Un Etat colonial, mais aussi un regime corrompu jusqu’à la moelle


Un Etat colonial, mais aussi un regime corrompu jusqu’à la moelle

Il y a un ou deux ans je publiais un post sur l’immense rideau qui fermait, a certains moments, la rue Balfour, lieu de la residence du Premier Ministre et de sa famille. « Qu’ont-ils a cacher? » je demandais naïvement, et plus naïvement encore, je répondais « rien… en fait, ils ne veulent pas voir le peuple, c’est tout. » Grace au travail de plusieurs journalistes, mais aussi de la police criminelle, le rideau s’est dechire, et on sait ce qu’ils cachent.

Commencons par l’aperitif: ils cachaient des centaines de caisses de champagne rose [sic] qu’adore Madame Sarah, et des centaines de boites de cigares-batons-de chaise dont raffole Monsieur Benjamin. Cadeaux du milliardaire Arnon Milchan, mais pas tout a fait gratuits comme on peut l’imaginer: Milchan sera temoin a charge dans le dossier 1000, dans lequel Netanyahou est suspecte de corruption.
Mais avant même que le premier ministre ne soit mis en examen, c’est sa femme qui occupe la justice: elle vient d’être inculpée de fraude aggravée, suite a une longue série de dépenses importantes (nourriture, boissons, catering de luxe) inscrites sur le compte de la résidence officielle, mais qui étaient destinées a leur villa de Césarée et accessoirement au père de Madame Netanyahou.

Passons maintenant aux choses serieuses qui se passent derriere le rideau de la rue Balfour, et en particulier au dossier 3000: des centaines de millions de dollars de pots de vin et de commissions dans l’achat de sous marins allemands. Si Netanyahou n’est pas – encore – interroge, tout son entourage l’a été, y compris son ancien chef de cabinet et plusieurs anciens ministres, sans oublier les chefs de la marine militaire. Plusieurs sont déjà inculpes, certains ont accepte de temoigner a charge, en echange d’une promesse de peine plus legere. L’odeur qui transpire a travers le rideau de la rue Balfour est nauseabonde, celle d’une corruption generalisee.
Face a ce qui apparait comme une veritable avalanche d’affaires sordides, loin de demissioner, Netanayahou contrattaque: devant ses supporters qui sont prets a tout entendre et a tout accepter, il denonce un complot des elites – justice, police et surtout media – contre… le peuple, dont il est evidement le representant, ayant été democratiquement elu. « Les élites refusent le verdict populaire » répètent a tour de rôle ses proches, en particulier la ministre de la justice [sic] Ayelet Shaked pour qui la démocratie est un cheque en blanc et une impunité totale a ceux que la majorité a élu: droit, separation des pouvoirs, « checks and balances » comme le disent les Americains – elle n’en a jamais entendu parler. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle elle a fait de la Cour Supreme sont ennemi numero un, avec pour objectif declare de lui enlever son role de cour constitutionnelle, et la reduire a une simple cour d’appel.

Netanyahou se voit comme un nouveau Sultan: avec ses frasques, son bling bling, mais aussi la centralite qu’il donne a la Sultane Sarah et surtout a celui qu’il considere comme le prince heritier, son fils Yair. Ce jeune homme de 26 ans, dont l’intelligence n’est pas la qualite la plus remarquable, n’a jamais travaille de sa vie, et ne fait qu’accompagner son père dans ses voyages officiels. Il est actif, hyperactif peut-on dire, dans la defense aggressive de son Sultan de père, et surtout de la Sultane. Dans le cadre de cette campagne, il vient de publier une caricature ouvertement antisémite qui a mis, une fois de plus, son père dans l’embarras.
Alors que les dirigeants israéliens étaient connus pour leur train de vie modeste et l’absence de frasques dans leurs façons de mener les affaires de la nation, les Netanyahou sont l’exact oppose: demandez aux Jerusolomitains ce qu’ils pensent des convois officiels et tonitruants qui accompagnent plusieurs fois par jour le premier ministre dans ses déplacements publics et prives, a coup de sirènes, de klaxons, et de fermetures de rues. J’avais rencontre ce type de convois en Turquie, a l’epoque de la dictature militaire… Et qu’on ne nous raconte pas que se sont les services de securite qui l’exigent: le President de l’Etat, Reuven Rivline, ne fait pas tout ce bruit quand il se deplace, et il n’hesite pas a aller a pied et a serrer les mains des passants. Mais le Chef de l’Etat, pourtant nationaliste de droite, ne se considere pas comme le Sultan…

