Firas Kontar sur Israël/Palestine sur FB


 · les civils des deux côtés souffrent bien sûr mais il faut rappeler que plus de 90% des victimes civiles de ce conflit sont palestiniennes et que c’est le reflet d’une réalité : il y a un oppresseur et un opprimé.

Tant que l’état d’Israël continue d’occuper et de coloniser, Israël ne peut prétendre au statut de victime et l’offensive du Hamas que je déplore et je condamne ni change rien. Faire croire que le problème est le Hamas c’est faux, le Hamas n’est que conséquence du désespoir vécu par la population palestinienne. Le Front populaire de libération de la Palestine fondé par Georges Habache, un chrétien, a mené la lutte armée contre Israël au-delà des frontières de la Palestine bien avant le Hamas et cela en opposition à l’OLP d’Arafat.

On peut rappeler qu’Israël a liquidé le processus d’Oslo, Les dirigeants israéliens ont rejeté la main tendue de la ligue arabe en 2002 appelant à une normalisation en contrepartie de la fin de l’occupation des territoires de 1967. Résultat aujourd’hui nous n’avons jamais été aussi éloignés de la paix, la normalisation avec quelques états arabes n’y change rien, la région est confrontée à une nouvelle équation : la présence iranienne en Syrie en Irak au Liban au Yémen et l’alliance des Mollahs avec des factions palestiniennes à Gaza. Les roquettes envoyées depuis Gaza sont d’ailleurs un message de l’Iran sur sa capacité de nuisance, imaginez les milices iraniennes en Syrie et au Liban avec une puissance de feu bien supérieure à celle des factions palestiniennes à Gaza…

Si ces fronts n’ont pas encore été ouverts c’est parce que les iraniens ne veulent pas risquer une attaque directe contre les installations nucléaires du pays. Avec la dissuasion nucléaire, et ce n’est qu’une question de temps avant la bombe nucléaire iranienne, l’Iran pourra mener ses guerres au Moyen-Orient en limitant le risque d’attaque sur son territoire.

L’avenir du Moyen-Orient est sombre, rien ne laisse à penser à un début d’amélioration, l’ONU est en état de mort cérébrale et les différents belligérants et puissances ne sont pas en capacité d’œuvrer pour rétablir la stabilité et la paix dans les pays du Levant.

Ce qui guide les choix des différents belligérants sont les intérêts à court terme sans prendre en compte les notions de justice de droit et surtout le changement auquel aspirent les populations de la région. L’accord de désarmement chimique d’Assad après le massacre de la Ghouta en 2013, accord voulu par Obama est un indicateur de l’absence de toute notion de justice et de droit, marchander comme un vendeur de tapis le sang des enfants syriens morts gazés par le boucher de Damas était annonciateur d’un chaos durable conséquence de l’absence de justice, ça ne pouvait qu’accélérer la mort de l’ONU.

UPJB [Communiqué] Israël/Palestine


 La Belgique doit abandonner l’« équidistance » et agir conformément au Droit international

17/05/2021

Une fois de plus, des civils meurent en Palestine/Israël, principalement victimes des tirs de missiles venus de la bande de Gaza et, surtout, de bombardements massifs de l’armée israélienne sur ce territoire. Nous n’avons jamais eu aucune complaisance pour de tels actes touchant des non combattants, quelles qu’en soient les victimes. Ce sont des crimes de guerre. Mais nous refusons de renvoyer dos à dos Palestiniens et Israéliens comme si les responsabilités étaient également partagées.

Comme en 2008-2009, en 2012, et en 2014, tout semble avoir été fait par les dirigeants israéliens pour pousser le Hamas et le Djihad islamique à réagir agressivement.

Tout au long du mois de Ramadan qui vient de se terminer, les autorités israéliennes ont provoqué l’exaspération des Palestiniens de Jérusalem. Elles leur ont interdit le passage par la porte de Damas, leur principal accès vers la vieille ville de Jérusalem et donc vers l’esplanade des mosquées. Elles ont permis que des extrémistes israéliens se livrent à des manifestations particulièrement agressives à Jérusalem-Est, aux cris de « mort aux Arabes ! », en particulier dans le quartier de Sheikh Jarrah, pour célébrer le 53èmeanniversaire de la conquête de Jérusalem-Est par l’armée israélienne et pour y soutenir l’action judiciaire menée par leurs représentants au parlement, dans le but d’obtenir l’expulsion de centaines de Palestiniens des maisons où résident leurs familles depuis 1956. La police israélienne est violemment intervenue, en particulier sur l’esplanade des mosquées, blessant, parfois très gravement, des centaines de Palestiniens, y compris à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa, le troisième lieu le plus saint pour les musulmans.

