Israël recrute des « amis » en Europe


Le document n’a pas filtré par Wikileaks. C’est le Guardian de Londres qui se l’est procuré directement (28 novembre) : un câble transmis quelques jours avant par le ministère israélien des affaires étrangères à ses ambassades dans dix pays européens. Il contient l’ordre du ministre Avigdor Lieberman de trouver d’ici fin janvier environ 1000 personnes qui agiront en « amis d’Israël ». Elles devront être « recrutées parmi des journalistes, universitaires, étudiants et militants soit juifs soit chrétiens ». Elles seront informées par des fonctionnaires israéliens pour intervenir en faveur d’Israël par des articles, lettres et interventions dans des assemblées publiques. Elles devront non seulement recevoir des messages mais en faire une active promotion.

Par Manlio Dinucci manliodinucci@tin.it
 

Les principaux centres de cette campagne seront cinq capitales européennes : Londres, Paris, Berlin, Madrid et Rome. Là, « les ambassades israéliennes recevront des fonds pour recruter aussi des professionnels : sociétés spécialisées en relations publiques et lobbyistes ». Elles auront comme tâche de renforcer l’action des « amis d’Israël » en diffusant des messages politiques sur des arguments comme la position israélienne à l’égard des Palestiniens et la violation des droits de l’homme en Iran.

Le ministère des affaires étrangères suggère en outre aux ambassades en Europe d’organiser mensuellement des événements publics de haut niveau en faveur de la politique israélienne et d’inviter des personnages influents à visiter Israël. Lieberman lui-même rencontrera le mois prochain ses ambassadeurs dans les pays européens pour donner une impulsion à cette nouvelle « offensive dans les relations publiques ».

Interviewé par le Guardian à propos de ce document, un fonctionnaire israélien s’est refusé à commenter la découverte. Il a cependant déclaré : « Evidemment nous cherchons toujours de nouvelles façons d’améliorer nos communications, il n’y a rien d’étrange à cela ». Il a ainsi précisé qu’« il existe une préoccupation particulière sur la façon dont Israël est vu à l’étranger, en particulier dans certains pays d’Europe occidentale ».

Une nouvelle offensive de propagande du gouvernement israélien est donc en train de se préparer, focalisée dans les principales capitales européennes, parmi lesquelles Rome. Pourquoi en ce moment ? On se souviendra que, bien que la propagande soit une denrée quotidienne (pas seulement pour Israël), la dernière grande campagne israélienne fut lancée en décembre 2008 pour présenter l’opération « Plomb durci » contre Gaza comme une action défensive. Il n’est pas difficile de comprendre quel est l’objectif de cette nouvelle campagne : convaincre l’opinion publique italienne et européenne que non seulement Israël mais aussi les pays européens sont menacés par l’Iran. En préparant ainsi l’opinion à accepter comme inévitable une nouvelle guerre, encore plus catastrophique, au Moyen-Orient.

Il faudra nous en souvenir quand les « amis d’Israël », recrutés par Lieberman, commenceront leur offensive sur les journaux et dans les talk show.

Sur le même sujet, lire le communiqué d’Al-Manar : « « Israël » prépare une campagne de relations publiques en Europe« , ISM-France, 29.11.2010.

Emission « en voyage » de Guy Lemaire consacrée à Israël


http://www.rtbf.be/tv/emission/detail_en-voyage?id=593 (la bande annonce)
Lettre de Marianne  Blume qui dit:

Voici la lettre que j’ai écrite après avoir visionné le reportage.
Tout n’y est pas mais je me suis attachée à suivre les étapes de son
émission.La carte est ignoble. Si le texte vous
semble virulent, sachez que je l’ai autocensuré.

Cher Monsieur,

Que vous aimiez Israël, personne ne vous en fera grief. Que vous
adoptiez une carte, reprise deux fois, où le Golan, la Cisjordanie et
la Bande de Gaza sont partie intégrante d’Israël me semble beaucoup
plus suspect. Vous évitez Bethléem avec son checkpoint mais Bethléem
est, selon votre carte, en Israël. Bizarre pour le moins. N’est-ce pas
une des villes saintes pour le christianisme? Vous ne parlez pas de
territoires occupés, encore un fois bizarre: les médias les plus
populaires le disent.
Mais ce n’est pas tout. Jérusalem. Quelle belle ville, n’est-ce pas?
Vous commencez au mur des lamentations et je ne vous en tiendrai pas
rigueur puisque c’est une image d’Epinal. Par contre, raconter
tranquillement qu’il s’agit du mur du palais d’Hérode et reprendre
sans vergogne la maquette de ce temple me semble parfaitement
a-historique. Mais peut-être ne savez-vous pas que les archéologues
n’ont rien trouvé qui renforce cette affirmation. Il suffisait sans
doute de dire que c’était ce que pensaient les juifs croyants et cela
aurait donné un brin d’objectivité.

