Wikileaks, c’est à peu près ça



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Une prochaine guerre pourrait menacer l’existence de l’Entité sioniste ?


Centre Palestinien d’Information

Rapport


Photo: CPI

Lundi 29 novembre 2010

Gaza – CPI

Le vice-ministre israélien de la sécurité, le général en retraite Mitan Filinaï, a dit qu’il y des divisions profondes entre les politiciens concernant la deuxième guerre du Liban, bien qu’elle ait pris fin il y a quatre ans. Ces conflits concernent l’application des conseils donnés ; ils mettent aussi des bâtons dans les roues de ces préparatifs faits pour protéger le front intérieur. En fait, toute guerre à venir fera du front intérieur un vrai terrain de combat, croit-il.

Notre Centre Palestinien d’Information (CPI) a noté l’avis de quelques analystes politiques autour des intentions de l’armée israélienne, concernant les guerres à venir.

Dr. Adnan Abou Amer, expert dans les affaires sionistes, commente les propos du vice-ministre israélien, en disant que le front intérieur israélien est déjà un front de combat pour ce qui est de Gaza, du Golan ou du Sud du Liban. Cependant, ce front n’est pas encore tout à fait prêt. Depuis quatre ans, l’Entité sioniste se prépare à un affrontement à venir, et effectue plusieurs manœuvres, sans arriver à être tout à fait prête quant à son front intérieur.

Toutefois, Abou Amer ne croit pas en une nouvelle guerre imminente, comme le dit le vice-premier ministre israélien.

Le maillon faible

Pour sa part, l’analyste politique Naji Al-Batta croit que le point faible de l’Entité sioniste reste la démographie. L’immigration vers « Israël » est faible. Le taux de naissance est lui aussi faible. Toucher le front intérieur signifie toucher les immigrants venant vers la Palestine. « Les différents gouvernements israéliens font tout pour que le front intérieur soit solide ; une telle solidité permettra une nouvelle vague d’immigrés. »

Toute nouvelle guerre touchera le front intérieur israélien au même niveau que le front militaire. Mais le premier n’est prêt qu’à 40%, dit l’analyste. Il faut construire beaucoup de nouveaux refuges.

En effet, l’Entité sioniste est menacée par les missiles balistiques iraniens. Il y aussi le Hezbollah qui possède des missiles qui pourront atteindre Tel-Aviv. Le mouvement de la résistance islamique Hamas a également développé ses roquettes.

Par ailleurs, les guerres à venir seront des guerres de missiles qui percent la terre à une profondeur minimum de dix mètres. Il souligne que le front intérieur israélien est le maillon faible de la société israélienne, vérifié après les guerres du Liban et de la bande de Gaza.

Al-Batta ne croit pas qu’ »Israël » entamera une nouvelle guerre. « Israël » avait été atteinte dans sa profondeur durant la deuxième guerre du Liban. Le gouvernement a alors confié au ministre de la sécurité la responsabilité de la protection du front intérieur. Mais les discussions ne sont pas terminées sur celui qui portera vraiment cette responsabilité. Ces discussions porteront atteinte de façon remarquable à la capacité de l’armée israélienne dans tout nouvel affrontement.

Disons enfin que l’Entité sioniste se montre comme un missile nucléaire, mais à l’intérieur, elle est hésitante, peureuse, affolée de toutes les frappes qui pourront atteindre pour la première fois sa profondeur stratégique et menacer son existence.

Le Centre Palestinien d’Information – © 2010

Wikileaks : 852 documents sur la Belgique, 4059 pour l’Otan


Publié le 28 novembre 2010 par admin

Si l’on en croit les tableaux publiés sur le site de Wikileaks, le nombre de documents concernant la Belgique dans les Statelogs serait inférieur au nombre annoncé ce dimanche par le quotidien allemand Der Spiegel. Celui-ci avait tablé sur un total de 1136 documents.
La consultation de ce tableau montre que 852 documents seulement concerneraient la Belgique dans la classification par pays.
Selon le New York Times, l’un des mémos suggère qu’accepter davantage de prisonniers venus de Guantánamo « serait une manière bon marché pour la Belgique de prendre de l’importance en Europe ».
A noter qu’outre les documents répertoriés pour la Belgique, plus de 4000 documents auraient trait à l’Otan (répertoriée North Atlantic Treaty Organization), dont le siège est à Evere, alors qu’on parlait dans un premier temps de 499 documents.

