Syrie-Algérie: Raison d’état ou déraison d’état ?


Posté par René Naba le mai 20 2011.

Syrie-Algérie: Raison d’état ou déraison d’état ?
René Naba | 20.05.2011 | Paris

La raison d’état s’invoque généralement lorsque l’état perd la raison et les pays arabes n’échappent pas à la règle.

Beaucoup savent gré à l’Algérie et à la Syrie d’avoir su, dans les vicissitudes d’une conjoncture difficile, préserver les intérêts à long terme du monde arabe, sans s’inféoder à une logique de vassalité avilissante, sans hypothéquer ses choix stratégiques, sans aliéner leur souveraineté et leur indépendance.

Beaucoup savent gré à ces deux points d’ancrage du «Front de refus arabe» d’avoir assuré la relève de l’Egypte défaillante, en maintenant vivace la flamme du combat nationaliste et irréductible le refus de l’hégémonie israélo-américain.

Beaucoup savent gré à la Syrie, d’avoir accueilli, au risque de déstabiliser l’équilibre démographique du pays, près de deux millions de réfugiés irakiens, fuyant les exactions de l’armée irakienne et de leurs supplétifs kurdes.

Mais cette position privilégiée ne saurait se vivre en rente de situation. La réforme s’impose, sous peine de dénaturation du projet nationaliste.

Pleinement conscient des menées de la contre révolution téléguidée par l’Arabie saoudite, sans sacrifier à la mode contestataire impulsée par les médias occidentaux, la vérité s‘impose toutefois sans fard.

Quiconque a eu affaire à la bureaucratie tatillonne de ses deux états a pu mesurer instantanément l’état de délabrement de leur administration, l‘omniprésence de leurs services de sécurité, le conformisme de leurs médias, les turpitudes de leurs régimes, leur hermétisme, leur autarcie, leur népotisme, ainsi que leur fort degré de corruption, comparables d’ailleurs en cela aux autres régimes arabes, même les plus proches de la grande démocratie américaine.

Les remous suscités au sein d’«Al Jazira» dans la couverture parcellaire des révolutions arabes, axée depuis peu davantage sur la Libye et la Syrie que sur Bahreïn ou le Sultanat d’Oman, avec la spectaculaire démission d’une des vedettes chaine transfrontière arabe Ghassane Ben Jeddo, en porte témoignage. Mais comparaison n’est pas raison et nul ne saurait se prévaloir des turpitudes d’autrui.

L’honneur de ces deux pays a été d’abroger les lois d’exception, alors que leurs contempteurs occidentaux s’abritent depuis dix ans derrrière les barrières privatives de liberté du «patriot act» et du plan Vigipirate. Mais, soixante ans après les indépendances arabes, «le cœur palpitant de l’arabisme» et l’épopée des Moujadddine et de leur million de martyr ne sauraient suffire pour nourrir les rêves et les ambitions des nouvelles générations.

Le tête à tête stérile, en Algérie, entre le président Abdel Aziz Bouteflika et le corps des officiers supérieurs, ne saurait perdurer sous peine de collapsus du pays. L’armée algérienne se doit être le garant de la pérennité de ce pays, non son propriétaire, son inspirateur, non son prédateur.

Le président algérien, que l’on a connu plus dynamique et imaginatif dans une vie précédente, se doit de retrouver le brio dont il a su faire preuve à la tête de la diplomatie algérienne, en veillant à assurer une transition en douceur du pouvoir, en réussissant la mutation de l’Algérie.
Pour son rendez vous avec l’histoire, Abdel Aziz Bouteflika se doit d’épargner les affres d’une douloureuse guerre de succession à son pays, l’un des rares du Monde arabe à avoir mené une guerre de libération victorieuse contre le colonialisme.
Bachar Al Assad, quant à lui, se devait d’anticiper l’évolution et non la subir, tant est impérieuse l’urgente nécessité des réformes en profondeur de son pays gangréné.

Aucune justification ne saurait tenir lieu d’excuse absolutoire, ni le complexe d’encerclement, réel, dont la Syrie fait l’objet, ni les manœuvres de déstabilisation, répétitives, dont il est la cible de la part de l’aile dure du trône wahhabite, ni les campagnes de dénigrement, effectifs, dont il est l’objet de la part de la presse conservatrice arabe et ses alliés occidentaux.

Nul projet nationaliste, si exaltant soit-il, ne saurait justifier la captation des richesses d’un pays au profit d’une personne, si nécessaire soit il à la protection du pouvoir. Nul projet nationaliste, si glorieux soit il, ne saurait justifier la mise sous observation permanente de son peuple, la mise en coupe réglée son pays. Le cas de Rami Makhlouf, le propre cousin du Président syrien, ne saurait échapper à la règle, de même que ceux des sbires du régime.
Pour avoir trop tardé à engager les réformes, pour avoir bridé les tendances réformistes qui lui étaient prêtées, Bachar Al Assad récolte une tempête populaire à l’effet de réduire à néant sa magistrale maîtrise de la manœuvre diplomatique face à l’offensive israélo-américaine visant à remodeler un «grand moyen orient».
Pour avoir voulu ménager les intérêts de son clan au détriment de ceux de son pays, Bachar Al Assad, risque un discrédit populaire, au risque d’emporter et son clan et son pouvoir.
Onze ans après sa venue au pouvoir, Bachar Al Assad ne saurait rater son nouveau rendez vous avec le printemps arabe. Sous peine de discrédit et d’implosion. Sous peine d’implosion du projet nationaliste, son bien le plus précieux.
La raison d’état s’invoque en phase de désagrégation de l’état et de dysfonctionnement de la société. La fonction première de la Syrie et de l’Algérie n’est pas la répression de leur peuple. La mission historique de ces deux pays est de se maintenir à l’avant-garde du combat pour la sécurisation de l’espace nationale arabe, aux côtés désormais des nouveaux venus à la démocratie, les enfants prodigues de Tunisie et d’Egypte.

