Tunisie : Borj Erroumi, la prison synonyme d’enfer carcéral, compte ses jours


lundi 30 avril 2012, par La Rédaction

« Borj Erroumi, plus jamais ça ! » : la banderole rouge et blanc claque au vent annonçant la fermeture prochaine du célèbre bagne de Bizerte (Tunisie). Elle va devenir un musée, témoin de l’horreur vécue par des générations de prisonniers tunisiens durant plus de 35 ans.

Balayée par les vents humides de la Méditerranée sur les hauteurs de la ville et base militaire de Bizerte à la pointe nord de la Tunisie, la prison Nadhour dite Borj Erroumi incarnait l’enfer carcéral. Mais la révolution de janvier 2011 a finalement eu raison d’elle.

A l’ombre de pins centenaires, barbelés, miradors et hautes murailles décrépies indiquent l’entrée. Le personnel ouvre les portes devant Noureddine Bhiri, le ministre de la Justice venu confirmer la fermeture définitive du bagne en juin.

« C’est un moment de liberté. Un symbole de l’unité et de la lutte des Tunisiens toutes tendances politiques confondues face à l’oppression et à l’injustice », lance cet ancien détenu du parti islamiste qui domine le gouvernement issu des élections post-révolution.

« Nous accomplissons un devoir de mémoire », ajoute-t-il, s’adressant à d’anciens détenus islamistes, nationalistes ou de gauche émus aux larmes sur les lieux où ils avaient croupi sous les règnes du président Ben Ali déchu en janvier 2011 et de son prédécesseur Habib Bourguiba (1956-1987).

« Grâce ! grâce ! », crient à tue tête des prisonniers au passage du ministre. Pour les 500 pensionnaires de la prison, désormais tous de droit commun, cette visite suscite l’espoir d’une libération. L’amnistie décrétée au lendemain du soulèvement qui a chassé Ben Ali a en effet libéré tous les prisonniers politiques.

« Ils parlent de réconciliation n’avons nous pas droit au chapitre ? », vocifère Mounir, 39 ans, derrière les barreaux. « Je suis là pour 30 ans à cause d’un seul vol, ceux qui ont volé et sévi 23 ans sont libres eux », se lamente-t-il parlant du clan de Ben Ali.

Des gradés interrompent la conversation. Il faut s’arrêter à la cave : une fosse creusée sous terre à même la roche pour les condamnés à mort, les bagnards, et les parias de tout bord.

Une odeur nauséabonde monte à la gorge, l’air est irrespirable, le toit dégouline et les murs sont verts de moisissure. Sur le sol en béton, les anneaux qui servaient à enchaîner les prisonniers aux pieds témoignent.

« Je suis effarée, ce lieu respire l’horreur de la torture », lâche Me Radia Nasraoui, présidente de l’Association tunisienne de lutte contre la torture. Avant la chute de Ben Ali, elle y visitait ses clients mais aussi son époux Hamma Hammami, chef du Parti communiste ouvrier (PCOT).

Ex-opposants nationalistes octogénaires, militants de gauche des années 1970 ou islamistes condamnés à l’isolement sous Ben Ali sont de la visite.

Tous récitent une prière pour les disparus qui par leur sacrifices tout au long de l’histoire « ont contribué à l’avènement de la révolution », soutient M. Bhiri.

« Voici venu le jour où nous tournons la page noire de cette prison pour mettre au jour les annales de la torture », espère ce partisan du leader nationaliste Salah Ben Youssef, rival de Bourguiba assassiné.

Pour Tahar Chagrouch, du groupe de gauche « Perspectives » qui a connu la torture, « le moment est très fort ». « J’ai rêvé de liberté et de justice mais pas de vivre un tel moment », dit-il, scrutant la sinistre fosse, qui n’est plus utilisée.

Et comme les pensionnaires, le personnel pénitentiaire rêve en attendant de quitter Borj Erroumi, à l’origine un bunker de l’armée française construit en 1932 sous le protectorat de la Tunisie.

