Le régime syrien doit céder la place… et tout de suite !


dimanche 5 juin 2011 – 14h:29

Khalid Amayreh – MEM


Les images horribles et les comptes-rendus terrifiants qui continuent d’affluer en provenance de Syrie défient la description par les mots. Ils vont au-delà de la plus pâle décence humaine.
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3 juin 2011 – Manifestation à Kfar-Nebel (nord de la Syrie. On peut lire sur la banderole : « Que Dieu nous aide à briser le silence de la Ligue Arabe » – Photo : AP

Il y a quelques semaines, Hamza al Khatib, un garçon vif et doux de Dira’a a été enlevé à son domicile par des voyous appartenant aux Shabbiha [mercenaires] du régime – ou escadrons de la mort – pour avoir prétendument participé à une manifestation contre le régime.

Quelques jours plus tard, son corps criblé de balles et portant des marques indescriptibles de tortures de toutes sortes, a été remis à sa famille.

Selon des témoins oculaires et des militants d’organisations de défense des droits de l’homme qui ont examiné le corps, les agents du régime ont également coupé l’organe sexuel de l’enfant avant de restituer le corps pour l’enterrement.

Azmi Bishara, intellectuel arabe et commentateur d’actualités fait remarquer à propos de cela que seuls des animaux humains ont pu être capables de commettre un tel crime.

S’exprimant sur Al-Jazeera, Bishara a déclaré que, dans ce cas au moins, l’affaire est pire que la torture classique qui vise à punir et à dissuader. « C’est du sadisme pur et simple. C’est même un sadisme dans ses formes les plus barbares. »

Mais Hamza al Khatib n’est pas un cas isolé, victime de la brutalité policière. Au contraire, il incarne la pure barbarie et l’instinct cannibale avec lesquels le régime de Bachar El-Assad traite systématiquement les citoyens syriens, en particulier ceux qui exigent des réformes politiques.

Il n’y a absolument aucun doute que le régime syrien est en train de commettre de véritables crimes contre l’humanité et contre le peuple syrien. Que peut-on dire d’un régime qui ordonne à ses soldats de tirer sur des manifestants pacifiques avec des auto-mitrailleuses, et même sur des enfants ? Et si les soldats montrent une quelconque réticence, ils sont sommairement exécutés pour avoir désobéi aux ordres.

Ensuite, bien sûr, la machine à mensonges du régime prétendra que les soldats ont été tués par des éléments infiltrés et salafistes, et ce que vous voudrez !

Il est évident que ce régime a perdu sa légitimité et doit être chassé le plus tôt possible. Sinon, il est fort probable que des massacres d’une plus grande ampleur, tels que celui de Srebrenica ou pire encore, auront lieu dans toute la Syrie si le monde continue de montrer de l’indécision à l’égard de ce régime manifestement criminel.

Jusqu’à présent, plus de mille citoyens syriens ont été impitoyablement massacrés ou torturés à mort entre les mains des diverses machines à tuer du régime.

Dans de nombreuses villes syriennes, les fournitures en électricité ont été coupées comme punition collective pour avoir exigé la liberté. Les approvisionnements alimentaires ont également été fortement réduits pour la même raison. Tout ceci en plus de l’arrêt de tous les téléphones cellulaires et de la communication Internet, apparemment pour empêcher les militants pro-liberté de communiquer et de révéler au monde extérieur la brutalité et la criminalité du régime.

Je ne suis pas vraiment enclin à commenter ou essayer de réfuter la pléthore de mensonges disséminés par le régime de Damas pour tenter de justifier sa violence et son sadisme – à dresser les cheveux sur la tête – contre ses propres citoyens. En dernière analyse, un régime qui viole ses femmes, ses enfants et tue sans discrimination des manifestants pacifiques avec des balles ne peut être considéré comme digne de confiance et disant la vérité.

Il serait même plus que naïf d’écouter ce que ce régime a à dire sur ce qui se passe en Syrie. Les criminels, les tueurs d’enfants et les menteurs obscènes ne doivent pas avoir le moindre podium pour assassiner la vérité après avoir assassiné leurs innocentes victimes.

