Le « Camp d’été de destruction »


Des lycéens israéliens aident à raser une ville bédouine

Le 31 juillet 2010, par Max Blumenthal (traduction M.A.)

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AL-ARAKIB, Israël – Le 26 juillet, la police israélienne démolissait 45 bâtiments du village bédouin non reconnu d’al-Arakib, rasant totalement le village pour faire place à une forêt du Fonds National Juif. La destruction faisait partie d’un projet plus large d’expulser la communauté bédouine du Néguev loin de ses terres ancestrales pour l’implanter dans sept communes, type réserves indiennes, que le gouvernement israélien a construites à cette fin. La place sera alors libre pour les colons juifs, y compris de jeunes couples de l’armée et ceux qui pourraient un jour être évacués de la Cisjordanie après qu’un traité de paix soit signé.

Pour l’instant, le gouvernement israélien a l’intention de déraciner autant de villages que possible et de les rayer de la carte par l’établissement de « faits accomplis » sous forme de forêts du Fonds National Juif (KKL). (Voir la vidéo de la démolition d’al-Arakib ici


Quelques instants avant la destruction du village bédouin d’al-Arakib, de jeunes volontaires de la police israélienne s’installent dans les meubles pris de la maison d’une famille. [Les quatre photos suivantes sont d’Ata Abu Madyam de Arab Negev News

L’un des aspects les plus troublants de la destruction d’al-Arakib était un fait rapporté par CNN que les centaines de policiers israéliens « anti-émeute » qui ont ravagé le village étaient accompagnés de « bus entiers de supporters civils ». Qui étaient ces civils, et pourquoi ni CNN ni aucun autre media n’enquête plus sur cela ?

Je me suis rendu à Al-Arakib hier avec une délégation de Ta’ayush, un groupe israélien qui promeut une lutte conjointe entre Arabes et Juifs contre l’occupation. Les militants ont passé la journée à préparer des jeux et activités pour les enfants traumatisés du village, en aidant les villageois à remplacer leurs oliviers déracinés, et à reconstruire leurs maisons démolies.

Dans une immense tente de fortune où de nombreux habitants d’al-Arakib dorment maintenant, j’ai interrogé les chefs de village sur l’identité des supporters civils. Chacun a confirmé la présence de civils, décrivant la façon dont ils célébraient les démolitions. Au fur et à mesure que j’accumulais les détails, l’histoire se révélait de plus en plus horrible.

Après avoir interviewé plus d’une demi-douzaine de personnes âgées du village, j’ai pu enfin identifier les civils en question. Ce que j’ai découvert est plus inquiétant que ce que j’avais imaginé.

De jeunes volontaires de la police israélienne fouillent dans les biens d’une famille d’al-Arakib

L’éditeur d’Arab Negev News, Ata Abu Madyam, m’a fourni une série de photos qu’il a prises des civils en action. Elles représentaient des lycéens israéliens qui semblaient s’être portés volontaires en tant que membres de la garde civile de la police israélienne (je suis en train de travailler sur l’identification de leurs noms). Avant la démolition, les lycéens volontaires ont été envoyés dans les maisons des villageois pour en extraire leurs meubles et leurs effets.

Un certain nombre de villageois, y compris Madyam, m’ont dit que les bénévoles brisaient les fenêtres et miroirs dans leurs maisons et défiguraient leurs photos de famille par des dessins vulgaires. Ensuite ils traînaient au milieu des meubles des habitants d’al-Arakib sous le nez des propriétaires.

Enfin, selon Madyam, les volontaires célébraient les bulldozers qui détruisaient les maisons. « Ce que nous avons appris dans le camp d’été de destruction, remarque Madyam, c’est que la jeunesse israélienne n’est pas éduquée à la démocratie, ils sont élevés sur le racisme. » (La couverture du dernier numéro d’Arab Negev News de Madyam est une photo des Palestiniens expulsés vers la Jordanie en 1948, juxtaposée d’une photo d’une famille fuyant al-Arakib la semaine dernière. Le titre en est « Nakba 2010 »)

Selon les habitants d’al-Arakib, les jeunes volontaires vandalisaient les maisons dans tout le village.

La garde civile israélienne, qui comprend 70.000 citoyens y compris des jeunes dès l’âge de 15 ans (environ 15% des volontaires de la police israélienne sont des adolescents), est un des nombreux programmes visant à intégrer les enfants d’Israël dans l’appareil militaire d’État. Il n’est pas difficile d’imaginer quelles leçons les lycéens qui ont participé à raser al-Arakib ont tirées de leur expérience.

Tout comme il n’est pas particulièrement difficile de prévoir quelle sorte de citoyens ils deviendront une fois qu’ils auront atteint l’âge adulte. Non seulement ils sont endoctrinés à prêter un serment aveugle d’allégeance à l’armée, mais ils apprennent aussi à traiter les arabes comme des sous-hommes. Le comportement des volontaires vis à vis des Bédouins, qui sont des citoyens d’Israël et servent loyalement dans des unités de combats de l’armée israélienne en dépit d’un racisme généralisé, rappelle de façon frappante le comportement des jeunes colons à Hébron, qui jettent des œufs, des pierres et des déchets humains sur les commerçants palestiniens de la vieille ville. S’il y a une distinction entre ces deux cas, c’est que les colons d’Hébron agissent comme des milices alors que les adolescents de la garde civile israélienne vandalisent les propriétés arabes en tant qu’agents de l’État.

