Transmigrants, réfugiés et le reste du désastre


Mehdi Kassou sur Face book

Communication Importante , à lire jusqu’au bout ‼️

à PARTAGER !!!

Comme vous l’aurez remarqué, nous n’avons pas posté de sondage ce matin.

Nous étions au parc pour témoigner de l’absurdité de nos élus et des conséquences désastreuses de leurs « concertations ».
Que fait Philippe Close? Joue-t-il le jeu de la NVa et de Francken en envoyant ses troupes arrêter des gens qui dorment au parc pour remplir les centres fermés que Francken a vidé pour satisfaire sa volonté obsessive d’arrêter ces migrants qu’il ne saurait voir.

Sommes-nous confrontés à une partie de Ping-Pong répugnante dont les balles écrasées seraient les humains (Abdu, Mo, et les 22 autres que nous connaissons) qui dormaient au parc Maximilien parce que ce foutu gouvernement d’irresponsables n’a pas été en mesure de mettre en place un dispositif pour les accueillir et les sortir de là?

L’excuse avancée par la ville de Bruxelles parlant d’une opération visant à débarrasser les alentours du parc Maximilien est un mensonge.

AUCUNE PERSONNE n’a été interpellée à l’extérieur du Parc.
Les témoins et les photos montrent clairement que les arrestations ont eu lieu dans le parc et plus précisément dans un bac à sable entouré de grillages… ils ont été piégés dans un bac à sable et alignés sur sol, les mains attachées dans le dos.

A la vue de ces photos, d’autres résidents du parc se sont indignés : « THIS LYBIA!!! THIS LIKE LYBIA!!! »

Ces dernières semaines ont été particulièrement difficiles pourl’équipe et le ton s’est durci ces derniers jours.
Nous avons choisi, il y’a deux jours, de prendre un peu de recul et nous étions heureux hier soir de pouvoir vous rappeler ce que VNous avions réussi à créer à la seule force de notre mobilisation, avec volonté et détermination.

‼️350 personnes sont quotidiennement accueillies à LA PORTE D’ULYSSE – CENTRE HÉBERGEMENT PLATEFORME CITOYENNE

‼️Plus de 200 personnes sont accueillies tous les jours en famille ou dans les lieux d’hébergement collectif que certains d’entre vNous coordonnent avec cœur, humanité et efficacité!
Ce soir, nous voulions vous proposer de nous rejoindre au Parc et de nous soutenir au quotidien pour continuer à assurer au mieux les relais avec et entre les familles.

Nous voulions vous rappeler que sans cette mobilisation historique, nous n’étions qu’une bande de joyeux humanistes gesticulant au parc Maximilien dans nos vestes blanches avec pour lot de consolation le sourire d’@Adriana, les mots drôles de Yoon, les réparties cinglantes de Dele (Delphine) ou l’anglais efficacement drôle de Jennifer… (et j’ai une pensée très émue pour l’ensemble des vestes blanches, petits papiers, drivers).

2 jours de recul, 2 jours de réflexion, 2 jours d’absence…

‼️2 jours, c’est le temps qu’il aura fallu aux autorités pour organiser une descente matinale comme nous n’en n’avions plus vue depuis longtemps, brutalisant des gens endormis, séparant amis, frères et sœurs et arrachant des humains au peu de biens qu’ils possèdent.

C’est là que nous avons commencé il y’a un an et c’est là que nous ramènent les autorités dans une violence inouïe, sans gêne et sans regrets.

Où allons-vnous?
Que faisons-vnous?

Si l’équipe du parc pensait pouvoir répondre à ces questions hier, aujourd’hui, c’est à vous, nos plus fidèles soutiens, que nous les posons.

Allons-nous continuer ensemble ou allons-nous laisser les stratégies électorales détruire toute l’humanité que nous avons réussi à rendre à la Capitale européenne?

Ce soir, assurez les relais entre familles!
Ce soir, ils seront 350 à la Porte d’Ulysse!
Ce soir, les hébergements collectifs seront remplis!

Ce soir, comme tous les soirs, au moins 550 personnes seront en sécurité.

Mais cette nuit ou demain matin, peut-être, les autorités arrêteront des silhouettes endormies, briseront des liens et essaieront de casser notre élan en le piétinant de leurs bottes trop bruyantes.

Allons-nous les laisser faire?

Face à l’immobilisme, le mouvement citoyen!