Il est vraiment lamentable que la grande majorité des Etats arabes gardent le silence sur les massacres génocidaires en Syrie. Pour ces dirigeants arabes, on est amené à dire : « Qu’attendez-vous ? Que le régime sectaire en finisse avec le peuple de Syrie ? »

La décision prise récemment par le gouvernement turc de geler les relations avec le régime syrien est louable. Toutefois, la Turquie devrait faire davantage pour aider ses frères et sœurs au sud. La Turquie devrait sans aucun doute prendre des mesures plus fortes pour arrêter les massacres en Syrie. Les femmes syriennes, dont les frères, les fils et les maris sont assassinés par les égorgeurs du régime, ont cruellement besoin d’aide. Si leurs frères turcs n’entendent ni n’écoutent les cris de ces femmes en détresse, qui le fera ? Mouammar Kadhafi ?

Par ailleurs, la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays n’est pas et ne doit jamais signifier regarder le régime dans ce pays massacrer tranquillement son propre peuple.

Maintenant, un dernier mot de réprimande à la fois pour l’Iran et pour le Hezbollah. Vous êtes les soutiens du régime meurtrier de Bachar El-Assad, pour des raisons sectaires, égoïstes et contraires à l’éthique, et, ce faisant, vous attirez sur vous l’incrédulité, la consternation et l’hostilité de centaines de millions d’Arabes et de Musulmans qui n’ont jamais manqué de se placer à vos côtés. Ne vous aliénez pas des centaines de Musulmans sunnites à travers le monde pour l’amour d’un régime sans Dieu qui est dépourvu d’humanité, de moralité et de toute ombre de décence islamique.

Vous devez immédiatement prendre vos distances de cette junte criminelle et barbare qui est véritablement un stigmate de honte sur la conscience des chiites du monde entier.

Ce régime a commis tous ces crimes en votre nom. Ne leur permettez pas de ternir l’image de votre glorieux passé. Faites-le maintenant, sinon demain pourrait être trop tard.

Rappelez-vous le verset coranique : « Ne cherchez pas alliance avec les oppresseurs, de peur que le feu ne tombe sur vous. »

source

Syrie-Bruxelles : parodie de manifestation


pour information

Des agents payés par le réseau des services de sécurité syro iraniens ont parodié

les manifestations de l’opposition syrienne à Bruxelles.

Avec drapeaux, calicots, musique et slogans, même le lieu choisi est loin d’être innocent,

puisque les marches de La Bourse à Bruxelles est le lieu de rassemblement de l’opposition syrienne.

Payé chacun 250 €, ces quelques Syriens, mais surtout des Libanais,

des Iraniens et Irakiens ont répété mollement les slogans criés par quelques meneurs.

 

Le Comité syrien en Belgique pour soutenir la révolution syrienne s’étonne que quelques media,

dont la télévision belge, aient couvert l’évènement,

aucun media ne couvrant les manifestations, pourtant hebdomadaires, de l’opposition.

 

Quelques-uns de ces agents ont même tentés, ce samedi 4 juin, de perturber la conférence tenue par l’opposition syrienne à Bruxelles.

Quelques 25 personnes, 6 Syriens, 13 Libanais, 4 ou 5 Iraniens et 1 Irakien,

tous payés, sont venus narguer les participants à la conférence avec des photos du président Bachar Al Assad

et 2 calicots pro régime.

La police a dû appeler des renforts afin de les disperser.

 

Un pas vers la démocratie

 

Cette conférence a réuni quelques 200 personnes venues d’Europe, d’Amérique du Nord et du Moyen Orient.

Elle n’est qu’un pas sur la route, qui risque d’être longue, de la démocratie en Syrie. Trois sous-groupes ont été formés avec pour thèmes :

La politique,

Les droits humains,

Les media.

 

Le dialogue « proposé » par le régime n’est pas crédible puisque les tueries et la répression continuent dans le pays.

La proposition vient beaucoup trop tard de toute façon.

Il est absolument clair que les gens en Syrie ne veulent plus de ce régime,

sourd à ses demandes, et de toutes ses violences.

Les participants à la conférence soutiennent les demandes du peuple syrien.

