Procès de Mulhouse : Lettre de soutien de Maurice BARTH, 94 ans


Un dominicain, originaire de Mulhouse, nous écrit pour apporter son soutien aux 5 militants appelés à comparaître le 13 septembre pour avoir appelé au boycott de l’occupant israélien. Nous rappelons que des actions et manifestations BDS auront lieu dans de nombreuses villes de France le samedi 11 septembre, en solidarité avec ces militants, et pour dire non à la collusion entre la colonisation israélienne et le gouvernement français.

Chers amis,

Militant de longue date (94 ans) en faveur du dialogue Israël-Palestine je soutiens à fond l’opération de Boycott d’Israël, en protestation au blocus de Gaza.

Maurice Barth

Dominicain, originaire de Mulhouse, avec salut fraternel et solidaire aux 5 militants mulhousains

CAPJPO-EuroPalestine

Vaste rafle dans les milieux islamistes


Plus de 500 suspects arrêtés en Cisjordanie après deux attaques visant des colons, dont quatre sont morts.

Avec le soutien de leurs homologues israéliens, les services de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP) ont poursuivi jeudi les rafles lancées dans cercles islamistes de Cisjordanie à la suite des deux attentats perpétrés contre des colons mardi soir (4 morts) et mercredi soir (2 blessés graves). Plus de 500 suspects ont ainsi été arrêtés. Certains ont été interpellés à la sortie des mosquées et d’autres à leur travail, à leur domicile ou en pleine rue. Plusieurs centaines de personnes ont également été convoquées pour interrogatoire.

Les milieux du Hamas sont les plus visés par l’opération en cours, puisque les Brigades Ezzedine el-Qassam (la branche armée de l’organisation islamiste) ont revendiqué la paternité des attentats. Mais le Djihad islamique et quelques autres groupuscules sont également visés. «Nous allons frapper le Hamas avec un poing de fer, a déclaré un haut responsable sécuritaire de l’AP au quotidien arabophone Ashark. Nous voulons empêcher les islamistes d’importer l’anarchie en Cisjordanie et de perturber le processus de paix

Les rafles lancées depuis deux jours à Ramallah, Hébron, Naplouse, Salfit et dans de nombreux autres endroits sont les plus importantes depuis celles de 1996. A l’époque, pressé par Benyamin Netanyahou qui exerçait son premier mandat de chef de gouvernement de l’Etat hébreu, Yasser Arafat avait ordonné une série de coups de filet contre les organisations islamistes. Plus de mille «suspects» avaient été arrêtés et quelques-uns avaient péri sous la torture. A quelques heures de l’ouverture des négociations directes à Washington, l’armée israélienne et les agences de sécurité de l’Etat hébreu se sont félicitées de la «collaboration palestinienne».

«Détentions arbitraires»

Quant au Hamas, ses porte-parole ont promis de poursuivre leurs attaques qui ne seraient «pas liées aux négociations illégales entre l’ennemi sioniste et le régime de ­Ramallah». Dans un discours prononcé à Damas, Khaled Meshaal, le chef de la branche politique de l’organisation, a accusé l’AP d’autoriser des agents du Shabak (la sûreté générale israélienne) à interroger les personnes interpellées ces dernières heures.

En tout cas, le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR), une ONG fort active en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a dénoncé les «détentions arbitraires» ainsi que «la pratique de l’arrestation politique». Dans ses précédents communiqués, le PCHR avait dénoncé les méthodes des services de sécurité du Hamas de la bande de Gaza qui utilisent les mêmes méthodes que leurs concurrents de Cisjordanie à l’encontre des sympathisants du Fatah.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b8d48664-b6d1-11df-899d-98a5e6014ed7|1

Discours de Sayed Nasrallah



« Les négociations sont mort-nées et n’ont aucune valeur »

03/09/2010

Le Secrétaire general du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a tenu un discours ce vendredi via un grand écran devant des milliers de partisans dans la banlieue Sud de Beyrouth à l’occasion de la Journée mondiale d’Al Qods. Pendant une heure, Sayed Nasrallah a commenté l’annonce du lancement des négociations dites de paix entre Israéliens et Palestiniens à Washington, expliqué brièvement les raisons du retrait américain partiel de l’Irak, s’est félicité de l’échec du projet américain dans la région, et mis en garde les parties libanaises qui cherchent de toutes leurs forces à semer la division confessionnelle parmi les Libanais. Voici le texte du discours de Sayed Nasrallah :

« Nous commémorons en ce dernier vendredi du mois béni du Ramadan, et en ce meilleur jour du meilleur mois de l‘année, avec toutes ses valeurs religieuses, la journée  mondiale d’Al Qods, une journée proclamée par l’Ayatollah l’imam Khomeiny.