Les frasques de Netanyahou et de sa famille resteraient du domaine des faits divers s’ils n’étaient pas le décor d’un regime pourri par la corruption et qui, pour pouvoir poursuivre ses mefaits, a besoin de se defaire de cette democratie (ethnique et coloniale) dont Israel a su faire son image de marque internationale. Une course contre la montre se deroule devant nos yeux: le système judiciaire et la police criminelle qui veut en finir avec la pourriture Netanyahou, et les projets de ce dernier et de sa ministre de la justice, de briser les ailes de ces institutions. Si Netanyahou gagne ce bras de fer, on pourra dire sans hesitation qu’Israel est entre dans une nouvelle ere, dans un nouveau regime.

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Venue en France de Benjamin Netanyahou et Levée du blocus de Gaza


Netanyahu ridiculisé… Après son énième mensonge…


Les réactions n’ont pas manqué, après le énième mensonge et cette dernière énormité proférés par l’olibrius Netanyahu…
Ceux qui sont notamment à plaindre, ce sont les professeurs d’histoire israéliens…. Et les écoliers et étudiants…

L’Allemagne insiste sur sa responsabilité dans la Shoah après des propos de Netanyahu

Berlin a réaffirmé mercredi la responsabilité « inhérente » de l’Allemagne dans la Shoah après les propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu affirmant que c’est le mufti de Jérusalem de l’époque qui avait donné l’idée à Hitler d’exterminer les juifs d’Europe.
« Je peux dire au nom du gouvernement que, nous Allemands, connaissons très exactement l’Histoire de l’avènement de la folie raciste meurtrière des nationaux-socialistes qui a conduit à la rupture civilisationnelle de la Shoah », a souligné lors d’une conférence de presse Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.
« Je ne vois aucune raison de changer de quelque manière que ce soit notre vision de l’Histoire. Nous savons que la responsabilité allemande pour ce crime contre l’humanité est inhérente », a-t-il ajouté tout en refusant de commenter directement les propos de M. Netanyahu. Ce dernier doit rencontrer à 17H00 GMT Mme Merkel à Berlin.

(21-10-2015 – Avec les agences de presse)

21 octobre 2015
Netanyahou, négationniste, serait traîné devant les tribunaux en France

Le premier ministre israélien vient d’être pris en flagrant délit de propagande mensongère dans son propre pays, en affirmant qu’ »Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs ».

C’est le quotidien Haaretz qui vient de publier les mensonges du jour de Netanyahou, concernant le génocide des Juifs.

Celui-ci, à l’occasion du 37ème congrès sioniste mondial a inventé une nouvelle version de l’histoire : le diable, ce n’est plus Hitler, qui ne souhaitait que le départ des juifs, a-t-il déclaré, mais Mohammed Amin al-Husseini, le mufti de Jérusalem de l’époque, qui lui aurait dicté de les exterminer (sic)…/…

http://www.europalestine.com/spip.php?article11107

21 octobre 2015
« Pourquoi Netanyahou innocente Hitler », par Nicolas Shahshahani

« Dans le climat actuel d’incitation au génocide du peuple palestinien, où la population juive est encouragée à faire des pogroms, Benjamin Netanyahou a en effet repris, et non par inadvertance, un vieux thème, parmi les plus hallucinants, de la propagande sioniste », analyse Nicolas Shahshahani, vice-président de CAPJPO-EuroPalestine

« La presse et un grand nombre de politiciens israéliens s’en prennent mercredi à Netanyahou, pour des déclarations du Premier ministre israélien rendant en substance les Arabes, et non les nazis, responsables de l’extermination des juifs d’Europe.