Pour le Comité syrien en Belgique pour soutenir la révolution syrienne

Bernadette van Zuylen

Le souvenir de la naksa enflamme le Golan 6 juin 2011


Lors de la commémoration de la naksa, la défaite arabe de juin 1967, des centaines de protestataires palestiniens et syriens ont tenté de franchir hier une première barrière de barbelés avant un champ de mines, tout près de la ville de Majdal Chams, dans la partie occupée du Golan.

L’armée israélienne leur a tiré dessus, faisant 20 tués et 325 blessés. Nir Élias/Reuters • L’armée israélienne tire sur des manifestants : 20 morts • Au Liban, les camps commémorent la défaite de 67 dans le calme •

L’État hébreu accuse Damas de « provocation » pour détourner l’attention de la répression en Syrie L’armée israélienne a tiré hier sur des manifestants palestiniens et syriens qui tentaient de pénétrer sur le plateau du Golan occupé, lors de l’anniversaire de la naksa, la défaite arabe de juin 1967.

Des centaines de protestataires, agitant des drapeaux palestiniens et syriens, ont tenté de franchir une première barrière de barbelés avant un champ de mines, tout près de la ville de Majdal Chams, dans la partie occupée du Golan.

Contrairement aux commémorations de la nakba (catastrophe) palestinienne le 15 mai, aucun manifestant n’a réussi à franchir la ligne de cessez-le-feu et le porte-parole de l’armée, Yoav Mordechai, a annoncé que la situation était « sous contrôle ».

Dans la soirée, plusieurs centaines de jeunes de Majdal Chams, le chef-lieu des localités druzes du Golan, ont attaqué à coups de pierres les forces israéliennes déployées pour contenir les manifestants massés du côté syrien du plateau.

Ces heurts ont éclaté quand des nuages de gaz lacrymogènes tirés en direction de la Syrie se sont répandus dans le bourg de Majdal Chams. Du côté syrien de la clôture frontalière, des protestataires sont restés sur place, à l’abri d’un fossé, et ont allumé des feux de camp. Par ailleurs, des jeunes Palestiniens et Syriens ont lancé un sit-in dans la ville de Kuneitra, vers où affluaient des milliers de personnes, selon la télévision syrienne.

Vingt personnes ont été tuées et 325 autres ont été blessées par les tirs israéliens, a ajouté la télévision. Un médecin de Kuneitra, dans la partie non occupée du Golan, Ali Kanaane, a précisé à l’agence SANA que les tués avaient été « touchés par balles dans la tête et la poitrine ».

Un porte-parole de l’armée israélienne a assuré que les militaires n’avaient « pas eu d’autre choix que d’ouvrir le feu en direction des pieds des manifestants afin de les dissuader », plusieurs dizaines d’entre eux ayant ignoré les avertissements verbaux et les coups de semonce.

Un correspondant de presse à Majdal Chams a vu une vingtaine de manifestants blessés, certains ensanglantés, évacués du côté syrien, l’armée israélienne dénombrant 12 victimes. Comme le 15 mai, l’armée israélienne a accusé Damas de « provocation » pour détourner l’attention de la sanglante répression des manifestations contre le régime, faisant état de projectiles lancés par les manifestants mais pas d’armes de guerre en leur possession.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé des « éléments extrémistes » qui « s’évertuent à forcer nos frontières, menaçant nos communautés et nos citoyens ». Les manifestations ne se sont pas limitées au Golan syrien, rassemblant des centaines de personnes dans les territoires palestiniens.

Le 15 mai, lors de l’anniversaire de la nakba, l’exode de centaines de milliers de Palestiniens avec la création de l’État d’Israël en 1948, des centaines de manifestants étaient parvenus à traverser la clôture pour atteindre Majdal Chams. Quatre avaient été tués par l’armée israélienne. Six autres manifestants avaient été tués à la frontière libanaise.

Les États-Unis ont vivement réagi à la suite de ces nouvelles violences sur le Golan. « Nous sommes profondément inquiets des événements qui ont eu lieu aujourd’hui sur le plateau du Golan et qui se sont traduits par des morts et des blessés », a déclaré hier soir le département d’État. « Nous appelons toutes les parties à la retenue.