L’importance de cette journée grandit d’un an à autre, au milieu de l’accentuation des dangers qui menacent Al Qods, du conflit israélo-palestinien et de la lutte contre le projet sioniste dans la région. En vérité, nous avons peur pour cette cause, vu les multiples complots externes, le désespoir et la faiblesse qui frappent la nation. Nous avons peur que cette cause soit oubliée avec le temps, parce que d’habitude le temps laisse tout oublier.  Mais il n’est pas permis pour la nation arabe et islamique d’oublier Al Qods, parce qu’elle fait partie de notre religion, de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Il faut que la cause d’Al Qods soit présente et évoqué à chaque occasion.

En cette journée, nous réitérons notre attachement à nos constantes, en cette journée, nous confirmons devant le monde entier notre attachement à nos droits. Nous disons à ce monde : les souffrances et les maux ne changeront rien de nos constantes. La Palestine, de la mer au fleuve appartient au peuple palestinien et aux Arabes. Personne n’a le droit de renoncer à un pouce de sa terre, ni à une goutte de son eau, ni même à une lettre du mot Palestine. La journée d’al Qods est le jour de la vérité et le reste n’est que mensonges.

Al Qods ne peut en aucun cas être la capitale éternelle d’un Etat appelé Israël. Un simple quartier ou une petite rue d’Al Qods ne pourront l’être, Al Qods est la capitale de la terre et du ciel. Cet Etat d’Israël ne peut jamais acquérir de légitimité, c’est un Etat bâti sur les crimes et la discrimination.

Par ailleurs, la journée d’Al Qods est une occasion mondiale pour mettre la lumière sur les dangers auxquels font face la mosquée d’Al Aqsa, la ville sainte d’Al Qods, et les villes musulmanes et chrétienne à al fois. Cette région souffre de la judaïsation, des expulsions, des confiscations des terres, des tueries, et les négociations futiles ne sauront en aucun cas résoudre ces problèmes compliqués.
Regardons ce qui se passe dans les territoires de 1948 à cause du projet américano-sioniste, et ce qui se passe dans la bande de Gaza à cause du siège imposé à la population.
(A suivre)

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=152823&language=fr

Attention aux dattes


Attention !

Les dattes « Jordan River » ont changé d’emballage et ont un nouveau nom (Kalahari), avec ‘Jordan River’ en petits caractères.
Sur la boîte il est écrit « made in South Africa « .

Attention !

Les dattes mexicaines

Ces dattes de Datilero Colorado ne proviennent pas des producteurs des vraies Colorado mexicaines.

Et pour rappel

VERIFIEZ TOUJOURS LA PROVENANCE BIEN QU’IL Y AIT DE LA TRICHE LA AUSSI

Les négociations vouées à l’échec, selon Marwan Barghouti : La cause palestinienne dans la galère


par M. Saâdoune

Les négociations «directes» entre Palestiniens et Israéliens reprennent aujourd’hui à Washington. Le pessimisme est de mise. Mahmoud Abbas, chef contesté et affaibli, fait plaisir à Barack Obama et aggrave les déchirures inter-palestiniennes.

De sa prison, Marwan Barghouti met en garde : la réconciliation, l’unité et la résistance populaire sont les préalables de toute négociation. Barack Obama qui n’a essuyé que des échecs dans le dossier du Proche-Orient en raison du poids démesuré du lobby israélien à Washington avait pesé sur le plus faible, Mahmoud Abbas, pour le contraindre à reprendre les « négociations directes » a ainsi son «succès». Le président d’une Autorité palestinienne à la légitimité fortement contestée rencontre, aujourd’hui, à Washington, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu qui non seulement ne gèle pas la colonisation mais fixe ses conditions aux Palestiniens, dont la reconnaissance du caractère « juif » d’Israël.