L’exaspération des Palestiniens des territoires occupés s’explique plus fondamentalement par la durée interminable de l’occupation (54 ans !) et l’aggravation incessante des spoliations, limitations de mouvements et autres humiliations, qu’ils subissent du fait d’une colonisation qui s’amplifie continuellement. A quoi s’ajoutent, l’absence de libertés et de droits, les innombrables incursions de l’armée israélienne dans les territoires « autonomes », les assassinats « ciblés », les arrestations, les emprisonnements avec ou sans jugements, par des tribunaux régis par les lois israéliennes, toujours défavorables aux Palestiniens.

Des élections législatives et présidentielle palestiniennes auraient dû avoir lieu respectivement le 22 mai et le 31 juillet. Leur report, sine die, décidé par le président Abbas, alors que les Palestiniens des territoires occupés n’ont plus eu droit à des élections depuis 15 ans, n’a fait qu’exaspérer la population concernée. Les autorités politiques israéliennes partagent la responsabilité de l’annulation de ces élections par le refus d’en autoriser l’organisation à Jérusalem-Est.

Cette fois, la révolte a aussi éclaté chez les Palestiniens israéliens, qui constituent aujourd’hui plus de 20 % des citoyens de l’État d’Israël. Ces « Arabes israéliens » ont toujours été gravement discriminés, dans les lois et dans les faits, par rapport à leurs concitoyens juifs. Ces discriminations ont été consacrées en 2018, par le vote de la loi « fondamentale » sur « l’État-nation du peuple juif » qui stipule notamment que« le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif », que « Jérusalem, entière et unifiée, est la capitale d’Israël » et que « La langue de l’État est l’hébreu ».

Aujourd’hui, tous les Palestiniens qui vivent sous domination israélienne, qu’ils détiennent la citoyenneté israélienne ou qu’ils résident dans les territoires occupés, subissent, à des degrés divers, une situation d’apartheid, au sens reconnu à ce terme par le droit international.[1]C’est la conclusion à laquelle sont récemment parvenues L’ONG israélienne de défense des droits humains B’Tselem et l’association internationale Human Rights Watch.

L’Union des Progressistes Juifs de Belgique,  profondément attachée aux Droits humains et, en particulier, au droit de tous à une vie digne préservée de toutes les formes de racisme et de discriminations, réaffirme son soutien actif à tous ceux et toutes celles qui se battent, en Israël/Palestine et en Belgique, pour qu’advienne enfin une paix juste reconnaissant des droits égaux à tous les habitants de la Palestine/Israël et rendant justice, conformément aux résolutions onusiennes pertinentes, aux exilés palestiniens et à leurs descendants.

Nous demandons au gouvernement belge de reconnaître qu’Israël est devenu un État d’apartheid et d’en tirer les conséquences en agissant, dans toute la mesure de ses possibilités, conformément au Droit international, pour contribuer à mettre fin à ce crime contre l’humanité. L’État d’Israël doit être sanctionné politiquement et économiquement tant qu’il ne renoncera pas à l’occupation et à la colonisation des territoires qu’il occupe illégalement depuis 1967, au cruel blocus de la bande de Gaza et tant qu’il continuera à discriminer gravement ses propres citoyens non juifs.

Nous demandons aussi au gouvernement belge d’agir, dans toute la mesure de ses moyens, pour que justice soit enfin rendue aux Palestiniens expulsés de leur pays et à leurs descendants depuis 1948, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes de l’ONU. 

[1] Au sens de la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 30 novembre 1973.

source

Message de l’UPJB


sur Facebook

Michel Staszewski

Voici le message que j’ai adressé, au nom de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), à la foule réunie ce 15 mai place de l’Albertine, pour commémorer le 73ème anniversaire de la Nakba, l’expulsion de + de 80 % des Palestiniens du territoire conquis alors par les forces armées sionistes :

« Lorsque l’État d’Israël a été accepté comme membre de l’ONU, en 1949, ses dirigeants s’étaient engagés à permettre le retour des 750 à 800.000 Arabes palestiniens qui avaient fui ou qui avaient été chassés par les forces armées sionistes depuis le début de l’année 1948. Cet engagement n’a jamais été tenu. Au contraire, les expulsions ont continué… jusqu’à aujourd’hui, notamment à Jérusalem.

