Pour garder mémoire 3/5


dimanche 14 août 2011 – 06h:19

Rudy Barnet


Il n’y a pas de problème à Gaza !

Des premiers terroristes à « Plomb Durci »

“Plomb durci“ est une riposte légitime aux roquettes !

Première partie cliquez ici

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Gaza, hiver 2099 – Rassemblement du Front Populaire de Libération de la Palestine – Le FPLP comme le mouvement Hamas a su sauvegarder les exigences de base de la résistance populaire palestinienne : le droit au retour des réfugiés, la libération des territoires palestiniens sous occupation, la légitimité de la résistance, la libération de tous les prisonniers palestiniens incarcérés en Israël, l’établissement d’un Etat pour les Palestiniens…

Un argument souvent évoqué par les sionistes – et malheureusement très répandu dans la presse traditionnelle – est que le harcèlement par les roquettes du Hamas dont était victime Israël depuis huit ans justifiait le bombardement de Gaza en 2008.

C’est faire peu de cas des enquêtes internationales sur les causes de la rupture de la trêve. Toutes sont unanimes, même Henri Siegman, ancien directeur de l’American Jewish Congress, le concède : c’est d’abord Israël qui a bombardé Gaza et fait huit victimes ! … Et c’est seulement le lendemain de cette attaque que, en représailles, les roquettes ont été lancées sur la petite ville de Sderot.

Cette offensive militaire sur Gaza était aussi, comme l’a révélé le quotidien israélien “Haaretz“… préméditée et planifiée depuis six mois !

Tipi Livni (alors Ministre des Affaires étrangères) avait d’ailleurs elle-même informé le Parlement de l’Union européenne de l’imminence de l’attaque et Matan Vilnai, Secrétaire d’état à la défense, avait promis, plusieurs jours avant son déclenchement : Les Palestiniens vont s’attirer un Holocauste. Les roquettes sur Sderot… un prétexte ! (1)

Pendant « Plomb Durci », Israël a continué ses exécutions « ciblées » et le vol des terres en Cisjordanie, bien qu’aucune roquette ne fût tirée par les Palestiniens de ces territoires ! … Et pendant ce temps l’aviation israélienne continuait aussi de violer journellement l’espace aérien du Liban (survols ininterrompus depuis 2006).

Décidément il en faut des mensonges et des ruses pour se défendre.

On ne peut, non plus, ignorer que durant les mois qui ont précédé le drame de Gaza, Israël n’a cessé de violer la trêve (qui incluait la levée du blocus !) qu’il avait pourtant signée, en continuant d’affamer et de harceler la population… Comme il n’a cessé de le faire depuis 1948. Faut-il rappeler les massacres de Khan Younes et Rafah en 1956 (2) ou celui commis par l’aviation israélienne, en février 2008, sur des écoliers – ils avaient entre huit et quatorze ans – qui jouaient sur un terrain de football ? Comme le déclara Shmuel Zakai, haut militaire israélien : “ Le gouvernement a commis une erreur majeure en aggravant la situation économique catastrophique des Palestiniens de Gaza. On ne peut pas simplement donner des coups (…) et s’attendre à ce que le Hamas se contente de s’asseoir sans agir (3)

Un petit peuple désarmé ?

Il est frappant de constater que ce propos du “petit peuple entouré d’ennemis sanguinaires“ ressemble comme deux gouttes d’eau au discours apocalyptique répandu dans l’Allemagne d’avant 40 : le pays est en danger de mort, son intégrité territoriale et sa pureté raciale sont menacées, il faut éliminer ceux qui travaillent à sa destruction !

Les écoliers israéliens sont évidemment les premières victimes de cette angoisse instillée journellement dans leur esprit. Comme l’a admis le général Matityaha Pelet (Ha’aretz, 19/3/1972), cette plainte geignarde du “petit peuple qui ne fait que se défendre“ est de la pure propagande : «  La thèse d’un danger d’un génocide qui nous menaçait en juin 67 et qu’Israël se battait pour son existence physique était seulement du bluff, créé et développé après la guerre « .

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Dimona : local de commande de l’installation de séparation du plutonium

Il est bien connu que la puissance militaire d’Israël – incluant l’arme atomique (6èmearsenal nucléaire au monde !) – est considérablement supérieure à celle de l’ensemble des pays voisins et que son armée est considérée comme une des plus importantes forces militaires de la planète.

Il y a bien un peuple désarmé, confronté à une puissance hostile, mais ce n’est pas celui-là !

Résistants… Pas terroristes

Les attentats et les tirs palestiniens ne sont pas à considérer isolément mais font partie d’un tout. Le drame de Gaza n’est autre qu’un épisode de plus d’une guerre qui a commencé il y a près de quatre-vingt ans, une péripétie de plus de la résistance d’une population qui a subi bien plus de bombardements et d’attentats que celle d’Israël… et qui compte infiniment plus de morts civiles.

Marek Edelman, le héros juif de l’insurrection du ghetto de Varsovie, décédé en 2009, ne s’y trompait pas. Il nommait “partisans“ ceux que le gouvernement israélien qualifie de “terroristes“ et condamnait publiquement le régime sioniste.

Liberté pour tous les Shalit !

Tout pacifiste espère que le jeune Shalit retrouvera sa famille et on ne peut que condamner le non-respect des lois humanitaires par ses ravisseurs !

Mais, la justice n’étant pas à géométrie variable, ne serait-il pas juste que le gouvernement israélien applique la même loi humanitaire pour les centaines de Palestiniens maintenus au secret depuis juin 2007 … par “mesure de sécurité“ dixit la Cour Suprême d’Israël.

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Salah Hamouri

On semble aussi oublier que cet “enlèvement“ d’un militaire par le Hamas avait déjà, dès le lendemain, entraîné l’opération “Pluies d’Eté“.

Cette attaque sanglante lancée par Ehud Olmert avait provoqué des centaines de morts civiles et l’emprisonnement, sans jugement,(4) d’une soixantaine de parlementaires palestiniens.

Ne serait-il pas juste aussi qu’Israël libère Salah Hamouri, le citoyen franco-palestinien condamné par un tribunal militaire et incarcéré depuis mars 2005 pour avoir eu “l’intention“ (sans le moindre élément de preuve concrète) de tuer un leader d’extrême droite ?

La Justice ne voudrait-elle pas, surtout, qu’on libère les milliers de résistants, de prisonniers d’opinion et d’enfants (310 mineurs fin 2009, selon l’ONU) qui sont incarcérés sans droit de visite et de courrier ? Certains sont enfermés depuis des années, sans jugement dans des prisons où, comme en témoignent les rapports d’Amnesty International, la torture est récurrente !(5) Comment peut-on accepter ce “deux poids, deux mesures“ ? Parce qu’un soldat sioniste vaut infiniment plus qu’un civil… ?

En souvenir des premiers “terroristes“…

Nelson Mandela disait : C’est l’oppresseur qui détermine la forme de la violence, pas l’opprimé. C’est vrai… mais tuer délibérément des civils est un crime de guerre qu’il faut absolument condamner, quels qu’en soient les auteurs !

Même s’ils sont des actes de résistance, les attentats suicides palestiniens me remplissent d’horreur.

Il faut cependant bien constater que l’histoire de l’expansion d’Israël déborde de massacres et que c’est le mouvement sioniste qui a fait exploser les premières bombes au milieu des civils… Bien avant le premier attentat suicide palestinien à Hébron en 1994 !

La liste des carnages est longue, très longue :

-   Attentats à la voiture piégée de juillet 1938 à Jaffa et à Jérusalem qui font des dizaines de victimes.

-   Attentat de l’hôtel King David en 1946 qui, outre des militaires anglais, tua une majorité d’employés palestiniens.

-   Massacres des villageois désarmés de Deir Yassin, de Kafr Kassem, de Beit Hanoun, de Jénine, de Khan-Younis, de Raffah, de Beït Lahya…tant d’autres.

-   Tuerie dans le camp de réfugiés de Canaa ordonnée par Shimon Peres, celle perpétrée à Lydda par Yitzhak Rabin (456 civils dont 176 à l’intérieur d’une mosquée) et à Ramle par Moshe Dayan.

-   Massacre des réfugiés de Sabra et Chatila par la milice libanaise sous les ordres du général Sharon.

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-   Tuerie du “Caveau des Patriarches“ (29 morts et 125 blessés) par Baruch Goldstein.

Etc… Etc.

Les assassinats de civils n’ont jamais cessé depuis les années vingt.

Rappelons-nous les « exploits » du groupe Stern d’Itzhak Shamir… dont l’assassinat de Folke Bernadotte, le médiateur envoyé par l’ONU en 1948 pour faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial.(7)

Cet homme de paix avait sauvé près de 15.000 personnes des camps de concentration nazis !

Son assassinat cynique n’est-il pas prémonitoire du refus fondamental d’Israël de mettre fin à son expansion ? Depuis, toute la stratégie du régime israélien semble malheureusement le démontrer… Il n’y a qu’à dénombrer les dizaines d’assassinats ciblés (et bien entendu anonymes) perpétrés dans le monde par les tueurs des services secrets pour faire taire les voix discordantes. Citons seulement celui de Naïm Khader, autre homme de paix, criblé de balles à Bruxelles en 1981.

Quelle différence “qualitative“ entre les attentats palestiniens et les massacres israéliens ? La principale ne serait-elle pas d’ordre racial ? Les victimes des uns étaient des émigrants venus d’Occident, celles des autres des arabes autochtones qui avaient l’outrecuidance de résister aux envahisseurs. Les bombes au phosphore blanc utilisées au Liban et à Gaza ne visaient-elles pas à tuer des civils, comme le montre clairement le rapport de l’ONU, ce fameux “Rapport Goldstone“ (juriste juif et sioniste !), exécré par le gouvernement israélien ? A ce propos, il est bon de rappeler qu’il n’a pas été établi par le seul Mr Goldstone mais par une équipe d’experts indépendants internationaux renommés… avec l’aide de nombreuses ONG et associations israéliennes qui, malgré l’opposition et les pressions de leur gouvernement, ont fourni des informations.

N’est-il pas impérieux de reconnaître et réparer, autant que possible, ces crimes ? Ces centaines de milliers de Palestiniens assassinés ou expulsés de leur terre et de leurs maisons, n’ont-ils pas droit à la justice ? Tout honnête homme ne doit-il pas s’opposer à l’infamie et demander que les responsables soient jugés ?