La famille Assad

Le clan alaouite au pouvoir en Syrie est articulé autour de l’alliance scellée entre deux familles Al-Assad et Makhlouf, concrétisé par le mariage de Hafez Al-Assad et Anissa Makhlouf.
Rami Makhlouf, cousin du président Bachar, est le fils du général Mohamad Makhlouf, pro consul de la réigon nord de Syrie du temps de la mandature de Hafez al Assad, qui choisit de soutenir le président, lors de la guerre fratricide qui opposa Hafez à son frère cadet Rifa’at, à l’époque chef des troupes spéciales «Saraya ad dif’a » responsable à ce titre de la répression du soulèvement de Hama, en 1982, qui fit plusieurs milliers de morts. Dénommé «Roi de Syrie» Rami Makhlouf est un richissime homme d’affaires. Il incarne, à ce titre, la corruption et le népotisme du régime.
Quant aux autres membres de la fratrie,

L’ainé Bassel, destiné au départ à succéder à son père, a trouvé la mort dans un accident de voiture.

Bouchra, l’unique fille de la famille, est l’épouse de Assef Chawkat, ancien chef des services de sécurité dont les Occidentaux réclamaient la tête en compensation ide l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri. Assef Chawkat entretient des relations houleuses avec le frère cadet du président, le colonel Maher, le nouvel homme fort du régime, au point que le benjamin de la fratrie a blessé à l’estomac d’un coup de pistolet en 1999, en plein palais présidentiel. Réputée autoritaire, Bouchra passe pour nourrir une forte intimité à l’égard de l’épouse de Bachar, Asma, fille d’un médecin de la grande bourgeoisie syrienne, ancienne spécialiste des transactions boursières dans un établissement londonien, à la forte présence médiatique.

Le frère cadet du fondateur de la dynastie, Rifa’at Al Assad, ancien vice président de la république, est entré en dissidence fin 1983. Il vit en exil en Espagne. Ses deux fils, Sumar et Ribal, organisent depuis Londres la campagne médiatique contre le régime via la chaine de télévision ANN TV, (Arab Network News). Deux autres cousins Mounzer et Fawwaz Al-Assad, fils de Jamil Al Assad, cousins germains du président, se comportent en chefs de milices dans les montagnes alaouites, berceau de la famille, à l’ouest du pays.

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Posté par René Naba le mai 20 2011. inséré dans DiplomatieNews.

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DSK dans le texte…piqûre de rappel


 Posté par René Naba le oct 19 2008.

DSK dans le texte…piqûre de rappel
René Naba | 19/10/2008 | Paris

Un an après son élection à la direction du Fonds Monétaire International, alors que la planète est emportée par une bourrasque financière et boursière sans précédent de l’histoire contemporaine, Dominique Strauss Kahn, le flamboyant social libéral de l’Internationale socialiste et du sarkozysme français, fait la une de l’actualité internationale sur un sujet sans rapport ni avec les subprimes, ni les hudges fonds, ni les paradis fiscaux, mais à propos d’un comportement dont des observateurs européens redoutaient à l’époque qu’il lui porte préjudice dans l’exercice de ses responsabilités internationales.

L’enquête du FMI sur un possible abus de pouvoir pourrait obérer ses chances à la candidature socialiste l’élection présidentielle française et constitute, en toute hyppohèse, un camouflet pour son nouveau parrain international, Nicolas Sarkozy.

Piqûre de rappel avec la publication du papier paru dans le blog renenab.blog.fr. lors de son élection à la direction du FMI, qui demeure d’actualité.

Dominique Strauss Kahn dans le texte

M. Dominique Strauss Khan, élu le 28 septembre 2007, Directeur Général du Fonds Monétaire international, réserve sa première visite officielle au Président Nicolas Sarkozy, le nouveau parrain international de l’ancien responsable socialiste, qui le recevra lundi 1er octobre à l’Elysée.

Retour sur le parcours de ce dirigeant socialiste propulsé sur la scène internationale par le plus à droite des Présidents Français.

Avant l’heure, Dominique Strauss-Khan, le nouveau Directeur Général du Fonds Monétaire International, se prononce en faveur d’une attaque contre l’Iran et regrette que les Américains se soient trompés de cible préférant attaquer l’Irak au lieu de l’Iran. Il considère que le Liban est l’«agresseur» dans la dernière guerre d’Israël contre le Liban, en juillet 2006, et que la «fameuse politique arabe de la France» est une «supercherie du Quai d’Orsay».

Ancien ministre des Finances et de l’Economie, ancien candidat à la présidence de la République, le socialiste préféré des Français pour succéder à François Hollande au poste de premier secrétaire du parti socialiste français, Dominique Strauss Khan, de son vrai prénom Gaston, paraît plus proche des néo-conservateurs américains que les ténors de la droite française. C’est d’ailleurs là son point de convergence avec son nouveau parrain international le plus à droite des Présidents français Nicolas Sarkozy, l’artisan de la mutation post-gaulliste de la Droite française et de son ralliement aux thèses atlantistes.

