Gaza : Les terribles photos de Kai Wiedenhöfer au Musée d’Art Moderne de Paris


Publié le 8-11-2010

Dures, très dures, les photos de Kai Wiedenhöfer exposées jusqu’au 5 décembre au Musée d’Art Moderne de Paris. Dures comme le « plomb durci » de l’opération visant les civils et les infrastructures de Gaza. On n’oublie pas les 1400 enfants, femmes et hommes tués. Mais qui parle des milliers d’autres, amputés, défigurés, dont la vie a été détruite à tout jamais ? Kai Wiedenhöfer. Nous rendrons hommage à son courage et à celui des responsables du musée qui ont accepté de montrer ces photos, en résistant aux nombreuses pressions contre cette exposition, en plein coeur de la capitale. 

Un garçon regarde son ancienne maison, Gaza City, décembre 2009 ©Kai Wiedenhöfer / Fondation d’entreprise Carmignac Gestion

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris du 5 novembre au 5 décembre : EXPO : GAZA 2010. Y aller absolument !

11 avenue du Président Wilson – Paris 16 tel : 01 53 67 40 00 – Entrée libre du mardi au dimanche de 10h à 18h (fermé le lundi et certains jours fériés) Métro : Alma-Marceau ou Iena / RER : ligne C, Pont de l’Alma

Depuis 1989, le photographe Kai Wiedenhöfer réalise un travail documentaire sur le conflit israélo-palestinien qui affecte le Moyen-Orient. Le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme lui a permis de poursuivre ses recherches, principalement consacrées à Gaza et aux conséquences de l’offensive israélienne connue sous le nom de « Plomb durci ».

« Ce prix m’a donné l’occasion unique de poursuivre un travail de longue haleine dans les territoires occupés et de retourner notamment à Gaza pour une enquête plus approfondie. Je regrettais de ne pas avoir pu photographier une partie du projet en janvier 2009 quand je me trouvais à Gaza. A l’époque, personne n’était prêt à payer même 1000 euros pour témoigner des dégâts causés par la guerre. Pour eux, la guerre était terminée. »

Réunissant 85 photographies en couleurs, l’exposition s’articule autour de deux thèmes majeurs les décombres et les portraits :
- 35 photographies de bâtiments détruits dont 10 panoramiques montrant les stigmates des bombardements.
- 50 portraits de Gazaouis blessés au cours de l’opération « Plomb durci ».

Jamila al-Habash, 16 ans, touchée par un missile tandis qu’elle jouait sur le toit de sa maison. Gaza City, février 2010 © Kai Wiedenhöfer / Fondation d’entreprise Carmignac Gestion

PLATE-FORME EUROPEENNE POUR LE BOYCOTT UNIVERSITAIRE ET CULTUREL D’ISRAËL


Publié le 8-11-2010

Des organisations européennes, réunies par l’Association des universitaires
pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip) et le British
Committee for Universities of Palestine (Bricup), lancent une plate-forme
européenne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël.
Communiqué

Cette déclaration annonce la mise en place d’une plate-forme européenne
commune pour le boycott académique et culturel d’Israël. Les organisations
nationales, régionales et locales et les mouvements adhérant à cette
plate-forme :

• acceptent et promeuvent le boycott des institutions académiques et
culturelles israéliennes et le désinvestissement des compagnies qui
contribuent aux graves violations par Israël du droit international et des
droits de l’homme ;
• soutiennent l’appel de la société civile palestinienne aux boycott,
désinvestissement et sanctions (BDS) et acceptent les directives de mise en
application publiées par la campagne palestinienne pour le boycott
académique et culturel d’Israël (PACBI) et le comité national palestinien
pour le boycott (BNC) ;
• s’accordent à développer et renforcer le boycott jusqu’à ce que le peuple
palestinien obtienne une résolution des injustices actuelles conformément au
droit international et aux droits de l’homme internationalement reconnus.

