Palestine/Israël : Un Etat unique, avec liberté et justice pour tous


4 janvier 2010 – 08h:22

Susan Abulhawa et Ramzy Baroud

Avant la création d’Israël, la Palestine était multi-religieuse et multi-culturelle. Chrétiens, musulmans, juifs, arméniens, grecs orthodoxes, pour ne citer que quelques-uns, tous y avaient leur place, et tous vivaient en relative harmonie.

Il est temps pour les dirigeants de suivre le mouvement vers un Etat unique et démocratique avec la liberté et la justice pour tous.

D’autres nations ont fait des guerres et ont mené des luttes épiques pour atteindre le type de coexistence qui était déjà une réalité en Palestine.

Mais alors que le monde s’efforce d’évoluer vers de nobles vérités disant que nous sommes tous créés égaux, Israël a institutionnalisé la notion de peuple élu bénéficiant de droits et privilèges exclusifs au profit des Juifs. Tandis que les autres pays agissent pour l’intégration de leurs citoyens et ainsi créer la richesse de la diversité, Israël travaille dans le sens contraire, en usant de politiques racistes pour « judaïser » la terre par lesquelles des biens et des ressources sont confisqués aux chrétiens et aux musulmans au profit exclusif des Juifs.

Alors qu’il y a consensus pour dire que certains droits de l’homme sont inaliénables, les Palestiniens ont vécu soumis aux caprices des soldats aux postes de contrôle, des avions et des hélicoptères faisant pleuvoir la mort sur eux en toute impunité, des couvre-feux, des restrictions et des dénis de justice, et de la violence de colons armés qui se croient disciples de Dieu.

Vivant sous occupation israélienne, dans les camps de réfugiés ou en exil, nous, les Palestiniens avons tout enduré, tout nous étant cyniquement volé – nos maisons, notre patrimoine, notre histoire, nos familles, nos moyens de subsistance, nos fermes, nos oliveraies, notre eau, la sécurité et la liberté. Dans les années 1990, nous avons appuyé les accords d’Oslo, solution à deux États, même si celle-ci ne devait nous retourner que 22% de notre patrie historique. Mais Israël a gaspillé à plusieurs reprises notre générosité en confisquant davantage de terres palestiniennes pour accroître les illégales colonies juives et les routes exclusivement juives.

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« NOTRE PARTICIPATION À LA GAZA FREEDOM MARCH »


un point de vue qui n’est pas partagé par tous les participants

Geneviève, Cécile et moi avons participé à la Gaza Freedom March dans le cadre de la délégation française organisée par le CAPJPO/Euro-Palestine (300 personnes).
Ce qui suit est écrit sous ma responsabilité mais ne trahit pas, je pense, la position des deux autres.

Comme tout le monde le sait sans doute, nous n’avons pu quitter le Caire.
Dans ces conditions, nous avons réalisé collectivement ce qui nous est apparu le meilleur que nous puissions faire : tenir pendant une semaine une « zone libre » en plein Caire, consacrée à la propagande pour le peuple Palestinien contre le blocus de Gaza.

De facto, la délégation française s’est trouvée jouer ainsi un rôle d’avant-garde par rapport à la Coordination internationale avec laquelle les désaccords tactiques et stratégiques sont apparus significatifs: tenir prioritairement le pas politique gagné (« la bande de Giza ») ou fuir en avant dans un activisme sans principe ; nous adresser en égalité de statut au peuple égyptien et cairote, soldats compris, ou nous comporter en Occidentaux abusant sans vergogne d’un privilège d’impunité (pour un certain nombre de marcheurs, la « démocratie » qu’ils brandissaient avec arrogance face aux Égyptiens n’était que le nouveau nom du bon vieux « colonialisme »…).

Grâce aux efforts de tous, l’unité des marcheurs venus de France a pu être préservée, ce qui nous semble, au bout du compte, avoir constitué une bonne chose dans les conditions du moment (cette unité était la condition sine qua non pour tenir le lieu politique inventé sur le pouce).
Il est clair que si l’initiative d’une telle marche devait être reprise en décembre 2010, nous déciderions éventuellement d’y intervenir tout autrement.

