Stop aux licences de vente d’armes à Israël


Suite à une interpellation parlementaire, Monsieur Jean-Luc Vanraes, ministre du gouvernement de la région Bruxelles-Capitale, chargé des Finances, du budget et des relations extérieures a donné des explications sur la licence d’exportation de matériel à usage militaire vers Israël. Cette licence a été accordée par le gouvernement bruxellois dans le courant du deuxième semestre 2009.

Il s’agit de pièces pour les ailes de F-16 qui sont assemblées en Israël avant d’être envoyées à la Lockheed Martin Aeronautics Compagny aux Etats-Unis annoncés comme destinataire final.

Et pourtant, les sites spécialisés sont clairs sur le sujet :

Les pièces commandées par Israël pour fabriquer des ailes de F16 sont destinées aux F16l israéliens1. Loockheed équipe les F16l avec le matériel fabriqué par Israel Aircraft Industries (IAI), à savoir les ailes, des sections de la queue, le réservoir, le système de communications satellite et d’autres composantes liées au système de communication2.

Dès lors, la licence accordée pour le matériel dont la destination première est Israël et dont le ministre dit que la destination finale est Loockheed USA est bien destinée en dernier ressort à des avions commandés et produits pour Israël.

Or, Le Conseil des ministres européens a adopté un code de conduite, (contraignant) sur l’exportation de technologie et d’équipements militaires à destination de pays tiers.

Ce Code de conduite, devenu depuis le 8 décembre 2008 juridiquement contraignant pour les pays de l’UE, oblige les Etats européens à refuser des exportations d’armes vers tout pays destinataire en fonction de 8 critères relatifs au droit international, aux droits de l’Homme et à la paix et à la sécurité internationale.

Parmi ces critères :

– Respect des droits de l’Homme dans le pays de destination final

– Préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales

– Comportement du pays acheteur à l’égard de la communauté internationale, et notamment son attitude envers le terrorisme, la nature de son alliance et le respect du droit international

Ces critères, comme l’ont montré dernièrement l’opération « Plomb durci » sur Gaza ou l’arraisonnement dans les eaux internationales d’un navire de la flottille humanitaire destinée à Gaza, ne sont pas respectés par l’Etat d’Israël. Le rapport Goldstone a amplement démontré que le droit humanitaire n’était pas respecté; et on ne compte plus le nombre de résolutions de l’ONU qu’Israël n’applique pas, signe évident s’il en est, du non-respect du droit international. Quant aux attaques contre le Liban et les menaces contre l’Iran ou la Syrie, elles ne contribuent sûrement pas à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionale.

Il est donc indispensable que le gouvernement bruxellois gèle toute licence d’exportation d’arme ou de matériel militaire à destination d’Israël tant que celui-ci continue à occuper le Territoire palestinien et à violer impunément le droit international.

1. http://www.israeli-weapons.com/weapons/aircraft/f-16i/F-16I.html
2. http://www.f-16.net/news_article1002.html

Association belgo-palestinienne – Wallonie/Bruxelles asbl

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Le siège de Gaza : «intenable» ? Non, catastrophique !


06 juillet 2010
Miko Peled

Le 1 juin 2010 des enfants de Gaza jettent des fleurs à la mer en mémoire aux victimes du Mavi Marmara, assassinés par les commandos israéliens

Lundi 5 juillet 2010

Etant moi même juif et israélien, ayant un père qui fut général dans l’armée israélienne et y ayant moi même servi, je dis ceci : nier ou justifier les actions israéliennes équivaut à nier ou défendre tous les crimes contre l’humanité.

Il subsiste un doute dans l’esprit de gens sérieux quant à l’attaque israélienne contre la flottille de Free Gaza et les événements qui ont entraîné la mort de 9 des militants qui se trouvaient à bord. Ce n’est pas vraiment surprenant puisque le commandant de la marine israélienne, l’Amiral Eliezer Marom, affirme que la mission a pleinement réussi.

Selon lui, grâce à la retenue dont ont fait preuve les soldats israéliens, aucun civil innocent n’a été blessé, les soldats sont rentrés à leur base sains et saufs et « 9 terroristes ont été tués. » Aussi y a-t-il des gens -vous en connaissez peut-être – qui pensent que l’on devrait « lâcher un peu Israël ». Eh bien, je dis non !