L’Europe, à la fois par les Etats qui la composent et par ses principales
institutions d’intégration, joue un rôle-clé dans le maintien de l’
occupation israélienne des territoires palestiniens. Son soutien a été
maintenu en dépit des violations répétées et abondamment documentées des
droits de l’homme des Palestiniens, qu’ils soient citoyens d’Israël, sous
occupation israélienne ou réfugiés. Ce faisant, les institutions européennes
ignorent et nient les principes de respect des droits de l’homme et des
libertés fondamentales qui sous-tendent leurs textes fondateurs. Il revient
donc à la société civile européenne de faire en sorte qu’elles se conforment
à ces principes.

Le boycott, le désinvestissement et les sanctions sont une stratégie morale
et non violente visant à obtenir des changements là où, durant des
décennies, le programme consistant à « établir des ponts » avec l’oppresseur a
manifestement échoué. Le boycott académique et culturel est particulièrement
pertinent, étant donnée la complicité des institutions académiques et
culturelles israéliennes dans les restrictions flagrantes des libertés
académiques et culturelles palestiniennes, par leur soutien direct et
indirect à la politique gouvernementale. L’importante contribution de BDS –
y compris du boycott académique et culturel – à l’arrêt de la politique d’
apartheid en Afrique du Sud démontre la potentielle efficacité de cette
approche.

Nous enjoignons tous les universitaires, professionnels et praticiens de la
culture européens à reconsidérer à la lumière de leur conscience les liens
qu’ils ont ou envisagent d’avoir avec les institutions israéliennes dans
leurs domaines respectifs. Nous exhortons ceux qui souhaitent établir la
justice au Proche-Orient et promouvoir le respect du droit international
dans le monde à constituer des structures locales, régionales et nationales
pour la promotion de ce boycott. Nous les assisterons et les conseillerons
dans la mise en place de telles organisations, de manière à réaliser une
coordination des activités de boycott académique et culturel à l’échelle du
continent.

Organisations participantes :
AKULBI : Akademisk og Kulturell Boikott av staten Israel (Norvège)
AURDIP : Association des Universitaires pour le Respect du Droit
International en Palestine (France)
BAB : Berlin Academic Boycott (Allemagne)
BRICUP : British Committee for Universities for Palestine (Angleterre)
CUNCAP : Comissió Universitària Catalana per Palestina (Espagne)
ICACBI : Italian Campaign for the academic & cultural boycott of Israel
(Italie)
PACBI : Palestinian campaign for the academic and cultural boycott of Israel
(Palestine)
PSABI : Action Group at KTH for Boycott of Israel (Suède)
Des délégations belge et néerlandaise participent également au lancement d’
EPACBI.
CAPJPO-EuroPalestine

RIHLA ORCHESTRA – CREATION MUSICALE



DU 19 AU 20 NOVEMBRE 2010 – 20:00

Rihla nous emmène autour de la thématique du voyage, inspirée des pérégrinations du célèbre voyageur médiéval Ibn Battouta, né et mort à Tanger au XIVe siècle.

Ibn Battouta, que l’on compare à tort avec Marco Polo (guidé avant tout par des motifs commerciaux), voyageait surtout pour un perpé-tuel ressourcement spirituel, une passion sans bornes pour le savoir.

Ibn Battouta, le géographe, l’errant, n’hésite pas à prendre les flots pour aller à la rencontre de l’Autre.

Abid Bahri, musicien et compositeur molenbeekois, est l’inspirateur de divers projets musicaux dont Luthomania, Qayna et Qantara, des projets destinés à donner un nouveau souffle à la musique orientale.

Pour Rihla, il travaille avec Samir Bendimered, compositeur, arrangeur polytalent qui excelle tout autant dans le répertoire arabo-andalou que dans les oeuvres classiques ou contemporaines.