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« Des centaines de milliers de personnes pourraient être tuées à Idlib. Ne laissons pas cela se produire! », prévient Trump


AFP Publié le – Mis à jour le 

MONDELe président américain Donald Trump a mis en garde lundi la Syrie contre une offensive à Idleb, la dernière région syrienne contrôlée par la rébellion, déclarant qu’une telle opération pourrait provoquer une « tragédie humaine ». 

article Dernière Heure ici

Le Sud découvre qu’il est entravé, pas en retard


L’un des courants de la critique du modèle économique dominant s’attache à mettre au jour les mécanismes d’exploitation sur le lieu de travail, notamment celui opposant employeurs et salariés. Mais l’analyse des rapports de forces caractéristiques du capitalisme se déploie également à l’échelle internationale : d’un côté, les pays du « centre » (riches et souvent au Nord) ; de l’autre, les pays de la périphérie.

Le Sud découvre qu’il est entravé, pas en retard

 

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Chéri Chérin, « Congo Kitoko », 2015.
© Chéri Chérin / Courtesy Galerie Magnin-A, Paris.

En 1949, le président américain Harry Truman (1945-1953) emploie pour la première fois le concept de « sous-développement » au sujet de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine dont il craint que la pauvreté ne les fasse basculer dans l’escarcelle communiste. Dans cette perspective, le développement est conçu comme un processus linéaire : engagés plus tôt que les autres dans cette voie, les pays du Nord ont pris une avance qu’il revient au Sud de rattraper. Comment ? En s’intégrant toujours davantage au système économique mondial. En d’autres termes, en tournant le dos à la volonté – jugée irrationnelle – d’exercer leur souveraineté nationale dans le domaine économique et en ouvrant la porte au vent modernisateur du capital international…

Pourtant, l’idée d’une linéarité du développement avait été remise en cause, notamment par l’économiste argentin Raúl Prebisch (1901-1986). Dès les années 1940, celui-ci décompose le monde entre un centre (en substance, les pays de la modernité capitaliste) et une périphérie (le reste du monde). D’autres, à leur tour, comme l’auteur de ces lignes, soutiennent dès 1957 que sous-développement et développement ne se succèdent pas, mais sont concomitants : ils constituent les deux faces du déploiement mondial du capitalisme, lequel conduit à l’accumulation des richesses au Nord. Qu’on en juge : l’écart de richesse entre les sociétés constituant plus de 95 % de la population planétaire vers l’an 1500 était au plus de 1 à 2 (pas toujours à l’avantage des sociétés européennes). Au terme de cinq siècles de déploiement capitaliste, il est passé de 1 à plus de 30, une évolution sans pareille dans l’histoire de l’humanité. Siphonnant les ressources du Sud, le développement (du centre) engendre mécaniquement le sous-­développement (de la périphérie), comme l’observe l’économiste germano-américain André Gunder Frank dans les années 1970. À l’époque, d’autres — tels l’auteur de ces lignes — soulignent la nature « inégale » du développement.

suite de l’article ici

Que faire face à un Assad triomphant?


 

 

Depuis le début du mois de juillet, alors que le monde entier était captivé par la Coupe du monde de football, le régime syrien a commencé à annoncer aux familles des milliers de citoyens disparus dans ses prisons que leurs proches étaient décédés. Sans explications ni remise de corps. Juste la date du décès indiquée sur un certificat. Pour de nombreuses familles, dans l’angoisse depuis des années, c’est la fin la plus redoutée de leur long cauchemar.

Selon toute probabilité, Bachar el-Assad, le tyran local, se sent à présent suffisamment fort pour brandir la sordide réalité de sa victoire à la face de ceux qui, parmi les Syriens, avaient osé le défier. Dans son palais sur les hauteurs de Damas, le « raïs » respire. Ils sont loin les tourments de 2013 à 2015, quand les rebelles, au nord, au sud et autour de la capitale, les djihadistes à l’est et les Kurdes au nord-est avaient conquis l’essentiel du territoire syrien. Son armée, exsangue, semblait sur le point de subir une déroute retentissante qui eût planté devant l’avenir de la Syrie un gigantesque point d’interrogation.

Mais les alliés de Bachar el-Assad, à Moscou comme à Téhéran, ont empêché le développement de ce scénario qui menaçait leurs ambitions régionales. L’aviation militaire russe et les milices chiites recrutées du Liban jusqu’en Afghanistan sont alors intervenues en force. Et la guerre a peu à peu changé de visage. Les rebelles, divisés, privés d’armes anti-aériennes, se sont effondrés ou ont rejoint les milices extrémistes qui avaient trouvé en Syrie un terrain de prédilection.