Vous allez ensuite à Yad Vashem. Et vous avez raison. personne ne peut
oublier. Cela vous aurait-il écorcher les lèvres de dire qu’en face se
trouve Deir yassin, un Oradour sur Glane palestinien perpétré par les
milices juives. Mais là, je vais sans doute un peu loin: vous ne
connaissez pas vraiment le terrain ni son histoire. C’est une excuse
que je vous donne et j’espère avoir raison.

Puis, dans votre reportage, c’est Massada et la mer morte. Une autre
image d’Epinal. Un must donc. Sauf que vous répétez gentiment ce qu’on
vous a dit. Je suis philologue classique et j’ai lu Flavius Josèphe.
Lisez et vous y apprendrez que les zélotes réfugiés là étaient des
brigands qui avaient tué d’autres juifs, dont ils étaient mal vus. On
n’aborde pas des problèmes historiques par des on-dits, surtout quand
ils viennent de ceux qui veulent justifier leur mythologie. Mais bon,
là encore, vous ne pouvez pas tout savoir. Et de deux excuses. je vous
conseille pourtant de voir le film d’un Israélien, Avi Moghrabi, pour
que vous compreniez la signification actuelle de Massada. j’espère que
vous le ferez.

Pauvre Mer Morte qui disparaît progressivement vu, selon vos dires,
« l’irrigation excessive ». Par qui? Vous l’êtes-vous demandé? Peut-être
que vous auriez appris que c’est du fait des israéliens et notamment
des colons. J’admets sans mal que cela aurait gâché la belle image que
vous vous attachez à donner d’Israël. Mais vous êtes journaliste et
donc je croyais (un peu naïvement?) que vous vous informiez sur les
réalités actuelles à défaut de connaître l’histoire. Là, il n’y a pas
d’excuse.

On passe ensuite à la fascinante Tel Aviv. Fascinante en effet,
surtout par sa sécularité, contrairement à Jérusalem. Elle a été crée,
toujours selon votre commentaire par des familles juives parties de
Jaffa. Oui, elle est fondée sur des terres de villages palestiniens
dont Sheikh Muwannis (université de Tel-Aviv), Jammusin, salame,
Summeil… Aucune mention de votre part. Un ville née du sable, grâce
à quelques familles juives, c’est plus beau, c’est sûr. Et les plages,
comme elles sont belles, n’est-ce pas? Et on n’y est si tolérant qu’on
peut y venir avec son arme. A quand la même tolérance à Knokke ou
Ostende?

Vous terminez sur Jaffa, que j’aime. Une ville ancienne. Une ville et
un port jadis important. Une ville israélienne? L’architecture aurait
dû vous mettre la puce à l’oreille si vous ne saviez pas que c’était
une ville palestinienne, vidée de ses habitants. En fait, il en reste
mais ils n’apparaissent pas dans votre beau reportage. C’est vrai que
l’Etat israélien fait tout pour les évacuer, les mettre dans un ghetto
appauvri. Vous ne savez pas que ces habitants palestiniens originaires
de la ville n’ont pas le droit de récupérer leurs maisons et pas le
droit de rénover ou agrandir celles qu’ils habitent encore? Les noms
des rues sont pittoresques, les noms des signes du zodiaque. Et
pourquoi croyez-vous? Les rues portaient des noms arabes mais faire
disparaître cette réalité fait partie de l’effort israélien d’occulter
la réalité palestinienne.

Cher Monsieur, ou vous êtes un ignorant ou vous êtes un propagandiste.
Dans l’un et l’autre cas, cela fait de vous un mauvais journaliste.
Vous objecterez sans aucun doute que vous faisiez un reportage
touristique et que vous ne pouviez pas tout dire. On pourrait
l’admettre si vous n’aviez de manière honteuse repris un carte
d’Israël qui n’est que propagande.

