Tribunal Russell sur la Palestine



Des entreprises complices de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, coupables de pillage, de recel et de blanchiment

Lors des deux jours de session à Londres, les 20 et 21 novembre, le Tribunal Russell sur la Palestine a entendu des témoignages implacables sur les activités d’entreprises israéliennes et étrangères opérant en territoires palestiniens occupés.

Ont été décrites les fournitures d’armes, de technologies de contrôle et de surveillance par des sociétés comme Elbit, Edo ITT, G4S, apportant indéniablement une aide aux crimes de guerre commis par l’occupant israélien, notamment lors de l’opération « plomb durci » lancée contre Gaza, et une assistance technologique au contrôle et à l’enfermement des populations civiles palestiniennes en équipant les check points, les prisons.

De nombreux experts ont analysé aussi le système bancaire et financier qui soutient le processus de colonisation illégale : prêts et investissements immobiliers, financements de commerces et de moyens de transport à la destination exclusive des Israéliens et interdits aux palestiniens. Les cas de la banque belgo-française Dexia et les activités du groupe français Veolia ont ainsi été condamnées par le tribunal. La complicité des institutions européennes, déjà condamnées lors de la session de Barcelone, a été rappelée par le financement de programmes européens de recherche technologique sur les armements profitant à Israël. Ce pays est ainsi financé, non seulement par de larges aides militaires américaines mais aussi par des financements européens, et des entreprises d’armement se vantent de produits testés sur les populations palestiniennes et libanaises lors des conflits de Gaza et du Liban.

La destruction et l’exploitation des ressources naturelles et agricoles ont été analysées par des experts dont certains, des Palestiniens, n’ont pas été autorisés par l’occupant à se rendre à Londres mais qui ont fourni leur témoignage par vidéos. Ainsi, Caterpillar dont les bulldozers détruisent non seulement des maisons de Palestiniens mais des terres et exploitations agricoles, Ahava qui exploite illégalement les ressources de la Mer Morte et produit des cosmétiques dans une colonie, Carmel Agrexco qui vend des produits agricoles dans le monde entier sous label israélien alors qu’il s’agit de ressources naturelles palestiniennes, sur des terres volées aux Palestiniens, avec de l’eau ressource précieuse interdite aux Palestiniens… Furent évoquées les conditions de travail proches de l’esclavage réservées aux Palestiniens privés de droits syndicaux et de rémunération minimale, soumis à des drastiques restrictions de déplacement à cause du Mur de séparation et spoliés de leurs terres qu’ils ne peuvent plus cultiver.

Le verdict

Dans ses conclusions, le Tribunal affirme la complicité d’entreprises avec des violations israéliennes des lois internationales avec les colonies illégales, l’érection du mur de séparation, le blocus illégal de Gaza et les opérations militaires israéliennes contre les Palestiniens et notamment l’opération contre Gaza constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Malgré les nombreuses condamnations, Israël continue à violer ce droit avec la complicité d’entreprises.

Le tribunal a noté l’échec des Etats à faire cesser ces violations continues ce qui amène les mouvements citoyens à se tourner vers des actions de boycott, désinvestissement et sanction (BDS). Il s’agit donc de protéger ces citoyens dans leurs actions.

Quant aux entreprises mises en cause, seules trois ont présenté une défense. Les autres n’ont rien argumenté. Parmi celles-ci, le tribunal épingle G4S, Elbit Systems, Caterpillar, Cement Roadstone Holding, Dexia, Veolia Transport, Carmel Agrexco, entre autres, comme coupables de complicité avec les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, de pillage, et ces agissements sont susceptibles de poursuites judiciaires .

Le tribunal entend donner ainsi une aide aux citoyens qui veulent faire respecter le droit international et le droit humanitaire par des actions militantes et en justice. Ses conclusions entendent offrir la garantie d’impartialité en se basant sur un cadre légal international bien précis qui est marginalisé par les Etats et les entreprises. Et fournir un cadre légal dans lequel des gouvernements, des entreprises peuvent être amenés à changer leurs politiques et agissements voire de lancer des poursuites au civil et au pénal contre eux. Cela pourrait aider les entreprises à y réfléchir à deux fois avant de poursuivre certaines activités.

