LES ACTEURS PALESTINIENS BOYCOTTENT LE FESTIVAL DE CANNES, LEUR FILM ÉTANT PRÉSENTÉ COMME ISRAÉLIEN


ACTUALITÉSCampagne BDS

Les acteurs du film ‘Let There Be Morning’,réalisé par l’Israélien Eran Kolirin, boycottent le Festival de Cannes, bien que le film y soit présenté en avant-première ce samedi.

Les acteurs palestiniens boycottent le Festival de Cannes, leur film étant présenté comme israélien

Les acteurs, qui sont des citoyens palestiniens d’Israël, ont expliqué dans une déclaration collective sur les réseaux sociaux qu’il s’agit d’un « acte politique d’absence » pour protester contre l’effacement culturel des Palestiniens par Israël. « Nous ne pouvons ignorer la contradiction de l’entrée du film à Cannes sous l’étiquette d’un « film israélien » alors qu’Israël continue de mener sa campagne coloniale de plusieurs décennies de nettoyage ethnique, d’expulsion et d’apartheid contre nous, le peuple palestinien », a déclaré l’équipe du casting dans un communiqué. L’équipe de production a en outre expliqué l’effacement préjudiciable qui est fait aux Palestiniens lorsque leur travail est catégorisé comme « israélien » dans les médias.

« Chaque fois que l’industrie cinématographique suppose que nous et notre travail tombons sous l’étiquette ethno-nationale d’ »israélien », cela perpétue davantage une réalité inacceptable qui nous impose, artistes palestiniens de citoyenneté israélienne, une identité imposée par la colonisation sioniste pour maintenir la l’oppression continue des Palestiniens à l’intérieur de la Palestine historique ; le déni de notre langue, de notre histoire et de notre identité », ont écrit les acteurs.

« […] Attendre que nous restions les bras croisés et acceptions l’étiquette d’un État qui a sanctionné cette dernière vague de violence et de dépossession non seulement normalise l’apartheid, mais continue également à permettre le déni et le blanchiment de la violence et des crimes infligés aux Palestiniens. »

‘Let There Be Morning’ est un film basé sur un livre du journaliste, scénariste et auteur palestinien Sayed Kashua. Il raconte l’histoire de Sami, un citoyen palestinien d’Israël qui revient dans sa ville natale avec sa famille pour assister au mariage de son frère. Après le mariage, Sami, sa femme et son fils rencontrent des soldats israéliens qui les forcent à rester dans le village, et Sami est bientôt emprisonné et assiégé dans sa ville natale, sans savoir pourquoi ni pour combien de temps.

« Le film, qui est le fruit de notre travail créatif collectif, parle de « L’état de siège », une expression inventée par le vénéré poète palestinien Mahmoud Darwich », indique le communiqué. « L’état de siège se manifeste par des murs, des postes de contrôle, des barrières physiques et psychologiques, et la subordination et la violation de l’identité, de la culture, des mouvements et des droits humains fondamentaux des Palestiniens.

Les stars de cinéma ont conclu leur explication en appelant les institutions artistiques et culturelles internationales à amplifier la voix des artistes et créateurs palestiniens, car ils « résistent à toutes les formes d’oppression coloniale israélienne contre le droit du peuple palestinien à vivre, être et créer ». La déclaration a été signée par les acteurs Alex Bakri, Juna Suleiman, Ehab Elias Salameh, Salim Daw, Izabel Ramadan, Samer Bisharat, Yara Jarrar, Marwan Hamdan, Duraid Liddawi, Areen Saba, Adib Safadi et Sobhi Hosary.

Le réalisateur Kolirin a déclaré à Haaretz : « Je comprends [la raison de leur action] et je soutiens chacune de leurs décisions … Cela me fait mal qu’ils ne soient pas là pour célébrer leur travail époustouflant, mais je respecte leur position. »

Source : Middle East Monitor

CAPJPO-EuroPalestine

La Syrie de Assad


Syrie extrait du témoignage d’un médecin syrien livré le 23 juin dernier sur la torture dans le centre de détention « branche 251 » ou branche dite d’al KHatib au procès d’Anwar Raslan à Coblence Allemagne.

Vers juin 2012, plusieurs membres armés de la branche d’Al-Khatib sont venus à l’hôpital du croissant rouge. Ils ont parlé avec le chef du service, et il a été convenu que l’hôpital enverrait une équipe médicale au centre de détention chaque fois que cela était nécessaire pour y soigner « les patients ». Vers la mi-août, les visites ont commencé au rythme d’une à deux fois par semaine. »

A notre première visite nous étions complètement hébétés, ce que nous avons vu ce jour-là dépassait de loin tout ce que nous avons étudié en tant que médecins, c’était incroyable ». La délégation médicale se rendait à l’antenne d’al-Khatib sous la supervision de ses membres, qui indiquaient aux médecins par où entrer et comment agir. Les agents expliquaient aux médecins qu’ils ne devaient pas avoir peur de ce qu’ils allaient voir, qu’il est interdit de parler aux détenus sinon de leurs maladies et blessures mais sans en demander la cause. Par exemple si un médecin demandait à un détenu pourquoi il ne pouvait bouger sa main, et que ce dernier répondait que c’était dû à la torture, il était immédiatement battu par l’un des agents.

Le médecin entendait les bruits de torture, mais il n’a pas vu de processus de torture. Décrivant ce qu’il a vu et soigné personnellement dans le sous-sol de la succursale d’al-Khatib, il dit : « Les blessures étaient principalement des furoncles, des abcès et des blessures aux mains et aux pieds, ainsi que des hématomes sur certaines parties du corps. Les membres de certains avaient gonflé et atteignaient parfois cinq fois la taille réel de la main ou du pied, certaines blessures aux pieds étaient ouvertes et des fractures ont également été observées. Au début, en tant que médecins, nous pensions que ce qui était arrivé à ces détenus était le résultat de batailles ou d’affrontements militaires antérieurs, mais certains détenus ont commencé à nous parler: « Nous sommes torturés ici, s’il vous plaît aidez-nous! Les cas que nous avons vus là-bas, nous n’en avons jamais vu à hôpital. J’ai vu des maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension sur de très jeunes détenus, ces maladies sont liées aux conditions dans lesquelles ils étaient placés : très grand nombre de détenus dans une petite cellule, pas de soleil et pas d’air sain, détention prolongée, et torture, dont j’ai moi-même constaté les effets.

