La sauvagerie de l’impérialisme états-unien


Noam Chonsky

Vendredi 10 décembre 2010

1. L’empire des États-Unis, le Moyen-Orient et le monde

Il est tentant de reprendre depuis le début. Le début c’était il y a bien longtemps, mais il est utile de revoir certains points d’histoire qui pourront être comparés à la politique actuelle des États-Unis au Moyen-Orient. Les États-Unis sont un pays très particulier par bien des aspects. Ils sont probablement le seul pays au monde qui soit né empire. C’était un empire enfant – comme George Washington l’a appelé –, et les Pères fondateurs étaient très ambitieux. Le plus libéral d’entre eux, Thomas Jefferson, pensait que l’empire enfant devait s’étendre davantage et devenir le « nid » à partir duquel le continent entier serait colonisé. Cela signifiait se débarrasser des « rouges », les Indiens, lesquels ont effectivement été déplacés ou exterminés. Les Noirs devaient être renvoyés en Afrique dès qu’on n’aurait plus besoin d’eux et les Latins seraient éliminés par une race supérieure.

La conquête du territoire national

Les États-Unis ont été un pays très raciste pendant toute leur histoire, et pas seulement à l’encontre des Noirs. Les idées de Jefferson étaient assez communes, les autres étaient globalement d’accord avec lui. C’est une société de colons. Le colonialisme de peuplement c’est ce qu’il y a de pire comme impérialisme, le genre le plus sauvage parce qu’il requiert l’élimination de la population indigène. Ce n’est pas sans relation, je crois, avec le soutien automatique des États-Unis à Israël, qui est aussi une société coloniale. La politique d’Israël d’une certaine façon fait écho à l’histoire états-unienne, en est une réplique. Et, il y a plus, les premiers colons aux États-Unis étaient des fondamentalistes religieux qui se considéraient être des enfants d’Israël répondant au commandement divin de peupler la terre et de massacrer les Amalécites, etc. C’est tout près d’ici, les premiers colons, au Massachusetts.

Tout cela était fait avec les meilleures intentions. Ainsi, par exemple, le Massachusetts (le Mayflower et toute cette histoire) à reçu sa Charte de la part du roi d’Angleterre en 1629. La Charte chargeait les colons de sauver les populations locales des affres du paganisme. D’ailleurs si vous regardez le sceau de la Bay Colony du Massachusetts vous voyez un Indien qui tient une flèche pointée vers le bas en signe de paix. Et devant se bouche il est écrit « Come over and help us » [« Venez et aidez-nous »]. C’est l’un des premiers exemples de ce qu’on appelle aujourd’hui l’interventionnisme humanitaire. Et ce n’est qu’un exemple, il y a bien d’autres cas au cours de l’histoire, et cela dure jusqu’à nos jours. Les Indiens demandaient aux colons de venir et de les aider et les colons suivaient gentiment le commandement leur demandant de venir et de les aider. En fait nous les aidions en les exterminant.

Après coup on a trouvé ça bizarre. Dans les années 1820, un membre de la Cour suprême a écrit à ce propos. Il dit qu’il est assez étrange que, malgré toute notre bienveillance et notre amour pour les Indiens, ils dépérissent et disparaissent comme les « feuilles d’automne ». Comment était-ce possible ? Il a fini par en conclure que la volonté divine est « au-delà de la compréhension humaine ». C’est simplement la volonté de Dieu. Nous ne pouvons pas espérer comprendre. Cette conception – appelée le providentialisme – selon laquelle nous suivons toujours la volonté de Dieu existe encore aujourd’hui. Quoi que nous fassions nous suivons la volonté de Dieu. C’est un pays extrêmement religieux, unique en son genre en matière de religiosité. Une grande partie de la population – je ne me souviens plus du chiffre, mais il est assez élevé – croit littéralement ce qui est écrit dans la Bible. Le soutien total à Israël est l’une des conséquences de tout cela, parce que Dieu a promis la terre promise à Israël. Donc nous devons les soutenir.

Les mêmes personnes – une part importante des plus importants défenseurs d’Israël – sont des anti-sémites, parmi les plus extémistes du monde. À côté d’eux Hitler semble assez modéré. Leur perspective est l’élimination des Juifs après Armageddon. Il y a tout un tas d’histoires à ce propos, lesquelles sont crues, littéralement, jusqu’à un très haut niveau – probablement des gens comme Reagan, George W. Bush, et d’autres. Cela n’est pas sans lien avec l’histoire colonialiste du sionisme chrétien – il précède le sionisme juif, et il est beaucoup plus puissant. C’est l’une des raisons qui expliquent le soutien automatique et inconditionnel à Israël.

La conquête du territoire national est une histoire assez laide. Certaines des personnes les plus honnêtes l’ont reconnu, comme John Quincy Adams, qui était l’un des grands stratèges de l’expansionnisme – le théoricien de la Destinée manifeste, etc. À la fin de sa vie, longtemps après ses propres crimes, il se lamentait sur le sort de ceux qu’il appelait « la malheureuse race des indigènes américains, que nous exterminons sans pitié et avec une perfide cruauté ». Il a dit que ce serait l’un des péchés pour lesquels le Seigneur allait nous punir. Nous attendons encore.

Ses idées sont jusqu’à nos jours tenues en haute considération. Il y a un livre de référence, universitaire, écrit par John Lewis Gaddis, un grand historien états-unien, qui concerne les racines de la doctrine Bush. Gaddis, avec raison, présente la doctrine Bush comme héritière de la grande stratégie de John Quincy Adams. Il dit que c’est un concept qui existe tout au long de l’histoire des États-Unis. Il en fait l’éloge, il considère que c’est la conception correcte – nous devons assurer notre sécurité, l’expansion est le moyen de la sécurité, et vous ne pouvez pas vraiment assurer votre sécurité sans tout contrôler. Donc nous devons nous déployer, non seulement dans l’hémisphère, mais partout dans le monde. C’est la doctrine Bush.

Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, sans entrer dans les détails… Bien que les États-Unis aient été depuis longtemps et de loin le pays le plus riche du monde, ils jouaient un rôle secondaire sur la scène mondiale. L’acteur principal c’était la Grande-Bretagne – et y compris la France avait une plus grande présence dans le monde. La Deuxième Guerre mondiale a changé tout cela. Les stratèges états-uniens durant la Deuxième Guerre mondiale, les planificateurs de Roosevelt, ont dès le début de la guerre très bien compris qu’au bout du compte les États-Unis allaient se retrouver dans une position de supériorité absolue.

Alors que la guerre se déroulait – les Russes terrassaient les Allemands, ils ont à ce moment presque gagné la guerre en Europe – on avait compris que les États-Unis seraient dans une position de domination encore plus nette. Et ils ont donc élaboré des plans pour la configuration du monde de l’après-guerre. Les États-Unis auraient le contrôle total d’une zone qui comprendrait l’hémisphère occidental, l’Extrême-Orient, l’ex-Empire britannique, la plus grande partie possible de l’Eurasie, incluant donc l’Europe occidentale et son importante infrastructure commerciale et industrielle. C’est le minimum. Le maximum c’est le monde entier ; et bien entendu c’est ce dont nous avons besoin pour notre sécurité. Dans cette zone les États-Unis auraient le contrôle incontesté et empêcheraient tous les pays d’aller vers davantage de souveraineté.

Les États-Unis se trouvent à la fin de la guerre dans une position de domination et de sécurité sans équivalent dans l’histoire. Ils ont la moitié de la richesse mondiale, ils contrôlent tout l’hémisphère occidental et les deux rives des deux océans. Ce n’était pas un contrôle total. Les Russes étaient là et il y avait encore quelques parties hors de contrôle, mais l’expansion avait été remarquable. Juste au centre se trouvait le Moyen-Orient.

Adolf A. Berle, une personnalité libérale, qui fut très longtemps le conseiller du président Roosevelt, mettait l’accent sur le fait que contrôler le pétrole du Moyen-Orient signifierait dans une bonne mesure contrôler le monde. Cette doctrine reste inchangée, elle est encore en vigueur actuellement et c’est l’un des facteurs essentiels pour décider des orientations politiques.

