On tue en Syrie et personne n’ose bouger


BAUDOUIN LOOS

jeudi 09 juin 2011, 06:29

Pour la video voir ici

Amère Syrie. Monstrueuse dictature qui tire sur son peuple. Que veut celui-ci ? La liberté ! En réponse, le régime n’hésite pas à perpétrer des massacres. « Ils ont tiré sur les gens depuis des hélicoptères, ils tiraient au hasard », déclarait par exemple mardi un témoin après avoir passé la frontière turque, non loin de Jisr al-Choughour, la ville où il avait vu la mort de près.

Au début de ce qu’on appelle désormais « le printemps arabe », Bachar el-Assad, le despote local, avait cru pouvoir déclarer – c’était au Wall Street Journal, le 31 janvier – que son pays resterait stable, parce que lui écoutait la rue. Naïveté ou cynisme ?

Sans doute pensait-il ce qu’il disait. L’homme était populaire dans certains milieux. Les réformes qu’il avait annoncées en succédant à son père en 2000 se faisaient sans doute attendre, mais beaucoup y croyaient, se félicitaient de timides débuts d’ouverture.

Mais le « système » syrien est rétif aux réformes. Elles incarnent la fin des privilèges, des passe-droits, de la prédation économique. Voire, à plus long terme, et si la démocratie devait prévaloir, l’inquiétant horizon qui consisterait à devoir un jour rendre des comptes. Pour les larcins, mais aussi pour les mille et une violations des droits humains qui font que, en Syrie, un citoyen n’existe pas, il n’est qu’un sous-être qui doit filer doux et se taire, ou risquer la torture, l’emprisonnement, la mort…

Cet univers totalitaire qui fait de la peur aux tripes une lancinante compagne s’est doublé, depuis plusieurs semaines, d’une répression généralisée, où les morts par balles ne se comptent plus.

Et la communauté internationale ? Elle regarde le sol. Personne n’ose bouger. La Syrie voisine l’Irak, le Liban, Israël, la Turquie, et est l’alliée de l’Iran. La peur de l’inconnu. Du vide.

Alors on adopte juste des sanctions. Qui ne menacent pas le régime. L’ONU renâcle. Paris et Londres proposent une résolution « condamnant la répression et exigeant des comptes ainsi qu’une action humanitaire ». Mais Moscou risque de mettre son veto.

En Syrie, pendant ce temps, on tire sur la foule. Encore et toujours. Seule une mutinerie générale de l’armée pourrait interrompre le massacre. Ou provoquer une guerre civile. Amère Syrie, décidément.

Israël, parlons-en !, le livre tabou réédité et actualisé


Vous avez été nombreux à demander des nouvelles d’Israël, parlons-en ! devenu introuvable en librairie… En fait, nous étions en train de préparer une nouvelle version, actualisée. Quel impact les révoltes arabes auront-elles sur Israël ? Comment évoluera l’Egypte ? Les USA risquent-ils de perdre le contrôle du Moyen-Orient ? Quels nouveaux acteurs sont en train de changer les rapports de forces ? Michel Collon explique pourquoi cette nouvelle version et tire le bilan de ses nombreuses rencontres avec le public…