J’ai un jour examiné le bras d’un détenu qui avait enflé, nous l’avons traité avec une incision de la main pour retirer le pus, nous en avons retiré environ 10 litres. Nous avons vu des détenus dont les corps ressemblent aux photos du déserteur César ! »Les médecins, n’étaient pas libres de décider qui devait être transféré à l’hôpital, ce sont les officiers qui prenaient cette décision. Nous n’étions même pas autorisés à déterminer la quantité de médicament à administrer aux détenus. Le taux de mortalité des malades étaient d’environ 50 % !

En ce qui concerne les corps, le rôle du médecin était de les examiner et de constater le décès sans en déterminer la cause comme le fait un médecin légiste, ainsi il n’était pas déclarer que la cause principale du décès était la torture. Le témoin déclare qu’au cours du premier mois de travail à la branche al-Khatib, il a vu une dizaine de corps. Le premier décès dont il a été témoin était à l’intérieur de la prison à la suite d’une insuffisance rénale, après quoi il y avait eu de nombreux décès entre maladies chroniques, empoisonnement du sang ou malnutrition. Sur les cadavres, le témoin ne sait ce que la branche en faisait, il sait qu’ils n’ont jamais été placés dans la morgue de l’hôpital, ce sont les membres de la branche d’al-Khatib qui les emmènent vers une destination qui lui est inconnue. Sur le nombre de personnes traitées entre juillet et septembre 2012, le témoin répond qu’il a soigné environ 200 détenus dont 100 sont morts.

A la question « avez-vous la possibilité de quitter votre travail ? », Le témoin répond : « Quand j’ai commencé à travailler avec le Croissant-Rouge, tout allait bien, jusqu’à ce qu’on nous appelle à la branche d’Al-Khatib. Ce qui se passe dans cette branche n’est normal ni pour les humains ni pour les malades. C’est la situation en Syrie depuis cinquante ans, personne ne peut parler, on a tous peur. Nous avons essayé d’aider les patients autant que nous le pouvions, mais nous n’osions pas parler même à nos familles. Une fois, le médecin responsable du Croissant-Rouge nous a demandé : « Que pouvons-nous changer ? Rien, vous avez vu de vos propres yeux, ce qui n’a pas changé ne changera pas maintenant ! ». Notre responsabilité était d’aider les malades et c’est ce que nous avons fait. Un de mes professeurs à la Faculté de médecine de l’Université d’Alep a été arrêté par l’une des branches de la sécurité qui a demandé une rançon pour sa libération, et parce que la famille n’a pas payé , il a été tué, sa tête détachée de son corps ont été jetés dans la rue… ».

Bernie Sanders propose une alternative à la politique du président Joe Biden au Moyen-Orient


Je sais, ce n’est pas tout récent (mai 2021) mais toujours d’actualité

Alors que les critiques de la Gauche et des démocrates montent face à l’attitude de l’administration Biden, Bernie Sanders, sénateur indépendant de l’Etat du Vermont qui se dit « socialiste démocrate » – rattaché au Parti Démocrate- a publié le texte ci-dessous qui propose une alternative aux atermoiements et à l’immobilisme de l’administration Biden.

Candidat aux présidentielles de 2020, Bernie Sanders a été rattrapé aux primaires par l’ancien vice-président démocrate Joe Biden. En dépit de son échec, il est crédité de la renaissance idéologique et électorale de la gauche sociale-démocrate aux États-Unis et devient une figure politique majeure, s’investissant activement dans le débat public.

Il a publié le point de vue ci-dessous dans The New York Times du 14 mai 2021; point de vue qui peut faire office d’une proposition en vue d’une autre stratégie américaine pour le Moyen-Orient. En écho à une frange de plus en plus importante de la société américaine, il conclut son texte en reprenant un mot d’ordre qui a été d’abord un hastag: « Palestinians lives matter » (Les vies palestiniennes comptent.) »

Bernie Sanders: Les États-Unis doivent cesser de faire l’apologie du gouvernement Netanyahu ». Israël a le droit de se défendre. » Ce sont les mots que nous entendons de la part des administrations démocrates et républicaines chaque fois que le gouvernement d’Israël, avec son énorme puissance militaire, répond à des attaques à la roquette depuis Gaza.

Soyons clairs. Personne ne prétend qu’Israël, ou tout autre gouvernement, n’a pas le droit de se défendre ou de protéger son peuple. Alors pourquoi ces mots sont-ils répétés année après année, guerre après-guerre ? Et pourquoi la question n’est-elle presque jamais posée : « Quels sont les droits du peuple palestinien ? »Et pourquoi semblons-nous prendre conscience de la violence en Israël et en Palestine uniquement lorsque des roquettes tombent sur Israël ?

A l’occasion de la crise actuelle, les États-Unis devraient appeler à un cessez-le-feu immédiat. Nous devrions également comprendre que, si les tirs de roquettes du Hamas sur les communautés israéliennes sont absolument inacceptables, le conflit d’aujourd’hui n’a pas commencé avec ces roquettes.

Les familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem vivent sous la menace d’une expulsion depuis de nombreuses années, se débattant dans un système juridique conçu pour faciliter leur déplacement forcé. Et ces dernières semaines, les colons extrémistes ont intensifié leurs efforts pour les expulser.

Et, tragiquement, ces expulsions ne sont qu’une partie d’un système plus grand d’oppression politique et économique. Depuis des années, nous assistons à l’aggravation de l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et à la poursuite du blocus de Gaza, qui rendent la vie des Palestiniens de plus en plus intolérable. À Gaza, qui compte environ deux millions d’habitants, 70 % des jeunes sont au chômage et ont peu d’espoir dans l’avenir.

En outre, nous avons vu le gouvernement de Benjamin Netanyahu s’employer à marginaliser et à diaboliser les citoyens palestiniens d’Israël, à poursuivre des politiques de colonisation conçues pour exclure la possibilité d’une solution à deux États et à adopter des lois qui consacrent l’inégalité systémique entre les citoyens juifs et palestiniens d’Israël.