I. DSK dans le texte. Un belliciste impénitent: A vous de juger

La Revue «Le Meilleur des Mondes » a organisé à l’occasion de la dernière campagne présidentielle française (Mai 2007) une interview croisée entre Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur à l’époque, et, Dominique Strauss Khan, candidat à la candidature socialiste. La revue passe pour être un relais des thèses de la Foundation for the Defense of Democracies, porte-voix des néoconservateurs en France. Le numéro en question est paru aux Éditions Denoël, Automne 2006.
Dominique Strauss-Kahn est interviewé par Elie Cohen, Myriam Encaoua, Gérard Grunberg, Michel Laval et Michel Taubman. Il parle longuement du Liban et de l’Iran, de l’Union européenne, de sa vision de l’économie française.
Voici les principaux passages de l’interview de M. Dominique Strauss-Khan, député de la circonscription populeuse de Sarcelles mais résident du quartier chic de Neuilly:

Iran: « On mesure que les Américains se sont trompés de cible: la menace ne venait pas de l’Irak, mais de son voisin perse».«La politique qui est aujourd’hui conduite en Iran sous la houlette d’Ahmadinejad comporte de nombreuses expressions du totalitarisme qui, en tant que telles, doivent être combattues. À ce propos, c’est pour moi une grave erreur d’avoir prétendu, comme l’ont fait Jacques Chirac et son ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, que l’Iran jouait « un rôle stabilisateur » dans la région. Cela entraîne une confusion sur la nature réelle de ce qu’est le régime iranien actuel. Cela revient à envoyer un message erroné à un pays qui use largement de sa capacité de nuisance on le voit au Liban via le Hezbollah, en Irak ou avec le chantage nucléaire qu’il cherche à exercer. » . «On mesure que les Américains se sont trompés de cible: la menace ne venait pas de l’Irak, mais de son voisin perse».

NDLR-RN: Dominique Strauss Khan se trouve sur ce point sur la même longueur d’onde que Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, nouveau voltigeur de pointe de la diplomatie atlantiste du nouveau gouvernement français, passé de «Médecins sans Frontières» à «Va-t-en guerre sans Frontières», sur la même longueur d’onde que Nicolas Sarkozy, le digne successeur de Tony Blair, l’ancien «caniche britannique» du président George Bush. M. Sarkozy qui a adopté la même terminologie que les dirigeants israéliens désignant Gaza sous le vocable de «Hamastan», n’a pas exclu lors de son intervention devant la conférence des ambassadeurs de France, fin Août 2007, de recourir à des sanctions unilatérales même en dehors cadre de l’ONU, résumant la position française en une formule: «la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran». Formule maladroite, rudimentairement démagogique, s’il en est, car dans l’hypothèse de la mise au point d’une bombe iranienne les pays occidentaux devraient réfléchir par deux fois avant de se lancer dans une aventure nucléaire, dont les principales victimes par ricochet, seraient, d’abord, leurs alliés pétromonarchiques du Golfe, ainsi que le ravitaillement énergétique des pays industrialisés économies.

Depuis l’avènement de la Révolution Islamique, en 1979, la France s’est trouvée en position de «co-bélligérance» face à l’Iran par son soutien massif à l’Irak du temps de Saddam Hussein. Sous la présidence Sarkozy, elle se retrouve de nouveau en pointe contre l’Iran dans le dossier nucléaire. La permanence d’une attitude hostile lui avait valu dans le passé de subir les effets des dommages collatéraux, avec l’attentat contre le quartier général français à Beyrouth (59 morts), en 1983, la prise d’otages Français au Liban (1984-1986) et des attentats à Paris même (1986-1988)
M. Strauss Khan ne déplore pas le bellicisme américain, juste l’erreur de ciblage de l’Irak plutôt que de l’Iran.

M. Kouchner, lui, était partisan de la manière forte pour évincer Saddam Hussein. Il a récupéré à son profit la position du précédent gouvernement Chirac-Villepin, se flattant, au-delà de toute indécence, lors de sa visite à Bagdad, fin juillet, de l’opposition de la France à l’intervention américaine en Irak. Une position qu’il avait vigoureusement combattu en son temps avec ses amis modernisateurs, les «Sarkozystes de gauche», Romain Goupil, André Glucksman, et la cohorte des transfuges de la gauche, qui ont substitué la lutte des places à la lutte des classes. Le voilà de nouveau en pointe contre l’Iran.
La prochaine fois, les deux compères, MM. Strauss Khan et Kouchner, regretteront que l’Amérique se soit une nouvelle fois trompée de cible, attaquant l’Iran plutôt que la Syrie et ainsi de suite …jusqu’à la prochaine proie de l’Amérique.

Liban: «Le Hezbollah n’est pas seulement une organisation terroriste (..) Mais c’est aussi une organisation terroriste dont on attend le désarmement par le Liban (..) Si le Hezbollah est une composante du gouvernement libanais, le conflit auquel nous venons d’assister, et auquel nous pouvons encore assister demain, devient alors un conflit traditionnel entre deux États. Dans ce cas, il n’y a plus de fondements aux réticences que l’on a pu avoir par rapport aux réactions israéliennes. Nous avions un agresseur qui venait du Nord (le Liban), et qui a illégalement agressé un pays (Israël) se trouvant au sud de sa frontière. Si cet agresseur constitue une partie de l’État libanais, c’est alors le Liban qui attaque Israël. Je ne crois évidemment pas que l’on puisse retenir cette interprétation. Il s’agit donc bien d’une organisation terroriste et il faut que les Libanais désarment le Hezbollah»

NDLR-RN: M. Strauss-Khan tout comme Nicolas Sarkozy considère que le Hezbollah est un mouvement « terroriste ». Avant de procéder à un rétropédalage, le nouveau président français l’avait d’ailleurs assuré, en juillet dernier, en recevant la famille des soldats israéliens capturés par les Palestiniens et Libanais, en juin 2006.M. Strauss Khan considère en outre que le petit Liban est « l’agresseur» d’Israël, la première puissance militaire régionale, de la même manière que George Bush et Condoleeza Rice. Il passe sous silence les violations répétées de l’espace aérien libanais par Israël, le refus de communiquer les cartes des zones de minage aménagées durant leur occupation de la zone par les Israéliens pour entraver tout retour à la vie normale dans le sud du Liban, la persistance de l’occupation des fermes de Chebaa, le maintien en détention sans jugement de plusieurs centaines de prisonniers libanais et arabes ainsi que les violations au Droit Humanitaire International commises d’une façon répétée par Israël en faisant usage de projectiles prohibés par les lois de la guerre et en sabordant les stations de ravitaillement électriques du littoral libanais, entraînant une grosse pollution marine.
Il passe aussi sous silence que le Hezbollah est la principale formation politico-militaire due la principale communauté religieuse libanaise, pour la réduire à une simple organisation terroriste, sans doute en raison des revers qu’il a infligés à Israël.

