Le boycott est légitime lorsqu’il est réclamé par l’opprimé


Kim PETERSEN (Dissident Voice)

Les préjugés ne se présentent pas toujours sous des traits hideux. Il en va de même pour le sionisme et le racisme. Il est tout à fait possible que des personnes bien intentionnées aient des préjugés et, pire encore, agissent selon ces préjugés.

stop

Uri Avnery s’élève contre les brutalités infligées aux Palestiniens. Il fait campagne pour la paix avec les Palestiniens. Mais il a également un passé sioniste, il est né en Europe et a combattu avec l’organisation terroriste Irgoun dans l’holocauste (la Naqba) commis contre les Palestiniens. Plus tard, il reniait les méthodes d’Irgoun. Il est contre la guerre, mais il n’est pas contre le fait de recueillir les fruits de la guerre. Il soutient une solution à deux états. En d’autres termes, les Juifs israéliens garderont les fruits de ceux qu’ils ont dépouillés – cela, tout en continuant de faire pression pour récupérer ceux qu’on leur a pris. (1)

Avnery préconise l’utilisation sélective de tactiques contre le sionisme.

lire la suite ici

David Foster Wallace


story

CE PROFESSEUR d’écriture
réunissait des qualités
rarement associées : l’ironie
et la distance caustique.© D.R.
© DUPUIS.

Hommage à la note de bas de page

Livres / Le 12 septembre 2008, D.F. Wallace tirait sa révérence
Le Soir Mercredi 2 septembre 2009

● L’écrivain se savait cerné par la télévision,
l’obscénité, le facile, le crétin.

● David Foster Wallace n’était pas qu’un
drôle. « Time Magazine » a rangé son roman
« Infinite Jest » dans le Top 100 des oeuvres
littéraires américaines de tous les temps.

MADRID
DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE
tv5monde.com

La réalité est que mourir
n’est pas mal, mais ça
vous prend tout le reste de
la vie », notait David Foster Wallace
dans une nouvelle préfigurant
son suicide (1). Selon ce texte,
il se serait donné la mort le
19 août 1991, ce qui, pour une fiction,
n’était pas mal vu : l’Histoire
retiendra que le 12 septembre
2008, il y a juste un an, l’un des
écrivains américains les plus prometteurs
du postmodernisme se
donnait en effet la mort dans le
patio de sa résidence de Clarmont
(Californie). Une dépression
de longue date et un traitement
médical interrompu ont eu
raison d’équilibres neurologiques
aléatoires – mais sublimes
lorsqu’ils se déversaient sur la page
blanche.
Parce qu’il était peu traduit et
son oeuvre phare sans doute intraduisible
(2), l’Europe n’a pas
de suite décelé la portée du drame.
Englués dans le débat présidentiel,
les Etats-Unis mettront
plusieurs semaines avant de mesurer
l’ombre laissée par le pendu.
The New Yorker, pourtant
éditeur régulier de ses textes
courts, ne lui rend hommage
qu’en mars 2009 mais avec une
hyperbole cinglante : The Unfinished
(L’infini ou L’inachevé selon
les lectures), variation sur le
titre de son oeuvre majeure, Infinite
Jest (Une plaisanterie sans
fin).
Il y a aujourd’hui 3,1416 bonnes
raisons de ne pas enterrer
Wallace. L’écrivain se savait cerné
par la télévision, l’obscénité,
le facile, le crétin (3), mais aussi
par le support électronique et
l’hyperlink qu’il ne pouvait mépriser.
Pour lui, la linéarité de
l’écriture était une contrainte imposée
à l’esprit, une fiction à laquelle
il ne pouvait se résoudre.
« Dans une vie d’homme, nombre
des impressions et pensées importantes
flashent dans votre tête
si vite que “vite” n’est même
pas le mot approprié, elles semblent
à ce point extérieures, si différentes
de ce temps régulier, horloger,
séquentiel dans lequel
nous vivons tous, et elles ont si
peu de relations avec cette sorte
d’anglais linéaire, un mot après
l’autre, dans lequel nous communiquons
tous que cela prendrait
aisément une vie entière juste
pour décortiquer une fraction de
seconde (…) » (1)
D’où l’usage déroutant, assommant
ou subversif (4) qu’il fait de
notes de bas de pages. Des notes
informatives, incises ; ou décalées,
envahissantes, prenant le
pas sur le récit principal. Et vous
voilà soudain dans une coursepoursuite
où l’oeil gauche assimile
en pleine page une fiction déjantée
en caractères romains
corps 12, cependant que l’oeil
droit glousse en découvrant les
gloses sauvages semées en bas de
page, italiques corps 9. (5)
Précis, pas précieux
Mais David Foster Wallace
n’était pas qu’un drôle et les
388 notes de bas de page d’Infinite
Jest ne résument pas 1.079
pages de talent. Si ce roman figure
au Ttop 100 de Time Magazine
des oeuvres littéraires américaines
de tous les temps, c’est
parce que ce professeur d’écriture
créative réunissait deux qualités
rarement associées : l’ironie,
la distance caustique, mais un intérêt
réel du détail capté au plus
près. Cette double focale assure
une vue globale dans la netteté,
sans mépris, sans simplification
mais sans prise de tête.
Rodé aux argots et jargons,
Wallace n’oubliait pas que chaque
communication, dans chaque
sous-culture, joue sur un vocabulaire
qu’il faut maîtriser.
Ces mots offrent la précision du
propos, tout en trahissant l’âme
réelle du sujet exploré. Qu’on parle
latex sadomaso, abrutissement
télévisuel ou dépression sévère,
Wallace avait englouti les
dicos de chacun des spécialistes,
connaissait les derniers essais,
au point de publier des essais critiques
et comparés de dictionnaires
de la langue anglaise. Puis,
lesté de ces savoirs, il en jouait,
en jouissait en toute liberté de
style, en rappelant à ses élèves ceci
: les seules règles d’écriture
qui valent « tiennent leur ultime
justification dans le besoin de notre
communauté de rendre son
langage clair et signifiant. » (6)
Que David Foster Wallace ait
saboté sa Rolex intérieure pour
qu’elle marque définitivement
46 ans est simplement navrant.
Les happy few se consoleront
avec la publication de son ultime
roman, The Pale King, attendu
pour 2010. Un roman infini, ou
inachevé, à vous de voir. ■
ALAINLALLEMAND

(1) Good old Neon, dans Oblivion, Little,
Brown & Co, New York, 2004.