Les djihadistes un moment victorieux ont cru pouvoir exporter leurs méthodes terroristes en Occident, s’attirant les foudres d’armées bien plus puissantes qu’eux. Leurs méthodes sanguinaires hideuses semblaient faire du régime syrien un moindre mal, alors pourtant que celui-ci restait responsable d’une immense majorité des malheurs et destructions, comme en attestent les millions de réfugiés que ses bombardements ont suscités.

Il ne reste donc plus guère de doutes quant à la victoire d’Assad. Même si des foyers de résistance et des parcelles de territoire gagnées à l’extrémisme subsisteront sans doute longtemps çà et là, le monde devra composer avec le maintien du tyran de Damas. Dans l’impunité la plus totale, malgré les 400.000 morts, malgré les armes chimiques, malgré la torture généralisée ?

Morale et politique, certes, ne font pas bon ménage ; elles s’ignorent ou s’opposent et en tout cas se détestent. Mais ce serait faire injure aux victimes de conflit que d’ignorer les principaux responsables de ce drame effroyable. Entre des sanctions à maintenir, des inculpations devant la justice internationale à mettre en œuvre et l’aide à la reconstruction à conditionner, il y a des pistes à explorer.

Source ici

Affaire Tariq Ramadan par Khaled Abou El Fadl


anniebannie: enseignement de Tariq Ramadan ici

« Comme la célèbre affaire Dreyfus, chaque jour qui passe, cela ressemble de plus en plus à un assassinat politique et non à un jugement équitable. »

 

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L’affaire Tariq Ramadan en France est honteuse et ignominieuse. Je ne peux plus garder mon silence devant cette grotesque parodie de justice. Depuis que des accusations de viol ont été portées contre lui en France, l’affaire Tariq Ramadan a été entachée d’irrégularités de procédure, de déni de procédure équitable et de preuves de discrimination insidieuse. Le mauvais traitement réservé à Ramadan par la justice française et le lynchage des médias français ont été si scandaleusement injustes qu’ils ont atteint le stade de la persécution pure et simple.

Alain Gabon ainsi que d’autres personnes ont déjà détaillé les persécutions et les abus commis par les autorités françaises dans cette affaire. Egalement, plus d’une centaine d’éminents universitaires et savants ont signé une déclaration exigeant un traitement juste et une procédure équitable pour Tariq Ramadan.

Alors pourquoi j’écris ? Tout d’abord parce qu’en tant que musulman, je suis indigné par le silence embarrassant des organisations et des dirigeants musulmans devant le lynchage indéniable d’un éminent savant musulman. Les mêmes organisations qui avaient bénéficié auparavant de la renommée et de la célébrité de Tariq Ramadan, et qui se félicitaient de l’avoir dans la liste des intervenants dans leurs conférences et symposiums, l’ont maintenant abandonné, lui et sa famille à leur sort.

La deuxième raison pour laquelle j’écris est qu’en tant qu’étudiant d’Histoire et de Droit, le cas de Ramadan me rappelle l’affaire scandaleuse de Dreyfus dans laquelle le système judiciaire français éclairé a injustement jugé et condamné un innocent, simplement parce qu’il était juif. J’écris parce que je suis convaincu que la manière dont l’affaire Ramadan est traitée témoigne de préjugés politiques et religieux évidents. Ces préjugés expliquent les nombreuses irrégularités qui affligent les procédures judiciaires en France. J’écris aussi parce que je suis profondément troublé par le non respect de la présomption d’innocence, d’autant plus qu’il existe des preuves substantielles que Tariq Ramadan n’est pas traité comme un accusé faisant face à des accusations de viol, mais qu’il est en réalité un prisonnier politique persécuté par ses ennemis idéologiques jurés. Après avoir étudié toute une série d’affaires pénales déposées contre des violeurs présumés en France, il parait évident que le traitement réservé à Tariq Ramadan n’est pas justifié par les accusations, les allégations ou les procédures d’enquête de l’affaire.

Voici un compte rendu partiel des irrégularités et des problèmes dans cette affaire

1. Tariq Ramadan croupit en détention provisoire depuis le mois de février de cette année. Aucune date pour le procès n’a été fixée, et il n’est même pas certain qu’il y aura un procès.