Il a ainsi affirmé publiquement que l’idée de la « Solution Finale », autrement dit l’anéantissement au niveau européen et si possible mondial, des populations juives, n’était pas une idée d’Adolf Hitler, mais celle d’un dirigeant religieux nationaliste palestinien, Hadj Amine al Husseini.

« Lorsque Husseini rencontre Hitler en novembre 1941, ce dernier n’a pas l’intention de tuer les juifs, il veut seulement les expulser hors d’Europe. Mais Husseini lui dit qu’alors, ces gens viendront en Palestine. Hitler demande à Husseini à ce qu’il doit faire. Et Husseini répond : ‘Brûlez-les’ », a en effet martelé Netanyahou, aux applaudissements de ses supporters du Likoud.

La déclaration, aberrante puisqu’en novembre 1941 des centaines de milliers de juifs d’Europe avaient déjà péri dans le cadre d’exécutions de masse (par exemple, rien que dans la ville de Kiev, en Ukraine, près de 30.000 hommes, femmes et enfants juifs avaient été fusillés en l’espace de deux jours au mois de septembre 1941), a suscité des commentaires indignés un peu partout en Israël.

Commentaires indignés, mais pas nécessairement sincères, malheureusement.

Car la figure de ce personnage odieux que fut Hadj Amine al Husseini, dont on dira quelques mots ci-dessous, a depuis la création d’Israël servi de prétexte à la propagande officielle pour accabler les Palestiniens –et plus généralement les Arabes- de tous les maux, … y compris la Shoah…/…

http://www.europalestine.com/spip.php?article11108

« C’est la faute au Hamas ! »


Cette conversation à bâtons rompus avec le Premier ministre israélien n’a jamais existé. Les arguments développés, en revanche, n’appartiennent pas à la fiction. Ils illustrent le fossé qui sépare les parties au Proche-Orient.

M. Le Premier ministre, merci pour cette occasion rare de pouvoir vous poser des questions…

De rien, c’est normal. Je vous écoute.

M. le Premier ministre, Israël a déjà tué à Gaza ces deux dernières semaines plus de 650 personnes dont plus de 450 civils parmi lesquels près de 200 enfants, l’émotion croît dans le monde devant ces souffrances terribles, allez-vous encore continuer à tuer des civils désarmés et sans protection?

Israël ne cherche jamais à tuer des civils. Nous avons l’armée la plus morale du monde et nous en sommes fiers. Pourtant, c’est vrai, de nombreux civils palestiniens sont morts ces derniers jours, à notre plus grand regret. Mais je ne vais pas demander pardon: la population palestinienne n’a qu’à demander des comptes au Hamas. Cette organisation considérée comme terroriste non seulement par Israël mais aussi par les Etats-Unis, l’Union européenne, etc., se sert des civils comme boucliers humains. Ces terroristes tirent leurs roquettes à partir de quartiers habités par des civils. Nous, nous prévenons les habitants, leur demandons de fuir, puis nous tentons d’éliminer ces terroristes là on nous les repérons. Mais le Hamas leur dit de rester…

Donc, ils meurent. Mais, M. le Premier ministre, d’une part beaucoup d’habitants disent qu’ils ne savent où aller, qu’ils ne reçoivent souvent que quelques minutes (!) pour fuir leurs maisons; d’autre part, quant au Hamas, croyez-vous qu’il est raisonnable de penser qu’il accepterait d’aller tirer ses roquettes sur un terrain de football et d’y attendre vos frappes?

Je ne puis que répéter que nous faisons tout pour éviter les pertes civiles. Pour le reste, une seule adresse: les terroristes du Hamas!

Des quartiers entiers sont détruits, des hôpitaux bombardés, que restera-t-il de Gaza dans quelques jours?

(Agacé) Je le répète: nous visons les infrastructures terroristes du Hamas où nous les détectons. En faisant tout pour éviter les pertes civiles.

