Tunisie : les violences se rapprochent de Tunis la capitale


Des pneus brûlent dans une rue de Rgeb, là ou a eu lieu la procession funéraire des personnes tuées lors des affrontements avec la police, le 10 janvier 2011.

Des pneus brûlent dans une rue de Rgeb, là ou a eu lieu la procession funéraire des personnes tuées lors des affrontements avec la police, le 10 janvier 2011.

REUTERS/Stringer
Par RFI

En Tunisie, le bilan officiel des émeutes continue de monter : 21 morts selon les autorités, une cinquantaine selon un syndicaliste, Sadok Mahmoud. Mais ce qui est sûr, c’est que 24 heures après le discours du président Ben Ali les choses ne semblent pas s’apaiser dans le pays. Les affrontements s’étendent et ont atteint pour la première fois une banlieue de Tunis, la capitale.

C’est à la tombée de la nuit que les heurts ont commencé. Selon des témoins joints par l’AFP des groupes de jeunes auraient brûlé un bus et se seraient attaqué à des commerces, ainsi qu’à une banque. La police, elle, a utilisé des gaz lacrymogènes et des tirs de semonces.Ettadamoun, située à 15 km de Tunis, est une banlieue populaire. C’est la première fois que des accrochages violents ont lieu si près de la capitale. Tunis jusqu’ici avait été relativement épargnée par les émeutes. Mais il est vrai que le 11 janvier toute la journée l’ambiance était électrique. Le centre-ville était quadrillé par la police, notamment après, un appel à manifester lancé sur internet.

Richard Sedillot, vice-président de la Commission liberté et droit de l’homme du Conseil national du barreau
12/01/2011
par Caroline Paré

Tout l’après-midi, la police a donc systématiquement dispersé et empêché tout regroupement : celui d’artistes notamment qui ont voulu se rassembler devant le théâtre national, ou le sit-in du syndicat des journalistes. Une centaine d’entre eux voulaient protester contre la violence des forces de l’ordre, ils se sont retrouvés encerclés par la police toute la journée.Mais malgré ce bouclage du centre-ville, les heurts dans la banlieue de Tunis, montrent une fois encore que la contestation n’est pas terminée. Et que la répression et les promesses du président Ben Ali n’ont pas suffi à faire taire, pour le moment, la colère des Tunisiens. Est-ce la raison pour laquelle le porte-parole a donné une conférence de presse mardi soir ? Sur un ton moins agressif que le président Ben Ali, celui-ci a promis que les manifestations pacifiques étaient toujours autorisées.

Réactions modérées à l’étranger

Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen
12/01/2011
par Constance de Bonnaventure

Les Etats-Unis s’inquiètent d’un usage excessif de la force en Tunisie : déclaration d’un porte-parole du département d’Etat. L’Union européenne est sortie mardi de son silence. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a appelé « à la retenue dans le recours à la force et au respect des libertés fondamentales » et a réclamé «la libération immédiate des bloggeurs, journalistes, avocats et autres personnes détenues ». En Grande-Bretagne, on appelle à résoudre la situation pacifiquement.Et fait marquant, depuis le début de la crise, la France, -l’ancienne puissance coloniale-, a réagi très modérément. Réaction qui s’explique par les liens entre les deux pays, mais que dénoncent les associations de défense des droits de l’homme. La chef de la diplomatie française Michèle Alliot- Marie a déclaré que la France ne peut que déplorer les violences, en  que « notre premier message doit être celui de l’amitié » entre les peuples français et tunisien.

De son côté, le ministre français de l’Agriculture  a estimé mardi, à propos de la situation en Tunisie, qu’« avant de juger un gouvernement étranger » mieux valait « bien connaître la situation ». Bruno le Maire a défendu le président tunisien, estimant que Zine el Abbedine Ben Ali est « souvent mal jugé », et qu’il avait « fait beaucoup de choses ». Malgré l’aggravation du bilan des émeutes, le gouvernement français maintient une ligne – disons, de modération et appelle à l’apaisement.

 

Bernard Valero, porte-parole du Quai d’Orsay

Ce qui nous importe, c’est que les choses s’apaisent très vite.

 

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Incendies embrase les critiques français


UN FILM A VOIR ABSOLUMENT

Raphaël Gendron-Martin
11-01-2011 | 19h27
 

Denis Villeneuve

Après avoir récolté plusieurs prix dans des festivals internationaux, le film québécois Incendies continue de tout brûler sur son passage, la majorité des critiques français ayant été très favorables à l’oeuvre de Denis Villeneuve, adaptation de la pièce de Wajdi Mouawad.

Le film, qui prend officiellement l’affiche mercredi en France, a déjà reçu plusieurs critiques élogieuses dans les grands journaux de l’Hexagone.

Le Point parle d’un premier choc cinématographique, «le premier film coup de poing de l’année.» Le critique François-Guillaume Lorrain écrit que le long métrage est sidérant et soufflant. «La révélation, suffocante, tutoie la tragédie, rejoint le mythe le plus pur.»

«Denis Villeneuve réussit à traduire en images fortes et incisives cet univers théâtral très dialogué de Mouawad, sans tomber dans les stéréotypes ou la caricature, écrit Jean-Luc Bertet dans Le Journal du Dimanche. Entre soleil jordanien et pluie canadienne, il a filmé une tragédie âpre, intense en émotions, sur un rythme qui ne laisse aucun répit.»

Alors que le Télé 7 Jours parle d’Incendies comme d’«un drame familial fort, puissant et bouleversant», L’Express affirme qu’il s’agit «de la première grande claque de 2011, dont on gardera sans doute la marque toute l’année».

Le critique Christophe Carrière écrit que le dénouement final rend le spectateur assommé et bouleversé. «Deux heures de cinéma humble et fort à la fois. […] Un film spectaculaire.»

Pamela Messi, de la revue Première, encense elle aussi le long métrage québécois, en parlant d’un «récit dense et fragmenté qui repose sur un équilibre complexe tenu de bout en bout par des acteurs très justes, malgré quelques scènes trop écrites.»

Le journal Libération écrit que «si on veut toucher à l’horreur pure du conflit libanais entre 1975 et 1990, il est plus qu’urgent de se ruer sur ce film canadien.»

Parmi toutes les critiques publiées cette semaine, il n’y en a que deux qui semblent émettre quelques réserves. Isabelle Zribi, des Cahiers du Cinéma, écrit qu’elle regrette que «le film n’ait pas davantage joué sur les zones d’ombre au lieu d’écraser le récit sous le flot d’une lumière dénuée de mystère et d’intensité, assurément bien loin de celle du feu.»

De son côté, Thierry Cheze, de Studio Ciné Live, écrit que bien que l’intrigue, qui mêle l’intime et l’histoire du Moyen-Orient, soit intacte, «la réalisation se noie dans des effets inutiles et surligne tout au lieu de s’effacer. Quand la forme nuit au fond…»

SOURCE

 

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