Le dénommé « Noam Nir », un sioniste israélien résidant à la ville d’Essaouira et y possédant un restaurant « Al Baraka », a déposé fin juillet 2010 une plainte en justice pour antisémitisme contre trois membres de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) ; il s’agit de la militante Samira Kinani, membre du Bureau Central de l’Association, et des militants Fouad Jarid membre de la commission administrative de l’AMDH et du bureau de la section d’Essaouira, et Houcine Boukbir membre de cette même section ; ces deux derniers ont déjà été entendus le 05 et le 06 août par la police judiciaire locale, sur instruction du procureur du roi auprès du tribunal de 1ère instance de la ville.
Cette plainte a été déposée juste après la tournée touristique effectuée à Essaouira le 27 juillet par une centaine de jeunes, participant au camp pour jeunes de l’AMDH, organisé dans la ville voisine de Safi.
Au cours de cette tournée, les jeunes de l’AMDH ont scandé des slogans sur les droits humains en général, et au Maroc en particulier, et n’ont pas manqué comme d’habitude, de crier leur solidarité avec le peuple palestinien et leur dénonciation du terrorisme sioniste, et leur désapprobation de la normalisation rampante des relations du Maroc avec Israël. Ce qui ne fut pas du goût du dénommé Noam Nir qui s’est mis, au passage des jeunes devant son restaurant, à les filmer de manière provocatrice.
Notons que monsieur Noam Nir a déjà manifesté son hostilité à l’égard de la section de l’AMDH à Essaouira quand elle a, à l’instar de la plupart des 88 sections de l’Association, organisé un sit-in de solidarité avec la Palestine le 29 mars dernier, à la veille de la journée de la terre ; il a à cette occasion dénoncé dans les journaux israéliens, dont il est correspondant, « l’antisémitisme de l’AMDH » et de l’ensemble du peuple marocain.
Tenant compte de ce qui précède, et des éléments d’information en rapport avec les activités sionistes de Noam Nir, et en se basant sur notre identité comme association de défense des droits humains dans leur acception universelle, le bureau central déclare :
1° l’AMDH a, depuis sa création en 1979, défendu fermement les valeurs fondamentales (dignité, liberté, égalité, solidarité, et sacralité de la vie) et les normes des droits humains universels dont le droit des peuples à l’autodétermination. Elle a en outre lors de son dernier congrès (le 9ème congrès tenu du 20 au 23 mai dernier), et dans le cadre d’amendements au préambule de ses statuts, érigé « le combat contre la mondialisation libérale sauvage, l’impérialisme en tant que mouvement ennemi du droit des peuples à l’autodétermination et le sionisme en tant que mouvement raciste, colonialiste et agressif » au rang des combats prioritaires et ouvert la voie à la défense directe de la laïcité, considérée désormais par l’AMDH comme « une des caractéristiques de l’Etat de droit ».
2° L’AMDH est antisioniste, contre le colonialisme israélien, solidaire du juste combat du peuple palestinien pour la libération de son pays, le retour des réfugiés, son autodétermination et l’édification de l’Etat démocratique palestinien sur l’intégralité du territoire palestinien avec Al Kods comme capitale. A ce titre également l’Association est contre le terrorisme d’Etat israélien et contre toute normalisation avec cet Etat agresseur qui ne fait que renforcer sa détermination à commettre plus de crimes de guerre et contre l’humanité.
3° Tout comme les 12000 membres de l’AMDH sont toutes et tous antisionistes, ils sont également et par principe contre l’antisémitisme et contre la haine à l’égard des juifs en tant que tels, puisque l’AMDH adhère sans réserve aux valeurs universelles des droits humains, défend la laïcité et les libertés individuelles dont la liberté de croyance et de culte et celle d’avoir la religion de son choix ou de ne pas en avoir.
Pour ce qui concerne les juifs de notre pays, dont la plupart ont été des victimes de choix du sionisme qui les a poussés à quitter massivement leurs pays, nous avons toujours défendu leurs droits tout en étant fiers du courage de nos frères juifs marocains qui ont résisté à la propagande sioniste et dont certains comme Abraham Serfaty, Sion Assidon, Edmond Amran El Maleh et Simon Levy ont conjugué leur antisionisme avec une défense conséquente de la démocratie au Maroc. L’AMDH a été également parmi les organisations démocratiques à s’opposer, lors des manifestations de solidarité avec la Palestine, aux slogans anti-juifs proférés par des groupes de conservateurs et d’intégristes.
Dans ces conditions, accuser d’antisémitisme des membres de l’AMDH, et de surcroit des membres dirigeants, est une infamie qui devra couter cher au dénommé Noam Nir dont la mission réelle doit être mise à jour et dénoncée.
4° L’AMDH considère que la plainte pour antisémitisme, déposée par le dénommé Noam Nir contre trois de ses membres, n’a aucun fondement ni dans la réalité des faits, ni au niveau juridique et la déclare nulle et non avenue, tout en considérant que donner une suite positive à cette plainte serait une faute politique et judiciaire grave et un encouragement aux activités sionistes au Maroc.
De ce fait, l’AMDH appelle les organisations des droits humains, les forces démocratiques et les forces vives du pays à dénoncer cette plainte insidieuse et à exiger qu’elle soit classée.
Elle appelle également tous les membres de l’Association à rester vigilants et à considérer que tout procès contre les 3 membres objets de la plainte est un procès contre l’ensemble de l’AMDH et des antisionistes défenseurs du peuple palestinien au Maroc.
Enfin l’AMDH s’adresse aux défenseurs des droits humains et aux démocrates à l’étranger pour les mettre en garde contre tout amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui est à la base de la plainte de Noam Nir et qui est véhiculé, avec succès malheureusement, par les sionistes au pouvoir en Israël ; tout le monde doit être averti qu’au Maroc c’est l’AMDH, entre autres, qui est porteuse des vraies valeurs de démocratie et des droits humains et non les sionistes partisans du terroriste Natanyahu et ses acolytes étrangleurs et affameurs de Gaza et fossoyeurs de la caravane de la liberté.
Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.
Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.
Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.
Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.
Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.
Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?
Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.
Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.
Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.
Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.
Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale
Paris, 10 août 2010- III -Les Libanais «des analphabètes secondaires»,
Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale.
La neutralisation de cet important lot d’agents pro israéliens, dont un officier supérieur en charge de la lutte antiterroriste au sein du renseignement militaire libanais, le général Fayez Karam, fait gravissime, proche collaborateur du général Michel Aoun, principal allié chrétien du Hezbollah, témoigne du degré d’infiltration d’Israël dans l’appareil libanais. Il révèle, par contre coup, la porosité de la société libanaise et sa vulnérabilité. Une société pourtant l’une des plus rebelles du monde arabe, mais, paradoxalement, la plus affligée par le phénomène de désorientation informative, la plus affectée par la théorie de la dissension sociale.
Théâtre de la première et de la plus longue guerre civile urbaine de l’époque contemporaine, le terrain y est davantage propice aux manipulations du fait de la division ethnico communautaire du pays, l’institutionnalisation du confessionnalisme en tant que mode de gouvernement, et, du communautarisme en tant qu’horizon indépassable de la société. Ce phénomène s’est amplifié du fait de la guerre intestine par l’effondrement des structures familiales et la recomposition des alliances claniques, donnant lieu à une prolifération de groupuscules se proposant de développer des solidarités parallèles en marge des réseaux habituels. Un phénomène accentué par un vigoureux prosélytisme religieux d’origine anglo saxonne, particulièrement au sein des couches paupérisées de la population, ainsi que par la cupidité à tout crin d’une fraction du patronat libanais mû par un capitalisme cosmopolite apatride.
Pionnier d’un journalisme pluraliste, voire quasi anarchique, le Liban comptait déjà, à son indépendance en 1943, 132 publications dont 17 quotidiens et 15 revues hebdomadaires pour une population de 1,5 millions d’habitants et une superficie de 10.400 km2, record mondial absolu pour la densité démographique per capita, alors que la presse du Golfe était encore à ses premiers balbutiements et que l’analphabétisme était le lot général d’une grande fraction de l’ensemble arabe. Vingt ans plus tard, à la faveur de la guerre civile (1975-1990), sous l’impulsion des factions combattantes, le Liban se flattait de disposer d’une cinquantaine de télévisons privées et de plus de cent cinquante stations radio, faisant du pays par rapport à sa population de quatre millions d’habitants, la plus forte concentration médiatique du Moyen orient et sans doute du tiers monde.