« Nous voulons des établissements corrects, des comportements humains. En bref, la dignité », insiste Karim, un gradé de la « nouvelle génération ».

(30 avril 2012 – Avec les agences de presse)

source

Syrie : La “confession” de l’activiste Ali Mahmoud Othman à la télévision


Photo de Leila Nachawati Rego Ecrit par Leila Nachawati Rego

Traduit par Claire Ulrich

Publiée par GlobalVoices le 28 Avril 2012:

Syrie : La “confession” de l’activiste Ali Mahmoud Othman à la télévision

[Liens en anglais ou arabe, sauf mention contraire] Le 28 mars, le vidéaste et activiste Ali Mahmoud Othman, qui dirigeait le bureau des médias du quartier insurgé de Baba Amr à Homs, a été arrêté. Ses compagnons pensent qu’il a été soumis à des tortures extrêmes [en français] depuis son arrestation. Le 25 avril, la télévision d’état syrienne a annoncé qu’elle diffuserait une interview exclusive avec Othman, prévue aujourd’hui samedi 28 avril.

Dans la bande-annonce diffusée par la chaîne d’état Addounia, Ali est d’abord vu dans sa cellule, puis en sortir pour rejoindre Rafiq Lutif, qui l’interviewe, le tout sur fond de musique dramatique et avec un bandeau annonçant :”Restez à l’écoute…Baba Amr de l’intérieur” (le quartier de Homs qui a été pilonné par l’armée du régime syrien). Filmer des “confessions” obtenues par la force est une pratique courante en Syrie, le but étant de décourager ceux qui y songeraient de rejoindre l’opposition.

La vidéo, qui peut être vue sur Facebook et sur YouTube, parle d’elle-même :

Cette vidéo a été mise en ligne par les comptes pro-Assad SyrianTruthEnglish.

Othman, qui est surnommé depuis longtemps par ses amis “Al Jed” (le grand-père), était à l’origine un vendeur de légumes qui a commencé à filmer le soulèvement syrien et en est devenu le chroniqueur en vidéo. Son aide a été capitale pour ceux qui couvraient le conflit depuis Baba Amr, il a par ailleurs facilité l’évacuation des journalistes étrangers piégés à l’intérieur du quartier. Il avait décidé de rester à Baba Amr, même après la reprise en main de la zone par l’armée syrienne.

Ali Mahmoud Othman in Baba Amr, à Homs. Photo : Baba Amro News

Une ” manifestation en ligne “ en solidarité avec  Othman a été annoncée pour le samedi 28 avril à 21 heures heure de Damas, sous le slogan “Nous sommes tous l’activiste héroïque Ali Mahmoud Othman”. Selon la page Facebook de Baba Amro News :

Les médias syriens ont contraint Ali et demandent aux gens de rester devant la télé pour suivre un programme qui révélera ”les secrets de Baba Amr”. On sait à quoi ressemblait Ali, et combien il pesait, il est évidement qu’il a été torturé et brutalisé. Et maintenant, il sera non pas jugé devant un tribunal mais exposé à la télé.

La journaliste espagnole Mónica G. Prieto a tweeté [espagnol]:

@monicagprieto: Patético. A Al Jed, jefe del equipo d periodistas ciudadanos de #BabaAmr, le obligan a ‘confesar’ sus crímenes en TV

Pathetique. Al Jed, le chef de l’équipe de citoyens reporters de  #BabaAmr, contraint de  ”confesser” ses crimes à la TV

D’autres internautes sont soulagés d’avoir confirmation que Othman est vivant, car il n’y a toujours pas de nouvelles d’autres personnes arrêtées. Free Syrian a tweeté :

@HamaEcho: Les activistes  Noura al-Jizawi et Ali Othman sont toujours détenus, mais au moins, on sait que Ali est toujours vivant. Deux journalistes turcs sont toujours portés disparus.