Bien à vous,

Marianne Blume

Au bord de la Fitna Salon Littéraire Arabe de Bruxelles


Centre Culturel Arabe – Arabisch Cultureel Centrum
Institut Européen de la Culture Arabe
Europees Instituut voor de Arabische Cultuur

2 rue de l’Alliance, 1210 Bruxelles – Verbondsstraat 2, 1210 Brussel
Tél. 02 218 64 74 e-mail: culture-arabe@skynet.be


9 – 10 – 11 décembre 2010

De vijfde editie van het Arabisch Literair salon (Op de rand van Fitna) zal plaatsvinden op 9, 10 en 11 december 2010.
Hierbij het programma:

Programme

Jeudi 9 décembre – Donderdag 9 december
18.00:Ouverture et accueil – Opening en onthaal

18.20 à 18.50 : Discours d’accueil et d’ouverture du salon – Inleiding

18.50 à 19.20: Réception – Receptie

19.20 à 20.25: Théâtre, “Fais voir tes jambes Merryl Streep ou l’incompatibilité des êtres” – Theater (pour les détails voir infra)

20.25 à 21.00: Pause – Pauze

21.00 à 22.00: Récital poétique (voix de femmes) – Poëzievoordracht (vrouwenstemmen)

Vendredi 10 décembre
18.30 à 19.30 : Rencontres avec Najwa Barakat (Le goût d’écrire) et Burhan al Khatib (Roman arabe aujourd’hui) – Ontmoeting met Najwa Barakat en Burhan al Khatib
19.30 à 20.30: Pause (dîner – 10euro, couscous algérien) – Pauze (diner- 10euro)

20.30 à 21.30: Récital poétique avec les invités – poëzievoordracht

21.30 à 22.15: Musique et poésie avec Les Mésopotamiens – muziek en poëzie met De Mesopotamiërs (pour les détails voir infra)


Samedi 11 décembre

18.30 à 19.45: Débat (Femmes et Fitna dans la création arabe contemporaine) – Debat (Vrouwen en Fitna)
19.45 à 20.45: Pause (dîner – 10euro, dolma irakien) – Pauze (diner – 10euro)

20.45 à 22.00: Lectures – Lezingen

Activité en collaboration avec l’association Moussem
A 22.30, le samedi 11 décembre, l’association Moussem et le Centre Culturel Arabe présentent: Bayt al-Qassid, le poète syrien Lukman Derky invite des poètes arabes et bruxellois à lire de la poésie dans un café bruxellois.

Le café : The Butterfly place Surlet de Chokier, 5.1000 Bruxelles.
tel: 02/512 58 96. 10 mètres de la place Madou.

Parmi les invités de cette 5ème édition – Onder de genodigden:
Bissan Abou Khaled (Palestine), Dalia Taha (Palestine), Najwa Barakat (Liban), Abdeljabar Khoumrane (Maroc), KALIAM (Malika Benzid) (Algérie), Manhal Alsarraj (Syrie), Mina Oualdlhadj (Maroc), Hamid Aliqabi (Irak), Fatima Makhfi (Maroc), Samira Al-Mana (Irak), Hanane Derkaoui (Maroc), Zineb Laouedj (Algérie), Wafa Elbueise (Lybie), Burhan al khatib (Irak), Lukman Derky (Syrie).

Directeur du Salon: Taha Adnan

Pour les repas, réservation souhaitée.

Pour tous renseignements supplémentaires, n’hésitez pas à nous contacter au 02/218 64 74

Parmi les activité du Salon Littéraire Arabe

« Fais voir tes jambes Meryl Streep, ou l’incompatibilité des êtres »
Théâtre

De Rachid  El-Daif
Mis en scène par Rahim Elasri

Une pièce où se rencontrent et se confrontent l’héritage et la modernité d’un monde arabe en perte de repère et où s’expriment les conflits des sexes et des générations. 

 

Dans l’univers de Rachid El-Daif, le lit de l’union amoureuse se transforme en ring de combat. C’est un lieu de conflit où se confrontent tradition et modernité, ce qui persiste et ce qui résiste. Ce terrain de l’intime qu’il scrute avec un regard cru et d’où transparaissent tous les problèmes sociaux et moraux dérivés de la sexualité: la virginité, l’inceste, l’impuissance, l’infidélité, etc. Dans cette pièce, trois histoires de couple se déroulent en parallèle, se croisent, s’entrechoquent. trois femmes qui aspirent à une modernité libératrice et un homme qui résiste à ce changement.

Tous les tabous et les non-dits d’un monde arabe égaré dans ses identités. Rahim Elasri convie ses comédiens à élargir le fameux « ici maintenant » du théâtre vers un ici autrefois, un ailleurs maintenant et un autrefois ailleurs.