Rien de tout cela n’excuse les attaques du Hamas, qui a tenté d’exploiter les troubles à Jérusalem, ni les échecs de l’Autorité palestinienne, corrompue et inefficace, qui a récemment reporté des élections attendues depuis longtemps. Mais le fait est qu’Israël reste la seule autorité souveraine sur la terre d’Israël et de Palestine, et qu’au lieu de se préparer à la paix et à la justice, il a consolidé son contrôle inégal et antidémocratique.

Pendant plus d’une décennie de son règne de droite en Israël, M. Netanyahu a cultivé un nationalisme raciste de plus en plus intolérant et autoritaire. Dans son effort frénétique pour rester au pouvoir et éviter les poursuites pour corruption, M. Netanyahu a légitimé ces forces, y compris Itamar Ben Gvir** et son parti extrémiste « Jewish Power », (Pouvoir juif) en les faisant entrer au gouvernement. Il est choquant et attristant que des bandes racistes qui attaquent les Palestiniens dans les rues de Jérusalem soient désormais représentées à la Knesset.

Ces tendances dangereuses ne sont pas propres à Israël. Dans le monde entier, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud et ici aux États-Unis, nous avons assisté à la montée de mouvements nationalistes autoritaires similaires. Ces mouvements exploitent les haines ethniques et raciales afin de renforcer le pouvoir de quelques personnes corrompues plutôt que la prospérité, la justice et la paix pour le plus grand nombre. Au cours des quatre dernières années, ces mouvements ont eu un ami à la Maison Blanche.

Dans le même temps, nous assistons à la montée d’une nouvelle génération de militants qui veulent construire des sociétés fondées sur les besoins humains et l’égalité politique. Nous avons vu ces militants dans les rues américaines l’été dernier à la suite du meurtre de George Floyd. Nous les voyons en Israël. Nous les voyons dans les territoires palestiniens.

Avec un nouveau président, les États-Unis ont maintenant l’occasion de développer une nouvelle approche du monde – une approche fondée sur la justice et la démocratie. Qu’il s’agisse d’aider les pays pauvres à obtenir les vaccins dont ils ont besoin, de diriger la lutte contre le changement climatique ou de se battre pour la démocratie et les droits de l’homme dans le monde entier, les États-Unis doivent montrer la voie en favorisant la coopération plutôt que le conflit.

Au Moyen-Orient, où nous fournissons près de 4 milliards de dollars par an d’aide à Israël, nous ne pouvons plus faire l’apologie du gouvernement de droite de Netanyahu et de son comportement antidémocratique et raciste. Nous devons changer de cap et adopter une approche impartiale, qui respecte et renforce le droit international en matière de protection des civils, ainsi que la loi américaine existante qui stipule que l’aide militaire américaine ne doit pas permettre les violations des droits de l’homme.

Cette approche doit reconnaître qu’Israël a le droit absolu de vivre en paix et en sécurité, ainsi que les Palestiniens. Je crois fermement que les États-Unis ont un rôle majeur à jouer pour aider les Israéliens et les Palestiniens à construire cet avenir. Mais si les États-Unis veulent être une voix crédible en matière de droits de l’homme sur la scène mondiale, nous devons faire respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme de manière cohérente, même lorsque c’est politiquement difficile. Nous devons reconnaître que les droits des Palestiniens sont importants. La vie des Palestiniens compte.

** Itamar Ben Gvir, d’origine irakienne, est député kahaniste du Parti extrémiste sioniste religieux Otzma Yehudit. C’est un adepte de Meir Kahane, un rabbin extrémiste né à Brooklyn (New York) prônant le transfert des Palestiniens et fondateur du parti Kach qui a été interdit en Israël. Kahane a été assassiné en 1990 à Manhattan (New York)

Itmar Ben Gvir est considéré comme l’instigateur des évènements tragiques d’al Aqsa et de Cheikh Jarrah où il soutenait les colons voulant dépouiller les Palestiniens de leurs maisons.(Note du traducteur)

The New York Times, 14 mai 2021.Traduction de l’anglais de Mohamed Larbi Bouguerra

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D’où nous est venue la vie ?


Aucune description de photo disponible.

– Éternelle questionLa NASA et l’ESA mettent la dernière main au plus grand et plus puissant télescope jamais construit dénommé « James Webb « .

L’envoyer dans l’espace est un défi technique qui pourrait révolutionner nos connaissances de l’univers.Ce télescope spatial, produisant des images dans le visible et l’infra-rouge, promet de répondre à de nombreuses questions sur l’origine des galaxies et des étoiles. C’est le genre de grandes questions à l’échelle d’une civilisation qui change non seulement ce qu’on connait, mais aussi la façon dont on pense en tant qu’humains.

En outre, la question de l’origine de la vie est une de celles que nous avons transportées avec nous pendant des millénaires, et nous commençons à y répondre avec les outils de la science. Webb va nous aider à étudier des exoplanètes qui orbitent autour d’autres étoiles que le Soleil. En analysant leurs orbites et les éléments chimiques qui composent leur atmosphère. En le combinant avec d’autres données, on pourra voir si ces planètes sont dans la zone habitable de ces étoiles, et même si elles montrent des signatures de vie !

Webb va être capable de voir ces planètes, mais aussi les planètes de notre système solaire, à une résolution et dans une gamme spectrale incroyables.James Webb, du nom d’un administrateur de la Nasa, a été construit à partir de ce qu’a été capable de faire le télescope Hubble pendant 31 ans de services en orbite. Mais Webb est doté d’une sensibilité cent fois plus importante.

Résultat : les astronomes pourront remonter plus loin dans le temps, jusqu’à « la formation de la première galaxie », selon l’Esa. En effet, plus un télescope est puissant, plus on peut voir loin, et donc plus on peut voir « tôt » car on est alors capable de voir la lumière d’objets émise il y a des milliards d’années et qui arrive à présent à notre œil, vu la vitesse de la lumière.Parmi les astrophysiciens impatients figurent un groupe de chercheurs belges les découvreurs des planètes « Trappist ». Ils avaient découvert en 2017 ce système de sept planètes orbitant autour d’une étoile “naine rouge ultrafroide” à plus de 40 années-lumière de la Terre. « Trappist » est un merveilleux système planétaire. Il s’agit de sept planètes tempérées comme la Terre, à bonne distance de son étoile, le Soleil.