Ces deux soirées sont organisées dans le cadre du festival Moussem, qui fête sa première décennie. A Anvers et Bruxelles du 12 novembre au 4 décembre.

http://www.moussem.be

Production: Moussem – Coproduction: La Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek. Abid Bahri : conception, création et composition musicale – oud

Samir Bendimered : transcription musicale et arrangements – orchestration – clavecin Peter Schneider : percussion

Stefan Bracaval : flûte

Arsis4 Quartet : Pieter Jansen: violon Daniel Kuzmin : violon

Florian Peelman : viola

Romek Maniewski : violoncelle

LA MAISON DES CULTURES ET DE LA COHÉSION SOCIALE DE MOLENBEEK-SAINT-JEAN

CHAUSSEE DE MERCHTEM 67 – 1080 MOLENBEEK-SAINT-JEAN

INFOS : 02 415 86 03 // MCCS-CSS.INFO@MOLENBEEK.IRISNET.BE WWW.MOLENBEEK.BE * HTTP://MAISONCULTURES1080.BLOGSPOT.COM

MÉTRO COMTE DE FLANDRE OU TRAM 51 – SPECTACLE SUR RESERVATION 02/415 86 03

OUVERT DU LUNDI AU SAMEDI DE 9H A 17H – TARIFS ACCESSIBLES A TOUS: DE 1,5€ A 8€

Une initiative placée sous le haut patronage de Philippe Moureaux, Bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, avec le soutien de la SPF chargée de la Politique des Grandes Villes, de la COCOF, et de la Communauté française de Belgique.

Le scandaleux Alfred Grosser (d’après la propagande sioniste)


