Niouz de europalestine



Bientôt la rentrée… sauf pour ceux qui sont déjà revenus de vacances, et ceux qui ne sont pas partis cet été. A commencer par les Palestiniens qui continuent à subir l’occupation, les emprisonnements, le vol de terres, comme à Jérusalem Est, où les expulsions de familles palestiniennes se poursuivent à un rythme accéléré.

Tandis que les médias annoncent la « reprise de négociations », les habitants de Gaza restent sans électricité, sans matériaux de construction et ceux de la Cisjordanie sont toujours privés de liberté, puisque l’occupant — souvent main dans la main avec ceux qui acceptent de collaborer– quadrille rues et villages,  épaulant les colons israéliens qui se livrent à d’incessantes exactions. Figurez-vous que certains de ces colons, à Hébron, ont demandé (et obtenu !) que l’on entende moins le son du muezzin pendant le Ramadan, parce que cela les gêne !

Tandis que des soldat(e)s israéliens exposent sur facebook leurs basses besognes, leurs dirigeants s’agitent de tous côtés pour tenter d’endiguer la riposte internationale qui grandit : le boycott de l’occupant… y compris par des Israéliens qui s’opposent à ce régime fasciste. Vote à la Knesset au début du mois d’une amende de 30.000 shekels (environ 6.000 euros) pour tout citoyen ou organisme qui souhaitera s’engager en faveur d’un boycott contre Israël.

Et aux Etats-Unis, certains sionistes font campagne pour que les principaux donateurs à Israël s’engagent désormais dans le boycott de l’Université Ben Gourion (Bersheva) coupable de ne pas révoquer ou exclure les universitaires (tel le Pr Neve Gordon) qui se sont associés à la campagne BDS. Il y a même, ces prochains jours, une réunion du « Congrès juif mondial » à Jérusalem (!!) pour voir comment contrecarrer cette vague de réprobation qui se matérialise par le boycott d’Israël. Hier encore, le ministère norvégien des finances a annoncé l’exclusion de deux firmes israéliennes de ses investissements, en raison de leur participation à l’occupation.

La consigne a donc été donnée d’engager des poursuites autant que faire se peut. En Grande-Bretagne, les attaquants viennent d’essuyer un deuxième camouflet. Après la relaxe des militants écossais ayant interrompu un concert du Jerusalem Quartet au printemps dernier, ce sont les responsables d’un magasin londonien vendant des cosmétiques AHAVA, qui ont perdu leur procès et ont dû payer les frais de justice cet été. Ils avaient attaqué des militants ayant organisé une action de boycott de ces cosmétiques (soi-disant « made in Israel »).

En France, le dénommé Sammy Ghozlan, roi du chantage à l’antisémitisme, met les bouchées doubles. Il a déposé plus de 50 plaintes contre des militant(e)s qui participent à cette campagne internationale de boycott. Et comme on sait que le ministre de la justice de ce pays se permet de donner des ordres aux magistrats en leur demandant de donner suite à ses élucubrations, plusieurs procès vont avoir lieu dès cette rentrée :

– le lundi 13 septembre, à Mulhouse, 5 militant(e)s, appartenant à 5 organisations différentes, sont appelés à comparaître devant un tribunal, accusés d' »incitation à la haine raciale » pour avoir appelé au boycott de l’occupant israélien !
– le 24 septembre, aura lieu à Bordeaux le procès en appel de Sakina Arnaud, condamnée en première instance pour les mêmes raisons

Et ce n’est pas tout ! Car comme l’écrivent les supporters de la politique israélienne en France : « Quoi de mieux que de frapper ces trublions dans leurs portefeuilles ? »

Au lieu de nous intimider, ces procès seront l’occasion de montrer notre solidarité, notre coordination nationale et internationale, et l’élargissement de cette campagne de boycott, qui est la seule riposte non-violente efficace, en l’absence de toute intervention de nos dirigeants pour faire respecter le droit international et la justice.
On peut voir sur internet des actions de boycott similaires se dérouler dans un nombre croissant de pays, proches et lointains : en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, et en Australie.. et ce n’est qu’un début !

Le BDS Tour que nous avons organisé en juillet, dans 15 villes de France, en coopération avec les comités locaux, a montré l’intérêt du public pour ces nouvelles méthodes de lutte pacifique. Si vous avez raté ces 15 épisodes sur notre site

http://www.europalestine.com, vous aurez bientôt accès à une vidéo de synthèse, sous-titrée en anglais, qui montre que la clé du succès est dans le nombre, mais aussi dans la diversité. Un grand merci à tous les parents, enfants, jeunes et moins jeunes de toutes origines qui ont fait cette belle démonstration !

Cap maintenant sur une action d’envergure, coordonnée, le samedi 11 septembre pour soutenir les 5 militants de Mulhouse, qui nous appellent à ne pas les laisser isoler. Dans toutes les villes, les amis, les familles, doivent se mobiliser pour dire « Moi aussi, je boycotte ». Si vous pouvez participer à ces actions et que vous souhaitez des contacts dans votre ville, merci d’envoyer un message à

info@europalestine.com en précisant votre ville et vos coordonnées.

Et pour organiser la solidarité financière, une première journée est organisée ce dimanche 29 août, de 14 H à 20 H à la librairie Résistances, à Paris : Vente et braderie de livres, d’artisanat, de tableaux et de photos pour faire face aux frais de justice engendrés par ces procès ! (Librairie Résistances : à l’angle du 40 rue Guy Môquet. 75017 Paris. M° Guy Moquet ou Brochant sur la ligne 13. Ou bus 31, arrêt Davy-Moines)

Autre rendez-vous le week-end suivant (4 et 5 septembre) à la grande braderie de Lille, sur notre stand !


Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine
Notre site a été alimenté tout l’été et vous y trouverez des infos et des vidéos très utiles : http://www.europalestine.com

Nous ne serons pas complices des Pétain palestiniens


Pierre-Yves Salingue

Salam Fayyad

Mercredi 25 août 2010

1ère partie : A quoi sert Salam Fayyad ?

Ali Abunimah, fondateur et éditorialiste du site Electronic Intifada, a récemment publié un article critiquant ce qu’il nomme « la fausse (ou hypocrite) campagne de boycott de l’Autorité Palestinienne »

Il y accuse notamment Salam Fayyad, le « Premier ministre non élu basé à Ramallah », de vouloir torpiller la campagne de BDS et aussi de tenter de récupérer les actions de terrain de la « résistance populaire »

Peu de temps avant, Jamal Juma, coordinateur palestinien de la campagne contre le mur (Stop the Wall), avait déclaré que « l’Autorité Palestinienne cherchait à paramétrer la résistance pacifique contre le mur d’apartheid en fonction de sa propre vision pour en prendre le contrôle »

Au même moment, Mousa Abu Maria, coordinateur de {Palestine Solidarity Project} et animateur du comité populaire de Beit Ommar, arrêté tour à tour par l’armée israélienne et par la police de l’Autorité, analysait le soudain intérêt de l’Autorité Palestinienne pour la résistance populaire non violente comme « une offre voilée de Fayyad pour prendre le contrôle d’un mouvement populaire »

Ces quelques exemples illustrent une réalité qui ne fait pas mystère en Cisjordanie. Là-bas, nombreux sont ceux qui ont compris que le contrôle des actions de « la résistance populaire » est devenu un enjeu politique important.

Le « libéral » issu d’un coup de force

Il a été fourni clés en mains par le gouvernement américain et les différents pays « donateurs » qui l’ont imposé à Arafat en qualité de ministre des finances en 2002.

Nul ne devrait remettre en cause sa volonté de servir ses compatriotes : après des études en université américaine et quelques années passées à la Banque mondiale, il a mis en pratique son « droit au retour » en acceptant en 1995 la responsabilité de « représentant du FMI » dans les Territoires de l’Autonomie Palestinienne.

En 2007 il a été désigné Premier Ministre par Abbas qui venait de tenter un coup de force contre le Hamas à Gaza avec son acolyte Dahlan. Après la débandade de leurs forces financées par les USA, Abbas a décrété l’Etat d’urgence, a assisté sans mot dire voire a encouragé le durcissement du blocus de Gaza et l’arrestation des membres Hamas du Conseil législatif où ils étaient majoritaires.

Celui qu’on nous présente parfois comme un « libéral » n’a éprouvé aucun état d’âme à profiter d’un putsch pour prendre la place du Premier ministre élu par la majorité Hamas du Conseil Législatif Palestinien(CLP)

Depuis 3 ans, alors que sa liste n’ avait obtenu que 2.4% des suffrages lors des élections remportées par le Hamas , il est le « Premier ministre » d’un gouvernement qui n’a jamais été ratifié par un vote du CLP et il a été nommé par un « Président » dont le mandat est achevé depuis 18 mois !

Curieusement, ses nombreux admirateurs occidentaux ne semblent pas choqués par ce « léger » déficit de légitimité démocratique !

Construire un Etat sous occupation ?

Le plan prêté au nouveau sauveur des Palestiniens est le suivant : eu égard à l’impasse des négociations, l’Autorité modernisée par Fayyad va faire la démonstration du sérieux palestinien sur le terrain et à un moment donné il apparaitra clairement aux yeux de la Communauté internationale (C I ) que le seul obstacle au règlement du conflit, c’est l’occupation…

Naïveté ou soumission ? Voici ce qu’en dit Bernard Sabella, un membre du Conseil législatif proche de Fayyad : « L’insistance sur la non-violence chez nous, les Palestiniens aujourd’hui, est en accord avec le plan de M. Fayyad pour arriver à une position où la communauté internationale va regarder la Palestine et dire : Voilà, les Palestiniens sont bien développés dans leurs institutions, et même dans leur mentalité. Alors, pourquoi ne pas leur reconnaître un État ? »

Fayyad affirme qu’il sera alors en capacité de forcer la main de la CI pour exiger la conclusion d’un accord mettant un terme à l’occupation de 67.

Il y aurait donc désormais deux options dans la recherche de la reconnaissance de l’État palestinien : celle d’Abbas axée sur la poursuite des négociations et fondée sur l’espoir d’un changement d’attitude du gouvernement des USA et celle de Fayyad consistant à agir sur le terrain pour établir les fondations économiques sans attendre la création de l’Etat.

En réalité ces deux attitudes ne sont nullement contradictoires.

Abbas et Fayyad sont deux étoiles jumelles qui unissent leurs efforts dans l’espoir que la Communauté internationale va leur octroyer « un État» et tant pis s’il s’agit d’un bantoustan totalement soumis économiquement à l’économie israélienne, sans souveraineté et principalement voué au contrôle policier des Palestiniens.

Et tant pis aussi si cet « État» sert demain de justification à l’oubli de la question palestinienne qui sera réduite à quelques épisodes d’un banal « conflit frontalier entre deux État voisins » !

Fayyad sait que la combinaison de la structure des accords d’Oslo et de l’occupation militaire israélienne rend l’Autorité totalement dépendante d’Israël et que c’est toujours l’intérêt de l’État sioniste qui commande.

Le flic et le banquier : au service de la paix pour le Capital

Si le blocus financier a été levé et si le quadrillage militaire s’est un peu allégé en Cisjordanie, c’est parce que le maintien sur place des forces d’occupation israéliennes et la participation active des collaborateurs palestiniens, notamment dans l’action répressive des forces policières palestiniennes placées sous le commandement du général américain Dayton, le permettaient.