Avec Patricia Barakat, Gregory Carnoli, Ingrid Heiderscheidt, Nathalie Mellinger.

le jeudi 9 décembre 2010 à 19.20

L’Étincelle
Des poèmes et des sons

Un choix d’extraits des oeuvres des participants au Salon, et nos musiciens!
La parole n’illustre pas la musique; la musique n’illustre pas la parole: elles se rencontrent. Reprendre souffle dans l’oxygène de la tradition et, dans le même temps inventer, proclamer les dits de notre temps. La musique a toujours fait partie du patrimoine poétique arabe. Longtemps, la poésie européenne en restera marquée: « poète prends ton luth… ».
Il s’agit donc d’une tentative de dialogue entre l’image écrite et le son instrumental.
Dans une société où la perception visuelle est saturée, une diète auditive est une bienfaisance.
Versifiée ou en prose, un bain de poésie.

le vendredi 10 décembre 2010 à 21.30

Urgent, Cherche participants pour intervention théâtrale de rue


Ci-dessous vous touverez un appel à participer à une intervention théâtrale de rue, diffuser par Ruben.

Vous avez vu le film « illégal » ? ce film vous a retourné les trippes ? Si vous n’étiez déjà engagés dans la cause, il vous a donner envie de vous impliquer un peu plus dans la défense des personnes dîtes illégales ? Et bien, si vous êtes disponible, le moment est venu de passer à l’action d’une manière ludique et non violente. En raison de motifs professionnels, je ne pourrais, pour ma part, être présente à cette intervention théâtrale, mais je serais de tout coeur avec vous !

Aurélia,

Bonjour,

Je cherche, de manière urgente, un(e) ou plusieur(e)s francophones qui souhaiteraient participer à une petite intervention théâtrale de rue ce lundi 13 décembre en matinée. Une personne qui avait accepté, vient malheureusement de se désister.

Cette intervention théâtrale, initiée par un Collectif de personnes sans papiers, vise à sensibiliser et à obtenir l’autorisation de travailler, lorsqu’après une période de plus de six mois, elles n’ont toujours pas obtenu de réponse à leur demande de régularisation.

Durant l’attente d’une réponse, cette autorisation, leurs permettrait de vivre de manière plus digne. Par ailleurs, et suite à une régularisation, cette autorisation leurs permettrait une insertion plus rapide dans le monde du travail.

L’idée de l’intervention théâtrale de ce lundi 13, est la création d’un nouveau bureau de recrutement. Les demandeurs d’emplois en demande de régularisation répondent à toutes les conditions des employeurs, sauf UNE !

Intéressé(e)s à nous donner un coup de main, à participer, à assister à la représentation ?

Contacter moi au plus vite au 0498/11.35.34 ou par mail.

En présence de la metteur en scène, nous répéterons à plusieurs reprises, la semaine prochaine.

Bienvenue à toutes et tous !

Ruben Vandevyvere

0498/11.35.34

Alors que le feu dévore toujours plus de terres à Haïfa, des extrémistes incendient un cimetière islamique


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Photo Arabs48 


4 décembre 2010 – Saed Bannoura – Imemc et agences  

La Fondation Al Aqsa a informé Maan News Agency qu’un groupe d’extrémistes juifs, profitant des incendies survenus jeudi dans la région et qui continuent à se propager, avaient incendié le cimetière Al Qassam à Haïfa.

Selon la Fondation, il y a eu deux tentatives pour mettre le feu au cimetière où se trouve notamment la tombe de Izz ad-Din al-Qassam, nationaliste syrien venu en Palestine en 1922 et qui a vécu à Al Yajour, village de Haïfa. Il a été tué par les forces britanniques en Palestine dans les années trente. Il est considéré comme un symbole de la résistance contre l’occupation en Palestine et dans le monde arabe. Il en venu en Palestine en février 1922 et a habité Al Yajour, à Haïfa. Il est connu comme prédicateur et chef spirituel islamique. Il a dirigé aussi l’Association des jeunes musulmans à Haïfa.

La Fondation Al Aqsa a confirmé que les deux tentatives pour incendier le cimetière Al Qassam ont été conduites par des extrémistes, et que les pompiers israéliens avaient réussi à circonscrire le feu. Il y a eu plusieurs tentatives pour raser et incendier le cimetière depuis que la Palestine est tombée sous le joug de l’occupation israélienne, mais les Arabes et les musulmans l’ont reconstruit et l’ont clôturé.

