2013 en révision. merci de vos visites !! et Bonne Année


Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2.700 personnes. Ce blog a été vu 32  000 fois en 2013. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 12 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

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L’impasse syrienne


Sale temps pour la révolution syrienne. Rien ne va plus, ou presque. Des manifestations populaires contre le régime de 2011, il n’est plus guère question. Le stratagème de Bachar el-Assad, la communautarisation et la montée des haines, a fonctionné. Et comment ! Pourtant, rien n’est gagné, pour personne…

Qu’on se souvienne : dès avril 2011, le « raïs » s’était écrié que la Syrie faisait face à des terroristes djihadistes. Mais ceux-ci n’ont vraiment commencé à entrer en scène qu’en 2012. Notamment les centaines d’entre eux que le régime, curieusement, venait de… libérer. Sur le terrain, les rebelles, dont l’Armée syrienne libre, qui ne sont pas une armée mais une myriade de groupes hétéroclites sans commandement uni, ont quand même réussi à conquérir du terrain, dans les campagnes surtout, une moitié du pays au moins.

Mais en 2013, les choses sont allées de mal en pis. Les méthodes du régime – bombardements massifs de la population, arrestations, tortures, exécutions – ont rendu aiguë la problématique des réfugiés, qui sont environ sept millions (un tiers de la population syrienne !), dont plus de deux millions au Liban, en Turquie et en Jordanie, où ils vivent dans des conditions très précaires et passent un hiver actuellement dantesque.

On a pu croire que le déséquilibre des forces – et surtout le très létal monopole des airs du régime – allait être remis en cause par une intervention militaire, aérienne aussi, de la part des Américains et des Français, très remontés après des attaques chimiques le 21 août dernier dans des banlieues de Damas sous contrôle rebelles.

L’origine de ces attaques reste controversé, mais les menaces américaines ont tôt fait de convaincre Bachar et les siens de capituler sur ce point : en quelques semaines, l’affaire était entendue, les armes chimiques du régime vont être neutralisées, et tant pis pour l’orgueil de son chef, trop content de sauver sa peau et son aviation.

Barack Obama s’est donc résolu à annuler les frappes aériennes préparées. Au grand dam des Syriens sous les bombes et des rebelles. Ceux-ci se divisent désormais en de très nombreux camps : les débris de l’ASL (quand ils n’ont pas pris le chemin du grand banditisme), les nombreuses katiba (brigades) islamistes, les deux grands mouvements qui se réclament d’al-Qaïda (dont l’un, l’Etat islamique d’Irak et du Levant, multiplie les horreurs sans subir les foudres du régime) et enfin les Kurdes, qui consolident leur autonomie dans le nord-est du pays.

Alors, non seulement on reparle de diplomatie – une grande conférence devrait avoir lieu en Suisse en janvier – mais le pire, pour les rebelles, paraît acquis : la communauté internationale, face aux exactions hideuses des djihadistes, paraît même prête à réhabiliter Bachar, comme s’il représentait un moindre mal, lui qui n’hésite jamais – au grand jamais ! – à bombarder les hôpitaux, les boulangeries, enfin toute cible qui peut faire très mal à ces misérables qui ont osé défier l’autorité de son régime mafieux.

Personne ne semble capable de remporter une victoire définitive, même pas ce régime qui reçoit bien plus d’aide que le camp rebelle, lui qui dispose à loisir des armes russes, des conseillers iraniens, des miliciens chiites irakiens et des combattants du Hezbollah libanais.

Tout se passe comme si un conflit de longue durée, d’une âpreté inouïe, s’était engagé, dans lequel les acteurs régionaux, l’Iran, la Turquie, les pétromonarchies du Golfe sans parler des grandes puissances, sont impliqués à des degrés divers. Avec un perdant, déjà : le peuple syrien.

BAUDOUIN LOOS

LE SOIR – Samedi 28 décembre

De la servitude moderne – DOCUMENTAIRE COMPLET –


Entendre le texte de La Boétie ici « LA BOETIE – Discours de la servitude volontaire »

À 18 ans, Étienne de La Boétie fut le premier à s’étonner de la structure pyramidale du pouvoir, et à analyser les principes de la domination des peuples par un seul, ou par une poignée d’hommes.

S’il est vrai que la tyrannie est ce dans quoi la démocratie menace le plus de verser, ce bref essai écrit en 1549 peut être regardé par les peuples de nos démocraties modernes comme une invitation perpétuelle à la vigilance à l’égard du pouvoir ; et ses problèmes et ses concepts, comme des outils indispensables pour une démocratie sans cesse à régénérer.

Les manipulations de Bachar El Assad


Graffiti du président Bachar el Assad © thierry ehrmann – 2013

 

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La rumeur a fait sensation : des jeunes filles musulmanes seraient envoyées en Syrie pour offrir leurs services sexuels aux combattants islamistes qui luttent contre l’armée de Bachar al-Assad ! C’est ce que l’on a immédiatement appelé « le djihad du sexe » ! Et certains exégètes de la loi musulmane, la charia, de légitimer cette nouvelle forme de prostitution au nom de la religion ! Les mariages temporaires ou coutumiers seraient autorisés par le Coran.

Puis la rumeur est devenue information. Les medias arabes puis occidentaux ont donné des détails, des chiffres. Un membre du gouvernement tunisien a apporté sa pierre puisque ces jeunes candidates au djihad sexuel étaient généralement originaires de son pays : il a confirmé que 16 Tunisiennes étaient réellement parties rejoindre les djihadistes en Syrie. Et il s’interroge sérieusement : que fera-t-on des enfants illégitimes qui naîtront obligatoirement de ces unions multiples mais passagères ?