Les inconditionnels de la politique israélienne continuent d’affirmer qu’Israël est une démocratie.

Curieuse démocratie que celle qui a assuré la domination démographique des Juifs sur son territoire grâce à un nettoyage ethnique de grande ampleur.

Curieuse démocratie qui a toujours discriminé, par ses lois et dans les faits, les non-juifs devenus minoritaires sur son territoire.

Curieuse démocratie que celle qui maintient sous occupation militaire depuis 54 ans, sans droits politiques, plus de 5 millions de personnes.

Sur le territoire historique de la Palestine, entièrement sous domination israélienne depuis 1967, les Palestiniens sont désormais majoritaires. Mais, seul un quart d’entre eux, ceux qui sont citoyens de l’État d’Israël, ont des droits politiques, tout en étant fortement discriminés.

Israël n’est une démocratie que pour ses citoyens juifs. C’est en réalité, selon la définition juridique internationalement acceptée de ce terme, un État d’apartheid. L’apartheid est un crime contre l’humanité. Il est donc du devoir de tous les États de faire en sorte que ce crime cesse. Pour cela, les beaux discours ne servent à rien. Et ils nous écœurent quand ils persistent à se vouloir « équidistants». Il faut des actes, c’est-à-dire des sanctions économiques et politiques.

Nous demandons donc au gouvernement belge de reconnaître qu’Israël est devenu un État d’apartheid et d’en tirer les conséquences en agissant, dans toute la mesure de ses possibilités, conformément au Droit international, pour contribuer à mettre fin à ce crime contre l’humanité. L’État d’Israël doit être sanctionné politiquement et économiquement tant qu’il ne renoncera pas à l’occupation et à la colonisation des territoires qu’il occupe illégalement depuis 1967, au cruel blocus de la bande de Gaza et tant qu’il continuera à discriminer gravement ses propres citoyens non juifs.

A l’UPJB, nous disons aux dirigeants de l’État d’Israël qui se veut « l’État des Juifs » : vous ne nous représentez pas ! Ne parlez pas en notre nom ! « 

[Communiqué] La lutte contre l’antisémitisme est trop importante pour être laissée aux nationalistes israéliens


13/05/2021

Communiqué commun de l’Association belgo-palestinienne (ABP), de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) et de De-colonizer ASBL sur les accusations d’antisémitisme envers Rajae Maouane

Depuis 24 heures, la coprésidente d’Ecolo Rajae Maouane fait l’objet d’attaques d’une violence inouïe la part de la Ligue Belge contre l’Antisémitisme (LBCA). Son crime ?  Avoir posté mardi en “story” l’image d’un combattant palestinien faisant tournoyer un lance-pierre, sur une chanson d’accompagnement, ”Wein Al Malayeen”, succès de la chanteuse libanaise Julia Boutros composé suite à l’intervention israélienne de 1982 lors de la guerre du Liban, appelant à la résistance contre Israël. Pour la LBCA, ce post inciterait au « passage à l’acte antisémite», et serait «lepoint d’orgue d’un dévoiement antisémite constaté depuis plusieurs années dans le chef du parti des Verts ».

Un rapide examen des pièces du « dossier » suffit à dégonfler ces accusations. La chanson incriminée est bien un chant guerrier, mais elle ne contient nulle trace d’appels à la haine des Juifs et se focalise surtout sur la passivité des dirigeants arabes face à Israël, dont les crimes de guerre commis à l’époque étaient encore frais dans les mémoires. Et si les attaques contre des civils, quels qu’ils soient, sont évidemment condamnables, on voit mal  en quoi l’illustration d’un lanceur de pierre entouré de soldats pourrait signifier autre chose qu’un soutien au droit légitime des Palestiniens à la résistance. Par ailleurs, aucun positionnement d’Ecolo ne permet d’attester une supposée dérive antisémite de sa part.