Comme Dayton l’a expliqué, l’USSC (Equipe américaine de coordination de la sécurité) est là «non pas pour apprendre à combattre Israël, mais pour maintenir l’ordre et la loi, respecter tous les citoyens et faire régner la loi afin qu’ils puissent vivre en sécurité et en paix avec Israël.»

La mission de cette force policière est avant tout le contrôle de tout mouvement populaire.

Certains commentateurs occidentaux n’ont pas manqué de noter la faiblesse des manifestations de protestation des habitants de Cisjordanie lors de l’agression meurtrière contre Gaza fin 2008.

Là encore Dayton explique :

« Pendant cette période, les Israéliens ont gardé un ‘profil bas’; chaque jour, ils se coordonnaient avec les forces de sécurité palestiniennes. Par exemple, le commandant palestinien appelait le commandant israélien pour lui dire  »Une manifestation se déroulera du point A au point B. Elle passe près du check-point de Bet El. Nous apprécierions si, pendant deux heures, vous pouviez quitter le check-point afin que nous puissions contrôler la manifestation, ensuite vous pourrez reprendre position. »

Dayton rapporte ensuite les propos d’un officier israélien : «L’USSC est en train d’accomplir un travail formidable. Plus les Palestiniens feront le boulot et moins nous devrons le faire».

La mission première de Fayyad ne devrait faire aucun doute : il est là pour contribuer à réunir les différentes conditions favorables à la liquidation de toute résistance authentique, quelle qu’en soit la forme, violente ou non violente.

Il n’est évidemment pas seul à la manœuvre et bénéficie de l’appui encore nécessaire de Abbas, du soutien contraint et pas toujours enthousiaste du Fatah et de la complicité plus ou moins discrète de dirigeants d’ONG dont la survie dépend de l’USAID ou de l’argent de Fayyad.

Quant à la « gauche palestinienne », elle semble n’avoir comme seule stratégie que réclamer l’unité et la réconciliation, refusant d’admettre que, dans les présentes circonstances, toute réconciliation ne pourrait se faire que sur le dos de la résistance et au détriment des droits fondamentaux du Peuple palestinien.

Fayyad est un jalon important dans la mise en place d’une Autorité dépolitisée, une simple administration de gestion du quotidien des Palestiniens « sous sa forme techniciste éloignée de tout engagement patriotique »

C’est aussi ce que dit Azmi Bishara : « l’ancien officiel de la Banque mondiale, qui se vante d’être pragmatique, offre des solutions au jour le jour à la place d’une cause nationale »

Pour autant, dans cette « gestion du quotidien », la relative amélioration de certains aspects de la vie des habitants de Cisjordanie, par la levée temporaire de certains barrages à l’entrée des villes palestiniennes et par la permission donnée aux Palestiniens d’emprunter certains segments de routes précédemment réservées aux seuls Israéliens, n’a pas modifié en profondeur la situation des Palestiniens ordinaires dont l’immense majorité ne fréquente pas les dancings de Ramallah où le coca se paye 4 € et ne pourra pas devenir propriétaire d’ un appartement à Rawabi.

Aussi, dans un contexte global d’intensification de la chasse aux militants du Hamas et plus généralement de la répression à l’encontre de tous ceux qui contestent sa politique de complicité active avec l’occupation, Fayyad doit donner le change et ne peut pas être réduit au rôle de collaborateur actif et dévoué de l’occupant.

Neutraliser la résistance populaire

Il a donc décidé d’occuper, pour mieux les neutraliser, les deux terrains où s’exprime aujourd’hui la lutte contre l’occupation en Cisjordanie : d’une part « la résistance populaire » et d’autre part le boycott d’Israël.

Diverses luttes ont été spontanément engagées à partir de 2002 par des villageois confrontés aux premiers travaux de construction du mur (Jayyous, Bil’in…)

Elles ont souvent pris la forme de manifestations régulières contre le mur, pour la défense du libre accès aux terres et aux villages de plus en plus cernés par les colonies.

Ignorées des principales factions politiques et méprisées par l’Autorité, elles sont restées isolées pendant plusieurs années.

« Stop the Wall Campaign » puis l’appel BDS en 2005 ont été les premiers à tenter de relier entre elles ces recherches d’une alternative d’une part à la faillite de la stratégie des négociations de paix et d’autre part à l’impossibilité d’une participation populaire à la deuxième Intifada militarisée.

Mais la situation a changé. Les négociations sont devenues inexistantes et l’isolement des actions armées a mené la deuxième Intifada dans l’impasse.

Depuis quelques temps, Stop the Wall et BDS sont confrontés à la concurrence de deux organismes : le Comité National et le Comité de coordination.

Le premier a été créé par le Fatah dès 2005 et a été réactivé depuis sa dernière conférence nationale, après l’été 2009.

Le second est sous le contrôle du gouvernement de Fayyad et il prétend vouloir organiser l’ensemble des responsables des comités populaires de Cisjordanie.

Fayyad ne lésine pas sur l’utilisation de l’argent et les différents comités populaires ne sont pas logés à la même enseigne dans la distribution !

Comme le dit avec franchise Mohamed KATTIB, l’un des leaders du comité de Bil’in soutenu par l’Autorité, « la pression médiatique et l’argent qui a coulé à flot ont créé des tensions. Chacun veut sa part… »
Et puis, la répression des manifestations par l’armée israélienne aboutit à de nombreuses destructions et à des arrestations. Il faut rémunérer des avocats, payer les cautions et les amendes, rendre visite aux prisonniers dans des prisons israéliennes éloignées Etc.

Tout cela coute cher et celui qui paye entend bien en tirer un avantage politique.

On peut le constater en étudiant les déclarations finales des conférences internationales qui se sont tenues à Bil’in ces dernières années.