Le Hamas porte une revendication qui fait l’unanimité chez les Palestiniens: l’exigence de la fin du siège de Gaza, devenue prison à ciel ouvert depuis huit ans au moins. Or la communauté internationale, dont même vos meilleurs alliés, demande aussi la fin du blocus…

Seul Israël peut juger de ses besoins en matière de sécurité. La satisfaction de cette exigence mènerait rapidement au réarmement des factions terroristes palestiniennes de plus en plus minées par l’extrémisme djihadiste et la situation empirerait de notre point de vue. Il n’en est donc pas question.

Mais croyez-vous que les Gazaouis pourraient jamais accepter ce sort indigne de prisonniers à vie? En toute logique, ils vont continuer à résister, y compris par tous les moyens… Vous êtes-vous jamais mis dans leurs souliers ne serait-ce qu’une ou deux minutes?

La question n’est pas là. Je suis Premier ministre de l’Etat d’Israël. Aucun pays au monde n’accepterait que sa population civile soit bombardée à tout moment. Croyez-vous que la France tolérerait une seule roquette tirée par la Belgique?

Certainement pas, vous avez raison. Mais la France n’occupe pas une partie de la Belgique.

Gaza n’est plus occupée! Nous l’avons quittée en 2005, il y a neuf ans! Et au lieu de construire «un nouveau Singapour», ils en ont fait une base terroriste qui vise à détruire Israël!

Pour construire Singapour, encore eût-il fallu que les frontières fussent ouvertes. Or tout est fermé, y compris côté égyptien. Fermé à double tour. Pour les biens comme pour les personnes. Pour aller à Singapour, il suffit d’avoir un visa en règle. Pour Gaza, c’est bien plus compliqué, le plus souvent simplement impossible… Quant à la destruction d’Israël par les «terroristes», elle ne paraît pas pour demain. En revanche, celle de Gaza est en bonne voie.

Parlez-en au Hamas, il est responsable de toute cette situation!

Pourtant, à l’origine de cette dernière crise, l’horrible assassinat de trois jeunes Israéliens en territoires occupés le 12 juin, vous avez immédiatement accusé le Hamas alors que celui-ci tombait des nues. La responsabilité de cet acte injustifiable repose vraisemblablement sur plusieurs hommes d’un clan de Hébron qui n’obéissaient pas ou plus au Hamas. Ensuite, vous avez embastillé plus de 500 membres du Hamas en Cisjordanie occupée, abattu des militants à Gaza…

Nous n’allions pas rester sans réagir! Le Hamas s’est félicité de la mort atroce de nos jeunes, il est complice, de près ou de loin. Sa charte, antisémite, exige la destruction d’Israël…

Celle du Fatah aussi, pourtant vous avez signé des accords avec Arafat… Si vous le voulez bien, M. le Premier ministre, penchons-nous sur les racines du problème, Israël dit vouloir la paix et deux Etats côte à côte, mais il continue à coloniser sans relâche à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, les deux territoires supposés, avec Gaza, devenir la Palestine, selon le droit international et les vœux non seulement des Palestiniens mais aussi de la communauté internationale. Colonisation et paix riment mal, vous ne trouvez pas?

La racine du problème n’est pas là mais dans la volonté palestinienne de détruire Israël. Ceux qui évoquent les implantations juives donnent raison aux Palestiniens qui cherchent des prétextes pour refuser la paix généreuse que nous proposons. Car nous n’avons aucune envie de dominer un autre peuple. Certes, Jérusalem n’est pas négociable. Ni le retour d’un seul réfugié palestinien. Mais en Cisjordanie, on peut trouver un accord, pour autant que la sécurité d’Israël soit préservée – nous garderons ainsi la vallée du Jourdain proche de la Jordanie, quoi qu’il arrive – et pour autant aussi que les grands blocs de colonies restent du côté israélien. L’Etat palestinien devra aussi être démilitarisé, bien entendu. Il devra également et tout d’abord reconnaître Israël comme l’Etat juif et l’Etat des Juifs!