Le Spiegel, ce grand magazine allemand, nous propose un texte intéressant mais non signé, ce qui laisse entendre qu’il reflète la position de ce magazine sur la question qui est traitée (à moins qu’il ait été purement et simplement dicté par une tierce partie, ce qui me semble plus probable)..
Le thème de cet article porte sur la commémoration prochaine à Francfort sur le Main de la Nuit de Cristal, ce déchaînement antisémite qui avait ouvert les yeux de beaucoup de gens sur les intentions du régime allemand de l’époque.
L’invité d’honneur, et orateur de choix, de cette commémoration n’est autre qu’Alfred Grosser, un illustre politologue Français d’origine allemande natif justement de Francfort sur le Main. Outre le fait d’être né dans cette ville, Alfred Grosser a doublement vocation à assumer ce rôle honorifique : il est lui-même issu d’une famille juive qui s’était réfugiée en France en 1933 et il a été un des artisans infatigables de la réconciliation entre les peuples français et allemand.
Une autorité intellectuelle et morale absolument indiscutables, apparemment.
Je dis apparemment, parce que l’article nous apprend qu’en fait, M. Grosser est une personnalité controversée.
Suives mon regard : quand il y a controverse, que des propos sont controversés, qu’un individu est lui-même controversé, c’est que la hasbara (la pédagogie du mensonge) sioniste n’est pas loin.
Et effectivement, on apprend avec effarement qu’Alfred Grosser est « tristement célèbre  [infamous] pour ses propos antisionistes. » Propos qui, ça va de soi, le disqualifient pour prendre la parole lors de cet événement hautement symbolique qu’est la commémoration de la Nuit de Cristal.
Le Conseil Central des Juifs en Allemagne, qui a déjà subi les foudres de Grosser, aurait bien voulu voir révoquée l’invitation de Grosser. Le problème est que c’est la mairie qui invite, pas eux. Car il s’agit bien d’une commémoration organisée par la mairie et non par la communauté juive et que sa vocation n’est pas de se souvenir d’un événement « juif » mais d’un événement qui concerne tous les habitants de Francfort et bien au-delà.
Certains seront heureux d’apprendre que, d’après l’article qui prétend se référer à des amis de Grosser, ce dernier serait « le prototype de l’Européen : Allemand, Français, Juif, intellectuel »
Adieu l’Europe judéo-chrétienne !
Alfred GROSSER
Der Spiegel (Allemagne) 5 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le politologue Allemand Alfred Grosser est bien connu pour son action en faveur de l’amélioration des relations franco-allemandes. Il est aussi tristement célèbre [sic] pour ses propos antisionistes. Il a néanmoins été choisi pour participer la semaine prochaine à Francfort, à la commémoration de la Nuit de Cristal. Un scandale se prépare.
Le trouble monte à Francfort. Mardi prochain, comme chaque année, la « Nuit de Cristal, » le pogrom nazi du 9 novembre 1938 sera commémoré à la Paulskirche [église où siégea le premier parlement allemand en 1848]. Et l’orateur principal, parmi tout ce monde, sera un homme connu pour avoir comparé ce que les nazis ont fait aux Juifs à ce que les Israéliens font aux palestiniens. Il a dit : « En tant qu’enfant Juif sans une école de Francfort, j’ai été méprisé et même frappé. Je ne peux pas comprendre comment des Juifs peuvent mépriser autrui. »
Alfred Grosser est né à Francfort en 1925. Son père, Paul Grosser était médecin, Juif, social démocrate et franc maçon, assez lucide pour émigrer en France après la prise du pouvoir par les nazis. Il est mort là bas en 1934. Son fils Alfred acquit la citoyenneté française, étudia la science politique et la civilisation allemande et, vers l’âge de 30 ans, obtint une chaire au prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Paris. Il se fit rapidement un nom au titre de défenseur acharné de l’entente franco-allemande. Il a reçu plusieurs distinctions dont le prix de la paix décerné par les libraires Allemands, le Grand Prix de l’Académie des Sciences morales et politiques et le «Grand Ordre du mérite» de la République Fédérale d’Allemagne.
Grosser a été régulièrement invité dans des émissions de débats à la télévision et a été un orateur bien accueilli dans des conférences et des réunions. On ne saurait mettre en question sa promotion d’une normalisation des relations franco-allemandes. Ses amis le considèrent comme le prototype de l’Européen : Allemand, Français, Juif, intellectuel. Ses détracteurs soulignent ce qui se trouve tout particulièrement au centre de ses intérêts et de ses activités : Alfred Grosser lui-même. En 2003, par exemple, il avait quitté le conseil d’administration du magazine français L’Express, expliquant sa démarche par le fait que la rédaction « n’avait qu’avec réticence » publié ses notes de lecture sur un livre israélien, et publié dans le numéro suivant un tas de lettres de lecteurs « qui protestaient contre moi. »
Personne ne sait encore ce que Grosser dira le 9 novembre dans la Paulskirche. Mais le simple fait qu’il ait été convié à faire ce discours a amené du ressentiment entre la maire de Francfort Petra Roth et les deux vice- présidents du Conseil Central des Juifs en Allemagne, Dieter Graumann et Salomon Korn.
Sans surprise, de chaque côté on a une version différente sur la façon dont s’est faite l’invitation. Un proche du maire dit que c’était une idée de Korn. De leur côté, Korn et Graumann affirment qu’on ne leur a jamais demandé leur avis. La première fois qu’ils ont entendu parler de l’invitation, disent-ils, c’est par les journaux.
Le Secrétaire général du Conseil central, Stephan Kramer, a demandé à Roth d’annuler l’invitation de Grosser. Il estime qu’il est «irrévérencieux [sic] de laisser Alfred Grosser prendre la parole à cette date, à cet endroit.»
Il est sans doute trop tard. Les invitations à la commémoration ont déjà été envoyées. Seul Grosser lui-même, semble-t-il, peut éviter le scandale – en revenant lui-même sur son engagement. Ce qui, cependant, n’a guère de chances d’arriver.
Grosser a longtemps été controversé. En septembre 2009, il avait donné une interview au Kölner Stadt-Anzeiger, dans laquelle il accusait le Conseil Central de museler les critiques d’Israël. « Dès qu’une voix se lève contre Israël, elle est immédiatement étiquetée « antisémite »… les pires sont le Conseil Central des Juifs. » La République Fédérale, affirme Grosser, est « si intimidée… que devant la Knesset, le président (Allemand) et la chancelière ne font référence qu’au terrorisme du Hamas. »
Dans un entretien accordé au magazine Stern en octobre 2007, il avait dit  » que les Allemands ont le droit d’être critique à propos de tout, mais pas d’Israël, » et qu’il y a un club qui s’en prend régulièrement aux Allemands quand ils disent quelque chose contre Israël. » S’ils le font néanmoins, « le club dit tout de suite : ‘Je vais vous asséner Auschwitz sur la tête’. Je trouve que c’est intolérable. » En 1998, ce même club s’en était pris à l’écrivain martin Walser au moment où on lui remettait le prix pour des libraires pour la paix, provoquant ainsi la « dispute Walser-Bubis » dans la Paulskirche de Francfort – le lieu même où Grosser prendra la parole.
(Note de la rédaction: dans ce discours, Walser avait parlé du « fardeau historique » du pays et dit « quand les media me parlent tous les jours de ce passé, je me rends compte que quelque chose au fond de moi s’oppose à cette exposition permanente de ce qui est notre honte. » Il avait aussi évoqué » « l’instrumentalisation » d’Auschwitz. Ce discours avait été critiqué par Ignatz Bubis, alors président du Conseil Central des Juifs en Allemagne qui avait accusé Walser de commettre un « crime intellectuel. »