Le tag pour l’Otan : http://cablegate.wikileaks.org/tag/NATO_0.html

(C.Pt)

L’auteur de la plus grande « fuite » américaine est un militaire désœuvré


LEMONDE pour Le Monde.fr | 28.11.10 | 19h17  •  Mis à jour le 28.11.10 | 19h56

Bradley Manning est désormais soupçonné d'être impliqué dans les fuites qui ont permis au site Wikileaks de diffuser des dizaines de milliers de documents confidentiels.

Bradley Manning est désormais soupçonné d’être impliqué dans les fuites qui ont permis au site Wikileaks de diffuser des dizaines de milliers de documents confidentiels.ASSOCIATED PRESS

Officiellement, nul ne sait qui a fourni à WikiLeaks les 250 000 documents diplomatiques dont la publication a commencé le 28 novembre, mais les autorités américaines détiennent un suspect : Bradley Manning, un militaire américain âgé de 23 ans.

M. Manning était affecté à une unité de renseignement de l’US Army basée en Irak. Bien que simple soldat, il était autorisé à travailler en permanence sur deux réseaux informatiques sécurisés, utilisés par les militaires et les diplomates américains du monde entier.

Dans sa caserne irakienne, où il s’ennuyait ferme et avait peu d’amis, Bradley Manning passait beaucoup de temps sur les forums Internet. Entre autres, il discutait fréquemment avec Adrian Lamo, un ancien hacker dont il admirait les exploits passés. Au printemps 2010, il commence à se vanter auprès de ce nouvel ami d’avoir fait des copies de documents secrets trouvés dans les bases de données auxquelles il a accès, et d’avoir envoyé le tout à WikiLeaks.

Le choix de M. Lamo comme confident n’était pas judicieux. L’ex-hacker, qui a déjà eu des ennuis avec la justice, prend peur à l’idée d’être accusé de complicité, et dénonce Bradley Manning à la police. Il envoie aussi une copie de ses discussions avec le jeune soldat au magazine Wired, qui en publie des extraits.

Dans ses messages, Bradley Manning apparaît comme un jeune homme idéaliste et exalté. Il mentionne d’abord une vidéo montrant un hélicoptère américain à Bagdad en train d’abattre des civils à la mitrailleuse, qui sera effectivement diffusée par WikiLeaks en avril. Puis il explique qu’il a aussi transmis à WikiLeaks près de 260 000 rapports provenant du département d’Etat et des ambassades américaines.

« J’ÉCOUTAIS LADY GAGA, TOUT EN EXFILTRANT… »

Il en a lu un certain nombre, et se dit profondément choqué :  » j’ai vu des arrangements politiques quasiment criminels (…) Des choses incroyables, horribles, qui doivent tomber dans le domaine public, et ne pas rester dans un serveur rangé dans une cave à Washington (…) Hillary Clinton, et des milliers de diplomates dans le monde, vont avoir une crise cardiaque quand ils se réveilleront un matin et découvriront qu’un répertoire complet de documents confidentiels sur la politique étrangère est accessible au grand public, avec un moteur de recherche. « 

M. Manning raconte aussi la façon dont il s’y prenait :  » j’entrais dans la salle informatique avec un CD musical à la main (…), puis j’effaçais la musique et je créais un dossier compressé (contenant les documents) … J’écoutais Lady Gaga et je chantonnais sur la musique, tout en exfiltrant la plus grande fuite de l’histoire des Etats-Unis « . Il se sent à l’abri, car le système est défaillant :  » des serveurs faibles, des mots de passe faibles, une sécurité matérielle faible, un contre-espionnage faible, une analyse bâclée… «  Aussitôt après avoir été dénoncé, Bradley Manning est arrêté et incarcéré, d’abord au Koweït, puis dans la base militaire de Quantico (Virginie), près de Washington.