Le Graal, c’est au final de trouver une planète tempérée que l’on pourrait examiner pour trouver de la vie.(Extraits de LLB du 24/6/2021)

UN GROUPE INTERNATIONAL DE JUIFS APPELLE LES INSTITUTIONS JUIVES À RETIRER LE DRAPEAU ISRAÉLIEN


ACTUALITÉS

Plus d’une centaine de Juifs ont signé une déclaration appelant les synagogues et les institutions juives à retirer le drapeau israélien. « Tout comme le groupe israélien de défense des droits humains B’Tselem et la célèbre organisation internationale Human Rights Watch, nous considérons le gouvernement israélien comme un État d’apartheid. L’apartheid est un crime international depuis les années 1970. Il est offensant de voir des espaces communaux juifs brandir l’emblème d’un système criminel », écrivent-ils.

« Il est offensant de voir des espaces communaux juifs brandir l’emblème d’un système criminel. Nous comparons spécifiquement le drapeau israélien au drapeau confédéré du Sud sécessionniste comme emblème d’un système injuste, un drapeau dont l’affichage est maintenant considéré par la plupart des gens comme un soutien délétère au racisme. (Naturellement, nous ne disons pas que le Vieux Sud et Israël sont identiques.) »

Un groupe international de Juifs appelle les institutions juives à retirer le drapeau israélien
  • LA DECLARATION :

 » Nous, les Juifs du monde entier, appelons les Juifs et les organisations juives du monde entier à retirer les drapeaux israéliens des espaces communs, que ce soit dans les écoles juives, les bureaux de la Fédération juive ou les synagogues. Il est clair pour nous – et pour une grande partie du monde – comme l’ont démontré les rapports de B’Tselem et de Human Rights Watch – que l’État israélien est un régime d’apartheid et donc, comme le droit international le confirme à juste titre, il s’agit d’un crime contre l’humanité permanent.

Le gouvernement d’Israël, depuis sa création, a été déterminé à soumettre totalement ou à retirer les Palestiniens autochtones de la terre sur laquelle ils ont vécu pendant des siècles. L’État juif suprémaciste d’Israël est profondément discriminatoire et nécessairement violent envers les Palestiniens qui résistent naturellement à l’oppression et à l’expulsion.

Israël s’allie logiquement aux forces d’extrême droite et antisémites même si cela met en danger les Juifs du monde entier. Cela peut sembler étonnant, mais ces alliances nocives sont depuis longtemps la pratique des organisations sionistes qui ont travaillé pour créer Israël.

Il est de plus en plus important pour les Juifs de faire la distinction entre le judaïsme et l’État d’Israël et ses politiques. En arborant un drapeau israélien bien en vue dans nos institutions communautaires, nous permettons aux antisémites de croire que nos intérêts sont inextricablement liés à ceux d’un État dont nous abhorrons la politique. Le drapeau israélien a le statut de drapeau confédéré.Nous sommes consternés à l’idée qu’il nous représente. Il devrait être retiré.

Les signataires comprennent des personnalités telles que le professeur de culture talmudique Daniel Boyarin, le professeur Judith Butler, les rabbins David Mivasai, Lucía Pizarro et Gabriel, Hagai, Kohenet Rae Abileah, l’avocate Margaret Ratner Kunstler, l’actrice israélo-allemande Nirit Sommerfeld et de nombreux moins connus personnes identifiées dans la déclaration par groupe militant, profession ou résidence géographique.

Pourquoi les drapeaux américains et israéliens sont-ils systématiquement dans les synagogues et les bureaux de la Fédération juive en premier lieu ? Les musulmans n’ont pas de drapeaux de pays dans leurs mosquées. Certaines églises chrétiennes le font, mais la pratique est loin d’être universelle. Des drapeaux américains se sont glissés dans les synagogues pendant la Première Guerre mondiale pour honorer les morts de la guerre. Les drapeaux israéliens sont entrés dans certaines synagogues conservatrices et orthodoxes après 1948 en tant qu’acte de solidarité, la dénomination réformée ne les affichant systématiquement que des décennies plus tard.

Quelle que soit la raison pour laquelle les drapeaux israéliens ont flotté dans les espaces juifs, ils devraient être retirés maintenant. Ils devraient être expulsés à cause des 15 familles anéanties à Gaza en mai. Ils devraient être retirés parce que Tsahal crée un enfer pour les habitants de Bil’in en Cisjordanie. Ils devraient être retirés parce que plus de 900 Juifs israéliens ont déclaré qu’ils considéraient le système qui les régit comme la méthode illégale d’apartheid. « 

Drapeau israélien dans synagogue
Un groupe international de Juifs appelle les institutions juives à retirer le drapeau israélien
drapeaux israéliens dans synagogues

Source : https://takedowntheisraeliflag.godaddysites.com/

Si vous êtes juif [religieusement, culturellement, par naissance, par héritage, etc.] et que vous souhaitez adhérer à cette déclaration :
1) envoyez un courriel à mail@thestruggle.org avec le message suivant
« Je veux signer la déclaration ‘Descendre le drapeau' ».
2) Ajoutez votre nom complet et une ligne d’identification (profession, ou groupe d’activistes, ou université, ou emplacement géographique général, etc.)

Plus de signataires :

voir la liste des signataires à l’adresse ci-dessus

1 an plus tard : Rima Alaf sur FB


Traduction via Deepl

J’ai écrit un long fil de discussion sur la #Syrie sur twitter il y a un an pour le 20e anniversaire de sa métamorphose officielle en république héréditaire – je vais le RT après ceci.