… Et des survivants de la « Shoah »

A l’occasion du 60ème anniversaire de la libération d’Auschwitz, Sharon a glorifié son régime comme le dernier refuge des juifs victimes du nazisme. La réalité est bien différente pour les quelques 200.000 rescapés qui résident encore en Israël. Selon l’ONU, la moitié vit sous le seuil de pauvreté (surtout ceux originaires de l’Europe de l’Est) et ces victimes du génocide sont régulièrement insultées par des rabbins comme Ovadia Yossef, idéologue du parti d’extrême droite Shass, qui affirme que le sort malheureux de ces “mauvais juifs“ est “la punition de Dieu pour leurs péchés“.

Cette « utilisation » de l’Holocauste est d’ailleurs dénoncée par de nombreuses consciences juives, tel Norman G.Finkelstein, fils de juifs survivants du ghetto de Varsovie qui n’hésite pas à écrire :

Un corollaire de l’unicité de l’Holocauste est qu’il constitue un Mal unique. La souffrance des autres, si terrible qu’elle soit, ne peut tout simplement pas lui être comparée. Les tenants de l’unicité de l’Holocauste récusent en général cette implication, mais ces protestations ne sont qu’hypocrisie. Revendiquer l’unicité de l’Holocauste est intellectuellement vide et moralement indigne. La question est de savoir pourquoi cela continue. Tout d’abord, parce que souffrance unique veut dire droits uniques. Selon Jacob Neusner, l’Holocauste, mal unique, n’a pas seulement pour conséquence de donner aux Juifs un statut à part, il leur donne « un droit sur les autres.  » Pour Edward Alexander, l’unicité de l’Holocauste est « un capital moral » ; les Juifs doivent « réclamer la propriété » de ce « bien précieux ». Dans les faits, le caractère unique de l’Holocauste -ce « droit » sur les autres, ce « capital moral »-, représente pour Israël un alibi précieux. «  La singularité de la souffrance juive, écrit l’historien Peter Baldwin, renforce la pression morale et émotionnelle qu’Israël exerce […] sur les autres nations.  » C’est ainsi, explique Nathan Glazer, que l’Holocauste, en mettant en évidence « le caractère particulièrement distinctif des Juifs », leur donne «  le droit de se considérer comme spécialement menacés et spécialement justifiés dans tous les efforts nécessaires à leur survie « .

Pour s’en tenir à un seul exemple, tous les comptes rendus sur la décision d’Israël de se doter de l’arme nucléaire évoquent les spectres de l’Holocauste. Comme si Israël avait eu besoin de l’Holocauste pour devenir une puissance nucléaire. (8)

Ça fait soixante ans que nous cherchons la paix… A nos conditions !

Bien qu’il soit critiquable, les hommes ont instauré un organe pour la régulation de la paix dans le monde, l’ONU. On ne peut tenir pour négligeable, que depuis soixante ans les divers gouvernements d’Israël n’ont jamais respecté que deux résolutions de l’ONU (celle de 1947 qui concerne le partage du territoire et celle imposant son retrait du territoire libanais qu’il avait envahi). Aucune autre – une centaine depuis 1948 – n’a été appliquée ! Idem pour les décisions du Tribunal International de la Haye !

Israël a aussi répondu par le silence à la proposition de paix unilatérale faite par les pays arabes en 2002…Pas même un « accusé de réception » ! Cette initiative – pourtant signée par l’ensemble des Etats membres de la Ligue arabe… Et par l’Iran ! – offrait une paix générale de toute la région en échange du retrait des territoires occupés depuis 1967 et d’une solution juste pour les réfugiés.

Il est vrai qu’Israël n’a guère de raisons de se conformer au Droit international puisque même l’Union européenne n’applique pas ses propres lois et règles – notamment celles contenues dans la Quatrième Convention de Genève – et se rend ainsi complice des exactions commises.

Ce régime est d’autant plus à l’aise qu’il a l’appui concret de son puissant allié US… ce qui permet, petite anecdote, à Ariel Sharon de répondre à Shimon Peres, sans que cela ne provoque de réaction : Chaque fois que nous faisons quelque chose vous me dites que l’Amérique fera ceci et fera cela…. Je veux vous dire quelque chose très clairement : Ne vous inquiétez pas de la pression américaine sur l’Israël. Nous, le peuple juif, contrôlons l’Amérique et les Américains le savent (9)

Les visées expansionnistes (voir cartes pages 28 et 29) ainsi que les pratiques colonialistes du régime sont flagrantes :

-   Expansion territoriale par la force.

-   Population de Cisjordanie reléguée dans ce qu’il faut bien appeler des “ghettos“.

-  Colonisation sauvage de Jérusalem-Est et expulsion brutale de ses habitants.

-  Oppression religieuse permanente : restrictions d’accès à la mosquée Al-Aqsa (troisième lieu saint de l’Islam), destruction de mosquées, de cimetières ancestraux comme celui de Ma’man Allah pour y construire un « Musée de la Tolérance » (humour juif ?)

-  Blocus de Gaza, pourtant condamné par la Communauté Internationale (résolution de l’ONU N°1860), blocus qui a affamé la population (elle y échappait seulement grâce aux tunnels), qui l’empêche toujours de reconstruire – le ciment y est interdit d’entrée, excepté pour les bâtiments de l’UNRWA qui a pu rebâtir dix de ses douze hôpitaux, début 2010.

-  Mesure militaire – encore une fois contraire à la Convention de Genève – qui veut interdire aux Palestiniens, implantés en Cisjordanie mais originaires de Gaza, d’y résider.

-  Impositions drastiques au fonctionnement de l’UNRWA privant d’enseignement 40.000 écoliers de Gaza, interdisant l’édification des deux écoles… dans un territoire non-occupé paraît-il.(10)

… Etc.

Près de la moitié des terres agricoles de la bande de Gaza sont devenues inutilisables du fait des destructions, de la pollution par le phosphore ou de leur localisation à l’intérieur d’une « zone de sécurité » définie par l’armée israélienne, les pêcheries sont paralysées à cause de l’interdiction d’aller en haute mer… Depuis “Plomb Durci“, Gaza a été bombardé plus de 400 fois et un Palestinien est abattu chaque jour, en moyenne ! Tout ça pour arriver à la paix ?

Il n’y a pas de problème humanitaire à Gaza !

Selon divers rapports de l’ONU (encore une fois pas crédibles pour Israël ?), 80% des aides humanitaires envoyées par les gouvernements et les ONG sont (à juin 2010) interdites d’entrée.

Toujours selon l’ONU, la moyenne hebdomadaire des camions franchissant le point de passage de Kerem Shalom reste très inférieure à celle en vigueur avant juin 2007 (540 contre 2807).

Mais, bien entendu, Israël proclame via le colonel Moshe Levy : Il n’y a pas de problème humanitaire à Gaza ! Il n’y a pas de pénurie de nourriture ni d’autres choses, sauf celles qui alimentent le mouvement terroriste et renforcent le Hamas.

Quelques autres réalités, selon le rapport de l’ONU (juillet 2011) :

-  Plus de 90% de l’eau provenant de l’aquifère est non potable

-  54% des habitants vivent dans une situation d’insécurité alimentaire et 75% dépendent de l’aide internationale

-  47% des jeunes est au chômage

-  35% des terres agricoles et 85% des zones de pêche sont inaccessibles en raison des mesures militaires israéliennes

-  Les mesures prises en juin 2010 pour alléger le blocus ont eu peu d’effet sur la situation humanitaire. Si les importations ont augmenté, elles ne représentent que 45% de ce qui entrait en 2007

Vous avez dit « circulez, il n’y a rien à voir“ ?

Les lois internationales ne nous concernent pas !

Fin mai 2010, la marine israélienne a, une fois de plus, violé le droit international en “arraisonnant“ un convoi humanitaire dans les eaux internationales (à plus 60 km des côtes !).

Des militants pacifistes provenant de 42 pays étaient sur ces bateaux. Ils transportaient des chaises roulantes, des maisons en kit, du ciment, du matériel de construction…

Comme d’habitude, le Mossad et le Shin Beit n’ignoraient certainement rien du contenu des bateaux… et certainement pas l’identité des quelques 700 personnes qui s’y trouvaient. Le général Gabi Ashkenazi, chef d’état-major de l’armée, a admis devant une commission d’enquête israélienne (24/10/2010) que les commandos ont tiré plus de 300 balles réelles lors de l’abordage, tuant une dizaine de passagers et blessant de nombreux autres ! Cette attaque en haute mer contre un bateau civil est indéniablement une piraterie maritime… Pas pour la soldatesque israélienne !

C’était un “flottille terroriste“ !

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Bien entendu, Israël proclame qu’il n’est pas responsable du massacre ! “ Ce sont ces soi-disant pacifistes qui, sous couvert de convoi humanitaire, sont venus provoquer notre démocratie et créer de la violence. Nous n’avons fait que nous défendre contre cette attaque de dangereux envahisseurs armés (11) On sait maintenant qu’ils étaient bien armés… de ce qu’ils avaient trouvé sur le bateau : clubs de golf, couteaux de cuisine, chaînes, bâtons ou barres de métal !

Israël justifie son attaque contre le “Mavi Marmara“ en arguant que la “Flottille de la Liberté“ n’a pas obéi aux injonctions de l’armée israélienne.

Depuis quand doit-on obéir aux ordres illégaux d’un commando qui, à l’instar des pirates somaliens, monte à l’assaut d’un bateau dans les eaux internationales ?

Comme le prouvent les rares images qui n’ont pas été confisquées par les assaillants(12) et les résultats des autopsies des victimes, le commando était venu pour tuer :

Les neuf morts ont été touchés par une trentaine de balles au total. Les autopsies montrent que les victimes ont été criblées de balles, plusieurs d’entre elles à bout portant et certaines d’une balle à l’arrière du crâne.(13)

A ma connaissance, très peu de medias “officiels“ de mon pays ont fait la “une“ de cette information, pourtant capitale. C’est seulement au bout de trois semaines qu’une TV d’ici en a fait mention.
… Journaliste mais pas téméraire !

