Feu vert libanais au départ pour Chypre de l’un des navires humanitaires destinés à Gaza


L’un des deux bateaux de militants libanais déterminés à briser, à partir du Liban, le blocus imposé à la bande de Gaza a reçu le feu vert des autorités libanaises pour se diriger vers Chypre, aucune ligne maritime directe n’existant entre Beyrouth et Israël ou les territoires palestiniens.

« Le ministre des Travaux publics et des Transports a donné son accord de principe pour nous diriger vers Chypre, à condition que notre bateau soit conforme aux critères en vigueur », a affirmé à l’AFP Thaer Ghandour, membre de Journalistes sans limites, une ONG libanaise participant à l’expédition

Le cargo Julia, rebaptisé Nagi el-Ali, du nom d’un célèbre caricaturiste palestinien, se trouve actuellement au port de Tripoli, dans le nord du Liban, pour inspection. Il rassemblera, selon les organisateurs, des dizaines de journalistes libanais et étrangers, tandis qu’un deuxième navire, le Mariam, regroupera une cinquantaine de militantes, dont 30 Libanaises. Ce navire attend toujours le feu vert des autorités libanaises. Les deux bateaux seront chargés d’aide.

Samedi, la représentante israélienne à l’ONU a estimé que l’État hébreu était en droit d’user de « tous les moyens » pour éviter que des militants se rendent par bateau du Liban à Gaza, ont affirmé samedi les médias israéliens.

« Nous sommes habitués aux menaces israéliennes. Nous allons poursuivre notre objectif et réaffirmer notre engagement qui est à caractère humanitaire », a indiqué M. Ghandour.

Le Hezbollah a souligné vendredi qu’il n’était pas impliqué dans le projet.

À Jérusalem, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a prévenu le Liban qu’il serait « responsable » si « une confrontation violente et dangereuse » avait lieu.

L’assaut mené le 31 mai par l’armée israélienne contre une flottille humanitaire internationale qui tentait de « briser » le blocus avait coûté la vie à 9 passagers turcs. Pressé après ce raid de desserrer l’étau sur la bande de Gaza, Israël a confirmé dimanche la levée de l’embargo sur tous les « biens à usage civil », tout en maintenant son blocus maritime pour empêcher l’importation de matériel de guerre dans ce territoire palestinien. L’allègement du blocus de la bande de Gaza est « la meilleure décision qu’Israël pouvait prendre », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au lendemain de l’annonce de la levée de l’embargo sur les biens « à usage civil ».

« La décision du cabinet (de sécurité) de lever le blocus civil sur la bande de Gaza et de renforcer le blocus sécuritaire a été prise en coordination avec les États-Unis, le représentant du quartette (pour le Proche-Orient) Tony Blair et d’autres chefs de gouvernement », a expliqué M. Netanyahu lors d’une intervention devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement. « C’est la meilleure décision que pouvait prendre Israël car elle retire au Hamas son principal argument de propagande et nous permet, ainsi qu’à nos amis dans le monde, de nous rassembler autour de nos revendications justifiées en matière de sécurité », a déclaré M. Netanyahu.

À propos des projets d’expéditions maritimes d’Iran et du Liban à destination de Gaza, le Premier ministre a estimé « qu’il s’agit de tentatives de l’Iran et du Hezbollah de forcer le blocus maritime et sécuritaire autour du Hamas ». « C’est pourquoi la décision du cabinet (de sécurité) est aussi importante. Elle nous donne une raison légitime aux yeux de nos amis dans le monde pour renforcer le blocus sécuritaire tout en levant le blocus civil », a répété M. Netanyahu.