Le tribunal souligne enfin que la sécurité d’Israël sera assurée lorsque les Palestiniens auront la reconnaissance de leurs droits. Stéphane Hessel insista sur le fait que la création d’Israël est la réponse à l’événement le plus horrible du siècle passé et que ce pays puisse vivre en paix et déployer ses potentialités est son souhait le plus sincère, mais il regrette de constater que cet Etat ne suit pas la bonne direction.  Le souhait du Tribunal est de l’aider. Afin que cet Etat comme membre de la communauté internationale respecte ses lois, ajoute Mairead McGuire. Et  pour que les entreprises comprennent qu’elles aussi doivent respecter ces règles afin de rétablir le droit.

La prochaine session de ce tribunal aura lieu en 2011 en Afrique du Sud afin d’examiner si Ie crime d’apartheid est applicable à Israël.

Gabrielle Lefèvre

Le CRIF tente de détruire une exposition photo sur les massacres à Gaza


VIDEO DE L’EXPO CLIQUEZ ICI

Publié le 21-11-2010

Appliquant le mot d’ordre lancé par le CRIF, une trentaine de voyous dont certains (mais pas tous) encagoulés et munis de casques de moto ont attaqué dimanche en début d’après-midi le Musée d’Art Moderne de Paris (11 Avenue Wilson, 7016 – Paris – M° Iéna ou Alma-Marceau, ligne 9), pour tenter de détruire une exposition photographique consacrée aux massacres d’Israël de décembre 2008 – janvier 2009 dans la bande de Gaza. 

Les voyous ont tenté d’atteindre la galerie d’exposition au sous-sol du musée pour saccager le travail du photographe Kai Wiedenhöfer. Sans succès : l’accès leur a été barré par le service de sécurité du musée.

Ils ont alors perturbé l’entrée des visiteurs en scandant des slogans hostiles à la direction du Musée d’Art Moderne et apposé des autocollants sur lesquels on pouvait lire : « Antisionisme=Antisémitisme politique //A bas l’antisémitisme d’où qu’il vienne //Le palestinisme actif, c’est l’activisme antijuif//Stop au palestinisme antijuif ».

Les émules des nazis, qu’ils s’appellent CRIF ou LDJ, n’ont évidemment pas craint, dans leur assaut, de tenter de saccager les multiples œuvres exposées aux côtés des photographies de Gaza dans l’enceinte du Musée d’Art Moderne (MAM), à savoir les toiles de Pablo Picasso, Henri Matisse, Amadeo Modigliani, Marc Chagall ou Henri Matisse.

Pas plus qu’ils ne se souciaient, quand ils attaquaient la librairie Résistances à Paris en juillet 2009, de savoir si les livres qu’ils détruisaient avaient pour auteurs Mahmoud Darwish ou Primo Levi. Car les dirigeants du CRIF Prasquier, Goldnadel, Ghozlan et leurs protégés commis aux basses besognes sont des fascistes : comme le nazi Goebbels, quand ils entendent le mot « culture », et que ladite culture ne leur plait pas, ils dégainent, en effet.

Des lecteurs de cet article pourraient s’interroger sur le fait que nous accusons du forfait de dimanche le CRIF, vitrine « présentable » du lobby israélien en France, et non pas la seule « Ligue de Défense Juive », dont on ne savait pas encore, dimanche soir, si elle revendiquerait l’attentat contre le Musée.

La raison en est simple, et c’est le CRIF lui-même qui l’a donnée, la semaine dernière, en appelant à la suppression de l’exposition, comme on peut le lire sur le site de cette officine : http://www.crif.org/index.php ?page=articles_display/detail&aid=22403&artyd=9

TOUS AU MUSEE DES MARDI 23 NOVEMBRE

Hommage au martyre du peuple de Gaza, l’exposition de Kai Wiedenhöfer connait depuis son ouverture le 5 novembre un succès mérité, dont a rendu compte la chaîne France 3 dans un de ses reportages : http://culturebox.france3.fr/all/29623/gaza-2010-regards-sur-une-terre-meurtrie-par-kai-wiedenhoder#/all/29623/gaza-2010-regards-sur-une-terre-meurtrie- par-kai-wiedenhofer

Dimanche matin encore, quelques heures avant l’assaut des voyous, un public nombreux, attentif et recueilli, se pressait dans la salle où sont exposées les terribles photos.