Véritables rhéteurs de la géostratégie mondiale, non sans quelque prétention parfois, davantage portés sur la casuistique que sur la dialectique, –Byzance et sa querelle sur le sexe des anges est à portée de vol de Beyrouth–, les Libanais, sont, en fait, dans le domaine de l’information, au-delà des apparences, les victimes privilégiées d’un processus de désinformation par la surinformation, de véritables «analphabètes secondaires», un phénomène qui se traduit par une perte de repères, un état propice à toutes les manipulations, propices à tous les emballements qui expliquerait cette disponibilité libanaise à la sous traitance des guerres pour le compte d’autrui.
Plus connue dans le langage journalistique sous le nom de «théorie du combat des chiens», la théorie de la dissension sociale, corollaire de la désinformation, consiste à exacerber les antagonismes sociaux et à susciter la guerre civile entre communautés en vue de faire diversion sur un conflit majeur ou de préparer la partition du pays. Expérimentée au Liban, lieu de préfiguration des guerres d’épuration ethnique de l’ère post soviétique, cette théorie a été mise en œuvre avec succès dans l’ancienne Fédération de Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan par Peter Galbraith, fils de l’économiste John Kenneth Galbraith, ancien interface pour le compte de la CIA de Benazir Bhutto, ancien premier ministre du Pakistan, assassinée en 2007.
Tout au long d’une séquence d’un demi-siècle, les pays occidentaux en général, les Etats-Unis en particulier, auront exercé le monopole du récit médiatique, particulièrement en ce qui concerne le Moyen orient, un monopole considérablement propice aux manipulations de l’esprit, qui sera toutefois brisé, avant la percée médiatique de la chaîne transfrontière «Al-Jazira», à deux reprises avec fracas, avec des conséquences dommageables pour la politique occidentale: la première fois en Iran, en 1978-79, lors de la «Révolution des cassettes» du nom de ces bandes enregistrées des sermons de l’Imam Ruhollah Khomeiny du temps de son exil en France et commercialisées depuis l’Allemagne pour soulever la population iranienne contre le Chah d’Iran. La deuxième fois à l’occasion de l’Irangate en 1986, le scandale des ventes d’armes américaines à l’Iran pour le financement de la subversion contre le Nicaragua. Un scandale, est-il besoin de le rappeler, qui a éclaté au grand jour par suite d’une fuite dans un quotidien de Beyrouth «As-Shirah», mettant sérieusement à mal l’administration républicaine du président Ronald Reagan.
Hormis ces deux cas, les Etats-Unis et Israël auront constamment cherché à rendre leurs ennemis inaudibles, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires». Non des illettrés, ou des incultes, mais des êtres étymologiquement en phase de processus de «désorientation», psychologiquement conditionné et réorienté dans le sens souhaité, dont l’ignorance constitue, paradoxalement, une marque de supériorité.
«Pur produit de la phase de l’industrialisation, de l’hégémonie culturelle du Nord sur le Sud, de l’imposition culturelle comme un préalable à l’envahissement et à l’enrichissement des marchés, l’analphabète secondaire n’est pas à plaindre. La perte de mémoire dont il est affligé ne le fait point souffrir. Son manque d’obstination lui rend les choses faciles. Il apprécie de ne pouvoir jamais se concentrer et tient pour avantages son ignorance et son incompréhension de tout ce qui lui arrive», soutient l’auteur de l’expression, l’allemand Hans Magnus Einsensberger, dans un ouvrage au titre prémonitoire «Médiocrité et folie».
La frénésie diplomatique occidentale au Liban, sans pareille partout ailleurs dans le monde, a conduit un intellectuel libanais, l’économiste Georges Corm, ancien ministre des finances, a asséné un vigoureux rappel à l’ordre aux « Chers ambassadeurs des grandes puissances»: «Vous vous fondez si bien dans le paysage politique que l’on en vient à oublier que vous êtes des ambassadeurs et l’on vous compte le plus souvent comme faisant partie des plus hautes autorités responsables du pays. (…) Dans les périodes de crise, votre passion pour le Liban est telle que vous n’hésitez pas à vous adresser publiquement et directement à nous, en faisant fi des conventions de Vienne», écrira-t-il dans une lettre ouverte publiée le 16 juillet 2010 dans la revue libanaise «Magazine».
A des moments cruciaux de son histoire, le Liban a constitué une passoire, mais le plus petit pays arabe a quelque peu compensé cette faille en enregistrant deux faits d’armes glorieux contre Israël, en 2000 et en 2006, unique pays arabe à revendiquer un tel palmarès, unique pays arabe à avoir provoqué un dégagement militaire israélien de son territoire, sans négociations, ni traité de paix. A sa décharge, toutefois, comparaison n’est pas raison, le Liban ne détient pas le monopole de la connivence israélienne.
Des instructeurs israéliens sont présents en Irak, particulièrement dans la zone kurdophone, pour l’encadrement et la formation des soldats kurdes, les anciens peshmergas, sollicités pour des opérations de maintien de l’ordre à Bagdad au cours du premier semestre de 2007. Le magazine News night du 19 septembre 2006 avait présenté des images exclusives de vastes installations et de ces entraînements. Interop et Colosseum, deux sociétés israéliennes de mercenariat serviraient de couverture à cette activité de l’armée israélienne. Les officiers transiteraient par Djibouti pour masquer leur origine. Les Israéliens auraient pris la succession de sociétés américaines de mercenariat, déjà présentes au Kurdistan irakien depuis la création de la zone de non survol, à l’issue de l’opération Tempête du désert, en 1991.
Ces deux sociétés agissent de concert avec le Shin Beth, les services de renseignements israéliens, et, s’agissant du Moyen-Orient, en coordination avec le bureau des «minorités périphériques», le vocable par lequel les services israéliens désignent les ressortissants des pays arabes qu’ils croient susceptibles de collaborer avec eux, comme ce fut le cas lors de la guerre du Liban avec les Forces Libanaises (1975-2000), et comme c’est le cas dans la nouvelle guerre d’Irak.
Sous couvert de double nationalité, des Israéliens sont présents sous uniforme de l’armée américaine, depuis 2003, comme spécialistes de la guérilla urbaine à Fort Bragg. C’est dans ce centre des forces spéciales américaines, en Caroline du Nord, que fut mise sur pied la fameuse Task Force 121 qui, avec des peshmergas de l’UPK du président irakien Jalal Talabani, procéda à l’arrestation de l’ancien président irakien Saddam Hussein. La coopération israélo américaine se développa en outre sur le terrain extrajudiciaire avec la liquidation de 310 scientifiques irakiens entre avril 2003 et octobre 2004. Des hommes d’affaires israéliens interviennent en outre comme sous-traitants de sociétés jordaniennes ou turques sur le marché irakien.
En 2008, le site Internet Roads to Iraq décomptait 210 entreprises israéliennes intervenant masquées sur le marché irakien, véritable aubaine pour les agents recruteurs du Mossad. Le Roi Hussein de Jordanie passe pour avoir été un «indic» de la CIA et la dynastie marocaine bride mal son tropisme israélien exacerbé, comme en témoignent le concours du Mossad à l’élimination du chef de l’opposition marocaine Mehdi Ben Barka et le déploiement de l’Institut Amadeus, sous traitant officieux de la diplomatie marocaine. Sans compter l’Arabie saoudite, principal bénéficiaire des coups de butoir d’Israël contre le noyau dur du Monde arabe.
IV – Une parodie de justice, un vaudeville tragique
Ni le cinéaste américain Mel Brooks, Ni Eddy Murphy, ni aucun autre facétieux d’Hollywood n’aurait imaginé pareil vaudeville tragique. En cinq ans de fonctionnement, le tribunal aura accumulé les faux pas, comme en un comique de répétition, privilégiant, sans craindre la subornation de témoins, une enquête à charge, exclusivement à charge contre la Syrie d’abord, ses alliés au Liban ensuite, incarcérant arbitrairement quatre officiers supérieurs libanais, qu’il sera contraint de relâcher, quatre ans plus tard, faute de preuve. Une désinvolture qui a entraîné une cascade de démission, -cinq en deux ans, deux procureurs et deux greffiers en chef et une porte parole- (7), faisant du Tribunal spécial sur le Liban, unique tribunal ad hoc en la matière, la risée universelle.
