la lutte contre le terrorisme … »

Le Hamas va-t-il capituler, nous ne le savons pas encore. Mais la population palestinienne ? Certainement pas si on entend Hanin Zoabi . Elle est la première Palestinienne à avoir été élue à la Knesset, le Parlement israélien, pour le parti national-palestinien Baladi.

Ce que nous devons arriver à réaliser, c’est que le conflit israélo-palestinien ne soit plus vu sous l’angle de l’occupation de 1967. Implicitement, tous les Palestiniens comprennent qu’il s’agit d’un conflit qui tourne autour d’un projet colonial raciste fondé sur des notions de pureté ethnique … Avec notre volonté de « citoyenneté à part entière » en Israël, nous devons saper le projet sioniste et le dégrader à son vrai statut, celui d’une entreprise coloniale raciste.

Alors, pour comprendre encore mieux ce qui se passe maintenant, peut-être vaudrait-il quand même mieux remonter à 1948, bien longtemps avant Oslo ?

[*] Journaliste étatsunien juif travaillant notamment pour The Huffington Post.

lucas

Lucas Catherine est un auteur bruxellois spécialiste du monde arabe, de la colonisation, des relations entre civilisation occidentale et autres cultures. Il a vécu à Khartoum, Rabat et Dar es Salam. Parmi ses nombreux livres : « L’Islam à l’usage des incroyants » (EPO, 1998), « Palestine, la dernière colonie ? » (EPO 2003), « Gaza » (EPO, 2009), « Promenade au Congo : petit guide anticolonial de Belgique » (CADTM, 2010), « Le lobby israélien » (EPO, 2011).

source

25 juillet 2014 – dewereldmorgen.be – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.dewereldmorgen.be/artike…
Traduction : Info-Palestine.eu – Marie Meert

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Ma lettre au Parlement Européen pour sa session concernant l’attaque Israélienne sur Gaza. Nurit Peled-Elhanan


16 juillet 2014

Chers amis et militants de la paix
Je vous écris depuis la bouche de l’enfer. Génocide à Gaza, pogroms et massacres en Cisjordanie et la panique des roquettes sur Israël .Trois colons israéliens enlevés et tués, et la police qui a été informée immédiatement n’a rien fait. Leur mort a été utilisée comme un prétexte pour mener l’assaut planifié à l’avance sur la Cisjordanie et Gaza. Un garçon palestinien de Jérusalem enlevé et brûlé vif et la police, immédiatement informée, ne fait rien. Plus de 200 victimes dans le raid sur Gaza. Des familles entières tuées par les pilotes israéliens, et pour résultat, des bombardements de roquettes sur tout Israël . Le racisme dangereux et violent contre des citoyens israéliens arabes, encouragé avec enthousiasme par les ministres israéliens et des membres du Parlement, conduit à des émeutes dans les rues, engendre l’agressivité et de graves discriminations contre les Palestiniens, avec une violence renouvelée qui éclate contre les militants de la paix juifs.

Malgré les accords, les résolutions internationales et les promesses israéliennes, les colonies se développent – tandis que les maisons palestiniennes à Jérusalem-Est et la Cisjordanie sont constamment détruites. L’eau coule sans limitation dans les piscines des colonies, tandis que les enfants palestiniens sont assoiffés et que des villages et des villes entières vivent sous un régime cruel de distribution d’eau , comme cela a été récemment souligné par le président Schultz. Des routes de ségrégation réservées pour les Juifs seulement et de nombreux points de contrôle rendent la vie et les déplacements des Palestiniens impossibles. Le caractère non démocratique de l’Etat d’Israël est de plus en plus en train de se transformer en un Etat d’apartheid dangereux. Toutes ces atrocités ont été conçues par le même esprit diabolique et criminel – l’esprit de l’occupant raciste et impitoyable de la Palestine.

Par conséquent, la responsabilité de tous ces crimes contre l’humanité doit être imputé à qui de droit : sur les mains sanglantes des dirigeants politiques racistes d’Israël , des généraux, des soldats et des pilotes, des hooligans de la rue et des membres de la Knesset. Tous sont coupables de l’effusion de sang et devraient être traduits devant la Cour pénale internationale de justice.

A ce jour, la communauté internationale n’a pas fait assez pour arrêter le régime d’occupation israélien. Les pays européens l’ont sévèrement critiqué alors que dans le même temps , ils continuaient à coopérer pleinement avec Israël, économiquement, politiquement et militairement. En conséquence, Israël ne paie pas de prix pour ses graves violations du droit international et des valeurs humaines.

