Soirée de soutien le 16 avril


Samedi 16 avril, le cercle Victor Hugo organise une

soirée de soutien.

 

Les bénéfices de la soirée seront versés :

Repas halal : soutien Ali Aarrass 

Desserts : soutien au CRI (Collectif Réflèxion Indigène)

paf : au cercle Victor Hugo (himself)

 

de 18h à …3h

38, Rue Melsens 

1000 Bruxelles (Place Sainte Catherine)


PAF : prévente 5€ (réservations/tiquets : levictorhugo@live.fr)

Guichet : 7,5€
Artistes :
– Hydra,
– Mc Youns
– Hanane
– Barry
– Youri Rap Guinéen
– Zaak Tanjawi
– Code Rouge
– Miliani
– Bambiiino
– Ibn Mohamed
– Le Regiment
– et le Super Mega DJ SOULTAN
Présenté et Animé par HOME PRODUCTION !
Ambiance :

Scène libre

 

World Zik

Dj’s (surprise)
Slam + Street Rap (LJS, les jeunes slamers)

 

Présentation de diverses Organisations (Militants) +

Témoignages



Possibilité de venir présenter votre Organisation, Cercle, Mouvement …
et/ou récolter des fonds pour votre assoc. (vente pin’s, bics, affiches-photos, keffieh, …)

Awatif


Paix

Égypte. «La révolution ? Quelle révolution ?»


Deux mois et demi après le début de la «révolution» égyptienne, l’armée a repris le pays en main. Interpellations, tortures et jugements expéditifs d’opposants se multiplient.

Sur le grand drapeau égyptien qu’il agite tous les soirs sur le grand rond-point de la place Tahrir, symbole de la «révolution du 25 janvier», Amin, 32ans, a inscrit ces quelques mots: «Le combat continue». Comme lui, ils sont une centaine à venir crier que la révolution n’est «pas terminée». Révolution? Le mot arrache sourires ou soupirs. «Une révolution, ça fout en l’air un système. En Égypte, le régime est toujours là. Rien n’a changé», tranche Rabha Attaf, journaliste franco-algérienne rencontrée au Caire.

5.000 interpellations

Pour cette spécialiste du monde arabo-musulman, «la véritable épreuve de force commence maintenant». «C’est le retour de la terreur», estime-t-elle, pointant du doigt «la multiplication des disparitions d’opposants» dans le pays. Et quand ils ne disparaissent pas, ils sont arrêtés, souvent torturés, et jugés de manière expéditive par des tribunaux militaires. Plusieurs sources avancent le chiffre de 5.000 interpellations (*) depuis la révolte de février. Le 9mars dernier, au lendemain d’une manifestation qui aurait rassemblé près de 500.000 personnes, la place Tahrir a de nouveau été évacuée de manière violente par une centaine d’hommes en civil. L’armée a arrêté près de 200 manifestants. Parmi eux, dix-huit femmes qui demandaient à être plus représentées dans les instances qui préparent l’avenir de l’Égypte. «Pour les faire passer pour des prostituées, l’armée leur a fait subir des tests de virginité, assure une autre journaliste. C’est la pire des insultes pour une femme et une famille. Il n’y avait pas meilleur moyen pour intimider et dissuader…».

Gangs armés

La terreur prend aussi d’autres formes. «On assiste à une montée impressionnante de l’insécurité, témoigne, auCaire, Marc Lavergne, directeur du Centre d’études et de documentations économiques, juridiques et sociales (CEDEJ), une structure financée par l’État français. Avant, LeCaire (20millions d’habitants) était probablement l’une des métropoles les plus sûres au monde. Aujourd’hui, on constate que des petits groupes armés font irruption dans les quartiers et pillent les habitants. Sur les routes, des voitures sont arrêtées et volées. Les enlèvements contre rançon se multiplient aussi, égrène-t-il. Du coup, les gens n’aspirent qu’à une chose: que le calme et l’ordre reviennent». Et l’ordre, c’est l’armée. «L’économie, c’est l’armée. La corruption, c’est l’armée. Tout nous ramène à l’armée. C’est elle qui contrôle tout», martèle Rabha Attaf. Au sein de la population, les militaires jouissent pourtant d’une très bonne cote. «Ils ont fait le coup du gentil (l’armée) et du méchant (la police), analyse la journaliste. Mais les gens commencent à comprendre…». Une dizaine de candidats a déjà émergé pour les futures élections présidentielles. Pour Rabha Attaf, «tout est pratiquement joué d’avance». «Ici, pas besoin de bourrer les urnes. On bourre les têtes», commente-t-elle, évoquant les quelque 40% d’analphabètes que compte le pays. Amin, lui, a un diplôme d’informaticien. Il n’a pas de boulot, mais ses convictions sont inébranlables. «Les choses peuvent encore bouger, il faut maintenir la pression».

