Tunisie: le couple Ben Ali sera jugé « dans les jours ou semaines à venir »


le 03.06.11 | 15h04

Le président déchu tunisien Zine el Abidine Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi seront jugés par contumace "dans les jours ou les semaines à venir" pour deux premières affaires, a déclaré vendredi à la presse un porte-parole du ministère de la Justice.

Le président déchu tunisien Zine el Abidine Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi seront jugés par contumace « dans les jours ou les semaines à venir » pour deux premières affaires, a déclaré vendredi à la presse un porte-parole du ministère de la Justice.
Deux dossiers contre l’ex-président et sa femme sont « prêts à être jugés, alors qu’ils sont en fuite » en Arabie Saoudite depuis la chute du régime autoritaire le 14 janvier dernier, sous la pression de la rue, a déclaré Kadhem Zine El-Abidine.
« Les juges d’instruction ont terminé leurs enquêtes. Elles seront transférées à la cour pénale « dans les jours ou les semaines à venir », a-t-il ajouté.
Le premier procès portera sur « la découverte d’armes et de drogues dans le palais présidentiel de Carthage », selon lui.
Le ministère tunisien de la Justice avait annoncé le 10 mars la saisie de près de deux kilogrammes de stupéfiants – sans doute du haschich – dans le bureau privé du président déchu au palais de Carthage.
La deuxième action en justice portera sur les 27 millions de dollars en liquide découverts en février par la commission tunisienne anti-corruption dans un palais de Ben Ali à Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis.
Au total, 88 enquêtes sont en cours concernant le couple Ben Ali, sa famille et d’anciens ministres et responsables du régime déchu, a indiqué le porte-parole du ministère de la justice. Leur état d’avancement est de « 70% à 80% », a-t-il ajouté.
Ces affaires concernent des cas d’homicides volontaires, d’abus de pouvoir, de malversation, de trafic de pièces archéologiques, de blanchiment d’argent et de violation de la réglementation sur les marchés publics.
Plusieurs pays européens ont gelé les avoirs de l’ex-président tunisien et ceux de sa famille, qui s’était considérablement enrichie pendant ses 23 ans de pouvoir.
M. Ben Ali a fait appel à un avocat libanais de renom pour assurer sa défense devant les tribunaux tunisiens et internationaux, a-t-on appris vendredi.
Trente-trois membres de son clan et de celui de son épouse Leila Trabelsi avaient été interpellés dans les jours suivant la chute de son régime.
Vendredi, l’une des soeurs de l’ex-président, Najet Ben Ali, a été entendue par un juge d’instruction à Sfax (sud) sur son implication présumée dans plusieurs affaires, dont l’incendie prémédité d’un dépôt de marchandises de contrebande, selon l’agence officielle TAP.
Elle a été remise en liberté en attendant la fin des enquêtes.

AFP source

Une base militaire israélienne en Libye près des frontières avec l’Algérie


19 May, 2011 12:59:00
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Selon un document écrit en hébreu, un accord a été signé entre Israël et le Conseil National de Transition (CNT) libyen à Benghazi, concernant l’installation d’une base militaire sioniste dans la région de Djebel Akhdar, pour une durée de trente années dans le cas où ces derniers arrivent au pouvoir

  • Le document qui comporte la mention « Forces de défense israéliennes », reçu par un officier ukrainien, révèle le contenu de l’accord signé entre Israël et le Conseil national de transition libyen à Benghazi, qui consiste en l’installation d’une base militaire sur les frontières libyenne, alors qu’Israël soutien l’opposition libyenne en lui fournissant des armes, en faisant des pressions sur les pays européens pour reconnaitre le CNT et entraînant les membres de l’opposition dans le but de préparer une armée forte.
  • L’intensification des frappes aériennes de l’Otan contre les forces pro-Kadhafi pour l’obliger à quitter le pouvoir fait parti de la stratégie.
  • Le document en question a soulevé beaucoup de doute, selon des observateurs, étant écrit de gauche à droite. Aucune réaction de la part de l’opposition libyenne à Benghazi pour confirmer ou infirmer ces informations.
  • Les pro-Kadhadi distribuaient le document dans le but de convaincre et de monter l’opinion générale dans les pays voisins contre l’opposition.
  • Dans le cas ou l’information est confirmée, l’Algérie serait le plus concerné par la présence des sionistes sur les frontières avec la Libye et permettra à l’organisation du groupe salafiste pour la prédication et le combat, qui se fait appelé el Qaïda au Maghreb Islamiste (AQMI) d’avoir beaucoup plus d’arme pour mener ses opérations criminelles dans la région, après que ses activités ses sont étendues au trafic que drogue et des armes. L’organisation terroriste trouvera un environnement propice à ses activités à l’ombre de la présence sioniste, surtout que l’Algérie est le pays le plus hostile à l’entité sioniste.
  • Ennahar/ Dalila B.