2. L’affaire a été fondée sur les accusations présumées de trois femmes : Henda Ayari, Mounia Rabbouj (Marie) et Paule-Emma (Christelle). Cependant, Ramadan n’a pas été traité comme un accusé ordinaire. Sans justification aucune, l’affaire a été transférée à la juridiction du procureur général de Paris, François Molins étant une personne plutôt habituée à gérer les affaires de terrorisme dans lesquelles les suspects étaient invariablement musulmans.

3. Le traitement infligé par Molins à Tariq Ramadan ne diffère aucunement de celui réservé habituellement aux suspects terroristes. Ramadan a été placé en isolement ; ses contacts avec sa famille et ses avocats, ainsi que l’accès à ses propres dossiers ont été sévèrement restreints ; et il a été privé de son courrier et de tout droit à la vie privée.

4. De manière choquante, Ramadan a été détenu pendant des mois avant d’être autorisé à parler ou à présenter des preuves à décharge pour sa défense. Ce n’est que le 5 juin dernier qu’il a finalement été autorisé à témoigner et à témoigner en réfutation. Sur le plan juridique, pour sa détention, Ramadan a été placé dans des conditions pénibles, où sa capacité à se défendre contre les accusations est sévèrement restreinte. Le problème avec les restrictions imposées n’est pas seulement d’ordre psychologique. Ces restrictions limitent la capacité de l’accusé à mener des recherches, à se concerter avec son avocat et à se défendre sereinement contre les accusations portées. Imaginez que vous essayez de vous défendre contre des accusations graves tout en étant placés à l’isolement vingt-trois heures par jour, et que vous n’êtes autorisés à sortir de votre cellule que pour très peu de temps, que l’accès à une bibliothèque ou un ordinateur vous est refusé, tout comme l’accès à la plupart de votre courrier, à l’écriture et à la lecture ainsi que l’accès à votre propre dossier!

5. De plus, Tariq Ramadan est très malade, et il n’est pas exagéré d’affirmer que les conditions de son emprisonnement sont tortueuses. Ces conditions ont pour effet une grave détérioration de son état de santé et peuvent même conduire à sa mort. Malgré un dossier médical excessivement documenté, le tribunal français a refusé de le mettre dans un hôpital et de lui fournir les soins médicaux adéquats.

6. La présomption d’innocence signifie que nous devons présumer qu’une personne est innocente jusqu’à preuve du contraire. Mais cela n’a pas été respecté dans l’affaire Ramadan. La manière dont il est traité est semblable à celle dont les tribunaux français ont traité des personnes soupçonnées de terrorisme, où leur droit à une procédure équitable a été bafoué en raison d’une prétendue protection de la sécurité nationale.

Cependant, l’affaire Tariq Ramadan n’est pas censée être lié au terrorisme mais à des agressions sexuelles présumées. Le tribunal n’a produit aucune justification convaincante pour toutes les restrictions qui lui ont été imposées en prison. Tariq Ramadan n’est pas traité comme la plupart des accusés faisant face à des accusations similaires, qui sont libérés sous surveillance jusqu’à la date de leur procès.

Le gouvernement français a d’ailleurs récemment découvert un complot terroriste d’un groupe nationaliste blanc, l’AFO, qui projetait d’attaquer et d’assassiner des musulmans dans toute la France. Bien que les dix membres de l’AFO aient admis leurs intentions de commettre des attentats meurtriers contre des mosquées et des écoles musulmanes en France, le chef du groupe et la plupart de ses membres ont été immédiatement libérés sous surveillance. (https://lemde.fr/2LvtQZZ) Les accusés de l’AFO n’ont rien subi de ce qui a été infligé à Tariq Ramadan.

Je dois avouer que j’aurais montré moins d’empathie pour Tariq Ramadan si les preuves présentées contre lui par les trois présumées victimes étaient plus solides. La vérité est qu’à ce jour, aucune preuve crédible n’a été dévoilée contre Ramadan. La première plaignante, Henda Ayari, a présenté des récits contradictoires et incohérents, non seulement devant les tribunaux, mais aussi dans ses nombreuses apparitions dans les médias français. Entre autres, elle a menti sur sa relation avec la deuxième plaignante, et sur la coordination de leurs récits d’agression sexuelle contre Ramadan. De plus, il s’est avéré qu’elle a des relations maintenues et de longue date avec les ennemis idéologiques de Ramadan, y compris les islamophobes les plus notoires de France. Plus récemment, elle a reçu le soutien des islamophobes américains, tels que le célèbre Robert Spencer. Plus troublant encore, avec son islamophobie et ses attaques contre les musulmans, Ayari est devenue une célébrité dans les médias français et elle a exploité ses accusations contre Ramadan pour développer sa carrière.