* Les estimations du CEDEJ font état de 1.000 à 2.000 tués pendant la révolution et près de 12.000 blessés graves.

  • De notre envoyé spécial Hervé Chambonnière

source

Les illusions de Bashar al-Assad


vendredi 8 avril 2011 – 17h:56

Lamis Andoni – Al Jazeera

La rhétorique de la résistance ne cache plus le caractère répressif du régime syrien.

(JPG) 

Bashar al-Assad semble croire qu’afficher sa « résistance » face à Israël suffira à tenir son régime à l’écart des mouvements révolutionnaires qui traversent le monde arabe – Photo : EPA

Bashar al-Assad, le président syrien, continue à croire que son soutien à la « résistance contre Israël » distingue son régime des autres régimes de la région et que par conséquent, il est protégé des révolutions qui ont chassé des présidents pro-occidentaux en Tunisie et en Egypte. Son soutien du Hamas et du Hezbollah le rend peut-être plus populaire parmi les populations arabes mais il se fait beaucoup d’illusions s’il s’imagine que cela rend le meurtre de militants pacifiques plus acceptable.

L’éruption des révolutions arabes est la conséquence de dizaines d’années de répression et de l’injuste répartition des richesses : deux problèmes qui ont fortement handicapé les gouvernements arabes, qu’ils soient pro ou anti-occidentaux.

Et la Syrie est un des états les plus répressifs de la région ; des centaines si non des milliers de personnes ont disparues dans ses prisons infâmes. Certains réapparaissent après des années, d’autres au bout de dizaines d’années et beaucoup ne réapparaissent jamais.

Les Syriens n’ont pas été les seules victimes. D’autres arabes comme les Libanais qui ont été enlevés au cours des dizaines d’années pendant lesquelles la Syrie à contrôlé son voisin, des membres jordaniens du partie Baas au pouvoir qui n’étaient pas d’accord avec leurs dirigeants et des membres des différentes factions palestiniennes, font aussi partie des victimes.

Les Syriens qui critiquent le régime sont souvent arrêtés et accusés -en dehors de toute procédure légale- d’être des agents des USA ou d’Israël dont le but est de saper « les politiques de stabilité et d’opposition ».

Mais ces abus n’ont jamais été condamnés comme il aurait fallu par les partis politiques arabes ni par la société civile, qui ont soutenu la position syrienne vis à vis d’Israël tout en refusant de voir sa politique répressive.

Et c’est pourquoi, alors même que les dissidents syriens dont des intellectuels influents de la gauche nationaliste, sont incarcérés dans les prisons syriennes, d’autres intellectuels et militants arabes se sont réunis en grand nombre à Damas pour faire l’éloge du rôle que la Syrie joue dans la « défense des causes arabes ».

Cette hypocrisie a conforté la conviction du régime d’être à l’abri des critiques que subissent les gouvernements répressifs pro-occidentaux de la région.

Le mythe de la résistance

Bien que la domination de Hafad al-Assad, le président défunt, ait été encore plus impitoyable que celle de son fils Bashar qui lui a succédé en 2000, l’appareil de sécurité répressif continue à tenir d’une main de fer les institutions de l’état.

Sous Bashar al-Assad, le régime continue d’utiliser son statut de « résistant » pour justifier la suppression de la liberté d’expression et le musellement de l’opposition.

Mais il est peut-être temps maintenant d’examiner sérieusement la prétention qu’a la Syrie d’être un état qui fait de la résistance et qui serait donc en conséquence plus légitime que les autres régimes ou dictatures arabes.

Sur un plan plus général, la position de la Syrie a en effet empêché Israël et les USA de complètement infiltrer d’autres états plus accommodants ou carrément inféodés. Mais si la Syrie a bien contribué à empêcher Israël de faire la paix avec plus d’états de la région, cela n’a pas été sans compromis politiques.

La revendication de la Syrie d’être « une forteresse de résistance » s’appuie sur deux facteurs : Le premier est le fait que Damas ait refusé de signer un traité de paix avec Israël tant que le plateau du Golan qu’Israël occupe depuis 1967, ne lui était pas rendu ; le second c’est le soutien qu’il offre à divers groupes palestiniens ainsi qu’au Hezbollah du Liban.

Il n’y a pas de doute que son refus d’accepter un compromis avec Israël, à la différence de l’Egypte, la Jordanie et l’Organisation de Libération de la Palestine (PLO), a augmenté le crédit de la Syrie dans le monde arabe et renforcé son rôle géopolitique. Mais la Syrie a fait un compromis qui lui permet de se poser comme un état « d’opposition » tout en s’assurant que ses frontières avec Israël demeurent le front « d’opposition » le plus tranquille qui soit. Elle est arrivée à cela en prenant les mesures les plus brutales pour empêcher le trafic d’armes vers le Golan et en s’assurant que les Syriens, les Palestiniens et autres, soient dans l’incapacité absolue de traverser ses frontières étroitement surveillées.