Que peuvent attendre les Palestiniens d’un « événement festif », selon le propos d’Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères israélien qui n’a pas été convié par son Premier ministre à la négociation ? Un an pour parvenir à un accord, selon le calendrier d’Hillary Clinton, la chef de la diplomatie américaine ? La percée est d’autant plus problématique que Mahmoud Abbas est politiquement faible alors que Benyamin Netanyahu, qui n’a déjà rien d’un modéré, est lié par ses alliances avec les courants religieux.

Hormis le souci, formel, de ne pas prêter le flanc à l’accusation d’avoir refusé la négociation, la distance est grande entre les aspirations des Palestiniens et ce que les Israéliens sont disposés à accepter. Nul, à moins de concessions existentielles de la part de M. Abbas, ne peut s’attendre à une quelconque percée.

Fausse « concession » sur Jérusalem

Pas même la déclaration de Ehud Barak – qui n’est pas le Premier ministre – sur la disponibilité d’Israël à céder une partie de Jérusalem dans le cadre d’un accord global. Il se réserve bien entendu « 12 quartiers juifs » de Jérusalem-Est … Mais même cette « offre » a été rejetée par un responsable de la délégation de Netanyahu qui a déclaré que Jérusalem restera la « capitale indivisible d’Israël ».

Un partage des rôles typique qui permet aux médias de gloser beaucoup sur la « concession » faite par Ehud Barak sans s’étendre sur le rejet de Netanyahu. Le président de l’Autorité palestinienne n’attendra pas très longtemps pour être mis à l’épreuve. Le 26 septembre prochain le « moratoire » israélien sur l’extension des colonies prendra fin et le Premier ministre israélien a fait savoir qu’il ne sera pas reconduit.

Le chef de l’Autorité palestinienne qui a menacé de quitter la table des négociations si la colonisation reprenait devra choisir, encore une fois, entre accepter une détérioration accrue de son image auprès des Palestiniens pour ne pas déplaire à Barack Obama ou l’inverse. S’il continue de « négocier » alors que la colonisation reprend, il risque fort d’être définitivement taxé de liquidateur de la cause…

A la veille de la reprise des négociations, les policiers palestiniens ont brutalement dispersé une réunion de mouvements – certains alliés au Fatah – qui étaient réservés à l’égard de la reprise des négociations directes. Cette brutalité – Mahmoud Abbas a diligenté une commission d’enquête – qui confirme l’orientation autoritaire de l’autorité de Ramallah révèle également son isolement au sein d’une opinion palestinienne qui n’a aucun doute sur l’inanité de la négociation.

L’alternative Barghouti

Le Hamas, le rival du Fatah, a manifesté son opposition par une opération en Galilée menée par son bras armé, Ezzedine El Quessam, qui a fait quatre morts parmi les colons. L’opération, dénoncée par Mahmoud Abbas, avive les tensions avec Hamas dont des dizaines de membres ont été arrêtés en Cisjordanie. Le Hamas évoque et dénonce plus de 150 militants arrêtés. Mais l’hostilité à des négociations stériles n’est pas que le fait des islamistes.

De sa prison, le très populaire Marwan Barghouti a accordé un entretien par écrit à Reuters, où il estime que ces « négociations sont vouées à l’échec » comme cela fut le cas durant les deux dernières décennies.

Le problème, note Barghouti, n’est pas le principe de la négociation qu’il accepte. Mais, dit-il, sans une base populaire et une action sur le terrain, ces négociations ne mènent à rien. L’alternative, a-t-il indiqué, réside dans la « réconciliation nationale et l’unité et dans la participation plus large dans la résistance populaire à l’occupation ». Un programme aux antipodes de celui de l’Autorité palestinienne. Mahmoud Abbas qui s’engage forcé dans ces négociations peut-il compter sur Barack Obama pour faire pression sur Israël ?