Après la Deuxième Guerre mondiale

Durant la Guerre froide les décisions politiques étaient invariablement justifiées par la menace russe. C’était dans une bonne mesure une menace fictive. Les Russes géraient leur propre petit empire avec un prétexte similaire, la menace états-unienne. Ce rideau de fumée n’existe plus depuis la chutte de l’Union soviétique. Pour ceux qui veulent comprendre la politique étrangère de États-Unis, un point qui de toute évidence devrait être observé c’est ce qui est arrivé après la disparition de l’Union soviétique. C’est naturellement le point qu’il faut observer, et il s’ensuit presque automatiquement que personne ne l’observe. On en parle à peine dans la littérature universitaire alors qu’il est évident que c’est ce que vous devez regarder pour comprendre la Guerre froide. En fait si vous regardez vous obtenez des réponses tout à fait claires. Le président à l’époque était George Bush I. Immédiatement après la chute du mur de Berlin, il y a eu une nouvelle stratégie de sécurité nationale, un budget de la défense, etc. C’est très intéressant. Le message principal est le suivant : rien ne va changer sauf les prétextes. Donc nous avons encore besoin, disaient-ils, d’une force militaire gigantesque, non pas pour nous défendre des hordes russes parce que ça n’existe plus, mais à cause de ce qu’ils ont appelé la « sophistication technologique » de certains pouvoirs dans le Tiers monde. Maintenant si vous êtes une personne bien éduquée, bien formée, qui vient de Harvard, etc., vous n’êtes pas supposé rire quand vous entendez ça. Et personne n’a ri. En fait je pense que personne n’en a rendu compte. Donc, disaient-ils, nous devons nous protéger de la sophistication technologique des puissances du Tiers monde et nous devons maintenir ce qu’ils ont appelé la « base industrielle de la défense » – un euphémisme pour parler de l’industrie high-tech (les ordinateurs, Internet, etc.), qui dépend principalement du secteur étatique, sous le prétexte de la défense.

Concernant le Moyen-Orient… Ils disaient que nous devions maintenir nos forces d’intervention, la plupart d’entre elles au Moyen-Orient. Puis vient une phase intéressante. Nous devons faire barrage pour contenir l’ennemi. Nous devons maintenir les forces d’intervention au Moyen-Orient pour défendre nos intérêts, la région qui « ne pouvait pas être offerte en cadeau au Kremlin ». En d’autres termes, désolés les gars, nous vous avons menti pendant 50 ans, mais maintenant que le prétexte n’existe plus, nous vous dirons la vérité. Le problème au Moyen-Orient est ce qu’on appelle le nationalisme radical. « Radical » signifie simplement indépendant. C’est un terme qui signifie « ne suit pas les ordres ». Le nationalisme radical peut être de différentes sortes. L’Iran en est un bon exemple.

La menace du nationalisme radical

En 1953 la menace iranienne c’était un nationalisme laïque. Après 1978 c’est le nationalisme religieux. En 1953 on a renversé le régime parlementaire et on a installé un dictateur beaucoup plus à notre goût. Ce n’était pas un secret. Le New York Times, par exemple, dans un éditorial, se réjouissait du renversement du gouvernement iranien, estimant qu’il s’agissait d’une bonne « leçon de choses » pour les petits pays qui devenant fous, emportés par le nationalisme radical, rejettent toute autorité et veulent contrôler eux-mêmes leurs ressources. Ce sera une leçon de choses pour eux : n’essayez pas ce genre de bêtises, et certainement pas dans cette région dont nous avons besoin pour contrôler le monde. C’était en 1953.

Depuis le renversement du tyran imposé par les États-Unis en 1979 l’Iran a continuellement été attaqué par les États-Unis. Au début Carter a essayé de répondre au renversement du shah en organisant un coup d’État. Ça n’a pas marché. Les Israéliens – l’ambassadeur… il y avait des relations très proches entre Israël et l’Iran sous le shah, bien que théoriquement il n’y eût pas de relations formelles – ont fait savoir que si nous pouvions trouver des officiers disposés à tuer 10 000 personnes dans les rues, nous pourrions rétablir le régime du shah. Zbigniew Brzezinski, le conseiller de Carter à la sécurité nationale, avait à peu près les mêmes idées. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les États-Unis ont alors immédiatement soutenu Saddam Hussein, pour qu’il envahisse l’Iran. Et ce n’est pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été massacrés. Les gens qui sont à la tête de l’Iran actuellement sont des vétérans de cette guerre et ils ont une claire conscience du fait que l’ensemble du monde est contre eux – les Russes, les États-Uniens, tout le monde soutenait Saddam Hussein, tout le monde voulait renverser le nouvel État islamique.

Ce n’est pas peu de choses. Le soutien des États-Unis à Saddam Hussein est allé très loin. Les crimes de Saddam – comme le génocide d’Anfal, massacre de Kurdes – étaient niés. Le gouvernement Reagan les démentait et les attribuait à l’Iran. À l’Irak on a même donné un privilège rare. C’est le seul pays, avec Israël, qui a pu attaquer un navire états-unien et s’en sortir impunément. Dans le cas d’Israël c’était le USS Liberty en 1967. Dans le cas de l’Irak c’était le USS Stark en 1987 – un navire qui appartenait à la flotte états-unienne protégeant les convois irakiens des attaques iraniennes pendant la guerre. Ils ont atttaqué le navire avec des missiles français, ils ont tué plusieurs dizaines de marins – et ils n’ont reçu qu’une petite tape sur la main, rien de plus.

Le soutien des États-Unis était tel que c’est quasiment eux qui ont remporté la guerre pour l’Irak. Une fois la guerre finie, le soutien des États-Unis à l’Irak a continué. En 1989 George Bush I a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis, pour qu’ils reçoivent des formations de pointe dans le domaines des armes nucléaires. C’est l’une de ces petites choses qu’on cache parce que quelques mois plus tard Saddam est devenu un mauvais garçon. Il a désobéi aux ordres. Juste après cela il y a eu de terribles sanctions, etc.

La menace iranienne

Pour en revenir à notre époque, dans la littérature sur la politique étrangère et dans les commentaires généraux ce que vous lisez généralement c’est que le problème le plus important pour les États-Unis était et reste la menace iranienne. Qu’est-ce que c’est que cette menace iranienne au juste ? Nous disposons d’une source qui fait autorité sur ce point. C’était il y a quelques mois : un compte rendu au Congrès des États-Unis émanant du département de la défense et des services d’intelligence. Tous les ans ils font un compte rendu au Congrès sur la situation mondiale en matière de sécurité. Le dernier compte rendu, celui d’avril dernier, comporte une partie qui concerne l’Iran, bien sûr, la plus grande menace. Il est important de lire ce compte rendu. Ce qu’ils disent c’est que, quoi qu’il en soit de la menace iranienne, ce n’est pas une menace militaire. Ils disent que les dépenses militaires iraniennes sont plutôt basses, y compris si on les compare aux pays de cette région ; et si on les compare à celles des États-Unis, elles sont insignifiantes – probablement moins de 2% de nos dépenses militaires. Par ailleurs ils disent que la doctrine militaire iranienne est basée sur le principe de la défense du territoire national, elle est conçue pour contenir une invasion pendant un temps suffisant pour rendre possible le passage à l’action diplomatique. Voilà la doctrine militaire des Iraniens. Ils disent qu’il est possible que l’Iran pense aux armes nucléaires. Ils ne vont pas plus loin que cela, mais ils disent que si les Iraniens développaient des armes nucléaires ce serait dans le cadre de leur stratégie défensive, afin de prévenir une attaque, ce qui est une éventualité assez réaliste. Le plus grand pouvoir militaire de l’histoire – c’est-à-dire nous –, qui leur a toujours été extrêmement hostile, occupe deux pays frontaliers de l’Iran et menace ouvertement d’attaquer ce pays. Israël, État client des États-Unis, lance les mêmes menaces. Voilà pour le côté militaire de la menace iranienne telle qu’identifiée dans le Military Balance.