Depuis lors, aucune des questions fondamentales ou des problèmes de fond n’ont changé, mais les développements récents pourraient vous faire penser le contraire. /1

Bachar Assad affirme avoir été « réélu », alors qu’il n’a jamais été élu. Si vous connaissez un tant soit peu la Syrie, vous savez qu’il n’y a pas eu d’élections depuis le coup d’État militaire du Baas en 1963. La farce est devenue encore plus flagrante avec les Assad. /2

Entre-temps, la normalisation avec le régime le plus meurtrier du XXIe siècle semble faire fureur. Plusieurs pays flirtent ouvertement avec le maniaque du génocide, lui faisant miroiter la possibilité de rouvrir leurs ambassades à Damas au niveau des chargés d’affaires… pour l’instant. /3

Certains Européens prétendent maintenant que tout va bien en Syrie, afin de pouvoir y renvoyer des Syriens. Adoptant un récit d’après-guerre qui est de la musique aux oreilles d’Assad, de Poutine et de Khameini, ils trouvent Damas assez sûre pour les Syriens terrifiés qui avaient fui, mais pas assez sûre pour les diplomates danois. /4

Les pays du Golfe, qui n’ont jamais accueilli de réfugiés syriens en premier lieu, jouent ouvertement au ballon avec Bachar Assad. Ramenez-le à la Ligue arabe, disent-ils. Assez de cette absurdité de liberté révolutionnaire, prient-ils. Amen à cela, hochement de tête des autres autoritaires proches et lointains. /5

Les alliés de Poutine s’amusent tous à faire ce qu’ils font le mieux, car pourquoi pas ? Forcer les avions de ligne civils à atterrir et arrêter les passagers – qui « avouent » ensuite de grandes conspirations à la télévision biélorusse – est maintenant une chose. De nouveaux précédents. Que pourrait-il bien se passer ? /6

Pourtant, l’administration Biden ne pourrait pas être moins intéressée par la Syrie ou par les ravages causés par le régime dans la région et au-delà. Personne à Washington n’a reçu le mémo selon lequel ce qui s’est passé en Syrie n’est pas resté et ne restera pas en Syrie ; sur ce point, en dehors de la question iranienne, Biden = Trump = Obama. /7

Le régime iranien attend son heure, en attendant le nouvel accord nucléaire et ses avantages annexes : tous les risques qu’il a pris, tous les investissements qu’il a faits ont porté leurs fruits. Le Hezbollah règne en maître, l’ingénierie démographique a changé la Syrie à jamais, et l’influence de l’IRGC sur l’Irak est inégalée. /8

La « communauté internationale » se dit impuissante et déplore les souffrances des Syriens, mais le boucher de la Syrie – auteur avéré de massacres chimiques, de bombardements en tapis, de sièges, de tortures et d’annihilation d’hôpitaux – a rejoint le conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé. /9

7 ans de malchance ? Les Syriens ont enduré 21 ans sous le régime de Bachar Assad, mais on leur demande d’en avaler encore plus alors que le narcissisme malin du génocidaire atteint de nouveaux sommets. Le problème, c’est que ces satanés Syriens croient encore qu’ils méritent une vie digne. Imaginez ça. /10

Rima Alaf : J’ai écrit ce fil de 30 tweets à l’occasion de l’ascension de Bachar Assad sur le trône syrien il y a 20 ans.


Sur Twitter traduction via Deepl

Rima Alaf


Il y a 20 ans aujourd’hui, j’étais dans un salon de coiffure de Damas quand une assistante s’est précipitée pour nous annoncer la mort d’Hafez Assad. Ce que j’ai vu et vécu dans les jours et les années qui ont suivi est gravé dans ma mémoire. Ce fil n’est qu’un aperçu de la vie en #Syrie à l’époque et de la lente descente vers l’implosion. /1

Hafez a commencé à préparer le terrain pour son deuxième fils Bachar en 1994, lorsque l’héritier initial Bassel a été tué dans un accident de voiture. Alors que l’ascension fulgurante de Bachar dans les rangs de l’armée et ses premières apparitions publiques à la fin des années 90 préparaient les gens, Hafez était occupé à débarrasser les rangs du régime de tout prétendant potentiel. /2

Les grands noms que les Syriens avaient appris à craindre, de Hekmat Shehabi au redoutable chef des services de renseignement Ali Douba, ont été officiellement mis à la retraite pour s’assurer que seuls les hommes les plus loyaux et les moins ambitieux restent en place. Bachar n’a jamais eu à combattre une « vieille garde » dans les années qui ont suivi, comme l’ont prétendu certains médias désemparés. /3

Moins d’une heure après la mort d’Hafez, le Parlement a tenu une session télévisée spéciale pour modifier la Constitution. En 5 minutes, l’âge requis pour la présidence a été abaissé de 40 à 34 ans, l’âge de Bachar. Nous avons tous regardé en silence, stupéfaits : nous nous y attendions, mais c’était quand même humiliant. /4

Lorsque Bassel est mort, Hafez Assad a obligé le pays tout entier à fermer ses portes et à porter le deuil pendant 40 jours. Ainsi, lorsque Hafez est mort, les Syriens se sont mis en mode d’auto-préservation : en quelques heures, les rues se sont vidées et les magasins ont fermé, tandis que les gens restés chez eux étaient rivés à leur télévision, essayant d’interpréter les événements. /5

Il s’est avéré que Bachar se moquait bien que les gens pleurent « l’éternel leader » tant qu’ils acclamaient « l’espoir » – le joli surnom que ses proches ont répandu pour que nous le répétions. Bashar était dénué d’émotion, voire désinvolte lors des funérailles, un peu ingrat au regard de son lourd héritage. /6

Les formalités de l' »élection » de Bachar ont eu lieu le mois suivant, et beaucoup auraient voulu que l’histoire se termine par « et nous avons tous vécu heureux pour toujours »… mais ce ne fut pas le cas. Pour commencer, le culte de la personnalité imposé sous Hafez n’était rien en comparaison de ce qu’exigeait Bashar. /7

Hafez aimait être craint, mais Bashar voulait absolument être admiré. Au fil des ans, il a mis sur la touche toute personnalité syrienne qui s’approchait un tant soit peu de la popularité ou, Dieu nous en préserve, de l’ombre du roi. Ce n’est pas pour rien que les vieux dinosaures baathistes en bois sont toujours ses principaux ministres et conseillers. /8

Pour être admiré, Bashar s’est efforcé d’être cool. Les rumeurs sur l’éthique du travail, l’amour de la technologie et l’humilité, l’épouse, le logement, les interviews, les cafés, la modernité, les affiches apparaissant comme par magie « contre sa volonté » – tout était destiné à dégager une impression de fraîcheur. /9