Le départ des bateaux iraniens retardé

Par ailleurs, le départ de deux bateaux d’aide humanitaire iranienne pour Gaza a été retardé à une date indéterminée, a indiqué hier un responsable du Croissant-Rouge iranien. « La modification, selon les prescriptions de la Croix-Rouge internationale, de la cargaison devant être acheminée à Gaza ainsi qu’un certain manque de coordination internationale ont entraîné un retard dans le départ de la flottille du Croissant-Rouge », a dit Mohammad Javad Jafarian. « Aucune date précise n’a encore été fixée pour ce départ », a précisé ce responsable de la branche jeunesse à l’organisation, cité par l’agence ISNA.

Le Croissant-Rouge iranien a annoncé début juin son intention d’envoyer deux bateaux chargés d’aide humanitaire et de volontaires à Gaza, dans une tentative de briser le blocus imposé depuis quatre ans. Un bateau chargé d’aide humanitaire devait en principe partir au début de cette semaine, l’autre transportant des « travailleurs humanitaires volontaires » attendant le feu vert des autorités iraniennes pour des questions de « sécurité ». « Les bateaux iraniens transporteront de l’aide humanitaire et n’auront aucune arme à bord (…) si bien que toute agression constituerait une violation des lois maritimes » internationales, a souligné M. Jafarian. Le Croissant-Rouge iranien avait précisé que son opération devait se faire « en coordination avec le gouvernement turc ». Il avait aussi annoncé l’envoi séparé d’un bateau-hôpital vers les côtes de Gaza « dans un avenir proche ».


http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/661868/Feu_vert_libanais_au_depart_pour_Chypre_de_l%27un_des_navires_humanitaires_destines_a_Gaza.html

Lettre ouverte à Jean-Luc Dehaene concernant Dexia Israël


La plate-forme répond à la lettre de Jean-Luc Dehaene suite à l’assemblée générale de Dexia du 12 mai 2010.

Le mercredi 12 mai 2010 environs 25 actionnaires ont posé des questions pertinentes durant l’assemblée générale de Dexia à Bruxelles. Après l’AG le président Jean-Luc Dehaene, irrité dépêche Pierre Mariani pour faire toute la clarté, dixit De Tijd.

La réponse de Dexia, en annexe, s’est fait attendre jusqu’au début juin, mais ne satisfait pas l’attente de la plate-forme.

La lettre d’Intal :

Cher Monsieur Dehaene,

Nous vous remercions pour votre lettre en réponse aux questions que nous avions posées lors de l’Assemblée Générale de Dexia le 12 mai dernier. Bien que votre lettre ne réponde que partiellement à nos questions, nous tenons à y réagir. On ne peut laisser sans réponse une lettre d’un ancien Premier Ministre, d’un Parlementaire européen et du Président de Dexia.

Je prends la liberté d’en venir immédiatement au cœur du problème. Vous niez que nos documents prouvent que Dexia a à nouveau consenti des prêts aux colonies en territoire palestinien occupé.
N’entrons pas dans une discussion technique. Les documents montrent de toute façon que Dexia Israël reste un intermédiaire pour le financement des colonies et reste donc toujours concernée par leur construction. Par son soutien actif à sa filiale israélienne, Dexia rend l’occupation possible. Comment une banque belge peut-elle justifier de telles pratiques auprès de ses actionnaires? Et surtout maintenant que le gouvernement israélien est intervenu d’une façon brutale à l’encontre d’un convoi humanitaire et que par ailleurs il continue à démolir des maisons palestiniennes à Jérusalem-est.

Votre lettre nous a permis d’avoir une meilleure idée des subtilités que déploie Dexia Israël pour persévérer dans sa politique. De nouveaux documents du groupe israélien ‘Who Profits’ – que nous allons envoyer par la poste et publier sur notre site – montrent l’importance des transactions. Depuis juin 2008, Dexia Israël a assuré aux colonies illégales des emprunts pour un montant de 17.000.000 €, et au cours de la première moitié de cette même année, ce montant se chiffre à 16.000.000€.
Les 11 colonies concernées sont : Gush Etzion regional council, Jérusalem, Beitar Illit, Shomron regional council, Emanuel, Oranit, Mate Beyamin regional council, Golan Heigts regional council, Kedumim, Har Hebron regional council et Giva’at Ze’ev.