En juillet, il est inculpé pour avoir  » communiqué, transmis et livré à une source non-autorisée des informations sur la défense nationale « . Il risque 52 ans de prison. Aux Etats-Unis, il est considéré comme un traître par une bonne partie de la population, mais il a aussi ses défenseurs. La gauche radicale et les militants de l’Internet libertaire voient en lui un martyr de la liberté d’expression. Un comité de soutien très actif organise des meetings et collecte des fonds pour sa défense. Récemment, les membres de ce comité ont eu confirmation que la police les surveille étroitement.

Le 3 novembre, David House, 23 ans, responsable du site militant Internet bradleymanning.org, a été retenu et interrogé pendant plusieurs heures à l’aéroport de Chicago par des agents de la sécurité intérieure, alors qu’il rentrait d’une semaine de vacances au Mexique. Les policiers ont aussi saisi son ordinateur et son téléphone mobile. En principe, ce type d’investigation est impossible aux Etats-Unis, car M. House n’a violé aucune loi. La police a dû ruser : elle a attendu qu’il quitte le pays pour l’intercepter à son retour dans la zone sous contrôle des douanes et de l‘immigration.

Yves Eudes

Quel processus de paix ? Quelle paix ?


lundi 29 novembre 2010 – 06h:26

As’ad AbuKhalil


A chaque nouveau gouvernement étasunien, particulièrement quand le mandat du président des USA approche de la fin, le débat sur la « paix arabo-israélienne » gagne en intensité.

Habituellement, les gens sont invités à Washington pour assister à une cérémonie de discours. Les anticipations officielles arabes augmentent généralement, alors que les gouvernements israéliens s’habituent à résister à tous les signes de pression des USA. Les pressions ne s’exercent jamais, mais l’anticipation de pressions imminentes de la part des USA est délibérément diffusée pour susciter l’enthousiasme des délégations arabes officielles.

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As’ad AbuKhalil

Il est grand temps de se rendre à l’évidence : il n’y a pas eu de processus de paix depuis son début dans les années 70 avec le plan Rogers. On oublie habituellement que le conseiller de sécurité nationale, Henry Kissinger, a bousillé le plan Rogers et que le secrétaire d’État William Rogers lui-même a dû démissionner. Ce que nous appelons le « processus de paix » n’est qu’une couverture politique et diplomatique US fournie à Israël pour lui donner le temps d’atteindre ses objectifs par le biais de la guerre, de l’occupation, et des assassinats. Le « processus de paix » a été également employé vers le milieu des années 70 afin de donner à Anwar Sadat le temps nécessaire pour préparer son voyage à Jérusalem.

Ce long et interminable processus de paix réfute les affirmations (faites par chaque gouvernement étasunien) au sujet de la nécessité de mettre fin une fois pour toutes au conflit arabo-israélien. Habituellement, lors du deuxième mandat présidentiel, l’administration intensifie ses efforts et fait des offres de nature à inciter Israël à faire un minimum de concessions, tandis qu’elle fait pression sur les négociateurs arabes (habituellement des Palestiniens) et les menacent pour qu’ils acceptent les conditions humiliantes qu’ils leurs imposent. Cependant, ces conditions sont typiquement trop humiliantes et bien en deçà des normes minimum du consensus national pour que n’importe quel leadership palestinien puisse les accepter. Et même lorsqu’un leadership palestinien se rapproche tant soit peu de ces conditions, comme celui d’Arafat aux négociations de Taba vers la fin du deuxième mandat de Clinton, le gouvernement israélien dit alors clairement qu’il n’acceptera pas les demandes minimales de la délégation palestinienne.