Ils disent par ailleurs que l’Iran est une menace majeure parce que ce pays tente d’étendre son influence dans les pays voisins. On appelle cela déstabilisation. Ils œuvrent à la déstabilisation dans les pays voisins en tentant d’augmenter leur influence et cela est un problème pour les États-Unis, parce que les États-Unis tentent d’apporter la stabilité. Lorsque les États-Unis envahissent un pays c’est pour apporter la stabilité – un terme technique dans la littérature des relations internationales qui signifie obéissance aux ordres des États-Unis. Donc lorsque nous envahissons l’Irak ou l’Afghanistan, c’est pour créer de la stabilité. Si les Iraniens essaient d’accroître leur influence, juste chez leurs voisins, c’est déstabilisant. Cette doctrine, comme tant d’autres, est élaborée dans les universités. Un commentateur libéral et ex-éditeur de Foreign Affairs, James Chase, a même pu dire sans crainte du ridicule que les États-Unis devaient déstabiliser le Chili d’Allende pour apporter la stabilité – c’est-à-dire la soumission aux États-Unis.

Qu’est-ce que le terrorisme ?

La deuxième menace iranienne c’est le soutien au terrorisme. Qu’est-ce que le terrorisme ? On nous donne deux exemples du soutien de l’Iran au terrorisme : son soutien au Hezbollah libanais et son soutien au Hamas palestinien. Quoi que vous pensiez du Hezbollah et du Hamas – vous pensez peut-être que c’est ce qu’il y a de pire au monde –, qu’est-ce qui fait qu’on les considère terroristes ? Bon, le « terrorisme » du Hezbollah est fêté tous les ans au Liban le 25 mai, fête nationale libanaise qui célèbre l’expulsion des envahisseurs israéliens du Liban en 2000. La résistance du Hezbollah et sa guerre de guérilla avaient fini par obliger Israël à se retirer du Sud-Liban, mettant fin à une occupation de 22 ans, avec son lot de terreur, de violence, de torture – occupation maintenue en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Donc Israël a finalement quitté le Liban et c’est le jour de la Libération au Liban. Voilà globalement ce qui est considéré comme le terrorisme du Hezbollah. C’est comme ça qu’il est décrit. En fait, en Israël c’est même décrit comme une agression. Vous pouvez lire la presse israélienne ces jours-ci et des politiciens de premier plan disent que c’était une erreur de se retirer du Sud-Liban parce que cela permet à l’Iran de poursuivre son « agression » contre Israël, agression qui a commencé en 2000 avec le soutien à la résistance contre l’occupation israélienne. C’est considéré comme une agression contre Israël. Ils ont les mêmes principes que les États-Unis, nous disons la même chose. Voilà pour le Hezbollah. Il y a d’autres actes que vous pourriez critiquer, mais voilà ce qu’est le terrorisme du Hezbollah.

Un autre crime commis par le Hezbollah c’est que la coalition dont il est l’élément principal a largement emporté les dernières élections parlementaires ; mais en raison du principe communautariste qui prévaut pour l’assignation des sièges ils n’ont pas reçu la majorité des sièges. Thomas Friedman [du New York Times] a donc versé des larmes de joie, comme il l’a lui-même expliqué, lors de ces merveilleuses élections libres au Liban, le président Obama ayant battu le président iranien Ahmadinejad. D’autres se sont joints à cette célébration. Autant que je sache personne n’a rendu compte des véritables résultats électoraux.

Et le Hamas ?

Hamas est devenu une menace sérieuse – une organisation terroriste importante – en janvier 2006 lorsque les Palestiniens ont commis un crime vraiment grave. C’était au moment des premières élections libres jamais tenues dans le monde arabe et les Palestiniens ont voté comme il ne fallait pas. C’est inacceptable pour les États-Unis. Immédiatement, sans la moindre hésitation, les États-Unis et Israël ont fait savoir qu’ils prenaient la décision de punir les Palestiniens pour ce crime. Juste après vous avez pu lire dans le New York Times deux articles qui se côtoyaient – l’un des deux parlant de notre amour pour la démocratie, ce genre de choses, et l’autre parlant de nos projets de punition contre les Palestiniens parce qu’ils avaient mal voté aux élections de janvier. Aucune contradiction.

Les Palestiniens avaient dû subir bien des punitions avant les élections, mais elles ont été accentuées après – Israël est allé jusqu’à couper l’alimentation en eau à la bande de Gaza, si aride. Au mois de juin Israël avait déjà lancé 7 700 roquettes sur Gaza. Tout cela s’appelle défense contre le terrorisme. Puis les États-Unis, et Israël, avec la coopération de l’Autorité palestinienne, ont essayé d’organiser un coup pour renverser le gouvernement élu. Ils ont échoué et le Hamas a pris le contrôle de Gaza. Après cela le Hamas est devenu l’une des principales forces terroristes au monde. Vous pouvez leur faire beaucoup de critiques – leur façon de traiter leur propre population par exemple – mais le terrorisme du Hamas est assez difficile à prouver. Les accusations actuelles concernent les roquettes lancées de Gaza sur les villes israéliennes frontalières. C’est la justification qui a été donnée pour l’opération « plomb durci » (l’invasion israélo-états-unienne de décembre 2008) et aussi pour l’attaque israélienne contre la Flotille de la paix en juin 2010, dans les eaux internationales. Neuf personnes avaient alors été tuées.

Il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire. Passons sur la comparaison entre les roquettes Qassam et le terrorisme que les États-Unis et Israël pratiquent constamment. L’argument n’a absolument aucune crédibilité pour une raison bien simple : Israël et les États-Unis savent très bien comment arrêter les tirs de roquettes : par des moyens pacifiques. En juin 2008 Israël a accepté un cessez-le-feu avec le Hamas. Israël ne l’a pas vraiment respecté – ils étaient supposés ouvrir les frontières et ils ne l’ont pas fait – mais le Hamas l’a respecté. Vous pouvez vérifier sur les sites officiels israéliens ou écouter leur porte-parole officiel, Mark Regev : ils sont d’accord pour dire que durant le cessez-le-feu le Hamas n’a pas lancé une seule roquette.

Israël a rompu le cessez-le-feu en novembre 2008 en envahissant Gaza et en tuant une demi-douzaine de militants du Hamas. Quelques roquettes ont alors été lancées, puis Israël a lancé une attaque bien plus importante. Il y a eu des morts, tous palestiniens. Hamas a proposé le retour au cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a évalué l’offre, puis l’a rejetée, optant pour le recours à la violence. Quelques jours plus tard il y a eu l’attaque israélo-états-unienne contre Gaza.

Aux États-Unis, et en Occident de façon générale, y compris les organisations de défense des droits humains, y compris le rapport Goldstone, on considère comme une évidence le droit d’Israël à se défendre en utilisant la force. Il y a eu des critiques disant que l’attaque était disproportionnée, mais cela est secondaire par rapport au fait qu’Israël n’avait absolument pas le droit d’utiliser la force. Vous n’avez aucune justification pour l’utilisation de la force tant que vous n’avez pas épuisé les recours pacifiques. Dans ce cas les États-Unis et Israël n’avaient non seulement pas épuisé les recours pacifiques, ils avaient rejeté tout recours aux moyens pacifiques, alors que c’était parfaitement possible et ils le savaient bien. Ce principe selon lequel Israël a le droit de lancer des attaques militaires est tout bonnement un fascinant cadeau.

Quoi qu’il en soit, que l’Iran essaie d’étendre son influence et que l’Iran soutienne le Hezbollah et le Hamas c’est, du point de vue des services d’intelligence et du département de la défense, ce qui constitue son soutien au terrorisme.

Noam Chomsky

Source : http://www.zcommunications.org/u-s-…

Traduction : Numancia Martínez Poggi

Au bord de l’abîme


samedi 11 décembre 2010 – 11h:24

Khaled Amayreh


Comme les USA laissent à Israël tout loisir de créer des colonies, Abbas envisage à nouveau de tout laisser tomber écrit Khaled Amayreh depuis Jérusalem occupée.