Politique arabe de la France: «La fameuse politique arabe de la France. C’est une supercherie que le Quai d’Orsay réussit à vendre depuis des décennies à l’ensemble de la classe politique ! Elle nous permet de croire que nous sommes ainsi à l’abri de toute menace terroriste (…) cela me paraît tout à fait absurde ».

NDLR-RN: Nous souscrivons d’autant plus aisément au constat de DSK que la politique arabe de la France a été une véritable «supercherie»………. envers les Arabes, puisqu’elle consiste à permettre à un soldat israélien de faire le coup de feu contre les Palestiniens, un peuple ami de la France, tout en se prévalant de la protection diplomatique de la nationalité française lors de sa capture (Gilad Shalit), à permettre à un citoyen français de faire son service militaire dans les rangs de l’armée israélienne tout en se présentant à la députation à Paris et à postuler aux fonctions de poste de conseiller du ministre de l’Intérieur (Arno Klarsfelf).
Il est absolument malsain et absolument contreproductif pour la cohésion nationale de laisser se développer des contrevérités au sein de l’opinion française. DSK est l’émule en la matière de Philippe Val, directeur du journal satirique «Charlie Hebdo», qui considérait que la politique arabe de la France est à l’origine de l’antisémitisme français.

Rejeter sur l’étranger, en l’occurrence l’Arabe, les turpitudes inhérentes à la France, faire de l’Arabe le bouc émissaire à tous les maux de la société française, est un artifice de démagogie, un argument commode de populisme électoraliste. C’est oublier que l’Affaire Dreyfus a éclaté cinquante ans avant l’arrivée des premiers arabes en France, que de surcroît «Le commissariat aux questions juives» du régime de Vichy avait été précédé du « Bureau des affaires nord africaines», dans l’entre deux guerres, sans que cela n’entraîne la moindre réaction.
De par ses responsabilités M. Strauss Khan se doit de ne pas développer une vision hémiplégique de la politique de son pays, notamment des socialistes français.

«La politique arabe de la France» a surtout consisté pour les pays arabes de voler au secours de la France, à deux reprises, au cours du XXme siècle, pour l’aider à vaincre ses ennemis et à conserver sa liberté, notamment en 1939-1945, en l’aidant à se débarrasser du joug nazi dont une fraction importante de la communauté nationale de confession juive en a lourdement pâti.
Pour prix de la contribution arabe à sa liberté, la France a amputé la Syrie du district d’Alexandrette pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), et carbonisé au napalm les Habitants de Sétif (1945), après la deuxième Guerre Mondiale (1939-1945) fournissant dans la foulée à Israël la technologie nucléaire du centre de Dimona (Neguev).

La politique arabe de la France a consisté aussi dans la connivence de la France, dirigée alors par le socialiste Guy Mollet, avec Israël, dirigée à l’époque par leur cousin socialiste, le travailliste David Ben Gourion, et le Royaume Uni, dans une expédition punitive contre l’Egypte, en 1956, pour punir Gamal Abdel Nasser d’avoir osé récupéré sa seule richesse nationale, le Canal de Suez.
La carbonisation de Sétif a été le fait du pouvoir gaulliste, la nucléarisation d’Israël et l’expédition punitive de Suez, le fait du pouvoir socialiste, preuve irréfutable d’un consensus bipartisan français à l’égard des pays arabes.
Voilà qui est bien ingrat de galvauder ainsi une politique de la part d’une personne qui bénéficie de surcroît de l’hospitalité d’un pays arabe pour ses vacances estivales, en l’occurrence le Maroc, et qui a courtisé assidûment le «vote beur» aux dernières élections législatives de juin 2007 en vue de s’épargner une déconvenue électorale…et qui sollicite désormais le vote des grands électeurs arabes -L’Arabie saoudite et l’Egypte- pour sa nomination à la direction du Fonds Monétaire International. Depuis son Algérie natale, les habitants de Sétif peuvent témoigner que la politique arabe de la France, du moins telle qu’ils l’ont vécu dans leur chair, n‘était pas une supercherie.

Question de savoir vivre, DSK fait preuve là d’un manque d’élégance lorsque l’on songe que le Quai d’Orsay a mis à sa disposition toute son infrastructure diplomatique pour propulser sa candidature à la direction du FMI.

Sur ce point, Dominique Strauss Khan est un bémol au dessous du CRIF dont le président de l’époque Roger Cukiermann, n’avait pas hésité à téléphoner à Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée pour lui signifier son opposition à la nomination d’un «arabe» au Quai d’Orsay, en l’occurrence une personnalité respectée de la diplomatie française, Hubert Vedrine, ancien ministre socialiste des Affaires étrangères et ancien secrétaire général de l’Elysée sous la présidence de François Mitterrand.

A propos du projet économique du Parti socialiste, DSK laisse entendre qu’il s’est affranchi du programme socialiste, reprenant à son compte la désastreuse formule de Lionel Jospin lors de la campagne présidentielle de 2002: «Ceci n’est pas un programme socialiste».

En réponse à Elie Cohen, un économiste réputé pour son néo-libéralisme, DSK s’engage tacitement à ne pas respecter les engagements de son parti: «Je n’endosse pas [les erreurs de diagnostics économiques du projet socialiste] puisque je [les] dénonce et j’ai passé mon temps à [les] dénoncer publiquement ! (…) Mais, si mettre toutes [les propositions économiques] bout à bout constitue une ressource utile, cette « bibliothèque » ne constitue pas à elle seule une politique. Il incombera donc au président de la République de fixer ses priorités. Libre à lui d’ajouter ou d’ajourner telle ou telle mesure selon son appréciation de la situation économique française».