A multiples égards, le cas de la deuxième plaignante (appelée Christelle) est plus alarmant. Il a été prouvé qu’elle était une militante du « suprématisme français blanc ». Ce courant a une longue expérience dans la défense des pogroms génocidaires contre les musulmans en France et en Europe, et semble avoir développé une haine compulsive contre Tariq Ramadan. Comme Ayari, «Christelle» a entretenu une relation de longue date avec Caroline Fourest, l’ennemie jurée de Ramadan et l’auteure de « Frère Tariq », un livre islamophobe publié en 2008. Comme Ayari, son témoignage a été contradictoire, incohérent et sans fondement.

Quant à la troisième accusatrice (appelée Marie), elle ne peut plus être considérée comme une plaignante. Ses accusations étaient tellement faibles que même le tribunal français, qui a jusqu’ici ignoré les incohérences et les contradictions des autres plaignantes, a été forcé de rejeter son cas. Lors de l’audience du 5 juin, l’avocat de Ramadan a présenté de nombreux éléments qui prouvent qu’il s’agissait de mensonge pur et simple. Le cas de (Mounia) est désormais exclu.  Ainsi, Ramadan reste détenu à l’isolement et continue de subir un traitement réservé normalement aux personnes soupçonnées de terrorisme, en raison des accusations non fondées portées par deux plaignantes non crédibles, Ayari et Christelle

Déni de procédure équitable

Permettez-moi d’exprimer mon avis aussi clairement que possible : cette affaire a surtout révélé un problème de discrimination. Aucun autre accusé faisant face à des charges similaires n’a subi le traitement réservé à Tariq Ramadan. Il s’agit incontestablement d’un déni de procédure équitable. Les conditions de sa détention l’empêchent effectivement d’assurer sa défense. Egalement, le lynchage subi par Ramadan et sa famille de la part des médias français s’apparente indéniablement à de la persécution. Il y a des preuves cumulatives qui démontrent que les détracteurs politiques de Ramadan ont conspiré avec les plaignantes pour produire des récits non corroborés et très souvent incohérents et contradictoires d’agression sexuelle.

De plus, l’État Français a été complice de l’exploitation de l’opportunité offerte par les accusations portées par deux femmes très suspectes contre un intellectuel musulman public, qui a pendant des années dérangé le gouvernement français. A l’instar du « Muslim Ban » qui a été récemment validé par la Cour suprême des États-Unis, il existe de nombreuses preuves d’une motivation antimusulmane qui sont commodément ignorées par la justice française. Compte tenu des antécédents de la justice française jusqu’à présent, il est permis de douter que le système français soit en mesure de garantir à quelqu’un comme Tariq Ramadan un procès juste et équitable. Comme la célèbre affaire Dreyfus, chaque jour qui passe, cela ressemble de plus en plus à un assassinat politique et non à un jugement équitable.

Dans l’Affaire Dreyfus, un homme innocent a dû être condamné et emprisonné pendant des années avant que les Juifs français réalisent que les valeurs de la République Française de liberté, égalité et fraternité ne les incluaient pas, et qu’en tant que citoyens, ils avaient un statut de seconde classe. Cependant, l’affaire Dreyfus a permis aux Juifs de France et d’Europe de prendre conscience de la nécessité de revendiquer agressivement la dignité et l’égalité des droits en tant que citoyens, et de ne pas hésiter à exiger leur droit en tant que peuple. L’affaire Dreyfus a également été un événement transformateur dans l’histoire de la communauté juive européenne car elle a convaincu de nombreux intellectuels juifs de devenir conscients de leur identité collective, de leur dignité et de leur solidarité avant de pouvoir espérer obtenir des droits égaux en tant que citoyens.

L’affaire Ramadan a cruellement dévoilé l’impuissance et la fragilité politique des musulmans dans toute l’Europe. Il est légitime de se demander si les musulmans ont conscience de ce terrible constat et ce qu’il faudrait faire le cas échéant. Je dois dire que je ne peux pas résister à la pensée plutôt sombre qu’un peuple qui ne reconnaît pas l’importance de soutenir ses plus brillants penseurs quand ils sont injustement traités et privés de droits fondamentaux, aura du mal à gagner le respect en tant que peuple.