Les rapports d’autopsie sont accablants : cinq des neuf victimes ont été touchées à la tête ! Le jeune étudiant américano-turc de 19 ans, Turkan Dogan, a été abattu par cinq balles, dont une à bout portant contre le visage et une à la nuque.

Hormis ce jeune étudiant, les huit autres victimes étaient toutes des pères de famille (commerçant, journaliste, pompier…) dont la moyenne d’âge est de plus de 40 ans… il y avait même un ingénieur de 61 ans.

Des terroristes bien particuliers, non ?

La “Commission d’enquête“ mise en place par le régime israélien – l’accusé enquête donc sur ses propres crimes ! – estimera que c’était de l’auto-défense et décidera que les rapports d’autopsie ne sont pas des preuves.

De son côté, la mission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a confirmé dans son rapport final (22 septembre 2010) que cet abordage avait été “une violation grave des droits de l’homme“.

Témoignage des experts de l’ONU :

La conduite des forces armées d’Israël (…) vis-à-vis des passagers de la flottille (…) révèle un niveau inacceptable de brutalité » et souligne que « Il y a des preuves claires permettant d’appuyer des poursuites pour les crimes suivants (…) : homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves »(…) « Les auteurs des crimes les plus graves ayant été masqués ne peuvent pas être identifiés sans l’assistance des autorités israéliennes.

Mais, bien entendu, le gouvernement de Netanyahu a poussé ses cris d’orfraie habituels (Calomnies ! Mensonges ! Enquête partiale !… etc) et tenté d’enrayer la médiatisation du rapport. …Et la majorité de la presse européenne a, comme d’habitude, collaboré à mettre une chape de silence sur cette condamnation !

Quand obligera-t-on le gouvernement israélien à respecter les règles de l’assemblée des nations et les jugements des tribunaux internationaux ?

Quand, aussi, la presse traditionnelle occidentale respectera-t-elle l’éthique journalistique ?

Connaissant les pratiques antérieures de cette “armée la plus morale du monde“, on n’est en rien étonné du caractère délibérément violent de cet assaut contre ces bateaux de pacifistes.

On tire dans le tas et ensuite, à l’annonce de la tuerie, on applique la proposition faite à la Knesset par la députée du Likoud, Miri Regev : “ le plus important est de s’occuper très vite des informations négatives des medias, de façon à ce qu’elles disparaissent “.

Devant l’indignation mondiale, Netanyahu s’est quand même un peu calmé et c’est heureusement sans violence qu’Israël s’est ensuite emparé du “Rachel Corrie“.

Pour ceux qui l’ignorent : Rachel Corrie était une jeune pacifiste américaine, écrasée par un bulldozer militaire, en 2003 à Gaza, parce qu’elle s’opposait à la démolition d’une maison palestinienne.

(à suivre)

Notes

1) Témoignage de Me De Keyser, députée européenne, au “Tribunal Russell“ (2/3/2010)

2) « Gaza 1956 » de Joe Sacco (Futuropolis)

3) “Ha’aretz“ du 22/12/2008

4) Depuis 1967, Israël a emprisonné 20% de la population des territoires occupés

5) Cf les rapports de Amnesty International

6) Comme l’a révélé le journaliste Alain Ménargues, des forces spéciales de l’armée israélienne ont également participé activement à cette tuerie de 2 à 3.500 hommes, femmes et enfants.

7) “Il n’y aura pas d’Etat palestinien“ de Ziyad Clot (Max Milo Editions )

8 « L’Industrie de l’Holocauste » (Editions La Fabrique)

9) Kol Yisrael Radio le 3 Octobre 2001

10) Déclaration de M.Gunness (UNRWA) 23/10/2010

11) Déclaration de l’ambassadrice d’Israël en Belgique le 31/5/2010

12) Voir http://www.pacificfreepress.com/news/1-/8123-kevin-neishs-mavi-marmara-story.html

13)“The Guardian“ du 5/6/2010

Communiqué par l’auteur via courriel

« La Syrie, terrain du bras de fer irano-saoudien »


En Syrie, le mouvement de contestation du régime entre dans son sixième mois. S’il menace le pouvoir de Bachar Al-Assad, ses conséquences pourraient aussi rebattre les cartes diplomatiques à l’échelle du Moyen-Orient, comme l’explique Joseph Bahout, chercheur associé à l’IEP de Paris et spécialiste de la région.

Longtemps attentiste vis-à-vis de la situation en Syrie, l’Arabie Saoudite est sortie de sa réserve dimanche dernier en condamnant vigoureusement la répression. Comment expliquer ce retournement?
Il est vrai que l’attitude saoudienne peut sembler contradictoire. C’est qu’il y a plusieurs lignes dans le royaume : un réflexe « génétique » contre-révolutionnaire et conservateur d’une part, et d’autre part le ras-le-bol de l’influence iranienne, de l’affaire du Bahreïn jusqu’à l’Irak. On aimerait bien sauver le soldat Assad, mais s’il tombe, tant mieux, on pourra mettre un régime plus arrangeant. Il y a plusieurs diplomaties saoudiennes. Le roi a toujours été plutôt compréhensif avec Assad, mais ses initiatives étaient regardées avec scepticisme, voire combattues secrètement par les autres branches. Aujourd’hui ce sont celles-ci qui ont gagné. Le communiqué royal est bel et bien un gros retournement.

La Syrie semble plus isolée que jamais sur la scène internationale…
La Syrie est revenue à la situation de 2005-2006, quand elle n’avait pratiquement plus d’amis. Tous les efforts fournis depuis cette époque pour sortir de l’isolement, notamment via la France et la Turquie, sont réduits à zéro. La déclaration saoudienne est très forte. Quand le roi Abdallah qualifie la situation d’« inacceptable », c’est aussi le gardien des lieux saints de l’Islam qui s’exprime. Seul l’Iran fait encore figure de partenaire jusqu’au-boutiste.

Justement, à travers le conflit syrien, est-ce aussi la rivalité irano-saoudienne qui se manifeste?
Oui, cette crise n’est déjà plus un conflit syro-syrien. Le pays peut devenir le terrain d’un grand bras de fer final impliquant l’Iran, l’Arabie Saoudite, mais aussi la Turquie et les occidentaux. Le point central, c’est la pression mise sur Assad pour qu’il abandonne son alliance avec l’Iran et le Hezbollah. Côté iranien, à l’inverse, la chute du régime syrien est la ligne rouge à ne pas franchir.

Quel serait le régime syrien idéal pour l’Arabie Saoudite?
Il associerait la grande bourgeoisie damassienne sunnite et la classe moyenne islamiste modérée. Ce serait un régime aligné sur l’axe Ryad-Le Caire, largement dépendant de l’argent du Golfe.

L’isolement de la Syrie ne risque-t-il pas de renforcer encore son alliance avec l’Iran?
C’est vrai que plus la Syrie est isolée, plus elle a besoin de son voisin. A l’époque de Hafez Al-Assad [le père de Bachar], l’Iran était pour lui un instrument permettant à Damas de peser davantage dans la région. Aujourd’hui, la relation s’est inversée, on est passé à une instrumentalisation de la Syrie par l’Iran. Même vainqueur, un régime affaibli pourrait faire du pays une sorte d’Irak des années 1990 : un pays encerclé, isolé par les sanctions, affaibli, appauvri. Et donc encore plus dépendant d’une aide iranienne, en échange d’une allégeance diplomatique renforcée. L’Iran pourrait alors ouvrir un nouveau chapitre de sa confrontation avec l’Occident sur le nucléaire. Avec le risque d’une politique plus agressive.

A votre connaissance, l’Iran joue-t-il un rôle dans la répression actuelle?
Il y a des témoignages sur la présence de tireurs iraniens dans les forces de répression, mais cela me semble secondaire. Assad n’a pas besoin d’aide pour réprimer les manifestants. L’Iran donne certainement de l’argent, peut-être aussi des conseils techniques, en informatique par exemple.

En cas de chute d’Assad, comment réagirait l’Iran?
Je pense que leur plan B serait de renforcer leurs efforts sur l’Irak, pour y jouer la carte chiite avec Moqtada Al-Sadr. Et sur le Liban, via le Hezbollah. Mais que deviendrait celui-ci sans le protecteur syrien ? Par ailleurs, si l’Iran constate une intrusion des acteurs régionaux sur le terrain syrien pour manipuler la situation à leur profit, il passera à l’attaque : envoi de pasdarans, frappe sur les intérêts turcs, agitation chiite à Bahreïn pour effrayer les Saoudiens, militarisation du conflit…

Existe-t-il encore une possibilité d’intervention occidentale?
Au vu de ce qui se passe dans les rues de Londres, sur les marchés et en Libye, je doute que les Occidentaux soient tentés de s’impliquer en Syrie. D’où le rôle important de la Turquie et de l’Arabie Saoudite, qui agissent en quelque sorte par procuration.

Lire aussi :
Derrière Bachar, l’ombre de l’Iran

Dominique Albertini – Le Journal du Dimanche

samedi 13 août 2011

Un véhicule militaire dans la ville de Hama Un véhicule militaire dans la ville de Hama. (Reuters)

source

L’Autorité palestinienne et Israël d’accord pour écraser les manifestations de septembre 10/08/2011


Le quotidien israélien Ha’aretz a révélé que les responsables de la sécurité de l’Autorité palestinienne sont tombés d’accord avec ceux d’Israël pour empêcher qu’une escalade violente se développe en septembre, lorsque l’AP envisage de demander aux Nations Unies de reconnaître la Palestine comme Etat membre.
La décision coïncide avec des déclarations du porte-parole de la sécurité de l’AP, Adnan al-Dhamiri, qui a juré d’écraser toute manifestation violente anti-Israël qui pourrait avoir lieu pendant ou après septembre.

Les responsables de la sécurité ont confirmé que des officiers des deux bords ont eu récemment des contacts à ce sujet, suite aux craintes qui règnent dans la région et aux prévisions d’une possible insurrection des Palestiniens qui pourrait se transformer en soulèvement violent et généralisé.

Le quotidien a confirmé que des responsables de sécurité haut placés à l’AP ont envoyé des messages assurant que les mouvements populaires auxquels appelleraient des dirigeants de l’AP resteraient pacifiques.

Ils ont dit que les marches prévues pour le 20 septembre, lorsque l’ONU commencera à étudier la question, seront circonscrites aux villes palestiniennes et ne s’étendront pas à des confrontations avec les soldats israéliens.