La question est de pure forme. Le président américain a déjà reculé sur la question de la colonisation et s’est totalement soumis aux desiderata du lobby israélien de Washington. Sans le soutien franc des Palestiniens et sans parrain « impartial », Mahmoud Abbas s’engage sans doute dans un autre pari… qui semble perdu d’avance. Avec le risque d’accentuer gravement les divisions entre Palestiniens.

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5142429

Négociations directes : un état palestinien sans Quds, ni Aqsa, ni…, ni…


Leila Mazboudi
… et l’usurpation continue

01/09/2010

L’image de ce que devrait être le présumé état palestinien selon la vision  israélienne se dessine de plus en plus, au fils des conditions israéliennes lancées depuis l’annonce des négociations directes avec l’Autorité palestinienne.
Ce sera tout d’abord un état sans Quds comme capitale, et sans la mosquée d’AlAqsa.
Selon le ministre de la guerre israélien Ehud Barak, seules « les banlieues arabes de la ville sainte reviendraient à l’état palestinien ». Alors que la résolution de partition de la Palestine 242 accordait aux Palestiniens la totalité de l’est de la ville sainte.

Seront donc usurpés aux Palestiniens les 12 quartiers confisqués ces dernières années, et dans lesquels se sont déjà installés quelques 200.000 colons, sans compter Jérusalem de l’ouest, occupée depuis 1948.

Ni la vieille ville, ni les lieux saints, dont la mosquée d’AlAqsa, ne reviendront à l’état palestinien.
Selon Barak « un régime spécial et des mesures spéciales seront appliqués sur la vieille ville, la ville de David et le Mont des oliviers » (l’équivalent sioniste du quartier palestinien de Salwane), sans en préciser la nature. Il faut également s’attendre à leur usurpation.

Le prochain état palestinien sera sur une partie de la Cisjordanie, contrairement aux résolutions onusiennes.  « Seules les colonies sauvages et isolées seront restituées » continue Barak. Ce qui équivaut à dire que les territoires sur lesquels des colonies ont été édifiées pour quelque 400.000 colons seront également usurpés.

Et puis, s’agissant du retour des réfugiés palestiniens aux territoires de 1948, toute le monde sait d’ors et déjà que leur droit dicté pas la résolution onusienne 181 a depuis longtemps été dénigré : «  il faudrait leur trouver une solution, soit ils reviennent à l’état palestinien, soit ils sont intégrés dans d’autres sociétés, avec une aide internationale » affirme Barak. Cette vision rejoint l’insistance israélienne, dont celle du  premier ministre Benjamin Netanyahou sur la nature juive de l’entité sioniste, qui exclut en conséquence ce retour qui peut modifier la donne démographique.

Concernant toujours ce point, force est de constater que l’entité sioniste se désiste d’assumer la responsabilité de payer à ces réfugiés les indemnisations qui leur sont dues, en contrepartie de leur biens abandonnés et usurpés par les colons sionistes.
Depuis un certain temps, il est beaucoup question d’un troc entre ces droits et «  une compensation pour le biens des juifs arabes laissés dans les pays arabes, après leur fuite vers « Israël ». Sachant que la plupart de ces biens avaient été vendus avant le départ de leurs propriétaires juifs.

En plus de toutes ces usurpations, l’état palestinien sera démilitarisé, soumis à des mesures sécuritaires draconiennes, pour éviter selon Barak à «  la Cisjordanie un sort similaire à celui du Liban et de la Bande de Gaza après le retrait israélien ». Juste «  un état vivable politiquement et économiquement » signale Barak, empruntant le terme à de nombreux dirigeants occidentaux.

A noter que cette vision avait été suggérée lors des négociations de Camp David en l’an 2000, à l’ancien chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Celui-ci l’avait rejetée catégoriquement, arguant qu’elle bafoue les droits légués aux Palestiniens par les résolutions onusiennes.
Dix après, la voilà de nouveau proposée à son successeur Mahmoud Abbas qui n’a ni son intelligence, ni son obstination.