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Israël, où est votre indignation face à la légalisation de l’apartheid ?


Gideon Levy's picture
26 juillet 2018

Des dizaines de milliers de personnes sont venues protester contre la loi sur les mères porteuses. Les Palestiniens et les autres devront attendre leur tour

Environ 80 000 personnes, pour la plupart des jeunes, se sont rassemblées samedi soir sur la place Rabin. La plus grande place de Tel Aviv n’avait pas connu un tel rassemblement depuis longtemps ; certainement rien qui se voulait être une manifestation de contestation.

Le rassemblement a couronné une journée de manifestations au cours de laquelle des milliers de personnes ont défilé dans les rues. Les principales voies de communication ont été brièvement bloquées, et beaucoup de gens se sont mis en grève – la plupart avec la bénédiction de leurs employeurs, y compris certaines des plus grandes compagnies du pays. Après des années sans contestation publique généralisée d’une telle ampleur sur un quelconque sujet, la société israélienne a montré des signes de réveil de son profond sommeil.

Les plus de 160 Palestiniens non armés tués le long de la barrière de Gaza ; le siège cruel de la bande de Gaza ; la discrimination croissante contre les Arabes en Israël ; les défis auxquels sont confrontés les Israéliens handicapés, les demandeurs d’asile africains et les employés des usines israéliennes fermées – aucun de ces sujets n’a su susciter ne serait-ce qu’une fraction de la contestation qui a balayé Israël ce week-end. Loin de là.

Progrès pour la communauté LGBT

Alors qui a réussi à sortir Israël de sa léthargie d’indifférence ? La communauté LGBT. Les Israéliens sont descendus dans la rue, pour la première fois depuis des années, suite à l’exclusion des couples homosexuels (ou des hommes célibataires) de la loi sur la gestation pour autrui adoptée par la Knesset. Cela a provoqué un tollé qui perdure.

La communauté LGBT israélienne a parcouru un long chemin ces dernières années, devenant l’un des groupes les plus branchés, tendances et émancipés. Ses progrès sont le résultat d’un effort prolongé et ses réalisations sont une source de fierté.

Mais il reste encore beaucoup à faire. Les gays, les lesbiennes et les personnes transgenres en Israël font toujours l’objet de discrimination et sont loin de jouir d’une pleine égalité. Ils ne peuvent pas se marier dans leur propre pays et sont encore moqués dans certains cercles de la société. Toutefois, la distance qu’ils ont parcourue pour atteindre leur position actuelle de pouvoir, pour faire partie du consensus israélien, est impressionnante.

Il y a quelque chose de suspect dans cette ruée des entreprises vers la solidarité. Que cherchaient-elles exactement avec cette contestation ? La justice ? L’égalité ? C’est une blague

Des dizaines de grandes sociétés ont donc permis à leurs employés de faire grève dimanche. Elles ont soutenu cette marche par le biais de campagnes de relations publiques réalisées par des professionnels grassement rémunérés. Elles n’en ont pas fait de même pour les handicapés ou pour les demandeurs d’asile et certainement pas pour les Palestiniens sous occupation. Elles savaient que suivre la communauté LGBT était sûr ; l’égalité des droits pour les Israéliens LGBT fait maintenant partie du consensus. Le soutien à la communauté LGBT en Israël est le meilleur moyen d’apaiser sa conscience.

Il y a quelque chose de suspect dans cette ruée des entreprises vers la solidarité. Que cherchaient-elles exactement avec cette contestation ? La justice ? L’égalité ? C’est une blague. Vont-elles maintenant permettre à leurs employés de manifester et de faire grève pour d’autres causes, vont-elles permettre à chaque employé de suivre son cœur ? Encore plus drôle.

Ce sont néanmoins des questions insignifiantes. La communauté LGBT a réussi à engager le secteur économique dans sa lutte ; bravo pour la puissance de sa campagne.

La zone de confort d’Israël

Ce qui reste très important aujourd’hui, c’est l’ordre des priorités pour la société israélienne, sa boussole sociale et morale, sa conscience collective. Israël s’est mis en grève pour une question qui, objectivement, ne figure pas parmi les causes de contestation les plus pressantes – la gestation pour autrui – pour un groupe qui ne figure pas en tête de la liste des marginalisés, opprimés et discriminés dans le pays : la communauté LGBT.

