Elus francais interdits de sejour en Israel


Par Michael Warschawski

Que fait la Republique Francaise?

La République Française l’a décidé: 2018 sera « l’année d’Israël ». On est vraiment à l’âge de la régression. Pouvons-nous imaginons Giscard d’Estaing décrétant pendant son septennat l’année de la Rhodésie ou François Mitterrand l’année de l’Afrique du Sud… Quant au général de Gaulle, il y aurait carrément vu une atteinte grave a l’honneur de la France.
Au lieu de prendre des initiatives pour faire sanctionner un Etat qui viole systematiquement le droit international et les Conventions de Genève, la Republique fête les 70 ans d’Israël par une déclaration solennelle d’impunite.

L’amitie France-Israel est a sens unique, comme la plupart des relations qu’entretient l’Etat Juif avec d’autres pays. Pour preuve, la decision scandaleuse et humiliante pour la France d’interdire l’entree en Israel d’une delegation de plus de cent elus (parlementaires et municipaux) qui avait prevu de rencontrer des acteurs des societes civiles israelienne et palestinienne ainsi que des parlementaires des deux pays. Parmi ces parlementaires, Marwan Barghuti, depute palestinien detenu depuis plus de dix ans en prison par les autorites israeliennes,

Une protestation de la part de l’Eysee? Un coup de gueule de Matignon? Nenni. Ce silence est un signe d’allégeance de la part des autorites francaise envers l’Etat-voyou israelien.

A l’inverse du silence-complice des autorites de la Republique, le groupe parlementaire de la France Insoumise explique clairement ce dont il est question: « l’Etat d’Israël veut interdire la venue de représentants de la République française, députés et sénateurs compris, sur leur territoire.

Ce déni de démocratie et de liberté est aussi consternant qu’inacceptable….« Nous n’autorisons pas l’accès au territoire à ceux qui appellent activement à s’en prendre à Israël », a déclaré le ministre israélien de la Sécurité publique dans un communiqué. Ces propos sont stupéfiants. Agir pour l’application des résolutions de l’ONU et contre la colonisation constituerait-il désormais un engagement si insupportable qu’il légitimerait, aux yeux des autorités israéliennes, l’interdiction de venir sur leur territoire, y compris pour des élus français? ». Apparament, aux yeux des autorites francaises egalement.

 

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Ah, malheureux juifs qui souffrez !


Serge Grossvak

Ah, malheureux juifs qui souffrez !

Je vois vos mots, vos plaintes, vos lassitudes. « Cela ne finira donc jamais » ? Israël s’embrase encore et encore et vous avez peur, peur pour vos proches, peur pour vous, peur pour les juifs. Nulle pensée pour les Palestiniens. Vous êtes juifs, cela vous suffit.

Vous êtes las, vous êtes de « gauche », Travaillistes ou « Paix Maintenant », vous voudriez que cela s’achève. Ceux « de droite » sont de la rage, de la gourmandise du combat et de la domination. Ensemble, unis chaque fois que nécessaire (hors échéances électorales), vous êtes juifs, et cela vous suffit.

La rue Palestinienne rugit de désespoir et de rêves de liberté. Vous attendez que cela se passe, comme un mauvais temps avant l’été. Vous êtes si souvent en été. Aller, courage…

Cela fait des ans et des ans que cela dure. Cela fait des morts et des morts que cela dure. Ah, cela vous attriste, il faudrait la paix. La paix maintenant. Cela veut dire maintenant « gentiment, gentiment, gentiment… on parle”, « on négocie », un jour peut-être, si D.ieu le veut vraiment (il est si imprévisible D.ieu), un jour d’inadvertance il y aura peut-être peut-être un accord. Lorsqu’on est « de gauche » on est patient et compréhensif.

Ah, malheureux juifs qui souffrez ! Comme vous souffrez ! Comme votre souffrance est grande de cette cécité à l’égard des Palestiniens. Vous ne voyez rien. Leurs morts des mois sereins, vos mois d’été. Leurs humiliations de vos quotidiens confortables. Leurs oliviers millénaires détruits pour vos belles conquêtes. Leurs détritus reçus dessus leurs têtes d’écolier, de colons juifs. Allons, du calme les Palestiniens. Voyons de la retenue que diable, vous allez nous faire peur. Et vous savez, si nous avons peur nous allons être sévères, nous n’aurons pas envie de vous faire confiance.

