L’Al-Amal accoste en Egypte


Ecrit par Haaretz
15/07/2010

Haaretz – Le navire d’aide humanitaire Al-Amal envoyé par le fils de Kadhafi a finalement changé de cap pour l’Egypte, après avoir reçu des assurances israéliennes.

Mercredi, un accord passé entre les autorités israéliennes et égyptiennes a permis de faire changer de cap au navire libyen qui se dirigeait initialement vers la bande de Gaza. Selon les rapports, il aurait accosté paisiblement au port égyptien d’El Arish.

Pour Israël, cet accord a permis d’éviter un incident violent tel que celui qui s’était déroulé le 31 mai dernier quand la flottille d’aide « Free Gaza » avait tenté de forcer le blocus maritime israélien sur Gaza. Malgré un assouplissement du blocus sur la bande côtière, Israël maintient son blocus et à ce titre, avait averti qu’il ne laisserait pas passer l’Al-Amal.

Ainsi, il a été prévu que l’Al-Amal (initialement baptisé l’Almathea) décharge à El-Arish. Les biens seront ensuite transférés à Gaza par le point de passage de Rafah. Autre assurance israélienne : le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam Kadhafi, et sa Fondation Internationale pour la Charité et le Développement, pourront lancer un projet de construction dans la bande de Gaza.

Selon un rapport du journal arabophone basé à Londres A-Sharq al-Awsat, la Fondation Kadhafi et l’Association de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) débloqueront prochainement 50 millions de livres égyptiennes vers la bande de Gaza afin de lancer le projet.

Selon Kadhafi, l’arrangement a été fixé entre lui-même, le ministre de la Défense israélien Ehoud Barack, et le chef des Renseignements égyptien Omer Suleiman.

Traduit depuis KHOURY Jack, “Report: Israel struck deal with Egypt to let Libya aid reach Gaza” dans Haaretz, publié le 15 juillet 2010 http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/report-israel-struck-deal-with-egypt-to-let-libya-aid-reach-gaza-1.302105

http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=4965

Les effets dévastateurs des armes américaines sur les habitants de Falloujah dépassent ceux d’Hiroshima


jeudi 15 juillet 2010 – par Nabil Ennasri

Dans l’histoire récente de l’occupation de l’Irak par l’armée américaine, la bataille de Falloujah restera certainement l’un des épisodes les plus noirs. Du 6 au 29 novembre 2004, des milliers de soldats américains réduiront en cendres cette localité située à 70 km à l’ouest de Bagdad dans laquelle des centaines de djihadistes et de résistants irakiens avaient trouvé refuge. Véritable bastion de l’insurrection sunnite, la ville avait été soumise à un déluge de feu pendant des semaines. Le bilan fut très lourd : à côté de la centaine de soldats américains ce sont près de 4 000 personnes qui tomberont du côté irakien dont plusieurs centaines de femmes et enfants.

Aujourd’hui, la chaîne Al Jazerra nous apprend que les retombées de cette offensive sont désastreuses au niveau de la santé publique : dans toute la région de Falloujah, le nombre de nourrissons nés avec des malformations ne cesse d’augmenter de façon alarmante et les cas de cancer et de maladies génétiques graves se multiplient.

L’émission Bila Houdoud (“Sans limites“), un des programmes phares de la chaîne qatarie, a en effet consacré son émission fin juin à ce drame. L’invité du jour était le Professeur Chris Busby, un des spécialistes britanniques les plus réputés en matière de maladies cancerigènes[1]. Son constat est sans appel : son enquête de deux mois menée auprès de 711 foyers de la région de Falloujah regroupant plus de 4 000 personnes l’amène à la conclusion suivante : les effets dévastateurs de l’utilisation démesurée d’armes de destruction massive, chimiques et radiologiques ont engendré des rétombées terribles sur la population locale.

Il faut dire que l’armée américaine ne s’était pas gênée. Pendant son offensive, les Marines avaient largement fait appel à toute la panoplie d’armes chimiques pourtant interdites par les conventions internationales : des centaines de tonnes de bombes au phosphore blanc (les mêmes que l’armée israélienne utilisera à Gaza quelques années plus tard), au napalm, à fragmentions et à l’uranium appauvri avaient été déversées sur la ville. De nombreux témoignages faisant état de corps humains trouvés « fondus » dans les rues attestaient déjà à l’époque de l’utilisation de ces armes prohibées. Comme souvent, le Pentagone avait d’abord nié avant de se rétracter devant les preuves accumulées par de nombreux journalistes.

Aujourd’hui c’est une équipe médicale occidentale qui confirme ces faits en y ajoutant l’information frappante selon laquelle des générations entières d’Irakiens sont désormais condamnées à vivre avec des maladies atroces. Selon le Professeur Busby, les conséquences de l’attaque de Falloujah sont proportionnellement plus dramatiques que celles causées par l’utilisation de l’arme atomique à Hiroshima et Nagasaki[2]…

Dans un pays aux infrastructures sanitaires sinistrées, on imagine le mal que peut causer ce genre de pathologies. Car l’Irak est exsangue : depuis le début de la guerre, des milliers d’universitaires, intellectuels, et médecins ont été exécutés et des dizaines de milliers d’autres ont fui le pays le vidant de ses principales forces vives. Véritable bombe à retardement, les maladies et malformations qui touchent un taux anormalement élevé de la population de Falloujah et de ses alentours obèreront pendant longtemps le développement d’une ville-martyr que l’armée américaine à voulu punir pour donner une leçon à tous ceux qui contesteront son occupation.