Une variante moderne d’antisémitisme

Les antisionistes de droite ou de gauche ressemblent assez à Walser et Grosser quand ils reprochent à l’Allemagne d’être sous « l’emprise du lobby israélien.» Grosser a bien sûr plus d’influence. En qualité de Juif, on ne peut le soupçonner de céder à un ressentiment antisémite. Quand il dit, par exemple, « que les politiques israéliennes encouragent l’antisémitisme, » il ne fait dans ce cas que critiquer Israël. Même si c’est une variante moderne de l’accusation classique – que les Juifs sont en tort.
Questionnée sur les déclarations passées de Grosser, la maire de Francfort répond que certaines informations étaient déjà connues » et que «certaines sont nouvelles.» Elle renvoie à la «position claire et incontestable de la ville de Francfort vis-à-vis d’Israël et en particulier aux relations amicales avec la ville de Tel Aviv.»
Concernant Grosser, Roth déclare qu’il a « un lien personnel avec Francfort sur le Main, » et qu’il a aussi « œuvré pendant plusieurs décennies à la réconciliation des peuples, et qu’il a réussi une grande chose avec la nouvelle relation franco-allemande, » ce qui lui a valu le prix des libraires pour la paix en 1975. « C’est tout ça qui nous a incités, 35 ans après cette cérémonie, à inviter M. Grosser à prendre la parole à la Paulskirche le 9 novembre, » a-t-elle expliqué.
Dénigrement du Conseil Central des Juifs
Au bureau de la maire, on croit, semble-t-il, que Grosser reste très impliqué dans la réconciliation. Mais tout ça est du passé. Aujourd’hui, il se demande pourquoi les Juifs n’ont rien appris de leur histoire.
Le Conseil Central des Juifs n’est pas heureux de la situation à laquelle il doit faire face. « Nous ne l’avons pas invité, et nous ne pouvons pas révoquer son invitation, » déclare un haut responsable. Nous sommes dans l’impasse. » Le responsable dit que le Conseil sera dénigré qu’il participe à la commémoration où qu’il s’en retire. »
Ils [le Conseil] vont donc y aller et voir ce que dit Grosser. « Nous n’annoncerons pas publiquement comment nous allons nous comporter pendant cet événement dans la ville de Francfort, le 9 novembre dans la Paulskirche. Mais nous agirons de manière appropriée. »
Ce pourrait être une soirée intéressante.

Quelques équations malveillantes


par Ryad Benaidji, Etudiant

04.11.10

La tribune « Le boycott d’Israël est une arme indigne », publiée dans Le Monde ce mardi 02 novembre m’a laissé mal à l’aise.

Ce texte signé de noms connus, bénéficiant d’une visibilité médiatique importante – intellectuels comme MM. Bruckner ou Henri Lévy, comédiens comme MM. Boujenah, Attal ou Arditi, hommes politiques comme MM. Hollande ou Valls. D’autres viennent du monde associatif. Tous s’accordent à condamner les appels, certes pas nouveaux, mais répétés, de boycott des produits israéliens, aussi bien sur le plan économique que culturel.

La question du boycott n’est pas ici le sujet. Elle peut être discutée, on peut la soutenir ou pas, là n’est pas ici le principal. C’est plutôt l’argumentaire de cette contribution qui m’a interloqué.