Selon l’article, les services de sécurité israéliens sont avertis que l’AP ne veut pas démarrer un nouveau conflit avec Israël mais veut seulement faire pression pour progresser au niveau politique. Mais l’armée israélienne craint que la sécurité de l’AP n’arrive pas à contenir tous les scenarii possibles et elle pèse toutes les éventualités.

Adnan al-Dhamiri a rendu publics, dans une déclaration au quotidien Al-Sharq Al-Awsat, des plans pour contrecarrer toute « manifestation violente » qui pourrait survenir pendant le mois de septembre. Il a fait ses déclarations après que le renseignement israélien ait envisagé diverses possibilités suivant les réactions des Palestiniens en septembre.

Dhamiri a minimisé les prévisions de violence majeure « qui aboutirait à la démission du président palestinien et au chaos. »

Source : Palestine Info

Traduction : MR pour ISM

Urgent AGREXCO ! Agissez svp


Le bureau national de coordination de la campagne BDS , et en particulier le
mouvement européen et international  qui cible AGREXCO par divers types
d’actions dans divers pays depuis plusieurs années (Tribunal Russel, piquets,
actions symboliques dans les magasins, sur les marchés, actions juridiques,
…) ainsi que ses love-marques comme  Carmel et la société partenaire
CAL-LACHS installée à l’aéroport de Liège-Bierset APPELLE DE TOUTE URGENCE  les
associations  et les individus à écrire à la société irlandaise TOTAL PRODUCE
afin qu’elle ne reprenne pas dans les jours à venir les activités de la société
israélienne AGREXCO qui a été déclarée en faillite tout récemment à Tel-Aviv.
Nous vous remercions de participer à cette action hyper importante pour diverses
raisons. Notamment en envoyant un courriel-type (voir ci-dessous en anglais et
sa traduction en français) aux deux adresses mail de Total produce , et/ou la
lettre (plus longue et en anglais) à son adresse postale.

info@totalproduce.com (adresse générale)
cmccann@totalproduce.com (adresse du directeur, Carl McCann)
– Carl McCann, Chairman, Total Produce, Charles  Mc Cann Building, Rampart Road,
Dundalk, Ireland (adresse postale)

Vous trouverez aussi plus bas, quelques liens vers plus d’information , si vous
souhaitez faire un relais via vos sites web , blogs ..
N’hésitez pas à en demander davantage.

Merci d’avance de nous tenir informés de votre action et de ses suites.
Espérons qu’en Irlande, on  se rappelle bien ce que signifient colonisation et
occupation  et que la compagnie de produits agricoles TOTAL PRODUCE (qui a une
charte éthique)  comprenne que c’est une bien mauvaise idée d’acheter une
compagnie qui commercialise la majorité des produits des colonies établies
occupés dans les territoires, qui tire profit de l’occupation israélienne et qui
a subi un coup financier fatal, en partie suite à la campagne internationale
BDS.
Bien à vous
Dominique W.

1. MESSAGE -TYPE (pour copier-coller):

Dear Carl McCann, Chairman, Total Produce,
AGREXCO is an Israeli company complicit in the occupation and dispossession of
the Palestinian people, and its very activity (economic exploitation of an
occupied territory) is a war crime.
If TOTAL PRODUCE buys AGREXCO it will then be in the exact same situation, since
you will carry out the same activities.
This means that the current international boycott campaign targeted at AGREXCO
will expand to include all TOTAL PRODUCE activities.
We urge you not to participate in the bidding for AGREXCO and to stay away from
their illegal and illegitime business.
We look  forward to receiving your reply to this letter.

[2. Pour votre  info : TRADUCTION:

AGREXCO est une compagnie israélienne complice de l’occupation et de la
dépossession que connaît le peuple palestinien et son activité (exploitation
économique d’un territoire occupé) constitue en réalité un crime de guerre.
Si TOTAL PRODUCE rachète AGREXCO, la société sera exactement dans la même
situation vu qu’elle pratiquera les mêmes activités.
Cela signifie que l’actuelle  campagne internationale ciblant AGREXCO s’élargira
en incluant toutes les activités de TOTAL PRODUCE.
Nous insistons dès lors pour que vous ne repreniez pas la société AGREXCO et
pour que vous restiez à l’écart de son business illégal et illégitime.
Nous espérons recevoir votre réponse à ce courrier.

3. QUELQUES LIENS POUR  PLUS D’INFOS
http://coalitioncontreagrexco.net/node/89
http://www.bdsmovement.net/2011/total-produce-letter-7705 (lettre du BNC)
http://www.bdsmovement.net/2011/bnc-warns-irish-company-7732 (communiqué de
presse du BNC)
http://whoprofits.org

Le collier de la reine, un tribut de vassalité à un suzerain ?


Maroc / Israël : Le collier de la reine (1), un tribut de vassalité à un suzerain ?
René Naba – 12.08.2011 – Paris

Un collier en or aurait été offert par Lalla Salma, épouse du Roi du Maroc, à Tzipi Livni, le co-ordonnateur de la guerre de destruction israélienne de Gaza (2007-2008). Un cadeau offert en 2009 à l’occasion d’une visite de l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères au Maroc, un an après la fin de la guerre israélienne contre l’enclave palestinienne.

Cette information explosive a été démentie de piètre façon par le Maroc, par un communiqué laconique du ministère des affaires étrangères publié le 26 juillet, soit deux semaines après la fuite du Maariv. Le journal israélien précisait, pourtan, dans son édition en date du 13 juillet 2011, que le parlement israélien avait pris la décision de dévoiler une liste de cadeaux offerts aux officiels et parlementaires israéliens par des personnalités étrangères, liste où figurerait «Lalla Salma» pour un «collier en or» à Tzipi Livni lors de sa visite au Maroc en 2009 à l’invitation de l’Institut Amadeus pour le Forum MEDays organisé à Tanger.

suite

Syrie : « Les femmes participent activement à la résistance »


Dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, l’écrivaine et journaliste syrienne Samar Yazbek, réfugiée en France depuis la mi-juillet, témoigne de la répression brutale du régime de Bachar El-Assad. Elle souligne aussi le caractère multiconfessionnel de l’opposition.

12.08.2011 | Propos recueillis par Elie Masboungi | L’Orient-Le Jour

Samar Yazbek© Droits réservés

Samar Yazbek

Si l’écrivaine et militante Samar Yazbek accepte de parler à la presse, ce n’est pas uniquement pour relater ce qu’elle a enduré dans son pays – intimidations, menaces, visites forcées de cellules où se trouvaient de jeunes manifestants battus et mutilés. La jeune intellectuelle, issue de la communauté alaouite [à laquelle appartiennent la famille Assad et plusieurs personnalités du régime], préfère s’exprimer en tant que simple citoyenne qui veut dénoncer la dictature dans son pays.

« En tant que journaliste et écrivaine », explique Mme Yazbeck, « j’ai une vision de l’avenir de la Syrie et, après une période de simple observation du mouvement de contestation dans ses deux premiers mois, j’ai décidé de parler, d’écrire et de soutenir les manifestants pour la liberté qui subissent cette horrible répression. Je veux dénoncer toutes les violations des droits de l’homme qui sont commises en Syrie », poursuit-elle. « C’est ce qui m’a d’ailleurs poussée à rejoindre les ‘organismes de coordination’ des manifestations, qui font un travail admirable et qui sont devenus le véritable moteur du mouvement de contestation. »

Et Mme Yazbek d’ajouter : « Je suis une militante qui exprime l’anxiété et les soucis des femmes de mon pays désormais engagées dans la lutte politique [contre le régime de Bachar El-Assad]. Je voulais jusqu’ici rester loin de la politique, mais je n’ai pu supporter les horreurs commises autour de moi, en me basant sur le principe que le peuple a toujours raison. » « On a voulu me terroriser en me forçant à visiter les geôles pour y voir les horreurs, les conséquences de la torture sur les manifestants arrêtés », ajoute-t-elle, expliquant par ailleurs qu’elle a pu quitter le pays « parce qu’ils avaient autre chose à faire »…

Pour Samar Yazbek, son rôle dans la Syrie post-Assad ne changera pas. Elle veut continuer à exercer son métier de journaliste, tout en se consacrant à l’écriture d’ouvrages. La militante rescapée a annoncé que ses prochains écrits seront inspirés de la « descente aux enfers » qui lui a été imposée, démentant, en réponse à une de nos questions, que les femmes syriennes auraient été moins présentes que les hommes dans les mouvements de masse. « Les femmes, a-t-elle expliqué, ont été et demeurent plus efficaces que les hommes, notamment dans les domaines de la logistique, de la communication et du renseignement. Elles ne peuvent descendre en masse dans les rues des grandes villes où seuls les hommes se trouvent en première ligne. »

Quant aux divergences et au manque de cohésion dans les rangs de l’opposition syrienne, Samar Yazbek a reconnu ces faits, estimant que cela pourrait effectivement mener à l’anarchie, comme il arrive à la suite de l’effondrement des dictatures. « Mais après ces tragiques développements, le peuple syrien est parfaitement apte à éviter le chaos et surtout la guerre interconfessionnelle qu’on nous annonce. Toutes les communautés sont engagées dans cette lutte pour la libération de la Syrie, et une guerre civile confessionnelle est chose impossible chez nous », affirme-t-elle tout en assurant que le mouvement de révolte auquel on assiste aujourd’hui est essentiellement laïc et que les chrétiens de Syrie y participent, contrairement à ce que laissent entendre les autorités du pays.

« Les chrétiens sont particulièrement actifs dans les coordinations implantées dans les grandes villes et en province », indique Mme Yazbek. « En nommant un nouveau ministre de la Défense de confession chrétienne – le général Rajah Daoud –, le régime veut impliquer les chrétiens dans le combat pour faire assumer au commandement militaire la responsabilité de ce qu’il qualifiera plus tard de massacre des sunnites… », précise la journaliste qui ne cesse d’insister sur le caractère multiconfessionnel des ‘organismes de coordination’. « Ces organismes, dit-elle, symbolisent le partage équitable des responsabilités dans un mouvement à caractère populaire et national qui a besoin de la participation du peuple syrien tout entier. » En conclusion, Samar Yazbek lance un message à ses compatriotes : « N’ayez pas peur car vous affrontez la mort avec courage, et c’est ainsi que notre peuple vaincra. »

source

Abir Kopty : Tel Aviv, tente 1948


Abir Kopty
publié le lundi 8 août 2011.