C’est pourquoi nous appelons tous les lecteurs de notre site, et au-delà, à visiter, dès mardi 23 novembre à 10 heures l’exposition « Gaza 2010 », 11 avenue du Président Wilson, 75016 – Paris (M° Iéna ou Alma-Marceau, ligne 9).

Nous vous invitons également à téléphoner au directeur du MAM, M. Ergot, au 01 53 67 40 00, pour lui dire qu’il en va de sa dignité de résister au terrorisme, et de maintenir les conditions normales d’accueil à l’exposition Gaza, soit du mardi au vendredi, de 10 heures à 18 heures.

Note : en raison de la présence d’une exposition spéciale, l’accès aux collections permanentes (et à l’exposition Gaza) se fait sur le côté du Musée, en passant dans la cafeteria.

CAPJPO-EuroPalestine

Solidarité avec Ali Aarrass


LUNDI 22 NOVEMBRE 2010 à partir de 12h00 !

Solidarité avec Ali Aarrass
rassemblement devant l’ambassade d’Espagne Bxl A 12h00
Soyez nombreux S.V.P

L’Appel de FARIDA Aarrass :
Ambassade  dʼEspagne
Rue de la Science 19,
1040 Bruxelles

Station « Maelbeek »; lignes 1 & 5
Station « Trône »; ligne 2 & 6
Bus: Place du Luxembourg : lignes 12, 21, 22, 27, 34, 54, 80, 95

Pour plus d’informations sur l’affaire ALI AARRASS,

visitez le site http://www.freeali.eu/

— Saïdi Nordine
ÉGALITÉ

Communiqué d’ÉGALITÉ suite à la décision

prise

vendredi par Madrid

en vue d’extrader Ali Aarrass et

Mohamed el Bay

vers le Maroc.

Samedi 20 novembre 2010

La famille Aarrass et ÉGALITÉ ont décidé de toute urgence d’appeler à un rassemblement de protestation face à l’ambassade d’Espagne à Bruxelles.


Une centaine de citoyens dont un élu du Spa, la famille Attar, ainsi que les militants de différentes associations (LCR, DCB, CLEA, etc.) ont répondu « présent ».


Chacun et chacune a été invité(e) à poster dans la boite aux lettre de l’ambassade la carte postale « ALI AARRASS, détenu arbitrairement en Espagne depuis le 1er avril 2008 » et «  CONTRE L’EXTRADITION d’ALI AARRASS et POUR SA LIBERATION ! ». Ceux qui le souhaitaient ont laissé un message vidéo de solidarité à Ali et à sa famille.


Luk Vervaet et Farida Aarrass ont pris la parole pour rappeler que lʼEspagne est signataire de  plusieurs traités internationaux interdisant expressément le renvoi de toute personne dans un pays où elle risquerait d’être torturée, notamment la Convention européenne des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants.

Geluck, plus belge, tu meurs


Philippe Geluck publie le tome 16 des aventures du Chat. Et cultive sa veine trash.

Propos recueillis par Romain Brethes

Geluck, plus belge, tu meurs

Philippe Geluck. Félidé philosophe et insupportablement fat. © Ginies Sipa – Casterman

En France, Philippe Geluck s’est révélé au grand public comme amuseur bon enfant chez Michel Drucker ou Laurent Ruquier. En Belgique, il est une véritable icône, qui incarne un certain humour belge, plus caustique, irrévérencieux et mauvais esprit. Mais, dans ces deux pays, il est avant tout l’auteur du Chat, une série légendaire qui fêtera bientôt ses 30 ans. Le volume 16 de ses aventures permet de retrouver ce félidé philosophe et insupportablement fat au sommet de sa forme, comme le montre une carte postale où il s’affiche avec ce mot aimable : « Dis-toi qu’il vaut mieux être gravement malade que légèrement mort. »

Le Point : Le Chat est apparu dans les colonnes du Soir, le grand quotidien belge, en 1983. Peut-on parler de ce personnage comme d’un emblème de la Belgique, à la manière de Tintin ?