Quand la présence de Fayyad en 2009 et l’absence de l’AP dans la lutte sur le terrain avaient fait l’objet de critiques acerbes et que la conférence avait alors mis la priorité sur la campagne BDS, 2010 a confirmé l’influence croissante de l’Autorité sur de nombreux comités populaires.

En mobilisant des moyens financiers importants et en n’hésitant pas à user de la répression sélective contre certains dirigeants, avec souvent la complicité active des forces de l’occupation, Fayyad semble avoir réussi là où Mustapha Barghouti et le Fatah avaient échoué dans leurs tentatives de récupération.

En avril 2010 à Bil’in, les porte-paroles de BDS ont assisté à la rétrogradation de leur action au deuxième rang et vu un « boycott des produits israéliens provenant des colonies » se substituer au boycott d’Israël !

Fayyad est donc l’homme orchestre d’ un dispositif qui permet de faire des projets de zone industrielle, des projets de développement touristique, qui favorise le boom de l’immobilier et des commerces de luxe à Ramallah…mais un dispositif qui ne met pas fin à l’occupation et qui n’empêchera pas l’armée israélienne, si elle le décide demain face à une nouvelle révolte populaire palestinienne, de détruire toute cette pacotille dont seule tire profit aujourd’hui une petite élite palestinienne qui ambitionne de trouver sa place dans le projet néolibéral de Grand Moyen Orient.

La réalisation du plan néolibéral de Fayyad passe évidemment par la liquidation de toute résistance authentique, puisque ce plan intègre l’occupation israélienne comme un état de fait inébranlable.

source

Lettre ouverte aux Israéliens


mardi 24 août 2010 – 07h:18

Lauren Booth, Royaume-Uni

Rappelons que Lauren Booth est la belle-soeur de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair… !!!

Ce matin, je voulais me mettre à écrire un texte sur la mise à sac de la Flottille humanitaire en partance pour Gaza, par vos soldats. Comme vous avez pu l’apprendre, un officier des Forces de défense israéliennes a été déféré devant un tribunal militaire, soupçonné d’avoir volé des ordinateurs portables appartenant à des passagers. Fait intéressant, le quotidien Ha’aretz se réfère maintenant à la flottille comme à une « flottille humanitaire ». Ce qui est le cas. C’est ainsi que vos dirigeants auraient dû l’appeler, plutôt que flottille « terroriste ». Mais je m’écarte du sujet.

Donc, j’en étais là, toute prête à écrire mon texte, quand je suis tombée sur un article de YnetNews. L’article cherchait à expliquer clairement l’indignation ressentie peut-être par quelqu’un dont on a pillé les biens. Un officier supérieur des FDI disait à propos des vols sur la Flottille : « Sur le plan des valeurs, il doit y avoir un grave problème dans les FDI ».

Je suis restée un long moment à regarder ces mots. Et, au lieu d’écrire mon texte, je décidai, à la place, de vous écrire à vous. Parce que je ne peux pas m’empêcher de me demander qui, ici-bas, garde des réserves d’ « indignation » en vue du comportement de vos militaires ?

C’est vraiment ce que je pense, les gars. Hors sur les avenues agréables de Tel Aviv, le reste du monde trouve que l’expression, « armée morale », quand elle s’applique aux FDI, n’est rien de moins qu’une énorme, (et malheureusement catastrophique), farce à dimension mondiale. Une farce du même niveau, par exemple, que le déni du changement climatique, ou que la présidence de George Bush.

Ca y est, je recommence. Cette fois, je vous ai vraiment rendu furieux contre moi. Mais, s’il vous plaît, donnez-moi juste une minute ou deux pour vous expliquer pourquoi j’écris cette lettre. Parce que je ne le cherche pas, et je ne veux pas vous insulter. Certainement pas plus que je ne l’ai fait dans le passé. Je suis assise là, avec ma vaisselle qui s’accumule et mon ménage qui n’est pas fait, pour vous poser une question. En tant que mère et en tant qu’être humain, comme vous, j’ai besoin de savoir pourquoi vous ne voyez pas le mal qui se fait en votre nom ?

Comment pouvez-vous ne pas le voir ?

Comme vous le savez peut-être déjà, je faisais partie de la première mission Free Gaza, en 2008. Cela ne veut pas dire seulement que j’ai eu le plaisir de connaître personnellement ces femmes admirables qui ont fondé le FGM (Mouvement Free Gaza). Cela veut dire aussi que j’avais beaucoup d’amis et de collègues sur la Flottille que vos soldats ont agressée en mai dernier.

Vous savez, (encore une fois, voyez en moi une maman et non une « ennemie »), aucune de ces personnes formidables n’est un terroriste, ne veut apporter des armes à des « extrémistes ». Ce sont des hommes (et des femmes) bons, des citoyens du monde qui s’inquiètent. Des gens qui, tout simplement, ne peuvent vivre machinalement leur vie de tous les jours pendant que votre Etat, votre armée, vos colons harcèlent d’autres êtres humains. Chaque minute de chaque jour. De chaque mois. De chaque année. Depuis soixante-deux ans.

Je ne veux pas être dure, les gars. Mais il arrive un moment où, quand on dit « Je ne savais pas ce qui se passait », ça fait un peu léger. Vous voyez ce que je veux dire ? Toute cette comédie sur l’ « indignation » par la mauvaise conduite de vos soldats, ça ne fait pas Israélien, hé, ça nous fait rire.