Enfin le bouquet final intervient à propos d’Israël:
« Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël». Déclaration sur «Europe 1», en 1991, reprise par le Magazine «La vie en France », le 11 avril 2002 sous le titre «Trop Proche-Orient».

NDLR-RN: Il n’aurait pas été mauvais que Dominique Strauss Khan apporte aussi chaque jour sa modeste pierre à la construction de la France et à l’éveil politique de ses concitoyens, pas uniquement de ses coreligionnaires. Nous pensions naïvement que le combat politique relève d’un engagement civique. DSK nous éclaire sur le sens de son engagement dont la finalité ultime est le lobbying pro-israélien. Quelle horrible perspective à l’idée de savoir que la communautarisation de la vie publique en France est également imputable, rétrospectivement, au Parti Socialiste, qui passait portant pour être le parangon de la laïcité citoyenne.
A la tête du FMI, pour reprendre son expression, cherchera-t-il à apporter sa modeste pierre à la construction d’Israël, à lui ouvrir largement des lignes de crédit pour lui permettre d’absorber définitivement la Palestine, de parachever l’édification du «Mur de séparation», déclaré pourtant illégal par la cour de Justice internationale ?

Voici dans son intégralité l’article paru le 11 avril 2002 dans Le Magazine « la Vie en France »

DSK DANS LE MAGAZINE « LA VIE »

Trop Proche-Orient

«Pour une fois unanimes, tous les politiques hexagonaux, chefs de parti et candidats confondus, mettent en garde contre le risque de « transposer en France le conflit du Proche-Orient ». Un appel nécessaire, à un moment où des franges entières de la communauté nationale épousent les passions et les positions, qui des Israéliens, qui des Palestiniens.

À cet égard, les manifestations du week-end dernier ont montré à la fois le caractère pacifique de la majorité des sympathisants de l’un ou l’autre camp, et la violence, sinon le fanatisme, de certains groupuscules arabes et juifs.

Notre classe politique a raison de s’émouvoir, mais elle est loin d’être innocente en la matière: La pêche aux voix en terrain confessionnel est un sport national fort ancien.

Depuis des lustres, aucun candidat à la présidence n’a manqué le pèlerinage en Israël; aucun n’a manqué de se recueillir, kippa sur la tête, au pied du Mur des Lamentations. Aujourd’hui, on commence à faire étape à Alger. En attendant d’honorer Bamako ou Ankara. Et chaque visiteur d’y aller de sa petite phrase attestant son « amitié indéfectible » pour l’État juif.

À la veille des élections européennes de mars 1986, Lionel Jospin, alors secrétaire général du parti socialiste, déclarait froidement, à propos du transfert de la capitale d’Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, une démarche pourtant contraire au Droit International: « En tant qu’individu, en tant qu’amoureux de la beauté et de l’Histoire, je préférerais de beaucoup que la capitale soit à Jérusalem plutôt qu’à Tel-Aviv. »

Il est vrai qu’à l’époque le Likoud, au pouvoir en Israël depuis 1977, cherchait à structurer une communauté juive jugée trop assimilée. « Structurer », cela passait par l’affirmation de la « centralité » d’Israël par rapport à la diaspora.

D’où une conjonction entre le souci de la communauté de ménager l’appui de la France à Israël et le besoin de tel ou tel candidat d’un renfort de voix qui a fini par devenir une composante permanente de la vie politique nationale. On mesure l’évolution quand, début 1991, Dominique Strauss-Kahn affirme publiquement: « Je considère que tout juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël. »

On conçoit que pareil discours puisse générer un contre-communautarisme, musulman, cette fois, au détriment de la cohésion nationale.

Tentation d’autant plus forte que les grands partis (mis à part le PC, les Verts et… le FN) n’arrivent toujours pas à surmonter leurs blocages culturels pour s’ouvrir aux Français originaires du Maghreb, qui représentent pourtant près de 10% de la population. « Je refuse le communautarisme », vient toutefois de lancer Lionel Jospin. Le Premier ministre candidat ajoute: « Je ne jouerai jamais les passions les unes contre les autres».
Espérons que sa déclaration n’engagera pas que lui seul… Il y va non seulement de la paix intérieure, mais aussi de la position diplomatique de la France, qui reste un acteur de poids au Proche-Orient.

Or, un gouvernement français qui craindrait de mécontenter telle ou telle fraction de la population se retrouverait bien vite paralysé. Ce qui ferait le bonheur d’un Sharon ou d’un Saddam.
Signé S.Z.

Fin de citations……………..

II. Le négligent de la cassette Mery

L’homme qui, à la tête du FMI, doit symboliser l’orthodoxie financière et faire preuve de rigueur dans sa gestion, est, de surcroît, un négligent incorrigible, à en juger par ses aveux lors de l’Affaire de la cassette Mery, du nom du collecteur de fonds du RPR Jean Claude Mery, qui avait consigné, sur une cassette, son témoignage posthume relatif aux trafics des marchés de travaux publics d’Ile de France (1975-1995), notamment les commissions prélevées par le parti gaulliste RPR pour autoriser l’attribution des marchés aux entreprises dociles.