Avant la mort d’Hafez, j’ai fait partie des quelques milliers de Syriens qui ont acheté un téléphone portable. Pour ce privilège, en plus du coût du téléphone (il est illégal d’en faire venir un de l’étranger) et de divers frais, j’ai payé 1200 dollars à Syriatel pour avoir un numéro. C’est ainsi que Rami est devenu cool lui aussi. /10

En tant que gestionnaire de portefeuille des clans Assad et Makhlouf, Rami était l' »homme d’affaires » le plus visible et le plus puissant. Mais tous les enfants des copains Hafez sont devenus les nouveaux hommes d’affaires de l’ère Bachar – non pas que ce soit un exploit d’entrepreneuriat sans concurrence autorisée. /11

La soi-disant ouverture économique n’était qu’une économie capitaliste de copinage erratique permettant à quelques-uns de mener la belle vie. Alors qu’ils assistaient à l’accumulation de richesses obscènes autour d’eux, les Syriens commençaient à être confrontés à la hausse des prix, à la diminution de leurs moyens, à une situation de logement lamentable et à un cauchemar en matière de transport. /12

Dès le début, Bashar a affirmé que l’économie serait réformée ; si c’était là une réforme, imaginez le reste. Il y a eu quelques banques privées, quelques médias, quelques écoles privées – rien de tout cela n’a eu d’effet sur la vie des Syriens ordinaires. Sur le front politique, des mots vides. /13

Certains ont osé défier le bluff de Bashar. En septembre 2000, 99 intellectuels syriens courageux ont signé une déclaration lui demandant de lever l’état d’urgence (en vigueur depuis 1963), de libérer les prisonniers politiques, de permettre la liberté d’expression… Si vous connaissez la Syrie, vous savez où cela mène. /14

Les Syriens ont attendu ces libertés et droits fondamentaux pendant toute une décennie, et l’ont payé cher. Pendant que Rami s’emparait du moindre centime réalisé ou entrant en Syrie, Bashar arrêtait les Syriens qui osaient s’exprimer et remplissait les prisons de prisonniers de conscience. /15

Le Printemps de Damas, comme nous l’appelons, s’est rapidement transformé en un Hiver de Damas. De nombreuses anciennes figures de l’opposition que le monde a découvertes en 2011 avaient été des prisonniers de conscience pendant des années – sous le père puis le fils – pour « affaiblissement du sentiment national. » Défier Bashar était verboten. /16

À l’étranger, Bachar a joué les hommes d’État avec un effet désastreux, donnant des interviews absurdes et pontifiant sur les affaires mondiales. Plaideur de premier ordre, il nie fastidieusement toute action en disant « ce n’est pas logique ». Il a provoqué la colère des Etats-Unis en envoyant des combattants en Irak … /17

… même s’il a voté la résolution 1441 lors de son passage au Conseil de sécurité, donnant aux Etats-Unis l’unanimité qu’ils recherchaient et la justification dont ils avaient besoin pour envahir l’Irak quelques mois plus tard (Bachar veut toujours se faire désirer, et si ça ne marche pas, il fait tout pour se faire remarquer). /18

Et puis, il y avait le Liban, où il avait semé le désordre depuis le jour où il avait hérité de son royaume. En 2004, il a forcé le parlement libanais à prolonger de 3 ans (de manière inconstitutionnelle) le mandat du président de l’époque, Emile Lahoud, et en février 2005, avec son allié toujours plus fort, le Hezbollah, … /19

… il a tué Rafic Hariri, déclenchant ainsi une série d’autres assassinats et de bouleversements, ainsi que le retrait forcé des soldats syriens qui étaient présents dans le pays depuis les années 1970. Lorsque des Syriens courageux ont osé soutenir leurs homologues libanais, il les a jetés en prison, une fois de plus. /20

Les Syriens ont regardé les manifestants libanais insulter publiquement Bashar, faisant trembler le régime pour la première fois. C’est alors que les affiches « menhebak » (nous t’aimons) ont commencé à apparaître, et que le régime a commencé à colporter le syrianisme (en gros, la Syrie d’abord) pour remplacer l’arabisme baasiste. /21

Après la retraite précipitée du Liban, Bashar a promis aux Syriens que de grands changements allaient se produire. Nous ne retenions pas notre souffle, mais lorsqu’il a ensuite convoqué un congrès du parti Baas (le premier depuis 2000), certains ont à nouveau osé espérer que le régime avait enfin appris sa leçon. Ils étaient stupides. /22

Le Congrès a déclaré que l’économie (officiellement socialiste pour le peuple, capitaliste pour l’élite dirigeante) serait dorénavant connue sous le nom d' »économie sociale de marché », un non sens. La pauvreté continue à augmenter, la société de velours continue à siroter des frappuccinos au Four Seasons. /23

Ostracisé par l’ensemble de la région et du monde, Bachar est sauvé par le tristement célèbre assaut du Hezbollah sur Beyrouth en mai 2008, qui débouche sur un accord de réconciliation parrainé par le Qatar, menant lui-même à sa réintégration dans la communauté internationale et à une invitation à Paris. /24

Plus la tête de Bachar grossissait au niveau régional, plus ses actions augmentaient le désespoir et la disparité des Syriens. Et lorsqu’il a déclaré au WSJ, début 2011, que la Syrie était immunisée contre le printemps arabe, les enfants de Deraa ont pointé du doigt l’empereur nu et ont écrit : c’est ton tour. /25

Les Syriens ont enduré des difficultés étouffantes pendant des décennies de tyrannie Assad avant de commencer la révolution – une révolution dans tous les sens du terme. Pour comprendre ce déchaînement apparemment soudain de l’esprit libre syrien, il faut connaître la décennie qui l’a précédé. /26

Ce fil ne fait qu’effleurer la trajectoire de Bachar Assad et de la Syrie, sur laquelle j’ai fait des recherches pendant des années à Chatham House, et dont j’ai parlé dans des centaines d’articles, de conférences et d’interviews. Une expertise sur les affaires syriennes est nécessaire, surtout de la part des Syriens. /27