Des actes de provocation comme ceux-ci doivent être évités », a ajouté le département d’État, qui a souligné « qu’Israël, comme tous les États souverains, a le droit de se défendre ». (Source : AFP)

Tunisie: le couple Ben Ali sera jugé « dans les jours ou semaines à venir »


le 03.06.11 | 15h04

Le président déchu tunisien Zine el Abidine Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi seront jugés par contumace "dans les jours ou les semaines à venir" pour deux premières affaires, a déclaré vendredi à la presse un porte-parole du ministère de la Justice.

Le président déchu tunisien Zine el Abidine Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi seront jugés par contumace « dans les jours ou les semaines à venir » pour deux premières affaires, a déclaré vendredi à la presse un porte-parole du ministère de la Justice.
Deux dossiers contre l’ex-président et sa femme sont « prêts à être jugés, alors qu’ils sont en fuite » en Arabie Saoudite depuis la chute du régime autoritaire le 14 janvier dernier, sous la pression de la rue, a déclaré Kadhem Zine El-Abidine.
« Les juges d’instruction ont terminé leurs enquêtes. Elles seront transférées à la cour pénale « dans les jours ou les semaines à venir », a-t-il ajouté.
Le premier procès portera sur « la découverte d’armes et de drogues dans le palais présidentiel de Carthage », selon lui.
Le ministère tunisien de la Justice avait annoncé le 10 mars la saisie de près de deux kilogrammes de stupéfiants – sans doute du haschich – dans le bureau privé du président déchu au palais de Carthage.
La deuxième action en justice portera sur les 27 millions de dollars en liquide découverts en février par la commission tunisienne anti-corruption dans un palais de Ben Ali à Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis.
Au total, 88 enquêtes sont en cours concernant le couple Ben Ali, sa famille et d’anciens ministres et responsables du régime déchu, a indiqué le porte-parole du ministère de la justice. Leur état d’avancement est de « 70% à 80% », a-t-il ajouté.
Ces affaires concernent des cas d’homicides volontaires, d’abus de pouvoir, de malversation, de trafic de pièces archéologiques, de blanchiment d’argent et de violation de la réglementation sur les marchés publics.
Plusieurs pays européens ont gelé les avoirs de l’ex-président tunisien et ceux de sa famille, qui s’était considérablement enrichie pendant ses 23 ans de pouvoir.
M. Ben Ali a fait appel à un avocat libanais de renom pour assurer sa défense devant les tribunaux tunisiens et internationaux, a-t-on appris vendredi.
Trente-trois membres de son clan et de celui de son épouse Leila Trabelsi avaient été interpellés dans les jours suivant la chute de son régime.
Vendredi, l’une des soeurs de l’ex-président, Najet Ben Ali, a été entendue par un juge d’instruction à Sfax (sud) sur son implication présumée dans plusieurs affaires, dont l’incendie prémédité d’un dépôt de marchandises de contrebande, selon l’agence officielle TAP.
Elle a été remise en liberté en attendant la fin des enquêtes.

AFP source

Une base militaire israélienne en Libye près des frontières avec l’Algérie


19 May, 2011 12:59:00
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Selon un document écrit en hébreu, un accord a été signé entre Israël et le Conseil National de Transition (CNT) libyen à Benghazi, concernant l’installation d’une base militaire sioniste dans la région de Djebel Akhdar, pour une durée de trente années dans le cas où ces derniers arrivent au pouvoir

  • Le document qui comporte la mention « Forces de défense israéliennes », reçu par un officier ukrainien, révèle le contenu de l’accord signé entre Israël et le Conseil national de transition libyen à Benghazi, qui consiste en l’installation d’une base militaire sur les frontières libyenne, alors qu’Israël soutien l’opposition libyenne en lui fournissant des armes, en faisant des pressions sur les pays européens pour reconnaitre le CNT et entraînant les membres de l’opposition dans le but de préparer une armée forte.
  • L’intensification des frappes aériennes de l’Otan contre les forces pro-Kadhafi pour l’obliger à quitter le pouvoir fait parti de la stratégie.
  • Le document en question a soulevé beaucoup de doute, selon des observateurs, étant écrit de gauche à droite. Aucune réaction de la part de l’opposition libyenne à Benghazi pour confirmer ou infirmer ces informations.
  • Les pro-Kadhadi distribuaient le document dans le but de convaincre et de monter l’opinion générale dans les pays voisins contre l’opposition.
  • Dans le cas ou l’information est confirmée, l’Algérie serait le plus concerné par la présence des sionistes sur les frontières avec la Libye et permettra à l’organisation du groupe salafiste pour la prédication et le combat, qui se fait appelé el Qaïda au Maghreb Islamiste (AQMI) d’avoir beaucoup plus d’arme pour mener ses opérations criminelles dans la région, après que ses activités ses sont étendues au trafic que drogue et des armes. L’organisation terroriste trouvera un environnement propice à ses activités à l’ombre de la présence sioniste, surtout que l’Algérie est le pays le plus hostile à l’entité sioniste.
  • Ennahar/ Dalila B.