La vérité est qu’aujourd’hui, il existe peu d’autres groupes aussi puissants et ayant d’aussi bonnes relations que la communauté LGBT. Le succès relatif de ce groupe n’indique rien sur son devoir de continuer la lutte pour ses droits, ni sur la justice de son chemin.

Cependant, la grève révèle tout ce qu’il y a à savoir sur la société israélienne, qui a choisi une fois de plus de fuir vers sa zone de confort, où aucun prix n’est à payer pour la contestation, toujours dans le domaine du permis et de l’accepté – où il s’agit seulement d’Israël se sentant bien, améliorant son image, et, surtout, nettoyant les couches de crasse qui souillent sa conscience en raison de ses autres crimes et maladies.

La loi sur la gestation pour autrui a attiré environ 80 000 manifestants à Tel Aviv le 22 juillet 2018 (AFP)

Israël aurait dû faire grève, avec le soutien des principales sociétés du pays, contre la loi sur l’État-nation qui a été approuvée la semaine dernière à la Knesset. Ils auraient dû faire grève en signe de solidarité avec les résidents arabes de ce pays après que la Knesset leur a craché au visage tout en leur remettant un avis législatif officiel : vous êtes des citoyens de seconde zone ici.

Quelle guérison profonde, quelle infusion d’espoir aurait été produite par une grève de cette envergure, par solidarité avec Sakhnin et Nazareth, Umm el-Fahm et Taibeh, et en signe de solidarité avec tous les citoyens arabes d’Israël pour qui la loi sur l’État-nation était un coup bas.

Quelle atmosphère de camaraderie aurait pu s’ensuivre ; quel fruit précieux récolté pour toute la société aurait pu donner une démonstration de solidarité dans ce sens. Toutefois, cela exigerait une dose de courage et une boussole morale claire – deux choses qui manquent parmi les entreprises leaders du pays comme dans la société israélienne dans son ensemble.

Endoctrinés et haineux

Personne ne s’attend plus à ce qu’Israël organise des manifestations de masse contre l’occupation, le siège ou les colonies dans les territoires : presque tout le monde en Israël est trop endoctriné, haineux et anxieux pour le faire.

Peut-être pensaient-ils que s’ils se joignaient à cette lutte relativement plus marginale, leur conscience les troublerait moins à l’avenir. Ou peut-être qu’ils espéraient nettoyer la tache de leurs crimes vraiment importants. Mais c’est une illusion, bien sûr

Cependant, la loi sur l’État-nation, adoptée quelques heures après la loi sur la GPA, est de loin la plus cruciale, fatidique, outrageante et discriminatoire, celle qui exclue le plus. Elle ne prévoit pas de fardeau sur le droit de devenir parents. Elle légifère un fardeau sur l’appartenance à votre propre pays. C’est, pour certains Israéliens, un repère qui marque leur fin de l’appartenance ici. Il signale à tous les Israéliens qu’à partir de maintenant, ils vivent dans un État d’apartheid – non seulement en pratique, mais aussi d’un point de vue législatif.

La direction de cette tendance est également différente. La communauté LGBT est sur la voie du succès. Une autre manifestation, une autre élection et la gestation pour autrui – ce problématique chemin vers la parentalité parfois considéré avec plus de révulsion que la prostitution – sera également approuvée pour les hommes.

À LIRE ► Vous ne nous empêcherez pas de dénoncer le pinkwashing d’Israël

La législation contre les Arabes nous pousse exactement dans la direction opposée. La loi sur l’État-nation est seulement un avant-goût de ce qui va arriver. Il y a une pente glissante évidente droit devant, et rien pour arrêter la chute. Une contestation de masse aurait pu signaler un changement et stopper l’avalanche.

La loi sur l’État-nation intéressait toutefois relativement peu d’Israéliens, et en a fait descendre encore moins dans les rues, bien qu’elle ait dû toucher la conscience de tout Israélien – juif ou arabe – qui se soucie du genre de pays où il vit, du genre de régime sous lequel il vit.

La loi sur l’État-nation a tracé la voie qu’Israël emprunte, définissant par des mots, en droit, ce qu’on savait déjà : Israël est un État d’apartheid, pas seulement dans les territoires occupés, mais dans tout le pays entre le Jourdain et la Méditerranée.

Contestation d’évasion

Ce fait n’a pas indigné la plupart des Israéliens, ni ses chefs d’entreprise ni ses citoyens. Au fond de leur cœur, peut-être, ils savent à quoi tend leur pays, mais n’ont pas le courage de résister au troupeau galopant qui soutient ce gouvernement d’extrême droite.