Philippe Geluck : Le Chat est effectivement né d’une commande du Soir, mais la forme que j’ai adoptée, celle du strip, était plutôt américaine, comme Peanuts. Il n’y avait pas véritablement de tradition belge en bande dessinée pour le strip. En outre, j’ai décidé de mettre en scène un personnage étranger à l’actualité belge, avec ses aphorismes et son humour cuistre, en privilégiant un aspect intemporel. Je dois avouer qu’au début le succès a été très relatif, et les lecteurs ont été décontenancés, sans doute parce que l’esprit du Chat était assez inclassable. D’un autre côté, j’ai sans aucun doute été influencé par cette forme de comique et d’absurde que l’on trouve chez René Magritte ou Louis Scutenaire. En Belgique, et en particulier à Bruxelles, il suffit de sortir dans les rues pour respirer un air typiquement surréaliste.

Vous avez été au coeur de plusieurs polémiques sur les divisions entre Flamands et Wallons. Mais quelle est votre position ?

En fait, il y a eu deux polémiques distinctes. Tout d’abord, dans une émission de la RTBF, j’ai lancé, tout en précisant bien qu’il s’agissait d’une plaisanterie, que les Flamands, qui « possèdent » actuellement tout le littoral belge, devraient désormais, en cas de scission, le partager avec les Wallons. Et puis dans un one-man-show, que je joue actuellement à Bruxelles (Je vais le dire à ma mère), il y a une scène où je cherche à expliquer à Michel Drucker la situation en Belgique, et pour ce faire je la compare successivement au conflit israélo-palestinien, aux déchirures entre Tutsis et Hutus et pour finir à l’Afrique du Sud de l’Apartheid. C’est bien évidemment excessif, mais les réactions que ces deux traits d’humour ont suscitées, notamment celle d’un politicien flamand pseudo-modéré, montrent bien que le véritable danger en Belgique vient du nationalisme et des extrémistes de droite.

Les Belges semblent vivre cette crise avec beaucoup de distance, au grand étonnement des Français.

Oui, indéniablement. Certes, je crois qu’il vaut mieux rire de cette situation, comme je le fais en m’inspirant de Plume, d’Henri Michaux, que d’en pleurer. Mais le peuple belge a cette capacité fascinante à demeurer d’humeur égale face aux crises que le pays traverse depuis presque un demi-siècle. Près de 20 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le pays est politiquement ingouvernable en raison de son éclatement en de multiples parlements et régions, la crise économique a très durement frappé la Belgique, et pourtant personne ne descend dans la rue, comme en France.

Vos récentes créations montrent un penchant pour l’humour noir, tel ce dessin dans votre dernier Chat : dans les projets heureusement refusés par les éditeurs de BD, Les aventures de Helmut, le clown nazi.

Les Français me connaissent surtout pour mes participations aux émissions de Michel Drucker ou de Laurent Ruquier, où je lissais beaucoup mes interventions. Pourtant, j’ai une véritable prédilection pour un humour plus trash et plus provocateur, qui explique notamment mes collaborations avec Siné Hebdo. C’est effectivement quelque chose que je perçois, qui contamine Le Chat en effet, mais cette transformation n’est pas encore achevée. Je ne sais pas jusqu’où elle me conduira.

REGARDEZ Un extrait de la BD Le Chat en vidéo

La baronne Tonge déclare qu’Israël est la principale cause du terrorisme planétaire


Un article , d’un membre du groupe  »Noor El Islam Frère »
Vraiment à faire tourner:

Le Pair britannique (du parti démocrate) Jenny Tonge affirme qu’Israël est la cause du terrorisme au niveau mondial et que des problèmes tels ceux du Cachemire et de la Palestine sont en train de retourner les musulmans du monde entier (contre l’Occident). S’exprimant devant la commission de la défense stratégique et de la sécurité, dimanche passé, à la Chambre des Lords, à Londres, Mme Tonge a dit notamment : « Les traitements brutaux d’Israël à l’encontre des Palestiniens sont un exemple de la manière dont l’Ouest traite les musulmans, et ce mauvais traitement est la principale source du terrorisme à l’échelle mondiale ».

« Même l’envoyé spécial du Quartette au Moyen-Orient, Tony Blair, a reconnu cela publiquement », a-t-elle fait observer.

La baronne Tonge a dit devant la Chambre des Lords que le comportement d’Israël à l’encontre des Palestiniens continue à bénéficier d’une totale impunité, sans doute à cause de la « culpabilité de l’Holocauste » et/ou du « pouvoir du lobby pro-israélien » au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Commentant deux conflits non résolus dans le monde musulman, Mme Tonge a dit qu’il est regrettable, pour nous tous, que des problèmes tels ceux du Cachemire et de la Palestine continuent à nous aliéner les musulmans dans le monde entier.