L’administration Obama a porté le coup de grâce au projet de paix et d’unité nationale de l’Autorité palestinienne (AP) du président Mahmoud Abbas en renonçant à faire pression sur Israël pour reconduire le gel de la construction des colonies.

Quelques heures avant la diffusion de la déclaration US, Abu Mazen parlait encore de « si » au cours de son interview télévisée à Ramallah cette semaine. Abbas a dit que si les négociations de paix avec Israël s’effondraient, les Palestiniens pourraient chercher à obtenir la reconnaissance unilatérale par les Nations unies d’un État en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et à Jérusalem-Est – territoires saisis par Israël en 1967 – et que tout le maintien de l’ordre serait cédé aux Israéliens.

« Si tous les efforts échouent, je dirai aux Étasuniens et aux Israéliens « Qu’on en finisse. Ça ne peut pas durer. Je ne peux pas présider une autorité qui n’existe pas. Gardez tout et libérez-moi de cette responsabilité ».

Quand on lui a demandé s’il parlait sérieusement, Abbas a répondu « oui, je dis aux Israéliens : ‘vous pouvez continuer à occuper [notre pays], mais on ne peut pas en rester là ‘ ».

Les paroles d’Abbas reflètent apparemment sa profonde déception devant le processus de paix stérile, constamment érodé par la construction sans trêve de colonies israéliennes ainsi que les efforts interminables et généralement infructueux déployés par l’administration Obama pour amener Israël à arriver à un « compromis » qui inciterait l’AP à reprendre des entretiens incertains.

En outre, la menace d’Abbas – qu’il ne brandit pas pour la première fois – est ostensiblement en réaction à l’annonce faite officieusement par l’administration Obama au leadership de l’AP concernant son échec à obtenir d’Israël la prolongation du gel des colonies afin de donner une chance aux négociations de paix.

Les sources de l’AP ont dit qu’aucun message final n’avait été reçu et que l’AP attendait toujours ce message de Washington. L’administration Obama essaierait d’inciter Israël à geler partiellement l’expansion des colonies pendant 90 jours en échange d’une assistance militaire massive et de concessions diplomatiques que certains commentateurs occidentaux ont taxées de « galéjades » et de « scandaleuses ».

Il n’est pas certain qu’Abbas mettrait sérieusement sa menace à exécution et dissoudrait complètement l’AP. Ceux qui le critiquent décrivent le régime de l’AP comme un boulet massif, mais avantageux en attendant la création d’un véritable État palestinien indépendant.

« Que nous le voulions ou non, l’Autorité palestinienne sert à consolider et à perpétuer l’occupation israélienne. Le nombre de colonies juives dans les territoires occupés a triplé sous le régime de l’AP et Israël utilise l’autorité pour se dérober à ses responsabilités légales au titre de la quatrième Convention de Genève » a avancé Hazem Kawasmeh, économiste de renom de Jérusalem-Est. « En fait, Israël utilise l’AP pour annoncer au monde que l’occupation est terminée ».

Kawasmeh a relevé que l’AP jouait le pire rôle possible de toute organisation languissant sous une occupation militaire étrangère ; à savoir, la prétendue « coordination de sécurité » avec l’ennemi. « C’est la raison pour laquelle nous voyons des membres des forces de sécurité palestiniennes, formées par les USA, disparaître chaque fois que les forces d’occupation envahissent les agglomérations palestiniennes pour arrêter, écraser ou tuer des Palestiniens ».

Ceux qui partagent ce point de vue prétendent que le peuple palestinien ne devrait jamais se laisser prendre en otage dans une situation où il lui faut choisir entre une autorité sans souveraineté et une occupation militaire perpétuelle. Néanmoins, ce sont les carrières, les gagne-pain et le bien-être financier de nombreuses personnes qui sont inextricablement liés à l’existence et à la survie de l’AP. Par conséquent, parler de démanteler l’AP est une chose et le faire sur le terrain en est une autre.

On estime à 130 000 le nombre de fonctionnaires qui reçoivent leur salaire de l’AP à la fin du mois. Il y a en outre 60 000 à 70 000 agents de sécurité répartis entre plusieurs agences qui contribuent à maintenir la loi et l’ordre ainsi qu’à maîtriser les « éléments adversaires de la paix » — euphémisme qui désigne les militants islamiques. Que se passerait-il si ces centaines de milliers de personnes perdaient leur emploi et leur source de revenus ?

Par ailleurs, la police de l’AP et les forces paramilitaires remettraient-elles simplement leurs armes, leur équipement et leurs installations aux Israéliens avant de rentrer chez elles ? Israël n’est pas particulièrement enthousiaste à l’idée de reprendre l’administration quotidienne de près de 3 millions de Palestiniens déçus et en colère. En dépit de l’opposition de certains colons messianiques qui voulaient reprendre la terre et en expulser les habitants, Israël a vu dans la création de l’autonomie palestinienne une bonne chose lui permettant de garder pratiquement tous les avoirs palestiniens – en tant que puissance occupante – tout en forçant tout le passif sur le gouvernement palestinien, lui-même obligé de lui rendre des comptes.

Il est donc très douteux que même si le leadership de l’AP voulait dissoudre le régime de l’AP, Israël permettrait le retour au statu quo ante (situation d’avant la signature des accords d’Oslo en 1993). Une telle situation est un cauchemar pour les stratèges israéliens dont les calculs se fondent sur l’annexion d’un maximum de terres palestiniennes avec un minimum d’habitants palestiniens.

Entre-temps, l’AP a reçu un encouragement moral des plus nécessaires de la part de trois Etats sud-américains – le Brésil l’Argentine et le Paraguay – qui ont annoncé qu’ils reconnaîtraient l’État-nation de Palestine dans les frontières de 1967. D’autres pays pourraient leur emboîter le pas, créant ainsi une nouvelle réalité, voire un nouvel élan vers une solution éventuelle au conflit le plus long du monde. La reconnaissance internationale sèmerait aussi la pagaille dans les plans US et provoquerait l’embarras et l’isolement diplomatique d’Israël.

(JPG) Khalid Amayreh est un journaliste qui vit à Dura, dans le district d’Hébron, Cisjordanie, Palestine occupée. Il a un bachelor en journalisme de l’université d’Oklahoma (1981) et un master en journalisme, de l’université de Southern, Illinois (1983)

Du même auteur :

- Netanyahu : le champion des colons
- Ramallah cherche une issue
- Le fascisme sous forme de lois
- Pour Abbas, c’est le moment de démissionner
- Colonies juives : une débauche de constructions
- Pendant les pourparlers, Israël continue de tuer
- Irrémédiables criminels de guerre
- Un échec clairement programmé

9 décembre 2010 – Al-Ahram Weekly – Vous pouvez consulter cet article ici :
http://weekly.ahram.org.eg/2010/102…

source

Un Etat policier en construction


vendredi 10 décembre 2010 – 01h:11

Samah Jabr – Bitterlemons


Les mesures sécuritaires, sous parrainage des Etats-Unis, empêchent toute avancée vers un accord de réconciliation entre les deux partis principaux en Palestine, le Hamas et le Fatah.
(JPG)

Les milices d’Abbas dans Ramallah – Photo : AP/Muhammed Muheisen

Bien que la coordination sécuritaire sous le parrainage des Etats-Unis ait commencé dans les années 1990, l’étendue et la nature de l’intervention des Etats-Unis dans les affaires internes palestiniennes se sont intensifiées à travers le programme mené par le Lt. Gen. Keith Dayton, lancé par l’administration Bush en 2005. Quand le Hamas a chassé le Fatah de la bande de Gaza en juin 2007, l’ambiance était mûre pour une escalade de la mutation politique qui transforma d’anciens « héros nationaux » en « « terroristes ».