L’immense courage des Syriens


vendredi 03 juin 2011

+ BLOG. Tout un monde

Comme tous les vendredis, depuis le 15 mars, des milliers de Syriens vont descendre aujourd’hui dans les rues pour manifester leur hostilité au régime de Bachar al-Assad. En sortant de chez eux ce matin, ils ne savent pas s’ils reviendront ce soir. La plupart laissent leur téléphone portable à la maison, pour ne pas être repérés par la police. Ce n’est pas un réseau qui se soulève, c’est tout un peuple. Lucide. Les jeunes Syriens savent parfaitement les horreurs dont ce régime est capable. Leur courage n’en est que plus grand et plus émouvant.

Des horreurs, en quarante-huit ans d’état d’urgence, les Syriens n’en ont que trop vu. Derrière le quotidien d’une surveillance policière systématique, d’authentiques massacres ont été perpétrés. En février 1982, notamment, à Hama, dans l’ouest du pays. Un soulèvement y fut réprimé dans le sang, à coups de chars et d’artillerie. Aucun bilan précis n’existe, mais le chiffre de 15 000 morts est considéré unanimement comme une estimation basse.

Depuis les premiers soulèvements, le spectre d’Hama hante tous les esprits. Lorsque les habitants des villages situés entre la ville de Deraa et la frontière israélienne ont vu, fin avril, des chars arriver de Damas, ils ont, un instant, pensé qu’ils se dirigeaient vers le Golan, vers l’ennemi. Lorsqu’ils ont compris que le régime les avaient envoyés contre eux, pour rétablir l’ordre, le souvenir de Hama a immédiatement affleuré.

En dix semaines, plus de 1 100 manifestants auraient été tués et 10 000 arrêtés. Cela n’a pas stoppé le mouvement. À chaque manifestation, des tireurs d’élite placés sur les hauteurs tirent sans sommation. Prenant pour cible y compris des enfants. Les images du corps mutilé d’un adolescent de 13 ans, torturé fin avril près de Deraa, circulent depuis quelques jours sur Internet et ont été brandies hier lors de nouvelles manifestations meurtrières. Elles donnent la mesure de la répression en cours.

On disait Bachar plus libéral que son père Hafez. Jusqu’en janvier, de nombreux Syriens voulaient encore le croire. Les violences en cours démentent cet espoir. L’amnistie décrétée mardi, suivie hier de la libération de centaines de prisonniers politiques, arrive bien tard. Trop tard sans doute. Car plus personne ne croit à la volonté réformatrice du régime.

Depuis des décennies, la dynastie Assad invoque le facteur de stabilité pour justifier sa permanence. Stabilité intérieure, dans un pays composite et multiconfessionnel. L’après-Assad fait d’ailleurs peur aux minorités, notamment chrétienne, qui redoutent un scénario à l’irakienne. Stabilité régionale, la Syrie étant frontalière de l’Iran, de l’Irak, de la Turquie, du Liban, d’Israël.

Au nom de cette stabilité, Paris et Washington ont tout fait pour renouer avec Damas. En vain. Tristement inutile, la présence d’Assad au défilé du 14 juillet 2008 à Paris n’a pas gommé les réflexes tortionnaires de ses milices. On peut penser que les sanctions internationales n’auront pas plus d’effet. C’est des forces d’opposition, réunies actuellement en Turquie, qu’une alternative politique peut venir.

Car une intervention militaire, comme en Libye, est exclue. Ce serait ouvrir la boîte de Pandore. Elle est même impensable, compte tenu du véto russe. Les Syriens le savent et comptent sur leurs propres forces. Ils espèrent que l’armée va finir par craquer. Deux cents soldats auraient été abattus pour avoir refusé de tirer sur la foule. Le signe d’un régime aux abois.

