Burqa : «Une manière d’adopter le stigmate par lequel on est discriminé»


RELIGION – Chercheur à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Mohamed-Cherif Ferjani est professeur de civilisation arabo-musulmane à Lyon-II. Après la demande, par le député maire communiste de Vénissieux, André Gerin, d’une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa, il revient pour Libération sur les pratiques vestimentaires revendiquées au nom de l’islam (1)…

niqab

Burqa, niqab, khimar, hijab : quelles origines pour ces différents vêtements et quels sens religieux ?

La burqa est un habit qui couvre la tête et le corps de la femme avec une grille au niveau des yeux permettant de voir sans être vue. La plupart des sociétés musulmanes ignoraient cet habit jusqu’à sa popularisation, via la médiatisation de la situation au Pakistan ou en Afghanistan.

Il n’a aucun sens religieux. Le niqab est un voile couvrant le visage à l’exclusion des yeux; c’est aussi une façon traditionnelle de s’habiller dans les milieux citadins conservateurs de certains pays, dont l’Algérie. Comme toutes les pratiques vestimentaires dites islamiques, pour les femmes comme pour les hommes, il s’agit d’abord de coutumes, tribales ou citadines, qui n’avaient rien de religieuses.

En revanche, le khimar, qui est une voilure que l’on rabat sur l’échancrure des vêtements, est mentionné dans le Coran. Les compagnons de Mahomet se plaignant que leurs femmes puissent être confondues avec des prostituées, le Prophète avait suggéré qu’elles «rabattent la voilure sur l’échancrure de leurs habits» . Enfin, le hijab est dans le Coran un rideau : «Vous ne vous adresserez à elles [les épouses du Prophète, ndlr] qu’au travers d’un hijab.» Cela s’est ensuite traduit par l’interdiction pour une femme de se montrer en public, et aujourd’hui par un vêtement qui couvre le corps, les pieds, les mains, pas le visage.


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