Que la LBCA, dont l’engagement passé de son président Joël Rubinfeld à la droite radicale en Belgique et la proximité avec le camp nationaliste israélien sont notoires, use de pareilles méthodes ne devrait pas étonner. Il est plus surprenant que de nombreux médias aient relayé une accusation aussi vide de contenu, qui jette l’opprobre sur le mouvement de solidarité avec la cause palestinienne.

La lutte pour les droits des Palestiniens repose sur la défense du droit et des aspirations à la justice et à l’égalité. Elle est donc incompatible avec toute forme de racisme, et donc d’antisémitisme, lequel doit être dénoncé implacablement lorsqu’il se manifeste.

Avec tout autant de force doit être dénoncée l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme par les soutiens à l’entreprise coloniale et criminelle israélienne, en particulier dans la période actuelle si critique pour les victimes de celle-ci, laquelle appelle plus que jamais à une solidarité sans failles.

L’UPJB, l’ABP et De-Colonizer ASBL apportent leur soutien inconditionnel à la coprésidente d’Ecolo face aux calomnies dont elle fait l’objet, ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui font les frais des mêmes campagnes d’intimidation en raison de leur engagement pour les droits humains en Israël/Palestine.

Syrie, procès d’Anwar Raslan


Wissam

Aujourd’hui au procès d’Anwar Raslan officier du régime syrien accusé de crimes contre l’humanité, procès qui se tient à Coblence en Allemagne, doit témoigner Fayez SARAH.

Fayez est un journaliste syrien il a été plusieurs fois en prison, la 1ere en 2008 pour avoir écrit un article demandant la libération des prisonniers politiques notamment ceux qui avaient signé le texte de la Déclaration de Damas, texte qui appelait à un changement de gouvernance pacifique en Syrie et une ouverture politique du pays. Après le début de la révolution, deux des enfants de Fayez sont arrêtés en 2012 par les sbires d’Assad pour avoir manifesté contre le régime, ils sont relâchés quelques mois plus tard mais son fils Wissam (photo) est à nouveau arrêté en janvier 2013.

Etant activement recherché par le régime Assad, Fayez est contraint de quitter la Syrie. Le 14 janvier 2014 il apprend depuis son exil à Istanbul le décès de son fils sous la torture via un câble envoyé par la police militaire demandant à sa fille restée à Damas de se rendre au centre de détention de la police militaire pour récupérer le corps de Wissam.

Mais pour récupérer le corps du défunt, la famille est contrainte de signer un document qui indique que Wissam a été tué par « des terroristes »…

Quand je pense que Fabrice Balanche lors d’un débat que j’ai eu avec lui sur France Culture a osé traiter les « opposants de l’extérieur » d’opposition d’Hôtel et de Palace alors que la très grande majorité ont fui contraint et forcé la barbarie du régime et ont tout abandonné derrière eux, je me dis que la place de Balanche comme celle de Thierri Mariani ou de Regis le Sommier est dans la même cage qu’Anwar Raslan à Coblence pour complicité de crime contre l’humanité. Assad a libéré les islamistes de ses prisons en 2011 pour les remplacer par des intellectuel(le)s, étudiant(e)s, médecins, militant(e)s… toutes et tous pacifistes beaucoup sont morts et d’autres agonisent en prisons, et certains continuent d’affirmer que celui qui a alimenté le terrorisme est un rempart à la barbarie.

Firas Kontar sur FB

Les coursiers Deliveroo s’insurgent


Jean-Bernard Robillard

Jean-Bernard Robillard, ex-coursier Deliveroo, membre du Collectif des coursiers

«Je ne trouvais pas de boulot, j’avais un appart à payer, pas de chômage… Je n’ai pas eu le choix. J’y ai bossé d’avril 2016 à janvier 2018, une moyenne de 35 heures par semaine avec un contrat salarié via Smart. Je gagnais 1.500 euros net par mois. J’ai réalisé 5.347 commandes et parcouru près de 20.000 km. Les premiers mois, c’était cool. Mais Deliveroo a rompu le contrat avec la Smart pour faire passer tous les coursiers sur le statut d’indépendant en février 2018. On était dès lors payé à la tâche.

Deliveroo joue sur la coolitude du métier, un univers qui parle aux jeunes et qui masque la précarité des statuts et des conditions de travail qui s’empirent. Pour défendre nos droits, j’ai intégré en 2017 le Collectif des coursiers. La CSC a accompagné celui-ci sur différents événements, en particulier sur les mouvements de grèves et les négociations de fin 2017, début 2018. Le Collectif organise des permanences le jeudi soir qui sont aussi des espaces de rencontre, de partage et d’échanges. Je travaille maintenant à la Smart comme accompagnateur de projets.