Un magma absolu. Un capharnaüm. Décryptage.
L’incarcération des généraux Jamil Sayyed et Ali al Hajj avait pour objectif déguisé d’écarter des postes sensibles des services de sécurité des responsables de confession chiite, particulièrement avertis de l’affairisme syro-haririen, pour leur substituer des sunnites (le général Achraf Riffi et le colonel Wissam al Hassan), en phase avec les desiderata des revanchards, Jacques Chirac et Saad Hariri, le tandem à l’origine de la mise en œuvre du Tribunal international. Achraf Riffi a été promu général, en avril 2005, deux mois après l’assassinat de Rafic Hariri et propulsé à la tête des forces de sécurité.
La désignation à la vindicte publique des quatre officiers supérieurs hâtivement impliqués et arbitrairement incarcérés pour leur rôle présumé dans l’attentat anti-Hariri répondait au souci des dirigeants pro occidentaux de neutraliser des «témoins gênants». L’instrumentalisation de magistrats libanais pour une besogne contraire à la souveraineté de la justice libanaise en vue de valider la piste syrienne dans l’assassinat de Rafic Hariri, a desservi la cause de la justice internationale et de la magistrature libanaise, dont l’épilogue a fait l’effet d’un coup de massue, sur le plan psychologique, sur le camp occidental.
Les généraux Jamil Sayyed, directeur de la sûreté nationale, Ali Hajj, directeur des renseignements généraux, Raymond Azar, directeur du renseignement militaire, et Moustapha Hamdane, chef de la garde présidentielle, étaient détenus depuis le 30 août 2005. Le juge a jugé leur dossier trop léger pour les maintenir en détention. Aucun d’eux, curieusement, n’a fait l’objet d’une inculpation. Aucun d’eux, non moins curieusement, n’a été réintégré dans ses fonctions, ni fait l‘objet d’aucune réparation morale ou matérielle. Leur Libération, le 29 avril 2009, a retenti comme un camouflet pour leurs détracteurs.
Marwane Hamadé, un vibrionnaire pourfendeur du Hezbollah à la tête d’un ministère noyauté par les Israéliens
L’antenne pirate israélienne du relais hertzien du Mont Barouk est située dans la région montagneuse du Chouf, fief de Walid Joumblatt, partenaire de Saad Hariri dans la révolte anti syrienne. Son installation s’est faite sous le mandat du lieutenant de Walid Joumblatt du temps de son passage au ministère des télécommunications, Marwane Hamadé, à une période charnière allant de 2005 à 2008, c’est-à-dire du début de l’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri, principalement fondée sur le décryptage de communications biaisées par les services israéliens, à son épreuve de force avec le Hezbollah en mai 2008, en passant à la guerre de juillet 2006 où il s’était placé à l’avant-garde de la dénonciation du mouvement chiite.
Le plus ferme partisan du démantèlement du réseau de transmission autonome du Hezbollah s’est trouvé être, curieusement, à la tête d’une administration noyautée par les taupes israéliennes: Un des grands experts de l’OGERO, Milad Eid, l’organisme gestionnaire du câble sous marin reliant Beyrouth au Sud Liban, la zone de déploiement du Hezbollah, s’est révélé être un grand espion d’Israël et le régulateur des transmissions filaires de l’Etat libanais équipé d’un logiciel de conception israélienne. Habituellement prolixe particulièrement dans les médias français, Marwane Hamadé, vibrionnaire pourfendeur de l’omnipotence du Hezbollah, est mutique depuis la révélation du noyautage de son ancienne administration.
L’interlocuteur privilégié du proconsul américain Jeremy Feltman, le chouchou de Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères qu’il avait mis dans la confidence au sujet de l’assaut contre le système des communications du mouvement chiite ne s’est jamais expliqué sur le fait d’attribuer à une société israélienne KAPIRA, sous couvert d’une société écran française, la gestion des communications transitant par l’organisme gouvernemental OGERO, ni sur son comportement à tout le moins désinvolte sur l’ensemble du dossier. En plein naufrage politique, le flamboyant stratège de «la révolution des Cèdres» n’est maintenu au seuil de la ligne de flottaison que par la volonté de son mentor Joumblatt.
L’homme le plus détesté de la banlieue sud de Beyrouth a dû se faufiler, sous forte escorte, dans le cortège funéraire lors des obsèques de Cheikh Mohamad Fadlallah, guide spirituel de la communauté chiite libanaise, en juillet 2010, en vue de la présentation de ses condoléances, dans une démarche interprétée comme une forme de repentance, signe indiscutable de la disgrâce d’un homme au halo de «martyr vivant» écorné.
Se pose alors la question du bien fondé de sa requête. N’aurait elle gagné en crédibilité si elle avait été précédée d’une épuration de son ministère des espions israéliens ? Par extension, se pose la question de savoir si l’attentat dont il a été victime, en 2004, dans la foulée de la résolution 1559 de l’ONU enjoignant la Syrie à retirer ses forces du Liban, constituait un coup de semonce de ses adversaires contre son trop grand tropisme occidental? Ou bien s’agissait-il d’une tentative de camouflage pour le crédibiliser dans sa démarche qui s’est révélée a posteriori criminelle en ce qu’elle aurait débouché, si elle avait abouti, à la paralysie complète du Hezbollah, voire à son anéantissement, dans son combat contre Israël ? La même question se pose en ce qui concerne Elias el Murr, autre girouette de la vie politique libanaise, beau frère de Gébrane Tuéni, et, surtout gendre du président Emile Lahoud, victime lui aussi d’un attentat en 2005 dans la mesure ou l’antenne pirate israélienne a été greffée sur l’antenne pilote de Murr TV (MTV), la propre chaîne de la famille du ministre libanais de la défense. La question mérite d’être posée à l’égard de cibles nullement anodines sur cette coïncidence curieuse et troublante.
La profusion des faux témoins, une dizaine au total, record mondial absolu de tous les temps, fera du tribunal spécial un véritable capharnaüm. Telle une curée sur un magot, appâtée à coups de dépositions monnayées, la profusion ne relevait certainement pas du hasard. Elle résultait des calculs des divers protagonistes de la coalition occidentale dans la satisfaction de leurs objectifs, complémentaires dans leur finalité mais contradictoires dans leurs priorités.
Le faux transfuge des services de renseignement syriens, Zouheir Siddiq (8), présentait une aubaine pour le tandem Hariri-Chirac pour l’implication de la Syrie. Théâtrale en diable, c’est lui qui a pris l’initiative de convier à sa résidence de Marbella, (Espagne), Detliv Mehlis pour lui narrer son témoignage, aux mépris des règles élémentaires de la procédure. Et l’inspecteur allemand, sans crainte du ridicule, de s’empresser d’opiner, sans le moindre recoupement de précaution.
Ténébreux personnage, c’est lui qui a désigné, en premier, les quatre officiers supérieurs libanais dans l’attentat anti-Hariri, de même que le beau frère du président Bachar al Assad, le colonel Assaf Chawkat, chargé de la sécurité du régime syrien. Témoin clé, il sera traité avec tous les égards dus à son rang de Témoin Roi. Un roi vénal. Son témoignage aurait été monnayé pour la coquette somme de cinq millions de dollars, un fait qu’il aurait lui-même clamé sur le réseau hertzien au cours d’une communication cellulaire avec un membre de sa famille. Siddiq aurait avoué à son frère être devenu «millionnaire» en récitant ce qu’il lui avait été demandé de dire, notamment les noms de sept officiers du renseignement syrien et de quatre généraux libanais prétendument impliqués dans l’assassinat.
Durant son séjour en France, il résidait dans la localité cossue de Chatou, dans la région parisienne, gracieusement, aux frais du contribuable français. Devenu témoin encombrant pour Jacques Chirac, le pensionnaire posthume de son ami assassiné, Siddiq sera expulsé vers les pétromonarchies du Golfe, alors que le Liban réclamait son extradition, exfiltré à l’aide d’un faux passeport délivré par Nicolas Sarkozy à l’époque ministre de l’intérieur. Convoyé par deux officiers français, il sera remis à Abou Dhabi aux services de sécurité égyptiens et maintenu depuis lors sous bonne garde.