Elle a aussi attaqué le gouvernement britannique de coalition sur sa politique hostile à l’Iran et sur ses relations extrêmement étroites avec Israël.

Elle a notamment déclaré que « des cyniques pourraient penser que la Grande-Bretagne est en état d’alerte, prête à aider Israël à attaquer militairement l’Iran ».

« Pourquoi laissons-nous perdurer cette situation ? Est-ce à cause de la culpabilité à propos de l’Holocauste ? Nous devons nous sentir coupables ; certes, nous le devrions. Est-ce la puissance du lobby pro-israélien, dans notre pays et aux Etats-Unis ?

« Ou bien est-ce le besoin, peut-être, d’avoir un porte-avions appelé Israël au Moyen-Orient, à partir duquel nous pouvons lancer des attaques contre des pays comme l’Iran ? Un cynique pourrait penser que c’est la raison pour laquelle nous pourrions avantageusement nous débarrasser du HMS Ark Royal et des avions de combat Harrier (dans le cadre des restrictions budgétaires britanniques qui frappent y compris la défense), dès lors que nous disposons déjà d’un « Ark Royal » situé dans une position stratégique, armé jusqu’aux dents et prêt à livrer combat, à conditions que nous ne critiquions pas Israël », a-t-elle conclu.

Source : Tehran Times
Traduction : Marcel Charbonnier
http://www.alterinfo.net/La-baronne-Tonge-declare-qu-Israel-est-la-principale-cause-du-terrorisme-planetaire_a51880.html

Mort d’Abraham Serfaty, opposant historique d’Hassan II


Par Pierre Haski | Rue89 | 18/11/2010 |

Abraham Serfaty à son retour d'exil français à Rabat, au Maroc, le 2 octobre 2010 (Jean Blondin/Reuters)

Abraham Serfaty est mort : le Maroc a perdu un pan de son histoire. Ancien militant marxiste-léniniste et opposant farouche au roi Hassan II, Marocain et juif antisioniste, Abraham Serfaty, dix-sept ans de prison, un temps dans la clandestinité et quelques années d’exil au compteur, est décédé jeudi à Marrakech, à l’âge de 84 ans.

Cet homme était un roc, qui en imposait à ses interlocuteurs, physiquement et mentalement. Une montagne de détermination et de conviction, que ni la prison, ni la torture, ni le temps n’ont réussi à ébranler. Il était l’un des survivants des « années de plomb marocaines », témoin engagé d’une époque noire dont les séquelles se font encore sentir au royaume chérifien.

Ingénieur de formation, ce natif de Casablanca est devenu militant communiste à l’âge de 18 ans, au Maroc comme au sein du PCF lors de ses années d’étude en France. Il a combattu activement en faveur de l’indépendance du Maroc, ce qui lui a valu la répression des autorités coloniales françaises.

Les années Ilal al-Amam (« En avant »)

Au moment de l’indépendance du Maroc, il s’engage dans la création des nouvelles institutions du royaume, alors dirigé par Mohamed V. Mais dans les années 70, après quelques années de règne de son successeur Hassan II, il rompt avec les communistes jugés « révisionnistes et trop accommodants, et s’engage à l’extrême gauche avec la fondation du groupe marxiste-léniniste Ilal-al-Amam (“En avant”).

Il se heurte de front au pouvoir implacable d’Hassan II, est arrêté et torturé une première fois en 1972, avant de plonger dans la clandestinité pour échapper à la chasse aux “gauchistes”. Il est de nouveau arrêté en 1974, pour ne sortir libre de prison que dix-sept années plus tard. Hassan II ne lui pardonna jamais son soutien aux indépendantistes du Front Polisario du Sahara occidental, annexé en 1975 par le Maroc.

Dans la revue marocaine Tel Quel, Mustapha Brahma, qui lui a succédé à la tête d’Ilal al-Amam avant de le retrouver en prison, témoigne :

“Je l’ai rencontré pour la première fois en 1985, après mon arrestation. Il était heureux de voir des jeunes assurer la continuité de son combat. C’était un colosse impressionnant par son physique, il avait de surcroît une aura pour nous, car il a préféré lutter pour la justice sociale, alors qu’il avait une grande carrière toute tracée dans l’administration.”