INTERVIEW : INVESTIG’ACTION
 
Vous rééditez Israël, parlons-en ! dont la première édition était sortie il y a tout juste un an. Pourquoi ?
Michel Collon : Pour deux raisons. D’abord, la demande du public a été et reste très forte…
Des chiffres ?
7000 exemplaires vendus en un an.
Pourtant, on n’en a pas beaucoup parlé dans les médias !
Pas du tout, en fait. Pas une seconde à la télé, pas une ligne dans la presse. Nulle part.
Les médias étaient au courant ?
Bien sûr, avec communiqués, service de presse et tout. Mais critiquer les médiamensonges qui entourent Israël, c’est le plus grand tabou actuel.
Le public montre plus de curiosité ?
Oui, nous avons reçu un énorme courrier : remerciements, encouragements, questions, propositions pour diffuser…
Et votre deuxième raison pour rééditer ?
Il y a urgence politique. Les révoltes arabes ont affaibli les Etats-Unis et il est possible d’isoler Israël.
Vous y croyez ?
De plus en plus. Les Etats-Unis, déjà affaiblis par leur déclin économique, leur endettement colossal, leurs guerres perdues, la montée en puissance de la Chine, la volonté d’indépendance des pays du Sud (Brésil, Venezuela, Inde, Pakistan, Turquie…), sont en train de perdre leur domination mondiale. Si le parrain d’Israël est de plus en plus fragile, il faut absolument en profiter pour aider les Palestiniens à obtenir leurs droits.
Votre livre n’est pas passé à la télé. Par contre, vous avez été fort invité par le monde associatif : près de cinquante conférences, qui se déroulaient selon une méthode originale à ce qu’il paraît…
Oui, j’avais choisi de bousculer un peu les habitudes. Au lieu du traditionnel « exposé, questions, réponses », je commençais par interroger le public.
Original en effet, et pourquoi ?
Pour partir de son expérience, des questions que les gens se posaient et des difficultés qu’ils rencontraient en parlant d’Israël dans leur milieu. Après, j’adaptais mon exposé pour répondre à ces questions spécifiques.
Et que vous a appris leur expérience ?
Un grand paradoxe. D’un côté, les gens comprennent parfaitement que la question d’Israël – le flic des USA pour contrôler le Moyen-Orient et le pétrole – est d’une importance décisive pour le rapport des forces dans le monde, et c’est le problème international qui sensibilise et mobilise le plus aujourd’hui en Europe, de très loin. Et de l’autre côté, c’est la question sur laquelle les gens se sentent le moins en état de changer les choses. Il y a un grand désarroi, un sentiment d’impuissance. On ne sait pas comment s’y prendre !
C’est pourquoi après les interviews de Chomsky, Ramadan, Sand, Gresh, Warschawski, Hassan, qui éclairent chacun un aspect d’Israël et de son histoire, vous concluez par votre apport personnel : « Comment parler d’Israël ? »
Oui, je propose une méthode concrète pour discuter efficacement autour de soi.
Ca marche ?
J’ai reçu beaucoup de mails et de témoignages de gens que cela a bien aidé, oui. Et pour moi, c’est ça la meilleure récompense d’un grand travail. Le plus important n’est pas d’avoir écrit un livre, c’est ce que les gens en font après. C’est alors que commence le vrai travail…
Justement, un tel livre, c’est un gros boulot ?
Oui, mais heureusement, j’ai pu compter sur l’aide précieuse d’Abdellah, Aurore, Ihsane, Vinciane et de nombreuses autres personnes. La démarche d’Investig’Action c’est ça : un engagement bénévole, citoyen, militant, pour apporter à chacun les instruments dont il a besoin pour être actif et efficace.
Bon, mais votre livre s’adresse quand même essentiellement aux déjà convaincus »…
Non. Le courrier reçu montre que ce livre touche deux sortes de publics : 1. Les convaincus qui ne savent pas comment répondre à certaines thèses des pro-Israël et des médias. 2. Les curieux, les gens qui n’ont pas encore pris position et cherchent à voir clair dans la confusion des infos quotidiennes.
Là, vous êtes en train de demander aux « convaincus » d’offrir ce livre aux « pas convaincus » !
Oui, nos lecteurs le savent : tous les revenus de nos livres et films servent à soutenir la réalisation du site www.michelcollon.info , en finançant des emplois de jeunes journalistes. Acheter, offrir, diffuser nos livres c’est investir dans l’info libre.
Vous n’avez jamais débattu de ce livre avec des porte-paroles du sionisme, du lobby pro-Israël ? Vous ne voulez pas ?
Je veux bien, mais lorsqu’ils ont été sollicités par diverses associations, ils ont tous refusé.
Pourquoi ?
Il faudrait leur demander. Parce qu’ils n’ont pas d’arguments solides ? Moi, je souhaite qu’il y ait enfin sur Israël un vrai débat poli, calme, basé sur des faits vérifiables par chacun. Ce serait très utile pour faire avancer la vérité et la justice, donc la paix un jour !
Le monde arabe vient de se réveiller. Cela aura-t-il un impact sur le conflit israélo-palestinien ?
Evidemment. C’est pourquoi nous avons complété le livre en organisant un débat entre Samir Amin au Caire, Michel Warschawski à Jérusalem et Mohamed Hassan à Bruxelles. Ils éclairent la relation USA – Egypte – Israël et permettent de comprendre les bouleversements qui s’annoncent.