Parce que, ces semaines de pillages par vos soldats, ce ne sont pas les premières du genre. Non ? Allez. Rappelez-vous. Il y en a eu d’horribles, beaucoup d’autres d’horribles. Vous avez oublié ? Laissez-moi vous aider. Prenez un ordinateur et tapez les mots « IDF pillage » dans le moteur de recherche de Google. Vous allez peut-être (ou peut-être pas) être surpris quand cette recherche va vous donner 64 000 réponses. Bon, maintenant, ne sortez pas de vos gonds tout de suite en criant, « Nos ennemis racontent des mensonges sur nous ». S’il vous plaît, je vous en prie. Regardez juste quelques-unes de réponses de la première page. Ca ne vous prendra pas longtemps. Ca va ? et pourquoi pas passer toute la matinée à les lire ? Après tout, c’est votre devoir que de prendre connaissance de ce qui est fait en votre non, pas vrai ? Ce que je veux dire c’est que, quand les crimes de l’armée sont commis avec les shekels de VOS impôts, vous avez le droit de savoir.

L’une des réponses de Google vous dit qu’un soldat des Forces de défense israélienne a avoué avoir volé une carte de crédit dans une maison, au nord de la bande de Gaza, pendant l’opération Plomb durci. Vous vous en souvenez ? Le soldat était du bataillon de reconnaissance de la division d’infanterie Givati, il a utilisé cette carte pour faire 1 600 shekels de retraits en Israël (plus de 300 €). Un petit acte criminel. Une partie d’un crime beaucoup plus grand.

Un crime contre l’humanité, dont vous ne sauriez rien non plus. Ou qui vous a été délibérément caché par vos dirigeants.

Comme je l’ai déjà dit toutefois, vous avez l’accès à Internet, alors vous ne devez pas rester dans les ténèbres. Sauf évidemment, si vous vous y sentez à l’aise.

Le dernier pillage par les FDI de biens de civils m’a fait penser aux dames Al Samouni, je les ai rencontrées l’année dernière, sur les décombres de leurs maisons à Al Zaytoun (je joins quelques photos pour vous permettre de les voir). Vous vous rappelez peut-être, vaguement, de ce nom, « Al Samouni ». Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. C’était le samedi 3 janvier 2009, l’invasion israélienne dans le quartier d’Al Zaytoun commençait. Le lendemain, 4 janvier 2009, vos forces larguaient leurs bombes sur la même zone. Le lundi, à 7 h du matin, le 5 janvier 2009, une nouvelle fois vos forces bombardaient le même quartier de Hay Al Zaytoun. L’un des missiles est tombé sur le troisième étage de la maison de Tallal Hilmi Al Samouni. Et les soldats sont venus, en tirant, pour tuer.

Au total, 26 membres de la famille Al Samouni ont été tués, dont 10 enfants et 7 femmes. La Croix-Rouge n’a été autorisée à entrer que trois jours plus tard pour évacuer les morts et les blessés, la majorité d’entre eux étant dans un état si critique qu’il a fallu les emmener en Belgique, en Egypte et en Arabie Saoudite pour les soigner.

Permettez-moi, si cela ne vous dérange pas, de vous donner leurs noms, car il est probable que vous ne les connaissiez pas. En tant qu’êtres humains, je suis sûre que vous souhaitez leur rendre un dernier hommage, et peut-être même, prier pour eux.

Les noms des enfants tués

• Azza Salah Al Samouni, 3 ans
• Waleed Rashad Al Samouni, 17 ans
• Ishaq Ibrahim Al Samouni, 14 ans
• Ismail Ibrahim Al Samouni, 16 ans
• Rifka Wael Al Samouni, 8 ans
• Fares Wael Al Samouni, 12 ans
• Huda Nael Al Samouni, 17 ans
• Ahmad Atieh Al Samouni, 14 ans
• Mu’tassim Mohammed Al Samouni, 6 ans
• Mohammed Hilmi Al Samouni, 5 ans

Les noms des femmes tuées

• Rahma Mohammed Al Samouni, 50 ans
• Safa’ Hilmi Al Samouni, 25 ans
• Maha Mohammed Al Samouni, 22 ans
• Rabbab Azzat Al Samouni, 32 ans
• Laila Nabih Al Samouni, 40 ans
• Rifqa Mohammed Al Samouni, 50 ans
• Hannan Khamis Al Samouni, 36 ans

Les noms des hommes tués

• Tallal Hilmi Al Samouni, 55 ans
• Attieh Hilmi Al Samouni, 25 ans
• Rashad Hilmi Al Samouni, 42 ans
• Tawfiq Rashad Al Samouni, 23 ans
• Mohammed Ibrahim, 26 ans
• Ziyad Izzat Al Samouni, 28 ans
• Nidal Ahmad Al Samouni, 30 ans
• Hamdi Maher Al Samouni, 23 ans
• Hamdi Mahmoud Al Samouni, 70 ans

En mars dernier, les femmes et les enfants survivants m’ont montré les ruines de leur communauté. J’ai vu les graffitis racistes laissés sur les murs de la pièce où une adolescente devait encore dormir. Laissée pour elle par votre « armée morale », rien de moins. Ces graffitis disaient, par endroits en hébreu, à d’autres en anglais, des trucs comme « Nous reviendrons », et il y avait un dessin grossier qui montrait une maison en train d’exploser avec ces mots, « Vous êtes ici », ajoutés subtilement.

Une très belle femme m’a raconté aussi qu’elle était sur le point de se marier, avant l’agression. Sa famille avait épargné plusieurs milliers de dollars pour sa dot (de nombreuses personnes d’une même famille épargnent pendant très, très longtemps, comme vous pouvez l’imaginer). L’argent était caché sous un lit, dans une valise, pour l’heureux évènement. Sa mère avait quelques bijoux anciens qui avaient traversé les générations, des bijoux en or. Eh bien vous voyez, vos soldats, ils ont bombardé les gens, ils ont tiré sur leurs enfants, et pour finir, ils ont pillé ce que les survivants possédaient. Je vous le jure, regardez sur Google, regardez dans vos propres cœurs, vous savez, ça s’est passé comme ça.