Au total, nous n’avons guère appris sur les Palestiniens et très peu sur les Égyptiens, mais beaucoup sur ce que veut dire « communauté internationale des activistes ». C’est en soi un résultat.

Par ailleurs, nous avons eu l’impression que l’invention et la tenue de ce lieu politique en plein Caire a constitué un micro-événement (effervescence rappelant par certains traits les occupations de mai 68) dont on ignore encore les éventuelles répercussions à l’intérieur de l’Égypte. Il est en tous les cas patent que la question du mur égyptien est désormais posée là-bas sur la place publique, et que le peuple égyptien n’est pas du côté « Occidental »…
Ce pays, par bien des côtés, apparaît comme socialement et politiquement très fragile (1,5 millions de policiers, finalement entretenus par les EU qui versent 1,5 Mds de $/an à Moubarak) et constitue en même temps l’élément-clef du dispositif « occidental » dans la région (ne pas oublier qu’il est à cheval entre l’Afrique et l’Asie…). Faut-il en conclure qu’il constitue un maillon faible du camp « Occidental »? L’avenir nous le dira.

En complément, voici la tribune libre envoyée à L’Humanité pour parution éventuelle dans son édition spéciale de lundi matin.

Les marcheurs venus de France inventent en plein Caire une « bande de Giza »
Trois cent personnes venues de France ont participé à la Marche internationale pour Gaza. Le gouvernement égyptien, ayant décidé de l’interdire, a dissuadé les compagnies d’autobus d’honorer leurs contrats de location. Ainsi la délégation française, rassemblée dimanche 27 au soir devant l’Ambassade de France, s’est-elle retrouvée dans l’impossibilité de quitter le Caire. Après avoir improvisé une occupation de la chaussée, les marcheurs ont obtenu le droit d’occuper le trottoir longeant l’Ambassade, d’abord pour une nuit, puis, finalement, pour toute la semaine.
Pendant cinq nuits et cinq jours de suite, s’est ainsi mise en place une « zone libre » en plein Caire (quartier Giza), soustraite à l’autorité directe tant de l’Égypte que de la France, un rectangle ceinturé sur trois de ses côtés par un double rang de militaires et policiers égyptiens, sur son quatrième côté par les murs et grilles de l’Ambassade, une étroite bande de 5×100 mètres, faisant face au Zoo et bordée par une des principales artères du Caire (2×3 voies automobiles), au total une « bande de Giza », métonymie (toutes proportions gardées) de la bande de Gaza sur laquelle il s’agissait, précisément, d’attirer l’attention générale.
L’invention et la tenue persévérante de ce lieu ont permis aux marcheurs venus de France de relever l’honneur d’une France émancipatrice, bafouée par cette France corruptrice de Sarkozy qui collabore honteusement à la construction par l’Égypte d’un mur souterrain au sud de la bande de Gaza.
Le lieu, inventé et tenu au vu et au su de toute la ville, a opéré comme meeting permanent et public, comme tribune s’adressant à la population égyptienne au moyen de banderoles, drapeaux incessamment agités et slogans indéfiniment répétés : environ un million de Cairotes a longé en voiture cette « free zone » durant la semaine et a pu ainsi prendre connaissance de nos mots d’ordre.
De nombreuses manifestations de solidarité nous sont venues de passants égyptiens, à commencer par des chauffeurs de taxi qui ont lancé la directive de klaxonner (deux longues, deux brèves, une longue : « Ta-Hyâ Pa-les-tine ! » [1]) lorsqu’ils longeaient notre campement, sans compter les signes de soutien que nous adressaient discrètement les très jeunes soldats du contingent mobilisés pour nous encercler. Au demeurant, notre soirée du 31 a donné lieu à une scène de fraternisation avec la troupe égyptienne : notre camp a obtenu, après manifestation, que les gradés égyptiens remettent à disposition de leurs soldats, maintenus debout dix heures durant sous le soleil à ne rien faire d’autre que nous regarder, les bancs installés la veille.