C’est-à-dire ?
Les dirigeants d’Israël sont très inquiets et risquent – comme d’habitude dans ce cas-là – de se lancer dans de nouvelles agressions. C’est notre responsabilité à tous d’empêcher cela en informant au maximum chacun là où nous sommes.

Bienvenue en Palestine


Arrivée : le 8 juillet pour tous les participants de tous les pays. Début des activités sur place le 9 juillet, date anniversaire de la décision le 9 juillet 2004 de la Cour de Justice Internationale (La Haye) qui a jugé illégal le mur construit par Israël, de même que les colonies installées dans les territoires palestiniens. Ce tribunal a estimé qu’il ne s’agissait pas d’un mur de séparation, mais d’un mur d’annexion et a exigé sa destruction ainsi que le démantèlement des colonies installées au delà de la Ligne Verte (tracé des frontières d’Israël avant le 4 juin 1967).

Un an plus tard, le 9 juillet 2005,170 associations représentant la société civile palestinienne (rejointes depuis par des centaines d’autres) lançaient, en l’absence  de prise en compte de ce jugement par les gouvernements, un appel à la société civile internationale pour qu’elle s’engage à agir et à  faire respecter le droit international.

Du 9 au 16 juillet, nous sommes appelés à venir massivement constater sur place l’aggravation de la situation d’apartheid et de nettoyage ethnique des Palestiniens, à Jérusalem Est comme en Cisjordanie.

Nous serons donc amenés à visiter les villes, villages et camps où les Palestiniens se voient spoliés de leurs terres, chassés de leurs maisons, agressés par des colons, empêchés de circuler librement à l’intérieur des territoires palestiniens.

Qui sont les organisateurs de cette mission ?

Cette mission est coordonnée par les 15 associations qui ont lancé l’appel et l’invitation à venir les accompagner dans leurs  tâches quotidiennes du  8 au 16 juillet. Elles regroupent des Palestiniens musulmans et chrétiens, vivant dans des grandes villes comme Béthléem, Hébron ou Ramallah, Jérusalem-Est, mais aussi des villages comme Bi’lin, Al Walaja, Al Maasara, et des camps de réfugiés comme Aïda, Deishe, Beit Omar, Balata… et participant à la résistance populaire palestinienne par des moyens non violents.

Ils ont l’habitude de recevoir des internationaux, mais estiment que cette fois-ci une grande mission s’impose pour attirer l’attention du monde entier sur leur situation de plus en plus critique. En raison du blocus total et des massacres israéliens, l’attention s’est concentrée sur la situation  dans la bande de Gaza. Israël, en profite, pendant ce temps pour progresser à grand pas dans le vol de terres, l’expulsion, la colonisation et la ghettoïsation des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem est. Les organisateurs de la mission  soulignent que la situation est aussi grave dans les deux régions et que le peuple palestinien  ne forme pas deux entités, mais une seule, en butte à la même oppression qui a pour but de chasser les Palestiniens de leurs terres.

 

Comment se déroulera la prise en charge pendant cette semaine ?

Nous partagerons les activités des Palestiniens, nous serons accueillis par les familles. Toute la logistique (transport,  logement et alimentation) est organisée par le comité d’organisation palestinien, qui évalue à environ 30 euros par jour le coût de la prise en charge pour chaque personne (réductions importantes pour les enfants)

 

Les règles de conduite sur place
Nous rappelons que la principale règle de conduite de cette mission est la non-violence. Et toutes les activités que nous prévoyons pendant la mission sont pacifiques.

Cette mission n’est pas un voyage du type « club de vacances ». Il nous arrivera donc de croiser des soldats de l’occupation sur notre route. Il est également possible qu’ils tentent de nous intimider ou de nous provoquer. Nous ne répondrons pas, et refuserons toute violence physique ou verbale. Les nombreux Palestiniens qui nous accompagneront dans toutes nos activités nous serviront de ce point de vue de guides.

Comment prendre son billet d’avion ?

Chacun doit prendre son propre billet aller-retour. La date d’arrivée doit être le 8 juillet, mais la date de retour est à la convenance personnelle de chacun, en fonction de ses disponibilités. Nous sommes contraints de passer par l’aéroport de Tel Aviv, puisqu’Israël a détruit l’aéroport palestinien et que nous n’avons pas d’autre choix pour nous rendre en Palestine (passer par Amman en Jordanie, non seulement coûte plus cher mais nous amène à être confrontés de la même manière aux services israéliens qui contrôlent l’entrée en Cisjordanie par le Pont Allenby).