Sans jamais l’afficher ouvertement, les Israéliens ont œuvré de concert avec  certaines puissances occidentales, non sans succès, pour rendre inopérantes ces résolutions. En créant des faits accomplis sur le terrain.  Mais ils ont toujours besoin d’un renoncement officiel signé par les Palestiniens.
C’est à Abbas que cette mission serait conférée. Nombreux sont les Palestiniens qui craignent qu’il ne soit disposé à le faire…

Israël loue la coopération sécuritaire de l’Autorité palestinienne


jeudi 2 septembre 2010, par La Rédaction

L’armée israélienne est satisfaite de la coopération des services de sécurité de l’Autorité palestinienne dans la lutte contre les auteurs des attentats anti-israéliens en Cisjordanie revendiqués par le Hamas, a indiqué jeudi un responsable militaire. « La coopération continue malgré ces attentats et elle a même atteint un niveau parmi les plus élevés depuis les accords d’Oslo en 1993 », a déclaré à la presse un officier de l’administration militaire israélienne en Cisjordanie. « Les services de sécurité de l’Autorité palestinienne ont arrêté des centaines de terroristes du Hamas depuis ces attentats », s’est félicité ce gradé sous couvert de l’anonymat.
Le Hamas a revendiqué deux « opérations héroïques » contre des Israéliens en Cisjordanie. La première mardi a coûté la vie à quatre colons près d’Hébron et la seconde a fait deux blessés mercredi soir à l’est de Ramallah. « L’opération de Ramallah est un message à l’adresse de ceux qui ont promis aux sionistes que l’opération d’Hébron ne se répèterait pas », a souligné un communiqué de la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam.
Le Hamas, qui s’oppose aux pourparlers entre Israël et l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, accuse ce dernier et ses forces de sécurité de collusion avec « l’ennemi sioniste pour déraciner la résistance ». Embarrassée par la campagne de violences du Hamas, qu’elle a condamnée comme « contraire aux intérêts nationaux », l’Autorité palestinienne a lancé une vague d’arrestations dans les zones autonomes de Cisjordanie sous son contrôle. Le Hamas a affirmé que 250 de ses militants, sympathisants et membres de leur famille avaient été arrêtés par l’Autorité palestinienne en moins de 24 heures. L’Autorité palestinienne a démenti ces estimations, les déclarant exagérées, sans fournir de bilan précis.

source et merci MP

Le Hamas, l’IRA et nous


jeudi 2 septembre 2010 – 06h:50

Ali Abunimah

GEORGE J. MITCHELL, l’envoyé des USA au Moyen-Orient, a essayé de regonfler les maigres espoirs pour la reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens en rappelant son expérience de médiateur en Irlande du Nord.

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George Mitchell, aujourd’hui envoyé spécial au Moyen-Orient (AP)

À une conférence de presse tenue le 20 août avec la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton pour annoncer les pourparlers qui commencent cette semaine, M. Mitchell a rappelé aux journalistes que pendant les difficiles négociations en Irlande du Nord « nous avons eu environ 700 jours d’échec et un jour de réussite » – à savoir le jour, en 1998, de la signature de l’accord de Belfast instituant un partage du pouvoir entre les unionistes pro britanniques et les nationalistes irlandais.

La comparaison de M. Mitchell est au mieux erronée. Le succès des entretiens irlandais n’a pas été uniquement une question de volonté et de durée ; elle est aussi attribuable à une approche diplomatique très différente de la part des USA.

Le conflit en Irlande du Nord est resté inextricable pendant des décennies. Des unionistes, appuyés par le gouvernement britannique, considéraient tout compromis politique avec les nationalistes irlandais comme un danger, le danger d’une Irlande unifiée dans laquelle la majorité catholique dominerait la minorité unioniste protestante. Le gouvernement britannique refusait aussi de traiter avec le parti nationaliste irlandais Sinn Fein en dépit de son important mandat électoral, à cause de ses liens étroits avec l’armée républicaine irlandaise qui avait commis des actions violentes au Royaume-Uni.

On peut voir un parallèle dans le refus des USA de parler avec le parti palestinien Hamas qui a gagné des élections décisives en Cisjordanie et à Gaza en 2006. Quand on lui a demandé quel rôle aurait le Hamas dans la reprise des entretiens, M. Mitchell a répondu d’un mot : « aucun ». Pas un analyste sérieux ne croira que la paix peut être conclue entre les Palestiniens et les Israéliens sans la participation du Hamas, pas plus que ce n’aurait été le cas en Irlande du Nord sans le Sinn Fein et l’IRA.