Il est toujours possible de se joindre à cette pétition en ligne demandant la libération de Othman.

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Publication du site d’opposition francophone infodelasyrie.fr le 28 avril 2012:

Syrie : le citoyen-journaliste va passer aux aveux forcés télévisés

La chaîné de télévision pro gouvernementale Al-Dounia s’apprête à diffuser les aveux forcés de l’un des responsables du Centre des médias à Bab Amr, Ali Othman Mahmoud, né en 1978 à Bab Amr dans la ville de Homs, a été arrêté par les forces du régime le 28 mars 2012, détenu à l’isolement à Damas, il a déjà été torturé et maltraité, le régime de Bachar al-Assad lui reproche d’avoir témoigné, filmé et photographié la barbarie de ses soldats à Bab Amer

Le journaliste Paul Conroy parde la détention Ali Othman Mahmoud

بول كونري يتحدث عن اعتقال الناشط علي عثمان من بابا عمرو

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=m_CmytkYEws

Il s’agit d’une interview de Paul Conroy, un journaliste britannique qui a survécu au bombardement du centre de presse de Bab Amr le 22 février 2012, où Ali Mahmoud Othman travaillait. Il a été blessé avec d’autres syriens du centre et la journaliste Edith Bouvier. Ces deux journalistes étrangers ont été évacués séparément dans des conditions très difficiles. Paul Conroy évacué vers le Liban et Edith Bouvier évacuée avec le journaliste William David. L’activiste syrien Rami el-Sayed avait été assassiné la veille. Les journalistes Rémi Ochlik et Marie Colvin ont été tués.

Dans cette interview, Paul Conroy évoque la détermination des syriens contre la dictature, et la compare à la détermination des habitants de Misrata après deux mois de siège et de bombardements au printemps 2011.

La page Facebook pour partager ses nouvelles et réclamer sa remise en liberté

[… Lire la suite sur infodelasyrie.fr]

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Le profil Youtube qui a mis en ligne cette interview de Paul Conroy rapporte les informations suivantes:

Publiée le 31 mars 2012 par

Syrian activist journalist Ali Mahmoud Othman

الصحفي بول كونري متحدثاً عن اعتقال الناشط علي عثمان من المركز الإعلامي في بابا عمرو من قبل عصابات الأسد ويلقي بشهادته حول ماقام به هذا الناشط لنقل حقيقة مايجري في سوريا وحمص خاصة ومساعدته للصحفيين وأهالي بابا عمرو بشجاعة منقطعة النظير.

ترجمة فريق العمل
لمزيد من الأعمال يرجى الدخول إلى صفحتنا على الفيس بوك

http://www.facebook.com/syrian4all/

The Foreign Secretary William Hague has led calls for the Syrian government to release Syrian activist journalist Ali Mahmoud Othman, saying he was concerned to hear reports that he had already been tortured and maltreated. In a statement, he said: « I call on the Syrian authorities to release Mr Othman and other political prisoners immediately. The Syrian regime will be held responsible for Mr Othman’s safety and his treatment and I will raise his case in Istanbul at the Friends of Syria meeting tomorrow. « It is believed that up to 10,000 Syrians have been killed by the regime since the start of the crisis, with many more incarcerated, as part of the regime’s campaign of terror. » Ali Othman rose to prominence when he highlighted the shelling of Homs by the Syrian authorities, and was in the Baba Amr media office when Marie Colvin and Remi Ochlik were killed. Ali saved the lives of many journalists including Colvin’s photographer, Paul Conroy. A fellow Syrian activist told CNN: « We believe Ali is being subjected to severe torture. The lives of our activists and citizen journalists across the whole country are now at risk. »

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Voir aussi, À Baba Amr, quelques minutes après la mort des journalistes occidentaux:

[…] Ce message s’adresse à l’Union européenne, votre sang est maintenant mêlé à celui des Syriens, vous devez immédiatement agir et stopper les gangs d’Assad. »