Il est conseillé d’acheter son billet sur internet, via des des sites tels que Go Voyages et OPODO, lebonprix.com, ebookers, en choisissant les vols les plus intéressants, et en prenant conseil avant l’achat auprès des contacts indiqués sur ce site.

A l’heure actuelle les prix des aller-retour (le plus souvent avec une escale) varient entre 300 et 500 euros. Il est conseillé de profiter des vols à bas prix pendant qu’ils sont disponibles. Si vous rencontrez des difficultés ou si vous hésitez, vous pouvez contacter en France, comme dans d’autres pays, des militants qui vous aideront à choisir un vol. Voir la rubrique « Participer à la mission » sur ce même site.

Quelles formalités avant le départ ?

Pour les participants de nationalité française, il n’y a pas de formalités particulières à remplir ni de visa à obtenir. Il faut simplement vous assurer que votre passeport est valide au minimum six mois après la date du retour.

Pour les participants de nationalités étrangères, la situation varie d’un pays à l’autre. Pour tous ceux qui ne sont pas ressortissants de l’Union Européenne, il est parfois nécessaire d’obtenir un visa. Israël refoule souvent les ressortissants de pays tels que l’Algérie, le Liban, la Syrie…. Donc, bien se renseigner à ce sujet.

 

Que faut il emporter ?
Nous serons au début de l’été et il faut donc n’emporter que des vêtements légers. Les personnes plus âgées qui le souhaitent dormiront à l’intérieur des maisons palestiniennes, et les autres participants camperont sur leurs terrains. Donc emporter des tentes et sacs de couchage légers, car les nuits ne sont pas froides.

Prévoir  protection solaire, lunettes de soleil, casquette ou chapeau
Les bagages que l’on ne met pas en soute et que l’on garde en cabine dans l’avion, ne doivent contenir ni objets tranchants, ni liquides.

Emporter des bonbons et biscuits que nous offrirons dans les familles.

N’oubliez pas de prendre vos appareils photo et vos caméras !

Emportez vos instruments de musique s’ils sont transportables, et dites-nous dès maintenant de quel instrument vous jouez !

 

Argent

Il vaut mieux emporter des espèces, mais il est toujours bon d’avoir sa carte bleue sur soi, en cas de nécessité. Une partie des euros seront  changés en shekels sur place, monnaie en vigueur en Israel comme en Palestine. Prévoir un montant équivalent à une trentaine d’euros par jour et par personne (le transport en car d’une ville à l’autre est cher), et afin de pouvoir laisser un peu d’argent aux familles palestiniennes qui nous accueilleront.

 

Langues
La langue parlée en Palestine est l’arabe. Le dialecte palestinien est plus proche de l’arabe littéraire que l’arabe dialectal parlé au Maghreb par exemple. L’anglais est la deuxième langue du pays et vous serez dans la plupart des cas facilement compris. Il est conseillé de se remettre un minimum à niveau en anglais, ou de prendre un petit guide de conversation, même si toutes les visites et discussions de groupe seront traduites en Français (et dans d’autres langues). Nous aurons également des échanges avec les internationaux d’autres pays, et l’anglais est la langue de communication la plus répandue.

 

Communication

Le réseau téléphonique couvre la majeure partie de la Cisjordanie. Si vous possédez un abonnement avec une option vous permettant d’appeler à l’étranger, vous pourrez utiliser votre téléphone directement sur place.  Il est aussi possible d’acheter une carte SIM sur les lieux.

 

Comment puis-je contribuer à la réussite de cette mission ?
Le succès de cette mission repose sur chacun et chacune d’entre nous à tous les niveaux et notamment avant le départ, c’est à dire dans la période actuelle.

Plus nous serons nombreux et plus nous serons en mesure de délivrer un message fort. Il faut donc faire connaître largement cette initiative, convaincre ses proches, ses amis d’y participer. Ce site est un bon moyen de faire connaître le projet, mais aussi les flyers à votre disposition, et bien entendu tous les réseaux et autres sites via internet.

Organisons dans toutes les villes un maximum d’événements d’ici juillet pour faire connaître la mission « Bienvenue en Palestine » (projection de films, tables d’information lors de meetings, concerts, soirées couscous…)

Prenons rendez-vous avec nos élus respectifs pour leur parler de la mission, leur proposer d’y participer, et au minimum de la soutenir.