Le saoudien Faysal Akbar (9), par sa revendication de son appartenance à «Al Qaida» et sa connexion syrienne, représentait, quant à lui, un parfait alibi pour l’administration Bush en vue de la mise en cause de la Syrie, et de la justification de l’invasion de l’Irak et de la poursuite de la «Guerre contre le terrorisme». L’homme a avoué sa participation à l’assassinat de Rafic Hariri, annonçant au passage aux enquêteurs, tel un appât, sa proximité avec Aboul Moussab Al Zarkaoui, le commandant opérationnel d’Al Qaida en Irak….de quoi faire rêver le renseignement américain sur une possible capture de Oussama Ben Laden, leur ennemi public n° 1. Il se rétractera par la suite accusant des «étrangers» de lui avoir soufflé le nom d’Assaf Chawkat, beau frère du président syrien Bachar al Assad, en tant que commanditaire de l’assassinat de Rafic Hariri.
Un troisième faux témoin, Ahmad Merhi, au palmarès à faire pâlir Illich Ramirez Sanchez, le fameux Carlos, le croquemitaine de l’Occident de la décennie 1970-1980, a prétendu, lui, avoir trempé dans tous les complots tramés depuis le 11 septembre 2001 (attentat de New York) au 14 Février 2005 (Assassinat Hariri). Il s’arrangera pour entrer dans les bonnes grâces des services de renseignements du Danemark. En échange de la protection danoise, il leur offrira sa collaboration dans la dénonciation des meneurs des manifestations anti danoises dans le Monde arabe, organisées à la suite de la publication des caricatures du prophète dans un journal danois. Cet indic multicarte se révélera être surtout impliqué dans l’assassinat du ministre libanais de l’industrie, Pierre Gemayel, le fils de l’ancien président de la république Amine Gemayel, et mêlé aux troubles du camp palestinien de Nahr el Bared (Nord-Liban).
Un quatrième, un syrien trafiquant de drogue, Akram Chakib Mourad, extralucide, aurait repéré la Mitsubishi, la camionnette qui a déclenché l’explosion, six mois avant son vol et son affectation à la mission suicide au Liban, alors qu’elle était encore au Japon. Il aurait même avoué l’avoir aperçu dans la banlieue sud de Beyrouth, le fief du Hezbollah alors qu’elle se trouvait encore au Japon.
Un cinquième, un palestinien agent du Mossad, condamné par la justice militaire et expulsé du Liban, en 2003, y reviendra, en 2005, sous une nouvelle identité, à l’aide d’un passeport suédois pour déposer cotre la Syrie et ses alliés libanais. Expulsé du Liban sous le nom de Abdel Basset Bani Awdah, il reviendra sous le nom de Antonius Bani Awdah estampillé sur un passeport suédois. L’allemand Detliv Mehlis, qui lui avait promis le financement d’une opération de chirurgie esthétique pour le rendre méconnaissable, lui conférera la protection découlant du statut de «témoin privilégié. Il cloisonnera l’affaire et conservera par devers lui son témoignage, dont il s’en servira comme d’un fil conducteur dans son enquête, jaloux de son butin, ne partageant ses informations avec aucun autre de ses collègues jusqu’à la découverte du pot aux roses.
Curieusement, la piste de l’unique personne qui a revendiqué publiquement l’assassinat, Ahmad Abou Addas, le jour de l’attentat depuis la chaîne transfrontière «Al Jazira» a été négligée. L’homme habitant du secteur ouest de Beyrouth, avait disparu de son domicile trois semaines avant l’attentat et sa disparition signalée par son père aux services de police. «Salafiste Jihadiste», selon la désignation dont il se revendiquait, il vouait aux gémonies «tous les dirigeants arabes qui gouvernaient d’une manière contraire à la volonté de Dieu » et tenait des propos hostiles à Rafic Hariri.
Les connexions sulfureuses de Gébrane Tuéni.
Pis, dernière et non la moindre des anomalies, le «héros martyr» de la presse libanaise, Gébrane Tuéni, pour stupéfiante que cela puisse paraître, entretenait des relations d’affaires avec la Mafia. Le symbole du printemps de la liberté du Liban et fer de lance du combat anti syrien louait sa voiture blindée aux fins de rentabilisation de son coût à un chef de gang libanais opérant au sein de la Mafia en Bulgarie. Le véhicule blindé, acquis à 350.000 dollars, était loué à raison de mille dollars par jour, durant les nombreux déplacements à l’étranger du directeur du journal «An-Nahar». Les deux derniers locataires de cette voiture étaient un mafieux libanais opérant en Bulgarie et un ancien garde de corps du chef d’une formation milicienne de la droite libanaise, recyclé par les affaires mafieuses en Europe orientale. La voiture a été rendue à son propriétaire la veille du retour de M. Tuéni de Paris.
Les enquêteurs internationaux et la presse occidentale ont toujours incriminé la Syrie, sans jamais soulever l’hypothèse d’un règlement de comptes mafieux visant le locataire et non le propriétaire de la voiture, ou l’hypothèse d’une connexion entre l’attentat et les activités de l’ancien garde du corps milicien, un attentat par défaut en somme. Le préposé au louage, en fait le rabatteur de cette clientèle glauque, était lui-même en relations d’affaires avec le syrien Hassam Hassam, un autre grand faux témoin, faisant de cette enquête internationale un véritable nœud de vipère par son déroulement et ses effets dévastateurs sur la paix civile libanaise.
Un «prix Gébrane Tuéni» est décerné chaque année à un journaliste arabe qui s’est distingué dans le domaine de la Liberté de la presse, sans que le bénéficiaire ou le public, voire même le jury, ne soient avertis des connexions sulfureuses du journaliste, passé à la postérité en tant comme symbole du combat démocratique au Liban et dans le monde arabe, alors qu’il était généralement décrié au sein de l’opinion libanaise comme le parfait représentant des alliances rotatives du Liban de l’après guerre avec le pouvoir et le pouvoir de l’argent, tout comme d’ailleurs son oncle Marwane Hamadé et son beau frère Elias el Murr, trois politiciens qui auront sinistré l’engagement politique par leur contorsionnement permanent. Sauf à entretenir la confusion mentale et la perdition morale, quelles vertus pédagogiques recèle l’exaltation des êtres de grande versatilité et de moindre moralité pour l’ édification civique des générations futures ?
Un véritable capharnaüm.
Le journal Al-Akhbar qui a consacré, fin juillet 2010, un dossier complet sur le dysfonctionnement du Tribunal spécial, a énuméré le nom d’une dizaine de faux témoins (Zouheir Siddiq, Faysal Akbar, Ahmad Merhi, Hassam Hassam, Abdel Basset Bani Awdah, Ibrahim Jarjoura, Akram Chakib Mourad, Iman Ali, Lou’ay as Saka), sans qu’il ait été possible de déterminer, avec certitude, au terme de quatre ans d’audition, si cette somme documentaire répondait aux diktats de leurs commanditaires, ou, résultait, au contraire, d’une imagination fertile, de la mystification, d’une tentative d’intoxication ou d’extorsion de fonds ou plus simplement d’entrisme et de contre manipulation en vue de discréditer les opérateurs occidentaux. Un morceau d’anthologie, à l’allure d’une conjuration de colportes, en tout état de cause, révélatrice des phobies occidentales et de leurs présupposés idéologiques sur les motivations profondes de «la guerre contre le terrorisme».
En contrechamps, la Syrie aura eu un comportement nettement plus expéditif et martial. Répondant à la requête internationale, elle avait pris la précaution de filmer l’interrogatoire de son principal témoin, le Général Ghazi Kanaan, son ancien pro consul au Liban, non pas tant pour sa participation au complot, mais pour se servir de ses propres aveux comme d’une pièce à conviction contre sa propre personne. Le Général Kanaan sera «suicidé» dans la foulée de son interrogatoire, sanction de sa connivence avec le clan Hariri dans la réforme de la carte électorale libanaise qui a eu pour effet de faciliter le retour au pouvoir de l’ancien premier ministre, et de son enrichissement fabuleux, de l’ordre de 800 millions de dollars, selon les estimations les plus généralement admises.