« Les journalistes ont dû être repérés à cause de la connexion satellitaire qu’ils utilisaient »

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Le journaliste Gilles Jacquier et ses accompagnateurs avaient aussi été visés par un tir de mortier le mois précédent à Homs. Son parcours avait été organisé par la chabiha médiatique du régime Al-Assad Mère Agnès Mariam de la Croix, une proche de Thierry Meyssan, des réseaux francophones collaborationnistes et de Michel Aoun, vassal du Hezbollah. Gilles Jaquier et la rédaction de France2 n’avaient pas prévu ce détour obligatoire par Homs, son objectif était Damas.

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Voir aussi:

Le récit de l’arrestation d’Ali Mahmoud Othman et vidéos de ses témoignages, publiés le 8 avril 2012. Depuis trois semaines, la pétition pour demander sa libération a récolté 24 signatures… seulement:

Syrie: Arrestation d’Ali Mahmoud Othman, les yeux de Baba Amr

La publication suivante du 10 avril sur ce blog:

Assassinats et arrestations des témoins de la repression syrienne, activistes et journalistes:

Le général Jamil Al Hasan compte parmi les officiers les plus fidèle de la dictature d’al-Assad, Ignace Leverrier rapporte qu’il est:

[…] directeur des services de renseignements de l’armée de l’air, a eu pour mission de poursuivre les activistes les plus influents dans la rue syrienne. Il a aussitôt donné l’ordre d’abattre ceux que ses hommes ne parviendraient pas à arrêter.

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Le 7 avril 2012, l’opposition rapportait le meurtre du docteur Khaldoun Hassan Al-Sawaah à Al-Khalidiya, surnommé “Abou Hassan al-Homsi”.

Arrestations d’Ali Mahmoud Othman et Noura Al-Jizawi:

Le vidéo-activiste Ali Mahmoud Othman, chef du bureau de presse de Bab Amr, a été capturé par les autorités syriennes vers le 1er avril 2012 […] Une autre journaliste citoyenne et militante humanitaire de Homs, Noura Al-Jizawi, avait été arrêtée, le 28 mars, a Damas en possession de cameras et de vidéos […]

Relayé par Contresubversion

La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens


La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens,
et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste.

(JPG) Dans le dernier paragraphe (Notre combat) de son article « Pour quoi se battent les prisonniers politiques Palestiniens ?« , Ameer Makhoul qui est un dirigeant de la société civile palestinienne, prisonnier politique actuellement enfermé à la prison de Gilboa, énonce clairement les raisons du combat des prisonniers.

« La véritable préoccupation pour le peuple sous occupation n’est pas de savoir si la détention de leurs fils ou de leurs filles relève d’un ordre administratif israélien ou d’un ordre de tribunal militaire ou civil. L’oppression, la répression et le pillage sont identiques, quel que soit l’outil que l’occupation utilise. La bataille d’Adnan est un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils.

« Mais quand des dirigeants palestiniens et des militants des droits de l’homme déclarent que la prochaine étape consiste à intensifier la campagne contre les ordres de détention administrative, cela montre une faiblesse et une vision erronée.

« La bataille contre les lois d’urgence israéliennes est une bataille qui regarde les Israéliens, pas le peuple palestinien. La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés.« (souligné par JLM)

Dans une interview récente, Khader Adnan, à qui on demandait les raisons de sa grève de la faim le jour de son arrestation, réaffirmait lui aussi les objectifs stratégiques du combat des prisonniers et de son action. En se mettant en grève de la faim le jour de son arrestation il affirmait ainsi ne pas se battre seulement contre les mauvaises conditions de détention, et contre la « détention administrative » mais contre l’injustice de l’arrestation elle -même : « Ma réjection de la détention administrative est le complément direct de ma réjection de l’occupation elle-même et de ma quête pour retrouver la dignité qui nous a été volée par les Israéliens. »

La réaffirmation des revendications fondamentales :

L’un et l’autre affirment que l’objectif stratégique de la bataille engagée est la fin de l’occupation, de la colonisation, le retour des réfugiés et la libération nationale. Qu’ils ne refusent pas seulement les mauvaises conditions, la torture, l’arbitraire illégal de la détention administrative mais le fait des arrestations elles-mêmes. Même si Israël cessait les détentions administratives et respectait les droits des prisonniers, il faudrait combattre les arrestations et exiger la libération de tous les prisonniers. Ce qui ne saurait advenir sans la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid.