Ah, tristes aveugles, sombres aveugles oppresseurs, vous n’avez pas assez peur. Pas assez pour ouvrir les yeux, les yeux sur vos voisins. Pas assez pour vous départir de votre armure prétentieuse. Vous n’avez pas assez peur pour redevenir humains, simplement humains ouverts aux autres humains.

Nos ancêtres souffraient et étaient opprimés. Leur vie était terriblement dure, et par période horrible. Mais eux avaient une richesse qu’ils préservaient jusqu’au pire du malheur : la soif de la dignité humaine pour tous les humains. Vous, Juifs d’Israël, derrière le rempart de votre puissance et votre prétention à bâtir « un nouveau Juif » avez piétiné l’unique richesse transmise au travers les siècles, même dans la tempête.

Vous avez peur. Alors qu’Israël s’enflamme même à Jaffa, même à Yoffo. Aurez-vous suffisamment peur pour que vos murailles d’inhumanité s’effondrent devant ce Choffar ? Vous qui vous vous cloitrez dans votre suprématie, aurez-vous suffisamment peur pour redevenir humain parmi les humains ?

Moi j’ai peur. J’ai peur pour mes amis d’Israel au cœur libéré de vos aspirations à la sauvage domination. J’ai peur pour notre cher Paul Doukhan, pour la brave Rivka Vitemberg, pour l’immense Nurit Peled, pour les âmes mêlées Eleonore et Eitan Bronstein, pour la poete Tal Nitzàn. J’ai peur pour ces israéliens de courage et d’humanité dans l’ouragan de votre nationalisme méprisant.

le 07/10/2015

Amira Hass: Condamner l’occupation israélienne ne suffit pas  


Par Amira Hass, 8 septembre 2017, Haaretz

Européens, vos dénonciations sont perçues par Israël comme dénuées de caractère urgent. Ce que vous devez faire, c’est appliquer des sanctions douloureuses.

Aux Pays-Bas, à la Belgique et à la France : Il ne suffit pas de condamner uniquement par des mots la politique de destruction menée par Israël, qui détruit des infrastructures et des habitations financées avec l’argent de vos contribuables. C’est une bonne chose que vous soyez en colère, mais le tempo de l’accumulation de votre colère est de loin inférieur au rythme effréné et dangereux des bulldozers de l’Administration civile et des Forces de défense des colonies en Cisjordanie.

Vos condamnations sont perçues comme dénuées de caractère urgent. Vous devez entreprendre des actions réelles. Oui, des sanctions ouvertes et déclarées, qui emprunteront la voie d’une sévérité accrue. Des sanctions douloureuses. Ce peut être la dernière chance de faire bouger l’Israélien moyen, y compris les hommes d’affaires, les touristes, les juges, les universitaires, les fermiers et les consommateurs de football étranger de leur indifférence et de leur complaisance criminelle.

Cessez de vous effrayer du chantage affectif israélien. Israël met en jeu le souvenir de nos familles assassinées en Europe afin d’accélérer l’expulsion des Palestiniens de l’ensemble du territoire cisjordanien et de les déporter dans les enclaves de l’Autorité palestinienne. Telle est l’intention qui sous-tend toutes les démolitions et confiscations ainsi que les interdictions de bâtir, d’élever du bétail et d’irriguer les champs. Tous ceux qui planifient et appliquent cette lente politique d’expulsion pensent déjà à la grande expulsion, cette fois vers la Jordanie. Et que ferez-vous alors ? Vous publierez des condamnations tout en envoyant des réservoirs d’eau et des tentes aux personnes qui auront été expulsées ?

Le 24 août, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, et le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, publiaient une condamnation officielle de la confiscation des caravanes devant servir de classes pour les quatre premières années primaires dans le village palestinien de Jubbet Adh-Dhib, ainsi que la confiscation des panneaux solaires destinés à l’école du camp de Bédouins d’Abu Nuwwar.

Les Belges faisaient remarquer qu’ils étaient de ceux qui avaient financé ces équipements. « [La Belgique] continuera à travailler avec ses partenaires, comme par le passé, afin de demander aux autorités israéliennes de mettre un terme à ces démolitions », peut-on lire dans la déclaration du ministre des Affaires étrangères.