Et non, M. Dehaene, le fait que ces montants n’apparaissent pas dans la comptabilité de Dexia n’est pas fait pour nous rassurer. Les montants que la Loterie Nationale Israélienne transfère aux colonies illégales en Palestine par l’intermédiaire de comptes Dexia n’apparaissent pas non plus dans la comptabilité. On peut se demander si une banque peut, en connaissance de cause, offrir ses services pour financer des activités illégales.

Dans votre lettre, vous nous informez que Dexia Israël fournit ses services aux colonies et à l’Etat d’Israël sans la moindre commission ni profit. Dexia fournirait vraiment des services gratuits à ses clients ?
Vous prétendez qu’il y a un accord obligeant Dexia Israël à fournir au gouvernement israélien ce type de services. Une telle affirmation nous pose problème.

Premièrement, on nous ferait croire que le financement de colonies illégales pourrait être justifié par un contrat, quod non. Ensuite, et cela est fort étrange, il semble que le contrat auquel vous faites allusion n’existe plus.
Dans le rapport d’activités 2009 de Dexia Israël, en page 132 nous lisons que ce contrat a expiré le 31 décembre 2008. Dexia Israël a donc décidé de son propre gré de continuer à fournir ses services en fonction de l’occupation et à en tirer profit.
Il y a plus grave. En page 35, Dexia Israël déclare qu’elle fera tout son possible pour minimiser les conséquences négatives dues à l’expiration de ce contrat. De quelles conséquences négatives s’agit-il, M. Dehaene, puisque Dexia Israël ne touche aucune commission ni profit de ce contrat ?

Nous sommes également étonnés que vous essayez de justifier la politique de Dexia Israël en Palestine occupée, en vous référant au financement de communes arabes en Israël. Cela nous semble complètement hors de propos : comme si la non-discrimination d’une partie de la population vous donnait un blanc-seing pour le soutien de l’occupation illégale.

Et pour finir, ceci encore. Lors de l’assemblée générale de Dexia le 12 mai 2010, il vous a échappé que ‘Jérusalem-Est n’existe vraisemblablement pas’. Est-ce pour cette raison que vous n’avez aucune objection à ce que votre filiale finance la ville de Jérusalem ? Cette ville continue pourtant à démolir au bulldozer des maisons à Jérusalem-Est -inexistante.

Vous pouvez comprendre que nous soyons fort désappointés par le contenu de votre lettre. D’après vos écrits et sur base des documents mis en lumière par ‘Who Profits’, nous pouvons conclure que Dexia Israël continue a être impliquée dans le financement des colonies illégales en Cisjordanie, y compris à Jérusalem.

M. Dehaene, ne serait-il pas temps pour Dexia de se défaire de Dexia Israël ? Ce serait la seule manière de rompre tout lien avec l’occupation, ce qui est l’exigence centrale de la plate-forme « Palestine occupée-Dexia impliquée ».

Je vous prie de croire, Monsieur Dehaene, en ma parfaite considération.

Mario Franssen
woordvoerder | porte-parole
‘Israël koloniseert – Dexia financiert’ | ‘Palestine occupée – Dexia impliquée’

Voir le reste ici malheureusement, la lettre de Dehaene est en néerlandais.

Plainte de proches de P. Lumumba contre des Belges


22.06.10 – 07:41

Trois fils de l’ancien Premier ministre congolais, Patrice Lumumba, portent plainte contre une dizaine de Belges, complices présumés de son arrestation et de son assassinat en janvier 1961, une plainte pour crimes de guerre, des crimes imprescriptibles en droit.

Ce sont nos confères du Soir et du Standard qui annoncent cette action judiciaire. Les avocats chargés de la défense des fils de Patrice Lumumba donneront une conférence de presse ce mardi mais on connaît déjà leur argumentation : il s’agit de crimes de guerre, dans un pays indépendant.