J’ai écrit une lettre ouverte à Mathieu de Lophem, gérant de Deliveroo Benelux, pour rebondir sur certains des propos qu’il a tenus dans un entretien au journal Le Soir du 25 septembre 2018 «Quel projet de société Deliveroo veut-il nous livrer?» J’y aborde les questions d’assurance, de rémunération, de flexibilité, de loi sur mesure qui profitent largement à l’employeur et pas aux coursiers. À lire en ligne.» Sorry, pas trouvé de renvoi, vous en ai mis un autre. Le texte ci-dessus provient de la CSC ici

فدوة (fidwa)


Il n’y a rien de mieux pour connaître le profond caractère d’une personne que d’observer sa réaction spontanée quand un objet tombe par terre et se brise en morceaux. Il y en a qui disent « pas grave », « ce n’est rien » ou quelque chose de ce genre. On a envie de les revoir.

D’autres ne peuvent pas retenir un « mince », « zut », peut-être un peu appuyé. Là on est mal à l’aise. Et quand c’est « ah non ! », « oh la la ! », on regrette d’être présent. Evidemment, il y en a qui laissent échapper un m*** qui montre qu’ils ne tiennent aucun compte de ce que peut ressentir « le coupable ». Naturellement, l’éventail d’expressions dans un tel contexte est très large. Parfois, on sert quelque chose de personnalisé, du genre « quelle nouille ! », mais ne cherchons pas davantage dans cette voie. De toute façon politesse et franchise ne font pas bon ménage dans ce genre de situation.

Mais pourquoi je raconte tout ça ? Ah, c’est pour vous faire connaître à quel point les Irakiens, du moins les Bagdadiens, sont économes dans ce domaine. Un seul mot surgit avec un automatisme implacable : فدوة (fidwa). Inutile d’aller chercher dans le dictionnaire ce que cela veut dire. On y trouverait peut-être « rançon ». Mais quel rapport ?

Longtemps, je me suis demandé comment traduire ce mot. Impossible avec un seul vocable français. Alors, une petite explication s’impose. L’idée derrière ce mot est que le mal qui vient de se produire a évité un autre plus grand, comme si le destin, qui est, comme on le sait, aveugle, a raté sa cible. Donc, le verre, la tasse, la bouteille, etc., qui tombe aurait évité à celui qui l’a laissé tomber de se blesser par exemple ou de trébucher ou de faire une crise cardiaque, etc.

Eh bien, ce mot, qui cache mal parfois l’agacement du locuteur, est malgré tout réconfortant dans un moment où ne ne sait pas où se cacher. Alors, j’ai envie d’écrire à l’Académie française pour adopter ce mot comme marque d’amitié entre mes deux langues : arabe et français. Mais comme ils ne liront même pas la deuxième phrase de ma lettre, je compte sur vous pour populariser ce mot. Pour une fois que tous les sons dans un mot arabe sont faciles d’accès aux francophones ! Il ne faut pas rater ça !

Nabil Ghaleb Khair par Firas Kontar sur FB


La cruauté, l’inhumanité, la monstruosité du régime syrien

Hier, vendredi 23 avril 2021, Nabil Ghaleb Khair (photo) est mort à l’âge de 54 ans dans les prisons d’Assad après plus de trente années passées en détention dont vingt années dans l’enfer de la prison de Saidnaya.Nabil est né en 1967 dans la ville d’Al-Qanawat, au nord de la ville de Sweida, ma région d’origine.

Comme beaucoup de jeunes de la région, Nabil travaillait au Liban pour aider sa famille, et c’est au Liban qu’il est arrêté par les services de renseignement du régime syrien qui l’interpellent le 4 juin 1991. Il est vite transféré dans un des pires lieux de détention connu sous le nom de Branche Palestine à Damas, il y reste environ six mois, au cours desquels il est torturé il perd plusieurs dents et sa mâchoire est fracturée.