Laurent Marchand

Syrie-Algérie: Raison d’état ou déraison d’état ?


Posté par René Naba le mai 20 2011.

Syrie-Algérie: Raison d’état ou déraison d’état ?
René Naba | 20.05.2011 | Paris

La raison d’état s’invoque généralement lorsque l’état perd la raison et les pays arabes n’échappent pas à la règle.

Beaucoup savent gré à l’Algérie et à la Syrie d’avoir su, dans les vicissitudes d’une conjoncture difficile, préserver les intérêts à long terme du monde arabe, sans s’inféoder à une logique de vassalité avilissante, sans hypothéquer ses choix stratégiques, sans aliéner leur souveraineté et leur indépendance.

Beaucoup savent gré à ces deux points d’ancrage du «Front de refus arabe» d’avoir assuré la relève de l’Egypte défaillante, en maintenant vivace la flamme du combat nationaliste et irréductible le refus de l’hégémonie israélo-américain.

Beaucoup savent gré à la Syrie, d’avoir accueilli, au risque de déstabiliser l’équilibre démographique du pays, près de deux millions de réfugiés irakiens, fuyant les exactions de l’armée irakienne et de leurs supplétifs kurdes.

Mais cette position privilégiée ne saurait se vivre en rente de situation. La réforme s’impose, sous peine de dénaturation du projet nationaliste.

Pleinement conscient des menées de la contre révolution téléguidée par l’Arabie saoudite, sans sacrifier à la mode contestataire impulsée par les médias occidentaux, la vérité s‘impose toutefois sans fard.

Quiconque a eu affaire à la bureaucratie tatillonne de ses deux états a pu mesurer instantanément l’état de délabrement de leur administration, l‘omniprésence de leurs services de sécurité, le conformisme de leurs médias, les turpitudes de leurs régimes, leur hermétisme, leur autarcie, leur népotisme, ainsi que leur fort degré de corruption, comparables d’ailleurs en cela aux autres régimes arabes, même les plus proches de la grande démocratie américaine.

Les remous suscités au sein d’«Al Jazira» dans la couverture parcellaire des révolutions arabes, axée depuis peu davantage sur la Libye et la Syrie que sur Bahreïn ou le Sultanat d’Oman, avec la spectaculaire démission d’une des vedettes chaine transfrontière arabe Ghassane Ben Jeddo, en porte témoignage. Mais comparaison n’est pas raison et nul ne saurait se prévaloir des turpitudes d’autrui.

L’honneur de ces deux pays a été d’abroger les lois d’exception, alors que leurs contempteurs occidentaux s’abritent depuis dix ans derrrière les barrières privatives de liberté du «patriot act» et du plan Vigipirate. Mais, soixante ans après les indépendances arabes, «le cœur palpitant de l’arabisme» et l’épopée des Moujadddine et de leur million de martyr ne sauraient suffire pour nourrir les rêves et les ambitions des nouvelles générations.

Le tête à tête stérile, en Algérie, entre le président Abdel Aziz Bouteflika et le corps des officiers supérieurs, ne saurait perdurer sous peine de collapsus du pays. L’armée algérienne se doit être le garant de la pérennité de ce pays, non son propriétaire, son inspirateur, non son prédateur.

Le président algérien, que l’on a connu plus dynamique et imaginatif dans une vie précédente, se doit de retrouver le brio dont il a su faire preuve à la tête de la diplomatie algérienne, en veillant à assurer une transition en douceur du pouvoir, en réussissant la mutation de l’Algérie.
Pour son rendez vous avec l’histoire, Abdel Aziz Bouteflika se doit d’épargner les affres d’une douloureuse guerre de succession à son pays, l’un des rares du Monde arabe à avoir mené une guerre de libération victorieuse contre le colonialisme.
Bachar Al Assad, quant à lui, se devait d’anticiper l’évolution et non la subir, tant est impérieuse l’urgente nécessité des réformes en profondeur de son pays gangréné.

Aucune justification ne saurait tenir lieu d’excuse absolutoire, ni le complexe d’encerclement, réel, dont la Syrie fait l’objet, ni les manœuvres de déstabilisation, répétitives, dont il est la cible de la part de l’aile dure du trône wahhabite, ni les campagnes de dénigrement, effectifs, dont il est l’objet de la part de la presse conservatrice arabe et ses alliés occidentaux.