Ce retour aux revendications fondamentales et cette volonté de lier les objectifs tactiques aux objectifs stratégiques est énoncé avec fermeté dans l’Appel BDS Palestinien de 2005 et réaffirmé sans cesse. Il semble que, au delà des partis impliqués, l’ esprit qui anime la bataille actuelle des prisonniers palestiniens est celui de l’écrasante majorité de la société civile palestinienne aujourd’hui et que nous connaissons mieux depuis et à travers l’Appel BDS. Rien de surprenant à cela puisque la quasi-totalité des associations de prisonniers et des familles sont signataires de l’Appel BDS. A l’occasion de la journée internationale des prisonniers, 12 organisations palestiniennes de prisonniers et de familles des prisonniers ont signé aux côtés du BNC Palestinien (Comité National Palestinien pour le BDS) un appel adressé aux sociétés civiles et aux organisations des droits de l’Homme demandant de boycotter l’entreprise israélienne G4S qui exporte dans le monde son « savoir faire »( !) en matière de surveillance et de répression dans les prisons.

L’appel des organisations de prisonniers au mouvement de solidarité : Inclure la question des prisonniers dans le BDS

Sans doute, sur le plan tactique faut-il dénoncer les violations du droit international et des conventions qui régissent les droits des prisonniers, sans doute faut-il dénoncer la « détention administrative » parce qu’elle est illégale au regard du droit actuel et aussi parce qu’elle est une forme de torture psychologique. Mais rien ne serait plus dommageable que d’isoler la lutte tactique pour le respect des droits des prisonniers et contre la détention administrative de l’objectif stratégique qui est la libération nationale du peuple Palestinien et le retour des Réfugiés.

Que les ONG humanitaires et des droits humains s’en tiennent à réclamer l’application des conventions de Genève en matière du droit des prisonniers et exigent l’interdiction de la détention administrative, cela relève de leur registre d’intervention et c’est tout à leur honneur. Le mouvement de solidarité à la Palestine se tient et se tiendra sans conteste à leurs côtés dans ce travail incontournable et indispensable.

Il appartient au mouvement de solidarité, non seulement de faire connaître et de porter l’ensemble des objectifs (tactiques et stratégiques) de la bataille engagée par les prisonniers palestiniens, mais aussi et surtout d’inventer les actions et les modalités d’un rapport de force qui fasse reculer Israël.

En liant la lutte actuelle des prisonniers à la campagne BDS internationale, les 12 organisations palestiniennes de défense des prisonniers ont clairement fait entendre leur choix et nous appellent explicitement à inclure la question des prisonniers politiques palestiniens dans la Campagne internationale BDS.


José Luis Moraguès

CCIPPP- BDS France


(JPG)

* José-Luis Moraguès est militant CCIPPP et BDS France

Du même auteur :

-  Trois ans du mouvement BDS en France – 2 février 2012
-  Comment Mehadrin incarne l’imaginaire sioniste au 21e siècle néo-libéral – 31 janvier 2012
-  Mettre l’Apartheid israélien au coeur de la cible de la campagne BDS européenne – 10 décembre 2011
-  UNESCO : Les peuples et les États disent NON à Israël-USA – 7 novembre 2011
-  Ceux qui sortent et ceux qui sont encore en prison – 20 octobre 2011
-  Agrexco en faillite ! – 15 août 2011
-  La stratégie du BDS : une arme pour la « reconnaissance » et l’édification d’un État pour le peuple palestinien – 5 juin 2011

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Festival Eye on Palestine


Le festival qui met la Palestine sous les projecteurs.