Les gens qui étaient à bord de la Flottille de Free Gaza étaient des militants pacifistes courageux et si je n’en avais pas été empêché par mon travail, j’aurais été parmi eux sur cette flottille. Les affirmations selon lesquelles ils sont liés à des organisations terroristes ne valent pas un clou.

Ils avaient trois objectifs : amener à Gaza l’aide humanitaire dont elle a grandement besoin, provoquer et embarrasser Israël, et attirer l’attention du monde sur la crise humanitaire à Gaza. Neuf de ces militants ont donné leur vie pour parvenir à ce but.

Que des commandos israéliens armés aient attaqué la flottille dans des eaux internationales est un acte de piraterie. Les gens qui étaient à bord du vaisseau ont fait ce que tout officier de marine vous dirait avoir été leur devoir : ils ont défendu héroïquement leur navire et sa cargaison et, comme nous le savons, neuf d’entre eux ont laissé la vie dans cet action héroïque. Les commandos israéliens, paniqués, ont par lâcheté tiré sur une foule sans armes, tuant neuf personnes et transformant ainsi une opération ratée en une tragédie innommable.

Si j’avais pu me joindre à la Flottille de Free Gaza cela aurait été ma troisième tentative pour pénétrer dans la bande de Gaza assiégée où Israël emprisonne et affame lentement 1.4 million de civils dont 800 000 enfants.

Les Palestiniens n’ont jamais eu d’armée, de chars, d’avions, et pourtant ils sont soumis à un blocus et à des attaques constantes qui entraînent des victimes civiles innombrables, des maladies horribles et un malheur inexcusable.

Certains disent que les militants de la Flottille de Free Gaza voulaient provoquer Israël et qu’ils n’étaient pas de simples militants pacifiques innocents. Mais, le militantisme c’est fait pour provoquer. Un militant ne reste pas tranquillement assis à regarder le monde avancer autour de lui. Contrairement au mythe auquel beaucoup d’Américains blancs voudraient croire, quand Rosa Parks est montée dans un bus et s’est assise à une place réservée à des blancs, elle n’était pas qu’une Afro-américaine fatiguée. Elle était une militante en mission : elle était là pour provoquer un système qui avait ses racines dans le crime de ségrégation raciste systémique dont des parties de ce pays étaient coupables.

Quand quatre étudiants afro-américains organisèrent l’action de Greensboro en février1960, ils ne se sont pas assis pour déjeuner au comptoir réservé aux Blancs simplement parce qu’ils avaient faim. Si on se rappelle MLK Jr., Mahatma Gandhi ou Nelson Mandela, on voit clairement que le militantisme a pour but de provoquer, de révéler le mal, d’y attirer l’attention et puis de s’en débarrasser. Le blocus de Gaza est l’un de ces maux. Les gens qui étaient à bord de la flottille faisaient ce qui est juste.

On doit se demander ce qui est pire, commettre un crime ou le justifier ? Qui sont les plus mauvais ? Ceux qui ont commis l’holocauste juif, le génocide arménien ou l’asservissement et les massacres des Africains ? Ou ceux qui profitent, qui justifient ces horreurs ou nient qu’elles aient eu lieu ? Etant moi même juif et israélien, ayant un père qui fut général dans l’armée israélienne et y ayant moi même servi, je dis ceci : nier ou justifier les actions israéliennes équivaut à nier ou défendre tous les crimes contre l’humanité.

Malheureusement, tout ce qu’on entend dire en provenance des Etats-Unis, c’est que la situation à Gaza est « intenable ». On ne peut que se demander combien de sondages d’opinion ont été faits, combien de brillants experts en communication il a fallu pour produire cette expression vide de sens et réchauffée.

Je suis sûr qu’ils ont eu besoin de l’aval du Département d’Etat, de l’ambassade d’Israël et de l’ AIPAC avant que le Président prononce cet insupportable mot sans vie. La situation à Gaza n’est pas intenable, la situation à Gaza et dans toute la Palestine est catastrophique.