Il ajoute :

“En prison, Abraham Serfaty développait des conceptions nouvelles, comme lutter sur le plan légal pour arracher des libertés publiques. Il avait entre autres l’idée d’un journal pour faire passer le maximum d’idées possibles, sans mettre en équation la monarchie, afin d’éviter la censure.

Précurseur, il avait été le premier à discuter avec les détenus de la Chabiba Islamiya, qui le respectaient. Il ne voulait pas leur laisser l’apanage de la religion, contrer l’islam intégriste en insistant sur l’islam populaire et le soufisme. Il voulait que nous, marxistes, puissions commencer à défendre cet islam.”

A sa libération, il fut déchu de sa nationalité marocaine, et expulsé vers la France où il retrouva la femme qu’il avait épousée alors qu’il était en prison, Christine Daure-Serfaty, une ancienne coopérante au Maroc, militante inlassable de la cause des prisonniers politiques marocains.

Mohamed VI permet le retour

Il lui faudra attendre l’arrivée de Mohamed VI au pouvoir, la décrispation du pouvoir chérifien, pour qu’il soit réinstallé dans sa nationalité et autorisé à revenir au Maroc.

Ce retour montrera toutefois un homme déconnecté des réalités marocaines et d’une époque qui ne correspondait plus à sa vision. Un autre de ses anciens co-détenus, Abdelhamid Amine, raconte leurs retrouvailles dans Tel Quel :

“Il a pris la parole, évoquant Mohammed VI et la nouvelle ère qui s’ouvrait, selon lui. Il nous a affirmé croire que la monarchie et les forces du progrès pouvaient collaborer pour bâtir une démocratie au Maroc.

Il avait une analyse trop optimiste du nouveau règne, comptant beaucoup sur Mohammed VI. Il rêvait un peu à une expérience similaire à celle du roi Juan Carlos dans l’Espagne de l’après-Franco.

Beaucoup de gens, dont moi-même, sont restés interloqués devant ce discours. […] Le jour de son retour d’exil a vraiment marqué une rupture entre les militants de l’extrême gauche et lui.”

Il se raconte ici, dans une interview à la télévision marocaine après son retour, dans une chaise roulante. (Voir la vidéo)

Un juif pour la Palestine

516PY7PBJRL._SX200_.jpgAbraham Serfaty a beaucoup écrit, et l’un des sujets les plus sensibles est celui de la Palestine. Lui le juif marocain, issu d’une communauté qui a massivement émigré en Israël, a pris radicalement partie pour la cause palestinienne (il en parle dans la vidéo ci-dessus). L’un de ses camarades s’exclame dans Tel Quel :

“Un juif antisioniste, c’était quelque chose pour nous.”

Serfaty publie même un livre, “Ecrits de prison sur la Palestine”, dans lequel il écrit :

“ Le sionisme est avant tout une idéologie raciste. Elle est l’envers juif de l’hitlérisme.”

Sa disparition accompagne l’extinction d’une génération, qui est passée de la lutte anticoloniale au combat en faveur d’un “autre” Maroc, et qui s’est fracassée sur la répression implacable de Hassan II. Le Maroc a fait, depuis, du chemin, même si la ligne n’est pas toujours rectiligne.

Photo : Abraham Serfaty à son retour d’exil français à Rabat, au Maroc, le 2 octobre 2010 (Jean Blondin/Reuters)

source

Egypte/élections: au moins une centaine de Frères musulmans arrêtés


19.11.10 – 22:25Au moins une centaine de membres des Frères musulmans ont été arrêtés vendredi à travers l’Egypte, à dix jours des législatives du 28 novembre, ont annoncé des responsables de la confrérie islamiste et un responsable des services de sécurité.

De 100 à 120 islamistes ont été arrêtés dans plusieurs villes d’Egypte, dont 20 dans le gouvernorat de Charquiya et 30 à Qalioubiya, a affirmé le responsable sécuritaire sous le couvert de l’anonymat.

Mohammed Mursi, un haut responsable des Frères musulmans, a lui indiqué à l’AFP qu’ils étaient environ 300, dont au moins 130 à Alexandrie, la grande ville du nord du pays, et 150 à Charquiya.

D’après lui, ces arrestations se sont produites au cours de heurts avec les forces de l’ordre, alors que ces dernières dispersaient des rassemblements de partisans de candidats des Frères musulmans.