Suivra…
3me volet de ce papier le 19 août
Les Etats-Unis une justice à la carte, la France en suspicion légitime
La criminalisation du Hezbollah, une guerre de substitution à l’Iran
Références
7 – La liste des démissionnaires du Tribunal Spécial sur le Liban: Deux greffiers en chef, Robin Vincent juin 2009 et David Tolbert, 12 janvier 2010; Deux procureurs, le controversé Detlev Mehlis (Allemagne) et le belge Serge Brammentz, 2010; enfin, la porte parole, la libanaise Radhia Achour, 24 mai 2010.
8- Zouheir Siddiq, qui se présentait comme un membre important des services secrets syriens au Liban et prétendait tout savoir sur l’implication de la Syrie dans l’assassinat du Premier ministre libanais Rafic Hariri, était en fait un escroc protégé par Rifaat al-Assad, ancien dirigeant syrien, réfugié en Espagne qui rêvait de renverser son neveu, le Président Bachar al-Assad. Selon Der Spiegel (22/10/05) Siddiq avait avoué à son frère être devenu «millionnaire» en récitant ce qu’il lui avait été demandé de dire, notamment les noms de sept officiers du renseignement syrien et de quatre généraux libanais prétendument impliqués dans l’assassinat. Dans une interview au quotidien koweitien Al-Siyassah, en date du 12 avril 2010, il a affirmé que le Cabinet de Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur, lui avait remis, «pour le protéger», un faux passeport tchèque lui permettant de quitter le territoire français alors que le Liban réclamait son extradition. Il a été condamné en 2009 à Abou Dhabi à 6 mois de prison et expulsé pour être entré dans les Emirats Arabes Unis avec de faux papiers d’identité. Il s’est justifié en affirmant ne pas savoir que «ce passeport était faux».
9 – Cf. Dossier Spécial sur les dysfonctionnements du Tribunal Spécial sur le Liban à propos de l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, réalisé par le Journal libanais Al Akhbar et diffusé sur plusieurs épisodes Mardi 27 juillet 2010: «Au-delà des faux témoins, une révélation sur les enquêtes, Faysal Akbar, le saoudien qui est allé au devant des enquêteurs», par Hassan Alik; Mercredi 28 juillet «Des brèches dans les règles de fonctionnement du Tribunal : Ahmad Merhi, le témoin muet, l’homme des services de renseignements du 11 septembre (attentat de New York 2001), au 14 février (Assassinat Hariri 2005) par Hassan Alik et Omar Nachabbé (chroniqueur judiciaire du journal et membre du Carnegie Endowement for International Peace – Middle East Center –Beyrouth – Liban).
Par René Naba
Libnanews, avec l’aimable autorisation de l’auteur
Qui a tué Rafic Hariri et pourquoi est-il mort ? Ces interrogations, qui renvoient à la question fondamentale de tout roman policier, sont bien à la base de toute enquête sérieuse : à qui le crime commis le 14 février 2005 profite-t-il ?
L’enquête, dirigée par un procureur allemand au lendemain d’un attentat particulièrement bien organisé, a d’abord accrédité la thèse d’une responsabilité syrienne dans la mort du Premier ministre et leader du Courant du futur.
A lire les médias occidentaux dans les semaines qui ont suivi la mort de Hariri, il ne faisait guère de doute que Damas avait joué le rôle clé dans un scénario destiné à débarrasser la scène libanaise d’un acteur résolument pro-occidental. Le rapport Mehlis, du nom d’un procureur à la compétence discutable et à la partialité avérée, confortait cette théorie fondée sur des témoignages qui se sont vite révélés de pures affabulations.
Il n’empêche que les pressions et les menaces se sont exacerbées contre la Syrie, obligeant ce pays à retirer ses troupes du Liban. Devant l’inconsistance scandaleuse des conclusions du procureur Mehlis, le Conseil de sécurité de l’ONU décide, le 30 mai 2007, de la création du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), qui devrait remettre un acte d’accusation dans le courant de l’automne. Ce même tribunal a décidé de libérer 4 généraux libanais incarcérés sur la base de faux témoignages.
La suspicion que ce tribunal sert des objectifs autres que la vérité est plus que légitime. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs – déjà fuitées dans Der Spiegel l’année dernière – tentent clairement d’incriminer des dirigeants du Hezbollah. Cela a fait monter la tension dans un pays encore très fragile, où des alliances féodales de nature ouvertement clientélistes dominent la société.
Les manipulations, gravissimes, qui ont entouré les enquêtes, ont poussé le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à livrer des éléments troublants sur les agissements de l’armée israélienne dans les jours qui ont précédé l’attentat. Les mouvements de l’aviation israélienne et de drones qui surveillaient les allées et venues du Premier ministre assassiné ont été observés minutieusement par la résistance. Celle-ci a pu capter les images transmises par les drones aux salles d’opérations israéliennes. Hassan Nasrallah, ménageant sa communication, a assuré que d’autres éléments étaient en possession du Hezbollah.
Certes, les éléments fournis par Nasrallah ne constituent pas des preuves décisives, mais ils forment un faisceau de présomptions suffisamment consistantes pour justifier une enquête. Pour des raisons totalement aberrantes, les « enquêteurs internationaux » ont décidé, d’emblée, sans le moindre examen, que la piste israélienne serait exclue. Elémentaire ?
Comme si le track-record des Israéliens en matière de meurtres ciblés et d’attentats terroristes n’est pas suffisamment établi. Qui aurait intérêt à déstabiliser le Liban et à y provoquer une guerre civile, sachant que ce petit pays est un grand bastion de la résistance à l’hégémonie israélienne ? Qui aurait intérêt à discréditer le Hezbollah ?
A moins d’être politiquement motivé, aucun enquêteur raisonnable ne peut occulter qu’Israël, dont les services secrets sont très actifs, est un suspect de premier rang. La récente mise au jour d’un réseau massif d’espions, plus de cent personnes dont un général à la retraite, donne une idée de l’ampleur des activités subversives israéliennes au Liban.
Les médias occidentaux se sont empressés de réduire l’importance des informations divulguées par le Hezbollah, préférant relayer les commentaires indignés des dirigeants de Tel-Aviv. Ces derniers jouent sur du velours : l’assassinat, le 20 janvier dernier, d’un dirigeant du Hamas à Dubaï, où des tueurs israéliens ont été identifiés par la police de l’Emirat, est quasiment effacé des mémoires.
Mais les médias se trompent clairement sur une chose : l’encerclement des opinions par la propagande n’est plus efficace. Grâce à Internet, les bonnes questions finissent pas être posées.
Pour que les Etats-Unis lancent leurs bombardiers et missiles sur l’Iran, il ne manquerait plus qu’un prétexte… quitte à le fabriquer de toutes pièces, écrit Abdel Bari Atwan.
Scène sur un porte-avions américain - Les Etats-Unis, Israël (et la France ?) sont-ils sur le point de lâcher leurs engins de mort sur la république iranienne ?
Scène sur un porte-avions américain – Les Etats-Unis, Israël (et la France ?) sont-ils sur le point de lâcher leurs engins de mort sur la république iranienne ?
L’amiral Mike Mullen, président du collège des Chefs d’état-major [Joint Chiefs of Staff], a annoncé dimanche que les États-Unis ont depuis quelques temps déjà mis au point un plan pour une frappe sur l’Iran. Il semblerait que nous devons nous attendre à une autre guerre majeure qui changera la carte politique et la vie des peuples de cette partie du monde, et pour des décennies.
Avec l’avantage de la rétrospective, il s’agit clairement d’une pratique israélienne et américaine de vouloir recueillir une approbation publique avant de lancer la première attaque, trouvant des prétextes pour la guerre comme ils l’ont fait avec l’invasion du Sud du Liban en 2006 (qui d’après Israël était une guerre de représailles contre le Hezbollah qui avait capturé deux de ses soldats) et la sinistre farce des Armes de Destruction Massive [ADM] avant l’invasion de l’Irak en 2003 par une coalition sous commandement des États-Unis.
Le Président Bush avait réellement décidé – au cours des discussions avec son allié Tony Blair, alors premier ministre de la Grande-Bretagne – du moment de la guerre contre l’Irak huit mois avant de lancer l’opération. Ces deux-là ont alors entamé le processus de diabolisation, nécessaire pour convaincre leurs publics que l’action militaire était justifiée. Les politiciens, les médias et les porte-parole aux Nations Unies faisaient tous partie des pièces composant cette machinerie.