L’un de ces partenaires n’est autre que les Pays-Bas, dont le Parlement a consacré pas mal de temps à discuter des démolitions commises par les Israéliens, plus de temps, quoi qu’il en soit, que n’en a consacré la Knesset. Voici ce que les ministres du cabinet hollandais ont rapporté le mois dernier aux parlementaires hollandais à propos de la confiscation des panneaux solaires de Jubbet Adh-Dhib en juin : « Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a promis par courrier de restituer les panneaux solaires aux Pays-Bas. » Le cabinet du Premier ministre n’a ni confirmé ni dénié ce rapport.

Après la confiscation, le village a été condamné à ne recevoir que deux heures d’électricité par jour, produite par un générateur. Ces vingt dernières années, le village a soumis au moins quatre requêtes à l’Administration civile pour être raccordé au réseau d’électricité et toutes ces requêtes ont été rejetées. L’expérience enseigne qu’Israël ne donne pas de permis – ou si peu – de construction dans la Zone C (qui couvre environ 60 pour 100 de la Cisjordanie). La tentative des Hollandais pour recevoir un permis de l’Administration civile pour un seul projet – un cas test, donc – n’a pas abouti à des résultats positifs. En tant que force occupante, Israël n’a pas le droit de détruire ou de confisquer des propriétés, excepté par nécessité de temps de guerre.

La France elle aussi a annoncé fièrement qu’elle était une partenaire dans la construction humanitaire en Zone C et à Abu Nuwwar. La France a elle aussi condamné les récentes démolitions et a demandé qu’on lui renvoie les équipements confisqués. En six mois, Israël a détruit 259 structures palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, explique la condamnation émise par la France. Au cours de la même période, le gouvernement israélien a approuvé la construction de plus de 10 000 unités de logement dans les colonies – trois fois plus que pour toute l’année précédente.

Ainsi donc, la destruction des communautés palestiniennes, l’évacuation de la famille Shamasneh de sa maison à Jérusalem et les plans du ministre de la Défense Avigdor Lieberman visant à démolir Sussia et Khan al-Akhmar représentent l’autre face de la médaille de la construction de colonies.

Voilà comment Israël applique une expulsion graduelle. Sans sanctions, il peut prendre une profonde aspiration et sa foi dans sa capacité à appliquer le plan est solide. Qui donc sait mieux que vous, et que votre voisin allemand en particulier, à quoi mènent les plans d’expulsion limitée, et quelle disposition d’esprit criminelle ils mettent en place dans une société qui planifie ce genre de chose ?

Traduction: Jean Marie Flémal  » pour la Palestine «

Source: Haaretz 

Nakba israélienne


 

 

Israël doit se draper dans la douleur sur ce qui est arrivé depuis ce terrible été de 1967, quand il a gagné une guerre et a perdu presque tout
C’est une année jubilaire : 50 ans après la plus grande catastrophe juive depuis l’Holocauste, 50 ans après la plus grande catastrophe palestinienne depuis la Nakba. C’est le jubilé de leur deuxième et de notre première Nakba. Un moment avant le début des célébrations pour marquer le 50e anniversaire de la « libération » des territoires, il faut nous rappeler que ce fut un désastre.

Un grand désastre pour les Palestiniens, bien sûr, mais aussi une catastrophe funeste pour les Juifs ici. 2017 devrait être une année d’introspection en Israël, une année de tristesse sans pareil. Mais il est clair qu’elle ne le sera pas. Au lieu de cela, le gouvernement envisage d’en faire une année de célébration, en célébrant l’occupation. Dix millions de shekels (2,74 millions de dollars, 2,57 millions d’€) ont déjà été alloués pour célébrer les 50 ans de suppression d’un autre peuple, 50 ans de pourriture et de destruction interne.

Un grand désastre nous a frappés. Comme un kibboutz ou moshav dont les terres agricoles ont été vendues à des promoteurs résidentiels privés, ruinant le caractère communautaire, comme la gentryfication qui piétine les pauvres, comme un corps autrefois sain maintenant rongé par le cancer, c’est ainsi qu’Israël a grandi depuis l’été 1967 avec un ADN détérioré. Il suffit de voir Jérusalem, qui, de charmante ville universitaire avec des institutions gouvernementales, est devenue un monstre régenté par la police des frontières.

Ça a commencé avec l’orgie ultranationaliste-religieuse qui a déferlé sur tout le monde sauf une poignée de prophètes, et se poursuit aujourd’hui, à travers les mécanismes familiers du lavage de cerveau. La taille compte, dans le cas d’Israël : elle l’a transformé en un Etat maléfique, violent, ultranationaliste, religieux, raciste.

