David&Layla


J’ai vu au festival du film arabe de Bruxelles : David&Leyla

« David, un journaliste télé, a un véritable coup de foudre lorsqu’il pose les yeux sur Layla, une mystérieuse et sensuelle danseuse orientale. Bien qu’il soit déjà fiancé, il va tout mettre en oeuvre pour conquérir le coeur de la belle. Cependant, les deux familles sont violemment opposées à cette relation. Entre mariage arrangé et guerre entre les peuples, l’amour de David et Layla saura-t-il triompher de l’animosité ? » voir ici

J’ai passablement souffert en voyant ce film.

Je l’ai trouvé trop américain et vulgaire.

Je ne le classerais pas comme un film arabe.

Pour commencer, il est en anglais, ce qui était sans doute indispensable puisque il se passe aux USA et que je ne vois pas comment les personnages auraient pu communiquer autrement.

Il met en scène des Kurdes musulmans confrontés à des Étasuniens juifs.

Ce qui m’a heurtée ce sont les scènes de sexe qui seraient inadmissibles en Syrie par exemple. Je ne vois vraiment pas ce que cette vulgarité ajoute à l’intrigue.

Ces critiques mises à part, c’est malgré tout une pierre du pont à jeter entre communautés qui apprennent à s’accepter après des débuts fracassants de racisme de part et d’autre.

J’ai été reconnaissante au réalisateur (lui-même Kurde irakien) de n’avoir pas cédé sur la Palestine.

Il y a aussi de l’humour, de la belle musique kurde et la fin du film donne des raisons d’espérer »

Je ne recommanderais toutefois ce film qu’avec réticence.

Publicités

Où vas-tu Moshé


Je viens de voir ce film au festival du film arabe de   Bruxelles. Ce film ne sera vu dans aucun pays arabe et c’est dommage dans la mesure où dans ces pays on a parfois tendance à diaboliser les juifs, à les assimiler tous aux sionistes.


Il est vrai que les personnages du film sont de futurs sionistes qui se laissent tenter par les recruteurs d’Israël dépêchés au Maroc et qui partent aussi parce qu’ils ont peur. Mais on vit avec eux leur attachement à la terre où ils vivent depuis l’exode de l’Andalous qu’ils ont partagé avec les Arabes, à leur langue, l’arabe, à leurs amis musulmans ou chrétiens, mais tous Marocains comme eux, qu’ils ont beaucoup de mal à quitter.

Note en p.s.

Beaucoup disent que les juifs marocains sont parmi les plus racistes en Israël et on peut se demander au sujet de ces braves gens tout à fait arabisés ou marocanisés – qui partent casser de l’Arabe en Palestine –  s’ils étaient finalement sincères dans leurs rapports avec les musulmans au Maroc.

Un critique professionnel raconte ici :

« Nous sommes dans l’immédiat après-indépendance, une période trouble où le repli identitaire (déjà) bat son plein. Le royaume, qui n’a pas fini de se débarrasser de quatre décennies de présence française, couve de nombreux foyers de haute tension. Tout est à (re)faire.

Entre les communautés juive et musulmane, rien ne sera plus jamais comme avant. La fracture s’appelle Israël, créé depuis peu. Israël, qui attise la colère de la rue musulmane, et aimante les juifs du Maroc. L’exode juif, souvent ignoré par les manuels scolaires, n’a pas davantage inspiré les cinéastes marocains. … l’exode juif fait partie de l’histoire de ce pays. Il renvoie à un thème plus générique : l’émigration Sud-Nord, dont la résonance est parfaitement actuelle”.

Sans doute aussi, l’exode juif profite de la brèche ouverte depuis peu, qui permet au cinéma marocain d’aujourd’hui de se rappeler au souvenir de thèmes longtemps tus : les années de plomb, la sexualité dans les rapports de couple, etc.

Dans Où vas-tu Moshé (Fine machi ya Moshé), Hassan Benjelloun a planté sa caméra à Bejaâd. Moshé, donc, résiste aux sirènes du voyage en terre promise. Mais le départ du vieil homme, toujours possible, risque de condamner le bar dont il est tenancier. Et personne ne veut que le bar ferme… Ce n’est pas un hasard si le film s’appelait, à l’origine, Le Bar. Où vas-tu Moshé ? va, justement, loin dans l’espace, puisqu’il zoome sur les exilés jusqu’à leur arrivée dans les centres d’accueil d’Eretz.

Mais le point d’attelage du film reste toujours le bar, objet de toutes les convoitises. Agréable, digeste, le dernier Hassan Benjelloun (La Fête des autres, La Chambre noire) se laisse regarder sans ennui, malgré la lourdeur de quelques effets dramatiques et la petite leçon de morale finale.

Un film sympathique, avec même une touche émouvante : Abderrahim Bargach, l’un des acteurs principaux, est décédé en milieu de semaine, quelques heures à peine après l’avant-première casablancaise du film, où on l’annonçait “malade”. Adieu l’artiste. »

copié ici

Mahmoud : Passants parmi des paroles passagères


[youtube https://youtu.be/2rs0kCK5JIs?]