Après avoir obtenu le droit de sortir et revenir (individuellement) de notre no man’s land, nos journées ont été occupées à des manifestations incessantes de long en large de notre maigre bande – sortes de marche dans la Marche -, par d’innombrables discussions et échanges, en particulier avec les marcheurs d’autres pays venus nous rendre visite. Ce lieu, en effet, a très vite servi de point de ralliement aux 1400 marcheurs (venus de plus de 40 pays différents) confrontés à la même impossibilité de quitter le Caire en cars et se retrouvant éparpillés pendant la semaine en différents hôtels. D’où d’incessantes visites, prises de parole, réunions de coordination, etc.

Si notre objectif principal était de conserver ce lieu, hasardeusement conquis, en sorte de tirer parti maximal de l’effet de tribune que nous offraient ainsi involontairement les autorités égyptiennes, cet endroit a également servi de base arrière pour de nombreuses interventions extérieures – marche symbolique dans Le Caire au jour et heure (le 31 à 10h) où la Gaza Freedom March devait démarrer vers Eretz, intervention de marcheurs musulmans dans une grande mosquée du Caire, dépose d’un drapeau palestinien sur une pyramide, manifestation devant l’ambassade d’Israël…

Au total, quelque chose s’est passé autour de cette Giza strip, qui concerne tant la mobilisation internationale pour lever le blocus de Gaza qu’une mobilisation égyptienne, semble-t-il croissante, pour se lever contre la construction d’un nouveau mur égyptien. De quelles répercussions politiques à long terme ce micro-séisme (à échelle égyptienne) est-il éventuellement porteur ? Par delà notre détermination à continuer (pour notre part de musicien en organisant en Europe des « Galas pour Gaza » [2]), l’avenir seul dégagera plus clairement ce qui s’est mis en marche.

François Nicolas, compositeur, « musicien avec Gaza » [3]

[1] « Vive la Palestine ! »
[2] http://www.egalite68.fr/musiciens
[3] Voir L’Humanité du 19-19-09

source

Conférence de presse de l’ABP


Ce petit mot pour vous rappeler que nous organisons une petite conférence de presse demain pour livrer nos premiers témoignages de retour du Caire.
Pour ceux qui sont de retour en Belgique: vous êtes les bienvenus & on croise les doigts pour ceux, encore au Caire, qui tentent une dernière fois d’entrer à Gaza.
La conférence de presse se tiendra au CNCD (9 quai du Commerce) demain mardi 5/01 à 11h.
Cordialement,
Nadia

CE 6 JANVIER, LUK VERVAET RECLAME JUSTICE !


Le CLEA vous donne donc rendez-vous ce mercredi 6 janvier à 8 heures 45, à l’entrée du Palais de Justice de Bruxelles, afin d’assister à la session, qui durera une heure.

Ce mercredi 6 janvier à 9 heures, devant le tribunal des référés de
Bruxelles, aura lieu le procès en appel de Luk Vervaet contre l’Etat belge.

Le professeur, qui ne peut plus enseigner le néerlandais aux prisonniers
en raison des ses prises de position critiques envers l’administration
pénitentiaire, entend obtenir la suspension de l’interdit professionnel
le frappant depuis le 10 août 2009 et avoir accès à son dossier
personnel, qui est toujours tenu secret. Sur ces deux points, le 16
octobre dernier, le tribunal de première instance de Bruxelles avait
donné raison à l’Etat belge et au Ministre Declerck. Un recours
a également été introduit auprès du Conseil d’État.

Le CLEA vous donne donc rendez-vous ce mercredi à 8 heures 45, à
l’entrée du Palais de Justice de Bruxelles, afin d’assister à la session
du 6 janvier, qui durera une heure.

Un grand merci pour votre solidarité !
Merci aux 918 signataires de la pétition en ligne et aux 67 personnes
qui ont fait leur contribution au Fonds de soutien Luk Vervaet [ http://leclea.be/criminalisation_action_militante/fonds_soutien_luk_vervaet.html ]. Une somme de 3410 euros (objectif : 4500 euros) a pu, ainsi, être récoltée. Votre signature et votre soutien sont, évidemment, toujours les bienvenus sur [ http://www.leclea.be/petition/index.php?lg=fr ] et sur le numéro de compte
000-0902356-62 (IBAN: BE51 0000 9023 5662) au nom de De Ley, Herman,
Vosselaredorp 58B3, 9850-Nevele, avec pour communication: “soutien LV”.

Pour le CLEA,
Daniel Flinker, porte-parole.