Il n’était pas parfait avant, mais en 1967, les graines de la calamité ont été semées. Il ne faut pas rendre l’occupation responsable de tous les maux de l’État – tous les coups de couteau en discothèque ne sont pas donnés par un vétéran de la brigade Kfir de l’armée. Et nous n’avons pas besoin de croire que tout est plus noir que noir pour comprendre l’énormité de la catastrophe. D’un État qui a commencé comme un tison tiré du feu, modeste, précaire, hésitant, inscrivant à son actif des réalisations étonnantes qui émerveillaient le monde entier, à un État arrogant, méprisé, n’émerveillant que ceux qui lui ressemblent.

Tout cela a commencé en 1967. Non que 1948 ait été si pur, loin de là, mais 1967 a accéléré, institutionnalisé et légitimé le déclin. Il a donné naissance au mépris permanent pour le monde, à la vantardise et l’intimidation.

En 1967, l’occupation a commencé. Elle s’est métastasée sauvagement vers l’intérieur, des barrages routiers en Cisjordanie aux boîtes de nuit à Tel-Aviv, des camps de réfugiés aux routes et aux queues de supermarchés. La langue d’Israël est devenue le langage de la force, partout. Le succès de la guerre des Six Jours était trop pour lui – certains succès sont comme ça – et c’est après qu’est venue la fanfaronnade : « tout nous est permis, à nous ».
Gideon Levy

Source: Haaretz
Traduit par Fausto Giudice

Sincères excuses aux lecteurs de Haaretz


lundi 24 avril 2017 par Gideon Levy

Publié dans Haaretz, le 21 avril 2017

A tous les lecteurs offensés, mes excuses pour l’unilatéralité de mes propos. Comment ai-je pu ne pas maintenir un équilibre entre l’assassin et l’assassiné, le voleur et la victime et l’occupant et l’occupé ?

Chers Orna et Moshe Gan-Zvi,

La lecture mardi de l’édition en hébreu de Haaretz m’a attristé en apprenant que vous aviez décidé d’annuler votre abonnement. Je ne vous connais pas, mais vous allez me manquer en tant que lecteurs. Parce que partiellement responsable de votre décision, comme indiqué dans votre courrier, permettez moi de m’excuser. M’excuser d’avoir écrit la vérité tout au long de ces années. J’aurais dû tenir compte du fait que cette vérité ne vous était pas agréable et agir en conséquence.

Il ne vous était pas agréable de lire la théorie que, avec ma consœur correspondante de Haaretz Amira Hass, j’avançais à propos de l’occupation. Vous, qui êtes membres actifs du Rotary d’Israël, qui venez du monde des affaires, qui êtes si fiers de vos enfants et du fait qu’ils vivent en Cisjordanie. Votre fils qui a été élevé à l’école de préparation militaire Eli, et vos petites filles qui portent fièrement le nom de Sheetrit. Vous, qui êtes si contents de vous et de vos valeurs, de vos enfants et de votre morale, pensez qu’on ne devrait pas vous obliger à lire des vérités déplaisantes. Vous ne méritez tout simplement pas cela.

En réalité, comment ai-je pu passer toutes ces années à publier des articles dont, même vous, avez généreusement admis qu’ils étaient touchants, sans jamais, j’en ai honte, vérifier ce qu’il advenait de ces familles palestiniennes dans leurs fâcheuses situations ? Vraiment, comment cela a-t-il pu arriver ? Bien sûr, c’était de leur faute, mais je continue à en accuser les Forces de Défense Israéliennes – comment ai-je pu ? Et comment Amira Hass a-t-elle pu être si partiale et manquer autant d’une vision qui expliquerait comment un peuple pourrait préférer l’élimination d’un autre peuple plutôt qu’une société démocratique ? Vraiment, Amira, comment as-tu pu ?

Partager c’est se préoccuper. Dites le haut et fort
Je présume, Moshe, que s’ils en venaient à vous enfermer dans une cage pour des années, vous seriez toujours membres du Rotary et refuseriez de soutenir un combat contre votre incarcération. Je présume, Orna, que si des soldats étrangers faisaient irruption chez vous au milieu de la nuit et arrêtaient votre Moshe sous vos yeux, et le battaient devant vos enfants qui étudient à Eli – lui donnaient des coups de pied, le forçaient à s’agenouiller, lui bandaient les yeux lui passaient des menottes – puis l’empoignaient hors de chez vous pour des mois sans procès – vous rechercheriez quelque « gouvernance créative » pour votre peuple.