Texte en arabe

Passants parmi des paroles passagères

1.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
portez vos noms et partez
Retirez vos heures de notre temps, partez
Extorquez ce que vous voulez
du bleu du ciel et du sable de la mémoire
Prenez les photos que vous voulez, pour savoir
que vous ne saurez pas
comment les pierres de notre terre
bâtissent le toit du ciel

2.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang
vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair
vous fournissez un autre char, nous fournissons les pierres
vous fournissez la bombe lacrymogène, nous fournissons la pluie
Mais le ciel et l’air
sont les mêmes pour vous et pour nous
Alors prenez votre lot de notre sang, et partez
allez dîner, festoyer et danser, puis partez
A nous de garder les roses des martyrs
à nous de vivre comme nous le voulons.

3.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
comme la poussière amère, passez où vous voulez
mais ne passez pas parmi nous comme les insectes volants
Nous avons à faire dans notre terre
nous avons à cultiver le blé
à l’abreuver de la rosée de nos corps
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici
pierres et perdrix
Alors, portez le passé, si vous le voulez
au marché des antiquités
et restituez le squelette à la huppe
sur un plateau de porcelaine
Nous avons ce qui ne vous agrée pas
nous avons l’avenir
et nous avons à faire dans notre pays

4.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
entassez vos illusions dans une fosse abandonnée, et partez
rendez les aiguilles du temps à la légitimité du veau d’or
ou au battement musical du revolver
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici, partez
Nous avons ce qui n’est pas à vous :
une patrie qui saigne, un peuple qui saigne
une patrie utile à l’oubli et au souvenir

5.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
il est temps que vous partiez
et que vous vous fixiez où bon vous semble
mais ne vous fixez pas parmi nous
Il est temps que vous partiez
que vous mouriez où bon vous semble
mais ne mourez pas parmi nous
Nous avons à faire dans notre terre
ici, nous avons le passé
la voix inaugurale de la vie
et nous y avons le présent, le présent et l’avenir
nous y avons l’ici-bas et l’au-delà
Alors, sortez de notre terre
de notre terre ferme, de notre mer
de notre blé, de notre sel, de notre blessure
de toute chose, sortez
des souvenirs de la mémoire
ô vous qui passez parmi les paroles passagères

Charte du réseau international juif anti-sioniste


jeudi 16 octobre 2008.

Nous formons un réseau international de Juifs et de Juives qui s’engagent de façon inconditionnelle en faveur de la lutte pour l’émancipation des êtres humains. Nous considérons que la libération du peuple palestinien et de sa terre forme un volet essentiel de cette émancipation. Notre engagement porte sur le démantèlement du régime d’apartheid israélien, le retour des réfugiés palestiniens et la fin de la colonisation israélienne sur la Palestine historique.

Qu’ils soient de Pologne ou d’Iraq, d’Argentine ou d’Afrique du Sud, de Brooklyn ou du Mississipi, des Juifs en quête de justice et d’un monde plus juste se sont joints aux mouvements de lutte collective. Ainsi, des Juifs ont participé de façon notable à la lutte ouvrière pendant la période de la Grande dépression, à la lutte pour les droits civiques aux Etats Unis, à la lutte contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud, à la lutte contre le fascisme en Europe, et à bien d’autres mouvements encore en faveur du changement social et politique

Le nettoyage ethnique historique et toujours en cours perpétré par Israël à l’encontre du peuple palestinien sur sa propre terre vient contredire et trahir cette longue histoire de la participation juive à des mouvements collectifs de libération.

Le sionisme – idéologie fondatrice de l’Etat d’Israël et qui en est le soutien actuel, est issu du colonialisme européen et s’est diffusé à la suite du génocide nazi. Le sionisme s’est nourri des épisodes les plus violents et oppressifs de l’histoire du dix neuvième siècle, marginalisant ainsi l’engagement de nombreux Juifs dans les mouvements de libération. Pour retrouver une place au sein des vibrants mouvements populaires actuels, il faut mettre fin au sionisme sous toutes ses formes

Lire la suite ici

Siboni : détruire le Liban


Détruire le Liban en cas d’une nouvelle guerre
« Au Liban, les attaques devront viser les capacités militaires du Hezbollah et devront cibler les intérêts économiques et les centres du pouvoir civil qui soutiennent l’organisation. De plus, plus les relations entre le Hezbollah et le gouvernement libanais seront étroites, plus les éléments de l’infrastructure de l’Etat libanais seront visés. »

Par Mohamad Shmaysani

voir ici

Sur la littérature arabe en France


Depuis que, à la fin du XVIIe siècle, Antoine Galland a traduit Les Mille et Une Nuits, et surtout depuis que Mardrus en a publié sa version (1898-1904), la littérature arabe ne cesse d’être présente dans l’édition et l’imaginaire français. Éclatante, cette présence était pourtant ambiguë. Faisant désormais partie intégrante du paysage culturel français, cette littérature n’était (re)connue que dans son volet le moins « noble », le conte populaire, issu d’une tradition orale et élaboré par plusieurs générations de conteurs populaires anonymes.

L’autre volet – la littérature comprise comme oeuvre individuelle et écrite – restait confiné dans les études orientalistes : il se réduisait à la traduction de quelques-unes des grandes odes de la période préislamique et de certaines oeuvres plus tardives. Aucun de ces ouvrages n’est actuellement disponible en librairie. À partir des années 1930, la littérature moderne faisait timidement son apparition dans l’édition française, mais à travers quelques romans isolés.

SUITE ICI