Demandez à des personnalités (élus, universitaires, sportifs, journalistes, artistes, écrivains…) de faire partie du Comité de Soutien de cette mission, aux côtés de Mgr Jacques Gaillot, la sénatrice Alima Boumediene-Thiery, …..

Demandez à celles et ceux qui ne peuvent pas nous accompagner en juillet de parrainer des jeunes qui veulent venir mais ont du mal à réunir la somme nécessaire, en envoyant un don (voir la rubrique « Parrainer un(e) volontaire) »). Si vous-même avez des difficultés à financer ce voyage, demandez à vos amis de vous donner un coup de pouce financier.

 

Autres informations

Des réunions de préparation du voyage seront organisées dans plusieurs villes de France. Ainsi que dans toutes les villes où des participants sont inscrits ( Belgique ).Chaque participant(e) nous ayant laissé ses coordonnées sera dûment informé(e) de la tenue de ces réunions.

 

info et contact pour Bruxelles

http://bienvenuepalestine.com/

http://bienvenuepalestine.com/WordPress/?p=64

Demande d’info :

palestine.libre2011@yahoo.fr

            +32485549579      

Nadia.B

Ali AARRASS


7 juin 2011 – COMMUNIQUE DE PRESSE

CABINET D’AVOCATS JUS COGENS – Me Christophe MARCHAND (GSM: 32.486.32.22.88 ; cm@juscogens.be) – Me Dounia ALAMAT (GSM:32.472.40.58.02 ; da@juscogens.be) – Me Nicolas COHEN (GSM : 0032.470.02.65.41 ; nc@juscogens.be)

Affaire Ali AARRASS : Après une extradition illégale et la torture, un premier pas dans la bonne direction ? 

Ali AARRASS est belgo-marocain. Il était détenu en Espagne depuis avril 2008 suite à une demande d’extradition formulée par le Maroc, malgré qu’il ait été blanchi par la justice espagnole des mêmes accusations.

Ali AARRASS s’opposait fermement à son extradition en raison de ses craintes d’être torturé. Il a fait trois grèves de la faim pour l’éviter.

Le 26 novembre 2010, le Comité des droits de l’Homme des Nations-Unies a pris une mesure provisoire et a demandé l’Espagne de ne pas extrader Ali AARRASS en raison du risque très important qu’il ne subisse des traitements inhumains et dégradants.

L’Espagne a totalement ignoré ses obligations internationales et a, envers et contre tout, extradé Ali AARRASS vers le Maroc le 14 décembre 2010.

A son arrivée au Maroc, comme tous le craignaient, Ali AARRASS a été sauvagement torturé : il a été insulté, menacé, privé de sommeil, de nourriture et d’eau, battu, violé, électrocuté…

Ali AARRASS a, dans ces terribles conditions, signé des dizaines de pages qui lui ont été présentées et que l’accusation qualifie aujourd’hui « d’aveux ».

Le dossier marocain est uniquement constitué de ces prétendus aveux, obtenus sous la torture. Il s’agit de documents rédigés en langue arabe et qui se présentent sous la forme de très longues déclarations. Pratiquement aucune question n’est actée. Les heures et les jours d’interrogatoires ne sont pas précisés. Aucun élément objectif ne vient corroborer ce récit inventé de toute pièce.

Malgré sa peur d’être à nouveau torturé, ALI AARASS a décidé de porter plainte du chef de torture non seulement au Parquet mais également auprès du Ministre de la Justice et du Conseil National des Droits de l’Homme. Aucune suite n’a encore été réservée à cette dernière. Il incombe pourtant aux Etats de diligenter sans tarder une enquête approfondie lorsqu’un individu allègue avoir fait l’objet de mauvais traitements en garde-à-vue.

Lors d’une première audience devant la Cour d’appel de Rabat, la Cour a refusé la remise en liberté provisoire sollicitée par les avocats marocains d’Ali AARRASS.

Un pas positif a cependant été réalisé à l’audience du 2 juin 2011. La Cour d’appel a en effet fait droit à la demande de la défense d’Ali AARRASS relative à la nécessaire présence d’un interprète. Il est en effet essentiel, dans un procès pénal, que l’accusé puisse « se faire assister gratuitement d’un interprète, s’il ne comprend pas ou ne parle pas la langue employée à l’audience »[i].