Rappelons les faits : le Premier ministre du Congo indépendant, Patrice Lumumba, est limogé en septembre 1960 par le président Kasavubu. Joseph Mobutu s’empare du pouvoir. Patrice Lumumba tente de prendre le fuite. Il est arrêté et transféré au Katanga, en pleine sécession. Il est torturé et puis assassiné le 17 janvier 1961. Son corps sera dissous dans de l’acide. Des militaires belges et des agents secrets ont participé à l’opération d’élimination de Patrice Lumumba.

49 ans après les faits, trois des enfants de Patrice Lumumba déposent plainte pour complicité de guerre contre une dizaine de Belges. Les noms des accusés ne sont pas connus. Sans doute ne sont-ils plus tous vivants. Selon nos confrères il s’agit de militaires et de policiers.

Les plaignants s’appuient, entre autres, sur les conclusions de la commission d’enquête parlementaire de 2001 qui avait conclu à la responsabilité morale de la Belgique. Le gouvernement Verhofstadt, avait présenté les excuses de la Belgique au Congo. Mais pour les plaignants et leurs avocats cela ne suffit pas : le parquet aurait dû lancer une action pour identifier et sanctionner les agents d’exécution de l’élimination de Patrice Lumumba.

Le Congo fête dans huit jours le 50e anniversaire de son indépendance.

M.S. avec Françoise Nice
source

Interview de Philippe Geluck réalisée avant le 13 juin 2010


anniebannie a résolu le problème de son appartenance ethnique et linguistique en disant :
je suis moi et
la langue est ma patrie.Des patries, elle en a plusieurs, la Syrie entre autres, la Belgique également ou ce qui en restera.

Interview de Philippe Geluck, un artiste bien connu, notamment à Paris.

Autrefois belgicain, le chatoyant dessinateur humoriste ne veut plus de
cette Belgique-là. Et ça ne l’amuse pas.

Si une majorité de Flamands veut foutre le camp, qu’elle foute le camp!

Lorsqu’on évoque les très prochaines élections, même les responsables
politiques ont beaucoup de mal à dissimuler leurs pieds de plomb. Mais il y
a plus profond: dans la population, ce pays a fini par susciter une profonde
lassitude. Parce que les extrémistes du Nord ont fini par donner le cap des
comportements politiques, le sentiment que la Belgique a déjà franchi un
point de non-retour est plus que perceptible au Sud. Sentiment aggravé par
la conviction qu’un palier supplémentaire sera franchi le 13 juin, par un
vote massif en faveur des nationalistes flamands. Mais cette Belgique de
l’exclusion, certains n’en veulent plus.

Parmi eux, Philippe Geluck. Le dessinateur du Chat était un unitariste
jusqu’ici convaincu, imprégné qu’il était par la grâce biculturelle dont
bénéficiait notre petit pays. Mais les comportements d’une certaine Flandre
ont tout chamboulé: « J’ai passé ma jeunesse et le début de ma vie d’adulte à
Bruxelles. Puis j’ai longtemps habité en Wallonie, où j’ai peut-être moins
perçu ce qui se tramait réellement au nord du pays. Récemment, je suis
revenu habiter à Bruxelles. Cette plus grande proximité avec la Flandre
d’aujourd’hui m’a ouvert les yeux. Je ressens plus fortement le virage
qu’ont pris trop de Flamands. Et ce que je vois est détestable.
Inconciliable, en tout cas, avec ma conception du vivre ensemble, et même de
la démocratie. Ma déception est immense. » Et le coup de sang est à la
hauteur du désenchantement.

Récemment, vous déclariez dans un quotidien que « ce qui faisait la
spécificité et la richesse de la Belgique est devenu sa principale raison de
se séparer ».