Hafez Assad lui a légué une république héréditaire ; Bachar a pris cet énorme fonds fiduciaire et l’a détruit en l’espace de 20 ans, petit à petit, d’abord par un abandon inconsidéré, puis avec toutes les armes de terreur et de destruction massive. /28

Ce régime glouton, incompétent et barbare n’est pas réformable et a prouvé à maintes reprises qu’il utiliserait tous les moyens à sa disposition pour maintenir son pouvoir violent, 50 ans après. Depuis mars 2011, la plupart des Syriens ont tout sacrifié pour se libérer, avec peu d’aide. /29

Alors que le monde repense son engagement sélectif à combattre l’injustice et à faire respecter les droits de l’homme, après la révélation de crimes horribles sur des civils non armés, il devrait aider les Syriens à obtenir justice eux aussi. Pour cela, le 20e anniversaire de Bachar Assad au pouvoir doit être son dernier. /30

1981 : l’assassinat de Naïm Khader


Yves ROUYET Yves ROUYETil y a 3 ans

Il y a des plaques commémoratives que l’on aimerait ne jamais devoir apposer.  Ce sont celles qui nous rappellent un événement douloureux. Mais ces plaques, au-delà du drame, sont plus essentielles que jamais car elles nous aident à nous souvenir de causes justes et du nom des personnalités, tombées pour les défendre.

Une personnalité que nul n’a oubliée à Bruxelles, c’est Naïm Khader. Sa cause, sans doute la plus noble de toutes : la paix.

Né en 1939  dans la petite ville de Cisjordanie Zababdeh au sein d’une famille chrétienne, Naïm Khader parti rejoindre son frère étudier le droit à l’Université Catholique de Louvain. Proche du leader Palestinien Yasser Arafat, il fut naturellement désigné premier représentant de l’Organisation de Libération de la Palestine en Belgique. Selon le journal Le Monde, « son rôle à Bruxelles, capitale du Marché commun, était important, et son influence dans les milieux diplomatiques arabes était déterminante. »
Pendant plus de 10 ans, il a relayé les position de l’OLP et défendu avec vigueur les droits du peuple Palestinien. Plaidant même pour la lutte armée afin de créer un rapport de forces. Mais, dans le même temps, il condamnait les actes terroristes comme l’assassinat d’enfants juifs à Anvers en 1980 ou l’agression de la Synagogue de la rue Copernic à Paris. Considéré comme « modéré », il était ouvert au dialogue, notamment avec la communauté juive en ce compris des militants sionistes, afin d’envisager une sortie de crise digne et équilibrée pour les deux parties : Israéliens et Palestiniens.

Le 1er juin 1981 à 9h du matin, Naïm Khader fut assassiné, devant son domicile du n°5 de la rue des Scarabées à Ixelles, dans le quartier de l’Université. Abattu de 5 balles de gros calibre en sortant de chez lui. Des témoins tentèrent de poursuivre le tueur. Celui-ci abandonna un parapluie et un imperméable avenue Huysmans, éléments qui servirent l’enquête. Avenue de l’université, ils perdirent sa trace. Un portrait robot est dressé, un avis de recherche international est lancé. Finalement, l’assassin est retrouvé quelques mois plus tard en Autriche où il avait été arrêté pour l’assassinat d’un responsable du gouvernement de Vienne un mois avant la mort de Khader et un attentat contre une synagogue fin août. Il fut jugé 18 ans plus tard à Bruxelles, après avoir purgé sa peine à Vienne.

Naïm Khader était le 12ème représentant de l’OLP assassiné en Europe ! On connait le tueur, c’est un pro. Mais qui étaient les commanditaires ? Parmi les thèses les plus régulièrement avancées, le journal Le Soir cite notamment les services secrets israéliens et le groupe palestinien dissident radical d’Abou Nidal. Et peut-être un mixte des deux : le groupe d’Abou Nidal infiltré par le Mossad…

Décrit comme cultivé, charismatique, convainquant, sincère, sans aucune langue de bois, Naïm Khader a, plus que d’autres diplomates, visiblement marqué ses interlocuteurs. Même ses adversaires, qui s’en souviennent encore aujourd’hui, plus de 36 ans après sa disparition, avec émotion. Lire La Libre du 6 juin 2016 et  Le Soir du 15 mars 1999.

Ce lundi 16 avril 2018, une plaque commémorative est apposée avenue des Scarabées. En présence d’une délégation de Zababdeh, la ville natale de Khader, jumelée depuis 2003 avec Ixelles.

Illustration (c) RTBF 1971

source

Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne


vendredi 17 juin 2011 – 09h:44

Rudi Barnet

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Dans cette période troublée où le journaliste doit manifester la plus grande prudence dans le compte-rendu des événements du Moyen-Orient et éviter de choquer l’opinion publique, il est bon de rappeler quelques principes et règles qui permettront de parer aux critiques. Correctement appliquées, les préceptes et conseils ci-dessous vous éviteront d’être accusé d’opinion tendancieuse.

Pense-bête à l’usage du journaliste chargé du Moyen-Orient

 ? Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

 ? Quand l’armée israélienne tue des civils arabes, c’est toujours en état de légitime défense. Quand des civils israéliens sont tués, cela s’appelle du terrorisme.

 ? Les Israéliens n’enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.

Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

 ? Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens ! S’ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

 ? Il n’est pas convenable de mentionner le nombre prisonniers palestiniens (6000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de terroristes ou supposés terroristes.

 ? Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

 ? Quand vous mentionnez le « Hezbollah », toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.

Mais quand vous parlez d’Israël, il est superflu d’ajouter soutenu par les USA et l’Europe. On pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

 ? Ne pas utiliser le terme « territoires occupés » mais territoires contestés. A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

 ? Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël. Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye… Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

 ? Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d’utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

 ? Il est de bon ton de laisser entendre que le « Hamas » est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l’État d’Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).

Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

 ? Il n’est pas indiqué de signaler qu’Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

 ? Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d’implantations.

 ? Afin d’affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l’expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

 ? Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l’Iran, il n’est pas utile d’insister sur l’arsenal nucléaire militaire israélien… Et surtout pas de signaler que c’est la 6ème puissance mondiale dans ce domaine.