C’est peut-être pour cette raison que ces entreprises ont si bruyamment soutenu le droit des gays à la gestation pour autrui. Peut-être pensaient-ils que s’ils se joignaient à cette lutte relativement plus marginale, leur conscience les troublerait moins à l’avenir. Ou peut-être qu’ils espéraient nettoyer la tache de leurs crimes vraiment importants. Mais c’est une illusion, bien sûr.

L’incroyable fuite, le déni et la répression d’Israël sont visibles partout : dans l’apathie à propos de l’occupation, dans l’ignorance, dans les mensonges que les gens se racontent, et dans l’indifférence face à ce qui se passe

L’incroyable fuite, le déni et la répression d’Israël sont visibles partout : dans l’apathie à propos de l’occupation, dans l’ignorance, dans les mensonges que les gens se racontent, et dans l’indifférence face à ce qui se passe – et désormais dans les mouvements contestataires.

C’est un phénomène nouveau et fascinant : la contestation pour fuir la réalité. C’est ce qui s’est passé cette semaine en Israël. Imaginez ce que nous aurions pensé si les blancs en Afrique du Sud, à l’époque de l’apartheid, étaient descendus dans la rue pour défendre le droit des hommes à devenir parents grâce à la gestation pour autrui, tandis que la population noire continuait à vivre sous un régime malfaisant. C’est exactement ce qui s’est passé en Israël cette semaine.

Le vrai opprimé peut attendre. Israël participe à la marche des fiertés.

 

– Gideon Levy est un chroniqueur et membre du comité de rédaction du journal Haaretz. Il a rejoint Haaretz en 1982 et a passé quatre ans comme vice-rédacteur en chef du journal. Lauréat du prix Olof Palme pour les droits de l’homme en 2015, il a obtenu le prix Euro-Med Journalist en 2008, le prix Leipzig Freedom en 2001, le prix Israeli Journalists’ Union en 1997 et le prix de l’Association of Human Rights in Israel en 1996. Son nouveau livre, The Punishment of Gaza, a été publié par Verso en 2010. 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : des pro-LGBT participent à une manifestation à Tel Aviv, le 22 juillet 2018 (AFP).

Traduit de l’anglais (original).

Le père Paolo Dall’Oglio – Cinq ans après sa disparition en Syrie


 

Voici ce que j’ai retenu des rencontres auxquelles j’ai assisté à Paris avec le jésuite Paolo Dall’Oglio ou autour de ses idées. Et les traces les plus significatives qu’il a laissées sur la Toile en langue française, du fait de son engagement en faveur des Syriens aspirant à la liberté. Depuis sa disparition le 29 juillet 2013, à Raqqa, dans le nord-est de la Syrie, aucun signe de vie ni aucune preuve de sa mort n’ont été communiqués ni aux autorités italiennes, ni au Vatican, ni à ses proches.

Le 25 septembre 2012 à la mairie du XXe arrondissement à Paris – Les chrétiens de Syrie par le père Paolo Dall’Oglio :

Cet homme est un jésuite italien, qui a restauré de ses propres mains dans les années 80 le monastère Mar Moussa al-Habachi [Saint Moïse l’Abyssin], du XIesiècle, dans le désert au nord de Damas, avec l’aide de jeunes. (À l’époque, l’État donne des permis de résidence à des chrétiens étrangers pour apporter leur aide à la minorité chrétienne). Il est très engagé dans le dialogue interreligieux et unanimement respecté dans l’opposition syrienne, toutes communautés confondues. Contraint de quitter la Syrie, qui était devenue sa deuxième patrie en juin 2012, il ne mâche pas ses mots au point d’irriter certains chrétiens syriens venus se mêler aux opposants syriens de Paris car il ose parler politique : « Le départ de Ben Ali a eu pour nous comme un parfum pascal. Depuis 2005, le régime nous interdisait d’utiliser les mots “société civile” ! Cependant, nous avons tout essayé pour que ce moment advienne.

Au début du soulèvement, j’ai suggéré la création d’un Centre international sur les pathologies politiques et demandé l’envoi de 50 000 acteurs non-violents de la part de la communauté internationale. J’ai aussi prévenu l’ambassadeur de France à Damas Éric Chevallier : il faudra 200 000 morts pour qu’Assad parte. » [Sur ce point, il s’est trompé !]

Monastère de Mar Moussa al-Habachi

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