Les Syriens ou les membres des groupes palestiniens basé à Damas, n’oseraient donc jamais essayer de passer des armes en contrebande ou d’attaquer Israël comme d’autres l’ont fait via la Jordanie ou les frontières du Liban.

De plus, la Syrie s’est montrée étonnamment peu encline à dénoncer l’expropriation de la terre palestinienne, la construction des colonies et le transfert de colons juifs sur le plateau du Golan. Il y a plus de 30 colonies juives qui regroupent au moins 20 000 colons sur le plateau du Golan qui est considéré comme une des meilleures terres cultivables. La population arabe de la région est passé de 130 000 personnes en 1967 à 20 000 aujourd’hui car Israël a exproprié toute la terre à l’exception de 6 pour cent.

La Syrie affirme qu’Israël doit se retirer de tout le Golan, quel que soit le nombre de colonies et de colons. Cette revendication paraît logique mais le silence de la Syrie en ce qui concerne les activités d’Israël sur le Golan a contribué à cimenter le calme de facto qui règne entre les deux ennemis.

Plus de peur que de mal

Quant au soutien syrien à la « résistance » il paraît peu convaincant lui aussi quand on le soumet à un examen plus attentif. En fait la Syrie a toujours cherché à contrôler le mouvement de la résistance palestinienne, en utilisant souvent la force pour consolider sa domination sur les Palestiniens.

Les Palestiniens n’ont pas oublié qu’ils doivent l’un des chapitres les plus tragiques de leur histoire à l’armée syrienne qui, entrée au Liban sous prétexte d’y maintenir la paix et l’ordre pendant la guerre civile, a rasé le camp de réfugiés palestiniens de Tel a-Zaatar de Beyrouth.

Au milieu des années 1980, la Syrie a activement soutenu le siège du mouvement libanais Amal contre le camp de réfugiés de Sabra et Shatila.

L’ingérence syrienne dans les affaires palestiniennes, qui a souvent provoqué des divisions, est de notoriété publique. De plus, bien que Assad pendant toutes ces années ait incité les dirigeants palestiniens à opter pour la résistance armée, Damas n’a quasiment rien fait pour soutenir la première ni la seconde Intifada.

Sa rhétorique plaît, sans nul doute, aux forces arabes progressistes et nationalistes. Cependant dans les faits, la Syrie a rarement fait plus que d’encourager les autres à combattre Israël jusqu’à la dernière goutte de sang principalement palestinien ou libanais.

Les masques tombent, la tyrannie apparaît

La Syrie a fait preuve de discernement en refusant de se laisser entraîner dans des négociations ouvertes avec Israël sans avoir la garantie que les territoires syriens occupés lui seraient rendus. Cela a contribué à consolider sa position à l’inverse d’états apparemment plus soumis et cela a posé un dilemme à tous les Arabes qui se sont sentis obligés de choisir entre soutenir Damas ou soutenir les plans occidentaux dans la région.

Mais c’est une erreur et parfois même une faute morale de garder le silence sur les crimes du régime syrien et de nier que leur politique est avant tout au service de leurs propres intérêts. La politique du régime qui consiste à « survivre à tous prix » l’a poussé à rejoindre la coalition contre l’Irak menée par les USA en 1990 et à coopérer avec enthousiasme à la « guerre contre la terreur » après le 11 septembre. Sa « posture de résistant » ne l’a pas empêché de torturer le Syrien Maher Arar suite à sa déportation controversée en Syrie selon la procédure (canadienne NdT) dite d’extraordinary rendition.

L’usage cynique du langage politique révolutionnaire par le régime pour dissimuler les contradictions de ses positions politiques l’a certainement aidé. Mais les révolutions arabes ont fait tomber les masques de tous les régimes et la tentative du régime syrien pour réprimer la révolte a révélé son côté tyrannique. Bashar al-Assad, à en juger par son discours « j’accuse » (en français dans le texte NdT) vit en pleine illusion. Mais l’époque où il suffisait de crier à la conspiration pour dissimuler ses crimes sanglants est terminée, même si le président syrien ne l’a pas encore compris.