 

Si vous êtes Palestinien, vous aurez du mal pour trouver quelque chose à quoi vous identifier dans le village de tentes sur le boulevard Rothschild de Tel-Aviv, jusqu’à ce que vous parveniez à Tente 1948. Ma première virée là-bas a été il y a quelques jours, lorsque j’ai décidé me joindre à la Tente 1948. Le message central de la Tente 1948 est que la justice sociale devrait être pour tous. Elle rassemble les citoyens juifs et palestiniens qui croient en une souveraineté partagée dans un Etat pour tous ses citoyens.

Pour moi, comme Palestinienne, je ne me sens pas faire partie du mouvement du 14 juillet, et je ne suis pas là comme participante. Presque tous les coins de ce camp me rappellent que ce lieu ne veut pas de moi. Ma première virée dedans a été assez déprimante, j’ai trouvé pleins de drapeaux israéliens, un homme faisant un discours à des jeunes avec une vision sioniste sur ses souvenirs de la « guerre de 48 », un autre groupe avec des panneaux appelant à la libération de Gilad Shalit, un autre poussant des chants sionistes. Ce n’est sûrement pas un lieu où les 20 % de la population se sentiraient chez eux. Le lendemain, j’ai trouvé Ronen Shuval, d’Im Tirtzu, l’association d’extrême droite, faisant un exposé provocateur et haineux contre les associations de gauche et des droits humains. Les colons avaient déjà monté une tente et dansaient avec joie.

L’existence de Tente 1948 dans le camp est un défi vers les gens qui participent au mouvement du 14 juillet. Les premiers jours, la tente a été attaquée par un groupe de droite, qui a battu les militants de la tente et détruit son drapeau palestinien. Certains leaders du mouvement du 14 juillet ont dit clairement qu’avancer les questions centrales concernant la communauté palestinienne en Israël ou l’occupation ferait « perdre sa force » à la lutte. Ils ont souvent dit que la lutte est sociale, pas politique, comme s’il y avait une différence. Ils avaient peur de perdre des supporters s’ils appuyaient sur les questions palestiniennes.

La vérité, c’est que c’est vrai.

En vérité, c’est exactement ce qui pourrait aider Netanyahou ; s’il appuyait sur le bouton de la peur, recréait l’« ennemi » et reproduisait la « menace sécuritaire », il serait capable de faire taire le mouvement. Le problème n’est pas avec Netanyahou, ce n’est pas le premier leader israélien à faire appel à ça. Le problème principal, c’est que les Israéliens ne sont pas encore prêts à voir au-delà des murs qui les entourent.

Pourtant, il faut l’admettre, il se passe quelque chose, les Israéliens se réveillent. Il y a un développement ; les gens se rencontrent, discutent des questions. L’assemblée générale du camp a décidé vendredi qu’elle n’accepterait aucun message raciste parmi ses participants. Même à Tente 1948, beaucoup d’Israéliens sont venus, ont lu les tracts, écouté ce que représente Tente 1948 et discuté calmement. Peut-être, si j’étais une israélienne juive, je serais fière du mouvement du 14 juillet. Mais je ne suis pas juive, je ne suis pas sioniste, je suis palestinienne.

Je ne veux pas béatifier la réalité, ni cacher quoi que ce soit pour servir une « tactique » et je n’accepterai pas des miettes. Je veux parler de la justice historique, je veux parler de l’occupation, je veux parler de la discrimination et du racisme, je veux tout mettre sur la table, et je veux parler de cela au cœur de Tel-Aviv.

La justice sociale ne peut pas être divisée ou classifiée. Si ce n’est pas une justice pour tous y compris tous les Palestiniens, alors c’est une fausse justice, une justice d’élite ou une « justice pour juifs seulement » exactement à la manière dont fonctionne la démocratie israélienne « pour juifs seulement ». Le mouvement du 14 juillet est une grande occasion pour les Israéliens pour refuser à leur Etat de continuer à sombrer en un régime d’apartheid.

* Abir Kopti est une militante politique palestinienne et une analyste des media. Elle a été membre du Conseil municipal de Nazareth et porte-parole de Mossawa, the Advocacy Center for Palestinian-Arab Citizens in Israel. Ses travaux sont sur son site et sur Twitter à @abirkopty. Traduction : JPB-CCIPPP

source :

http://mondoweiss.net/2011/08/tent-…

traduction

Pour garder mémoire ! 2/5


Première partie ici

vendredi 12 août 2011 – 06h:20

Rudi Barnet


Des bêtes qui marchent sur deux pattes ! De la genèse de la conquête au nettoyage ethnique
(JPG)

Mai 2011, Qalandiya, Cisjordanie sous occupation. – Un soldat israélien n’hésite pas à user de son arme contre les Palestiniens qui manifestent lors de la journée de commémoration de la » Nakba », ou « catastrophe » |nettoyage ethnique de la Palestine par les sionistes) – Photo : UPI

Le Sionisme est-il soluble dans la démocratie ?

Le mouvement sioniste – idéologie politique nationaliste prônant la création d’un centre spirituel, territorial ou étatique peuplé par les juifs – est apparu vers la fin du 19ème siècle, principalement parmi les communautés ashkénazes d’Europe centrale et orientale, en réaction aux pogroms racistes. Il est assez intéressant de constater que la Palestine n’était pas le « premier choix » des Sionistes pour la création d’un “Foyer juif“ : l’Argentine, l’Ouganda, l’Ouest américain et Madagascar furent les premières options. (1)

A la lecture des divers documents sur le développement de ce mouvement, on ne peut s’empêcher de penser qu’il existe au moins deux formes de Sionisme.

Le premier, l’originel issu de la création de l’Organisation Sioniste Mondiale de 1897, est laïc et porteur de l’aspiration à créer un foyer territorial… de manière pacifique !

(JPG)

Martin Buber

Martin Buber, apôtre d’un État binational et démocratique, fut l’un des principaux militants de cette voie préconisant l’entente avec les Palestiniens. La création devait se faire par l’achat de terres ou la concession d’un territoire vierge d’habitants. Si ce n’était pas tout à fait le cas, une négociation pacifique devait solutionner le cas des minorités locales (Dédommagement ? Intégration ?) Ce projet, dans le contexte historique particulier d’alors, était considéré comme honorable.

En 1948, au moment du déclenchement des hostilités, les terres dites “achetées“ par les organisations sionistes représentaient environ 4% du pays (estimation de l’ONU).

La seconde forme de sionisme, celle du régime israélien actuel et, malheureusement, d’une importante partie de la communauté juive européenne, est celle engendrée par les “conquistadors“, ces groupes terroristes de l’Irgoun (matrice du parti du Likoud) ou du groupe Stern qui semèrent la mort pour arriver à leurs fins de conquête. Ainsi, les Begin, Stern, Jabotinsky,(2) Shamir, Ben Gourion… et leurs héritiers (Dayan, Peres, Sharon, Barak…) transformeront l’utopie pacifique en invasion violente !

Ce genre de perversion renvoie à d’autres ! Rappelons-nous ce qu’est devenu l’idéal communiste en Russie et en Chine, le fossé entre le message du Galiléen et les pratiques vaticanes d’aujourd’hui… Tant d’autres idéaux d’ouverture humaine se métamorphosant en intolérance meurtrière. Ce sionisme-là n’a évidemment plus rien à voir avec celui des progressistes israéliens d’aujourd’hui, il en est seulement la caricature.

Abraham Serfaty, juif et grande figure de la résistance à la dictature marocaine, n’hésitait d’ailleurs pas à dire que “ Le sionisme est avant tout une idéologie raciste. Elle est l’envers juif de l’hitlérisme « .

Devant les horreurs commises par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1967, une nouvelle vision semble émerger dans la frange démocratique des citoyens juifs, notamment parmi les militants de « La Paix Maintenant ». Rejetant les visées colonialistes, elle prône le développement d’une « renaissance nationale » au sein d’un Etat vivant en paix avec ses voisins et offrant des droits égaux à la minorité arabe du pays. (3)

Un retour vers le sionisme originel en quelque sorte… Qui n’abandonne, malheureusement pas le dogme absurde du « peuple élu » et ne fait aucune proposition pour que la perversion de cette croyance, responsable de tant de crimes, ne puisse se reproduire.

Une démocratie bien particulière

La “Loi Fondamentale“ – comme on le sait, Israël n’a pas de Constitution, ce qui aurait, notamment, impliqué de fixer une limite territoriale – proclame qu’il s’agit d’un Etat juif… Théocratique, donc ! La nouvelle loi que Netanyahu et Lieberman veulent instaurer en témoigne puisqu’elle obligera chaque citoyen, y compris les laïcs, les chrétiens et les musulmans de jurer allégeance à l’Etat juif, sous peine d’expulsion ! Théocratie mariée à Démocratie ?… Union de la carpe et du lapin, non ? De nombreuses voix se sont, heureusement, élevées contre le projet d’un tel État qui «  en se définissant sur une base ethnique ou religieuse, instaure des discriminations institutionnelles entre ses citoyens fondées sur l’origine ou la religion (…) On peut craindre aussi que la reconnaissance d’Israël comme « État juif » ne donne des bases internationales légales à un régime d’apartheid, au cas où Israël continuerait et étendrait sa politique de colonisation de toute la Cisjordanie, en niant les droits nationaux du peuple palestinien . » (4)

Quelques autres particularités de ce régime prétendument démocratique :

-   La carte d’identité ne mentionne pas que vous êtes Israélien mais elle indique que vous êtes juif ou Arabe.
-   Seul le mariage religieux juif a valeur d’Etat Civil (celui d’une autre religion, est seulement “reconnu“).
-   La population des territoires “annexés » en 1967 n’a pas de statut de nationalité, les civils non-juifs peuvent être “jugés“ par des tribunaux militaires.
-   La discrimination ethnique à l’embauche est générale pour le 1,2 million de Palestiniens de nationalité israélienne.
-   Une grande partie des Bédouins du Néguev sont confinés dans des townships.
-   Seulement 2% des terres peuvent être achetées par les “israélo-palestiniens“ car une loi autorise l’Agence juive à s’opposer à la vente aux non-juifs.

