Solidarité avec Gaza : le jeu curieux de l’Egypte


Les autorités égyptiennes semblent alterner le chaud et le froid dans leurs rapports avec les militants internationaux qui tentent de rallier la bande de Gaza par le Sinaï pour apporter un témoignage de solidarité aux Palestiniens assiégés. Deux grandes initiatives se développent simultanément : d’une part, une « marche pour la liberté » dont les 1.400 participants venus de 43 pays restent pour le moment coincés pour la plupart au Caire, et d’autre part, le convoi « Viva Palestina », qui comporte 250 véhicules (dont une bonne moitié d’ambulances).

Les nouvelles concernant ce convoi inclinent ses organisateurs à l’optimisme : venus de Londres jusqu’à Akaba, le port jordanien sur la mer Rouge, en passant par l’Italie, la Grèce, la Turquie et la Syrie, les militants s’étaient retrouvés bloqués à Akaba jeudi dernier en raison du refus du Caire, invoquant « des raisons de sécurité » de les laisser embarquer pour le port égyptien de Nuweiba (d’où ils auraient pu gagner Rafah par la route).

« Grâce à la médiation des Turcs, qui ont d’ailleurs une grosse délégation parmi nous, on a trouvé une solution, nous dit par téléphone Kenza Asnasni, l’une des onze Belges du convoi. Mais nous avons dû rebrousser chemin après avoir attendu cinq jours en vain à Akaba. Nous retournons en Syrie, où deux bateaux affrétés par les Turcs, je crois, nous attendent. De là, nous naviguerons jusqu’au port égyptien d’El Arish, non loin de Rafah. L’accord conclu nous autorise à nous rendre à Gaza avec nos véhicules chargés d’aide, médicaments, matériel scolaire, vêtements, couvertures, etc. Nous espérons y arriver pour le 31 décembre. En tout cas, nous n’avons qu’à nous louer de l’hospitalité des Jordaniens, et aussi des Syriens. »

D’autres Belges vivent, eux, une expérience plus amère. Ils font partie des quelque 1.400 militants internationaux qui veulent aussi se rendre à Rafah, pour une « marche de la liberté » projetée de très longue date avec l’assentiment officieux des autorités égyptiennes qui avaient demandé – et obtenu – toutes les coordonnées de chaque voyageur. Ces mêmes autorités leur ont finalement fait valoir de semblables arguments sécuritaires pour les empêcher de gagner Rafah.

« Une partie d’entre nous avait réussi à louer cinq bus lundi, mais nous avons été interpellés à une heure de route du Caire par la police et forcés de battre retraite, nous raconte par téléphone le Français Julien Rivoire. D’autres ont eu de semblables mésaventures, seuls quelques-uns, une quarantaine, avaient réussi à gagner auparavant El Arish, près de Rafah, où ils sont également coincés. »

Les quelque trois cents Français présents au Caire ont passé la nuit de lundi à mardi sur le trottoir de leur ambassade. « Je dirais que nous avons reçu un soutien, mais minimal, de l’ambassade, continue Rivoire. Les Egyptiens avancent des arguments à propos de notre sécurité, mais nous savons qu’ils font face à de grosses pressions israéliennes et américaines. D’ailleurs, Américains et Européens soutiennent la construction du mur souterrain récemment entreprise par les Egyptiens pour en finir avec les tunnels à Rafah ».

Notre interlocuteur ne nie pas que la politique intérieure égyptienne joue un rôle dans cette histoire, en ce sens que la confrérie des Frères musulmans, puissante, juste tolérée mais quand même harcelée en Egypte, est proche du Hamas, qui domine à Gaza. « Oui, nous savons que le régime égyptien ne tient pas à ce que les islamistes, à Gaza, puissent clamer qu’ils ont obtenu un succès, fût-ce l’arrivée de militants venus montrer leur solidarité, un an après l’agression israélienne, avec une population palestinienne victimes d’un siège illégal. »

Depuis lundi, quelques-uns des marcheurs pour la liberté bloqués au Caire observent une grève de la faim en guise de protestation. Parmi eux, une Américaine de Saint-Louis, Hedi Epstein, 85 ans, rescapée de la Shoah.

BAUDOUIN LOOS


SEVEN protestors were injured as Egyptian plain clothes police turned violent at a Cairo street demonstration organised by peace activists. Nearly a thousand Gaza Freedom Marchers, representing 42 different nationalities, brought the Egyptian capital to a standstill at one point when they sat down on a main road in Tahrir Square. The surprise demonstration took Cairo police by surprise after they blockaded a hotel nearby where nearly 30 of the GFM were staying. Around 700 maintained their sit-in for 20 minutes until police reinforcements arrived to remove the defiant peace activists who were chanting: « We want to march to Gaza. » Mick Napier, the chair of the Scottish Palestine Solidarity Campaign said: « The police used excessive force and at one stage several female protestors were punched and kicked. A couple had their hijabs ripped away from their head. « Many of us were taken aback by the naked aggression of the police as this was a non-violent protest. Around 1400 of us arrived in Cairo a few days ago to go to Gaza but a travel ban was imposed and we’ve been stuck in the capital. »