Syrie : le chef de l’opposition rencontre Russes et Américains


samedi 2 février 2013, par La Rédaction

Des discussions se sont tenues samedi à Munich entre le chef de l’opposition syrienne et des responsables russe et américain de haut niveau pour tenter de relancer les efforts afin de trouver une solution politique au conflit en Syrie.

Ahmed Moaz al-Khatib, qui a créé la surprise cette semaine en annonçant être prêt à entamer sous conditions un dialogue avec le régime syrien, s’est entretenu pour la première fois avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Il a également rencontré le vice-président américain, Joe Biden.
Aucune information n’a été relayée sur la teneur de ces rencontres, organisées dans les salons de l’hôtel luxueux accueillant jusqu’à dimanche la 49e Conférence sur la sécurité de Munich.

Loin des médias, MM. Biden et Lavrov se sont également vus en tête à tête, peu après avoir reconnu en public que de profondes divergences continuaient à les séparer sur les conditions de mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 60.000 morts en près de deux ans.
Lui aussi présent à Munich, le médiateur international, Lakhdar Brahimi, n’a pas caché le fait qu’aucune solution n’était actuellement en vue et que la Syrie « éclatait de plus en plus chaque jour ».

Dressant le même constat, M. Biden a exprimé son souhait que la communauté internationale renforce son soutien aux adversaires du régime de Bachar al-Assad, qu’il a qualifié de « tyran déterminé à se maintenir au pouvoir » mais « plus capable de diriger la nation ».
« Nous travaillons ensemble, avec nos partenaires, pour qu’elle (l’opposition) devienne plus unie, plus solidaire », a déclaré le vice-président américain, sans donner de détails.

Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et certains pays arabes appellent le président Assad à céder le pouvoir.
Mais M. Lavrov a estimé que cette exigence représentait un obstacle « de premier plan » à la recherche d’une solution négociée.
Il a en revanche estimé que l’on pouvait « faire des progrès » si le Groupe d’action sur la Syrie, conduit par Lakhdar Brahimi, se réunissait à nouveau pour tenter de parvenir à des mesures de transition.

Un journal turc a rapporté samedi qu’Ankara avait récemment proposé à la Russie une nouvelle formule prévoyant le départ d’Assad au premier trimestre 2013 et le passage du pouvoir, pour une période de transition, à la Coalition nationale. Moscou aurait trouvé ces propositions « créatives », selon le journal Radikal.
Parallèlement, les craintes d’une régionalisation du conflit restent vives. Un haut responsable américain a confirmé qu’Israël a bombardé cette semaine près de Damas des missiles sol-air et un complexe militaire soupçonné d’abriter des armes chimiques, l’Etat hébreu redoutant qu’elles ne soient livrées au Hezbollah.
« Le chaos en Syrie a créé un environnement dans lequel la possibilité que ces armes traversent la frontière et tombent entre les mains du Hezbollah, est devenue plus inquiétante », a confié à l’AFP le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta.

Damas avait accusé mercredi Israël d’avoir bombardé un centre de recherche militaire, menaçant de représailles, mais l’Etat hébreu n’a jamais confirmé.
M. Panetta a indiqué que Washington partageait le souci d’Israël de « tout » faire « pour s’assurer que des armes telles que les missiles SA-17, ou des armes chimiques, ne tombent pas entre les mains de terroristes ».

A son arrivée à Damas, l’un des principaux dirigeants iraniens a réaffirmé le soutien de son pays à la Syrie, dont il est le principal allié régional.
« Nous apporterons tout notre soutien pour que la Syrie reste ferme et capable de faire front à tous les complots des arrogants », a déclaré Saïd Jalili, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité par la télévision d’Etat. Le terme d’ »arrogant » est généralement utilisé par Téhéran pour désigner les puissances occidentales.
Sur le terrain, au moins 20 soldats syriens ont été tués samedi dans deux attentats suicide à la voiture piégée visant l’enceinte d’un club d’officiers à Deraa, dans le sud, a rapporté une ONG.

Au total, les violences ont fait samedi 49 morts, dont 29 soldats, 13 civils et sept rebelles, selon un bilan provisoire de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui se base sur un réseau de militants et de médecins dans les hôpitaux civils et militaires.

Les rebelles ont marqué un nouveau point en s’emparant de Cheikh Saïd, un quartier au sud d’Alep (nord), selon des habitants et l’OSDH.

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