Une copie de la cassette Mery avait été remise à Dominique Strauss Khan, à l’époque ministre des Finances, par un avocat fiscaliste Me Alain Belot, défenseur du couturier de Karl Lagerfeld, alors en contentieux fiscal avec le ministère des Finances. Sommé de remettre la cassette à la justice, M. Strauss Khan avait déclaré l’avoir égaré pour se soustraire à l’accusation d’entrave à la justice. Selon l’hebdomadaire satirique «Le Canard Enchaîné», en échange de la remise de la cassette à M. Strauss Khan, le couturier Lagerfeld avait obtenu une remise de pénalités de l’ordre de cinquante millions de francs. «Le précédent gouvernement (de M. Alain Juppé) y était allé de sa fleur fiscale» assure également «Le Canard enchaîné» dans son édition du mercredi 19 septembre 2007 (cf tu parles Karl, page 5

Karl Lagerfeld, un chiraquien pur sucre, a ainsi obtenu une remise fiscale consistante d’un gouvernement socialiste sans que la gauche n’en titre profit ni politiquement, ni électoralement du fait de la négligence supposée de Dominique Strauss Khan.
Les révélations de la cassette auraient pu impliquer directement le Président de l’époque Jacques Chirac et perturber le déroulement des élections présidentielles de 2002, qui ont vu l’élimination du candidat socialiste le premier ministre Lionel Jospin, au bénéfice du candidat de l’extrême droite Jean Marie le Pen, au 2me tour de la consultation.
Jospin élu, gageons que DSK avait toutes ses chances pour être son premier ministre. Mais cette négligence lui a été fatale, à lui, et à la gauche, ouvrant la voie à un long règne de la droite, à une longue cure d’opposition des Socialistes pour déboucher finalement sur la course aux honneurs illustrée par le nombre impressionnant de transfuges socialistes qui ont renié leurs convictions pour un strapontin gouvernemental sous la présidence Sarkozy.

III. DSK au quotidien

Au quotidien, le comportement est plus choquant si l’on se réfère au Blog de Jean Quatremer, journaliste du quotidien français «Libération» accrédité auprès des institutions européennes à Bruxelles.

M. Quatremer exprime la crainte que DSK ne se laisse aller à ses penchants naturels vers la gente féminine et ne place la France et lui-même dans une inconfortable position, les éclaboussant d’un scandale comparable à celui qui a abrégé la carrière internationale de Paul Wolfowitz, l’ancien dirigeant de la Banque Mondiale, contraint à la démission pour avoir favorisé la carrière de son amie de cœur.

«Personne ne peut soutenir que M. Strauss-Khan est le candidat le plus qualifié au Monde de par son expérience, son intelligence et sa formation (…)
Il est le mauvais candidat, choisi de la mauvaise façon. (…)
Seuls ceux qui veulent que le Fonds ne soit plus légitime peuvent applaudir»
la candidature de DSK, soutenait le journal britannique «Financial Times» il y a exactement un mois le 28 Août 2007.

Tout le monde s’en était rendu compte de cette évidence, sauf en France.

Pour en savoir plus sur la manipulation de l’opinion et l’OPA tentée par Israël sur la communauté juive de France, voir à ce propos:

«Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine» de John Mearsheimer et S.Valt –Editions La Découverte- septembre 2007

«Une haine imaginaire? essai sur le nouvel antisémitisme en France» de Guillaume Weil Raynal –Editions Armand Collin-2006.

«Les nouveaux désinformateurs» de Guillaume Weil Raynal-Editions Armand Collon-2007

Pour aller plus loin :
Médiatiques DSK et la tradition anglo-saxonne (Par Daniel Schneidermann)
Le journal Libération du vendredi 13 juillet 2007

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Posté par René Naba le oct 19 2008. inséré dans France, Portraits.

12 Commentaires pour “DSK dans le texte…piqûre de rappel”

  1. Carmelo74

    Brillant article. Félicitations!
    Carmelo

  2. Metge

    Très bon site placé dans mes favoris, encore!!

  3. julie

    article très pertinent sur celui qui ce soir sur fr2 nous faisait gentillement remarquer que le monde ne tourne pas rond mais qu’il était là pour que ça change…on peut craindre le pire…

  4. David

    Salut,

    Le portrait est très dur mais bien documenté et factuel, bravo. Il faut toutefois mettre à part la dernière section « DSK au quotidien » ou vous visez non seulement en dessous de la ceinture mais avec des arguments bidons.

    a) qu’un journaleux parisien ragotte sur le caractère personnel de DSK, cela n’est en rien intéressant et c’est complètement abusif de parler de Wolfowitz à la BM !!

    b) Le financial times était isolé dans la presse anglo-saxonne avec son soutien au candidat tchèque. Et vous n’expliquez pas pourquoi le FT a attaqué DSK : parce que ce dernier a promis de réformer le Fonds en faveur des pays du Sud, ce dont le FT ne veut pas entendre parler au nom du consensus de Washington, dont tout le monde pourtant s’accorde à dire qu’il est dépassé.

    C’est dommage, vous aviez fait un bon papier que vous gâchez sur la fin en voulant y mettre le « petit plus » qui tue… et qui tue finalement surtout la crédibilité de l’article.

    bonne journée

    David

  5. meziane

    david je vous rejoints sur l’eloquence, la pertinence,et la verracité de cet article; seulement tenter de le discrediter en pretendant que, a elle seule, la derniere partie manque de grace, et du coup decredibilise l article entier est un peu leger de votre part.
    que vous le vouliez ou non nous avons affaire dans ces papiers de r.naba a des faits avérés
    ne vous en deplaise.

    meziane

  6. lionel

    Il est étonnant également que DSK n’a pas dit non à une éventuelle candidature présidentielle en 2012. Car s’il se présente cela sera contre celui qui à appuyé sa candidature pour la direction du FMI…

  7. admin

    Réponse à David [Visiteur]

    La vie politique est discréditée par tant d’abus qu’il importe que les postulants aux charges publiques, spécialement aux postes d’autorité, se pénétrent de la nécéssité de la transparence et s’abstiennent de se livrer à un abus d’autorité ou un abus de position dominante. Il y va de la bonne salubrité de la vie publique et de la démocratie

    En l’occurence il ne s’agit pas de viser « au dessous de la ceinture », mais de repercuter de faits avérés dont plusieurs consoeurs en ont été, sinon les victimes, du moins la cible. Nous ne nous grandissons pas en fustigeant un journaliste qui porte témoignage sur une vérité d’evidence. Je parle naturellement du journaliste de Libération à l’origine de cette révélation.