(JPG)

* Lamis Andoni est analyste et commentatrice pour le Middle Eastern and Palestinian Affairs

De la même auteure :

- Les Palestiniens aspirent à l’unité – 13 mars 2011
- Les Jordaniens exigent des réformes – 27 février 2011
- La résurrection du panarabisme – 21 février 2011
- A tous les tyrans du monde arabe… – 17 janvier 2011
- Le renouveau des mobilisations sociales et politiques dans le monde arabe – 7 janvier 2011
- L’Europe doit émerger de l’ombre des Etats-Unis – 26 décembre 2010
- Un ultime acte de résistance ? – 14 décembre 2010
- Que va penser le monde arabe de ses dirigeants ? – 3 décembre 2010
- Israël veut sous-traiter l’occupation de Gaza à l’Union Européenne – 9 août 2010
- Calme précaire à Gaza et temps des soupçons – 21 mars 2008

3 avril 2011 – Al Jazeera – Pour consulter l’original :
http://english.aljazeera.net/indept…
Traduction : Dominique Muselet

Conférence-débat Alain Gresh – Tariq Ramadan : le DVD est disponible


6 avril 2011
Rue de la Station 58/2 – 6140 Fontaine-l’Evêque – charleroi.palestine@gmail.com
Alain GRESH – Tariq RAMADAN :
leur réflexion sur la situation actuelle
en Palestine et dans le monde arabe sur DVD

Vous avez assisté à la conférence débat organisée le 19 février dernier par la Plate-forme Charleroi-Palestine avec Alain GRESH et Tariq RAMADAN. A moins que vous n’ayez réservé des places, et ensuite été empêché(e) d’y assister. 

En tous cas, vous avez manifesté votre intérêt pour cette manifestation, qui a connu un grand succès. Chacun s’est accordé à dire que les interventions de nos invités furent d’un haut niveau.

Comme nous l’avions annoncé, la totalité de la conférence-débat a été filmée en vidéo, et nous en avons fait un DVD. Celles et ceux qui l’avaient commandé en même temps que leurs places pour la conférence-débat l’ont d’ailleurs déjà reçu.

Ce DVD contient environ 1h30 de vidéo : la totalité des exposés prononcés par Alain GRESH et Tariq RAMADAN, et l’essentiel des échanges entre eux qui ont suivi.

Ce DVD ne se trouve pas dans le commerce, et n’est édité qu’en petite série.

Pour recevoir ce DVD par la Poste *,
rien de plus simple :
versez la somme de 10 € par exemplaire
au compte 751 – 2043879 – 32
de la Plate-forme Charleroi-Palestine (adresse ci-dessus)
en indiquant clairement votre adresse postale
et en communication : DVD Gresh/Ramadan. 

Le DVD vous sera expédié dans un délai d’environ 1 semaine.

* en Belgique.
Pour l’étranger, ajouter 4 €.
Le numéro de compte bancaire européen est :
IBAN  BE90 7512 0438 7932
BIC/SWIFT : AXABBE22

Restez informés, visitez le site web de la Plate-forme régulièrement

Le reniement honteux de Goldstone


6 avril 2011(The Electronic Intifada) Ilan PAPPE
le juge Richard Goldstone dans la bande de Gaza, juin 2009. (Photo ONU)

« Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, le rapport Goldstone aurait été différent ». C’est ainsi que commence le papier que Goldstone a fait paraître dans le Washington Post et qui soulève tant de commentaires. J’ai vraiment l’impression que l’éditeur a probablement modifié le texte et que la phrase originelle devait être quelque chose comme : « Si j’avais su que cela ferait de moi un Juif qui a la haine de soi (self-hating Jew dans le texte) aux yeux d’Israël ma bien aimée, et aux yeux de ma propre communauté juive d’Afrique du Sud, le rapport Goldstone n’aurait jamais existé. » Si ce n’est pas ce qu’il avait écrit initialement, c’est certainement ce qu’il faut lire entre les lignes.

Ce vil retournement de veste n’a pas eu lieu cette semaine. Il s’est produit après une année et demi de campagne incessante d’intimidation et de diffamation contre le juge, une campagne semblable à celles qui ont détruit des personnalités importantes comme le sénateur étasunien William Fulbright qui a été politiquement assassiné à cause de sa tentative courageuse de révéler les affaires illégales de l’AIPAC avec l’état d’Israël.

Déjà en octobre 2009, Goldstone avait dit sur CNN : « Je porte un grand amour à Israël » et « J’ai travaillé à la promotion de beaucoup de causes israéliennes et je continuerai à le faire » (Video : « Fareed Zakaria GPS, » 4 October 2009).

A l’époque où il avait fait cette déclaration d’amour à Israël, il ne pouvait pas avoir de nouveaux éléments comme il prétend maintenant en avoir et on peut se demander pourquoi son amour pour Israël n’avait pas été le moins du monde entamé par ce qu’il avait découvert en rédigeant son rapport initial avec les autres membres de l’ONU.