Philippe Geluck – Oui. La vraie Belgique, celle de la diversité, du mixage
linguistique et culturel, représente quelque chose pour moi. J’ai toujours
dit et je continue de dire que j’aime la culture flamande et les Flamands.
Mais quand la Flandre me crache constamment au visage, ça va comme ça.
Disons que je suis patriote. Mais le patriotisme, c’est l’amour des autres.
Le nationalisme, c’est la haine des autres. Je suis très triste de voir
qu’au nord de mon pays, il y a de moins en moins de patriotes et de plus en
plus de nationalistes.

Ils le sont tous?

On nous dit qu’une majorité de Flamands tient encore à ce que j’aime dans la
Belgique. Mais alors, j’aimerais bien qu’ils me le montrent! Or, c’est tout
le contraire qui se passe. Qu’ils me le montrent le 13 juin par les urnes.
Qu’ils me le disent dans la presse. Qu’ils me le montrent en arrêtant toutes
ces mesures « anti-francophones ». Qu’ils me le montrent en arrêtant de
participer par dizaines de milliers au Gordel, cette « promenade » cycliste
autour de Bruxelles. Des pères et mères de famille avec leurs enfants font
le tour de Bruxelles à vélo, pour bien dire aux Bruxellois francophones:
vous êtes nos prisonniers, on vous encercle! Sous couvert d’une randonnée
familiale, c’est une manifestation de mépris et de haine.

[…]

Vous rejoignez donc Olivier Maingain, qui a comparé certaines pratiques
flamandes avec celles de l’Occupation allemande?

Je trouve qu’il y a des parallèles. Il faut voir ce qui se passe sur le
terrain, en Flandre. Quand la commune d’Overijse organise un bureau de
délation anti-francophone, ça doit quand même nous rappeler quelque chose.
Ce qui m’inquiète le plus, c’est que tout est écrit. Que des intellectuels
flamands ou des autorités se mobilisent pour organiser l’exclusion, puis en
fassent des écrits. Cette manière d’étouffer Bruxelles en la sous finançant
pour en faire un objet de chantage, ils l’ont écrite! La « doctrine Maddens »,
du nom de ce professeur d’université de la KUL qui préconise d’assécher
l’Etat fédéral de ses ressources pour que, finalement, les francophones
soient demandeurs de plus d’autonomie, c’est un écrit. Des décrets comme le
« Wooncode » sont des mesures d’exclusion de type raciste, et c’est écrit!
Tous ces écrits font froid dans le dos. Comme Mein Kampf aurait dû alerter
l’opinion internationale. Tout était écrit!

Et s’est réalisé…

Les Flamands pourraient encore empêcher la réalisation de ces doctrines
d’exclusion et de haine par voie démocratique. Mais le pire, c’est que
certains veulent vraiment les réaliser. C’est ça qui est devenu
irrespirable. En Flandre, les nationalistes et les extrémistes tiennent le
gouvernail. Et négocier avec ces gens-là, c’est entrer dans leur logique. Si
vous faites une concession pour montrer votre bonne volonté, ils la
saisissent puis exigent le truc suivant en inventant d’autres exclusions
pour mettre la pression. On ne peut pas entrer dans cet engrenage. C’est
pour cela qu’il faut changer la Constitution, et y inscrire la possibilité
de faire des référendums.

Pour définitivement poser aux Flamands la question de la rupture avec la
Belgique francophone?

Oui. Si c’est non à la rupture, il faudra qu’ils en déduisent une série de
choses: le respect des solidarités, des minorités et des droits humains
fondamentaux qu’ils ne respectent pas pour l’instant. Si c’est oui, il
faudra que les démocrates flamands se demandent où commence et où s’arrête
la solidarité au sein d’une Flandre devenue indépendante. Après s’être
désolidarisés des francophones, que feront-ils si une partie de la Flandre
est plus pauvre qu’une autre? Ils vont aussi l’exclure pour ne conserver
qu’une Flandre triomphante? Ça peut aller loin, ce genre de logique. Ça peut
aller jusqu’à une logique de sous citoyens. C’est là que ça rejoint la
logique du IIIe Reich.