Vous voyez bien que c’est comme cela que votre armée traite, délibérément, les Palestiniens.

Alors ne poussez pas des hauts cris, « Mensonges ! », « Antisémites ! », s’il vous plaît, je vous en prie. De parent à parent. D’humain à humain. Au nom du Dieu de chaque croyance, détendez-vous, acceptez un moment ce qui vous paraît invraisemblable, lisez la suite. Parce que, oh Israël, que se passera-t-il si, supposez-le, je ne suis pas une antisémite, quand votre wiki a formé des partisans extrémistes pour essayer de me qualifier comme telle ? Et que se passera-t-il si, seulement 10% sur les 64 000 réponses de Google pour « FDI pillage » sont tout à fait vrais ? Que faire alors ? Qu’est-ce qui vous en rend complices ? Que ferez-vous si, pendant seulement une seconde, la vérité que le reste du monde connaît sur la barbarie de vos dirigeants remplit vos esprits et vos cœurs, comme cela arrivera un jour sûrement ?

Mes mots, étant étrangère, vous paraîtront sans doute durs, voire naïfs. Alors voyez ceci, publié aujourd’hui par le Jerusalem Post :

« Selon les informations qu’a analysées l’organisation des droits humains Yesh Din, entre septembre 2000 et fin 2009, au moins 6% sur les près de 2 000 enquêtes ouvertes contre des soldats des FDI soupçonnés de crimes contres les Palestiniens se sont terminés sur des mises en accusations. Durant la même période, selon différentes estimations, des milliers de civils palestiniens ont été tués des suites des activités des FDI. Combien de ces morts ont conduit à des condamnations ? Quatre. Pas 4%, 4, seulement. »

Il est de plus en plus évident que vos jeunes hommes et vos jeunes femmes sont formés pour se comporter comme des animaux. Ces faits, le pillage, les photos mises en ligne par Eden Abergil, ne peuvent pas s’expliquer plus longtemps comme étant des cas « en dehors ».

C’est à vous de vous demander quel est leur sens.

Je suis vraiment désolée si mes mots vous ont offensés. Je voulais juste parler avec vous, directement, pour une fois.

A propos, il y a environ 400 ordinateurs portables, 600 téléphones portables, ainsi que d’autres sommes d’argent et effets personnels que votre armée n’a toujours pas rendus aux passagers de la Flottille humanitaire. Vous savez, quand ils ont pris la mer. Pour quelque raison, ces gens de bien n’avaient pas pensé que les FDI pourraient les voler.

Bien à vous

Lauren Booth

Rappels sur les faits évoqués :

– Lauren Booth à Gaza : Apprendre quelle est la souffrance de l’enfermement – Saleh Al-Naami – Al Ahram Weekly

– Vols israéliens de cartes de crédit de militants de la Flottille pour Gaza – Haroon Siddique – The Guardian

– Gaza : le massacre d’Al Zeitoun – Tom Eley – WSWS

Eden Abergil, produit d’une société aux yeux bandés – Max Blumenthal

22 août 2010 – Gilad Atzmon – traduction : JPP

source

Proche-Orient : la colonisation menace les négociations de paix


Des soldats israéliens font face à des manifestants palestiniens, qui vident des bouteilles de jus d'orange provenant de colonies israéliennes en Cisjordanie, dimanche 9 mai. AFP/HAZEM BADER

« Je peux comprendre les sceptiques. Mais nous avons bien l’intention de les étonner, à condition d’avoir un partenaire sérieux » dans la négociation. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, assure, malgré les critiques de la presse israélienne et du monde arabe qu' »un accord de paix avec les Palestiniens est difficile mais possible ».

Dimanche 22 août, la Ligue arabe s’est jointe aux doutes suscités par la réouverture des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens, sous l’égide des Etats-Unis. L’organisation panarabe basée au Caire exprime dans un communiqué « son extrême inquiétude quant à l’explication israélienne (sur les bases) sur lesquelles vont se faire ces négociations ».

Pour permettre le bon déroulement des négociations, les Palestiniens demandaient la prolongation du gel temporaire de la colonisation en Cisjordanie occupée. Le moratoire annoncé par Israël s’achève le 26 septembre. Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a averti de nouveau que si la « colonisation devait continuer après le 26 septembre, les négociations à notre grand regret, ne continueraient pas », précisant qu’il s’agissait d’un « test de la volonté de paix du gouvernement israélien ».

PAS DE CONCESSION DE NETANYAHOU

Hani-al-Masri, chef du centre de recherches de Bada’el basé à Ramallah, s’est déclaré convaincu que des négociations directes de paix tenues dans un tel contexte « iraient dans le sens des intérêts d’Israël ».

« Les chances de succès des négociations semblent minces car les négociations directes se tiendront sans qu’ aucun engagement d’Israël visant à mettre fin à la colonisation ou aux principes de processus de paix n’ait été pris », a-t-il expliqué à l’agence Xinhua.

« Sans un gel total de la colonisation (israélienne), une véritable disposition au retrait jusqu’aux frontières internationales et tant (qu’Israël) n’aura pas cessé d’offrir aux Palestiniens une caricature d’Etat, ce sera une perte de temps pour tout le monde », a estimé pour sa part le député Haïm Oron, du parti de l’opposition de gauche laïque Meretz, selon la radio.

La question d’une suspension de la colonisation en Cisjordanie avait valu aux Israéliens une vive polémique avec les Etats-Unis. Washington avait finalement renoncé à en faire un passage obligé avant toute négociation directe.

De fait, la coalition au pouvoir en Israël, soutenue par une partie des colons et des religieux, ne semble pas prête à faire de concession sur ce terrain.

source

L’armée US dit adieu à l’Irak (The Independent)


Robert FISK

Photo : des soldats US quittent l’Irak en traversant la frontière avec le Koweit. Environ 50.000 troupes vont rester pour former l’armée irakienne.