Les Palestiniens contestent ce point car ils considèrent que cela serait leur demander de s’asseoir sur les droits de leurs réfugiés et aussi de la minorité palestinienne en Israël. En outre, si Jérusalem et les réfugiés ne sont pas au menu de la paix, il n’y aura jamais d’accord, le monde entier le sait et l’admet, sauf Israël. Pour les frontières de l’Etat palestinien, vous semblez envisager une série de petites enclaves cernées par le mur-barrière de sécurité, votre armée et les colonies juives, une perspective peu attrayante du point de vue palestinien, qui devrait tout de même être aussi pris en compte. Permettez-moi pourtant d’insister sur les colonies: vous continuez à les développer à bon rythme un peu partout en territoire palestinien occupé. N’est-ce pas aller ostensiblement dans une direction opposée à la paix, cela ne convainc-t-il la population palestinienne qu’Israël parle vaguement de paix mais nourrit en fait jour après jour la violence, l’humiliation et le désespoir qu’engendrent la colonisation et le comportement belliqueux voire volontiers agressif de nombreux colons juifs? En outre, plusieurs ministres de votre coalition ne veulent pas entendre parler d’un Etat palestinien ou de l’évacuation d’une seule colonie juive…

Vous ignorez peut-être que ce que vous appelez la Cisjordanie s’appelle la Judée et la Samarie: c’est le berceau de la religion hébraïque! C’est notre âme! Il est ainsi pour nous très difficile, d’un point de vue religieux et affectif, de quitter ces lieux. Néanmoins nous pouvons trouver un arrangement avec les Palestiniens si ceux-ci se montrent raisonnables en respectant nos impératifs de sécurité.

M. le Premier ministre, je suis désolé d’insister: croyez-vous possible de négocier l’avenir de territoires qui continuent à être colonisés sans répit?

J’ai déjà répondu à cette question. L’entretien est terminé. Je vous remercie pour votre attention.

Propos imaginés par BAUDOUIN LOOS
source

Israël se raidit face à la Palestine


DUMONT,SERGE; AFP

LeSoir du lundi 3 décembre

Page 12

Lundi 3 décembre 2012

Proche-Orient Sanctions vexatoires multiples pour laver l’« affront » ONU

TEL-AVIV

DE NOTRE CORRESPONDANT

Les dirigeants israéliens ne digèrent toujours pas le vote à l’ONU accordant le statut d’observateur à la Palestine. Après avoir annoncé la construction de 3.000 logements dans les « nouveaux quartiers » de Jérusalem-Est (la partie arabe de la ville) et dans la « Zone E1 » (vaste étendue de Cisjordanie séparant la ville sainte de l’implantation de Maaleh Adoumim), ils promettent une série d’autres sanctions destinées à gêner, voire paralyser le fonctionnement de l’Autorité palestinienne (AP).

Dimanche, le ministre des Finances Youval Steinitz (Likoud) a proclamé le gel provisoire du montant des droits de douanes et accises que l’Etat hébreu récolte au nom de l’AP, soit environ 85 millions d’euros/mois. Une somme a priori dérisoire pour un budget national, mais pas pour l’AP qui est au bord de la faillite et peine à payer le traitement de ses fonctionnaires. Selon Steinitz, ces sommes serviront à rembourser la dette palestinienne auprès de la compagnie nationale d’électricité israélienne.

Cette mesure a été annoncée au moment où Mahmoud Abbas était accueilli triomphalement à Ramallah par plusieurs milliers de sympathisants du Fatah, son parti, et ce n’est pas un hasard. Parmi les autres sanctions israéliennes actuellement à l’étude figure le retrait des laissez-passer VIP aux personnalités de l’AP, ainsi que l’annulation/report de réunions administratives organisées dans le cadre de négociations techniques ne portant pas sur le processus de paix.

En réalité, Israël n’a pas intérêt à ce que l’AP s’effondre car ce sont ses services, épaulés par ceux de l’Etat hébreu, qui empêchent la reprise des violences en Cisjordanie. Cependant, en pleine campagne pour les élections législatives anticipées du 22 janvier, le Premier ministre Binyamin Netanyahou et son ministre des Affaires étrangères Lieberman doivent absolument faire oublier le camouflet diplomatique qui leur a été infligé à l’ONU.

