« Libérez Ali Aarrass »


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Ce Belgo-Marocain est emprisonné en Espagne depuis plus d’un an sans qu’aucune charge ne pèse contre lui, selon sa sœur

BRUXELLES Cela fait 494 jours qu’Ali Aarrass croupit dans une prison espagnole, « sans aucune autre forme de procès » , affirme sa sœur Farida. Né voici 46 ans à Melilla, l’enclave espagnole située sur la côte nord-est du Rif oriental du Maroc, Ali Aarrass fait partie des très nombreuses (1.500 selon Amnesty International) personnes arrêtées suite à l’attentat commis à Casablanca en 2003.

Selon sa sœur , qui tente en vain de mobiliser le monde politique belge depuis Bruxelles, aucune charge probante ne pèse contre son frère. « En 1982, on l’a accusé de faire partie du mouvement moudjaïdine, c’est faux. Puis, il a été arrêté une première fois en 2006 pour port d’arme illégal. On n’a jamais montré l’arme qu’il était censé posséder. Le juge Baltasar Garzón avait d’ailleurs prononcé un non-lieu dans cette affaire. »

Rebelote le 1er avril 2008. « Le Maroc dit soupçonner mon frère d’avoir participé aux attentats de Casablanca en 2003. La police affirme qu’il fait partie du réseau terroriste d’Abdelkader Belliraj. Tout cela est faux. Il ne connaît pas Belliraj et, lors des attentats de 2003, j’ai la preuve qu’il était à Bruxelles. »

Ali Aarrass a d’ailleurs vécu une quinzaine d’années à Bruxelles. Il a fait son service militaire dans l’armée belge, a tenu une librairie à Molenbeek puis est reparti dans sa ville natale pour retrouver son père. Depuis, il s’est marié et a adopté une petite fille : Amina.

Aujourd’hui, sa sœur Farida craint son extradition vers le Maroc. « Les autorités belges ne peuvent rien faire pour lui, me dit-on officiellement. Elles pourraient néanmoins user de la voie diplomatique. S’il est extradé vers le Maroc, je crains qu’il soit torturé. Et là, on ne le reverra plus. »

Un recours auprès de la Cour Constitutionnelle est en cours. Son issue, pour autant qu’elle soit positive, pourrait tomber trop tard, craint encore sa sœur. « Mon frère a changé trois fois de prison en Espagne. À chaque fois un peu plus au Sud, plus près du Maroc. Il a entamé une grève de la faim pour que l’on s’intéresse un tant soit peu à son sort. »

La démarche , couplée à une manifestation dans le centre de Mellila, semble avoir porté quelques fruits en Espagne. Le maire de la ville a affirmé qu’il s’opposerait à son extradition. En Belgique, les mails envoyés par Farida à toutes les formations politiques francophones du pays attendent toujours une réponse.

Mathieu Ladevèze

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A lire, hélas, le courrier des lecteurs

L’Islam d’une scandaleuse


par Catherine Stoll- Simon

isabelle

Mériem, Mahmoud, Nicolas Podolinsky… Isabelle Eberhardt signait ses textes sous de nombreux pseudonymes féminins ou masculins et beaucoup n’ont retenu de ce personnage atypique que cette capacité singulière à brouiller les cartes de son identité, à s’habiller en bédouin et à vivre en homme.

Insoumise à l’ordre bien établi de la fin du 19 è siècle, féministe à sa manière, aventurière en quête d’un « ailleurs » sans exotisme : il fallait que cette jeune Russe fut d’abord tout cela pour oser quitter la Suisse et l’Occident à 19 ans, rejoindre le Sahara algérien et s’y fixer définitivement jusqu’à ce jour d’octobre 1904 où la crue d’un oued l’emporta. Elle n’avait que 27 ans.

Destinée hors du commun qui inspira passions, légendes et fantasmes. Il est vrai que cette grande amoureuse du désert et du Maghreb fut une scandaleuse d’exception : à Genève d’abord, là où elle vécut ses « années occidentales », on la croisait dans les rues habillée en marin ; elle y menait une vie de bohême libertaire, fréquentant les milieux anarchistes et activistes de Genève, militant même en faveur de l’indépendance de la Macédoine ; à Bône, en Algérie où elle se fixa quelques mois avec sa mère et où ces étranges étrangères ne recevaient que des « indigènes » au grand dam des colons bon teint ; à Tunis, -où elle ne fit que passer- et où elle mène alors, entre amis et amants arabes, une vie turbulente peu conforme aux standards d’une jeune fille d’origine aristocrate.

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