La prochaine audience aura lieu ce 9 juin 2011, à 9h. Mes DADSI et LOUSKI demanderont qu’Ali AARASS soit confronté avec Messieurs BELLIRAJ, NOUGAOUI et BEN JETTOU. Ils solliciteront également les auditions d’un journaliste, témoin de fouilles réalisées dans la propriété d’un membre de la famille d’Ali AARRASS, ainsi que d’un oncle maternel. Cet élément permettrait en effet de prouver l’inéquité de la procédure puisque tous les éléments favorables à l’accusé ne sont pas versés dans le dossier répressif.

En reconnaissant le droit d’Ali AARRASS d’être assisté d’un interprète, la Cour d’appel a reconnu l’importance de cette assistance au regard du droit au procès équitable. Implicitement également, la Cour d’appel a reconnu l’existence d’une violation dudit droit puisque les prétendus « aveux » d’Ali AARRASS ont été entièrement rédigés en arabe, langue que ne maîtrise pas Ali AARRASS.

Les dizaines d’avocats marocains, belges, espagnols et anglais qui défendent Ali AARRASS espèrent que la Cour d’appel poursuivra dans cette voie et tirera toutes les conclusions et toutes les conséquences découlant de la violation des droits de défense d’Ali AARRASS[ii].


[i] Article 6.3 e) de la Convention européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales

[ii] Liste non exhaustive :
Me Alain Vergauwen, Avocat au Bareau de Bruxelles

Me Alexis Deswaef, avocat du Barreau de Bruxelles et Président de la Commission étrangers de la Ligue des droits de l’Homme

Me Annemie Schaus, avocate au Barreau de Bruxelles, Professeur, Vice-rectrice aux relations institutionnelles et aux transferts de connaissances Université Libre de Bruxelles

Me Bruno Dayez, avocat au Barreau de Bruxelles
Me Cavit Yurt, belgo-turc avocat au Barreau de Bruxelles

Me Charlotte Morjane, avocate au Barreau de Bruxelles
Me Christophe Marchand, avocat au Barreau de Bruxelles
Me Dounia Alamat, belgo-jordanienne, avocate au Barreau de Bruxelles, membre du SAD (Syndicat des avocats démocratique)
Me Elvin Hasandjekic, belgo-albanais avocat au Barreau de Bruxelles
Me  Emmanuelle Schouten, avocate au Barreau de Bruxelles
Me Frances Webber, BSc, barrister at the Bar of England and Wales
Me Géraldine Lenelle, avocate au barreau de bruxelles, membre du SAD (Syndicat des avocats démocratique) et de la commission étrangers de la ligue des droits de l’homme
Me Ian A Macdonald QC, Garden Court Chambers,57-60 Lincoln’s Inn Fields, London
Me Isa Gultaslar belgo-turc avocat au Barreau de Bruxelles
Me  Ivo Flachet, avocat au Barreau de Bruxelles

Me Jean-Pierre Buyle, avocat et Bâtonnier du Barreau de Bruxelles

Me John Hendy, QC (Queen’s Counsel), LL.M (Master of Laws) UK.
Me Jan Fermont, avocat au Barreau de Bruxelles, membre du bureau exécutif de l’Association Internationale de Juristes Démocratiques
Me Jo Wilding, Barrister, Garden Court Chambers, London, British
Me  Joke Callewaert, avocate au Barreau de Bruxelles
Me Julie Tieleman, avocate au Barreau de Bruxelles
Me Lahcen Dadsi avocat au Barreau de Casablanca, Président du jeune Barreau de Casablanca.
Me Laurent Kennes, avocat au Barreau de Bruxelles, assistant en droit et professeur
Me Liz Davies, Barrister, UK, Chair Haldane Society of Socialist Lawyers
Me Marc Nève, avocat au Barreau de Liège, ancien pdt d’Avocats Sans Frontières, membre du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT – Conseil de l’Europe)

Me Mark George Q.C., Garden Court North
Me Mathieu Beys, juriste, membre de la Commission justice de la LDH
Me Mehdi Abbes belgo-tunisien avocat au Barreau de Bruxelles
Me Michael Mansfield QC – Hon. Fellow (University of Kent), Visiting Professor of Law (University of Westminster), Professor of Law (City University), Bencher, Honourable Society of Gray’s Inn