Dans le courant de la semaine écoulée, alors que la communauté internationale se tournait vers Ramallah en raison de l’exhumation des restes de Yasser Arafat (et, deux jours plus tard, de la préparation du vote de l’ONU sur le statut de la Palestine), plusieurs événements politiques importants se sont déroulés en Israël. D’abord, les primaires organisées au sein du Likoud, le parti de Netanyahou, qui a conclu une alliance électorale avec Israël notre Maison, parti de Lieberman.

La quasi-totalité des candidats placés en ordre éligible sur cette liste commune sont beaucoup plus à droite que par le passé. L’un d’entre eux, un colon du nom de Moshé Feiglin (Likoud), propose l’annexion de la Cisjordanie et la reconquête de la bande de Gaza. En 1995, le même avait publiquement fait part de son admiration pour… Adolf Hitler.

Pourtant, l’union sacrée entre les deux formations ne provoque pas le raz-de-marée escompté. Entre autres, parce que bon nombre d’Israéliens reprochent à Netanyahou de ne pas avoir mené à terme l’opération « Pilier de défense » (lancée il y a quinze jours contre le Hamas de Gaza) et d’avoir cédé aux pressions internationales en n’autorisant pas une invasion terrestre de l’enclave palestinienne. Pour regagner du terrain face aux petits partis d’extrême droite qui se sont unis pour dénoncer la « lâcheté » du gouvernement, le Likoud multiplie les sanctions contre l’AP.

Du côté de l’opposition, le parti travailliste a également organisé ses primaires jeudi dernier et renouvelé ses candidats, parmi lesquels trois des quatre meneurs de la révolte sociale de 2011. Mais le fait politique qui a marqué la semaine écoulée est sans conteste le retour de l’ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui présente une liste proposant la reprise immédiate et sans condition des négociations de paix avec les Palestiniens. Soutenue par l’ex-leader travailliste Amram Mitzna (colombe), elle est pour le moment la seule à mettre le sujet en tête de son programme.

Election d’Obama: Israël en posture délicate après le soutien de Netanyahu à Romney


8 novembre 2012 à 16:30
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche à Washington, le 5 mars 2012

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche à Washington, le 5 mars 2012 (Photo Saul Loeb. AFP)

Le gouvernement israélien se retrouvait jeudi sur la défensive, l’opposition et les commentateurs évoquant l’hypothèse d’une « vengeance » du président Barack Obama en raison des sympathies affichées par Benjamin Netanyahu en faveur du candidat républicain perdant Mitt Romney.

Le ministre des Finances Youval Steinitz, un proche de M. Netanyahu, a tenté de réfuter les accusations d’ingérence du Premier ministre israélien dans la campagne présidentielle américaine.

« Nous ne nous sommes pas immiscés dans les élections américaines, nous avons été très prudents », a affirmé M. Steinitz à la radio publique.

« Ceux qui colportent de fausses informations sur une intervention israélienne dans le scrutin portent atteinte aux intérêts d’Israël », a-t-il accusé en visant notamment l’ancien Premier ministre centriste Ehud Olmert.

M. Olmert, qui envisage un retour en politique pour les élections législatives du 22 janvier, a estimé qu’en prenant parti, M. Netanyahu a « violé les règles de base qui régissent les relations entre Etats », selon des propos tenus devant la communauté juive de New-York rapporté par des médias israéliens.

La dirigeante du Meretz, un parti d’opposition de gauche, Zehava Galon, a renchéri en fustigeant « l’intervention grossière de Benjamin Netanyahu dans les élections américaines », parlant d’un « pari irresponsable ».

M. Netanyahu, cité par la radio, a dû s’expliquer: « Certaines voix parmi nous tentent de provoquer un conflit avec les Etats-Unis, mais elles n’y parviendront pas. Je continuerai à travailler étroitement avec le président Obama pour défendre les intérêts d’Israël », a-t-il assuré.