Il y a plusieurs indicateurs montrant que des préparatifs sont en cours pour une nouvelle guerre et que la question est à présent concentrée sur le fait de trouver un prétexte pour lancer les bombardiers et missiles à long portée israéliens et américains. Voici lesquels :
Premièrement : la décision du Tribunal international spécial pour le Liban sur l’assassinat de Rafic Hariri sera rendue publique le mois prochain. Des fuites suggèrent que le Hezbollah sera accusé d’être impliqué. Son dirigeant Sayyed Hassan Nasrallah a déjà insisté sur le fait qu’il ne tiendrait pas compte des accusations, expliquant que le Tribunal était politisé, et que les preuves ont été fabriquées. Cela signifie qu’une position peut être prise au niveau international pour condamner le Hezbollah, donnant ainsi un feu vert à une agression israélienne contre lui.
Deuxièmement : les États-Unis ont exercé de très fortes pressions – caractérisées par des menaces et des intimidations – sur l’Autorité palestinienne de Ramallah pour qu’elle revienne à des négociations directes avec Israël. Le 29 Juillet, lors de sa réunion au Caire, le Comité pour l’Initiative de paix arabe a exhorté le président Abbas à entamer des pourparlers directs, en dépit du fait que la partie israélienne n’ait fait aucune concession sur l’une des questions majeures, telle que celle des illégales activités de colonisation. Nous avons constaté que chaque fois que Washington préparait Israël à la guerre, il y avait une série de rencontres israélo-égyptiennes à Charm el-Cheikh, des coups d’envoi pour des négociations israélo-palestiniennes, le tout avec des promesses d’un engagement américain en faveur d’un très prochain Etat palestinien indépendant.
Troisièmement : le mois dernier Netanyahu, premier ministre d’Israël, a tenu une réunion extrêmement cordiale avec Barack Obama à la Maison Blanche. C’était très différent d’une rencontre antérieure caractérisée par l’absence de résultats et des antagonismes. Les deux hommes ont convenu de relancer les négociations de paix, présentant Israël comme voulant la paix malgré son massacre, le 31 mai dernier, de militants pacifistes sur la Flottille de la Liberté pour la bande de Gaza.
Quatrièmement : Six soldats israéliens ont été récemment tués en Roumanie lorsque leur engin s’est écrasé lors de manoeuvres conjointes… Il y a des spéculations selon lesquelles la Roumanie et la Géorgie ont pris la place de la Turquie comme allié d’Israël et comme pont vers l’Europe. La Turquie a fermé son espace aérien à Israël pour protester contre le massacre de la Flottille et contre le blocus de la bande de Gaza.
Cinquièmement : Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont interdit l’utilisation du téléphone mobile BlackBerry du fait que ses scripts de communication ne sont pas soumis à la surveillance des services de sécurité. Ils ont expliqué que l’interdiction se justifiait par les préparatifs pour des mesures d’urgence en cas de guerre. Il y a plus de 400 000 Iraniens dans la région du Golfe, et les journaux répandent des rumeurs sur des cellules dormantes iraniennes parmi eux.
Sixièmement : la visite commune surprise de la semaine dernière du roi saoudien Abdullah bin Abdul Aziz et du président syrien Bachar al-Assad à Beyrouth ; ils y ont exhorté les dirigeants des organisations rivales à convenir d’une trêve, face à l’anxiété croissante au sujet une nouvelle guerre civile si le Hezbollah se retrouvait accusé de l’assassinat de Rafic Hariri. Cela met en évidence un plan israélien pour attaquer le Liban.
Septièmement : Israël a achevé les essais de son système de défense anti-missile, « le dôme de fer », le 20 juillet. La Syrie a été récemment accusée d’avoir fourni des missiles Scud au Hezbollah .
Huitièmement : pour la première fois depuis plusieurs années, des roquettes ont été lancées contre Israël depuis le désert du Sinaï. On pense qu’il s’agissait de fusées à longue portée de type Grad (russe). Ceci survient comme un avertissement à Israël, disant que la réplique à une agression ne viendrait pas seulement du Sud-Liban mais aussi du Sinaï et de la bande de Gaza.
L’amiral Mullen faisait preuve de raison quand il a dit être préoccupé par les coûts élevés d’une autre guerre à la fois en termes de vies humaines et en termes économiques. Les résistants islamistes et les troupes iraniennes sont de redoutables combattants qui sont prêts à mourir plutôt que de hisser le drapeau blanc, au contraire des régimes arabes si friands de capitulations. La guerre en Afghanistan dure depuis neuf ans, et depuis sept ans en Irak. Le Hezbollah a résisté à l’agression israélienne pendant plus de trente-quatre jours et n’a pas été brisé, et le Hamas n’a pas été vaincu après plus de trois semaines de guerre lorsque Israël a envahi Gaza l’hiver 2008-2009. Ce fut le début d’un tournant dans l’opinion mondiale, Israël se révélant être un Etat voyou raciste qui commet des crimes de guerre et viole toutes les lois internationales.
Le président Obama a annoncé hier que toutes les troupes américaines en première ligne quitteront l’Irak en Septembre. Il ne veut pas que ses troupes deviennent des otages en cas de guerre avec l’Iran. Dans ce qui se révèle être d’une grande ironie historique, les Iraniens sont le plus fort contingent dans l’actuel régime irakien sous l’égide des Etats-Unis.
La récente réconciliation saoudo-syrienne n’est pas une garantie de stabilité au Liban, ces pays exerçant une moins grande influence comparée à celle de l’Iran dont les liens avec les branches politiques et militaires du Hezbollah sont bien connus.
Mohammad Baqer Zolghadr, vice-ministre iranien dans les affaires de sécurité intérieure a averti hier que dans le cas d’une attaque, l’Iran ripostera contre Israël comme contre les intérêts américains dans le Golfe. Ses missiles Shahab-3 à longue portée de 2000 km sont certainement capables de cela.
Nous n’excluons pas la possibilité que toutes ces menaces soient tout simplement un autre chapitre dans la longue guerre psychologique entre Téhéran et Washington. Mais la résistance des Talibans et le retrait des Néerlandais, des troupes polonaises et australiennes du théâtre afghan commencent à ressembler à une défaite pour l’OTAN.
Se pourrait-il que, après avoir fait machine arrière en Irak et avoir échoué à apporter la paix en Palestine, les Etats-Unis et les États arabes dits modérés souhaitent affronter un nouveau champ de bataille ? Telle est la stratégie d’un joueur qui face à ses pertes, prend des risques encore plus grands dans l’espoir de tout gagner, alors qu’il finit par tout perdre.
Les guerres en Irak et en Afghanistan n’ont en rien contribué à améliorer la sécurité américaine, bien au contraire : les Etats-Unis sont entraînés dans des guerres coûteuses et épuisantes, le processus de paix s’est effondré en même temps que l’économie et, surtout, la menace d’Al- Qaida n’a pas diminué mais s’est au contraire renforcée, et cette organisation n’a cessé de s’étendre à travers le monde.
* Abdel Bari Atwan est Palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.
A l’origine, une gaffe de Mohsen Cherif, qu’on entend clairement crier dans une vidéo qui circule sur Facebook : « Vive Bibi Netanyahu ». Bibi est en fait le surnom du premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahu. L’occasion était visiblement une fête célébrée par la communauté juive tunisienne, probablement en Israël, selon certains. On peut entendre le chanteur dire également au public qu’il espérait les revoir à El Ghriba (Djerba) pour leur pèlerinage annuel, ce qui –ajouté au fait que les vidéos ont été publiées sur le profil d’un jeune israélien- rend l’hypothèse plus plausible.
Scandale autour d’un chanteur tunisien qui a scandé « vive Nétanyahou » en Israël
jeudi 12 août 2010
Pour avoir lancé des vivats à l’adresse du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lors d’un concert en Israël, le chanteur tunisien Mohsen Chérif fait l’objet depuis plusieurs jours d’un véritable lynchage médiatique dans son pays et dans le monde arabe.
Le tollé sans précédent a été déclenché par la diffusion sur le réseau social Facebook d’une vidéo montrant le chanteur rendant hommage à son président en lançant « vive Ben Ali », avant d’enchaîner maintes fois « vive Nétanyahou », « vive Bibi » sous l’influence du public israélien.