Alors que les forces de sécurité du Hamas à Gaza sont jugées illégales, les gouvernements d’Europe et d’Amérique du Nord apportent une aide financière généreuse à l’Autorité palestinienne et ses forces de sécurité. Dans un discours à Washington, à l’Institut sur la politique au Proche Orient, Dayton déclara (comme si c’était un compliment) que son programme avait créé une « nouvelle sorte de Palestinien ».

Trois bataillons de 500 hommes chacun ont été au bout de ce programme et d’autres sont actuellement en formation pour entamer une série d’offensives contre les membres des groupes de la résistance en Cisjordanie.

De hauts gradés israéliens ont été si impressionnés par les troupes palestiniennes, selon Dayton, qu’ils lui ont demandé, « Combien de ces nouveaux Palestiniens pouvez vous créer de plus, et dans combien de temps ? » Dayton a promis d’investir environ 1,3 milliard de dollars dans la mise en place de l’appareil de sécurité palestinien ; de former 4700 militaires ; de fournir la formation et l’équipement et de faciliter la capacité de se développer de 15 000 soldats supplémentaires ; de restaurer la structure organisationnelle des institutions sécuritaires de l’ANP. Les Etats-Unis n’investissent pas d’argent dans le bien-être de la population palestinienne – pour construire des écoles, des hôpitaux qui soutiennent la détermination du peuple palestinien, par exemple – mais préfèrent utiliser cet argent pour acheter des Palestiniens par le pouvoir, l’argent et les privilèges qui renforcent le conflit interne et la désunion des Palestiniens. Ils créent des « contras » palestiniens pour faire le sale travail de l’occupation israélienne et imposer l’agenda et les décisions politiques américains à la population palestinienne épuisée, terrifiée et paupérisée qui subit ce chantage.

En août, les services de la Sécurité préventive et des Renseignements généraux ont raflé plus de 700 sympathisants des groupes de la résistance palestinienne après une attaque meurtrière contre des colons en Cisjordanie.

Et on se demande : qui les forces de sécurité servent-elles ? Où disparaissent-elles quand les soldats de l’occupant israélien envahissent nos villes et nos cités pour kidnapper, blesser et tuer des Palestiniens ? Est-ce qu’elles intimident quiconque hormis des Palestiniens ? Est-ce qu’elles attaquent des bases militaires israéliennes ou seulement les institutions caritatives du Hamas ? Ont-elles jamais arrêté ou interrogé des colons israéliens qui attaquent les villageois en Cisjordanie ? Est ce que les interrogatoires, les arrestations et la torture sont exclusivement réservés aux Palestiniens ?

La Cisjordanie est en train de devenir un Etat policier. Al Haq, la Commission palestinienne indépendante pour les Droits humains, Human Rights Watch, et le journal le Guardian sont tous des références crédibles qui témoignent qu’un nombre significatif de détenus sont torturés en toute impunité pendant les interrogatoires par les forces des Renseignement généraux et de la Sécurité préventive.

Dayton peut bien être parti maintenant mais ses arrangements sécuritaires brutaux ont endommagé la crédibilité de l’Autorité palestinienne et déclenché du ressentiment à son encontre. Plus important encore, ces arrangements ont brouillé et érodé la structure sociale palestinienne.

Alors qu’il existait précédemment un consensus pour dénoncer les violations des droits humains par les autorités israéliennes, ça a été une expérience humiliante et démoralisante à vous briser le coeur de voir des Palestiniens torturer et maltraiter leurs concitoyens.

Les mesures sécuritaires empêchent toute avancée vers un accord de réconciliation entre les deux partis principaux en Palestine, le Hamas et le Fatah. Pendant ce temps l’Autorité palestinienne n’arrive pas à trouver le saint Graal que représentent la croissance économique ou de la construction des institutions palestiniennes.

Les négociations de paix semblent être la dernière chance pour l’Autorité palestinienne – et elles ne semblent guère porteuses d’espoir. Je me demande combien de temps l’Autorité palestinienne va survivre quand l’Administration américaine décidera qu’elle n’est pas un partenaire pour la paix.

(JPG) * Samah Jabr, écrivain indépendant, est psychiatre.

L’un des objets politiques de son combat est un État unique pour une perspective de paix et de liberté commune. Ses chroniques touchantes nous parlent d’une vie au quotidien en pleine occupation ; d’un regard lucide, elle nous fait partager ses réflexions en tissant des liens entre sa vie intime, son travail en milieu psychiatrique et les différents aspects politique d’une situation d’apartheid.

- La vie des femmes palestiniennes sous occupation
- Le goût de l’amertume
- Palestine… Paix factice et vraie guerre
- Témoigner de la vérité et en payer le prix
- A la recherche de l’insaisissable partenaire israélien pour la paix
- « Terrorisme » au bulldozer ? Tout dépend de qui est dessus et qui est dessous

suite

Mais qu’est-ce qu’elle dit, éduquer à l’holocauste c’est raciste? L’est folle? Antisémite? Quoi, Juive!


décembre 8, 2010 par Msili

Avant d’entrer dans le véritable sujet de ce post, un lien vers le site Couleurs d’Algérie animé par Abdou dont j’aime beaucoup le travail. Abdou nous propose de fort belles photos du cimetière israélite d’Alger. A voir !

Quittons le domaine de l’esthétique pour évoquer le thème de ce post qui porte sur un mémoire de master soutenu à l’université de Toronto au Canada qui porte sur le racisme juif. Jenny Peto, qui vient de commettre ce travail, fait en ce moment l’objet de fortes critiques de la part de ceux qui ont pris l’habitude de considérer que le sionisme était la première cause dont devait se soucier l’humanité. L’université où elle a soutenu son mémoire n’est pas non plus épargnée, au point que la directrice de recherche de Mlle Peto parle d’ambiance de chasse aux sorcières sur le campus pour ceux qui osent critiquer l’entité sioniste.

C’est que jenny Peno n’y va pas avec le dos de la cuiller et attaque dans son mémoire des activités éducatives relatives à l’inculcation de l’holocauste qui, selon elle, servent les desseins de la propagande sioniste et de ce qu’elle appelle la communauté juive organisée. Elle dénonce particulièrement, semble-t-il, l’inculcation de l’holocauste aux Canadiens issus de minorités « de couleur. »

L’article du Toronto Star présente les arguments de ceux qui pourfendent le travail de jenny Peto. C’est toujours la même argumentation : son travail ne présente qu’un son de cloche, les inexactitudes, les omissions, les distorsions. Pourtant, quand il s’agit de «l’holocauste», personne ne prétend qu’on devrait prendre en compte le point de vue des nazis pour parvenir à une présentation équilibrée. Et la recherche universitaire est peut être autre chose qu’une simple synthèse de points de vue. Non ?

Un argument opposé à la thèse de Mlle Peto est cependant fourni par le Toronto Star lui-même qui signale qu’une des organisations incriminées dans ce travail universitaire, Canadian Centre for Diversity, n’est pas confessionnelle. Néanmoins, à l’origine son objectif était d’améliorer les relations entre Juifs et Chrétiens. Ce n’est que plus tard que son objet sera étendu. Si on s’intéresse cependant au conseil d’administration de ce centre pour la diversité, on y constate une pluralité apparente réelle. Avec cependant la présence d’une certaine Madeleine Levy, membre dirigeante d’une filiale (la task Force nationale pour l’holocauste, ça ne s’invente pas) du B’nai Brith, une organisation strictement réservée aux Juifs. Mais on note surtout parmi les membres de ce centre le nom de feu Edward M. Bronfman et celui de Judy Bronfman. Les Bronfman sont une riche famille présente notamment dans la production et le commerce de spiritueux et les media. Les Bronfman sont très connus pour leur sionisme militant et l’un d’entre eux, Edgar Bronfman Sr, a longtemps été président du Congrès Juif Mondial.

Autant dire que dans le conseil d’administration où siège un (e) Bronfman, flanquée de quelques amis sûrs, vous n’avez pas longtemps à vous demander d’où vient le vent.