MM. Netanyahu et Romney, des conservateurs libéraux, partagent des affinités idéologiques encore renforcées par l’appartenance du républicain à l’Eglise mormone, traditionnelle soutien de la droite nationaliste israélienne.

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, s’est efforcé d’apaiser la polémique en qualifiant de « ridicule » l’idée d’un « désir de vengeance » du président réélu.

Le prix à payer

Les analystes israéliens s’interrogent néanmoins sur le « prix » que Barack Obama pourrait faire payer à M. Netanyahu à un peu plus de deux mois d’un scrutin crucial.

« Netanyahu a parié et nous allons payer », résume le tabloïd Yédiot Aharonot.

Même son de cloche à gauche, au Haaretz: « Obama a maintenant quatre ans pour régler ses comptes avec Netanyahu, pour le soutien ouvert à Mitt Romney, pour ses dépréciations (d’Obama) devant le Congrès, pour le gel des négociations avec les Palestiniens, pour la colonisation et pour avoir tenté de lui faire la leçon sur le dossier iranien ».

Le premier test de l’humeur entre l’Américain et l’Israélien pourrait avoir lieu très prochainement, à l’occasion de la demande de rehaussement du statut de la Palestine au rang d’Etat non-membre à l’ONU.

« Netanyahu espère que les Américains vont presser Mahmoud Abbas de renoncer à ce projet, mais le président américain demandera en échange que le Premier ministre fassent preuve de souplesse envers les Palestiniens », a pronostiqué le commentateur politique de la radio publique.

La deuxième test devrait porter sur le programme nucléaire iranien controversé.

Selon plusieurs commentateurs, Barack Obama pourrait tenter de négocier un accord avec Téhéran sans fixer de limite de temps tandis que M. Netanyahu ne cesse d’accuser l’Iran de procrastination.

En septembre, M. Netanyahu a réclamé à hauts cris mais en vain à la Maison Blanche d’imposer à l’Iran « des lignes rouges claires » à ne pas dépasser dans son programme nucléaire, en menaçant de frapper préventivement les installations atomiques iraniennes.

Mais il s’est heurté à une fin de non-recevoir –au propre comme au figuré– du président américain qui, comme le reste de la communauté internationale, privilégie à ce stade un durcissement des sanctions contre l’Iran.

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Bibi l’arnaqueur


Israël a eu de nombreux dirigeants de droite depuis que Menachem Begin a promis « beaucoup d’Elon Morehs », mais aucun n’a jamais été comme Netanyahu, qui nous le fait par le mensong

Gideon Levy

Lundi 19 Juillet 2010

Cette vidéo aurait dû être interdite de diffusion aux mineurs. Cette vidéo aurait dû être montrée dans chaque maison d’Israël, puis envoyée à Washington et à Ramallah. Interdite aux yeux des enfants de façon à ne pas les corrompre, mais diffusée partout dans le pays et dans le monde, pour que tout le monde sache qui dirige le gouvernement d’Israël. Channel 10 a présenté : Le véritable (et malhonnête) visage de Benjamin Netanyahu. Diffusé vendredi soir sur Cette semaine avec Miki Rosenthal, le film avait été tourné secrètement en 2001, lors d’une visite du citoyen Netanyahu au domicile d’une famille endeuillée, dans la colonie d’Ofra, et de façon incroyable, il n’avait pas fait grand bruit.

La scène était à la fois pathétique et scandaleuse. Le plus dévoué des partisans de Netanyahu, convaincu qu’il est l’homme qui nous donnera la paix, aurait immédiatement changé d’avis. Les présidents Barack Obama et Shimon Peres, qui continuent à prétendre que Netanyahu apportera la paix, auraient parlé autrement s’ils avaient vu ce vidéoclip secret. Même la réticence du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à mener des négociations directes avec l’homme de la vidéo serait compréhensible. De quoi peut-on discuter avec un bonimenteur dont le seul but est de « donner 2% pour éviter d’en donner 100 », comme son père le lui a enseigné, lequel citait son grand-père.