Mais le pire était à venir et il y a exactement un an, en avril 2010, la campagne contre lui a atteint de nouveaux sommets et plutôt de nouvelles abîmes. Elle était menée par le président de la Fédération sioniste d’Afrique du Sud Avrom Krengel qui a essayé d’empêcher Goldstone de participer à la bar mitzvah de son petit fils à Johannesburg parce que selon lui « Goldstone avait causé un dommage irréparable à tout le peuple juif. »

La Fédération sioniste sud africaine a menacé de mettre des gardes devant la synagogue pendant toute la cérémonie. Pire encore, Warren Goldstein, le grand Rabbin d’Afrique du sud, a condamné Goldstone pour « avoir causé du tort à l’état d’Israël. » En février dernier, Golstone a dit que « le Hamas avait commis des crimes de guerres mais pas Israël, « dans un interview qui n’a pas été diffusé selon une information du 3 avril du site Web de la chaîne 2 israélienne. Ce n’était pas assez : Israël voulait davantage.

Les lecteurs peuvent se demander « Quelle importance cela a-t-il ? » et « Pourquoi Goldstone n’a-t-il pas été capable de résister à la pression ? » Ce sont de bonnes questions mais hélas, la sionisation des communautés juives et l’identification erronée du fait d’être juif avec le sionisme constitue un obstacle si grand qu’il empêche les Juifs libéraux de dénoncer activement les crimes d’Israël.

De temps en temps, de nombreux Juifs libéraux donnent l’impression de se libérer de ce joug et d’écouter leur conscience plutôt que leur peur. Cependant les convictions universalistes de la plupart semblent être incapables de résister longtemps quand il s’agit d’Israël. Le risque d’être traité de « Juif qui a la haine de soi » avec tout ce qu’une telle accusation implique, est une perspective trop effrayante pour eux. Il faut être à leur place pour comprendre à quel point c’est terrifiant.

Il y a seulement quelques semaines, les services secrets israéliens ont annoncé la création d’une unité spéciale dont la mission est d’espionner les individus ou organismes soupçonnés de « délégitimer » Israël pour leur demander des comptes et peut-être même les traquer. Cette nouvelle a peut-être convaincu un certain nombre de ceux qui n’étaient pas vraiment déterminés que cela ne valait pas la peine de tenir tête à Israël.

On aurait dû se rendre compte que Golstone était l’un d’entre eux lorsqu’il a affirmé que, en dépit de son rapport, il demeurait sioniste. Ce qualificatif de « sioniste » a beaucoup plus de sens et de poids qu’on ne le croit habituellement. On ne peut pas se dire sioniste et s’opposer à l’état d’apartheid d’Israël. On peut rester sioniste par contre si on se contente de critiquer cet état pour une certaine politique criminelle en omettant de faire le lien entre l’idéologie et la politique. « Je suis un sioniste » est une déclaration d’adhésion à des manières de penser qui sont antinomiques avec le rapport Godstone de 2009. On peut soit être sioniste soit accuser Israël de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité -celui qui fait les deux ensemble, ne tiendra pas longtemps le coup.

Que ce mea culpa n’ait rien à voir avec de nouveaux éléments, est évident lorsqu’on examine les « preuves » que Goldstone a présentées pour justifier sa rétractation. Pour être honnête il faut dire qu’on n’avait pas besoin d’être un expert international pour savoir que Israël avait commis des crimes de guerre à Gaza en 2009. Les rapports d’organismes comme Breaking the Silence (briser le silence) et les représentants de l’ONU sur le terrain ont démontré ces faits avant et après le rapport de Golstone. Et ce n’était pas non plus la seule preuve.

Les photos et les images que nous avons vues sur nos écrans et celles que nous avons vues sur le terrain nous ont montré qu’il s’agissait d’une politique criminelle destinée à tuer, blesser et estropier à la manière d’un châtiment collectif. « Les Palestiniens vont s’attirer un Holocauste » avait promis Matan Vilnai, le secrétaire d’état à la défense d’Israël au peuple de Gaza le 29 février 2008.

La seule nouvelle pièce que Goldstone apporte au dossier est une enquête intérieure de l’armée israélienne qui explique qu’un des cas suspectés d’être un crime de guerre était dû en fait à une erreur de l’armée sur laquelle elle est en train d’enquêter. Cela doit être sa carte maîtresse : une affirmation de l’armée israélienne que l’assassinat de masse des Palestiniens était une « erreur. »

Depuis la création de l’état d’Israël, les dizaines de milliers de Palestiniens tués par Israël étaient des terroristes ou avaient été tués par « erreur ». Donc 29 des 1400 morts ont été tués suite à une regrettable erreur ? Seul un engagement idéologique peut inciter quelqu’un à demander une révision de ce rapport sur la base d’une enquête intérieure de l’armée israélienne concernant un seul cas alors qu’il y a eu des douzaines de massacres et de tueries illégaux. Ce n’est donc pas cette nouvelle preuve qui a conduit Goldstone à écrire cet article. C’est plutôt son désir de retrouver son confort au sein du sionisme qui l’a incité à écrire ce papier aussi bizarre que contestable.