    Dans la société de l’esbrouffe et du spectacle, il est de l’honneur des journalistes de pratiquer un journalisme de vérité. Ne se grandit pas quiconque dénigre par dépit un tel acte de courage.

    Gageons que cette révélation aura un effet salutaire sur DSK et le portera à plus de retenue dans l’exercice ses nouvelles responsabilités et ses activités annexes et qu’en tant que Directeur d’une institution financière mondiale, il ne developpera pas, non plus, une vision communautariste de sa mission internationale.

    Voyez vous, cher Monsieur, le petit détail qui tue, c’est ce petit détail de comportement de DSK révélé par le journaliste de Libération, qui dévalorise un parcours qui aurait pu être par ailleurs remarquable.

    Entre vous et moi, je suis au regret de constater qu’il existe aussi une différence de détail, mais de taille, dans l’appréciation des servitudes liées au service public, qui fait la différence entre un homme d’état et un politicaillon.

  8. zephyrin

    Très bon article à reprenndre et à faire circuler

  9. Assia

    Merci pour cet article René!on y voit plus clair dans les entourloupes des politiciens même si certains se voilent la face.La vie politique se communautarise mais tant que c’est pour apporter sa « petite pierre » à la construction d’Israel,aucune instance internationale n’y mettra le ola bien que les fondations de ce pays soient souillées par le sang.Et le bouc emissaire a encore la même identité: il est arabe et surtout musulman,enfin pour l’instant…

  10. philippe

    Passionnant, et très bien documenté! Que ne lit-on ce genre d’article dans la presse….

    Philippe

  11. philippe

    Bonjour !

    Comme je trouve vos articles intéressants et de qualité,
    Comme, sur de nombreux points je partage vos analyses,
    Je me suis autorisée a, relayer l’un de vos articles, sur mon blog: STRAUSS-KHAN,

    vous pouvez le visionner sur mon blog et, si vous estimez, cette démarche préjudiciable à votre réputation, à vos intérêts ou que sais-je encore,il suffit de m’en informer et, je supprime l’objet de votre mécontentement…

    En attendant bravo pour vos travaux d’analyse et de décryptage !

    Hadria RIVIERE

  12. lef

    Le premier souci de DSK
    Le repli communautaire de nombreux juifs de France n’épargne pas même les présidentiables socialistes.

    Interrogé par Le Monde (19 septembre 2003), Patrick Klugman, membre du comité directeur du CRIF, s’inquiète du repli communautaire de certains français de confession juive : « A Sarcelles ou à Créteil, certains vivent en Israël dans leur tête » (1).

    A commencer par le maire de Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn qui déclarait dans un entretien à Passages en 1991 :
    « Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. Tout le monde ne pense pas la même chose dans la Communauté juive, mais je crois que c’est nécessaire. Car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu’un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd’hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l’infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël. » (2).

    Curieuse priorité pour un élu qui ne cache pas son ambition de devenir un jour président de la République française…!

    ——————————
    1) »Le malaise persistant des juifs de France », Le Monde, 20 septembre 2003
    2)Propos recueillis par Emile Malet, Passages n°35, février-mars 1991

    Le lien : http://www.communautarisme.net/Le-premier-souci-de-DSK_a70.html

source

L’usage des mots dans le conflit israélo-palestinien


Jeudi 9 juin 2011 à 19h30


Avec

Denis Sieffert

Journaliste français, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire français Politis, spécialiste des questions israélo-palestiniennes.

Co-auteur avec Joss Dray de La guerre israélienne de l’information,

La Découverte, 2002.

Auteur de l’ouvrage La guerre israélienne de l’information, Denis Sieffert nous parlera de l’usage des mots dans le conflit israélo-palestinien. La guerre, avant d’être une affaire de chars, d’avions et d’hélicoptères, est une affaire de mots. Dès le lendemain de la négociation de Camp David II, en juillet 2000 : le “ refus ” de Yasser Arafat d’accepter la “ généreuse ” proposition israélienne de restitution de “ 97 % ” des territoires occupés va devenir une vérité acceptée par l’ensemble de l’opinion internationale. Or il s’agit d’un pur mensonge. Comment les acteurs de cette entreprise ont-ils trouvé des relais au sein de la presse mondiale, et française en particulier ? Ces questions rappellent que les mots et les images peuvent tuer et nous appelle à les manier avec responsabilité.

Lieu : Centre Culturel Arabe

2, rue de l’Alliance (Métro Madou) – 1210 Bruxelles

PAF : 2 € (membres)/ 3€ (non-membres).

Le nombre de place étant limité il est conseillé de vous inscrire avant le 7 juin 2011 : abp.eccp@skynet.be

La double dynamique du conflit syrien



LEMONDE.FR | 01.06.11 | 09h12

Si les révolutions en Tunisie et en Egypte se sont jouées en quelques actes dramatiques, relativement simples et décisifs, le cas syrien s’apparente plutôt à un feuilleton alambiqué, dont on ne devine pas le dénouement. Aussi faut-il en suivre attentivement les épisodes, et rester attentifs aux rebondissements.

La violence qui agite le pays repose sur une double trame. D’un côté, il s’agit d’une révolte des provinces négligées par un régime qui en est pourtant issu. Hafez Assad, le père du président actuel, appartenait à une génération d’outsiders provinciaux d’origines très diverses, qui s’est battue pour son ascension sociale, la conquête d’un pouvoir accaparé par une élite quasi-féodale, et la projection de l’Etat vers les périphéries, à travers la provision de services, l’extension du maillage administratif, le déploiement du parti Baath, la mise en œuvre de grands projets de développement, etc.

