Silence, on tue !


Raphael pittiAllocution du Docteur Raphaël Pitti à l’occasion du rassemblement en hommage aux enfants victimes du conflit en Syrie.
(Ce samedi 21 décembre je serai en cession de travail avec mes collègues et amis médecins franco-syriens pour préparer nos prochaines formations en Syrie, Invité par les organisateurs au rassemblement en hommage aux enfants victimes innocentes de ce conflit à dire quelques mots lors de la manifestations et ne pouvant m’y rendre voici le texte qui sera lu à ma place.)
Silence, on tue en Syrie !

J’ai fait six voyages en Syrie depuis octobre 2012. Je suis rentré, voici trois semaines. Avec mes collègues médecins de l’union des organisations médicales syriennes, nous mettons en place des formations à la prise en charge des blessés et traumatisés de guerre et à la prise en charge des victimes chimiques. Six voyages qui nous confrontent à chaque fois, et de plus en plus durement, à l’horreur de la guerre. D’une guerre aveugle, d’une guerre urbaine qui prend en otage les populations civiles et les massacre par tout type d’armes : bombes, missiles balistiques, obus chimiques, mortiers, grenades, armes automatiques, snipers qui vont jusqu’à viser l’enfant dans les bras de sa mère, l’homme blessé à la jambe et que personne ne peut approcher sans risquer de se faire tuer et qui au matin sera mort de froid.Des gens par millions jetés sur les routes pour fuir les zones de combat et qui finissent dans des camps, le long des frontières qui leur sont fermées… Et ils vivent là, dans la précarité, le froid, la maladie, la malnutrition. A la catastrophe humaine, s’ajoute une catastrophe sanitaire de grande ampleur.C’est dans les hôpitaux, pour la plupart clandestins, pour éviter d’être repérés et détruits que se concentrent la souffrance, les cris de douleur et la mort. C’est là que s’écoutent les histoires vécues, effrayantes, d’une violence barbare. Qui peut rester indifférent et ne pas se sentir interpeller au plus profond de lui-même.

Et chaque voyage est en cela une descente dans l’horreur, dont il faut bien du temps pour s’en remettre. Je dénonce le silence devant les 5 000 morts qui chaque mois s’ajoutent aux milliers d’autres depuis trois ans, aux 600 000 victimes handicapées, aux millions de réfugiés qui vivent dans la précarité. De ceux qui sont assiégés et que la faim tenaille.

Je dénonce le silence d’un massacre à huit clos, en interdisant aux ONG de travailler en Syrie, alors que toute l’aide internationale est remise au croissant rouge syrien contrôlé par le régime; l’interdiction faite aux journalistes de venir travailler en Syrie sous peine d’être enlevés ou tués. Mais aujourd’hui, même les médecins étrangers risquent leur vie car ils peuvent être des témoins. C’est une chape qui depuis plusieurs mois se referme sur la Syrie. Je dénonce le silence complice de la communauté internationale et du conseil de sécurité paralysés par la Russie et la Chine, nous renvoyant aux heures sombres de la guerre froide. Ils sont incapables de trouver une solution politique à ce conflit, et encore moins d’imposer des solutions humanitaires comme des corridors ou des zones de non-survol aérien. C’est pourquoi, je dénonce, également, le prix Nobel de la paix décerné par anticipation au président des Etats-Unis. Nous ne pouvons accepter de rentrer dans le 21ème siècle entaché des mêmes crimes que nous avons vus se perpétrer au cours du 20ème siècle. Allons-nous offrir aux générations futures l’exemple de notre lâcheté criminelle?

A tous les gens de bien, je leur demande de se lever… Et au silence, d’opposer notre d’indignation et de notre humaine solidarité avec le peuple syrien en criant : STOP !

Paris, 21 Décembre 2013

Raphaël PITTI, Président du comité d’aide humanitaire au peuple syrien (COMSYR, Metz)

FGTB Centrale générale


Le travail décent est impossible sous occupation militaire 

Le 31 mai 2010, l’armée israélienne a attaqué un convoi acheminant 10.000 tonnes d’aide humanitaire vers la Bande de Gaza. Parmi les activistes, non-armés, au moins 10 personnes ont été tuées et 30 autres blessées !

La FGTB est profondément choquée et indignée. Elle déplore ces victimes et demande aux responsables politiques de notre pays et de l’UE de condamner clairement et d’agir en conséquence. Le blocage de la Bande de Gaza a déjà fait trop de victimes parmi la population civile et l’action dans les eaux internationales par Israël remet totalement en question le processus de paix.

Le droit du peuple palestinien à disposer d’un état indépendant est bafoué depuis plus de 60 ans.

La population palestinienne et les travailleurs en particulier sont victimes, de la part de L’Etat israélien, de discriminations, d’exploitation au travail, d’entraves à la libre circulation et de violation de la législation du travail. L’Etat israélien impose au peuple palestinien une politique d’Apartheid semblable à celle appliquée en Afrique du Sud.

À cela il faut ajouter la situation de la population dans la bande de Gaza qui souffre encore et toujours de l’offensive israélienne de décembre 2008 qui a entrainé la mort de 1.450 personnes lors de la démolition massive d’infrastructures. Plus d’une année s’est écoulée depuis lors et Israël met tout en œuvre pour empêcher la reconstruction de Gaza.

Dans de telles circonstances, un développement économique, politique et social n’est pas réalisable. Développer un mouvement syndical est impossible dans une économie de survie.

Face a cette situation, le Congrès appelle les responsables politiques et syndicaux, belges et européens, à défendre les points suivants :

la relance des négociations entre israéliens et palestiniens avec pour objectifs la
création – aux côtés de l’Etat israélien – d’un Etat palestinien viable, continu et indépendant dans les « frontières » de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale dans le respect du droit international et des résolutions des Nations Unies

le démantèlement des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est

le démantèlement du Mur de l’Apartheid

le retrait des territoires occupés depuis 1967

la fin de l’agression militaire israélienne et du blocus de la bande de Gaza

respect du droit au retour pour les réfugiés selon résolution 194 de l’AG des Nations Unies.

Le Congrès demande à la FGTB d’exiger du syndicat israélien Histradrut de se distancier clairement de la politique menée par le gouvernement Israélien, faute de quoi cela devrait entrainer sa mise à l’écart de la CSI, pour non respect des règles de la déontologie syndicale, aussi longtemps qu’ils ne se distancient pas de la politique israélienne.

Elle demande également que soit poursuivie la politique de construction de solidarités avec la PGFTU.

Le Congrès demande aux responsables politiques :

L’arrêt de tout de commerce d’armes avec Israël pour l’ensemble des producteurs dans le monde

L’arrêt de l’importation de biens produits dans les colonies en territoires occupés

L’arrêt des campagnes de soutien et coopération économique avec Israël

La FGTB doit s’engager pendant la présidence Belge de l’Union Européenne du 1e juillet 2010 au 31 décembre 2010 à mettre sous pression l’Etat Belge pour établir une résolution européenne qui s’inscrit dans les lignes définies ci-dessus.