Les USA insistent pour que le Hamas remplisse des conditions préalables strictes avant de pouvoir prendre part aux négociations : reconnaître Israël, renoncer à la violence et respecter les accords antérieurement signés entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine dont le Hamas ne fait pas partie. Ce sont là des exigences impossibles. Pourquoi le Hamas – ou n’importe quel Palestinien – devrait-il accepter les exigences politiques israéliennes comme la reconnaissance de l’État d’Israël alors que celui-ci refuse de reconnaître les demandes fondamentales des Palestiniens comme celle du droit au retour des réfugiés ?

Quant à la violence, le Hamas n’a infligé aux civils israéliens qu’une fraction des dommages infligés par Israël aux civils palestiniens. Si la violence disqualifie le Hamas , celle bien plus féroce dont a fait preuve Israël ne devrait-elle pas le disqualifier ?

Ce n’est qu’en mettant fin aux conditions unilatérales que M. Mitchell a pu apporter la paix en Irlande du Nord. En 1994 par exemple, M. Mitchell – qui était alors sénateur démocrate de l’État du Maine – a pressé le président Bill Clinton, malgré les énergiques objections britanniques, d’accorder un visa US à Gerry Adams, dirigeant du Sinn Fein. M. Mitchell a écrit par la suite qu’il estimait que grâce au visa, M. Adams « pourrait persuader l’IRA de déclarer un cessez-le-feu et le Sinn Fein pourrait commencer des négociations politiques complètes ». En tant que médiateur, M. Mitchell a insisté pour qu’un cessez-le-feu s’applique à toutes les parties de façon égale, pas uniquement à l’IRA.

Le conflit irlandais et celui du Moyen-Orient occupent une place importante dans la politique intérieure des USA, et pourtant ceux-ci les ont traités de manière très différente. Les USA ont permis au lobby irlandais – étasunien d’aider à infléchir la politique vers le côté le plus faible : le gouvernement irlandais de Dublin et le Sinn Fein ainsi que les autres partis nationalistes du nord. Parfois, les USA ont exercé de fortes pressions sur le gouvernement britannique pour aplanir le terrain afin que les négociations puissent aboutir à un accord ralliant les suffrages. Par contre, le gouvernement US a laissé le lobby israélien faire pencher la balance du soutien US en faveur de la partie la plus forte des deux : Israël.

Cette disparité n’a pas manqué d’être relevée par ceux qui ont connu de première main les pourparlers irlandais. Dans une lettre adressée en 2009 au journal The Times, plusieurs négociateurs britanniques et irlandais ( notamment John Hume, qui a partagé le prix Nobel de la paix pour l’accord de Belfast) ont critiqué les exigences unilatérales imposées uniquement au Hamas. « Faire participer le Hamas » écrivaient les négociateurs « n’équivaut pas à approuver tacitement le terrorisme ou les attaques contre les civils. En fait c’est une condition préalable à la sécurité et à la négociation d’un accord réalisable ».

Que les entretiens de paix reprennent sans qu’il y ait d’engagement de la part des Israéliens de geler la construction de colonies est une autre victoire significative pour le lobby et le gouvernement israéliens. Israël peut ainsi se faire passer pour un artisan de la paix tout en ne changeant rien à ses opérations.

Quant à M. Mitchell, depuis qu’il a été nommé envoyé au Moyen-Orient, il a eu jusqu’ici près de 600 journées d’échec. Aussi longtemps que les USA maintiennent la même approche désespérante, il peut s’attendre à beaucoup d’autres journées de ce genre.

Ali Abunimah est l’auteur de “One Country : A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse.”

Par Ali Abunimah :

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Ali Abunimah

- La doctrine Bush en déroute à Gaza
- Ce n’est pas juste une occupation…

29 août 2010 – New York Times – Cet article peut être consulté ici :
http://www.nytimes.com/2010/08/29/o…

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Pourparlers directs : qui va tirer les marrons du feu ? par Abunimah

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