Lorsqu’on envahit un pays, il y a toujours un premier soldat – tout comme il y a toujours un dernier.

Le premier homme à la tête de la première unité de la première colonne de l’armée d’invasion américaine à fouler la place Fardous dans le centre de Bagdad en 2003 fut le caporal David Breeze du 3ème bataillon, 4ème régiment des Marines. Pour cela, évidemment, il me fit remarquer qu’il n’était pas du tout un soldat. Les Marines ne sont pas des soldats. Ce sont des Marines. Mais ça faisait deux mois qu’il n’avait pas parlé à sa maman alors – inévitablement – je lui ai proposé mon téléphone par satellite pour appeler chez lui dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu’on obtient une bonne histoire à raconter si on prête son téléphone à un soldat en guerre.

« Salut ! » a hurlé le caporal Breeze. « Je suis à Bagdad. J’appelle pour dire « salut, je vous aime, je vais bien. Je vous aime. » La guerre sera finie dans quelques jours. On se verra bientôt. » Oui, ils disaient tous ça, que la guerre sera bientôt finie. Ils n’ont pas consulté les Irakiens sur cette agréable perspective. Les premiers kamikazes – un policier dans une voiture et deux femmes dans une voiture – avaient déjà frappé les américains le long de l’autoroute qui mène à Bagdad. Des centaines d’autres allaient suivre. Des centaines d’autres suivront encore.

Alors il ne faut pas se laisser berner par le spectacle à la frontière koweïtienne de ces dernières heures, le départ des dernières troupes de « combat » de l’Irak deux semaines avant la date prévue. Ni par les cris infantiles de « on a gagné » de ces soldats adolescents dont certains n’avaient que 12 ans lorsque George W. Bush envoya son armée dans cette aventure catastrophique. Ils laissent derrière eux 50.0000 hommes et femmes – un tiers de la force d’occupation US – qui seront attaqués et qui devront encore se battre contre l’insurrection.

Certes, ils sont sur place officiellement pour former les hommes en armes et les miliciens et les plus pauvres parmi les pauvres qui ont rejoint l’armée irakienne, dont le propre commandant pense qu’elle sera incapable de défendre le pays jusqu’en 2020. Mais le pays sera toujours sous occupation – car il est évident qu’un des « intérêts américains » qu’il leur faudra défendre est celui de leur propre présence – avec les milliers de mercenaires armées et indisciplinés, occidentaux et orientaux, qui se frayent un chemin à coups de feu pour protéger nos précieux diplomates et hommes d’affaires occidentaux. Alors dites-le à voix haute et intelligible : nous ne partons pas.

Au lieu, les millions d’Américains qui sont passés par l’Irak ont apporté la plaie. Depuis l’Afghanistan – pour qui ils ont eu le même intérêt après 2001 qu’ils auront l’année prochaine lorsqu’ils commenceront à « quitter » le pays – ils ont apporté Al Qaeda. Ils ont apporté la guerre civile. Ils ont apporté la corruption à grande échelle. Ils ont marqué Abou Ghraib du sceau de la torture et ont fait de cette prison une digne héritière du régime de Saddam Hussein – non sans avoir au préalable marqué du sceau de la torture celle de Bagram et toutes les autres prisons clandestines en Afghanistan. Ils ont introduit le sectarisme dans un pays qui, malgré toute la brutalité et la corruption du régime de Saddam Hussein, avait néanmoins imposé une unité entre Sunnites et Chiites.

Et parce que les Chiites allaient inévitablement diriger cette nouvelle « démocratie », les soldats américains ont donné à l’Iran la victoire qu’il n’a pas pu obtenir dans la terrible guerre de 1980-1988 contre Saddam Hussein. Les hommes qui ont jadis attaqué l’ambassade américaine au Koweit – des hommes qui étaient alliés aux kamikazes qui ont fait sauter la base militaire US à Beyrouth en 1983 – aujourd’hui participent au pouvoir en Irak. Hier, les Dawas étaient des « terroristes ». Aujourd’hui, ce sont des « démocrates ». C’est drôle comment nous avons oublié les 241 soldats américains qui sont morts dans l’aventure libanaise. Le caporal David Breeze devait avoir deux ou trois ans à l’époque.

Ma la folie continue. Le désastre américain en Irak a infecté la Jordanie voisine avec Al Qaeda – l’attentat contre un hôtel à Amman – et puis le Liban de nouveau. L’arrivée des hommes armés du Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared dans le nord du Liban – leur guerre de 34 jours contre l’armée libanaise – et les innombrables civils tués furent le résultat direct du soulèvement sunnite en Irak. Al Qaeda est arrivé au Liban. Puis l’Irak sous occupation américaine a réinfecté l’Afghanistan où les kamikazes ont transformé les farouches guerriers américains en poules mouillées.

Peu importe, car à présent ils sont en train de réécrire l’histoire. Prés d’un million d’irakiens sont morts et Tony Blair s’en fiche royalement car ils n’apportent rien aux généreux émoluments qu’il touche. Pas plus que la plupart des soldats américains. Ils sont venus. Ils ont vu. Ils ont été vaincus. Et maintenant ils disent qu’ils ont gagné. Les arabes, qui survivent avec 6 heures d’électricité par jour dans un pays exsangue, doivent vraiment rêver à d’autres victoires comme celle-ci.

Robert Fisk

Hier et aujourd’hui

3.000 : c’est nombre de civils irakiens tués l’année dernière. C’est moins que le dixième des 34.500 tués en 2007 mais indique les dangers auxquels les irakiens doivent faire face au quotidien.