À première vue, tout semble bien propre, bien « démocratique ». Les signataires se disent « attachés à la paix au Moyen-Orient » ; ils affirment « la possibilité de critiquer le gouvernement israélien » ; et enfin, ils se positionnent : « nous sommes contre le boycott, car pour la paix ». Jusque-là, rien à dire. On ne saurait contester un tel appel à la mesure, à la bonne conscience de chacun. Et ils pourraient emporter l’adhésion.

Cependant, ces fins limiers de la rhétorique versent dans la facilité, voire la maladresse intellectuelle lorsqu’ils se permettent d’insinuer que les boycotteurs souhaitent forcément la destruction pure et simple de l’état israélien : « Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes ».

Voilà, une affirmation gratuite, et qui pourtant est lourde de conséquences.

Bien que n’étant pas de ces boycotteurs, je regrette ce procédé devenu banal dans les médias, qui n’en est pas moins toujours aussi malhonnête, qui consiste à discréditer systématiquement l’interlocuteur critique d’Israël en employant de malveillantes équations, dont l’article cité, au détour d’une phrase, l’air de rien, se fait à nouveau l’écho.

1. Le critique d’Israël est contre l’idée même de l’État d’Israël, il est forcement « anti-israélien ».

2. L’anti-israélien n’est pas un détracteur politique, il souhaite la destruction complète d’Israël.

3. L’anti-israélien est supposé antisémite.

Ces sophismes sont le fond du malaise français en regard du conflit israélo-palestinien. Ces équations interdisent le débat, elles excommunient avec une efficacité clinique. Elles diffusent aussi dans l’opinion l’impression que les élites sont partiales, voire parti prenantes. Elles creusent le fossé entre l’opinion et ses élites intellectuelles, nourrissent la suspicion à l’égard des médias. Ceux qui devraient donner à penser semblent interdire de s’interroger.

Ici, il faut faire attention. Après s’être ému des tropismes énoncés plus tôt, il ne faut pas sombrer dans le poncif déplacé. Non, la question n’est pas d’accuser les juifs français d’être séides aveugles d’Israël. Tous les juifs de France ne sont pas sionistes, tous les musulmans de notre pays ne sont pas fondamentalistes. D’ailleurs, la tribune publiée comporte des signataires juifs et non-juifs.

Par ailleurs, le site du Monde.fr conserve une chronique de l’écrivain Salah Guemriche intitulée « Boycotter Israël ou l’écouter ? », parue le 14 mars 2008. Elle rappelle fort à propos que des intellectuels ou hommes politiques israéliens soutiennent ce boycott, notamment MM. Shabtai, Ziffer ou Burg. Le débat est donc bien plus compliqué que sous-entendu par nos intellectuels.

Plutôt qu’une manie juive, cette tendance anxiogène est plutôt une pathologie française. La crainte que les médias ont de critiquer ou laisser critiquer Israël tient à une vigilance accrue vis-à-vis de la question de l’antisémitisme, à un malaise national découlant de la culpabilité de la France lors de la Déportation des juifs. En soi, cette vigilance est louable, nécessaire.

Mais j’ose l’affirmer, on peut considérer que les politiques israéliennes obéissent à des cadres idéologiques surannés, colonialistes. On peut considérer que les réflexes militaires israéliens sont choquants. Et cela, sans vouloir rejeter les Israéliens à la mer, comme certains semblent le craindre ! Et même en posant en évidence que la paix se fera avec Israël, pour Israël!… Pour sa sécurité, l’avenir de ses enfants, autant que ceux des Palestiniens!…

On peut être pro-israélien est pour la paix. Soit. On peut aussi être pro-palestinien et pour la paix. Voilà l’évidence qu’il faut rappeler.

Nos chers intellectuels nous autorisent parait-il à exposer ce genre de thèses… Encore serait-il plus aimable de le faire sans systématiquement accuser le contradicteur d’être un tortionnaire inavoué, un nazillon ordinaire, un antisémite mono-maniaque…

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