Je présume que vous, qui êtes issu du monde des affaires, accepteriez affectueusement ceux qui confisquent vos biens et vous chassent de votre terre. Je suis sûr que vous n’en viendriez jamais à combattre ceux qui vous auraient torturés avec tant de malveillance pendant tant d’années.
Que pouvons nous faire ? Les Palestiniens sont différents de nous, chers Orna et Moshe. Ils ne sont pas nés à des altitudes aussi fières que nous. Ce sont des animaux faits hommes, assoiffés de sang, nés pour tuer. Ils ne sont pas tous aussi moraux que vous et vos enfants de l’école Eli. Oui, il y a des populations qui se battent pour leur liberté. Il y a des populations qui sont obligées de le faire avec violence. En fait, il n’y a presque aucune nation qui n’ait pas agi ainsi, y compris le peuple élu auquel vous êtes si fiers d’appartenir. Non seulement auquel vous appartenez, mais dont vous êtes la colonne de feu qui conduit le campement, vous êtes les meilleurs, l’élite morale – vous, les sionistes religieux.

Je m’excuse pour cette vision à sens unique. Comment pourrais-je ne pas maintenir un équilibre entre l’assassin et l’assassiné, le voleur et sa victime, l’occupant et l’occupé ?
Pardonnez moi d’oser ternir votre joie et votre fierté sur cette terre où abonde le lait et Mobileye [*], et des tomates cerises aussi. Il y a tant de choses merveilleuses dans ce pays et Haaretz – avec sa « dégénérescence morale » comme vous le dites – gâche la fête.

Comment n’ai-je pas vu que vous n’aimiez pas lire la vérité et n’en ai-je pas tenu compte lorsque je revenais toutes les semaines des territoires occupés pour écrire sur ce que j’avais vu de mes propres yeux ?
Mais maintenant, c’est trop tard. L’appel au boycott de la pâte chocolatée à tartiner, c’était trop, même pour vous, aussi avez-vous décidé de boycotter Haaretz. A partir de maintenant, le seul journal que vous aurez avec votre café, ce sera l’hebdomadaire de droite Makor Rishon. Il n’écrira rien sur la façon dont les soldats des FDI ont mitraillé cinq passagers palestiniens dans leur voiture il y a trois semaines, et je suis sûr que vos Shabbats seront dorénavant beaucoup plus agréables.

Gideon Levy

relayé par

Michel Staszewski

Des centaines de militants du Balad Arretes/ Retour de l’Administration Militaire


Le temps de l’Administration Militaire semble de retour. L’Administration Militaire était le régime sous lequel a vécu la minorité palestinienne d’Israël entre 1948 et 1965, quand les Services de Sécurité (Shin Bet) régissait leur vie communautaire et individuelle, quand toute personne soupçonnée d’activité politique était réprimée (assignation a résidence, détention administrative), quand les provioseurs et les instituteurs etaient nommes en fonction de leur docilite et non de leurs diplomes. Depuis 1967 la repression s’est surtout concentree dans les territoires nouvellement conquis, et la population palestinienne a pu commencer a jouir des libertes publiques qu’elle était en droit de recevoir dans un pays qui se veut democratiques. Avec des exceptions notoires: le massacre de la Journee de la Terre 1976, et le massacre d’Octobre 2000.

Septembre 2016: des centaines de militants ou supposes tels (dont le President du parti, Awad Abed-el-Fatah) du Rassemblement National Democratique (Balad) – un parti qui appartient a la Liste Arabe Unie et a trois elus a la Knesset – sont arretes au milieu de la nuit dans ce qu’on ne peut qu’appeler une rafle, et interroges par la police et le Shin Bet. Comme nous sommes a l’ere du neo-liberalisme, on ne les soupconne pas de terrorisme, mais… de blanchissements de fonds. Cette semaine, les deputes du Balad sont convoques par la police pour etre interroges sur un soit-disant « financement illegal du parti ». C’est la premiere fois que c’est le parquet qui enquete sur le financement d’un parti, et non le Controleur General de l’Etat, dont c’est une des taches.