La manière dont il accentue sa critique du Hamas dans cet article et diminue la critique d’Israël va dans le même sens. Et il croit que cela le fera échapper à la fureur vengeresse d’Israël. Il se trompe lourdement, très lourdement. Peu de temps après la parution de l’article, le ministre de la Défense d’Israël, Ehud Barak, le premier ministre Benjamin Netanyahu et bien sur le lauréat du prix Nobel de la Paix, Shimon Perez, exigeaient de Goldsone un autre service : aller de campus en campus et d’une conférence à une autre au service d’un nouvel Israël, noble et pieux. Il peut refuser ; mais alors il lui sera sans doute interdit d’aller à la bar mitzvah de son petit fils par mesure de rétorsion.

Goldstone et ses collègues ont rédigé un rapport très détaillé mais ils se sont montré très réservés sur les conclusions. Le tableau présenté par les organisations des droits de l’homme israéliennes et palestiniennes était bien plus horrible et leurs rapports n’étaient pas rédigé dans ce langage clinique et légaliste qui ne traduit généralement pas toute l’horreur des événements. L’opinion publique occidentale a compris avant Goldstone et mieux que lui toutes les implications de son rapport. La légitimité internationale d’Israël a subi un dommage sans précédent. Goldstone a été sincèrement ébranlé quand il s’en est rendu compte.

Ce n’est pas la première fois que tout cela se produit. A la fin des années 1980, l’historien israélien Benny Morris a écrit en vain un rapport similaire sur le nettoyage ethnique de la Palestine en 1948. Ce sont des universitaires palestiniens comme Edward Said, Nur Masalha et Walid Khalidi qui ont fait apparaître les conséquences que les archives qu’il avait exhumées avaient sur l’image et l’identité d’Israël.

Morris n’a pas non plus résisté à la pression et a demandé à être réintégré dans la tribu. Il est allé très loin dans le mea culpa et est devenu un raciste extrémiste anti-arabe et anti-musulman allant même jusqu’à suggérer de mettre les Arabes dans des cages et à militer pour un autre nettoyage ethnique. Goldstone en fera peut-être autant : en tous cas, c’est ce que les Israéliens veulent qu’il fasse.

Sur le plan professionnel, Morris et Goldstone ont concrétisé leur marche arrière en revendiquant que Israël soit jugé sur ses intentions et non sur les conséquences de ses actions, ainsi qu’on le constate dans l’article de Goldstone du Washington Post. C’est pourquoi selon eux, seule l’armée israélienne peut être considérée comme une source d’information fiable puisqu’elle seule connaît ses propres intentions. Peu de personnes honnêtes et intelligentes dans le monde considéreraient comme acceptables une analyse et une explication aussi bizarre.

Goldstone n’a pas encore adhéré au groupe le plus fou d’ultra-sionistes comme l’a fait Morris. Mais s’il ne se méfie pas, ce qui l’attend c’est sans doute, une vie d’agréables déplacements en compagnie de gens comme Morris, Alan Dershowitz (qui a déjà qualifié Goldstone de « Juif repentant ») des meetings annuels des rottweilers (race de chiens de berger NdT) de l’AIPAC aux conventions farfelues des chrétiens sionistes. Il se rendra vite compte qu’une fois qu’on a capitulé devant les sionistes, ils s’attendent à ce qu’on aille jusqu’au bout et qu’on revienne à l’endroit même qu’on croyait avoir réussi à dépasser.

Regagner l’affection des sionistes à court terme est bien moins important que de perdre le respect du monde entier sur le long terme. La Palestine devrait choisir ses amis avec grand soin : ils ne doivent pas être pusillanimes et ils ne peuvent pas se proclamer à la fois sionistes et défenseurs de la paix, des droits de l’homme et de la justice en Palestine.

Ilan Pappe est professeur d’histoire et directeur du European Centre for Palestine Studies à l’Université d’Exeter. Son dernier livre est : Out of the Frame : The Struggle for Academic Freedom in Israel (Pluto Press, 2010).

Pour consulter l’original : http://electronicintifada.net/v2/ar…

Traduction : D. Muselet ici

Le drame du juge Goldstone


par M. Saadoune

Objet d’une campagne intense de dénigrement et d’insultes depuis deux ans, le juge sud-africain Richard Goldstone a commis un article alambiqué où, sans se rétracter, il semble essayer d’atténuer les conclusions de son fameux rapport. Israël a immédiatement embrayé dessus en lançant une campagne internationale pour «exiger» l’annulation du rapport Goldstone. 