Le spectacle de la jeunesse israélienne aidant à détruire Al-Arakib contribue à expliquer pourquoi 56% des lycéens juifs israéliens ne croient pas que les Arabes devraient être autorisés à servir la Knesset – et pourquoi la prochaine génération veut l’apartheid. En effet, l’endoctrinement de la jeunesse israélienne par l’appareil militaire est un facteur central dans la tendance autoritaire d’Israël. Il serait difficile pour tout adolescent d’échapper à une expérience comme al-Arakib, où les adultes en costume de guerre héroïque encouragent à participer et à se réjouir des actes de destruction massive, sans une once de valeurs démocratiques.


Les jeunes volontaires sortent des affaires des maisons du village à mesure que les bulldozers arrivent

En ce qui concerne l’état actuel de la démocratie israélienne, il est essentiel d’examiner la manière dont l’État monte ses propres citoyens les uns contre les autres, enrôlant ceux de la majorité juive comme des conquérants tout en ciblant les autres, arabes, comme, tels les mots de Chaim Weizmann, père fondateur du sionisme, « des obstacles devant être dégagés sur un chemin difficile. » Historiquement, seuls les États défaillants ont encouragé cette dynamique corrosive pour s’établir. C’est pourquoi les scènes d’Al-Arakib, des maisons démolies aux jardins déracinés, jusqu’aux réjouissances des adolescents qui ont rejoint l’agression, peuvent être considérées comme bien plus que la destruction d’un village. Ce sont des instantanés de ce phénomène qui mène la société israélienne toute entière à sa perte.

…et la destruction commence.

La traduction de cet article est reprise d’ici

Dexia continue a soutenir la colonisation israélienne. Dites stop avec nous!


Appel aux volontaires : clôture commune de 50 comptes de la banque Dexia

Après plus d’un an de campagne, le Holding Dexia continue à soutenir financièrement la colonisation israélienne. En 2009, c’est-à-dire après avoir promis de mettre un terme à ce financement le 31 mai 2008, nous avons la preuve que Dexia Israël a permis aux colonies d’emprunter 17 millions d’euros!

Les derniers éléments que nous avons débusqué ne concernent pas des crédits provenant des fonds de Dexia. Il s’agit de transactions qui cadrent dans un contrat avec le gouvernement israélien. Lorsqu’une colonie a besoin d’argent et qu’elle ne peut attendre les aides qui luis sont promises par l’État israélien, elle fait appel à Dexia Israël qui, via son carnet d’adresses, trouve des investisseurs qui eux, vont prêter à la colonie grâce à des comptes Dexia Israël. La filiale israélienne du Holding franco-belge facilite donc de manière éhontée la colonisation des terres palestiniennes en servant d’intermédiaire. Grâce à ces opérations dirigées par Dexia, les colonies ont touché 17 millions d’euros en 2009. Plus d’infos dans notre lettre ouverte.

Malgré toutes les lettres, les questions parlementaires, les manifestations contre ces agissements immoraux, Dexia continue à collaborer à la colonisation israélienne de la Palestine. Pas question d’abandonner.

Nous cherchons des clients Dexia qui acceptent de clôturer leur(s) compte(s) à l’occasion d’une action commune prévue aux alentours du 15 octobre 2010. Des gros clients et des clients plus modestes 🙂 ! Objectifs pour le 15 octobre: 50 clients se rendent le même jour clôturer leur compte bancaire au siège de la banque Dexia à Bruxelles.

Il est plus que temps de marquer un coup d’arrêt. La plate-forme cherche 50 clients qui, s’il sont prêts à poser ce geste symbolique, peuvent remplir ce formulaire. Attention, nous n’appelons pas à un boycott contre la Banque Dexia, il s’agit d’une action symbolique qui, nous l’espérons, conduira Dexia à cesser tout contact avec la colonisation israélienne une bonne fois pour toutes.

Lire la lettre ouverte de la plate-forme répondant aux explications de Jean-Luc Dehaene

Source : Intal

Châtelineau : une petite datte de Tunisie, madame, monsieur ?


Samedi, 31 Juillet 2010 16:49 Myriam De Ly Le Boycott (BDS)
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Ce samedi, au marché de Châtelineau, c’est en présentant une datte aux passants sur le marché de Chatelineau que l’équipe de la Plate-forme Charleroi-Palestine ouvre la discussion. Un sourire, un merci, et le temps de placer un mot pour expliquer que, surtout, il ne faut pas acheter les dattes d’Israël.

L’action est très bien accueillie. Les tracts explicatifs sont reçus avec intérêts (plus de mille seront distribués en un clin d’oeil). Les gens sont très ouverts sur ce marche plurinational. Nous avons aussi un petit stand avec des keffiehs, des drapeaux, des brochures sur le boycott. Certaines personnes demandent plus d’explication sur le mouvement de boycott.

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