Amnesty International dénonce des crimes contre l’humanité en Syrie


06 juillet 2011

Lors d’une manifestation de soutien aux contestataires syriens au Liban, le 24 juin, un manifestant brandit le portrait d’un Syrien ayant été tué.

« Les méthodes brutales utilisées lors d’une opération de sécurité dévastatrice syrienne dans la ville de Tell Kalakh, dans l’ouest du pays, s’apparentent à des crimes contre l’humanité […] dès lors qu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile », a dénoncé l’organisation Amnesty International dans un rapport publié le 6 juillet.

Les faits sur lesquels l’organisation a enquêté remontent à la mi-mai, lors d’une vaste opération menée par les forces de sécurité et l’armée contre les habitants de cette ville située près de la frontière libanaise. L’opération, qui a débuté le 14 mai, au lendemain d’une manifestation anti-régime, n’aura duré que quelques jours. Selon des militans, elle aurait fait au moins 26 morts, des dizaines de blessés et forcé des milliers d’habitants à fuir au Liban.

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Fin de régime dans le huis clos syrien ?


LEMONDE | 04.07.11 | 13h31

Une incroyable guerre d’usure se livre dans le huis clos syrien. Le président Bachar Al-Assad a jeté dans la bataille tous les organes répressifs sur lesquels repose le régime hérité de son père : appareils de sécurité, milices, armée. Un outil qui a fait ses preuves par le passé mais qui bute sur la lame de fond d’une exaspération, d’une colère et d’une détermination que rien ne semble pouvoir enrayer. Le régime est toujours là, mais comme une coquille vide, ramené à son noyau dur : les sinistres « services ».

Chaque vendredi, depuis la mi-mars, les rues grondent contre un pouvoir arc-bouté sur le seul impératif de sa préservation. Vendredi 1er juillet, ils étaient sans doute près d’un demi-million dans les rues de la ville de Hama.

Les centaines de morts depuis le début de ce soulèvement, les dizaines de milliers d’arrestations, les menaces et les tortures semblent incapables de relever le mur de la peur, qui paraissait plus solide en Syrie que partout ailleurs dans le monde arabe.

Sans doute le régime dispose-t-il encore des moyens de résister à son peuple. Il est préservé contre la moindre intervention extérieure. La Ligue arabe reste interdite et muette sur les exactions perpétrées par l’un de ses membres, et la Russie est décidée à préserver, coûte que coûte, l’un de ses rares alliés dans une région où elle souhaite continuer à disposer d’une influence.

Jusqu’à présent, contrairement à la Tunisie, à l’Egypte ou au Yémen, aucun craquement n’a été enregistré au coeur d’un système dominé par un clan appartenant à la communauté ultraminoritaire des alaouites et qui ravive, pour son seul intérêt, les craintes d’affrontements confessionnels entre les différentes familles composant la très complexe mosaïque syrienne.

De même, la dénonciation du régime et de ses pratiques a cristallisé un rejet stupéfiant par son ampleur, mais qui n’a pas donné naissance pour l’instant à une alternative structurée.

C’est la principale faiblesse de cette contestation en même temps que sa force, puisqu’elle mobilise des ressources nouvelles qui ont échappé au quadrillage des services de renseignements. Capable de livrer sans état d’âme une guerre civile contre une insurrection armée, comme à Hama en 1982, le régime syrien est impuissant dans la même ville, près de trente ans plus tard, face à une mobilisation pacifique et citoyenne.

Cette résilience du pouvoir syrien ne semble pourtant pas être l’assurance d’une reprise en main une fois la contestation épuisée. L’épreuve à laquelle il est soumis le laisse incapable de la moindre prise sur les événements, comme l’ont montré les interventions successives, également inutiles, du président Al-Assad. Ce dernier est confronté au dilemme bien connu du dictateur : la réforme impossible parce qu’elle ouvre les vannes à un courant qui finit par tout emporter, ou bien la répression accrue qui renforce l’opposition intérieure et l’isolement international.

Sa capacité de nuisance reste grande, mais il se bat à reculons.

Article paru dans l’édition du 05.07.11

Si de Rudyard Kipling revu par Rudi


A la manière de Rudyard Kipling

Si

SI tu peux détruire les ouvrages de leur vie
Et, sans état d’âme écraser leurs protestations
Si tu peux les tuer sans perdre ta sérénité
Et bombarder leurs villages sans cesser d’être pieux

Si tu es persuadé de faire partie d’un peuple élu
Et que Dieu t’a légué cette terre
Si tu considères que ta bible est sa parole
Et que l’Histoire doit se soumettre à elle

Si tu crois être du même sang que ceux qui vivaient ici il y a 2.000 ans
Et convaincu qu’il faut soumettre ceux qui y vivaient jusqu’à aujourd’hui
Si tu sais être dur envers eux, sans jamais être en rage
Et que les asservir est pour toi une noble mission