On peut parier que les amis occidentaux, ceux qui s’émeuvent tant des méfaits des «mauvaises dictatures» – les «bonnes» resteront des amies jusqu’à ce que des peuples « inconscients » les abattent -, vont être de la partie. On va sortir les mouchoirs pour pleurer ce pauvre Israël attaqué injustement par des antisémites. La preuve ? Richard Goldstone se rétracte.

Il faut bien lire le texte de Goldstone. C’est un texte remarquable, comme ces mots lâchés par les torturés, par bribes et sous l’effet de l’épuisement. Dans le cas de Goldstone, qui est de confession juive, cette torture a dû être particulièrement éprouvante. Car ce texte équivoque, qui n’est pas vraiment une rétractation, respire clairement la honte d’un homme libre qui se soumet et s’aligne. Il le sait le juge. Il vient d’Afrique du Sud où l’on ne se paye pas de mots pour savoir ce que sont la ségrégation et l’apartheid et où l’on ne ferme pas les yeux quand on les voit appliqués aux Palestiniens.

Mais le juge Goldstone aurait beau essayer d’introduire de la nuance dans son rapport, cela n’empêchera pas Israël de lui demander de s’humilier davantage devant le monde entier et d’humilier sa raison et son bon sens. L’homme sait parfaitement que son rapport est juste. Ce rapport était inacceptable pour Israël et ses soutiens occidentaux. Israël a le «droit de se défendre», répètent-ils, ce qu’il faut traduire simplement par «droit de massacrer».

Ce qui était insupportable dans le rapport Goldstone est qu’il a commis le crime de vérité sur Israël. Et le juge doit payer. Son article n’est pas suffisant pour Israël. L’Etat hébreu exige de lui des excuses.

Le drame du juge Goldstone est qu’il n’est pas un imbécile. Il sait qu’on lui demande de faire l’imbécile. La «légitime défense» n’avait aucun sens dans les raids sur Ghaza qui ont fait plus de 1.400 morts, dont une écrasante majorité de gens sans arme. Ce qu’on lui demande est de faire accroire que ces morts n’étaient que ces fameux «dommages collatéraux», ce terme horrible et barbare que la «civilisation» a inventé pour ne pas parler de carnages et de crimes de masse.

Ces crimes «civilisés» massifs ont été documentés par d’autres organisations des droits de l’homme. Amnesty International soulignait dans son rapport que «1.400 Palestiniens, dont quelque 300 enfants et des centaines d’autres civils non armés, avaient été tués. Des quartiers entiers de la bande de Gaza ont été rasés, des milliers de personnes se sont retrouvées sans logement, et l’économie, déjà dans une situation désastreuse, est complètement ruinée. La plupart des destructions étaient injustifiées et résultaient d’attaques visant directement des biens civils, ou encore d’attaques aveugles frappant indistinctement des objectifs militaires légitimes et des biens de caractère civil».

Ce sont là des faits sanglants établis qu’aucune rétractation ne peut gommer. Pour les Occidentaux, parions qu’ils suivront les demandes d’Israël, eux qui n’ont jamais vu le peuple arabe de Palestine se battre sans fin pour en finir avec le régime de l’apartheid et du racisme qui l’écrase.

Le pauvre Goldstone, qu’il se rétracte ou non, ne sera qu’une victime de plus de la guerre contre Ghaza qui se poursuit.

Eh bien, le « musulman »… il t’emmerde !


Les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy, assimilant l’échec du multiculturalisme à l’échec de l’immigration et de l’islam en France, ont ravivé toutes les flammes de l’islamophobie. Je me rappelle ces sommations permanentes, ces agressions verbales, quotidiennes, « on n’est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur ses filles, on n’égorge pas les moutons dans son appartement et on respecte les règles de la République » prononcées pendant la présidentielle, lors d’une émission à grande écoute, pour marquer les musulmans au fer rouge.

Ils y étaient présentés comme insatiables sexuellement, barbares en puissance, allant jusqu’à assouvir par le sang leurs besoins de violence et, de surcroît, hermétiques à toute règle républicaine. Je me souviens de ce « on », condescendant, méprisant, à l’encontre d’une partie de la population française. Il y avait là plus qu’un bruit, plus qu’une odeur. Il y avait là toute la quintessence de l’islamophobie. Il y avait là de la haine ! Ce n’est pas Marine Le Pen qui instrumentalisa le faux grand débat sur l’identité nationale, mais Eric Besson, transfuge du PS. Un simulacre de débat, qui tourna très vite à la mise en accusation des musulmans. Je me souviens d’un certain Eric Zemmour, récemment condamné pour incitation à la discrimination raciale.