Le conflit arabo-israélien n’est pas à un carrefour. Il n’est pas terminé Cependant, les défenseurs d’Israël veulent croire que l’affaiblissement du leadership palestinien (dans les camps rivaux) suffit pour annoncer la fin du mouvement national palestinien. Le chef du bureau du New York Times à Jérusalem, Ethan Bronner, a récemment écrit que « ces dernières années, le conflit palestino-israélien a été en grande partie vidé de sa violence mortelle ». Bronner n’a peut-être pas remarqué que les Palestiniens —civils et combattants— sont régulièrement pris en chasse par les tirs israéliens. Cependant, l’Israël peut se féliciter de ce que la maison palestinienne soit divisée et qu’un parti palestinien (le Fatah) soit maintenant en grande partie financé, armé et soutenu par les partisans d’Israël aux USA et dans l’UE

Bien sûr, les gouvernements arabes ne cessent jamais de prendre la paix proposée par les USA au sérieux—plus qu’un peu trop au sérieux. Depuis le Plan du Roi Fahd (plus tard modifié et repris sous le nom de plan Reagan), l’Arabie Saoudite a jeté son poids et son argent derrière les efforts diplomatiques des USA dans la région, en imposant ses normes pour la paix arabo-israélienne aux gouvernements arabes. Le prétendu plan de paix arabe est l’apogée des efforts saoudiens pour contrôler le système d’Etat arabe pour le compte des USA afin de faciliter les initiatives de ce dernier en matière de politique étrangère et de réparer les fautes saoudiennes antérieures au 9 septembre. Ce plan, il semble que personne ne le prenne au sérieux, à l’exception du roi saoudien et de ses propagandistes dans les médias. Le gouvernement saoudien espérait retenir l’intérêt de l’Occident, mais celui ci n’en n’a manifesté aucun . Le gouvernement saoudien a même fait publier à grand frais des annonces d’une page dans les principaux journaux occidentaux, mais elles ont été ignorées. Maintenant, le gouvernement saoudien en est réduit à répéter sa litanie sur la nécessité de fonder les entretiens futurs sur cette initiative. Quant au public arabe, il ne s’est jamais identifié à cette initiative de paix. On a vu celle-ci à juste titre comme l’effort désespéré d’un gouvernement arabe d’obtenir le soutien et l’approbation des USA.

Israël a un programme différent : son programme est de s’en tenir à la formule sioniste classique : les Arabes ne comprennent que le langage de la force. Comme Hannah Arendt l’ a fait observer en 1951 : « contrairement à tous les espoirs, il semble qu’il y ait UN argument que les Arabes sont incapables de comprendre et c’est celui de la force »

Israël a eu l’occasion de conclure un marché inéquitable et injuste avec Yasser Arafat. Au lieu de cela, il l’a combattu à tous les tournants. Le sionisme est persuadé de l’infériorité fondamentale de l’ennemi (arabe) à tous les égards. Même l’impulsion nationaliste a été ignorée par les Sionistes dans leurs échanges avec les Arabes. Le conflit arabo-israélien est parmi ceux qui ne pourront être résolus que par une guerre sanglante et totale —et elle peut se produire graduellement. La performance de l’armée israélienne face aux centaines de volontaires du Hezbollah en 2006 va dans un sens totalement défavorable pour Israël. En dépit de la réalisation du rêve sioniste sur la Terre Sainte, les années d’Israël sont peut- être comptées. La paix pourra alors survenir, mais cela dépendra de la manière dont les vainqueurs façonneront leur nouvel état politique.

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As’ad AbuKhalil

* As’ad AbuKhalil est professeur de Science Politique à la California State University Stanislaus et auteur du blog Angry Arab

Du même auteur :

- Le sommet de la Ligue arabe, c’est du théâtre – 29 mars 2010
- La fin du « tout est permis » ? – 5 novembre 2009
- Entretien avec l’Arabe en colère – 27 mai 2007

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