« Le régime cherche à terroriser les citoyens afin qu’ils n’aillent pas voter« , a accusé M. Mursi, en faisant état de plusieurs blessés, dont deux graves, dont l’un a pu être hospitalisé.

M. Mursi a également affirmé que la police avait fait usage de gaz lacrymogène, ce que le responsable des services de sécurité n’a pas confirmé.

Ce responsable a en revanche affirmé qu’un policier avait été blessé à Charquiya, un gouvernorat au nord du Caire.

Depuis qu’ils ont annoncé le 9 octobre leur participation au scrutin législatif, les Frères musulmans, principal groupe d’opposition en Egypte, affirment être la cible d’une campagne d’arrestations.

M. Mursi avait récemment indiqué à l’AFP que près de 250 membres de la confrérie, sur 600 interpellés en tout dans le cadre de la campagne pour les législatives du 28 novembre, se trouvaient toujours en détention.

Le mouvement, qui présente ses candidats sous l’étiquette indépendants pour contourner l’interdiction de former des partis religieux en Egypte, avait remporté un cinquième des sièges au précédent scrutin en 2005.

Les Frères musulmans présentent 135 candidats, mais ce chiffre n’est pas définitif, certains ayant été retoqués par la commission électorale et ayant fait appel de cette décision, avait récemment indiqué M. Mursi.

Le Parti national démocrate (PND, au pouvoir) présente près de 800 candidats, et le parti d’opposition libéral Wafd 250, pour 508 sièges à pourvoir. Sur près de 5.700 aspirants candidats en tout, environ 5.200 ont été retenus par la commission électorale.

AFP

Actieplatform ‘Israël koloniseert – Dexia financiert’ brengt case naar Londen


Aangebracht door intal op vr 19 nov 2010

Dexia op het Russell Tribunal on Palestine

Van zaterdag 20 tot maandag 22 november 2010 wordt in Londen de tweede sessie van het ‘Russell Tribunal on Palestine’ georganiseerd. Tijdens dit tribunaal, waar burgers het woord nemen, zal beoordeeld worden of bedrijven die winst slaan uit de bezetting van Palestina het internationaal recht schenden. Ook Dexia zal beoordeeld worden.

Het Tribunaal haalde zijn mosterd bij het ‘International War Crimes Tribunal’ dat opgericht werd in 1966 om de oorlogsmisdaden in Vietnam te onderzoeken en te beoordelen op basis van het internationaal recht. Betrand Russell, Nobelprijswinnaar voor Literatuur in 1950, was de man die het initiatief nam. Hij werd gesteund door Jean-Paul Sartre die het tribunaal voorzat. Het tribunaal werd bekend als het ‘Russell Tribunal‘.

Het Russell Tribunal on Palestine (RToP) wil het nut van het internationaal recht als basis voor een oplossing in het Israëlisch-Palestijns conflict herbevestigen. Het wil het falen van de toepassing van het internationaal recht in kaart brengen en alle partijen veroordelen die hiervoor verantwoordelijk zijn, onder het toeziend oog van de publieke opinie.

Staten zwijgen, burgers nemen het woord

Opvallend aan dit tribunaal is dat Israël als dusdanig geen partij is. De talloze VN-resoluties, de uitspraak van het Internationaal Strafhof in Den Haag over de bouw van de Muur op 9 juli 2004 enz… hebben de verantwoordelijkheid van Israël al uitgebreid in kaart gebracht. Het RToP focust daarentegen op zogenaamde ‘derden’. Tijdens de eerste sessie van het RToP in Barcelona werd de verantwoordelijkheid van de Europese Unie en de individuele lidstaten onder de loep genomen. Op basis van een tweedaagse zitting schreef de jury* een uitgebreid verslag. Je kan het hier nalezen.

De derde sessie van het RToP wordt van 20 tot 22 november georganiseerd in Londen. Deze keer zijn het geen landen maar bedrijven die de revue passeren. Dat bedrijven profiteren van de bezetting van Palestina, dat is al lang geen nieuws meer. De vraag die tijdens het RToP onderzocht wordt is echter: zijn internationale bedrijven medeplichtig aan de Israëlische mensenrechtenschendingen, de schendingen van het internationaal humanitair recht en oorlogsmisdaden?