… Etc.(5)

Comme l’écrit Amnon Be’eri-Sulitzeanu, Directeur adjoint des Abraham Fund Initiatives : «  En 2010, la ségrégation entre juifs et Arabes en Israël est presque absolue. Pour ceux d’entre nous qui vivent ici, c’est quelque chose qui va de soi « .(6)

D’autres discriminations encore :

-   Routes interdites aux non-juifs
-   Restrictions à la circulation par des contrôles humiliants (En 2008 déjà, selon un rapport publié par le centre d’informations israélien B’Tselem, on recensait déjà 459 barrages et 66 check-points en Cisjordanie).
-   “loi de l’absence“ qui permet de s’approprier la maison du non-juif que l’on a fait fuir
-   Privation de l’eau dans les territoires palestiniens (70 litres/jour contre 300 litres/jour pour les Israéliens !)
-   « Filtrage » des étudiants arabo/israéliens par la sûreté israélienne (Shabak) pour les exclure des universités
-   Emprisonnement illégal, selon le Droit international et la loi israélienne, d’enfants de – de 14 ans accusés de jets de pierre.(7)
-   Loi « anti-boycott » (11/7/2011) qui interdit toute liberté d’expression, même non-violente, contre la politique israélienne.(8) … Etc

Comme le stigmatise, une fois de plus, le rapport de Human Rights Watch de décembre 2010 : «  Les Palestiniens sont victimes de discrimination systématique en raison de leur race, de leur origine ethnique et nationale, en conséquence de quoi ils sont privés d’électricité, d’eau, d’écoles et de routes, alors que les colons juifs de leur voisinage bénéficient de tous ces services publics « .

Toutes ces pratiques appartiennent bien plus à un régime autoritaire et raciste qu’à ce que nous appelons la démocratie, non ? Comment peut-on soutenir un tel régime et accepter de cet État ce que nous condamnons pour d’autres pays et trouverions inacceptable dans le nôtre ?

Il ne faudrait pas, non plus, oublier que, depuis sa création, l’État d’Israël n’a cessé d’apporter son soutien actif à divers régimes bien connus pour leur autoritarisme et a été agissant dans certaines opérations peu glorieuses pour les États qui les ont perpétrés. Quelques exemples, pour mémoire :

-   Collaboration militaire avec le régime raciste d’Afrique du Sud, notamment pour le développement de l’arme nucléaire. Accueillant John Vorster, premier Ministre dans les années 1975 (emprisonné par les Britanniques pendant la guerre 40/45 pour activités en faveur des Nazis), Yitzakh Rabin n’hésitera à porter un toast «  aux idéaux communs à Israël et à l’Afrique du Sud, deux pays qui affrontent une brutalité et une instabilité inspirées par l’étranger « .
-   Collaboration du Mossad dans le meurtre de Ben Barka sous la dictature de Hassan II (9)
-   Fourniture d’hélicoptères de combat au régime raciste de Rhodésie (futur Zimbabwe)
-   Assistance technique à la Savak (police politique du Shah d’Iran)
-   Soutien à la France dans la guerre d’Algérie
-   Collaboration avec diverses dictatures latino-américaines (Pinochet au Chili, Stroessner au Paraguay) … Etc

C’est ce que je dis qui compte… pas ce que je fais !

Pas un régime fasciste ?

Que voulaient dire les quelques trente intellectuels juifs, dont Hanna Arendt et Albert Einstein, citoyens des Etats-Unis, qui qualifièrent ainsi le Sionisme dans le célèbre article du New-York Times en 1948 ?. (10)

Nationalisme, autoritarisme et ethnocentrisme sont les principales particularités du fascisme. Ces trois caractéristiques définissent bien le régime israélien actuel qui prône un État “ethniquement pur“ – déclaration de Lieberman, ministre des affaires étrangères, le 19/9/2010 : “nous allons faire d’Israël un Etat ethniquement homogène ! » – opprime une partie de sa population, pratique l’apartheid et revendique son élitisme de “peuple élu“. Mais Lieberman est un agneau à côté de certains de ses prédécesseurs.

Petit florilège de déclarations guerrières et racistes

Théodore Herzl, fondateur de l’Organisation sioniste mondiale (note du 12 juin 1895)

Chasser la population pauvre (les Arabes) au-delà de la frontière en lui refusant du travail. Le processus d’expropriation et de déplacement des pauvres doit être mené discrètement et avec circonspection.

Yitzhak Shamir, futur premier ministre

Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles … leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs.

Joseph Weitz, Directeur du Fond national juif (1973)

La seule solution est Eretz Israël, ou au moins Eretz Israël Ouest (toutes les terres à l’ouest du Jourdain, sans les Arabes. Il n’y a pas de place pour un compromis sur ce point. Nous ne devons pas laisser un seul village, pas une seule tribu.

Ehud Barak, premier ministre (Jerusalem Post du 30/8/2000)

Les Palestiniens sont comme les crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent.

Vladimir Jabotinsky, fondateur du sionisme révisionniste, précurseur du Likoud (Le Mur de Fer,1923)

Une réconciliation volontaire avec les Arabes est hors de question, que ce soit maintenant ou dans le futur. Si vous souhaitez coloniser un pays dans lequel une population vit déjà, vous devez fournir une armée pour le pays ou trouver quelque riche personne ou bienfaiteur qui vous la fournirait. Sinon, abandonnez la colonisation, parce que sans une force armée qui rendrait physiquement impossible toute tentative de détruire ou d’empêcher cette colonisation, la colonisation sera impossible, pas difficile, pas dangereuse, mais IMPOSSIBLE. Le sionisme est une aventure de colonisation et c’est pour cela qu’elle est dépendante d’une force armée. Il est important… de parler hébreu, mais malheureusement, il est encore plus important d’être capable de tirer, ou bien le jeu de la colonisation se termine.

Moshe Dayan, ministre de la défense et des affaires étrangères (12/2/1952 Radio Israel)

La population doit se préparer à la guerre, mais il revient à l’armée israélienne de poursuivre le combat avec l’objectif ultime qui est la création de l’Empire israélien.

Raphael Eitan, chef d’Etat major des forces de défense (New York Times, 14/41983)

Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’établir, ne serait-ce qu’un seul centimètre, dans Eretz Israël. La force est l’unique chose qu’ils comprennent. Nous devons utiliser la force absolue jusqu’à ce que les Palestiniens viennent ramper devant nous. (…) Lorsque nous aurons colonisé le pays, il ne restera plus aux Arabes que de tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille.

Moshe Katsav, Président de l’Etat (Jerusalem Post, 10/52001)

Il y a une énorme différence entre nous (les juifs), et nos ennemis. Pas seulement dans la capacité, mais dans la morale, la culture, le caractère sacré de la vie et la conscience. Ils sont nos voisins ici, mais c’est comme si à quelques centaines de mètres, il y avait un peuple qui n’appartenait pas à notre continent, à notre monde, qui appartenait véritablement à une autre galaxie .

Benyamin Netanyahu, à l’Université de Bar Ilan (Hotam, 24/11/1989)

Israël aurait dû exploiter la répression des manifestations en Chine lorsque l’attention du monde s’est focalisée sur ce pays, pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les Arabes des territoires.

La déclaration d’Albert Einstein dans le New York Times : “ Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre temps, il y a l’émergence, dans l’Etat nouvellement créé d’Israël, d’un parti Herut (ensuite Likoud), un parti politique très proche, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social, des nazis et des partis fascistes . » n’était, malheureusement, que prémonitoire et dire qu’Israël est actuellement un Etat fasciste est un simple constat… pas une injure.

Comment se fabriquer un ennemi sur mesure

La résistance contre les “fanatiques islamistes“ est un slogan récurrent. Ignore-t-on qu’une grande partie des Palestiniens est laïque ?… et qu’une majorité des habitants palestiniens de Bethléem est chrétienne ?

Il faut aussi rappeler que le gouvernement israélien est pour beaucoup dans la création du Hamas par le cheik Ahmed Yassine et son développement ? Il n’a d’ailleurs jamais caché sa motivation : ce soutien allait affaiblir l’OLP et les organisations du Fatah implantées à Gaza ! C’est ce même gouvernement qui, soutenu par l’Occident, a ensuite exigé des élections législatives, prévoyant que le Hamas allait l’emporter (Il fallait être bien naïf ou sous-informé pour prévoir le contraire). Israël et les USA, avec la complicité de l’Union européenne, sont donc, objectivement, responsables de l’élection du Hamas !

Peut-on, ensuite, se proclamer démocrate quand on refuse de reconnaître les résultats d’élections, pourtant considérées comme irréprochables par les instances internationales de contrôle ? … Et armer le Fatah, avec la complicité concrète de l’Égypte et des USA, pour tenter de renverser, par la force, le gouvernement élu ? A ma connaissance, on a très peu informé sur le plan d’action initié par Me Rice, représentante des USA… Ni sur les 4700 hommes de Dahlane (chef militaire du Fatah) formés en hâte en Égypte et l’attaque menée par ces forces contre l’université de Gaza. (11) Quand, en juin 2007, après de sanglants affrontements, l’opération échoue et que les forces de sécurité du Fatah sont délogées de la bande de Gaza… c’est le Hamas qui est accusé d’avoir fait un “Coup d’État“ !

… ou la paille et la poutre

Parmi la population de religion juive d’Israël (± 6 millions), près d’un million, soit 15% sont des « Haredim – « ceux qui tremblent devant Dieu » – dont la tendance « Loubavitch » est bien connue en Belgique. Les enfants de cette secte représentent actuellement 25% des enfants juifs du pays ! Ces Haredim constituent la majorité des colons qui commettent les exactions en Cisjordanie.

Leur seule loi est la Torah ! Ils estiment qu’elle doit être la source de toute législation et que le refus de l’État juif d’accepter ce principe lui retire toute légitimité. Ils rejettent la démocratie car c’est un principe de fonctionnement qui met l’avis de la majorité au-dessus de Dieu. Pour eux, la loi religieuse n’est pas censée régir un domaine spécifique de la vie, mais la vie dans son intégralité. (12) Ils sont surtout représentés à la Knesset par le parti « Shass », connu pour ses positions d’extrême-droite. Ils ont un poids substantiel dans la politique israélienne. Le développement de cette secte laisse prévoir que ses adeptes représenteront bientôt ¼ de la population du pays. … Comme quoi, chacun a ses intégristes fanatiques !