L’université de Toronto critiquée pour une thèse sur le « racisme juif »

Par Daniel Dale, The Toronto Star (Canada) 7 décembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’université de Toronto est critiquée par des associations juives, un éminent historien et des survivants de l’holocauste pour avoir accepté une thèse de master qui qualifie de « racistes » deux programmes éducatifs sur l’holocauste.

La thèse, intitulée «Le victimisme des puissants: les Juifs blancs, le sionisme et le racisme dans une éducation hégémonique à l’holocauste,» a été rédigée par Jenny Peto, une militante juive de la Coalition Against Israeli Apartheid. Elle dénonce la Marche pour le Souvenir et l’Espoir, au cours de laquelle de jeunes adultes de diverses origines se rendent avec des survivants de l’holocauste sur des sites polonais où les nazis ont commis des atrocités, et la Marche pour le Canada Vivant, qui emmène de jeunes Juifs avec des survivants en Pologne et en Israël.

Peto soutient que ces deux programmes amènent les Juifs à croire, à tort, qu’ils sont d’innocentes victimes. En réalité, écrit-elle, ce sont des blancs privilégiés qui sont « incapables de voir leur propre racisme. » La « construction d’une identité juive victimiste », soutient-elle, est intentionnelle : elle produit des effets qui profitent énormément à la communauté juive organisée » et à « l’apartheid » d’Israël.

Peto considère que des buts « politiques sionistes » sont dissimulés derrière les « objectifs apparemment de tolérance » de la Marche pour le Souvenir et l’Espoir. Elle écrit qu’on peut se poser des « questions ce qui est impliqué par des Juifs blancs prenant sur eux d’éduquer des gens de couleur sur le génocide, le racisme et l’intolérance. »

Le programme n’est pourtant pas géré par une association juive. Son organisation mère est le Canadian Centre for Diversity qui enseigne aux jeunes gens à lutter contre la discrimination.

« Elle pose des assertions non vérifiées et des observations erronées sur notre philosophie, nos objectifs et notre méthodologie. Nous avons été choqués et offensés en lisant la thèse, » affirme Carla Wittes, directrice des programmes du centre. « Nous sommes une organisation non religieuse soucieuse d’éduquer les gens sur les dangers de la discrimination, et l’holocauste est à l’évidence un exemple de choix. »

Le Congrès Juif Canadien, la Marche des Vivants et Irving Abella, professeur d’histoire juive à la York University, ont déclaré que la thèse aurait dû être rejetée. « Ce n’est pas un travail universitaire, c’est de l’idéologie, » affirme Abella, un ancien président du Congrès Juif Canadien. « C’est complètement anhistorique : je l’ai trouvée pleine de contre vérités et de distorsions qui ne tiennent ensemble que une analyse stupide et inconsistante. Elle frôle l’antisémitisme… Je suis consterné qu’une grande université l’ait trouvé acceptable. »

Peto a validé son diplôme en juin auprès du Department of Sociology and Equity Studies in Education (SESE) qui dépend de l’Ontario Institute for Studies in Education (OISE) de l’université de Toronto. Julia O’Sullivan, doyenne de l’OISE, et Rinaldo Walcott, président du SESE n’ont pas répondu à nos demandes de commentaires ce lundi.

Cheryl Misak, président de l’université de Toronto, a déclare que la « liberté des recherches est profondément ancrée dans notre institution » et que « le meilleur moyen pour les membres de la communauté (universitaire) de dénouer une controverse est de débattre des arguments et des conceptions qui les opposent. »

Peto, qui a fait partie d’une organisation qui avait occupé le consulat israélien à Toronto en 2009, attribue la controverse à des « individus et des organisations de la droite pro israélienne).

« Ce n’est pas la première fois que des organisations pro israéliennes me traînent dans la boue et ce ne sera certainement pas la dernière, » dit-elle.

Interrogée pour savoir si elle voulait maintenant modifier sa thèse, Peto a répondu : « J’aimerais pouvoir écrire une conclusion qui parlerait de cette controverse et montrerait à quel point elle s’inscrit parfaitement dans mon analyse sur les abus de l’antisémitisme pour calomnier ceux qui font entendre leurs critiques contre Israël. » Sa directrice de thèse, Shery Nestel, lui fait écho en déclarant que ceux qui critiquent Israël sur le campus se retrouvent dans un « climat de chasse aux sorcières. »

La Marche des Vivants cherche à renforcer les liens des jeunes Juifs avec Israël, déclare son directeur national Eli Rubinstein, mais aussi à leur apprendre à s’opposer à l’intolérance. Il qualifie la thèse « d’extrémiste » et affirme que « L’université et la directrice de thèse ont la responsabilité de demander à l’étudiant, «’Avez-vous essayé de voir de l’autre côté ? ’ »

Peto n’a interviewé aucun des participants aux programmes ni aucun de leurs dirigeants. Elle indique que les étudiants de master pratiquent rarement les « entretiens » à grande échelle.

Nate Leipciger, un survivant de l’holocauste de 82 ans qui a participé aux deux programmes dit avoir été « très affecté » par cette thèse. La survivante, et participante aux programmes, Anita Ekstein, 76 ans, la considère « extrêmement blessante. »

source

Cette loi s’applique-t-elle à Lille?


La question mérite en effet d’être posée et la mairesse de la ville devrait s’y intéresser. Car si Mme Martine Aubry  est très gentille de vouloir jumeler la ville de Lille avec celle de Safed dans l’entité sioniste, on ne peut que remarquer avec  Oumma.com, que Safed est une ville particulièrement raciste.
Un racisme encouragé par un de ses rabbins, Shmuel Eliyahu Or ce rabbin est lui-même un fonctionnaire municipal. Il paraîtrait que le ministre (sioniste) chargé des minorités a demandé son limogeage. On attend toujours…

Et justement en attendant, une cinquantaine de rabbins viennent de signer une déclaration selon laquelle vendre ou louer du terrain ou un logement à un non Juif est interdit aux termes de la loi religieuse juive (halacha). Et cette interdiction est valable non seulement dans le squat sioniste mais aussi dans les quartiers juifs à l’étranger. Cette interdiction est même citée en référence pour étayer la prise de position interdisant ces transactions en Palestine occupée.
Mme Aubry devrait donc vérifier si cette interdiction est effective à Lille ; à moins que cette ville n’ait pas de quartier juif..

50 rabbins fonctionnaires municipaux: ne louez pas d’appartements à des Arabes
Louer une terre à des non Juifs est blasphématoire, quiconque enfreint cette interdiction doit être ostracisé, affirment des rabbins.
par Kobi Nahshoni, Yediot Aharonot (Sionistan) 7 décembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des dizaines de rabbins fonctionnaires municipaux ont signé un manifeste ordonnant l’interdiction conformément à la loi halachique (religieuse) de vendre ou de louer de la terre ou des appartements à des non Juifs en Israël.
Le document, qui a reçu l’aval de plus de 50 rabbins du parti National Religieux et ultra orthodoxes qui travaillent pour des municipalités à travers Israël, doit être diffusé par la presse religieuse et par des tracts distribués dans des synagogues ce weekend.
Parmi les signataires, se trouvent les rabbins Dov Lior, Shlomo Aviner et Ya’akov Yosef. Ces rabbins sont en majorité des fonctionnaires qui travaillent pour des municipalités et des villes d’Israël comme Eilat, Ashdod, Herzliya, Jérusalem, Kfar Saba, Naharia et Holon.
Les signatures ont été réunies par un étudiant en religion de Netanya qui a choisi de s’adresser aux chefs rabbiniques municipaux suite au tollé entraîné par l’appel du rabbin de Safed à ne pas louer d’appartements dans la ville à des étudiants Arabes. Il s’est rapproché de fonctionnaires et non de directeurs d’écoles religieuses afin de mettre l’accent sur le fait que cette décision ne reflète pas une opinion politique mais plutôt une interdiction halachique classique.
La déclaration cite une série de passages halachiques traitant de cette question et observe que dans certains cas, des personnes qui louent des appartements à des non Juifs pouvaient être ostracisés.
« Les voisins et connaissances du vendeur ou du bailleur doivent d’abord l’avertir personnellement et ensuite ils sont autorisés à rendre l’affaire publique, à prendre leurs distances d’avec lui, à éviter les relations commerciales, etc., » lit-on dans la déclaration.
Les rabbins proposent plusieurs justifications pour cette interdiction, dont des craintes de mariages interreligieux et de blasphème. La déclaration ajoute que les vendeurs assument la responsabilité des conséquences matérielles et spirituelles de leurs actions.
‘Des vies en jeu’

Le document avertit ensuite que quiconque loue des appartements à des non Juifs cause un grand tort à des voisins car « leur mode de vie diffère de celui des Juifs. » Parmi les non Juifs, on peut aussi trouver des ennemis qui peuvent mettre en danger des vies de Juifs, expliquent les rabbins.