Si pour toi, les lois d’apartheid ne sont pas des lois racistes
Mais qu’il faut se protéger contre ceux qui pensent autrement
Si épouser une non-croyante est pour toi une obscénité punissable
Et un risque de dégénérescence pour la pureté de ton peuple

Si ton hymne national te fait vibrer d’enthousiasme
Si chaque matin tu te demandes ce que tu peux faire pour ton pays
Et si pour toi, tout opposant est un terroriste

Si tu as le courage de capturer des enfants qui t’injurient
Et que tu peux rester impassible devant leurs larmes
En les plaignant d’avoir ce bas sentiment qu’est la haine

Si tu es convaincu que ton armée est d’une grande moralité
Et que chaque guerre qu’elle mène est une guerre juste
Si tu es prêt à porter le glaive chez les mécréants
Et à exterminer les ennemis intérieurs et extérieurs

Si, pour défendre ton pays, tu es prêt à falsifier des faits
Que toute condamnation internationale t’est insupportable
Et que les accusations de crimes contre l’humanité t’indignent

Alors les puissants et les dieux seront tes esclaves soumis
Et te reconnaîtront comme un des leurs
Comme l’égal des meilleurs conquérants, mon fils!

MISSION « BIENVENUE EN PALESTINE » DU 8 AU 16 JUILLET 2011



« WELCOME TO PALESTINE » MISSION FROM 18 TO 16 JULY 2011

mardi 5 juillet 2011


Nous avons tenu ce mardi, au Sénat, une conférence de presse qui a permis de remettre quelques pendules à l’heure, après une dégoulinade d’âneries sur la mission « Bienvenue en Palestine », diffusées par un certain nombre d’officines israéliennes. Ci-dessous le communiqué de presse en Français et en Anglais.

COMMUNIQUE DE PRESSE

MISSION « BIENVENUE EN PALESTINE » DU 8 AU 16 JUILLET 2011

Près de 600 femmes, hommes et enfants, dont plus de 350 Français, s’envoleront vendredi prochain 8 juillet, pour se rendre en Cisjordanie à l’appel de 15 associations de la société civile palestinienne de Cisjordanie.

L’objectif est de montrer que si nos gouvernements ne semblent pas s’intéresser au sort de cette population, sous occupation depuis bien trop longtemps, il y a des femmes et des hommes de tous les pays qui sont prêts à leur apporter un soutien moral, en prenant une semaine de leurs vacances pour aller à leur rencontre.

Pour pouvoir nous rendre à Bethléem, nous n’avons d’autre choix que d’atterrir d’abord à l’aéroport de Tel Aviv, puisque le seul aéroport palestinien a été détruit par Israël au début des années 2000. Nous savons que les internationaux qui se rendent en Palestine sont plus souvent soumis à des pratiques arbitraires voire illégales, lorsqu’ils ne sont pas refoulés, ce qui les amène souvent à mentir sur les motifs de leur voyage.

Mais tous les participants français, belges, britanniques, allemands, italiens, américains, ont décidé d’un commun accord que n’ayant rien à cacher, et venant avec des intentions totalement pacifiques, ils informaient les autorités israéliennes de notre volonté de nous rendre en Cisjordanie, directement après notre arrivée à l’aéroport de Tel Aviv..

Et nous en avons dûment informé le Ministère français des affaires étrangères, qui a transmis l’information aux autorités israéliennes.

Celles-ci savent donc parfaitement que nous ne venons pas pour « semer la pagaille à l’aéroport de Tel Aviv », contrairement à ce qu’affirment certaines officines, mais bien pour rendre visite à des familles palestiniennes, partager leur quotidien pendant une semaine, visiter les villes, les villages et les camps de réfugiés, découvrir les difficultés de leurs habitants, mais aussi leur culture et leurs attentes.

Notre programme comprend notamment des échanges avec le Centre Culturel Al-Rowwad du camp de réfugiés d’Aïda (Bethléem), L’aide à la plantation d’oliviers dans les villages autour de Ramallah, ainsi qu’une visite de solidarité aux animateurs du Théâtre de la Liberté à Jénine, dont le directeur, Juliano Meir Khamis, a été sauvagement assassiné récemment.

Nous tenons à souligner que nous militons pour une paix juste et pour la liberté et la sécurité aussi bien du peuple palestinien que du peuple israélien. Une telle paix passe nécessairement par la fin de l’occupation des territoires palestiniens et le respect du droit international. Nombreux sont les Israéliens qui partagent d’ailleurs ce point de vue.

Nous partons avec des passeports en règle. Nous ne transportons rien de dangereux. Nous venons souvent en famille et sommes prêts à nous soumettre aux contrôles en vigueur dans tous les aéroports du monde. Mais nous refusons les pratiques arbitraires, c’est à dire sans rapport avec la sécurité de qui que ce soit, de même que l’humiliation.

Tous les journalistes qui veulent bien se joindre à notre voyage pourront en témoigner.

Pour se tenir informés du déroulement de la mission : www.bienvenuepalestine.com

contact@bienvenuepalestine.com

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