Me Miguel Troncoso Ferrer, Avocat aux Barreaux de Bruxelles et de Pamplona
Me Mohamed Aghenaj avocat au Barreau de Casablanca
Me Mohamed Jalal, avocat au Barreau de Rabat
Me Najat  Bakkioui, belgo-marocaine avocate au Barreau de Bruxelles
Me Navtej Singh Ahluwalia, human rights barrister, UK,Garden Court Chambers
Me Nicolas Cohen, français, avocat au Barreau de Paris établi à Bruxelles
Me Jean-Marie Dermagne avocat, ancien bationnier, responsable régional de la Ligue des droits de l’homme, directeur du Service de recherche en droit de l’enseignement – Sirde /UCL/ LLN
Me Olivia Venet, avocate au Barreau de Bruxelles, Présidente de la Commission justice de la Ligue des droits de l’homme, Membre de la Commission consultative de  DIH (droit international humanitaire) de la Croix-Rouge de Belgique suppléant à l’Université libre de Bruxelles
Me Olivier Stein, avocat au Barreau de Bruxelles
Mter Paul Bekaert, avocat au barreau de Bruges
Me Redwan Mettioui, belgo-marocain avocat au Barreau de Bruxelles
Me Sadat Sayeed Barrister Garden Court Chambers British and Bangladeshi national
Me Sami Abbes, belgo-tunisien avocat au Barreau de Bruxelles

Me Samira Gazzaz, franco-tunisienne, avocate au Barreau de Bruxelles
Me Selma Benkhelifa, avocate au Barreau de Bruxelles
Me Shabee Shah, belgo-pakistanais avocat au Barreau de Bruxelles
Me Virginie Gauché, avocate au Barreau de Bruxelles
Me Thomas MacManus, Esq. Solicitor (Ireland) Attorney-at-Law (New York)
Me Thomas Mitevoy, avocat au Barreau de Bruxelles
Me Valentin Henkinbrant, avocat au Barreau de Bruxelles
Me Véronique van der Plancke, avocate au Barreau de Bruxelles, chercheuse à l’Université de Namur et associée à l’Université de Louvain-la-Neuve, Vice-présidente de la Ligue belge des droits de l’Homme.
Me Zakaria Louski, avocat au Barreau de Meknès et Barreau pénal international de la Haye
Me Manuel Olle, Barreau de Madrid
Me Mohamed Ali Nayim, du Barreau de Melila

Cinéma Attac le 16 juin


Le jeudi 16 juin à 21 heures 30,

à l’Arenberg

le Cinéma d’Attac présente

l’Oscar 2011 du meilleur film documentaire

INSIDE JOB

 

de Charles FERGUSON

 

Comment Wall Street a réussi à commettre le hold-up parfait.

Un reportage-événement qui aura coûté

plus de 20.000 milliards de dollars…

Dès 20 heures 30 précises,

LE GRAND DÉBAT:

«LE TRIOMPHE DU CAPITALISME FINANCIER:

 UN SCANDALE AMÉRICAIN…?»

avec la présence exceptionnelle de

José GARCIA

__________

UN CRIME

COMMIS DE L’INTERIEUR…

Si on doit juger de la qualité d’un film à l’état dans lequel il nous met, alors Inside Job est un chef-d’œuvre. D’efficacité. Après deux heures de démontage au pied de biche, étalant la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression des années 30, le spectateur moyen ne peut pas échapper à une envie irrésistible: pendre par les pieds, avec plumes et goudron, tout ce qui ressemble à un banquier de Wall Street, un professeur de finance à Harvard ou un conseiller économique du Président américain (qu’il soit républicain ou démocrate). Il n’est pas impossible non plus d’être saisi par le découragement. Puisqu’il ne fait guère de doute que rien, ou si peu, n’a changé dans le fonctionnement de la spéculation internationale… Et ce, malgré les sermons mondialisés des derniers G20.
PEDAGOGIQUE. Deux années après la sortie de Capitalism: A Love Story (le film de Michael Moore), Inside Job est une indispensable piqûre de rappel pour ne surtout pas oublier cette édifiante histoire des subprimes. Autant Capitalism était un pamphlet ricanant et subversif –qui assumait de ne rien comprendre aux subtilités de la finance moderne–, autant Inside Job revendique une rigueur journalistique et une vocation pédagogique. Car Charles Ferguson n’hésite pas à foncer dans le tas, ne reculant devant aucune difficulté, comme par exemple expliquer ce que peuvent bien recouvrir ces mots barbares de CDS (Credit default swap), CDO (Collaterized debt obligation) ou ventes à découvert –qui ont été popularisés par la crise. C’est la grande force et à la fois la (petite) faiblesse du film : à travers un montage très serré d’une trentaine d’intervenants, tout va très vite.