200 : nombre d’Irakiens connus encore détenus par les Etats-Unis – une fraction des 26.000 détenus dans les prisons militaires il y a trois ans.

15,5 : nombre d’heures par jour en moyenne d’électricité à Bagdad, soit une amélioration notable par rapport aux six heures il y a trois ans mais encore inférieur aux 24 heures que connaissaient les villes irakiennes avant l’invasion.

SOURCE
http://www.independent.co.uk/opinio…

Traduction VD pour le Grand Soir
URL de cet article

Reprise des négociations de paix directes entre Israéliens et Palestiniens le 2 septembre à Washington


Condition préalable d’Israël : notre seul interlocuteur sera le Président
Mahmoud Abbass, fidèle collabo.

Autres conditions:

1. Pas question de fixer des frontières pour Israël (Eretz Israël)

2. Pas question de reconnaître Jérusalem-Est, capitale des Palestiniens
(Eretz Israël)

3. Pas question de reconnaître les mêmes droits aux Israéliens arabes et aux
Israéliens juifs (peuple élu)

4. Pas question d’arrêter les colonies (croissance démographique du peuple
élu)

5. Pas question de disloquer le mur (notre sécurité)

6. Pas question de supprimer les check points (notre sécurité)

7. Pas question de lever totalement le blocus de Gaza (notre sécurité)

8. Pas question de restituer l’eau volée aux Palestiniens (survie Eretz
Israël)

9. Pas question de se soumettre au Droit International pour les crimes
commis – passés – présents et à venir (légitime défense)

10. Sont également repris sous le terme « légitime défense » :

a. Arrachage des oliviers

b. Terrains agricoles dévastés

c. Destruction quotidienne d’habitations civiles

d. Destruction d’infrastructures (dont hôpitaux)

e. Destruction d’entreprises, d’entrepôts

f. Destruction du patrimoine culturel des Palestiniens (inclus la
profanation de tombes)

Tout interlocuteur qui ne respecterait pas ces conditions sera considéré
comme terroriste et antisémite, opposé à toute tentative de paix juste et
durable.

Merci Mireille P.

Des vandales pro-israéliens à l’assaut de Wikipédia


Vendredi 20 août 2010

http://www.gilad.co.uk/writings/gilad-atzmon-united-against-knowledge.html

Ceux qui consacrent leur plume à défendre la cause palestinienne sont au courant de l’existence de « Wikipédia Jews », une expression créée voici, de cela, quelques années. Ce terme désigne une bande de crypto-sionistes enragés qui vandalisent constamment les entrées de cette encyclopédie ayant un rapport quelconque avec la Palestine, les militants pro-palestiniens et les atrocités perpétrées par Israël.

D’après l’article du Guardian, deux associations israéliennes cherchant à avoir le dessus dans le débat online ont lancé un cours de « rédaction sioniste ».

Le Yesha Council, qui représente le mouvement des colons juifs, a tenu son premier atelier de travail, cette semaine, à Jérusalem, enseignant à ses participants la manière de « réécrire » et de « réviser » certaines des pages « les plus controversées » du site de référence online.

Le projet Wikipédia est une initiative humaniste et universaliste phénoménale. Par conséquent, nous ne devons pas être autrement surpris de voir que ses pires ennemis sont des opérateurs tribaux, parmi lesquels les sionistes, les crypto-sionistes et les « juifs antisionistes » autoproclamés.

Une éditrice de Wikipédia résidant à Jérusalem a déclaré au Guardian que le fait de rendre public cette nouvelle initiative conspirationniste sioniste n’était peut-être pas vraiment une « bonne idée ». « Le fait de rendre les choses publiques, par le passé, a pu avoir un effet négatif », explique-t-elle. « Nous sommes en guerre, et malheureusement, cette guerre doit être menée dans l’ombre ».

Ce n’est pas sans une certaine surprise que l’on découvre que l’un des chefs de « Wikipedia Jews » est le soi-disant « antisioniste » Roland Rance. Rance, qui vit à Londres, est un juif marxiste qui passe le plus clair de son temps à persiller les articles publiés par Wikipédia de notations judéo-centriques. Ce Rance était aussi un des opposants les plus farouches à l’association Deir Yassin Remembered (DYR)) , qui est sans doute l’initiative de solidarité avec les Palestiniens la plus efficace au Royaume-Uni.

Voici un extrait des tentatives incessantes déployées par Rance afin de tenter de vandaliser l’article consacré à Israel Shamir par Wikipédia, la semaine dernière :


Les faussaires de « Wikipedia Jews » sont connus depuis longtemps. D’après The Guardian, des membres de l’observatoire pro-israélien faucon Camera, qui projetaient secrètement, en 2008, d’intervenir sur Wikipedia, avaient été banni de ce site par ses administrateurs. Il y a une guerre, actuellement, autour de l’article qui m’est consacré, personnellement, par Wiki. A plusieurs reprises, les administrateurs de Wikipédia ont été contactés afin qu’ils éliminent les contaminations des Rance et autre sionistes du même acabit.

La philosophie de Wikipédia tient tout entière dans la connaissance et la mise à disposition de la connaissance. Est-ce une coïncidence, si des juifs politiques, de droite et de gauche, sont unis dans leur volonté de subvertir ce projet ? Je ne le pense pas. Encore une fois, nous sommes en présence de ce qui semble bien être un continuum sioniste : les sionistes sont tous unis contre la connaissance.

Apparemment, les organisateurs de ces cours de formation à la sionisation de Wikipédia sont d’ores et déjà en train de préparer un concours du « meilleur auteur sioniste », dont la récompense serait un voyage en montgolfière au-dessus d’Israël. J’imagine que nous avons déjà une petite idée du lauréat à l’aventure en montgolfière bleu et blanc.

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier (révisée par JPH)

Source

Source et traduction : Marcel Charbonnier

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