Comment faire la paix avec « des bêtes à deux pattes » ?

C’est une axiome de dire que toute discussion sur cette douloureuse tragédie doit exclure toute « croyance messianique“. Seuls les faits doivent être pris en compte pour la recherche d’une solution, pour dire le droit et la justice.

Malheureusement, comme l’a si justement écrit le philosophe Michel Onfray : “ Les constructeurs de fables détestent l’Histoire, ils refusent et récusent les faits, ils détestent l’évidence et chérissent les fictions qui les réconfortent dans leurs illusions « .

Le chemin vers la paix nécessite aussi de rejeter d’emblée cet argument indécent de la symétrie, d’un “conflit entre deux adversaires pour un territoire“, alors qu’il s’agit clairement d’une entreprise coloniale. Aucune symétrie possible entre un oppresseur et un opprimé ! Malheureusement, c’est avec tristesse qu’on constate que cette argutie continue à être propagée par divers organismes humanitaires.

Il paraît évident aussi que la reconnaissance de “l’autre“ est un préalable indispensable. Ainsi, il faut cesser de diaboliser l’adversaire, nier son existence et sa qualité d’être humain comme l’ont fait en leur temps les Golda Meir (“ Les Palestiniens ? Ça n’existe pas ! « ) ou Menahem Begin («  Les Palestiniens sont comme des bêtes marchant sur deux pattes ! « ).

On est malheureusement assez loin de cette approche « humaniste » avec les anathèmes racistes lancés par Lieberman, l’actuel Ministre des Affaires Etrangères et les cris “Mort aux Arabes !“ qu’on peut entendre dans les rues de Tel-Aviv.

Prémices d’une conquête

(JPG)

François-Georges Picot

L’affirmation que “ les territoires ont légalement été concédés par l’Angleterre “ est, pour le moins, hypocrite. Déjà l’accord dit “Sykes-Picot“ de 1916 entre les occupants britanniques et le mouvement sioniste ne tenait pas le moindre compte des habitants de la région considérée comme inhabitée. Quant à la “Déclaration Balfour“ de 1917, on passe généralement sous silence qu’elle comportait une phrase essentielle : «  Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays  »

Déjà à cette époque, les exactions des groupes sionistes (… sous l’œil complice de l’armée britannique) avaient entraîné de nombreuses réactions violentes, dont notamment le massacre de 67 citoyens de la communauté juive de Hébron en 1929. Ensuite, en réponse à la grande révolte palestinienne de 1936 qui répondait elle-même aux attentats terroristes de groupes comme l’Irgoun… le “Plan Peel“ fut élaboré. Il attribuait 30% du territoire au mouvement sioniste… et envisageait (déjà !) le déplacement de la population palestinienne.

Des dollars pour un territoire…

Le plan de partage de l’ONU de 1947 est – nul ne devrait l’ignorer – essentiellement le résultat d’un “arrangement“ entre grandes puissances… sans la moindre consultation de la population. Ce fut même une véritable arnaque politique comme l’ont révélé plusieurs experts juifs tels Tom Segev et Benny Morris (historien israélien… et sioniste) ! Ils mettent au jour, documents à l’appui, qu’un premier vote eut lieu le 25 novembre 47 et qu’il fut, à une voix près, défavorable aux dirigeants sionistes ! … Qui obtinrent qu’un second vote soit fixé le 29 du même mois ! Profitant de ce délai et devant le risque évident d’un second vote négatif, une opération “pot de vin“ fut déclenchée : les dirigeants sionistes achetèrent à coups de milliers de dollars les voix des représentants de plusieurs petits pays (Costa-Rica, Guatemala, Libéria…). Ainsi la tendance fut renversée et le plan de partage adopté !(13)

Ce « plan de partage » est donc bien le résultat d’un accord de type colonialiste entre occidentaux… au mépris de l’existence et des droits des habitants arabes du pays !

… Et nettoyage ethnique !

Une fois le vote acquis, la parole aux armes… comme prévu par Ben Gourion ! Une armée de près de 100.000 hommes (bien plus puissante que l’ensemble des armées de tous les pays environnants) se mit en marche. On rejeta la faute sur les Palestiniens qui refusaient de céder leurs terres et leurs maisons et sur les pays arabes voisins qui n’acceptaient pas le diktat de l’ONU.

Aujourd’hui encore cette fable de « l’invasion arabe » – aucun pays voisin n’avait les moyens de s’opposer à l’invasion… et depuis quand le faible attaque-t-il le puissant ? – continue malheureusement d’être propagée par certains mouvements juifs progressistes.(14)

L’opération s’accompagna d’une vague d’attentats, de massacres de civils et, avec la complicité active de l’Angleterre, de l’éradication par les bombardements de plus de 400 villes et villages. 4.000 bombes furent déversées sur la seule ville de Jaffa, presque entièrement détruite et vidée de la quasi totalité de sa population, les Arabes de Haïfa furent expulsés (seuls 3.500 habitants restèrent… sur 61.000).

Durant cette Nakba (catastrophe), 760.000 palestiniens prirent la fuite emportant la clef de leur maison. La propagande sioniste a tenté (et tente toujours) d’occulter cet épisode tragique et continue à prétendre que c’est Israël qui, une fois de plus, a été obligé de se défendre contre l’invasion des États arabes avoisinants, qu’il n’a jamais expulsé la population… partie volontairement. … Vous avez dit « négationnisme » ?

C’était, indubitablement, un nettoyage ethnique ! Le général Moshe Dayan ne le niait d’ailleurs pas : Des villages juifs ont été construits à la place de villages arabes. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages arabes, et vous n’êtes pas à blâmer parce que les livres de géographie n’existent plus. Non seulement ils n’existent plus, mais les villages arabes non plus (…) Il n’y a pas un seul endroit dans ce pays qui n’ait pas eu auparavant une population arabe . (15)

L’UNWRA estime aujourd’hui à six millions (70% du peuple) le nombre de réfugiés palestiniens et leurs descendants, dispersés en Cisjordanie, à Gaza, dans les pays environnants et d’autres continents.

Qui peut être solidaire d’un régime politique qui pratique ainsi ? Qui peut s’étonner que le peuple palestinien ait refusé d’être spolié, qu’on prenne ses maisons et ses terres ? Qui peut s’étonner aussi que les Etats voisins se soient opposés à la décision de l’ONU et aient tenté de lutter contre l’implantation d’un nouveau régime colonial à leurs frontières ? Qui peut s’étonner de ces révoltes ?

Justice pour les communautés juives !

Les mesures de rétorsion prises à cette époque envers les communautés juives par divers gouvernements arabes sont évidemment plus que déplorables et condamnables. Idem pour les violences perpétrées contre les civils, tel le massacre du convoi du mont Scopus (70 infirmières et médecins israéliens assassinés).(16) Ces crimes demandent justice ! Mais c’est aux gouvernements actuels des pays arabes que – à l’instar de l’Allemagne pour les crimes de la « solution finale » – Israël doit s’adresser pour exiger réparation des spoliations et des expulsions… Pas aux Palestiniens !

A suivre…

1) “Les Origines du Sionisme“ de Alain Boyer (Que Sais-Je ?)

2)Fondateur du mouvement para-militaire d’extrême droite Betar

3)Ruth Gavison dans Ha’aretz (10/6/2011)

4)Une Autre Voix Juive (http://uavj.free.fr/UAVJtxt47.htm)

5) The Inequality Report (Katie Hesketh, Adalah, mars 2011)

6)Ha’aretz du 20/10/2010

7)Rapport de B’tselem de juillet 2011

8) Demain on interdira les appels à la fin de l’occupation ou en faveur de la fraternité entre juifs et Arabes (Gideon Levy dans Ha’aretz )

9) Shmouel Seguev Le lien marocain , Editions Matar (Israël)

10) New York Times du 2/12/1948

12)Ziyad Clot “Il n’y aura pas d’Etat palestinien et The Gaza Bombshell (Vanity Fair)

13)Wikipedia

14) 1948 : A History of the First Arab-Israeli War de Benny Morris (Yale University Press)

15) Le sionisme n’a que faire de mensonges de propagande de Shlomo Avineri (Ha’aretz 21/5/2011)

16) Ha’aretz du 4/4/1969

17) Wikipedia : Hadassah medical convoy massacre

Communiqué par l’auteur via courriel

source

SYRIE : SAMAR YAZBEK RACONTE SON «VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER»


Monde 10/08/2011 à 00h00

Opposée à Bachar Al Assad, l’écrivain syrienne Samar Yazbek a été la cible de menaces de mort et d’intimidations, venant de sa propre communauté, celle des Alaouites, qui contrôle l’appareil sécuritaire et militaire en Syrie.

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«Je n’ai jamais entendu de semblables cris de douleur»

Le passage était long, c’est à peine si je voyais les cachots de part et d’autre, et je peinais à palper la réalité du lieu. Non, ce n’était pas un espace né de mon cerveau obsédé par l’écriture. C’était bien réel, ce passage qui laisse à peine passer deux corps soudés. Baigné d’obscurité, il est hors de l’existence. Je regarde derrière moi et je ne vois rien. Devant moi, c’est le noir absolu. Je suis au milieu de ce couloir sans début ni fin, suspendu au néant, et je suis entourée de portes fermées. L’homme qui se tient devant moi est en train d’ouvrir une des portes.

Son grincement aigu cède rapidement la place à un rythme plus lent, un son triste que j’avais entendu un jour dans une taverne grecque. L’homme m’a tenue par le coude et m’a poussée insensiblement à l’intérieur. La porte est restée ouverte, il me tenait toujours le bras : et là… je les ai vus… La cellule aurait à peine suffi à faire tenir deux ou trois hommes debout. Je ne peux pas être précise, mais j’ai cru voir trois corps pendus à un endroit vague. J’étais en état de choc, j’ai senti que je me mordais la joue et mon ventre s’est mis à trembler. Les corps étaient presque nus, une faible lumière filtrait d’un endroit indistinct. Je ne sais pas s’il y avait une ouverture au plafond, mais la lumière s’est transformée en rayons fragiles, suffisants pour les voir. Et j’ai vu des jeunes hommes, qui avaient à peine la vingtaine, leur corps dénudé, reconnaissables sous leur sang, suspendus par leurs mains à des menottes en acier, leurs orteils touchants difficilement le sol… Le sang coulait de leurs corps : du sang neuf mêlé au sang séché. Des blessures profondes tracent sur leurs corps le dessin d’un pinceau absurde. Le visage affaissé, ils étaient évanouis, semblables à des bêtes immolées.