Nul projet nationaliste, si exaltant soit-il, ne saurait justifier la captation des richesses d’un pays au profit d’une personne, si nécessaire soit il à la protection du pouvoir. Nul projet nationaliste, si glorieux soit il, ne saurait justifier la mise sous observation permanente de son peuple, la mise en coupe réglée son pays. Le cas de Rami Makhlouf, le propre cousin du Président syrien, ne saurait échapper à la règle, de même que ceux des sbires du régime.
Pour avoir trop tardé à engager les réformes, pour avoir bridé les tendances réformistes qui lui étaient prêtées, Bachar Al Assad récolte une tempête populaire à l’effet de réduire à néant sa magistrale maîtrise de la manœuvre diplomatique face à l’offensive israélo-américaine visant à remodeler un «grand moyen orient».
Pour avoir voulu ménager les intérêts de son clan au détriment de ceux de son pays, Bachar Al Assad, risque un discrédit populaire, au risque d’emporter et son clan et son pouvoir.
Onze ans après sa venue au pouvoir, Bachar Al Assad ne saurait rater son nouveau rendez vous avec le printemps arabe. Sous peine de discrédit et d’implosion. Sous peine d’implosion du projet nationaliste, son bien le plus précieux.
La raison d’état s’invoque en phase de désagrégation de l’état et de dysfonctionnement de la société. La fonction première de la Syrie et de l’Algérie n’est pas la répression de leur peuple. La mission historique de ces deux pays est de se maintenir à l’avant-garde du combat pour la sécurisation de l’espace nationale arabe, aux côtés désormais des nouveaux venus à la démocratie, les enfants prodigues de Tunisie et d’Egypte.

La famille Assad

Le clan alaouite au pouvoir en Syrie est articulé autour de l’alliance scellée entre deux familles Al-Assad et Makhlouf, concrétisé par le mariage de Hafez Al-Assad et Anissa Makhlouf.
Rami Makhlouf, cousin du président Bachar, est le fils du général Mohamad Makhlouf, pro consul de la réigon nord de Syrie du temps de la mandature de Hafez al Assad, qui choisit de soutenir le président, lors de la guerre fratricide qui opposa Hafez à son frère cadet Rifa’at, à l’époque chef des troupes spéciales «Saraya ad dif’a » responsable à ce titre de la répression du soulèvement de Hama, en 1982, qui fit plusieurs milliers de morts. Dénommé «Roi de Syrie» Rami Makhlouf est un richissime homme d’affaires. Il incarne, à ce titre, la corruption et le népotisme du régime.
Quant aux autres membres de la fratrie,

L’ainé Bassel, destiné au départ à succéder à son père, a trouvé la mort dans un accident de voiture.

Bouchra, l’unique fille de la famille, est l’épouse de Assef Chawkat, ancien chef des services de sécurité dont les Occidentaux réclamaient la tête en compensation ide l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri. Assef Chawkat entretient des relations houleuses avec le frère cadet du président, le colonel Maher, le nouvel homme fort du régime, au point que le benjamin de la fratrie a blessé à l’estomac d’un coup de pistolet en 1999, en plein palais présidentiel. Réputée autoritaire, Bouchra passe pour nourrir une forte intimité à l’égard de l’épouse de Bachar, Asma, fille d’un médecin de la grande bourgeoisie syrienne, ancienne spécialiste des transactions boursières dans un établissement londonien, à la forte présence médiatique.

Le frère cadet du fondateur de la dynastie, Rifa’at Al Assad, ancien vice président de la république, est entré en dissidence fin 1983. Il vit en exil en Espagne. Ses deux fils, Sumar et Ribal, organisent depuis Londres la campagne médiatique contre le régime via la chaine de télévision ANN TV, (Arab Network News). Deux autres cousins Mounzer et Fawwaz Al-Assad, fils de Jamil Al Assad, cousins germains du président, se comportent en chefs de milices dans les montagnes alaouites, berceau de la famille, à l’ouest du pays.

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Posté par René Naba le mai 20 2011. inséré dans DiplomatieNews.

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