Mais à la course à l’incrimination calomnieuse, toutes les écuries politiques y ont contribué avec un certain paternalisme pour les uns et une vive répugnance pour les autres. L’islam devenait ainsi le réceptacle de tous les maux de la société française. Au malheur d’être arabe, d’être noir, d’être pauvre, d’être déclassé socialement, discriminé quotidiennement en France, s’ajoutait l’appartenance à l’islam.

L’instrumentalisation politique de l’islam ne venait pas exclusivement des groupuscules extrémistes tels que le Bloc identitaire, mais elle était orchestrée par notre classe politique « républicaine », d’André Gérin (PCF) à Nadine Morano et André Valentin (UMP), en passant par Jean-François Copé (nouveau patron du parti présidentiel), sans oublier Fadela Amara (ancienne secrétaire d’Etat), dite de gauche, et Claude Guéant (nouveau ministre en croisade de l’intérieur), voulant, au nom de l’islamophobie, se refaire une santé politique. Et ce n’est pas le sondage réalisé en décembre 2010 par l’IFOP, où 42 % des Français considèrent la présence de la communauté musulmane comme une menace et 68 % estiment que les musulmans ne sont pas bien intégrés dans la société, qui est des plus éloquents et des plus équivoques, qui nous démontrera le contraire.

Eloquent, car la question posée suscite bien des interrogations. Pourquoi ces populations dites musulmanes sont-elles toujours soumises à la question de l’intégration ? La raison est très simple : c’est qu’elle occulte la question de l’égalité des droits.

L’intégration est ce beau concept qui emprisonne à vie ceux qui le rencontrent sur leur chemin, qui scinde la nation en deux, les légitimes et les illégitimes au regard de la société, les intégrés et les non-intégrables. Alors, que dire de cette prétendue menace que ces populations font peser sur la nation ? Menace des plus sournoises pour les plus nostalgiques d’une France aux racines judéo-chrétiennes, et menace des plus dévastatrices pour les défenseurs d’une nation gauloise. Menace qui répond enfin à une angoisse collective, transformant le musulman en bouc émissaire, expiatoire du mal-être français.

Il est des sondages qui ne dévoilent pas les choses mais qui attisent la haine. Lorsque les questions sont mal posées, les réponses deviennent alors empoisonnées. Devant cette haine sans borne qui aura pour ultime conséquence le morcellement de la nation française, j’appelle toutes les âmes de bonne volonté à résister face à cette chasse ouverte contre l’islam et les musulmans, à pointer l’irresponsabilité de certaines politiques qui ont échoué, notamment dans nos banlieues françaises. Faut-il islamiser la question sociale pour se dédouaner politiquement ? Est-ce vraiment les musulmans qui ont tourné le dos à la République ?

Lorsque ces quartiers souffrent d’un chômage endémique, dépassant parfois les 45 %, lorsque la jeunesse de ces quartiers est totalement écartée de toute réussite sociale, lorsque les plus diplômés sont réduits à être maître-chien, caissière ou veilleur de nuit… De qui se moque-t-on ? Qui a tourné le dos à qui ? Et à qui profite le crime ?

Vous gagnerez probablement des voix, vous construirez certainement à bons frais vos carrières, mais vous détruirez la France et ses valeurs. Au nom de nos principes qui condamnent la haine, nous nous battrons par toutes les voies légales pour lutter contre le racisme d’Etat, l’islamophobie de certains partis politiques et les déclarations haineuses, et contre les débats stériles et perpétuels sur l’islam qui nourrissent l’extrême droite française.

Oui ! Je suis élu de la République, socialiste, marseillais, supporteur de l’OM, Français d’origine africaine, de filiation comorienne, de confession musulmane, et je ne renoncerai à rien pour vous plaire. Je ne céderai ni aux appels des racistes notoires ni aux déclarations nauséabondes de ceux qui n’ont plus rien de républicain. Je lutterai pour qu’enfin l’islam puisse reprendre toute sa place dans la République laïque, respectueuse de la liberté de conscience.

Je me battrai de toutes mes forces pour que les citoyens français de confession musulmane puissent bénéficier du respect et de la considération que la loi française garantit à tout citoyen. Je me battrai pour que la deuxième religion de France puisse bénéficier de lieux décents comme toute autre religion de l’Hexagone.

Nous devons dorénavant savoir que, sur la longue liste des discriminations, la suspicion d’appartenance à l’islam est devenue la nouvelle arme de destruction massive des prêcheurs de haine. Eh bien, à bon entendeur salut, car le « musulman » que je suis, il t’emmerde !

Nassurdine Haidari, adjoint au maire PS du 1er secteur de Marseille Article paru dans l’édition du 02.04.11

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