Polémique autour des cinémas Utopia


Simone Bitton

Les échos du brouhaha autour de la déprogrammation du film « A cinq heures de Paris » par le réseau de salles Utopia – et son remplacement par mon film « Rachel » – me sont parvenus tardivement, plus d’une semaine après le début de cette étonnante polémique. Je suis actuellement au Maroc où j’enseigne à l’école de cinéma de Marrakech, et ne suis bien entendu pour rien dans cette initiative des animateurs d’Utopia, de même que mon producteur ou mon distributeur français , qui me disent avoir simplement remarqué une très légère hausse dans le volume des demandes d’exploitation du film, tant en France qu’à l’étranger, ce qui est tout à fait normal s’agissant d’un film dont le sujet résonne fortement avec l’actualité.

Tout comme Leon Prudovsky (le réalisateur du film déprogrammé), je ne contrôle pas la distribution de mes films , ces choses se passent entre exploitants et distributeurs. Comme lui, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir la mauvaise surprise d’apprendre qu’une sortie en salles ou une diffusion télévisée d’un de mes films était annulée ou repoussée afin de laisser place à un autre film, à une rediffusion ou à une émission spéciale suite à tel ou tel événement.

Ce sont des choses désagréables qui arrivent souvent dans notre métier, mais s’agissant de « A cinq heures de Paris », qui bénéficie d’une sortie française sur une cinquantaine d’écrans, cette déprogrammation n’a rien de dramatique, d’autant que le film sera montré dans les salles Utopia un peu plus tard.

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Israël peut-il être jugé par un tribunal belge?


Eric David

Fatima el-Mourabiti et Kenza Isnasni étaient à bord du convoi humanitaire pris d’assaut par un commando israélien le 31 mai 2010. Les deux jeunes femmes belges ont décidé de porter l’affaire devant les tribunaux de leur pays. Eric David, spécialiste du droit international, examine la recevabilité de leur plainte.

Dans la mesure où les faits commis par les forces de défense israéliennes (FDI) s’apparentent à des crimes de guerre, voire à des faits de terrorisme maritime, et dans la mesure où des ressortissants belges en ont été victimes, le juge belge pourrait se reconnaître compétent soit au titre de ce qu’on appelle la compétence personnelle passive (compétence du juge à raison d’un crime commis à l’étranger par un étranger contre un Belge), soit au titre de la compétence universelle (compétence du juge belge pour certains crimes de droit international quels que soient le lieu du crime, la nationalité de l’auteur ou celle de la victime).
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Colombie: Monsanto, Del Monte et Cie assassinent les arbres. Et les gens.


Michel Collon

Pourquoi les multinationales détruisent-elles les forêts ? Pour installer sur ces sols fertiles des cultures intensives qui rapportent vite et beaucoup. Et comment s’emparent-elles de ces terres ? Par des méthodes abominables. Des firmes présentes dans nos supermarchés européens se rendent coupables de crimes contre l’humanité…

Ainsi, la firme Del Monte a pratiqué illégalement l’agrobusiness du bananier sur vingt-deux mille hectares dans les hameaux de la Balsa, San José Varsova et Bendito Bocachica. Pour déplacer les populations qui occupaient ces terres, elle a recouru à des milices privées. Les ‘paramilitaires’ comme on dit, ont chassé deux mille cinq cent Afro-Colombiens. Durant cette Opération Genesis, ils ont torturé, fait disparaître et exécuté plus de 85 civils de cette communauté. Afin de semer la terreur, ils ont égorgé Marino López Mena, puis ont joué au football avec sa tête devant la communauté. Les victimes ont été enterrées dans des fosses communes.

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