Mais Fergusson donne la possibilité à tout un chacun de remonter dans le train de son film grâce à des témoignages percutants, une réalisation rythmée et une manière de mettre en scène drôlatique.  Le réalisateur américain a ainsi gardé au montage les hésitations, les blancs, les contorsions ennuyées des intervenants et des interviewés.  Une manière édifiante d’énoncer la mauvaise foi des principaux accusés. Non seulement Inside Job révèle une série d’éléments nouveaux dans le déroulé de la crise, mais plus d’une séquence mérite le détour. Au choix, on retiendra: les bégaiements embarrassés (et donc désopilants) de Frederic Mishkin, professeur d’économie à la Columbia Business School et, surtout, ancien membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale entre 2006 et 2008; le cynisme imperturbable de Scott Talbott, lobbyiste en chef des banques américaines, et la réaction de Glenn Hubbard, conseiller économique dans l’administration Bush et actuel doyen de la Columbia University Business School, qui décide de couper court à l’entretien au moment où le journaliste évoque ses conflits d’intérêts d’universitaire.
PINCETTES. Si la morale du film apparaît imparable (cette crise est le résultat d’une politique d’affairisme et de «laisséfairisme» –mise en oeuvre sous la présidence néo-conservatrice de Reagan et accélérée sous «le progressiste» Clinton), la conclusion est à prendre avec des pincettes. L’auteur laisse en effet entendre que la réponse de l’Europe en matière de régulation a été bien plus vigoureuse que celle des Etats-Unis. Sont ainsi interrogés la sirupeuse Christine Lagarde et le trop étincellant Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du FMI en pleine ascension. Bien entendu, on aimerait les croire. Mais on ne le peut. Si l’Europe a fait mine d’être en pointe sur les questions des bonus et de l’adoption d’une taxe frappant les transactions financières, rien n’a été réellement entrepris pour prendre les spéculateurs par la gorge et forcer les banquiers à trinquer pour tout le mal qu’ils ont fait… Aux Etats-Unis, c’est pareil. Les principaux instigateurs du désastre de 2008 détiennent toujours les clés du pouvoir. Malgré des velléités annonçant la mise au pas des grands consortiums bancaires, Barack Obama reste entouré des individus qui ont ardemment défendu la libéralisation à outrance. Timothy Geithner, qui s’était illustré à la Federal Reserve comme un dérégulateur à tout crin, est actuellement au Trésor;  son directeur de Cabinet Mark Petterson est un ancien lobbyiste de Goldman Sachs. Quant à Ben Bernanke (qui n’avait rien vu venir), il est toujours à la tête de la Banque centrale américaine…

Narré avec prestance par l’acteur Matt Damon, Inside Job agit donc comme un film exigeant, à la nervosité spectaculaire. Son constat final est implacable: le vice va continuer à prospérer…

INSIDE JOB

Cinéma ARENBERG

26 Galerie de la Reine

USA  2010   Durée 120 minutes

Prix d’entrée 6,6 euros

y compris pour le débat (sauf les Article 27)

ATTAC-Bruxelles 1

16 avenue Nouvelle, 1040 Bruxelles

  bxl1@attac.be       http://bxl.attac.be        0494 / 808 854

Manif de soutien à la révolution syrienne


Comité syrien en Belgique pour soutenir la Révolution syrienne

Les forces de sécurité syrienne continuent de massacrer, chaque jour, des civils et des manifestants désarmés et pacifiques.

A Jisr al-Choughour, dans le nord-ouest du pays, des policiers et des soldats ont tenté de protéger les manifestants.

Les agents des forces de sécurité les ont abattus.

Nous demandons à la Communauté internationale et à la Communauté Européenne en particulier

de prendre toutes les mesures possibles pour faire pression et condamner le régime et ses atrocités.

En solidarité avec les manifestants pacifiques en Syrie,

manifestation

ce mercredi 8 juin, de 13h à 14h30,

Au rond point Schuman



Syrische Comite in België aan de Syrische Revolutie te ondersteunen

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