Miko Peled, écrivain et militant pacifiste israélien, vit à San Diego. Son père était le général Matti Peled

Publié par Palestine chronicle : http://palestinechronicle.com
Traduction et choix de photo : C. Léostic, Afps

Israël commence à s’inquiéter du boycott économique palestinien


05/07/2010

Reportage : « Le boycott, c’est du terrorisme économique ! » fulmine Avi Elkayam, un homme d’affaires israélien qui dirige l’Association des industriels de Mishor Adoumim, une colonie juive de Cisjordanie. Même s’il reconnaît que ce boycott « n’a qu’un impact minime » sur les affaires, M. Elkayam s’inquiète pour l’avenir.

Avec l’ambition de préparer l’avènement d’un État indépendant, l’Autorité palestinienne organise un boycottage des produits provenant des 120 implantations juives de Cisjordanie occupée, une décision qui a l’assentiment de la « rue palestinienne ». L’Autorité envisage aussi de sanctionner les Palestiniens qui continueraient d’aller travailler dans les colonies après le 1er janvier prochain, une mesure beaucoup moins populaire.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fustigé l’appel au boycott de l’Autorité palestinienne, jugeant que « malgré nos efforts pour développer une paix économique, les Palestiniens prennent des décisions qui vont à l’encontre avant tout de leurs intérêts ». Avec ses 300 industries, la zone industrielle de Mishor Adoumim fournit plus de 3 000 emplois aux Palestiniens de la région sur les 22 000 travaillant dans des entreprises israéliennes en Cisjordanie.

Avi Elkayam, 35 ans, dirige une société de confiserie avec un chiffre d’affaires d’un million de shekels (200 000 euros), dont 5 % proviennent des territoires palestiniens. « Nous savons comment contourner ce boycottage, en changeant les étiquettes sur nos produits, par exemple », explique-t-il, assurant qu’aucune entreprise de Mishor Adoumim n’a fermé à cause de l’embargo palestinien.

Mais quand on évoque l’assèchement de la main-d’œuvre palestinienne, il s’emporte : « Depuis 20 ans, nous sommes ensemble ici, Palestiniens et Israéliens, pourquoi vouloir tenter de briser cette coexistence ? Nous sommes un exemple pour la paix et personne ne le comprend ! » s’insurge-t-il. Une responsable de l’entreprise voisine, qui préfère garder l’anonymat, ne cache pas ses craintes. Elle vend ses produits dans le monde entier, parfois avec des étiquettes affichant une autre provenance que celle de son usine de Cisjordanie afin de contourner les campagnes internationales de boycott. Les colonies sont considérées comme illégales par la communauté internationale. Plus de 200 Palestiniens, en majorité de Jéricho, se rendent chaque matin dans cette usine. « Nous dépendons de ces Palestiniens pour la fabrication de nos produits et ils dépendent de nous pour nourrir leurs familles », précise-t-elle.

Au supermarché Rami Lévy, dans la colonie du Gush Etzion, près de Bethléem, troisième magasin de cette chaîne installé en Cisjordanie, les clients palestiniens côtoient les Israéliens, en majorité des colons venus des implantations voisines. Pour Salamat, un directeur d’école palestinien de Bethléem, qui vient pour la première fois dans ce magasin faire ses courses, Salam « Fayyad (le Premier ministre palestinien) peut dire ce qu’il veut. Il devrait plutôt venir faire ses courses ici ». Le directeur du supermarché, Ovadia Lévy, dont plus de la moitié des 110 employés sont des Palestiniens, est confiant : « Ils continueront d’acheter chez nous car les prix sont attractifs, il y a un plus grand choix de produits que chez eux », assure-t-il. Il est convaincu que les premières victimes du boycottage seront les Palestiniens eux-mêmes. « Ils ont besoin de nourrir leurs enfants, l’Autorité palestinienne ne leur offre aucune alternative », souligne-t-il.

C’est ce que pense Moussa Johar, un Palestinien de 55 ans, habitant d’un village voisin, qui déclare : « Personne ne va me dire comment je vais gagner ma vie. » « Nous ne faisons pas de politique, nous voulons continuer à pouvoir ramener de l’argent à la maison et ce n’est pas l’Autorité palestinienne qui va me nourrir », argue cet ouvrier du BTP.

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%89conomie/article/663380/_Israel_commence_a_s%27inquieter_du_boycott_economique_palestinien.html