(2) On lira en français Un truc soi-disant
super auquel on ne me reprendra pas (essais
et chroniques) et Brefs entretiens
avec des hommes hideux (nouvelles),
tous deux traduits par Julie et Jean-René
Etienne et publiés en 2005 aux Editions
Au diable vauvert. Son oeuvre majeure,
Infinite Jest, est publiée en langue américaine
par Little, Brown & Co.

(3) Sur la télévision, un sublime E Unibus
Pluram, la télévision et la littérature américaine,
essai traduit en français et repris
dans Un truc soi-disant super… ; sur l’obscénité
et le crétin, deux essais réunis
dans le succulent Consider the Lobster
And Other Essays, L, B &Co, 2006. Essais
succulents parce qu’ils examinent entre
autres choses la souffrance infinie du homard
plongée dans l’eau bouillante
(« comme vous pouvez l’imaginer, inimaginable
»), et dont la couleur rappelle soudainement
celle des rednecks du Mid-
West qui vont se bâfrer d’arthropodes.

(4) Selon affinités.

(5) Dans un seul cas (Host, inclus dans
Consider The Lobster and…), il avait poussé
l’expérience jusqu’à remonter ces notes
en autant de petits cadres insérés
dans le texte, ces cadres donnant euxmêmes
accès à des sous-cadres. Des flèches
assurent les liens logiques et confèrent
à la page l’aspect de circuits imprimés.
Ben tiens : imprimés…

(6) Authority and American Usage, dans
Consider the Lobster and…
source

Une station de radio palestinienne fermée par l’armée et rouverte ?


Vous pouvez l’entendre ici

pourtant …

27/08/2009

Les soldats de l’occupation israélienne ont fait irruption mardi soir dans les locaux de radio Bethlehem 2000 à Beit Jala, près de la ville cisjordanienne de Bethléem, et ont confisqué son équipement.

Reporters sans frontières condamne l’attaque israélienne

Le directeur de la station, George Qanawati a déclaré que les soldats ont confisqué tout l’équipement et que la station est hors antenne.

Qanawati a condamné l’attaque israélienne et considère que c’est une tentative pour faire taire les médias. La radio émettait en ligne et aussi sur les ondes. Le site Internet de la radio affiche actuellement un écran noir où on peut lire en rouge :

« Veuillez nous excuser, nos émissions ont été arrêtées quand les soldats de l’occupation ont fait irruption dans nos locaux et ont confisqué notre équipement ».

Entre-temps Reporters sans frontières a condamné l’armée israélienne pour avoir attaqué radio Bethlehem 2000, à Bethléem, l’avoir fermée et confisqué son équipement. L’association a ajouté que l’attaque est arbitraire et viole la liberté de la presse.

Dans un communiqué de presse, l’association Reporters sans frontières a dit que l’armée israélienne n’a pas fourni d’explication pour la fermeture de la station et elle a demandé instamment à l’armée de rendre le matériel confisqué et de permettre à la station de reprendre ses émissions sans délai.

L’armée d’occupation n’a pas présenté de mandat, mais elle a confisqué l’équipement. L’un des soldats à « justifié » l’attaque en disant « nous ne voulons plus entendre Radio Bethlehem 2000 ».

Radio Bethlehem 2000 a été fondée en 1996. Reporters sans frontières a dit que la station n’émet pas de programmes politiques et ne diffuse que de la musique et des programmes locaux.

source

Tibhirine


Ayant vu une émission sur TV 5 monde hier, je vous ai trouvé ceci au sujet des sept moines assassinés, mais par qui ? en Algérie.
christian_small

Le texte qui suit est la reproduction intégrale du testament spirituel rédigé par Dom Christian Marie de Chergé, prieur de Notre-Dame de l’Atlas. Un testament laissé à sa famille en 1994.

Dom Christian Marie de Chergé est l’un des sept moines trappistes assassinés par le GIA en Algérie. (pas si sûr)

Quand un A-Dieu s’envisage

S’il m’arrivait un jour, et ça pourrait être aujourd’hui, d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent que ma vie était donnée à Dieu et à ce pays.

Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal.

Qu’ils prient pour moi: comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande?

Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat.

Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance.

J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément.

J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout coeur à qui m’aurait atteint.

Je ne saurais souhaiter une telle mort. Il me paraît important de le professer.

Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.

C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’Islam.

Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’Islam qu’encourage un certain idéalisme.

Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.

L’Algérie et l’Islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Evangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première église, précisément en Algérie, et, déjà dans le respect des croyants musulmans.

Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste: « qu’il dise maintenant ce qu’il en pense! »

Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui Ses enfants de l’Islam tels qu’il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le Don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.

Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette joie-là, envers et malgré tout.

Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes soeurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis!

Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce merci, et cet « A-Dieu » envisagé de toi. Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux.

Amen!

Inch Allah!

Alger, 1er décembre 1993 Tibhirine, 1er janvier 1994,
DOM Christian-Marie de Chergé

source

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