Israël a eu de nombreux dirigeants de droite depuis que Menachem Begin a promis « beaucoup d’Elon Moreh », mais aucun n’a jamais été comme Netanyahu, qui nous le fait par le mensonge, pour narguer l’Amérique, rouler les Palestiniens et nous induire tous en erreur. L’homme dans cette vidéo s’est trahit lui-même par ses propres mots, se révélant un arnaqueur, et maintenant, il est une fois encore Premier ministre d’Israël. N’essayez pas de prétendre que depuis il a pu changer. Une façon de penser aussi tordue ne peut pas changer avec les années.

Oubliez le discours à l’université Bar-Ilan, oubliez les satisfactions virtuelles de sa dernière visite aux Etats-Unis ; c’est là le vrai Netanyahu. Arrêtons de prétendre que ce sont les Palestiniens qu’il faut blâmer pour l’échec des accords d’Oslo. Netanyahu a étalé la vérité toute nue devant ses hôtes à Ofra : il a torpillé les accords d’Oslo de ses propres mains et par ses propres actes, et même qu’il en est fier. Après des années où on nous a dit que c’était les Palestiniens qui étaient responsables, la vérité a éclaté, de source sûre.

Et comment a-t-il fait ? Il l’a rappelé, il a dit comment il avait conditionné sa signature de l’accord d’Hébron en 1997 au consentement américain qu’il n’y aurait aucun retrait des « sites militaires spécifiés, » et il a insisté sur le fait que c’est lui qui avait choisi lesdits sites, comme la vallée du Jourdain tout entière, par exemple. Et de se vanter : « Pourquoi est-ce important ? Parce que depuis cet instant, j’ai mis fin aux accords d’Oslo, ». Le véritable Netanyahu fanfaronne aussi sur sa connaissance de l’Amérique : « Je sais ce qu’est l’Amérique. L’Amérique, c’est quelque chose qu’on peut facilement faire bouger. ». Pour information de la Maison-Blanche.

Il qualifie le président US de l’époque, Bill Clinton, d’ « extrêmement propalestinien » et il affirme que les Palestiniens veulent nous jeter à la mer. Avec de telles convictions rétrogrades, qui pourrait soutenir de façon convaincante qu’il veut un accord.

Ces propos sont profondément déprimants. Ils confirment toutes nos peurs et tous nos soupçons : que le gouvernement d’Israël est dirigé par un homme qui ne croit pas les Palestiniens et qui ne croit pas dans la possibilité d’un accord avec eux, qui pense avoir Washington dans sa poche et pouvoir les duper. Inutile de parler de la coalition imbuvable de droite de Netanyahu comme d’un obstacle à la paix. A partir de maintenant, disons simplement que c’est Netanyahu qui ne la veut pas, la paix.

Et si le Kadima rejoint le gouvernement et Israel Beitenou le quitte ? Rien ne changera. Et si Danny Danon passe à gauche et Tzipi Hotovely rejoint la Paix maintenant ? Netanyahu ne le veut pas.

S’il l’avait dit aussi honnêtement qu’il l’a fait à Ofra quand il croyait que la caméra ne filmait pas, on aurait pu alors lui pardonner ses positions extrêmes. C’est son droit de penser comme cela et de croire qu’il a été élu pour cela. Les gens ont eu ce qu’ils ont choisi. Mais quand Netanyahu cache ses véritables positions sous un filet de camouflage et qu’il les emmêle dans un tissu de mensonges, il ne réduit pas seulement les chances d’arriver à un accord, il nuit aussi à la culture politique d’Israël. Beaucoup de gens peuvent vouloir un Premier ministre nationaliste de droite, mais un Premier ministre qui est un arnaqueur ? Est-ce trop attendre de Netanyahu qu’il nous parle avec clarté, comme il a parlé à Ofra ? Pourquoi une poignée de colons mériterait-elle de connaître la vérité, et pas nous ? Dites-nous la vérité, Netanyahu. Parlez-nous comme si les caméras étaient off, tout comme vous le pensiez alors, en 2001, à Ofra.

Ha’aretz – traduction : JPP
http://www.info-palestine.net/