En deux jours, plus de 40.000 réactions étaient enregistrées, dénonçant « l’acte indigne » de celui qui est qualifié de « traître ». L’artiste est accusé d’avoir fait l’apologie d’un « sanguinaire à l’origine du massacre de Gaza » et de l’attaque de la flotte humanitaire turque qui se dirigeait vers le territoire palestinien soumis à un blocus depuis quatre ans.
Un internaute a diffusé une image retouchée du chanteur incriminé vêtu d’une jellabah bleue frappée de l’étoile de David et une corde autour du cou. Nombreux d’entre eux condamnent ce qu’ils considèrent comme « un pas vers la normalisation » avec l’Etat hébreu, appelant à déchoir son auteur de la nationalité tunisienne, à boycotter ses concerts et à lui interdire l’accès à la télévision.
Outre les réactions sur le Net, la polémique a été relayée par la presse écrite tunisienne et arabe, notamment la chaîne Al-Jazeera ainsi que par les organisations de la société civile.
Proclamant son « refus de toute forme de normalisation culturelle et artistique avec Israël », le secrétaire général du Syndicat tunisien des professions musicales (STPF), Oussama Farhat, a invité les autorités à interdire à tout artiste de voyager en Israël, en application des décisions de la Ligue arabe. Des avocats tunisiens ont déjà déposé plainte contre le chanteur pour « atteinte à la dignité des Tunisiens et à leur sentiment national »
.
En attendant, Mohsen Chérif, comédien par ailleurs, devait être censuré dans un feuilleton programmé par la chaîne TV privée Hannibal, selon le journal « Le Quotidien ».
Un violoniste qui a participé à la fameuse soirée, Béchir Selmi, membre de la troupe musicale de la radio tunisienne publique, a été suspendu de ses fonctions pour avoir participé à des concerts privés sans l’autorisation de son employeur.
Un autre chanteur, Slim Baccouche, a vu le concert qu’il devait donner au festival international de Carthage annulé.
Selon la vidéo diffusée sur Facebook, le spectacle était donné dans le kibboutz d’Eïlat, mais le flou subsiste quant à son origine et à la date du concert. D’aucuns s’interrogent sur les desseins de son auteur et sur le timing de sa diffusion, d’autant que certains médias avancent qu’elle remonte à deux ans.
La Tunisie n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël. Les deux pays ont échangé des bureaux d’intérêts en 1996 qui ont été fermés en 2000 en application des résolutions de la Ligue arabe, suite à la deuxième Intifada palestinienne.
Néanmoins des milliers de juifs venus d’Europe, d’Amérique et d’Israël viennent chaque année à Djerba pour le pèlerinage de la Ghriba, l’une des plus anciennes synagogues au monde, construite il y a plus de 2.500 ans, selon la légende.
(Jeudi, 12 août 2010 – Avec les agences de presse) source
Elles viennent de Jiftlik, un faubourg de Jéricho; je les ai goûtées, elles sont délicieuses et non traitées.
Voici un article publié par ISM le 16/10/2007 dans lequel il est question de Jiftlik
Vallée du Jourdain – 16-10-2007
« Ce devrait être le paradis » – le « sous-équipement » stratégique de la Vallée du Jourdain Par Palestine Monitor
La Vallée du Jourdain fait partie de la Vallée du Grand Rift afro-asiatique, et le point le plus bas de la planète. Elle s’étend sur 2.400 km², couvre plus d’un quart de la Cisjordanie palestinienne et jouit d’une terre riche et fertile, un climat tropical toute l’année et d’abondantes ressources en sources naturelles. C’est le paradis de l’agriculture.
La clinique de Jiftlik, pour 20.000 habitants de la Vallée du Jourdain
La vallée est également frontalière du Royaume de Jordanie, et selon un récent rapport d’enquête réalisé par le Centre de Développement Palestinien MA’AN, ce sont précisément les raisons pour lesquelles « Israël a maintenu à toute force son occupation sur le secteur, et pourquoi la Vallée du Jourdain est un tel point de contentieux dans le conflit entre Israël et les Palestiniens. »
MA’AN affirme qu’Israël a resserré son emprise sur la Vallée du Jourdain depuis 2000, en confisquant et en occupant la terre palestinienne aux motifs de « Sécurité nationale », en même temps qu’il offrait aux colons israéliens des primes massives pour qu’ils aillent s’installer dans la vallée.
Les habitants palestiniens de la Vallée du Jourdain ont besoin de permis spéciaux pour vivre dans leurs propres maisons et la presque moitié de la vallée leur est interdite d’accès.
Isaël a établi presque 1.100 km² de « zones fermées » à travers toute la vallée. Les Palestiniens du reste de la Cisjordanie se voient fréquemment interdire l’entrée à n’importe quelle partie de la Vallée du Jourdain, dont l’isolement n’a pas cessé de croître. Des infrastructures comme les transports publics, l’éducation ou les soins de santé ont toutes été, de façon stratégique, sous aménagées.
Jiftlik, à quarante minutes de Jéricho, est un village de la Vallée du Jourdain, en piteux état mais pittoresque. La clinique locale du Palestinian Medical Relief Services est dirigée par le Dr. Yosef Saada, qui, à part pendant les sept années de sa formation médicale en Russie, a toujours vécu à Jiftlik. Il est connu sur place pour être un défenseur passionné de la santé publique.
« Nous ne pouvons pas simplement traiter les gens avec des médicaments », dit-il. « Nos communautés sont isolées et très traditionnelles, et beaucoup de personnes ont aussi besoin d’aide pour changer leurs habitudes qui ont des impacts négatifs sur leur santé. Alors nous nous servons le plus que nous pouvons de l’éducation à la santé. »
Jiftlik abrite environ 5.000 personnes, mais le Dr. Yosef et les deux infirmières de la clinique reçoivent des patients d’une demi-douzaine de villages environnants. Le Dr. Yosef estime que sa clinique sert à plus de 20.000 personnes.
Il souligne que la clinique locale créée par l’Autorité Palestinienne n’est ouverte que deux jours par semaine, pendant deux heures par jour. Pendant ce temps, le Dr. Yosef reçoit personnellement environ 40 patients par jour.
Ceci serait un nombre de dossiers remarquable dans une clinique moderne bien équipée en médicaments, mais la clinique de Jiftlik, comme le reste du village, n’a ni électricité ni internet. Le petit bureau du Dr. Yosef sert de salle d’opération pour la petite chirurgie, et lorsque les patients doivent être transférés à l’hôpital, il se sert de sa propre voiture, parce qu’il n’y a pas d’ambulance dans le secteur. La clinique a l’eau courante mais selon le Dr. Yosef, la qualité de l’eau est si mauvaise qu’elle contribue aux problèmes de santé locaux.
« Il y a deux réseaux d’eaux locaux », dit-il, « et les deux sont contrôlés par la compagnie israélienne Mekorot. A cause de la mauvaise qualité de notre eau, nous avons des problèmes récurrents d’amibes, de giardiase, de gastroentérites et de diarrhées. Mais l’eau qui alimente les colonies vient de réservoirs séparés, avec des canalisations de meilleure qualité. »
Il y a 36 colonies israéliennes dans la Vallée du Jourdain, hébergeant plus de 6.000 colons, presque tous des fermiers. Les colonies Hamra, construite en 1971, et Mekhora, construite en 1973, entourent Jiftlik.
La combinaison stratégique des checkpoints israéliens, des permis, des saisies de terre, des colonies illégales et du sous-équipement ont conduit des centaines de milliers de Palestiniens à quitter leur propre terre. Il y a eu jusqu’à 350.000 palestiniens dans la Vallée du Jourdain. La population, aujourd’hui, est tombée à environ 52.000 personnes.
Les Accords de Paix d’Oslo de 1993 ont constitué un tournant majeur pour les communautés palestiniennes, partout dans les Territoires palestiniens occupés. Sous Oslo, les Territoires ont été divisés en zone A, B et C.
. La Zone A, qui représente 10,8% de la Cisjordanie, a été placée sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne.
. La Zone B, 28% de la Cisjordanie, a été placée sous administration civile palestinienne mais sous contrôle sécuritaire israélien.
. Les 61,2% restants, plus 20% de la Bande de Gaza, sont devenus la Zone C, sous contrôle exclusif d’Israël.
