Les oulémas syriens aux XXe-XXIe siècles: leçon publique de Th. Pierret


Le CISMOC a le plaisir de vous inviter à la leçon publique durant laquelle Thomas Pierret présentera sa thèse de doctorat en Sciences politiques et sociales :

Les oulémas syriens aux XXe-XXIe siècles. La tradition comme ressource face aux défis du changement social et de l’autoritarisme

Elle aura lieu le jeudi 10 décembre 2009 à partir de 10 heures à Louvain-la-Neuve, place des Doyens, bâtiment Doyens, local 21

Cette thèse est dirigée par les Professeurs Felice Dassetto (UCL) et Gilles Kepel (Sciences Po Paris).

Jury : Gudrun Krämer (Freie Universiteit Berlin), Elizabeth Picard (CNRS-IREMAM), Amin Aït-Chaalal (UCL), Jean-Pierre Filiu (Sciences Po Paris).

Résumé :

En dépit de la nature pour le moins conflictuelle des relations entre le régime ba‘thiste syrien et les oulémas sunnites du pays, le comportement politique de ces derniers n’est pas celui d’une opposition stricto sensu mais, indépendamment des différences de sensibilité politique, celui d’une élite sectorielle engagée dans un difficile processus de négociation avec le pouvoir. La position relativement avantageuse depuis laquelle les clercs mènent cette négociation est la conséquence de leur capacité à résister à la marginalisation que leur promettaient, au XXe siècle, le changement social et le laïcisme ba‘thiste. Cette résistance résulte non seulement des carences de l’État en matière de bureaucratisation et de l’adoption par les oulémas d’instruments éducatifs modernes, mais aussi de l’utilisation par ces mêmes oulémas des ressources offertes par les conceptions traditionnelles de l’autorité religieuse en vue d’élargir leur audience dans le contexte du « réveil » islamique contemporain. La première partie de ce travail décrit la structuration des scènes religieuses damascène et alépine depuis l’époque mandataire jusqu’à nos jours. La seconde partie s’intéresse à deux dimensions-clés de la légitimation des oulémas, à savoir les questions de leur formation, partiellement institutionnalisée depuis la fin de l’ère ottomane, et de la définition de l’orthodoxie, dont la conception traditionnelle a été remise en cause par le réformisme salafiste contemporain. Quant à la troisième partie, elle étudie l’intégration croissante, même si conflictuelle, des clercs sunnites dans une coalition élitaire composée d’acteurs économiques et politico-militaires.

Cordialement,

Thomas Pierret