Une porte-parole de la police israélienne a nié l’information et a dit à Maan News Agency qu’aucun incendie ne s’était déclaré au cimetière.

Elle indique que les feux dans le secteur ont consumé 34 000 dunums (3400 ha) de terres et que selon les premières informations, il s’agirait d’incendies criminels.
Jusqu’à présent, 42 personnes ont péri dans les flammes et 17 sont blessées, trois d’entre elles, dont la chef de la police de Haïfa, étant dans un état critique.

Le quotidien israélien Ha’aretz indique que près d’une douzaine d’incendies ont éclaté à travers la Galilée, dans le nord du pays, tandis que des feux sauvages continuent de ravager toujours plus de terre sur le Carmel. Selon Ha’aretz, pour la police les nouveaux feux sont des feux volontaires. Le quotidien ajoute que le commissaire de police, David Cohen, a chargé les chefs de la police de se préparer à lutter contre les feux délibérément allumés. Ces soupçons sont étayés par la découverte par la police et les enquêteurs de deux bicyclettes et d’un sac contenant une perruque.

La police a arrêté, puis relâché, deux résidents druzes de Daliat Al Carmel ; elle les a libérés plus tard après que l’enquête ait révélé qu’ils n’avaient rien à voir avec l’incendie. Un certain nombre d’enquêteurs israéliens ont déclaré que selon eux, le feu avait été provoqué par négligence.

En outre, Ha’aretz dit que le feu le plus important avait éclaté vendredi aux environs de midi, dans la zone industrielle de Tsur Shalom, dans la banlieue de Haïfa. La densité massive de fumée avait obligé la police à fermer complètement une portion de la route 4 qui relie Acre au centre du pays.

Plus tard, des broussailles se sont embrasées à Ma’alot Tarshiha et à Kiryat Tivon, tandis que d’autres petits feux apparaissaient à l’est de la ville de Shfa Amr Arab et du quartier Neve Yosef, à Haïfa. Vendredi, vers 17 h, un nouveau feu de broussailles a démarré près de Moshav, du côté du mont Carmel. Vers 18 h, deux autres feux de broussailles commençaient dans la région de Nazareth. Les soupçons portent sur des incendies délibérés. Vers 20 h, ce vendredi, un autre feu était signalé près de la zone de Tel-Al, dans l’ouest de la Galilée, et un autre encore dans la zone industrielle de la ville de Nesher, près de Haïfa.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que les individus responsables des feux ne s’attendaient pas à un résultat de cette envergure, et il a appelé à une enquête immédiate.

Le ministre de l’Intérieur, Elie Yishai, a également demandé une enquête sur l’incident, et déclaré qu’il avait prévenu, à maintes reprises, dans le passé que les capacités d’Israël pour lutter contre le feu étaient les plus mauvaises du monde, et qu’Israël n’était pas équipé pour faire face aux situations urgentes.
Plusieurs pays ont envoyé des équipements et des équipes de secours en Israël après que Netanyahu ait exhorté la communauté internationale à aider Israël à lutter contre cette catastrophe. Des avions et des hélicoptères envoyés par la Grèce, Chypre et la Grande-Bretagne se sont posés en Israël vendredi et ont rejoint les avions bombardiers d’eau israéliens.

Jeudi, la Bulgarie a envoyé 90 pompiers qui ont rejoint leurs collègues israéliens, tandis que la municipalité de New York faisait parvenir du matériel spécialisé pour la lutte contre le feu. Également, la Jordanie et la France ont fait don de matériels et d’équipements similaires, pendant que le Croissant-Rouge de Turquie fournissait 10 000 tentes pour abriter les habitants qui avaient dû évacuer leurs villes.

Les équipes de secours locales et internationales tentent toujours actuellement de circonscrire les incendies qui font rage dans le nord, et au dernier bilan, on compterait 41 morts et des dizaines de blessés. Au moins 12 000 habitants ont été évacués des zones proches des feux.
RAshif Lev, porte-parole du département des pompiers d’Israël, dit que pour la première fois depuis le début des incendies, un signe d’espoir est apparu dans le Carmel après que les flammes dans deux grands secteurs, Nir Etzion et le nord-est du kibboutz Been Oren, aient été maîtrisées ; mais d’ajouter qu’il faudrait plus de temps pour les éteindre complètement.