Près de 95% de la Vallée du Jourdain sont maintenant contrôlés par Israël. « Après Oslo, notre district a été placé en Zone C », dit le Dr. Yosef, « et depuis, nous vivons sous contrôle israélien. Ils nous ont refusés les permis de construire de nouvelles maisons et des écoles, et même d’installer l’électricité ! Il y a des villages, à seulement 8 kilomètres d’ici, qui ont des équipements corrects, mais ils sont en Zone B, et ici, nous n’avons aucune infrastructure. »
Pour le Dr. Yosef, la comparaison la plus rude de toutes est entre les conditions à Jiftlik et les colonies israéliennes qui surplombent. « Les colons reçoivent des maisons toute neuves, plus l’enseignement et les soins de santé gratuits », dit-il. Les colons de la Vallée du Jourdain bénéficient également de 75% de réduction sur leurs factures d’électricité et autres fournitures, et des emprunts à long terme de 20.000 $ par famille.
« Le gouvernement israélien offre aux colons des incitations de toutes sortes pour venir ici vivre sur notre terre », dit le Dr. Yosef. « Mais l’Autorité Palestinienne ne fait rien pour nous. Alors que cette terre est à nous, ils ne nous aident en aucune manière à rester ici, dans nos propres communautés. »
L’éducation aussi a été peu développée dans la Vallée du Jourdain. Jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait pas d’école secondaire à Jiftlick. Les enfants allaient à l’école secondaire de Beit Hassan. Mais après que l’armée israélienne ait installé un checkpoint à Hamra, près de Beit Hassan, il y a eu des accusations de harcèlement des filles de la part des soldats, et de nombreuses familles ont cessé d’envoyer leurs filles à l’école. Comme il n’y avait pas, et qu’il n’y a toujours pas, de transports publics locaux, il est devenu impossible pour la plupart des enfants d’aller à l’école un peu plus loin.
Le Dr. Yosef et les autres militants de la communauté de Jiftlick savaient que les jeunes seraient obligés de quitter le secteur pour recevoir un enseignement correct, à moins qu’il y ait une bonne école locale. Ils se sont donc organisés pour installer une école. Ils savaient qu’un permis de construire en Zone C leur serait refusé, alors ils ont monté six grandes tentes derrière le village, et ont invité les parents à envoyer leurs enfants à l’école. 40 écoliers se sont inscrits, et l’école secondaire de Jiftlik a ouvert en 2003.
Le Dr. Yosef nous a emmenés rencontrer la femme qui a métamorphosé l’enseignement secondaire à Jiftlik. Nawal Khair Kanari était en train de finir la classe lorsque nous sommes arrivés à l’école, qui n’est plus sous tente, mais dans un bâtiment de brique. Les fenêtres sont sans vitre, le toit est en tôle ondulée et l’électricité vient d’un générateur, mais, comme le dit le Dr. Yosef, c’est une amélioration considérable par rapport à une rangée de tentes.
Après sa classe, Nawal nous a emmenés dans la salle du personnel, qui était vide à l’exception de quelques chaises, deux bureaux et une étagère de livres.
« Nous avons donné les cours à tous nos étudiants sous des tentes, pendant deux années », dit-elle. « Nous ne voulions pas prendre le risque de construire une école sans permis, parce qu’elle aurait été démolie. Quelquefois, le temps était terrible et les tentes ont été endommagées, mais nous avons toujours continué à enseigner. Aujourd’hui, nous avons plus de 130 étudiants, dont beaucoup de filles. »
Il y a deux ans, en 2005, une délégation française de l’Unesco est arrivée à Jiftlik pour une étude de terrain. Le chef de la délégation, Marcel Babosa, a visité l’école de tentes et a immédiatement proposé à Nawal et à ses collègues de les aider à obtenir un permis de construire. « Cela lui a pris presque deux années – mais nous avons fini par recevoir le permis ! « , nous dit Nawal rayonnante. Elle explique que le bâtiment dans lequel nous nous trouvons a été construit à la hâte, comme école provisoire. Mais une école toute neuve a été payée par le gouvernement malaisien, et elle est actuellement en construction.
« Venez voir », dit-elle.
« Cette école est vitale pour notre communauté, parce qu’elle permet aux jeunes d’avoir un enseignement et de rester à Jiftlik », explique-t-elle.
« Nous luttons toujours pour vivre ici. Je n’ai pas l’électricité chez moi, et je dois utiliser un générateur, et nous continuons à devoir nous battre pour le moindre permis de construire. Mais cette école va transformer notre village. »
Nous nous sommes dirigés vers l’école en construction, avons fait un tour improvisé pour aller parler aux ouvriers. L’un d’entre eux, Jihad, nous a dit combien il était choqué par les conditions de vie à Jiftlik. « Vous savez, je suis du Camp de Balata », dit-il, se référant au grand camp de réfugiés juste à la sortie de Naplouse. « La vie à Balata est dure, nous avons vraiment de gros problèmes. Mais la situation ici est encore pire qu’à Balata. Les gens ici sont réellement stupéfiants. »
Je vous adresse ci-joint le communiqué des cinq militants du Collectif Boycott 68 dont je fais partie, convoqués devant le tribunal correctionnel de Mulhouse le 13 septembre à 8H30. Ce procès politique a pour but d’étouffer notre liberté d’expression. Il cherche à pénaliser l’action légitime de boycott des produits importés d’Israël et à faire taire les militants de la cause palestinienne.
Une série d’actions de soutien sont prévues :
§ Une lettre de pétition qui sera remise au président du tribunal correctionnel de Mulhouse. Ci-jointe je vous l’adresse au format PDF. Vous pourrez la signer ou la faire signer dans vos réseaux et nous les remettre ou nous les envoyer (Adresse de retour : F. TRICHINE – 33 bd de l’Europe – 68100 Mulhouse). Aussi cette lettre est disponible au format Word au lien suivant :
§ Un communiqué de soutien d’organisations est en cours d’élaboration.
§ Un comité de soutien est créé. Vous pourrez le joindre en nous envoyant votre adhésion par retour de mail.
Vous trouvez toutes les informations sur cette affaire sur le blog du Collectif Palestine 68 au lien suivant : http://palestine68.canalblog.com
Les informations sur la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) sont disponibles sur le blog http://jplpboycott.canalblog.com notamment à la rubrique Actions en Alsace.
Comptant sur votre soutien aux droits du peuple palestinien et à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), je vous adresse mes remerciements.
Loin de la scène du crime qui avait pour cadre les eaux internationales, Israël maintient son cap sur le fleuve très tranquille de l’échiquier mondial, auquel il impose son diktat dans un jeu pipé de la vérité.
Ainsi, au moment où l’Etat juif doit prétendument se justifier de son acte odieux de piraterie devant l’ONU, ce dernier sort sa fameuse botte secrète : boycotter le groupe d’experts onusiens chargés d’enquêter sur l’assaut meurtrier de la flottille pour Gaza, si jamais ceux-ci se hasardaient à interroger ses soldats.
La polémique fait rage depuis mardi à New York, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahou ait récusé les empêcheurs de légitimer une offensive guerrière en rond, en avisant le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon de sa sanction immédiate, si les prérogatives des experts outrepassaient les limites autofixées par Israël.
Dans une drôle de cacophonie, le porte-parole israélien protestait en affirmant qu’Israël avait reçu l’assurance d’être traité « équitablement par la commission d’enquête », en d’autres termes « Circulez, y a rien à voir ! », alors que Ban Ki-moon, de son côté, démentait l’existence d’un accord excluant que les experts enquêtent auprès des militaires de Tsahal.
C’est sous la pression internationale, et afin de surmonter une crise sans précédent avec la Turquie, que le Premier ministre israélien s’était résigné à passer devant une commission, dont la composition et le peu de latitude pour agir font craindre la plus grande complaisance : cinq membres israéliens pour seulement deux observateurs internationaux, et un mandat se bornant à étudier les aspects juridiques de l’assaut au regard du droit international.
Tandis qu’Ankara a constitué sa propre commission, ainsi que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU de Genève, et le contrôleur de l’Etat israélien Michaël Lindenstrauss, la prétendue quête de vérité de la communauté internationale ressemble à s’y méprendre à une affligeante mascarade, qui résonne encore de la plaidoirie de Netanyahou défendant lundi l’acte de piraterie de son armée au nom « du droit international ».