Odeur. J’ai reculé, sans mot dire, un des hommes m’a saisie et m’a réintroduite une deuxième fois. A ce moment, un des jeunes releva péniblement la tête… A peine put-il la relever. Les quelques lueurs m’ont permis de voir son «visage». Il n’avait plus de visage ; ses yeux étaient scellés, je n’ai pas vu l’éclat de son regard. Le nez n’existait plus, ni les lèvres. Son visage était une miniature rouge, sans lignes, un rouge imbriqué dans le noir d’un rouge vieilli. Je suis alors tombée à terre, et les deux hommes se mirent à me relever.

Pour quelques instants, j’ai chaviré dans quelque chose d’opaque, de flottant, avant de reprendre pied sur la terre ferme. J’ai entendu l’un dire à l’autre : «Eh, mec, elle n’a pas l’air de supporter une seule gifle. Si de voir [les prisonniers torturés, ndlr] elle est dans cet état, alors elle mourra dans le supplice du « doulab » [la victime est placée à l’intérieur d’un pneu que l’on tourne].»

Et l’odeur a commencé à diffuser, l’odeur du sang, de l’urine et des fèces. L’odeur de fer rouillé. Une odeur de décomposition, de chair morte ; oui, c’était cela l’odeur. D’un coup, il me sortit de la cellule et en ouvrit une autre. Le bruit des hurlements et de la torture s’échappèrent d’un endroit proche et lointain, j’en tremblais. Je n’ai jamais entendu de semblables cris de douleur, ils montaient du plus profond de la terre pour se vriller dans mon cœur. Les bruits se sont arrêtés quand nous sommes sortis du couloir. Le deuxième cachot s’est ouvert sur un jeune à terre, enroulé sur lui-même. Je l’ai vu de dos. Ses vertèbres ressemblent à celles d’une figure pour dissection. Il semblait aussi dans un état d’évanouissement. Son dos est tailladé comme si un couteau y avait gravé une mappemonde. Ils ont refermé le cachot et ouvert un autre. Et de cachot en cellule, me tenant le coude, ils me poussaient dedans, puis m’en retiraient. Des corps, encore des corps, des amas de corps, des corps jetés à terre derrière des corps recroquevillés : c’est l’enfer. Comme si les humains n’étaient plus que des monceaux de viande exposés au marché démesuré des arts de la torture.

Dans ces étroits cachots humides, des jeunes gens sont transformés en morceaux de viande froide. Ces visages qui n’en sont plus un, ces corps à l’anatomie inédite… C’est la notion de Dieu qui disparaît, car si Dieu existait, il n’aurait pas permis que sa créature soit ainsi refaite, distordue, défigurée. J’ai dit à un des hommes qui bandait mon second œil : «Est-ce les jeunes des manifestations ?» Il me répondit en ricanant : «Ce sont les traîtres des manifestations.» Enervé par ma question, il a écrasé violemment mon coude, j’ai senti qu’il allait le broyer. Je ne savais pas ce qu’ils concoctaient, mais j’ai senti de nouveau mon ventre trembler.

L’homme me traîne, je titube et je tombe. Il n’attend pas que je me relève et continue à me traîner. Il continue à me traîner encore plus brutalement sur l’escalier comme un sac de pommes de terre, mon genou s’est blessé sur une marche. En pensant aux jeunes qui manifestaient, la douleur me brûle jusqu’aux os. Je tremble encore et le tremblement s’installe profondément dans mon ventre. Toutes les odeurs se sont logées dans ma bouche, et l’image des geôles occupe ma vue entravée.

«Traîtres». Nous nous sommes arrêtés, ils ont ôté le bandeau de mes yeux… En le voyant assis derrière un bureau soigné, j’ai su que je n’étais pas dans un cauchemar. Il m’a regardée ironiquement et m’a dit : «Alors, tu as vu tes traîtres de camarades ? Qu’en penses-tu ?» Quelque chose a commencé à sortir de mes intestins furieusement, comme si je voulais quitter ma peau. Dans la vie normale, je disais à mes amies : «Si le toucher d’un homme ne nous pousse pas à muer comme le serpent, ce n’est donc pas la caresse de l’amour.» Mais aujourd’hui, je peux affirmer que nos peaux muent aussi par le déchirement de la mort et l’envol vers l’abîme. A cet instant, au lieu de voler vers l’abîme, j’ai commencé à vomir. J’étais debout, je suis tombée sur mes genoux. Ils se sont fâchés, il s’est levé de sa place, a regardé, consterné, ses luxueux meubles souillés, j’ai continué de vomir. De mes yeux aussi l’eau coulait, ce n’était pas des larmes, je le savais, les larmes s’égouttent, ce qui sortait de mes yeux était différent. L’idée m’a ressaisie : ici, celui qui sort manifester dans la rue sera tué par balles, ou il devra fuir et vivre caché, ou il sera arrêté et torturé. Et tout ce courage qui a germé de dessous cette chape de plomb !

Ma voix est sortie faiblement, mais j’ai pu l’entendre lui dire : «C’est toi le traître.» J’ai su qu’il m’a entendue car il s’est penché et m’a frappée violemment. Je suis tombée définitivement à terre, les choses ont commencé à vaciller, et avant de perdre complètement connaissance, j’ai pu ressentir de ma bouche ouverte le sang qui commençait à se déverser. Et j’ai compris ce parler populaire : «Je vais te faire cracher le sang…» J’étais en train d’apprendre, et je continue à le faire.

Traduit par Mayla Bakhache

source

Soutien au mouvement étudiant chilien en grève depuis 3 mois,


Réunion ce vendredi 12/8, 19 h30 rue du Chevreuil 4 à 100 Bruxelles, pour organiser une action de soutien au mouvement étudiant chilien en grève depuis 3 mois, réprimé par le gouvernement

Ruptures du jeûne avec Harira BIO

Durant le mois de Ramadan, Inaya asbl organisera tous les VENDREDIS des ruptures de jeûne pour les personnes démunis ou celles qui désirent rompre leur isolement et leur solitude. Lieu : l’accueil se fera 1 heure avant la rupture du jeûne. Les bénévoles qui souhaitent nous aider peuvent contacter Inaya Asbl via le site ou contacter la présidente Nadia au 0489/86.18.75

La Journée des Oubliés des Vacances fêtera son 10 ème anniversaire

Égalité participe à la Journée des Oubliés des Vacances le 24 août prochain. Une magnifique excursion d’une journée à Viroinval, avec visite de grottes, balade en bateau, pique-nique géant et activités sportives ! Départ organisé en bus de Bruxelles. Tout cela pour seulement 3,5 euros par enfant et par accompagnateur (un adulte pour sept enfants). Inscrivez-vous vite ! Clôture des inscriptions le 15 août. Téléphone: Nadine au 0484 597 802.

le mercredi 24 août 2011 à Viroinval.

Pourquoi le Journée des Oubliés des Vacances?

La « J.O.V. » est une vieille tradition , développée par le Secours Populaire Français, qui permet aux enfants issus de milieux défavorisés, de familles démunies, victimes de l’exclusion, de la pauvreté, d’accéder aux vacances et à la culture .
Comme eux, nous organisons chaque année, au mois d’août, la Journée des Oubliés des Vacances .

Cette journée est conçue comme un moment de détente, offert à tous les enfants dont les familles sont en difficulté .

 Parce qu’un enfant sur 3 ne part pas en vacances.
 Parce que si le 24 août, un enfant n’est pas parti, il ne partira plus.
 Pour que tous les enfants aient quelque chose à raconter à leurs copains à la rentrée des classes.
 Pour ne pas être désarmé lors de la fatidique rédaction « Racontez vos souvenirs de vacances ».
 Pour briser l’isolement et vivre des moments inoubliables d’émotions et de partage.

Pour en savoir plus, cliquez sur: http://www.spwb.be/index2.php/?p=1264


Se préparer à l’examen de passage en néerlandais, c’est possible !

Merci de diffuser auprès des jeunes qui on un examens de passage en néerlandais

ESG-asbl vous propose des cours dispensés par des enseignants professionnels. Ils ont pour but de vous préparer à l’examen de passage en néerlandais ou de vous remettre à niveau en préparation de votre prochaine année scolaire.

1. Du lundi 15 au vendredi 19 août 2011

2. Du lundi 22 au vendredi 26 août 2001

3. Le matin, de 9h30 à 11h00 ou de 11h30 à 13h

4. En groupe de maximum 8 étudiant(e)s

5. Chaque fois, une heure de grammaire (théorie et exercices) et une demi-heure de conversation avec un professeur néerlandophone

6. Vous recevez un petit manuel comprenant la grammaire et les exercices.

Combien ça coûte? Comment m’inscrire?

L’inscription coûte 25 euros pour une semaine (5 x 1h30) et le petit manuel. Réduction à partir du deuxième enfant de la même famille.

Il est obligatoire de s’inscrire et de payer avant le vendredi 12 août 2011, par versement sur le compte N°363-0849237-42

Avec la mention: cours de néerlandais.

Il faut renvoyer ou déposer le formulaire d’inscription à ESG-asbl, rue du Chevreuil, 8 à 1000 Bruxelles ou l’envoyer par mail à nadinerr@gmail.com

Les cours se donnent dans les locaux de l’asbl. Pour plus de renseignements, téléphonez à Nadine 0484/597.802


Formulaire d’inscription

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Adresse mail :

Age :

Année scolaire :

Étudier le néerlandais

peut être amusant.

Et c’est utile!

(à renvoyer ou déposer chez ESG-asbl,
Rue du Chevreuil, 8 — 1000 Bruxelles)



Saïdi Nordine
Porte Parole d’ ÉGALITÉ

GSM : 0476/84.19.69
http://egalite.be
http://e-s-g.blogspot.comVous pouvez nous aider à financer nos actions : faites un don sur le compte 363-0729592-95

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