La génération aujourd’hui au pouvoir a oublié ses origines. Elle a grandi à Damas, s’est mêlée à une élite urbaine qui a fait semblant de l’accepter, et a investi dans un processus de libéralisation qui, en Syrie comme ailleurs, ne profite qu’aux grandes villes au détriment des provinces. Dans ces dernières, l’Etat s’est éclipsé, de même que le parti, laissant les services de sécurité contenir un nombre croissant de problèmes – quand ils n’y contribuaient pas directement, en composant avec les trafiquants, les islamistes et les réseaux de corruption. Un peu partout en Syrie, ce legs éclate désormais au grand jour.

De l’autre côté se joue la revanche du régime policier allawite qui s’était constitué à la faveur de la grande répression du début des années 1980, quand le régime affrontait une insurrection sectaire dominée par les Frères musulmans. Ce régime que Bashar a hérité, il l’a en partie démantelé, écartant les barons des services et tempérant les abus de leurs agents. Les perdants de ce processus font actuellement un retour en force. Bashar, comme auparavant en période de crise, suit le mouvement.

Ce qui se passe sur le terrain est donc bien différent de ce qu’en dit le régime, bien qu’il n’ait pas tort sur tous les plans. Dans le discours officiel, la révolte serait une insurrection à dominante islamiste sponsorisée par l’étranger – semblable au phénomène d’il y a 30 ans. Mais le régime combat ses propres bases sociales bien plus que celles des Frères musulmans – dont les initiatives lancées de l’étranger rencontrent de faibles échos au niveau de la rue. Si fondamentalisme il y a, c’est essentiellement le résultat d’un vide laissé par un parti impotent, un Etat en retrait et un leadership retranché dans la capitale.

Dans les provinces, les Syriens ne voient plus aujourd’hui du régime que son pire visage : des services de sécurité qui ne se contentent pas de réprimer la composante armée du mouvement de protestation, mais tentent de l’écraser dans son ensemble, en recourant abusivement à la force, en multipliant les humiliations, en s’efforçant en somme de restaurer le mûr de la peur. Peine perdue : s’il y une chose que les manifestants ne laisseront pas définir leur avenir, c’est le règne des services. Ce qu’ils veulent, fondamentalement, c’est celui de l’Etat – à savoir une forme de gouvernement leur assurant une représentation politique et une redistribution économique un tant soit peu équitable… et des recours contre la violence de l’appareil sécuritaire.

La majorité silencieuse soutient tacitement le régime par crainte, justement, que sa chute ne précipite aussi l’effondrement de ce qu’il existe d’une structure étatique. C’est le cas d’une portion importante des minorités (qui tremblent à l’idée d’un agenda islamiste hégémonique) des classes moyennes (dont le statut est largement tributaire de l’Etat) et des hommes affaires (qui craignent pour leurs intérêts prosaïques). La révolte des provinces les inquiète et l’opposition en exil ne les rassure pas, appelant au renversement du régime tout en se passant d’articuler la moindre alternative crédible.

Prié de garantir une forme de stabilité, le régime ne s’en comporte pas moins de façon chaotique, que ce soit en matière de répression, de réforme, de dialogue avec l’opposition, ou encore de gestion des conséquences économiques du désordre. Ce faisant, il convainc une part croissante de cette majorité silencieuse de son incapacité à offrir une issue ; en somme, bien que la dichotomie offerte par le pouvoir, « nous ou le chaos », l’ait bien servi au début, de plus en plus de Syriens répondent « quand à subir le chaos, autant se passer de vous ». Ainsi, le régime pose les bases d’une mobilisation qui dépasserait largement le cadre de la révolte des provinces.

Aussi peu probable soit il, on ne peut pas exclure un autre scénario. L’approche sécuritaire adoptée par Bashar et portée par toute une élite soucieuse de protéger ou promouvoir ses intérêts, est en passe de démontrer son échec patent. Elle permet certes au régime de contenir l’ampleur de la mobilisation, mais ne l’éteindra pas. Elle catalyse la militarisation de certaines de ses franges, qui infligent à l’appareil de sécurité plus de pertes qu’il ne peut tolérer sur la durée. Et elle perpétue une instabilité qui fait perdre au régime ce qui lui reste de soutiens. Or, avec des ennemis nombreux et sans base populaire solide, il ne survivra pas.

Ce fiasco pourrait l’amener à rechercher plus sincèrement une sortie de crise politique, quand les partisans de la ligne dure n’auront plus rien à proposer. Il apparaît aujourd’hui qu’il a toujours été illusoire d’espérer que Bashar prendrait les devants, en se lançant dans une révolution contre son propre entourage. Mais les dynamiques au sein de l’élite pourraient néanmoins changer, en faveur d’éléments plus rationnels et raisonnables qui ont été marginalisés.

La lutte pour que la famille régnante se maintienne dans un climat de corruption, d’incompétence et d’impunité est une bataille qu’elle ne peut que perdre. La seule cause que le pouvoir peut espérer défendre, c’est celle de l’Etat, ce qui exigera de défaire bien des aspects qui font de lui un « régime ». A ce stade, celui-ci a le choix entre se démanteler lui-même par ses erreurs et ses excès, jusqu’à l’implosion, ou se démanteler de façon volontaire et systématique. S’il fait ce second choix, il aura besoin de tous les encouragements que la société internationale peut offrir.

Il y a fort à parier que le régime opte plutôt pour la voie du suicide collectif. Dans ce cas, tout reposera, en dernière analyse, sur la détermination de la société syrienne, qui pour l’instant résiste aux dynamiques d’éclatement dont joue le pouvoir, à l’y pousser sans l’y suivre.

Peter Harling, directeur de projet, basé à Damas, pour l’International Crisis Group

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