Le 13 juin, la N-VA pourrait devenir le premier parti flamand. Quelle serait
votre réaction?

Je commencerai à regarder les annonces immobilières à l’étranger. Sans
déconner! Ces gens me glacent. Est-ce que je pourrai encore vivre dans un
pays où des nationalistes et des néo-fachos du Vlaams Belang façonnent les
mentalités? Est-ce que, comme les Juifs dans les années 1930, je ne dois pas
me dire: il est temps de quitter l’Allemagne?

Vous seriez prêt à entamer un processus de séparation dès maintenant?

Moi, je suis un démocrate. Si une majorité de Flamands dit qu’elle veut
foutre le camp, eh bien qu’elle foute le camp! Nous signerons l’acte de
séparation. Mais pas à n’importe quel prix. Vous avez votre indépendance,
mais à condition que nous gardions le nom de Belgique, qui sera composée de
Bruxelles, de la Wallonie et aussi des communes à facilités. Ce qui assure
donc un lien territorial entre la Wallonie et Bruxelles, via
Rhode-Saint-Genèse et quelques kilomètres carrés de forêt de Soignes, au sud
de Bruxelles, où les arbres ne parlent aucune langue. S’ils veulent qu’on
respecte leur volonté d’indépendance, il faudra aussi qu’ils respectent le
vote d’une majorité de francophones: vivre dans un autre espace que le leur.
Mais avec une grosse nuance par rapport à la Flandre actuelle: les
démocrates flamands seront les bienvenus dans cette nouvelle Belgique. Et
ils seront respectés dans leur identité linguistique.

Vous avez le sentiment d’un énorme gâchis?

Tout ça m’attriste. Je parle les deux langues, je crois en la richesse de
l’intégration des cultures. Mais aujourd’hui, trop de Flamands se fichent de
cela. Vous pouvez être parfait bilingue, ouvert à leur culture, vous serez
toujours le francophone à exclure. Une fois de plus, malheureusement, on
peut refaire un parallèle avec ce qui s’est produit en Allemagne: vous aviez
beau être Allemand, parler la langue parfaitement, aimer Beethoven et
Goethe, si vous étiez Juif, vous deviez être exclu. C’est là qu’on est dans
l’apartheid, le racisme, la haine de l’autre. Tout ça m’est odieux.

Rien d’autre que la levée totale du blocus de Gaza…



Décrétée « entité hostile » par Israël, la Bande de Gaza subit depuis juin 2007 un blocus quasi total.

Le gouvernement israélien a annoncé qu’il laisserait désormais passer à Gaza toutes les marchandises ne figurant pas sur une liste de produits interdits.

Autrement dit un allègement du blocus, qui permettrait d’acheminer davantage de « biens civils » vers ce territoire appauvri où quatre personnes sur cinq dépendent de l’aide internationale.

Il est quasiment impossible pour les Palestiniens de sortir de Gaza, que ce soit pour recevoir des soins médicaux ou pour d’autres raisons (visite à des proches parents, aller à l’université ou travailler).

Les mesures limitant l’entrée de biens civils ainsi que la liberté de mouvement de la population et interdisant presque totalement les exportations visent les civils dans leur ensemble sans distinction, ce qui représente une punition collective contre une population occupée et constitue dès lors un acte illégal aux yeux du Droit international.

Les habitants ne reçoivent presque aucun produit de première nécessité. Les médicaments, les carburants, les aliments, plus rien ne passe. Les stations de pompage d’eau ou de production d’électricité, les hôpitaux, les maternités, les écoles, et d’une façon générale tous les services les plus indispensables à la vie quotidienne sont bloqués. La ville de Gaza, est régulièrement plongée dans le noir suite à l’arrêt forcé de l’unique centrale électrique bombardée lors de la guerre de l’hiver 2008-2009, sous l’appellation « Plomb durci ».