10.04 > 06.05.2012

Pour sa troisième édition, le festival Eye on Palestine vous propose une fois de plus un programme riche et très varié à découvrir du 10 avril au 6 mai à Gand, Bruxelles, Malines, Louvain et Anvers.
Un large éventail de films et de documentaires permettent d’apporter un regard différent sur la vie quotidienne des Palestiniens et le contexte dans lequel elle s’inscrit.
L’occasion d’avoir accès à des images uniques et même d’obtenir l’éclairage des réalisateurs après la projection. À côté de ces films et documentaires, des tables rondes, une exposition, des conférences et de la musique constituent l’essentiel du festival Eye on Palestine.

Des événements à ne pas rater:

  • Lancement à Gand le 10 avril avec une conférence de Dries Van Agt, ancien premier-ministre des Pays-Bas et ardent défenseur d’une politique juste et durable au Moyen-Orient.
  • Tant à Gand (le 24 avril) qu’à Bruxelles (le 4 mai) et à Anvers (le 25 avril), vous pourrez découvrir en primeur le documentaire Roadmap to Apartheid, qui explore les parallèles entre le système d’Apartheid en Afrique du Sud et la situation dan le Territoire palestinien occupé.
  • L’exposition Visible Absent met en lumière les résistants du quotidien.  Les œuvres de Yazan Khalili, Rich Wiles, Tilde De Wandel, Sander Buyck, Malkit shoshan, Basel Abbas et Rouanne Abou-Rahme sont à l’affiche. L’expo se tient du 28 Avril au 26 mai à « Daarkom », la maison des cultures maroco-flamande.

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Le dépliant du programme avec affiche et cartes postales seront bientôt disponibles partout.

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Le gaz vendu à Israël fait des bulles en Egypte


vendredi 27 avril 2012 – 09h:27

Daikha Dridi – Les Afriques


C’est le type même d’entrée en exploitation qui tombe mal. Le gazoduc Egypte-Israël est prêt, mais le gaz – vendu à prix secret- ne passe pas dans l’opinion égyptienne.

Le Premier ministre égyptien Ahmad Nazif a fini, après un mois de pression de l’opinion, par annoncer que son gouvernement est en négociation pour revoir à la hausse les prix du gaz vendu à Israël. Tout a commencé le 1er mai dernier, lorsque la presse a annoncé que la connexion du gazoduc reliant l’Egypte à Israël était enfin établie. L’information est double : le gaz naturel égyptien est non seulement vendu à Israël, qui assiège Gaza – ce qui n’était qu’une rumeur jusque-là -, mais il l’est, de plus, à un prix tellement bas que la presse le qualifie de « gaz subventionné ». Le contrat de vente de gaz entre l’Egypte et Israël remonte à 2005 et il y est question de la vente de 1,7 milliard de mètres cubes de gaz par an, ce qui représente, selon la presse israélienne, 20% de la consommation israélienne en électricité. Ce contrat, qui court sur une période de quinze ans, est susceptible de voir la quantité de gaz augmentée de 25% et sa durée de vie rallongée de cinq années. C’est ce qui est su officiellement d’une transaction qui semble mettre dans l’embarras le gouvernement d’Ahmad Nazif. Celui-ci a en effet refusé de répondre aux questions coléreuses des députés égyptiens qui demandaient à savoir le prix de détail de vente du gaz égyptien à Israël.