Au contraire, c’est l’Europe qui paie pour la plupart des dommages humanitaires de l’occupation, ce qui rend encore plus facile pour Israël de la maintenir. Bien que les directives aient été émises interdisant aux institutions de l’UE de sponsoriser ou de financer les organismes de recherche et les activités dans les colonies et que 20 pays européens aient publié des avertissements officiels à leurs citoyens et aux entreprises, à l’encontre des relations commerciales et financières avec les colonies, ce n’est pas suffisant.

Ces mesures ne remettent pas sérieusement en cause la politique israélienne en Palestine occupée. L’Europe pourrait faire beaucoup mieux, ainsi que l’illustre sa réponse dure à l’annexion par la Russie de la Crimée. En quelques semaines, l’Union européenne a imposé des sanctions ciblées sur les responsables russes et ukrainiens et entreprises commerciales en activité en Crimée. L’UE est allée encore plus loin et a élargi les sanctions en interdisant l’importation de marchandises de Crimée.

Nous, les citoyens d’Israël et les apatrides de la Palestine, ne pouvons pas réaliser la fin de l’occupation et arrêter le bain de sang par nous-mêmes. Nous avons besoin de l’aide de la communauté internationale en général et de l’UE en particulier. Nous avons besoin de vous pour poursuivre en justice le gouvernement et l’armée israélienne, nous avons besoin de vous pour boycotter l’économie et la culture israélienne, nous avons besoin de vous pour exhorter votre gouvernement à cesser de tirer profit de l’occupation et nous avons besoin d’appeler à un embargo des armes contre Israël et à lever le siège de Gaza.

Israël est la plus grande et la plus dangereuse organisation terroriste existant aujourd’hui. Toutes ses munitions sont utilisées pour tuer des civils innocents, femmes et enfants. Ce n’est rien de moins qu’un génocide. Comme lauréate du Prix Sakharov du Parlement européen pour les Droits de l’Homme, en tant que mère et en tant qu’être humain, je demande à l’UE d’utiliser tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour aider à sauver mon pays de cet abîme de mort et de désespoir dans lequel nous vivons.

S’il vous plaît , il faut mettre Israël au ban de la communauté internationale jusqu’à ce qu’il devienne un véritable Etat démocratique, et il faut boycotter et sanctionner quiconque fait des affaires avec cet état d’apartheid et nous aider à nous débarrasser de ce gouvernement raciste et sanguinaire pour restaurer la vie des Palestiniens et des Juifs eux-mêmes.

* Nurit Peled-Elhanan, professeur de littérature comparée à l’université hébraïque de Jérusalem, est connue comme militante pacifiste en Israël. Née en 1949, c’est la fille de Matti Peled, un général de l’armée israélienne qui, après la guerre des Six Jours, s’est élevé contre la politique de colonisation.

 Après avoir perdu sa fille de 14 ans dans un attentat kamikaze palestinien (et interdit aux officiels israéliens dont Benjamin Netanyahou de venir à ses obsèques), elle déclare « ne pas avoir cédé au désespoir mais prononcé un discours avec pour thème la responsabilité d’une politique myope qui refuse de reconnaître les droits de l’autre et fomente la haine et les conflits ».

 Elle est cofondatrice de l’association israélienne et palestinienne des Familles endeuillées pour la paix. Elle reçoit le prix Sakharov en 2001 en tant que représentante de « tous les Israéliens qui prônent une solution négociée du conflit et revendiquent clairement le droit à l’existence des deux peuples et des deux États avec des droits égaux ». Izzat Ghazzawi, un professeur de littérature palestinien militant également pour la paix malgré la perte d’un fils dans le conflit le reçoit en même temps. Elle est l’une des trois promoteurs du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
 