Leur déclaration suggère qu’il n’y a pas de différence entre une personne qui loue un appartement à un non Juif en Israël et une personne qui fait la même chose dans des quartiers juifs à l’étranger.
Les organisateurs n’ont pas encore obtenu la signature de grandes personnalités rabbiniques ultra orthodoxes mais ils ont inclus une déclaration faite il y a cinq ans par des personnalités de premier plan, les rabbins Chaïm Kanievsky, Nissim Karelitz, et Aharon Leib Shteinman qui avaient dit à l’époque que la terre ou les logements en Israël ne pouvaient pas être vendus à des Gentils.

Journée de soutien à ‘Belgium to Gaza’


Samedi 18 décembre
de 14 à 22h
au Centre International
Bd Lemonnier, 171 – 1000 Bruxelles
Journée de soutien à
‘Belgium to Gaza’
Depuis 2007, la population de Gaza vit sous le blocus imposé par I sra ël. Une punition collective contre une population civile. Une violation flagrante de la légalité internationale commise dans l’impunité totale. L’abandon de la communauté internationale et le silence complice de l’UE, mais également de la Belgique,a amené des citoyen(ne)s à s’engager pour briser le blocus et faire appliquer le droit international pour que justice soit rendue.
avec:
de 14 à 18h : stands d’infos et de soutien à la flotille pour Gaza
avec exposition de photos et possibilité pour les enfants de faire un dessin pour Gaza
de 18 à 20h :
– témoignages et débat sur la flotille pour Gaza
, avec:
Fatima El Mourabiti, participante à la flotille internationale attaquée violemment par l’armée israélienne le 31 mai 2010 faisant 9 morts
Joke Callewaert, avocate qui a déposé plainte au nom des 4 participantes à la flotille
– témoignages et débat sur le Tribunal Russel sur la Palestine, avec:
Hocine Ouazraf, juriste , collaborateur au Tribunal Russel sur la Palestine
Mario Franssen, porte-parole de la plate-forme « Palestine occupée – Dexia impliquée »
– la chanteuse Julie Jaroszewski viendra nous chanter « Beloved Comrade », un chant écrit en 1936 pour les brigades internationales 

20h:30 : couscous de solidarité

Michel Najjar, artiste-peintre palestinien, offre une peinture au profit du projet
Entrée : 10 €
6 € pour étudiants, chômeurs, pensionnés
En prévente (avant le 17 décembre) : 8 et 5 €

Entrée sans repas: 2 €

Réservations: vancauwenbergeluc@gmail.com

Infos 0486/257702

Organisé par le CIC, en collaboration avec le PTB

Israël selon la RTBF


A l’attention de Monsieur Guy Lemaire, journaliste
Cher Monsieur,

Si vous écoutez le video-reportage de Philippe Marsigny sur la RTBF,
consacré au tourisme en Israël et commenté par le journaliste Guy Lemaire,
vous apprendrez que le Golan, la Cisjordanie, la Bande de Gaza font partie d
’Israël et donc bien sûr aussi la Mer Morte !! … et que  Jérusalem
« unifiée » est la capitale souveraine du peuple juif. Absolument!

Nous savons qu’Israël n’a pas de frontières puisque son entreprise de
colonisation n’est pas terminée – mais de là à redessiner « sa » carte sur
des blogs  pour les besoins du tourisme – en rayant du même coup les
Palestiniens – même s’ils en ont l’habitude -, c’est franchement écœurant!

Est-ce de l’ignorance,  Monsieur Lemaire ? De l’inconscience ?  A moins que
vous êtes un des journalistes payés par le Ministère des Affaires étrangères
d’Israël, dirigé par le fasciste Lieberman,  qui mène « une vaste campagne de
propagande en Europe pour rehausser l’image du pays », passablement ternie!
Sous prétexte de présenter « les attraits touristiques » d’Israël, vous
collaborez à la propagande politique d’un pays raciste, qui pratique l’
apartheid et qui bafoue allègrement le Droit international depuis sa
création, en 1948.

Nous connaissons l’allégeance de la RTBF à Israël mais de là à se
compromettre dans un reportage où cet état voyou confisque d’autorité les
territoires revenant de droit aux Palestiniens et illégalement occupés, c’
est dépasser les bornes de l’acceptable.

Est-ce bien la peine de parler de la suite du reportage ? Après ça, vous
avez tout compris !

Sachez que vous ne verrez rien des réalités atroces vécues quotidiennement
par les Palestiniens et imposées par ce beau pays qu’est Israël depuis 1948.
Entre l’histoire mythologique et les villes israéliennes sorties du sable,
il ne s’est rien passé en Palestine, absolument rien, puisque les «
Palestiniens n’ont jamais existé » (Golda Meir).

Bien à vous,
MP

Cc : Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture et de l’Audiovisuel
Conseil d’administration RTBF, par courrier

A bord du beau vaisseau Cablegate


Israel Shamir – Counterpunch 

Assange dans les entrailles de l’Empire.

(JPG) 

Julian Assange

Notre Neo dans la vraie vie a recommencé ! Dans son nouvel épisode de Wiki-Matrix, l’intrépide Julian Assange attaque l’Empire tout en étant pourchassé par des généraux voraces du Pentagone, des agents secrets de la CIA et des féministes suédoises enragées.

Pardonnez-moi si ça a l’air d’une bande dessinée pour teenager, mais cette histoire a tellement de détours et de rebondissements que ça me fait tourner la tête. La dernière fois que j’ai ressenti ça, c’est quand j’ai commencé à publier des textes anti-sionistes, seul et traqué. Un jour un vénérable Hassidique s’est approché de moi ; je me suis instinctivement recroquevillé, m’attendant à une scène terrible. Au lieu de me condamner, il m’a submergé de bienveillance et au même moment un orchestre s’est mis à jouer une veille mélodie de noces dans la maison voisine. Cet ancien chant de bénédiction a eu pour effet de m’envoyer loin, très loin du culte de la force brutale des nationalistes modernes, tout là-bas, dans un lieu où les vieilles traditions avaient encore de la valeur et du sens. Ou bien est-ce que je devais cela aussi à Clark Kent (Identité secrète de Superman NdT) ?

La génération digitale préfère le Neo de Matrix à Superman, mais la dynamique est la même. En se baladant dans le vaisseau de Moebius , Neo tombe sur un groupe de gamins adorables, impétueux et pragmatiques qui se sont consacrés à la destruction de Matrix. Durs comme du fer et cependant très humains, ces jeunes gens jouissent des relations privilégiées d’une troupe d’élite en attendant le signal de l’attaque. Ils suivent leur leader simplement parce qu’il est le meilleur et le plus intelligent. J’ai ressenti le même esprit de corps lors d’une récente visite dans une des lieux d’hébergement ultra-secrets et ultra-protégés de Wikileaks quelque part en Europe. Tous ces pirates informatiques et ces journalistes étaient réunis pour se préparer à lancer une opération qui sera connue dans l’histoire par le nom de Cablegate ou peut-être Megaleaks.