On verra même à la télévision syrienne une jeune femme témoigner afin de dénoncer cette prostitution halal à laquelle elle a été soumise…

Et soudain, avec la même rapidité qui avait permis son éclosion, la rumeur s’est dégonflée… Ce n’était que propagande et désinformation. Sans doute, mais qui avait intérêt à répandre une telle rumeur ? Et pourquoi ? La suite avec Monsieur X…

Livres cités:

Pas de printemps pour la Syrie. Les clés pour comprendre les acteurs et les défis de la crise (2011-2013)

de François Burgat et Bruno Paoli
éditeur : La Découverte
parution : 2013

http://widget.editis.com/ladecouverte/9782707177759/#page/1/mode/1up

La mort est ma servante. Lettre à un ami assassiné. Syrie 2005-2013

de Jean-Pierre Perrin
éditeur : Fayard
parution : 2013

Le cadeau de Noel


26 décembre 2013, 03:10

Le cadeau de Noel

Dis-moi grand-mère, quels cadeaux ont eu tes petites filles ? Celle qui a 4 ans ?

Mon amie Belge, connais tu Héla ? Elle a 4 ans, Elle avait 4 ans. Moi non plus je ne la connaissais pas, et maintenant elle hante ma conscience. Son gros cadeau de fête a été une bombe. Une bombe et la mort,offerts par des hommes plein d’humanité. Mon amie Françoise, tu me l’as dit, toi aussi la gorge te serre devant tes petites filles en rires.

Héla et ses belles joues d’enfant nous sont offertes pour que nous devinions par une photo quelle enfant elle était, mais nous la connaissons au fond de nous. Elle était enfant à éclats de rires comme tous ceux qui nous entourent. Elle était enfant comme tous les enfants du monde à se cacher et faire « coucou », à rechigner à aller se coucher, à ne jamais se lasser des chatouilles de ses parents. Elle aussi était enfant aux yeux à dévorer le monde, même si son monde à elle était enfermé dans un ghetto.

Mon amie Belge, je sais que les larmes te viennent en ce réveillon de Noel malgré la vue de tes petites filles. Tu penses à elle, elle à Gaza.

Est-ce d’avoir eu trop de larmes ? Je n’ai plus de larmes, j’ai du dégout ! Je vois cette enfant comme tout humain doit lavoir, avec sa vie promise, avec sa vie volée, avec indignation. Je n’ai pas eu le temps de me laisser envahir par les larmes que déjà le dégout m’assaille. J’ai lu les commentaires de ceux qui trouvent des raisons, toujours de bonnes raisons. Et mon dégout monte, et j’éprouve l’envie de leur cracher à la gueule ! Quoi, ces barbares se drapent de mon histoire juive, des mots de mes parents, grand parents, arrières grand parents pour recouvrir ces forfaitures ! Quoi, ils honorent Anne Frank, ils pleurent Auschwitz-Birkenau,et tuent sans vergogne, sans état d’âme, sûrs de leur fait, une enfant, et puisd’autres avant, juste avant. Une enfant après trois pêcheurs tentant de nourrirleur famille.

Françoise, mon amie Belge, pardonne ma colère qui pour une fois surpasse ma compassion pour cette enfant, pour sa famille,pour ses proches si couramment martyrisés. Françoise, comprends moi, ce ne sont pas les extrémistes qui entourent Netanyaou qui ont trouvé encore et encore de bonnes raisons. Non, ce sont de respectables personnages se présentant comme« de gauche », des « pacifistes » de « Paix Maintenant » ou de « JCall » au mot « paix » gentimentutilisé avec « on verra plus tard »  ou « un jour peut être ». Ce sont des modérés prêts à reconnaître la Palestine quelque part loin de Jérusalem et du Jourdain. Voila, à être si modérés ils en renient la conscience humaine et mettent leurs pas dans les pas de leurs extrêmes droites. Bande de lâches ! Le sang de cette enfant coule sur vos faces de soumis !

Pardonne-moi grand-mère amie. Pardonne ma colère mais tant et tant de sang coule et la justice se fait tellement attendre.

Enfants de Palestine, enfants de Gaza. Pour Noel, chez nous,tous les enfants ont eu de l’eau fraiche et pure. Mais c’est tous les jours Noel. Pour Noel,  chez nous, tous les enfants ont eu à manger à satiété. Mais c’est tous les jours Noel. Les jouets denos enfants sont venus du monde entier sans passer par de périlleux souterrains.  C’est tous les jours Noel. Les jouets sont enveloppés dans de beaux papiers brillant de mille couleurs et nous sommes assurés d’avoir de l’électricité pour la lumière qui les fait briller. C’est tous les jours Noel. Enfants, imaginez cette vie si votre voisin n’avait décidé de vous interdire d’exister, de disposer de votre pays légalement reconnu. Si vous pouviez avoir ce Noel ! C’est bien pour vous interdire d’avoir ce cadeau de la vie que votre voisin vous tue et vous provoque. Il a besoin de sang pour camoufler sa détermination à rendre une fois de plus la négociation impossible.

Enfants de Palestine, ce cadeau que vous méritez, c’est tous les jours que nous nous engageons à vous l’apporter un jour prochain. Enfants de Palestine à la vie si dure nous vous aimons.

Serge Grossvak

Le 25 décembre 2013