 ? Quand vous devez faire état du refus palestinien d’agréer les conditions israéliennes pour l’arrêt des hostilités, toujours ajouter que « Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix »… Si possible sur un ton de regret.

 ? Si vous êtes appelé à citer le « mur de séparation », ne jamais mentionner qu’il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes… Et éviter surtout de citer la condamnation du « Tribunal International de Justice » exigeant son démantèlement.

 ? Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants… Toujours parler d’activistes. Même s’ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

 ? Au cas ou vous seriez amené à reparler de « Plomb Durci », toujours reprendre la thèse israélienne : c’est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez « unilatéralement » pour une meilleure compréhension)… et qu’Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

 ? En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles « cette flottille de soi-disant pacifistes » ou « acte de provocation« … et surtout évitez les commentaires du style « blocus illégal d’Israël, condamné par l’ONU ».

 ? Si vous en avez l’occasion, affirmez qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Évitez, évidemment, d’ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

 ? Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en État Juif, excluant de facto les 20% de musulmans de la population. Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

 ? Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d’en aviser les responsables de votre média. C’est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites.

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LA MORT EST LEUR METIER


18 mai 2021

Par Gideon Levy

S’il y a une chose sur laquelle tous les Israéliens (juifs) sont bien d’accord, c’est le déclenchement d’une guerre. Presque une semaine s’est écoulée et personne ne s’oppose à cette guerre horrible, pas même les dirigeants [dits] de centre-gauche Yair Lapid, Merav Michaeli et Nitzan Horowitz.

Ils s’en prennent à Benjamin Netanyahu (pas besoin d’être courageux pour oser cela) ils expriment leur chagrin pour nos souffrances, mais pas un mot sur cette guerre criminelle délibérément lancée et avec tous ces morts, sans savoir quel minuscule avantage elle pourrait donner à Israël. Encore une fois, c’est la preuve qu’il n’y a pas de camp de la paix en Israël, pas même la plus minuscule des huttes.

Les commentateurs à la télévision se croient dans “Apocalypse Now”, des hordes de généraux à la retraite et d’agents du Shin Bet éructant un chœur uniforme et répugnant. La salive coule et les yeux clignotent, levés vers les pilotes glorieux qui ont réussi à esquiver et à détruire la défense aérienne sophistiquée de l’ennemi, à savoir deux cerfs-volants réduits en pièces lors d’une bonne journée.

Le bombardement de la favela impuissante de Gaza est “la preuve que notre force aérienne est la meilleure du monde”, a déclaré un présentateur de haut niveau d’une voix tremblante d’émotion.

Et les résultats ne sont pas affichés. Les Israéliens n’ont aucune idée de ce qui se passe à Gaza, pas une idée de ce que les militaires font en leur nom. C’est pourquoi ils en veulent encore plus, pourquoi ils sont si sûrs de la justice de leur cause.

Nous pouvons supposer que si davantage d’Israéliens voyaient les images de Gaza, au moins certains d’entre eux crieraient et appelleraient à l’arrêt de cette horreur.

J’ai reçu des photos des corps mutilés de 40 enfants, la récolte de vendredi soir à Gaza. Vous ne pouvez pas garder le silence après avoir visionné ces photos. Mais laissons de côté l’humanité pour le moment, elle n’a aucune importance en temps de guerre.

La question est, à quoi tout cela sert-il ? Que se serait-il passé si Israël n’avait pas provoqué les Palestiniens à Jérusalem ? Et que se serait-il passé si, même après ces provocations, il avait ravalé sa fierté et éloigné ses policiers violents et agressifs de l’enceinte d’Al-Aqsa, ou n’avait pas bombardé des immeubles de grande hauteur à Gaza, pour éviter une guerre ?

Que se serait-il passé s’il faisait preuve de retenue ? Serait-il plus puissant maintenant ? Le Hamas est-il plus faible ? Ou a-t-il été affaibli militairement mais renforcé politiquement à un niveau sans précédent ?

Le Hamas est le héros de l’heure, pas Israël. Et en ce qui concerne la dissuasion, mère de toutes les excuses pour chaque guerre à Gaza, regardez comment cela a fonctionné la dernière fois qu’ils nous ont parlé de dissuasion, pendant la guerre de 2014. Le Hamas prétendument dissuadé a plus que doublé sa puissance militaire, ainsi que son audace.

Le Hamas serait également responsable de crimes de guerre, mais surtout, notez-le bien, contre son propre peuple. Construire une machine de guerre contre l’armée israélienne sans aucune protection de la population peut être considéré comme un crime contre l’humanité.

Mais nous sommes israéliens, nous devons donc discuter de nos propres crimes de guerre. Ceux-ci s’accumulent dans l’opération actuelle, qui pendant un moment a semblé être menée avec plus de circonspection que celles qui l’avaient précédé. À présent, le sang de dizaines d’enfants de Gaza coule dans les rues, résultat des crimes de nos pilotes et de nos soldats.

Si les pilotes pouvaient voir les photos des enfants qu’ils ont tués, si les commandants des bases aériennes qui sont apparus vendredi soir dans tous les studios de télévision, avec leur éloquence moelleuse et révoltante, voyaient ces images, que diraient-ils ? Qu’il n’y avait pas le choix ?

Maintenant, nous pouvons attendre le vendredi noir qui se produit toujours à la fin d’une guerre à Gaza. Cela améliorera l’équilibre du sang qui a déjà pris des proportions monstrueuses.

De toutes les photos terribles, une vidéo du nord de Gaza, prise jeudi soir, est restée gravée dans ma mémoire. La caméra était immobile, enregistrant des masses de personnes fuyant vers le sud, craignant une frappe aérienne.

Il était tard dans la nuit et les gens portaient des sacs en plastique et des bébés, une mer de gens qui fuyaient pour sauver leur vie, ni pour la première fois, ni pour la dernière, la plupart d’entre eux n’ayant pas d’endroit où retourner. L’un d’eux a soudainement sauté sur la route pour sauver un chaton… un moment exceptionnel d’humanité.

Nous devrions regarder de face ces images. Qu’est-ce qui nous donne le droit de faire tout cela ? D’où cela vient-il ?

A1Gidéon Lévy, né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.

16 mai 2021 – Haaretz – Traduction : Chronique de Palestine