Oui, il faut parler de Gaza et de l’occupation


Baudouin Loos
Comment parler de Gaza ? Le conflit israélo-palestinien charrie des émotions à nulles autres pareilles, même en Europe. Emotions qui prennent souvent le dessus sur la raison. Les réseaux sociaux deviennent un défouloir navrant, au nom de la solidarité.
Dans les deux camps. La « cause » de la Palestine. La « cause » d’Israël… En Israël, justement, la paranoïa collective bat son plein. Des foules crient « Mort aux Arabes ! ». Mais aussi « Mort aux gauchistes ! ». C’est-à-dire que ceux qui s’opposent à la méthode forte employée par l’armée israélienne à Gaza sont souvent désormais considérés comme des traîtres.
L’atmosphère devient irrespirable pour ces Israéliens minoritaires qui osent montrer ne fût-ce qu’un peu d’empathie pour « l’ennemi ». Ces Israéliens-là, pourtant, disent souvent des choses qui font sens. Comme l’écrivain Etgar Keret qui, observant avec consternation la montée de l’intolérance dans la société israélienne, se posait une question dans un article publié par le quotidien Yediot Aharonot  : « Même si les militants du Hamas étaient éliminés un à un, y a-t-il quelqu’un pour vraiment penser que l’aspiration du peuple palestinien à l’indépendance nationale disparaîtrait avec eux ? »
Alors, oui, Gaza symbolise la Palestine. Le malheur infini de la Palestine. A cause du Hamas ? A cause d’un mouvement islamiste radical et cynique ? Il est tentant d’adhérer à cette thèse parce qu’elle comporte une part de vérité et qu’elle rassure. Mais elle comporte aussi une très importante part de leurre en occultant quelques données factuelles simples et édifiantes. Il y a toujours, en Palestine, un occupant et un occupé.
Bien que reconnu comme Etat par plus de cent pays, la Palestine ne jouit pas d’une once de souveraineté. Elle n’existe toujours pas. Quant à la bande de Gaza, elle a bien été évacuée en 2005 par les colons et les soldats israéliens, mais le petit territoire est devenu la plus grande prison du monde, avec la complicité de l’Egypte, renforcée depuis 2013 par le régime putschiste du maréchal Sissi. Un million huit cent mille prisonniers piégés sur 360 km².
Les images de samedi ont indigné presque tout le monde. C’était quand les habitants de certains quartiers de Gaza ont profité d’une trêve pour retourner chez eux. Mais il n’y avait plus que des ruines. Ceux qui ont pu rester indifférents à ces destructions, à la vue de cadavres d’enfants retrouvés dans les gravats, se rassurent en soutenant que c’est la faute du Hamas. Pourtant, selon Amira Hass, la seule journaliste israélienne qui réside dans les territoires occupés, « le dégoût croissant exprimé [par les Palestiniens de Gaza] vise Israël, pas le Hamas ». Il faudra encore parler de Gaza et de l’occupation.
source

Cinq points de discussion israéliens sur Gaza: démystifiés


« Israël prétend qu’il ne fait qu’exercer son droit à la légitime défense et que Gaza n’est plus occupée. Voici ce que vous devez savoir sur ces points de discussion, et plus encore. »Lire l’article de l’avocate Noura Erekat publié dans le quotidien américain « The Nation »,  traduit en français sur le site de l’Agence.

 

‘Le bilan s’alourdit au dix-neuvième jour de l’offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza et sa population civile :1020 morts palestiniens jusqu’à cette heure-ci, dont 200 enfants, 110 femmes et 83 personnes âgées suite à des bombardements israéliens en dix-neuf jours. »Lire le billet de Ziad Medoukh publié sur le site de l’Agence.
« Plus de 1000 morts à Gaza, et ça continue »

 

La France s’abstient lors d’un vote de l’ONU demandant le respect du droit international dans les territoires palestiniens dont Jérusalem Est
La France s’est abstenue le 22 juillet dernier lors d’un vote de l’ONU  pour “faire respecter le droit international dans les territoires palestiniens dont Jérusalem Est”.Lire la suite sur le site de l’Agence.
Rassemblement du Samedi 26 juillet à Paris: COMMUNIQUÉ
« Une réunion du Collectif aura lieu dès demain pour convenir des moyens de poursuivre dans la plus grande unité les actions de soutien dans les rues, au peuple palestinien dans les jours qui viennent malgré l’attitude partiale du gouvernement. »Lire le communiqué publié sur le site de l’Agence.
PHOTO: Respect à Massive Attack pour leur soutien à #GAZA durant leur concert
« Gaza est occupée ou sous restrictions depuis 1948 ». C’est à travers ces mots que le groupe « Massive Attack » a témoigné de son soutien à Gaza au festival Longitude 2014 .Lire la suite sur le site de la Campagne BDS France. Un article à ce sujet dans le Figaro  également.

 

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Je n’ai plus d’espoir; une lettre de Gaza


Chers amis,

Je suis désolée de vous dire, « JE N’AI PLUS D’ESPOIR ».