 

Traduction JPP

Serge Grossvak : J’ose vous écrire


Serge Grossvak

A l’adresse de :
FNDIRP, 10 rue Leroux 75116 Paris.
Union des Déportés d’Auschwitz, 39 bd Beaumarchais 75003 Paris.
Mémorial de Drancy, M. R. Chemouni, 13 rue Arthur Fontaine Cité de la Muette 93 Drancy.

Mesdames, Messieurs,

Vous avez marqué mon enfance, mais je n’aurais jamais pensé vous écrire. Vous avez empli ma jeunesse comme un antidote à l’ombre angoissante des camps de la mort posée sur ma famille juive. Et j’ai entendu votre serment de « ne jamais laisser renaître la bête immonde », « plus jamais ça ».
Aujourd’hui, bien des années plus tard, sans doute aspirez vous à la sérénité. Mais je suis au désespoir tant j’ai le sentiment d’assister à une descente toujours plus bas vers l’odieux, vers ces portes de l’immonde. J’ose vous écrire pour que votre clameur jette un stop, réveille les consciences.
C’est pour un des vôtres, un des nôtres, que m’est venu le sentiment que je devais absolument faire appel à vous. C’est pour Stéphane Hessel. Comment aurait on pu imaginer que cet homme, rescapé de Buchenwald, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, cet homme des vôtres et de sagesse est aujourd’hui menacé. Menacé en justice ! Menacé « de lui casser la tête » ! Pas par un vulgaire paumé entre deux vapeurs d’alcool, non, par des notables, par des intellectuels, par des avocats ! Par leur qualité, les auteurs de ces bassesses donnent à voir jusqu’où se sont enfoncées les nauséeuses idées.
Stéphane Hessel antisémite ! Il ne faisait, comme moi, qu’appeler à l’action, au boycott pour dénoncer une politique que nous jugeons criminelle. Derrière cet homme, ce sont 80 procès, qui déjà, menacent. Des procès pour faire taire, pour interdire de dénoncer le crime qui se perpétue au Moyen Orient. Des procès totalitaires pour réduire au silence.
Ce silence, ne l’ont-ils pas déjà en partie obtenu par la lâche démission du monde qui renonce à son devoir de justice. Il y a deux ans, 1 gazaoui sur 1000 mourrait sous les bombes, 5 sur 1000 étaient blessés et ne pouvaient pas même bénéficier d’hôpitaux équipés parce que sous embargo. Les enquêtes internationales, officielles, ont révélé des « crimes de guerre, voir contre l’humanité » et pas même un tribunal pour donner suite. Des enquêtes qui révèlent un blocus générant faim, maltraitance avec risques humanitaires… et un lourd silence pour toute suite.
Comment pourrais-je ne pas penser aux évocations par mes parents de ces ghettos en Pologne où régnait la faim, à leur reproche du silence et du manque de solidarité du peuple polonais ?
Je sens s’étendre une volonté et une pratique de négation d’un peuple. Je sens s’étendre une politique de racialisation d’un état et de confiscation des biens terrestres d’un peuple. Je vois accéder aux plus hautes marches du pouvoir un homme appelant à la bombe atomique. Je vois la bête immonde étendre son ombre et menacer la planète d’effacer ses constructions pour faire reculer la guerre par le droit.
Nous avons besoin de l’autorité de votre voix. Nous avons besoin que vous nous offriez un « ça suffit » pour que les sauvages qui menacent Stéphane Hessel soient dévoilés et empêchés de détruire, d’opprimer. Une révolte des consciences est nécessaire. J’ai appris avec bonheur qu’en Israël les députés de la Knesset passent chaque jour devant un mur réalisé par un artiste qui a décidé ce mois ci d’exprimer sa révolte et de se joindre à l’appel au boycott. Ces actes courageux se démultiplient, ils méritent le soutien de vos voix. Nous avons besoin de vos consciences et de votre promesse pour défendre la justice, la paix, la dignité humaine. Nous avons besoin de vos voix pour que prenne conscience une humanité que la radicalisation en cours porte en elle un chemin vers « la bête immonde ».
Le mot de solidarité que vous aurez pour celui des vôtres qu’est Stéphane Hessel sera porteur d’avenir et de message de paix, parce que de justice et de respect.

Avec l’immense remerciement d’un fils d’interné, juif, angoissé de voir comme l’oubli peut vite venir et la facilité pour que la barbarie renaisse.

Veuillez recevoir tout mon respect.

Serge Grossvak
Groslay, le 07 novembre 2010

 

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