L’agriculture, secteur vital de l’économie locale, est réduite à néant par les interdictions d’exporter et par les pénuries de matières premières nécessaires aux exploitations agricoles. Le secteur de la pêche est aussi paralysé. Tous les programmes de reconstruction, y compris ceux des Nations unies (réaménagement du réseau routier et de la voirie, reconstructions d’hôpitaux et d’établissements scolaires, etc) sont stoppés. Plusieurs centaines de médicaments de base manquent dans les dispensaires.

Les services municipaux d’hygiène (adductions d’eau, égoûts, traitement des déchets, ramassage des ordures, etc) sont hors service faute d’électricité, de carburants et de pièces de rechange.

Faut-il rappeler que les journalistes ou parlementaires étrangers souhaitant se rendre compte de la situation dans la Bande de Gaza, sont tout simplement refoulés par Israël ?

Cette situation est intolérable, dramatique et inhumaine. Pourtant la Communauté internationale brille par son inertie et son silence.

La décision israélienne d’élargir la liste des biens entrant à Gaza est vide de sens et ne constitue pas un véritable changement dans sa position sur la levée du blocus imposé depuis trois ans.

Cette annonce d’un allègement du blocus indique clairement qu’Israël n’a pas l’intention de mettre fin à la punition collective infligée à la population civile de Gaza, mais cherche à calmer l’indignation mondiale que sa dernière opération meurtrière contre la flottille humanitaire a provoquée. C’est de la poudre aux yeux, et cela ne convient donc pas.

Des millions de citoyens européens ne peuvent plus tolérer ni les crimes sionistes, et encore moins qu’ils ne fassent l’objet de la moindre condamnation de leurs responsables politiques.

De par leur inertie et leur silence, les représentants de la communauté internationale se rendent complices de crimes qualifiés de « génocidaires » par Richard Falk lui-même, et ce avant même que les opérations meurtrières israéliennes aient débuté.

Le Peuple Palestinien, ne fait pas l’aumône et ne demande pas une augmentation de la quantité de marchandises entrant à Gaza mais la levée totale et véritable du blocus, y compris l’ouverture de tous les points de passage, la garantie de la liberté de mouvement des habitants et l’entrée de tous les biens, en particulier les matériaux industriels et de construction.

Tous les besoins de Gaza doivent être satisfaits, y compris en électricité et en carburant, ainsi que la levée de toutes les restrictions bancaires, ce que la décision israélienne ne prévoit pas et qui signifie dès lors que le blocus est toujours en vigueur.

Le peuple Palestinien ne demande rien d’autre que la JUSTICE.

L’atrocité du blocus de la Bande de Gaza est justifiée par la campagne de «diabolisation» du HAMAS afin de légitimer un autre parti, le Fatah, qui n’a pas été choisi par le peuple palestinien.

Qu’on le veuille ou non, le Hamas est un parti politique qui a un écho certain auprès du peuple palestinien. Pourquoi serait-il considéré comme mouvement terroriste ?

Ses actions, si elles sont estimées comme étant condamnables par Israël et la Communauté Internationale, ne le sont certainement pas moins que celles commises par Israël mais totalement passées sous silence par cette même Communauté Internationale.

Le Hamas doit donc être respecté en tant que parti politique élu par le peuple palestinien, et être reconnu comme interlocuteur au même titre qu’un autre pour représenter son peuple.

Force est de constater qu’Israël, les Etats Unis et l’Union Européenne veulent choisir leurs interlocuteurs. Il doit être mis un terme à cette stratégie.

Je vous invite donc à signer et faire signer la pétition pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes !

Cette pétition est signée par de nombreuses personnalités dont Jean BRICMONT, Henri ALLEG, Daniel BENSAÏD, Houria BOUTELDJA, Raoul Marc JENNAR, Mairead MAGUIRE, Jose SARAMAGO, Tariq RAMADAN, Greta BERLIN, François HOUTART, Norman G.FINKELSTEIN, Michel WARSCHAWSKI… et vous ?!

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