L’immense courage des Syriens


vendredi 03 juin 2011

+ BLOG. Tout un monde

Comme tous les vendredis, depuis le 15 mars, des milliers de Syriens vont descendre aujourd’hui dans les rues pour manifester leur hostilité au régime de Bachar al-Assad. En sortant de chez eux ce matin, ils ne savent pas s’ils reviendront ce soir. La plupart laissent leur téléphone portable à la maison, pour ne pas être repérés par la police. Ce n’est pas un réseau qui se soulève, c’est tout un peuple. Lucide. Les jeunes Syriens savent parfaitement les horreurs dont ce régime est capable. Leur courage n’en est que plus grand et plus émouvant.

Des horreurs, en quarante-huit ans d’état d’urgence, les Syriens n’en ont que trop vu. Derrière le quotidien d’une surveillance policière systématique, d’authentiques massacres ont été perpétrés. En février 1982, notamment, à Hama, dans l’ouest du pays. Un soulèvement y fut réprimé dans le sang, à coups de chars et d’artillerie. Aucun bilan précis n’existe, mais le chiffre de 15 000 morts est considéré unanimement comme une estimation basse.

Depuis les premiers soulèvements, le spectre d’Hama hante tous les esprits. Lorsque les habitants des villages situés entre la ville de Deraa et la frontière israélienne ont vu, fin avril, des chars arriver de Damas, ils ont, un instant, pensé qu’ils se dirigeaient vers le Golan, vers l’ennemi. Lorsqu’ils ont compris que le régime les avaient envoyés contre eux, pour rétablir l’ordre, le souvenir de Hama a immédiatement affleuré.

En dix semaines, plus de 1 100 manifestants auraient été tués et 10 000 arrêtés. Cela n’a pas stoppé le mouvement. À chaque manifestation, des tireurs d’élite placés sur les hauteurs tirent sans sommation. Prenant pour cible y compris des enfants. Les images du corps mutilé d’un adolescent de 13 ans, torturé fin avril près de Deraa, circulent depuis quelques jours sur Internet et ont été brandies hier lors de nouvelles manifestations meurtrières. Elles donnent la mesure de la répression en cours.

On disait Bachar plus libéral que son père Hafez. Jusqu’en janvier, de nombreux Syriens voulaient encore le croire. Les violences en cours démentent cet espoir. L’amnistie décrétée mardi, suivie hier de la libération de centaines de prisonniers politiques, arrive bien tard. Trop tard sans doute. Car plus personne ne croit à la volonté réformatrice du régime.

Depuis des décennies, la dynastie Assad invoque le facteur de stabilité pour justifier sa permanence. Stabilité intérieure, dans un pays composite et multiconfessionnel. L’après-Assad fait d’ailleurs peur aux minorités, notamment chrétienne, qui redoutent un scénario à l’irakienne. Stabilité régionale, la Syrie étant frontalière de l’Iran, de l’Irak, de la Turquie, du Liban, d’Israël.

Au nom de cette stabilité, Paris et Washington ont tout fait pour renouer avec Damas. En vain. Tristement inutile, la présence d’Assad au défilé du 14 juillet 2008 à Paris n’a pas gommé les réflexes tortionnaires de ses milices. On peut penser que les sanctions internationales n’auront pas plus d’effet. C’est des forces d’opposition, réunies actuellement en Turquie, qu’une alternative politique peut venir.

Car une intervention militaire, comme en Libye, est exclue. Ce serait ouvrir la boîte de Pandore. Elle est même impensable, compte tenu du véto russe. Les Syriens le savent et comptent sur leurs propres forces. Ils espèrent que l’armée va finir par craquer. Deux cents soldats auraient été abattus pour avoir refusé de tirer sur la foule. Le signe d’un régime aux abois.

Laurent Marchand