Vier verschillende sectoren zullen onderzocht worden:

  • bedrijven die actief zijn in infrastructuurwerken,
  • buitenlandse banken en andere financiële instellingen die diensten leveren aan de illegale kolonies,
  • bedrijven die productie-eenheden hebben in de kolonies en de industriële zones in de Westelijke Jordaanoever en van daaruit exporteren en tot slot
  • buitenlandse bedrijven die actief zijn in de oorlogs-, koloniserings- en repressie industrie in de bezette Palestijnse Gebieden.

Dexia in de beklaagdenbank

Voor elk onderwerp worden er specialisten en bevoorrechte getuigen uitgenodigd die de verschillende cases zulllen voorleggen. Ook de bedrijven die in de beklaagdenbank zitten werden uitgenodigd om zich te verdedigen tegenover de beschuldigingen.

Dexia, die illegale kolonies in de bezette Palestijnse gebieden financiert, is in België veruit het bekendste bedrijf dat door het RToP beoordeeld wordt. Maar het is zeker niet het enige bekende bedrijf in de lijst. Een kort overzicht.

Veolia: Dit Franse bedrijf is betrokken bij de bouw van een tramlijn tussen West-Jeruzalem en de kolonie Ma’ale Adumim. In België kennen we Veolia als bedrijf in afvalbeheer maar het is ook actief in de sector van het publiek transport.

Carmel Agrexco: Dit Israëlische bedrijf kennen we vooral van fruit en groenten die in vele Belgische supermarkten worden verkocht. Veel van deze producten worden verbouwd in de Jordaanvallei in de bezette Westelijke Jordaanoever.

Ahava: Ahava is een groot Amerikaans cosmeticabedrijf. Een deel van het assortiment dankt zijn heilzame werking aan grondstoffen die uit de Dode Zee komen. De Dode Zee ligt in de bezette Westelijke Jordaanoever.

Soda Club: Dit Israëlische bedrijf maakt de laatste jaren ook opgang in België. Het verkoopt systemen om je kraantjeswater om te zetten in spuitwater.

PFZW: Onze Noorderburen kennen PFZW als het tweede grootste pensioenfonds van Nederland. PFZW kondigde begin deze week aan dat het een hele reeks investeringen in Israëlische bedrijven heeft stopgezet. Nu is het nog wachten op het stopzetten van hun investeringen in Dexia!

Caterpillar: Iedereen kent Caterpillar van zijn werkkleding en machines. Caterpillar bulldozers worden gebruikt om met de regelmaat van de klok Palestijnse huizen met de grond gelijk te maken.

G4S: Group 4 Security is een Brits beveiligingsbedrijf dat ook in België actief is. G4S baat check-points uit in de bezette Palestijnse gebieden en steekt zo een Shekel op zak door het Israëlische leger een handje te helpen.

Cement Roadstone Holdings: Dit bouwbedrijf is actief in de bouw van de Muur.

Elbit, EDO ITT en Raytheon: Drie bedrijven in de militaire en beveiligingsindustrie die profiteren van het enorme veiligheidsbudget dat Israël besteedt.

Publiek?

De zittingen van het Russell Tribunal zijn openbaar en dit in de meest publieke manier mogelijk. Je kan namelijk alle sessies via live-streaming volgen op de website van het RToP.  http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/live . De presentatie van de bewijzen over Dexia kan je volgen op zondag 21 november tussen 10.30 u. en 11.40 u.

Tot slot nog dit: Het RToP wordt gesteund door een hele schare bekende koppen. Hieronder een kort RToP-promotiefilmpje waarin onder andere filmmaker Ken Loach het woord neemt.

* Mairead Corrigan Maguire, Nobel Peace laureate 1976, Northern Ireland – Gisèle Halimi, lawyer, former Ambassador to UNESCO, France – Ronald Kasrils, writer and activist, South Africa – Michael Mansfield, barrister, President of the Haldane Society of Socialist Lawyers, United Kingdom – José Antonio Martin Pallin, emeritus judge, Chamber II, Supreme Court, Spain – Cynthia McKinney, former member of the US Congress and 2008 presidential candidate, Green Party, USA – Alberto San Juan, actor, Spain – Aminata Traoré, author and former Minister of Culture of Mali

Foto: José Sanchez – imagenaccion.org,  http://www.flickr.com/photos/tribunalrussellbarcelona/

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