Oui, je n’ai plus d’espoir :

Quand on arrive au point de donner le nombre de morts sans donner leurs noms alors qu’on a décidé de ne pas le faire au début de l’offensive, je n’ai plus d’espoir !

Quand on passe notre vie entre la radio et les sites internet d’information, quand l’électricité vient nous rendre visite bien sûr, là, je n’ai plus d’espoir !

Quand l’armée « la plus morale au monde » bombarde partout dans la bande de Gaza et qu’on ne sait plus si les frappes sont près ou loin de chez nous, je n’ai plus d’espoir !

Quand cette armée bombarde les hôpitaux, les écoles et les mosquées, je n’ai plus d’espoir !

Quand l’armée israélienne bombarde tout, les gens même les paramédicaux, les pierres, les terres, les animaux et les arbres, je n’ai plus d’espoir !

Quand mon fils ne peut pas dormir plus de 4h, parce qu’il a peur de nous perdre (il croit bien qu’en gardant les yeux ouverts, il nous protège et nous garde.), je n’ai plus d’espoir !

Quand mon fils m’embrasse et me demande de le prendre entre mes bras et de bien le serrer une dizaine de fois par jour, je n’ai plus d’espoir !

Quand je cours vers le téléphone pour avoir des nouvelles des autres, sciemment, mes parents lorsqu’il y a un/ des bombardement/s près de chez eux, je n’ai plus d’espoir !

Quand le mois de Ramadan, le mois le plus joyeux et généreux de l’année, devient le mois le plus morne, je n’ai plus d’espoir !

Quand mon fils a peur qu’une roquette tombe dans sa chambre et détruise tous ses jouets, je n’ai plus d’espoir !

Quand il sait qu’une de ses meilleures amies a perdu son papa et qu’à cause des bombardements il ne peut pas sortir lui dire, « on est tristes pour toi, on est tous, autour de toi, ne t’inquiète pas ! », je n’ai plus d’espoir !

Quand j’imagine que les musulmans, partout dans le monde, vont fêter la fête de l’Aïd normalement sans penser à ce qui nous arrive, je n’ai plus d’espoir !

Quand on perd un de nos proches lors d’un bombardement et qu’on se dit, « heureusement, on en a perdu un, il y a d’autres familles qui en ont perdu beaucoup plus !! » Oui, je n’ai plus d’espoir !

Quand nos cœurs pleurent plus que nos yeux, je n’ai plus d’espoir ! Quand on croit fort à l’idée que les morts ont plus de chances parce qu’ils ne vont plus souffrir, je n’ai plus d’espoir !

Quand on parle de la mort comme si c’était un choix et que chacun dit, « Je n’ai pas peur de la mort, mais ce qui me fait peur, c’est de perdre tous les membres de la famille et de survivre, je veux mourir avec les autres ! », je n’ai plus d’espoir !

Quand on sait que l’armée israélienne bombarde un quartier tout près des frontières et qu’on a peur qu’un nouveau génocide arrive, je n’ai plus d’espoir !

Quand le père Moussallam dit, « S’ils détruisent vos mosquées, appelez à la prière dans nos églises. » et que les barbares ne bombardent pas seulement les mosquées, mais aussi les églises, je n’ai plus d’espoir !

Quand les criminels tuent la beauté de ma ville et l’innocence de nos enfants et qu’ils disent que c’est le droit à la défense, je n’ai plus d’espoir !

Quand on est dans un pays occupé depuis 68 ans, mais qu’on n’a pas le droit de résister, d’exister, je n’ai plus d’espoir !

Quand ce monde parle de la liberté, de la démocratie et de la fraternité et qu’il les interdit aux autres, je n’ai plus d’espoir !

Quand les pays arabes (nos frères !!!!) nous jettent au feu et vont à la mosquée pour prier et s’approcher de Dieu qui n’accepte pas ce qu’ils font, je n’ai plus d’espoir !

Quand on attend une bonne nouvelle, l’arrêt de tous ces massacres, mais que ces nouvelles deviennent des rêves, je n’ai plus d’espoir !

Quand l’odeur de la mort se rapproche de nous, je n’ai plus d’espoir !

Chers amis,

Je suis très désolée, malgré votre soutien concret et moral, vos manifestations, vos messages très doux et vos sentiments, je n’ai plus d’espoir !

Salma AHMED ELAMASSIE

A Gaza, le 25 juillet A

EUROPALESTINE