Le précédent de la raffinerie d’Alexandrie

Il est important de souligner que la fronde des parlementaires est loin d’être uniquement celle des Frères musulmans, car personne ne comprend vraiment pourquoi Israël bénéficie d’un gaz tellement bon marché que l’on préfère en dissimuler le prix, alors que le gaz que paie le consommateur égyptien ne cesse d’augmenter. Le ministre de l’Energie, qui a essuyé plusieurs salves d’attaques au Parlement, avait éludé la question du prix de vente en expliquant qu’il serait illégal de rendre public ce genre d’information sans l’autorisation des deux parties contractantes. A savoir le consortium East Mediterranean Gas (EMG), détenu par l’homme d’affaires égyptien et proche du président Hosni Moubarak Hussein K. Salem et l’Israélien Yossi Maiman, à la tête du groupe Mehrav. Deux hommes d’affaires qui ont en commun d’avoir tous les deux été des officiers du renseignement de leur pays, qui s’étaient déjà associés dans les années 90 dans la construction d’une raffinerie de pétrole à Alexandrie, un projet duquel le gouvernement égyptien avait fini par discrètement évincer la partie israélienne, en rachetant ses parts, pour cause de très vif mécontentement populaire au plus fort de la deuxième Intifada en 2001.

Sawiris déconseille l’exportation du gaz

Aujourd’hui, la transaction de vente du gaz égyptien à Israël suscite des critiques aussi nombreuses que variées, dans un contexte social rendu explosif par les grèves et protestations contre la hausse des prix. Les Egyptiens n’ont pas eu le temps d’oublier, en plus, la détresse des Palestiniens arrivés par milliers dans le Sinaï en janvier dernier à la recherche de nourriture et de carburant. Les critiques sont diplomatiquement formulées par des experts égyptiens en énergie, ou des hommes d’affaires tels que Naguib Sawiris, patron d’Orascom, qui recommande « le bon usage du gaz naturel égyptien en Egypte » et déconseille son exportation. D’autres avis sont moins réservés et s’offusquent que les règles du marché ne soient pas appliquées lorsqu’il s’agit de faire du business avec Israël. Enfin, et ce sont là les critiques les plus nombreuses et les plus virulentes : comment, d’un point de vue éthique, accepter que l’on vende du gaz à un Etat qui étrangle les Palestiniens de Gaza, obligés eux, pour cause de blocus israélien, d’alimenter les réservoirs de leurs moteurs en huile de table. Ce « cadeau d’anniversaire pour les 60 ans d’Israël », comme l’a qualifié un député égyptien, ne passe décidément pas et les initiatives se multiplient au sein et en dehors de « la campagne populaire contre la vente du gaz à Israël », une coordination de près de 8000 citoyens mise en place par le neveu du défunt président Annouar Sadate et ex-député Esmat Sadate, ainsi que son frère, fraîchement sorti de prison, Talaat Sadate.

Al Azhar s’en mêle

Une coordination de près de 8000 citoyens, mise en place par le neveu du défunt président Annouar Sadate et ex-député Esmat Sadate, ainsi que son frère, fraîchement sorti de prison, Talaat Sadate.

Les animateurs de cette campagne prévoient d’organiser des marches de protestation à partir du 5 juin, date anniversaire de la « naksa » de 1967, ils font circuler une pétition pour rassembler un million de signatures et ont, en attendant, tenté d’organiser un tribunal populaire pour juger le Premier ministre, le ministre de l’Energie ainsi que l’homme d’affaires Hussain Salem.

Une fatwa « prohibant aux employés égyptiens le fruit du travail au sein de la société qui vend du gaz à Israël » a été prononcée par un groupe d’ulémas d’Al Azhar qui s’oppose régulièrement au grand cheikh d’Al Azhar, obligé, lui, de se murer dans un silence total à cause de sa trop grande proximité avec le gouvernement. Enfin, des journaux ont rapporté que des « renforts de sécurité ont été dépêchés dans le Sinaï, au sein de la société exportatrice », afin d’empêcher toute velléité de grève sur place. Les termes de la transaction vont donc être renégociés, mais cela suffira-t-il à éluder la question politique de la vente du gaz à Israël ?

24 avril 2012 – Les Afriques