Nabil n’a jamais été inculpé, aucune accusation claire n’a été formulée, il est arrêté sur la base d’un rapport rédigé par un agent d’Assad, les sinistres moukhabarate équivalent de la stasi. Il est condamné à la peine de mort par un tribunal militaire sans présence d’avocat, puis la peine est commuée en réclusion à perpétuité.

Nabil n’a pas eu la possibilité de se défendre ou d’engager un avocat, et il n’a pas été en mesure de contacter sa famille pendant la période « d’enquête et de procès ». Suite au jugement Il est transféré dans la prison de Saidnaya où il a passé quatorze années sans visite jusqu’en 2005.

Avec le début de la révolution syrienne, le régime vide la prison de Saidnaya des anciens détenus pour y envoyer les manifestants, Nabil est alors transféré à la prison centrale de Sweida le 25 juin 2011, il y reste jusqu’à sa mort hier.Voilà à quoi a toujours ressemblé le paradis anti impérialiste des Assad, les jeunes sans avenir sont contraint d’aller travailler comme ouvriers à l’étranger et même en quittant leur pays et en l’abandonnant aux Assad ils ne sont pas à l’abri de sa tyrannie.

Nabil a passé plus d’années en prison que Mandela sans aucune raison apparente. Il n’a connu de la vie que la pauvreté qui l’a contraint à aller travailler au Liban, conséquence de la mainmise de l’Etat par un clan mafieux dont le seul objectif est l’enrichissement, puis la torture jusqu’à sa mort dans les cachots d’Assad.Qu’il repose en paix.

158Vous, Noura Amer, Abdulhamid Nassaj et 155 autres personnes38 commentaires84 partages

Grrr

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Lamine Bangoura


C’était en mai 2018… Trois ans déjà.

Moïse Lamine Bangoura avait 27 ans et n’avait pas payé son loyer.

Faut dire que ce n’était pas quelqu’un de très sérieux… Il n’avait même pas ouvert la lettre de l’huissier lui signifiant qu’il devait verser 1.600 € à son proprio.

Et il est mort! Mort parce qu’il s’est opposé à son expulsion.

Ils s’y sont mis à huit!

Huit flics armés et casqués!

Ils auraient facilement pu le pousser dehors, le traîner s’il fallait, il n’était pas violent, non, mais il discutait Je  sais pas où aller!

Alors, les huit, tous bien blancs de peau évidemment, ont décidé de lui faire comprendre que ceux qui portent l’uniforme ont droit de vie et de mort.

Alors?

Alors ils l’ont mis à terre, l’ont menotté, l’on étranglé avec une clé apprise à l’entraînement, l’on ficelé, avec des sangles et, pour terminer, ont poussé tant qu’ils pouvaient sur son thorax.

Quand Lamine n’a plus bougé, ils rigolaient… « Il fait semblant d’être mort!« 

Le médecin légiste dira qu’il a été asphyxié, qu’un de ses bras était cassé et qu’un cartilage du larynx était fissuré.

Les chefs des flics et leurs collègues de ce qu’on appelle le « parquet », drôle de nom pour des magistrats, ont déclaré qu’il n’y avait rien à dire ou à voir… non-lieu!

Les parents de Lamine n’ont pas accepté et sont allés demander de l’aide à un défenseur des droits humains… normalement les flics passeront au tribunal en mars 2021.

Pas contents la police a refusé de rendre le corps si la plainte n’était pas retirée.

Comme les parents ont refusé, elle a gardé le corps et exige maintenant 30.000 €, montant de la facture pour la conservation à la morgue depuis trois ans.

Tout ça se passait dans une petite ville flamande et les médias mainstream francophones en ont à peine parlé, juste un »écho » dans la rubrique « chiens écrasés ».

La scène a été filmée… mais ce n’est que deux ans après le drame que des journalistes ont mis la main sur les horribles images.

Deux ans après, presque jour pour jour après le meurtre de Lamine Bangoura…, Georges Floyd subissait le même sort à Minneapolis.

Est-ce que les flics de là-bas sont venus faire un stage dans le plat pays?

On vit une époque formidable!

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Le procès a eu lieu ce 16 mars. 

La Cour a prononcé un « non lieu »

Son avocat a dit qu’il irait en Appel et devant la Cour des DH s’il le faut.

Article de Wereld Morgen: par Rudi Barnet

https://www.dewereldmorgen.be/community/lamine-bangoura-ken-je-hem/La presse écrite aujourd’hui en parle.