Il y avait là Malena du Brésil, Joseph de Suède, Sara de Nouvelle Zélande, James de Grande Bretagne, et des quantités d’autres personnes pas moins importantes ni précieuses, toutes bien installées sur des matelas ou des sofas avec leurs ordinateurs portables sur les genoux et leurs regards droit au coeur de Matrix. Un quart de millions de dépêches secrètes et confidentielles de la diplomatie américaine attendaient, comme autant de guêpes digitales, d’être lâchées dans l’espace cybernétique. Elles attaqueront le tendre bas-ventre de l’Empire, les illusions flatteuses qu’il entretient sur lui-même et qui sont le ciment des armées impériales. Cela pourrait peut-être suffire à faire tourner la marée et nous rendre un peu de notre liberté qui va s’évaporant.

Les sordides petits messages jettent une lumière crue sur les stratégies douteuses de l’Empire Américain et sur sa manière de se procurer des renseignements, de donner des ordres, de circonvenir les politiciens et de déposséder les pays. Mais évitons de tomber dans un anti-américanisme confortable et sans nuances, en nous rappelant que ces révélations, qui sont parmi les plus importantes révélations de méfaits criminels dans l’histoire, n’ont été rendues possibles que par le courage et l’honnêteté d’Etasuniens prêts à risquer leur vie pour faire éclater la vérité.

La tension monte quand vous osez vous opposer au terrible pouvoir de Matrix. Ces cyber-guerriers jeunes et intelligents, acceptent de mettre leur vie en jeu pour nous. Vont-ils survivre à l’opération ou les clones malfaisants vont-ils les attaquer et les détruire ? Quoiqu’il en soit, l’enthousiasme est grand et le temps est propice à cette entreprise audacieuse : un magnifique ciel dégagé, un soleil éclatant et des étoiles scintillantes pour nous guider à travers les nuits sans sommeil. Quoiqu’il advienne je serai toujours reconnaissant d’avoir vécu cela, d’avoir bénéficié de la compagnie de ces charmants jeunes gens ainsi que de l’inspiration de leur leader charismatique. Il est impossible de ne pas admirer Julian Assange. Il est toujours aimable, calme, gentil et même doux ; comme le Tao, il guide sans guider, il dirige sans commander. Il n’élève jamais la voix ; il dit un mot et tout devient clair. Notre Neo est guidé par l’idéal de la transparence sociale. La lumière vive est la meilleure arme contre les conspirations.

A bord du vaisseau Megaleaks, je feuillette les derniers nouvelles du front. Les médias semblent développer trois thèmes principaux qui tous les trois ont pour centre notre courageux héro Julian Assange. Il y a le thème du « traître » (qui permet à un empire mondialiste de revêtir des couleurs patriotiques), le thème du « violeur » (dans lequel une amante délaissée se venge de notre héro qui ne lui a pas fourni de moyen contraceptif au moment critique) et enfin le thème du « complot sioniste » (qui bizarrement est en lien avec le thème du viol puisqu’une de ses accusatrices s’est enfuie en Israël). Comme dans toute campagne de désinformation qui se respecte il y en a pour tout le monde : Les conservateurs peuvent rejoindre la meute en enfourchant le thème du traître, les libéraux adorent le thème du viol, et les fous peuvent s’exciter sur un complot sioniste de plus. Faisons de notre mieux pour libérer le nom de « Sion » phagocyté par cet Etat d’Apartheid et ramenons-le chez lui : sur le beau vaisseau Megaleaks et sous les projecteurs de la vérité. C’est un trop beau nom pour le laisser aux sionistes.

Le contenu de Megaleaks

La collection complète comprend 251 288 documents qui vont de décembre 1966 au 28 février 2010 en provenance de 274 ambassades. Chacun de ces documents est soit un télégramme diplomatique secret qui a été envoyé aux USA, soit un communiqué des Secrétaire d’Etat à des bases étasuniennes. Ils révèlent les ordres qui sont donnés partout dans le monde, les renseignements que veut obtenir le gouvernement des USA et les informations à répercuter ; ce que les diplomates découvrent dans les endroits où ils travaillent, des notes détaillées de réunions avec des membres d’autres gouvernements et les opinions de celui qui envoie la dépêche sur ceux qu’il a rencontrés. Les 261 276 536 mots qui constituent ces dépêches rempliraient 3 000 livres si on les imprimait. Ces dépêches illustrent le réseau de tentacules de contrôle et de commandement que les USA ont déployé sur le monde entier.

Les analyses préliminaires font apparaître de bonnes et de mauvaises nouvelles. Les mauvaises nouvelles : Les USA sont insidieux. Les fichiers montrent que les USA ont infiltré quasiment tous les pays du globe, même des états supposément neutres comme la Suède et la Suisse. Les ambassades étasuniennes surveillent de près leurs hôtes. Ils ont infiltré les médias, le commerce des armes, le pétrole, les services secrets et ils intriguent pour placer leurs entreprises à la première place. Les dépêches montrent que les USA règnent déjà sur un empire global.

Et maintenant les bonnes nouvelles : Ils ne sont pas tout puissants. Les dépêches prouvent qu’ils rencontrent de la résistance à tous les niveaux. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour s’imposer mais ils n’y arrivent pas toujours. La Russie est relativement libre, et l’Iran et la Turquie aussi ; même les états européens les plus dociles ne se soumettent pas toujours servilement. Les dépêches confirment notre connaissance personnelle de la résistance de la base en Angleterre et aux USA ; des magazines comme Counterpunch sont des phares dans une mer de brouillard.

Les fichiers révèlent quelques cas d’ingérence flagrante. Beaucoup des plus récents ont un rapport avec l’Iran qui est devenu une obsession chez les dirigeants étasuniens. Par exemple, juste avant le discours du Président Ahmadinejad à l’Assemblée Générale de l’ONU, le Département d’Etat a ordonné aux européens de quitter la salle à un moment précis. Et en effet les pouvoirs européens ont obéi au coup de sifflet étasunien tout comme les satellites obéissants de l’Union Soviétique dansaient sur l’air que jouait Staline. Il n’y a qu’un pays qui n’a pas obéi aux ordres, la Suède. Son représentant terrifié avait laissé passer le moment crucial par inadvertance et il a envoyé de frénétiques signaux de détresse aux Etasuniens pour savoir ce qu’il devait faire.

Voyez le pauvre petit état du Tadjikistan qui n’a fait que changer de maître. Il a supposément « accédé à l’indépendance » en 1991 mais que s’est-il réellement passé ? Ils obéissent désormais aux ordres des USA comme ils obéissaient aux ordres des soviétiques. Une dépêche d’un ambassadeur dit brutalement : « Les USA ont demandé au président Rahmonov de renvoyer [le responsable de la drogue] Mirzoev et il l’a fait. » Qui sauvera les pauvre petit Tadjikistan des griffes de Matrix ? L’ambassadeur nous donne un élément de réponse : « Nous pensons que la Russie exerce une forte pression régulière sur le Tadjikistan pour réduire le rôle et la présence des USA et de l’Occident. Les pressions de Moscou commencent à avoir de l’effet. »

Ou voyez l’Azerbaïdjan, où l’influence étasunienne a diminué et le pouvoir d’Israël a augmenté dans une telle mesure qu’une dépêche de l’ambassade de Bakou compare les relations entre Israël et l’Azerbaïdjan à un iceberg dont on ne voit que les neuf dixièmes.

Il semble que le pouvoir des USA ait atteint son apogée dans les années 1990 et qu’il commence maintenant à décliner lentement. Megaleaks n’est pas tant la cause que le symptôme de son déclin. Avec un peu de chance les gens de bonne volonté de par le monde vont s’unir pour détériorer avec élégance la machine de domination étrangère. Le peuple étasunien a bénéficié encore moins que les autres de la violence et de l’ingérence des stratégies politiques mondialistes. Des personnages héroïques comme Julian Assange nous guide vers un honnête système de contrôle décentralisé et loin de ces réseaux de conspirations qui nous rappellent Matrix.

On peut joindre Israel Shamir à : adam@israelshamir.net

source

29 novembre 2010 – Counterpunch – Pour consulter l’original :
http://www.counterpunch.org/shamir1…
Traduction : D. Muselet

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