Cette attaque planifiee contre un important parti de la communaute palestinienne d’Israel doit etre percue dans son double contexte: celui de l’offensive du gouvernement d’extreme-droite contre la minorite palestinienne dans son ensemble, et celui de la remise en question des libertes democratiques qui ont existe en Israel, ce que certains denomment « la fascisation rampante » de l’Etat d’Israel.

C’est aussi l’heure ou les rats sortent de leur trou, comme l’ancien ministre des minorites du gouvernement Sharon, Salah Tarif. Ce Palestinien (de religion druze) a fait ses armes dans l’armee juive, et servi avec devotion dans le role du « bon arabe » dont le pouvoir israelien a toujours eu besoin, Dans une tribune publiee par le quotidien Haaretz du 6 Octobre, il annonce pompeusement: « Ils ne nous representent plus ». « Ils », c’est a dire les deputes de la Liste Arabe Unie, qui ont, unanimement, refuses de participer au funerailles nationales de Shimon Peres. Et d’ajouter: « Je n’ai que mepris pour ces deputes laches, demagogues et sans morale qui conduisent leur peuple au desastre ». Reconnaissons que Salah Tarif parle de « leur » peuple, reconnaissant par la qu’il a depuis longtemps deserte de son peuple pour prendre le role de collaborateur du regime. Dans les ghettos et les camps ont appelait des personnages comme Tarif des Kapos. Le retour des Kapos signifie-t-il le retour de l’Administration Militaire pour la minorite palestinienne d’Israel?

Pour que cela ne devienne pas le cas, il est imperatif de mobiliser l’opinion internationale et la communaute internationale qui ont les moyens de faire reculer Netanyahou et sa bande. En commencant par exiger de cesser la repression contre le parti Balad, ses elus et ses militants. C’est le sens de l’appel lance par le Balad aux representations diplomatiques etrangeres, et que nous reproduisons ici.

National Democratic Assembly (NDA- BALAD)
التجمع الوطني الديمقراطي
September 26, 2016
Your Excellency,

As elected members of Knesset representing the National Democratic Assembly Party (NDA-BALAD), we write to share with you our deep concern and dismay for the latest waves of arrests against the leadership and members of the party over the last week.
On September 18, in the very late night hours, Israeli police forces raided the homes of the political leadership of the Palestinian Arab NDA-Balad party (Joint List), and arrested 21 members. Head of the party and other activists – all Palestinian Arab citizens of Israel – were arrested in the overnight raid. This was followed by another wave of arrests four days later, and was coordinated with investigations with hundreds of the party’s members.

From the little that has since been revealed, the police claims that the NDA -Balad members were arrested for allegations related to money laundering on behalf of the party and for violations of the Law for Party Funding. The Israeli court has extended the remand of some of those arrested for a third time leaving them in jail now for over a week, including the Chairman of the party Mr. Awad Abdelfattah, while others have been released to house arrest under strictly-limiting conditions. The details of the allegations remain secret and are still being withheld from the public, the arrestees themselves and their attorneys.

Never before in the political history of Israel have the leadership and members of a political party been targeted by police in a wave of arrests for similar allegations. Other (Jewish) political parties that have in the past been charged with similar violations of the Party Funding Law have only been fined various amounts. This was done after an examination of the State Comptroller and through his office only. No police intervention was sought and no members of those parties have been arrested.

These unjustified and unprecedented arrests therefore reek of political persecution, and come close in the wake of Israel’s recent move to outlaw the Islamic Movement-Northern Branch. It is also directly linked to recent racist legislation approved by Israeli lawmakers, such as the Expulsion Law, designed to target the Palestinian Arab political representatives from within the Knesset. Such acts of intimidation seek to de-legitimize Arab political activism and even to eliminate such activism. This series of nighttime arrest raids, targeting the leadership of a political party represented in the Israeli parliament, marks a disproportionate and dangerous turning point in the relationship between the state of Israel and its Palestinian Arab citizens. The state is gradually but systematically implementing a strategy intended to
criminalize and eliminate all political opposition that does not abide by the Zionist hegemonic consensus, including political leadership and (Arab and Jewish) NGOs.
We urge you to express your deepest concern to the Israeli government for this political persecution, intimidation acts and silencing attempts. The right to free political organization is one of the chore pillars of democracy and we seek your help in making sure it stays as such.
Respectfully yours,

MK Jamal Zahalka
MK Haneen Zoabi
MK Bassel