Plus largement, c’est tout l’Irak d’aujourd’hui qui souffre dans l’indifférence générale. Le pays qui figurait dans les années 70 comme l’un des espoirs du monde arabe et où les indicateurs de développement humain se rapprochaient de ceux des pays occidentaux, est aujourd’hui, après deux décennies de guerre, renvoyé au Moyen-âge.

Dans n’importe quel endroit du monde, la révélation de telles pratiques et de telles conséquences auraient soulevé un tollé et nombreux sont ceux qui les auraient qualifiés de crimes contre l’humanité. Mais il s’agit de l’Irak dont peu de monde semble désormais s’intéresser et quasiment aucun des grands médias occidentaux n’a relayé les conclusions du Professeur Busby. Les habitants de Falloujah sont désespérés de l’omerta mondiale sur leur drame et indignés par cette impunité collective octroyée à l’armée américaine. Comme pour l’agent orange qui causa des ravages pendant et après la guerre du Viet-Nam, l’US Army ne paiera pas.

Pourtant, à Falloujah comme ailleurs en Irak et dans le monde arabe, tout est malheureusement mis en place pour que les habitants, révoltés, n’expriment leur frustration et leur colère par le seul moyen mis à leur disposition et qui effraie tant l’Occident : la résistance légitime que d’autres appellent “terrorisme“.

Notes

[1] http://www.aljazeera.net/NR/exeres/B5F1C02B-C8D0-461F-B8DB-DAC8E81B6055.htm

[2] http://yubanet.com/world/Genetic-damage-and-health-in-Fallujah-Iraq-worse-than-Hiroshima.php

source

Le cargo libyen Amalthéa a accosté en Egypte


le Jeudi 15 Juillet 2010 à 00:38


Le cargo libyen d’aide humanitaire pour Gaza a rejoint ce mercredi 14 juillet au soir le port égyptien de Al-Arich, Israël ayant menacé de l’intercepter s’il atteignait l’enclave palestinienne. La Fondation Khadafi, qui l’a affrêté, a voulu éviter l’affrontement avec la marine israélienne. Le navire déchargera ses deux mille tonnes de médicaments et de vivres. Une aide qui sera ensuite remise au Croissant rouge égyptien qui se chargera de la livrer aux Palestiniens.

Le cargo d’aide libyen, qui devait initialement briser le blocus israélien de la bande de Gaza, s’est finalement mis à quai au port égyptien d’Al-Arich mercredi soir et a accepté que son aide soit acheminée via l’Egypte, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Jusqu’au dernier moment, la Fondation Kadhafi, affréteur du navire, a fait planer le doute sur la destination finale du bateau alors que les militants pro-palestiniens et membres d’équipage qui se trouvaient à bord se disaient déterminés à se diriger vers Gaza malgré les menaces de la marine israélienne qui escortait le navire.

La Fondation a annoncé que le cargo Amalthéa, même s’il déviait son cap, avait «marqué des points» en faveur du peuple palestinien et de la reconstruction de Gaza. «L’objectif d’Amalthéa a été atteint sans que le sang coule», a dit le directeur exécutif de cette Fondation, Youssef Sawan.

Selon lui, la Fondation a obtenu des garanties du Caire et d’un «médiateur européen» qu’il n’a pas nommé pour qu’Israël accepte l’entrée de la cargaison du navire à Gaza. Parti samedi soir de Grèce, le cargo est chargé de deux mille tonnes d’aide humanitaire sous forme de nourriture et de médicaments, selon la fondation libyenne.

La Libye a aussi obtenu des garanties pour «dépenser 50 millions de dollars dans la construction de logements dans la bande de Gaza avant l’hiver», a dit encore M. Sawan. «Dès que le cargo arrivera à Al-Arich, les autorités égyptiennes le déchargeront et remettront l’aide au Croissant-Rouge égyptien, qui la livrera aux Palestiniens», avait auparavant précisé Ahmad Aboul Gheit, le ministre égyptien des Affaires étrangères. Les autorités portuaires égyptiennes ont indiqué qu’il devrait être déchargé jeudi.
Le port d’Al-Arich est à 50 km au sud-ouest de la bande de Gaza.

«Nous sommes heureux de constater que le bateau a accosté à Al-Arich et que sa cargaison puisse être transférée par les voies établies» vers Gaza, a affirmé à l’AFP Richard Miron, porte-parole de l’envoyé des Nations unies pour le Proche-Orient, Robert Serry. «Nous souhaitons que toute confrontation soit évitée, et continuerons d’appeler toutes les parties impliquées à faire preuve de calme et de retenue», a-t-il ajouté.
Israël a déployé d’intenses efforts diplomatiques pour que le cargo se déroute vers l’Egypte en avertissant qu’il n’hésiterait pas à l’arraisonner s’il maintenait le cap sur Gaza.
Le cargo avait à son bord 21 personnes : 12 membres d’équipage, huit activistes pro-palestiniens et un journaliste.

Le 31 mai, des commandos israéliens avaient intercepté une flottille humanitaire internationale qui s’efforçait de «briser» le blocus israélien. L’opération israélienne, mal préparée et mal exécutée avait entraîné la mort de neuf militants turcs pro-palestiniens, soulevant un tollé dans le monde entier. Israël a défendu mercredi devant le Comité des droits de l’Homme de l’ONU à Genève son droit à exercer des «représailles» contre tout navire qui tenterait de «violer» le blocus imposé à la bande de Gaza.

Après le 31 mai, Israël a accepté d’alléger le strict blocus qu’il impose à Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007, et affirme que seuls les armes et les biens pouvant être utilisés à des fins militaires demeurent interdits. Il maintient toutefois son blocus maritime de peur que des armes ne soient livrées à Gaza par la mer.

Source : ici